Les Brigades Immunitaires Black
Les Brigades Immunitaires Black : quand le corps devient le pire patron du monde
Dans Les Brigades Immunitaires Black, les cellules travaillent toujours sans relâche pour maintenir le corps humain en vie. Seulement, cette fois, leur propriétaire ne leur facilite absolument pas la tâche. Tabac, alcool, stress, manque de sommeil, cholestérol et mauvaise hygiène de vie transforment leur environnement en entreprise cauchemardesque où les urgences s’enchaînent plus vite que les cellules ne peuvent les régler.
Au centre de ce désastre se trouve une jeune hématie qui vient à peine de commencer son travail. Sa mission paraît simple : transporter l’oxygène dans tout l’organisme. En pratique, les vaisseaux sont encombrés, les conditions de circulation sont catastrophiques et les collègues les plus expérimentés ressemblent déjà à des salariés qui ont oublié ce qu’était un week-end.
Heureusement, une leucocyte particulièrement redoutable veille elle aussi sur l’organisme. Enfin, « heureusement » dépend du point de vue. Pour les bactéries qui la croisent, la journée de travail se termine généralement assez brutalement.
Dans la série originale, les cellules défendent le corps. Ici, elles doivent aussi le défendre contre lui-même
Le principe reprend directement celui des Brigades Immunitaires : les différentes cellules deviennent des personnages et le corps humain se transforme en gigantesque lieu de travail.
Mais l’ambiance change complètement.
Dans la série d’Akane Shimizu, l’organisme subit des infections, des blessures ou des maladies et ses cellules se mobilisent pour y répondre. Dans Black, le terrain lui-même est déjà en mauvais état avant même que l’ennemi arrive.
Les globules rouges essaient de livrer leur oxygène dans des vaisseaux malmenés. Les cellules du foie doivent absorber les conséquences de l’alcool. Le système immunitaire affronte les microbes alors que stress et fatigue compliquent encore son travail.
Une bactérie arrive donc rarement au bon moment. Remarquez, pour la bactérie, le timing est excellent.
L’hématie découvre son métier dans des conditions qui devraient faire fuir n’importe quel nouveau salarié
Le héros est un globule rouge débutant. Il arrive plein de motivation et s’imagine probablement qu’en travaillant sérieusement, tout devrait bien se passer.
Il déchante très vite.
Transporter l’oxygène devient déjà compliqué dans un organisme où la circulation se dégrade et où les agressions se multiplient. Autour de lui, certains globules rouges expérimentés ont parfaitement intégré une culture du travail où il faut aller toujours plus vite, peu importe les conditions.
Le manga utilise alors tout le vocabulaire de l’entreprise japonaise : rendement, pression, épuisement, quotas et collègues qui continuent parce qu’ils ne savent plus vraiment comment faire autrement.
Et notre jeune hématie possède encore suffisamment d’enthousiasme pour croire qu’en faisant de son mieux, il pourra améliorer les choses.
C’est courageux.
Dans cet organisme, c’est aussi légèrement optimiste.
La leucocyte est l’une des rares personnes qu’on est vraiment content de voir arriver
À ses côtés apparaît une leucocyte neutrophile chargée d’éliminer les agents pathogènes.
Là où notre globule rouge découvre encore le fonctionnement de son environnement, elle sait parfaitement ce qui l’attend.
Une bactérie entre dans le corps ? Elle intervient.
Une infection commence à se développer ? Elle intervient.
Quelque chose avec des crocs apparaît au bout du couloir ? Vu son métier, elle va probablement intervenir aussi.
Le contraste entre les deux personnages fonctionne très bien. L’hématie représente l’employé ordinaire qui cherche simplement à accomplir sa tâche. La leucocyte appartient au service qui arrive lorsque la journée est déjà officiellement fichue.
Et dans Black, ce service reçoit énormément d’appels.
Le tabac transforme immédiatement une livraison d’oxygène en mission compliquée
Le premier tome montre rapidement les conséquences du tabagisme.
Pour des globules rouges dont le travail consiste justement à transporter l’oxygène, respirer régulièrement de la fumée n’est évidemment pas le cadeau rêvé.
Le manga traduit cette situation par un environnement où les employés peinent à remplir leur mission dans des conditions de plus en plus mauvaises.
Comme toujours dans l’univers des Brigades Immunitaires, l’idée pédagogique fonctionne parce qu’elle devient une vraie scène.
On ne lit pas simplement « le tabac est mauvais pour l’organisme ». On regarde des cellules obligées de continuer à travailler pendant que leur propriétaire vient une nouvelle fois de leur compliquer la tâche.
Après ça, difficile de ne pas imaginer une hématie levant les yeux au ciel à chaque cigarette.
L’alcool n’arrive pas directement dans le foie avec un petit mot d’excuse
L’alcool fait évidemment partie des problèmes abordés dès les débuts de la série.
Le foie doit traiter ce qui arrive, et les cellules chargées du travail encaissent les conséquences de consommations répétées.
Black adore montrer ce décalage : à l’extérieur, quelqu’un boit simplement un verre de plus. À l’intérieur, une nouvelle équipe vient de recevoir une montagne de travail sans qu’on lui demande son avis.
Le manga traite également la stéatose hépatique et d’autres effets liés à un organisme régulièrement malmené.
Et c’est là que le titre devient particulièrement juste. Le problème n’est pas toujours une catastrophe spectaculaire. C’est aussi l’accumulation.
Une mauvaise habitude. Puis une autre. Puis encore une autre.
Pour le propriétaire du corps, chacune paraît peut-être supportable séparément. Pour les cellules, le planning commence sérieusement à ressembler à une mauvaise blague.
Stress et manque de sommeil : même sans microbe, l’ambiance peut être catastrophique
Le stress et le manque de sommeil font également partie du quotidien de cet organisme.
C’est un choix particulièrement efficace parce qu’on sort du schéma classique « un ennemi entre, les défenses le détruisent ».
Personne ne peut poignarder le stress pour régler le problème.
Les cellules doivent simplement continuer à fonctionner dans un environnement qui ne récupère jamais correctement.
Les hormones de stress deviennent presque des chefs qui réclament constamment davantage de rendement pendant que les employés sont déjà épuisés.
Et soudain, l’expression « mon corps me dit de ralentir » prend un tout autre sens : ici, on peut presque visualiser plusieurs milliards de salariés en train de déposer la demande.
Les problèmes « d’en bas » ont eux aussi droit à leur chapitre
Black assume clairement un public plus adulte que la série originale.
Le manga aborde notamment les troubles de l’érection et d’autres problèmes liés à la santé sexuelle.
Et évidemment, une fonction corporelle que l’on résume habituellement en deux mots devient ici une gigantesque opération impliquant circulation sanguine, communication entre cellules et mobilisation générale.
C’est drôle parce que le lecteur sait parfaitement ce qui est en train de se produire à l’échelle du corps, alors que les personnages le vivent comme une mission critique.
Mais derrière l’humour, l’explication reste réelle : le fonctionnement du corps dépend d’une quantité impressionnante de mécanismes qui doivent se coordonner correctement.
Autrement dit, même dans l’intimité, il y a apparemment des réunions de service.
L’ulcère et la goutte prouvent que la situation peut encore empirer
Le deuxième volume ne décide absolument pas de donner quelques vacances aux cellules.
L’organisme doit notamment affronter un ulcère de l’estomac et la goutte.
Encore une fois, les auteurs transforment des mécanismes médicaux en événements capables de mettre tout le personnel en alerte.
La goutte, par exemple, ne devient pas simplement une douleur ressentie par le propriétaire. À l’intérieur, la réaction inflammatoire mobilise les cellules et provoque un véritable chaos.
Ce fonctionnement rend Black particulièrement efficace pour mémoriser certains phénomènes.
On ne retient peut-être pas chaque terme biologique après une seule lecture. En revanche, on se souvient très bien que les cellules ont passé un sale moment.
L’infarctus fait comprendre que cette fois le corps peut vraiment ne pas s’en sortir
La première partie de la série pousse progressivement l’organisme vers une menace beaucoup plus sérieuse : l’infarctus.
À force de dégradation, le système arrive à un point où continuer « comme avant » n’est plus une option.
Le manga change alors franchement de ton.
Les cellules ne sont plus simplement fatiguées. Certaines meurent. D’autres paniquent. Les infrastructures elles-mêmes cessent de fonctionner correctement.
C’est probablement là que Black se distingue le plus clairement de la série originale.
Il existe une vraie possibilité d’échec collectif.
Les cellules peuvent donner absolument tout ce qu’elles ont et malgré tout ne pas réussir à compenser indéfiniment les dégâts infligés au corps.
Le message n’a pas besoin d’un grand discours : quand les employés commencent à tomber sur leur lieu de travail, le problème ne vient peut-être plus de leur motivation.
Le tome 3 prend une direction assez folle : les globules changent carrément de corps
Après l’infarctus, on pourrait croire que l’histoire va simplement continuer dans le même organisme.
Pas exactement.
Des hématies sont aspirées par un tube et se réveillent dans un autre corps.
Le principe permet à Shigemitsu Harada et Issey Hatsuyoshiya de renouveler complètement les problèmes sans abandonner leurs personnages.
Et bien sûr, le nouvel organisme n’est pas devenu par miracle une station thermale pour cellules fatiguées.
Il possède ses propres catastrophes.
Nos globules viennent donc de survivre à un environnement de travail épouvantable et découvrent qu’ils ont été mutés dans une autre entreprise tout aussi inquiétante.
Au niveau ressources humaines, on commence à soupçonner un complot.
Caféine, calculs urinaires et phlébites : bienvenue dans le nouveau service
Dans ce nouvel organisme, les cellules doivent notamment faire face à la dépendance à la caféine, aux calculs urinaires et aux phlébites.
Le changement de corps montre surtout une chose : les mauvaises conditions de santé peuvent prendre des formes très différentes.
Une cellule qui pensait avoir déjà tout vu découvre donc de nouvelles manières pour un organisme de lui gâcher la journée.
Les calculs urinaires permettent notamment au manga de transformer une douleur extrêmement concrète en catastrophe interne.
Quant aux phlébites, elles rappellent que la circulation reste l’une des grandes infrastructures de cet univers.
Pour un globule rouge, un problème dans les vaisseaux équivaut un peu à découvrir que toutes les autoroutes de votre entreprise viennent de fermer simultanément.
Le diabète transforme le quotidien en véritable spirale
Le nouveau corps souffre également de diabète, et Black prend le temps d’en montrer plusieurs conséquences.
La glycémie augmente. Les cellules chargées de produire l’insuline sont soumises à une pression énorme. Les reins doivent gérer une charge supplémentaire et les complications commencent à toucher différentes parties du corps.
Le manga évoque notamment les risques pour la rétine et les problèmes de circulation pouvant aller jusqu’à la nécrose.
Là encore, on comprend très bien pourquoi la série porte le mot « Black ».
Les cellules ne font pas face à un problème isolé qui disparaît après un combat. Une maladie chronique peut modifier durablement toutes leurs conditions de travail.
Et quand plusieurs complications commencent à se nourrir les unes les autres, même les cellules les plus motivées finissent par se demander combien de temps l’organisme peut encore tenir.
Le pancréas n’a pas vraiment besoin d’un problème supplémentaire, mais il en reçoit quand même
Dans les volumes consacrés au diabète, le pancréas prend logiquement beaucoup d’importance.
Les cellules bêta doivent répondre à une demande de plus en plus difficile à supporter.
Et comme Black possède un sens très particulier de l’acharnement, le pancréas doit également affronter d’autres complications.
Ce passage fait partie de ceux où le manga devient beaucoup moins léger.
Les cellules s’épuisent. Certaines comprennent qu’elles ne pourront pas simplement fournir « un dernier effort » éternellement.
C’est une manière assez brutale mais efficace de montrer qu’un organisme ne possède pas des ressources infinies.
Il n’y a pas derrière chaque cellule épuisée une cellule de remplacement qui attend son tour avec un café et un sourire.
La dépression ne se combat évidemment pas avec un globule blanc et un couteau
Le sixième tome aborde notamment la dépression.
Le sujet change profondément la nature de la menace.
Les personnages comprennent parfaitement comment réagir lorsqu’une bactérie apparaît. En revanche, comment combattre un état qui affecte tout le fonctionnement de l’organisme sans posséder un ennemi clairement identifié devant soi ?
Le manga montre également un corps ayant traversé une overdose de somnifères.
Black ne cherche donc absolument pas à protéger ses personnages des aspects les plus difficiles de la santé adulte.
Mais le ton reste cohérent avec le reste : les cellules continuent malgré tout à accomplir leur fonction parce que leur survie dépend de celle du corps.
Et pour une fois, même notre équipe de combattants doit admettre que tout ne se résout pas en frappant suffisamment fort.
Le cancer devient une véritable guerre intérieure
Dans les derniers volumes, la menace du cancer prend une place centrale.
Comme dans la série originale, le danger possède une particularité essentielle : il ne vient pas d’un envahisseur extérieur.
Une cellule du corps lui-même devient anormale et commence à se développer au détriment des autres.
Pour les cellules immunitaires, la situation ressemble donc à une guerre civile biologique.
Le septième tome lance une confrontation particulièrement violente, puis le huitième s’intéresse aux conséquences de cette bataille et au risque que l’organisme ne retrouve jamais réellement un fonctionnement sain.
L’objectif final prend alors une tournure presque ironique : les cellules rêvent simplement d’obtenir enfin un environnement de travail « white ».
Après huit tomes de Black, difficile de leur reprocher d’avoir des ambitions modestes.
Le mot « Black » est une vraie blague japonaise sur le monde du travail
Le titre possède d’ailleurs un double sens particulièrement bien trouvé.
Au Japon, on utilise l’expression « black company » pour désigner une entreprise connue pour ses conditions de travail abusives : horaires excessifs, pression, épuisement et environnement professionnel toxique.
Pika l’explique directement lors de la présentation française de la série.
Les cellules de Black travaillent donc littéralement dans un organisme transformé en entreprise infernale.
Le vocabulaire professionnel utilisé tout au long du manga n’est pas seulement là pour faire joli. Le corps est le lieu de travail, les cellules sont les employés et le propriétaire serait probablement le patron que tout le monde insulte à la machine à café.
Le problème, c’est qu’elles ne peuvent même pas démissionner.
Black garde la biologie de la série originale, mais passe clairement du shonen au seinen
Le changement de ton est volontaire.
Les Brigades Immunitaires reste très accessible et mélange découverte du corps, humour et action.
Les Brigades Immunitaires Black reprend la même idée pour aborder des sujets plus adultes et nettement plus sombres.
Alcoolisme, tabagisme, troubles sexuels, maladies chroniques, infarctus, dépression ou cancer donnent parfois au manga des scènes très dures.
Pika l’a d’ailleurs publié dans sa collection Pika Seinen.
Il y a toujours des explications biologiques et des personnages très identifiables, mais l’humour devient plus noir et la survie des cellules paraît beaucoup moins garantie.
Si la série originale ressemble à une équipe de secours pendant une journée chargée, Black ressemble à la même équipe après quinze doubles services et un mail du patron demandant « un petit effort supplémentaire ».
Shigemitsu Harada et Issey Hatsuyoshiya reprennent l’univers sous la supervision d’Akane Shimizu
Black n’est pas dessiné directement par Akane Shimizu.
Shigemitsu Harada signe le scénario, Issey Hatsuyoshiya assure le dessin et Akane Shimizu, créatrice des Brigades Immunitaires, supervise le projet.
Cette répartition permet au spin-off de conserver les règles de l’univers tout en trouvant immédiatement sa propre personnalité.
Le choix d’inverser notamment la présentation de certains rôles par rapport à la série originale aide également à distinguer les deux castings.
Le dessin devient souvent plus brutal, avec des cellules épuisées, des environnements détériorés et des scènes où l’organisme ressemble réellement à une infrastructure en train de tomber en morceaux.
Ça reste reconnaissable comme Les Brigades Immunitaires. Simplement, quelqu’un a éteint la lumière et supprimé la pause déjeuner.
Les petits encarts scientifiques sont toujours là
Malgré son ton plus adulte, Black conserve l’un des éléments les plus intéressants de la série d’origine : les informations scientifiques intégrées directement au récit.
Les phénomènes rencontrés sont accompagnés d’explications sur les cellules, les organes ou les maladies concernées.
Cela permet de comprendre pourquoi les personnages réagissent ainsi sans transformer chaque chapitre en cours magistral.
Le manga reste évidemment une œuvre de vulgarisation. Les globules rouges ne portent pas réellement d’uniformes et les leucocytes ne parcourent pas les vaisseaux avec les mêmes armes que dans les planches.
Mais la personnification est redoutable pour retenir les fonctions.
Après huit tomes, on ne regarde plus tout à fait un bilan sanguin avec les mêmes images en tête.
8 tomes pour aller jusqu’au bout de cet organisme cauchemardesque
Les Brigades Immunitaires Black est une série complète en 8 tomes.
La prépublication japonaise débute en 2018 dans le magazine Morning de Kodansha. Le huitième volume conclut l’histoire en 2021 au Japon.
Pika a publié l’intégralité en français dans sa collection seinen.
La série possède ainsi suffisamment de place pour dépasser largement les premières conséquences du tabac et de l’alcool. L’état du premier organisme se dégrade, les personnages connaissent ensuite un nouvel environnement et les problèmes deviennent progressivement beaucoup plus graves.
Le dernier tome clôt réellement leur parcours et pose enfin la question que toutes ces cellules attendent depuis le début : le corps va-t-il finir par prendre soin de lui autant qu’elles prennent soin de lui ?
Pourquoi commencer Les Brigades Immunitaires Black ?
Si vous avez aimé le principe des Brigades Immunitaires mais que vous voulez une version plus adulte, plus dure et beaucoup plus noire, ce spin-off est probablement le plus évident.
Le côté pédagogique fonctionne toujours. En revanche, l’ambiance change radicalement.
Le tabac, l’alcool, le stress ou le manque de sommeil ne deviennent pas de simples petites leçons de prévention. On voit leurs conséquences s’accumuler sur des cellules qui doivent continuer à travailler malgré tout.
Et lorsque la série aborde infarctus, diabète, dépression ou cancer, l’idée de départ prend une vraie force dramatique.
Le manga peut être drôle, parfois très drôle, mais le rire vient souvent de l’absurdité de la situation : les seules personnes qui font absolument tout pour maintenir ce corps en vie sont justement celles qui n’ont aucun contrôle sur son mode de vie.
En huit tomes, Harada et Hatsuyoshiya réussissent ainsi à transformer un spin-off éducatif en véritable chronique de salariés biologiques au bord du burn-out.
Et après la lecture, si vous avez soudain envie de dormir correctement, boire un peu d’eau et manger quelque chose de raisonnable, ce n’est peut-être pas un hasard. Quelque part, une hématie vient probablement de pousser un énorme soupir de soulagement.
Lire plus
Les Brigades Immunitaires Black est une série complète en 8 tomes scénarisée par Shigemitsu Harada, dessinée par Issey Hatsuyoshiya et supervisée par Akane Shimizu. Cette version adulte des Brigades Immunitaires plonge les cellules dans un corps ravagé par le stress, le tabac, l’alcool et de nombreuses maladies. Un dernier conseil : si vos globules rouges pouvaient créer un groupe WhatsApp après avoir lu votre planning de la semaine, vous n’auriez probablement aucune envie de voir les messages.
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Les Brigades immunitaires Black tome 02
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Les Brigades immunitaires Black tome 03
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Les Brigades immunitaires Black tome 06
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Les Brigades immunitaires Black tome 07
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Les Brigades Immunitaires Black : quand le corps devient le pire patron du monde
Dans Les Brigades Immunitaires Black, les cellules travaillent toujours sans relâche pour maintenir le corps humain en vie. Seulement, cette fois, leur propriétaire ne leur facilite absolument pas la tâche. Tabac, alcool, stress, manque de sommeil, cholestérol et mauvaise hygiène de vie transforment leur environnement en entreprise cauchemardesque où les urgences s’enchaînent plus vite que les cellules ne peuvent les régler.
Au centre de ce désastre se trouve une jeune hématie qui vient à peine de commencer son travail. Sa mission paraît simple : transporter l’oxygène dans tout l’organisme. En pratique, les vaisseaux sont encombrés, les conditions de circulation sont catastrophiques et les collègues les plus expérimentés ressemblent déjà à des salariés qui ont oublié ce qu’était un week-end.
Heureusement, une leucocyte particulièrement redoutable veille elle aussi sur l’organisme. Enfin, « heureusement » dépend du point de vue. Pour les bactéries qui la croisent, la journée de travail se termine généralement assez brutalement.
Dans la série originale, les cellules défendent le corps. Ici, elles doivent aussi le défendre contre lui-même
Le principe reprend directement celui des Brigades Immunitaires : les différentes cellules deviennent des personnages et le corps humain se transforme en gigantesque lieu de travail.
Mais l’ambiance change complètement.
Dans la série d’Akane Shimizu, l’organisme subit des infections, des blessures ou des maladies et ses cellules se mobilisent pour y répondre. Dans Black, le terrain lui-même est déjà en mauvais état avant même que l’ennemi arrive.
Les globules rouges essaient de livrer leur oxygène dans des vaisseaux malmenés. Les cellules du foie doivent absorber les conséquences de l’alcool. Le système immunitaire affronte les microbes alors que stress et fatigue compliquent encore son travail.
Une bactérie arrive donc rarement au bon moment. Remarquez, pour la bactérie, le timing est excellent.
L’hématie découvre son métier dans des conditions qui devraient faire fuir n’importe quel nouveau salarié
Le héros est un globule rouge débutant. Il arrive plein de motivation et s’imagine probablement qu’en travaillant sérieusement, tout devrait bien se passer.
Il déchante très vite.
Transporter l’oxygène devient déjà compliqué dans un organisme où la circulation se dégrade et où les agressions se multiplient. Autour de lui, certains globules rouges expérimentés ont parfaitement intégré une culture du travail où il faut aller toujours plus vite, peu importe les conditions.
Le manga utilise alors tout le vocabulaire de l’entreprise japonaise : rendement, pression, épuisement, quotas et collègues qui continuent parce qu’ils ne savent plus vraiment comment faire autrement.
Et notre jeune hématie possède encore suffisamment d’enthousiasme pour croire qu’en faisant de son mieux, il pourra améliorer les choses.
C’est courageux.
Dans cet organisme, c’est aussi légèrement optimiste.
La leucocyte est l’une des rares personnes qu’on est vraiment content de voir arriver
À ses côtés apparaît une leucocyte neutrophile chargée d’éliminer les agents pathogènes.
Là où notre globule rouge découvre encore le fonctionnement de son environnement, elle sait parfaitement ce qui l’attend.
Une bactérie entre dans le corps ? Elle intervient.
Une infection commence à se développer ? Elle intervient.
Quelque chose avec des crocs apparaît au bout du couloir ? Vu son métier, elle va probablement intervenir aussi.
Le contraste entre les deux personnages fonctionne très bien. L’hématie représente l’employé ordinaire qui cherche simplement à accomplir sa tâche. La leucocyte appartient au service qui arrive lorsque la journée est déjà officiellement fichue.
Et dans Black, ce service reçoit énormément d’appels.
Le tabac transforme immédiatement une livraison d’oxygène en mission compliquée
Le premier tome montre rapidement les conséquences du tabagisme.
Pour des globules rouges dont le travail consiste justement à transporter l’oxygène, respirer régulièrement de la fumée n’est évidemment pas le cadeau rêvé.
Le manga traduit cette situation par un environnement où les employés peinent à remplir leur mission dans des conditions de plus en plus mauvaises.
Comme toujours dans l’univers des Brigades Immunitaires, l’idée pédagogique fonctionne parce qu’elle devient une vraie scène.
On ne lit pas simplement « le tabac est mauvais pour l’organisme ». On regarde des cellules obligées de continuer à travailler pendant que leur propriétaire vient une nouvelle fois de leur compliquer la tâche.
Après ça, difficile de ne pas imaginer une hématie levant les yeux au ciel à chaque cigarette.
L’alcool n’arrive pas directement dans le foie avec un petit mot d’excuse
L’alcool fait évidemment partie des problèmes abordés dès les débuts de la série.
Le foie doit traiter ce qui arrive, et les cellules chargées du travail encaissent les conséquences de consommations répétées.
Black adore montrer ce décalage : à l’extérieur, quelqu’un boit simplement un verre de plus. À l’intérieur, une nouvelle équipe vient de recevoir une montagne de travail sans qu’on lui demande son avis.
Le manga traite également la stéatose hépatique et d’autres effets liés à un organisme régulièrement malmené.
Et c’est là que le titre devient particulièrement juste. Le problème n’est pas toujours une catastrophe spectaculaire. C’est aussi l’accumulation.
Une mauvaise habitude. Puis une autre. Puis encore une autre.
Pour le propriétaire du corps, chacune paraît peut-être supportable séparément. Pour les cellules, le planning commence sérieusement à ressembler à une mauvaise blague.
Stress et manque de sommeil : même sans microbe, l’ambiance peut être catastrophique
Le stress et le manque de sommeil font également partie du quotidien de cet organisme.
C’est un choix particulièrement efficace parce qu’on sort du schéma classique « un ennemi entre, les défenses le détruisent ».
Personne ne peut poignarder le stress pour régler le problème.
Les cellules doivent simplement continuer à fonctionner dans un environnement qui ne récupère jamais correctement.
Les hormones de stress deviennent presque des chefs qui réclament constamment davantage de rendement pendant que les employés sont déjà épuisés.
Et soudain, l’expression « mon corps me dit de ralentir » prend un tout autre sens : ici, on peut presque visualiser plusieurs milliards de salariés en train de déposer la demande.
Les problèmes « d’en bas » ont eux aussi droit à leur chapitre
Black assume clairement un public plus adulte que la série originale.
Le manga aborde notamment les troubles de l’érection et d’autres problèmes liés à la santé sexuelle.
Et évidemment, une fonction corporelle que l’on résume habituellement en deux mots devient ici une gigantesque opération impliquant circulation sanguine, communication entre cellules et mobilisation générale.
C’est drôle parce que le lecteur sait parfaitement ce qui est en train de se produire à l’échelle du corps, alors que les personnages le vivent comme une mission critique.
Mais derrière l’humour, l’explication reste réelle : le fonctionnement du corps dépend d’une quantité impressionnante de mécanismes qui doivent se coordonner correctement.
Autrement dit, même dans l’intimité, il y a apparemment des réunions de service.
L’ulcère et la goutte prouvent que la situation peut encore empirer
Le deuxième volume ne décide absolument pas de donner quelques vacances aux cellules.
L’organisme doit notamment affronter un ulcère de l’estomac et la goutte.
Encore une fois, les auteurs transforment des mécanismes médicaux en événements capables de mettre tout le personnel en alerte.
La goutte, par exemple, ne devient pas simplement une douleur ressentie par le propriétaire. À l’intérieur, la réaction inflammatoire mobilise les cellules et provoque un véritable chaos.
Ce fonctionnement rend Black particulièrement efficace pour mémoriser certains phénomènes.
On ne retient peut-être pas chaque terme biologique après une seule lecture. En revanche, on se souvient très bien que les cellules ont passé un sale moment.
L’infarctus fait comprendre que cette fois le corps peut vraiment ne pas s’en sortir
La première partie de la série pousse progressivement l’organisme vers une menace beaucoup plus sérieuse : l’infarctus.
À force de dégradation, le système arrive à un point où continuer « comme avant » n’est plus une option.
Le manga change alors franchement de ton.
Les cellules ne sont plus simplement fatiguées. Certaines meurent. D’autres paniquent. Les infrastructures elles-mêmes cessent de fonctionner correctement.
C’est probablement là que Black se distingue le plus clairement de la série originale.
Il existe une vraie possibilité d’échec collectif.
Les cellules peuvent donner absolument tout ce qu’elles ont et malgré tout ne pas réussir à compenser indéfiniment les dégâts infligés au corps.
Le message n’a pas besoin d’un grand discours : quand les employés commencent à tomber sur leur lieu de travail, le problème ne vient peut-être plus de leur motivation.
Le tome 3 prend une direction assez folle : les globules changent carrément de corps
Après l’infarctus, on pourrait croire que l’histoire va simplement continuer dans le même organisme.
Pas exactement.
Des hématies sont aspirées par un tube et se réveillent dans un autre corps.
Le principe permet à Shigemitsu Harada et Issey Hatsuyoshiya de renouveler complètement les problèmes sans abandonner leurs personnages.
Et bien sûr, le nouvel organisme n’est pas devenu par miracle une station thermale pour cellules fatiguées.
Il possède ses propres catastrophes.
Nos globules viennent donc de survivre à un environnement de travail épouvantable et découvrent qu’ils ont été mutés dans une autre entreprise tout aussi inquiétante.
Au niveau ressources humaines, on commence à soupçonner un complot.
Caféine, calculs urinaires et phlébites : bienvenue dans le nouveau service
Dans ce nouvel organisme, les cellules doivent notamment faire face à la dépendance à la caféine, aux calculs urinaires et aux phlébites.
Le changement de corps montre surtout une chose : les mauvaises conditions de santé peuvent prendre des formes très différentes.
Une cellule qui pensait avoir déjà tout vu découvre donc de nouvelles manières pour un organisme de lui gâcher la journée.
Les calculs urinaires permettent notamment au manga de transformer une douleur extrêmement concrète en catastrophe interne.
Quant aux phlébites, elles rappellent que la circulation reste l’une des grandes infrastructures de cet univers.
Pour un globule rouge, un problème dans les vaisseaux équivaut un peu à découvrir que toutes les autoroutes de votre entreprise viennent de fermer simultanément.
Le diabète transforme le quotidien en véritable spirale
Le nouveau corps souffre également de diabète, et Black prend le temps d’en montrer plusieurs conséquences.
La glycémie augmente. Les cellules chargées de produire l’insuline sont soumises à une pression énorme. Les reins doivent gérer une charge supplémentaire et les complications commencent à toucher différentes parties du corps.
Le manga évoque notamment les risques pour la rétine et les problèmes de circulation pouvant aller jusqu’à la nécrose.
Là encore, on comprend très bien pourquoi la série porte le mot « Black ».
Les cellules ne font pas face à un problème isolé qui disparaît après un combat. Une maladie chronique peut modifier durablement toutes leurs conditions de travail.
Et quand plusieurs complications commencent à se nourrir les unes les autres, même les cellules les plus motivées finissent par se demander combien de temps l’organisme peut encore tenir.
Le pancréas n’a pas vraiment besoin d’un problème supplémentaire, mais il en reçoit quand même
Dans les volumes consacrés au diabète, le pancréas prend logiquement beaucoup d’importance.
Les cellules bêta doivent répondre à une demande de plus en plus difficile à supporter.
Et comme Black possède un sens très particulier de l’acharnement, le pancréas doit également affronter d’autres complications.
Ce passage fait partie de ceux où le manga devient beaucoup moins léger.
Les cellules s’épuisent. Certaines comprennent qu’elles ne pourront pas simplement fournir « un dernier effort » éternellement.
C’est une manière assez brutale mais efficace de montrer qu’un organisme ne possède pas des ressources infinies.
Il n’y a pas derrière chaque cellule épuisée une cellule de remplacement qui attend son tour avec un café et un sourire.
La dépression ne se combat évidemment pas avec un globule blanc et un couteau
Le sixième tome aborde notamment la dépression.
Le sujet change profondément la nature de la menace.
Les personnages comprennent parfaitement comment réagir lorsqu’une bactérie apparaît. En revanche, comment combattre un état qui affecte tout le fonctionnement de l’organisme sans posséder un ennemi clairement identifié devant soi ?
Le manga montre également un corps ayant traversé une overdose de somnifères.
Black ne cherche donc absolument pas à protéger ses personnages des aspects les plus difficiles de la santé adulte.
Mais le ton reste cohérent avec le reste : les cellules continuent malgré tout à accomplir leur fonction parce que leur survie dépend de celle du corps.
Et pour une fois, même notre équipe de combattants doit admettre que tout ne se résout pas en frappant suffisamment fort.
Le cancer devient une véritable guerre intérieure
Dans les derniers volumes, la menace du cancer prend une place centrale.
Comme dans la série originale, le danger possède une particularité essentielle : il ne vient pas d’un envahisseur extérieur.
Une cellule du corps lui-même devient anormale et commence à se développer au détriment des autres.
Pour les cellules immunitaires, la situation ressemble donc à une guerre civile biologique.
Le septième tome lance une confrontation particulièrement violente, puis le huitième s’intéresse aux conséquences de cette bataille et au risque que l’organisme ne retrouve jamais réellement un fonctionnement sain.
L’objectif final prend alors une tournure presque ironique : les cellules rêvent simplement d’obtenir enfin un environnement de travail « white ».
Après huit tomes de Black, difficile de leur reprocher d’avoir des ambitions modestes.
Le mot « Black » est une vraie blague japonaise sur le monde du travail
Le titre possède d’ailleurs un double sens particulièrement bien trouvé.
Au Japon, on utilise l’expression « black company » pour désigner une entreprise connue pour ses conditions de travail abusives : horaires excessifs, pression, épuisement et environnement professionnel toxique.
Pika l’explique directement lors de la présentation française de la série.
Les cellules de Black travaillent donc littéralement dans un organisme transformé en entreprise infernale.
Le vocabulaire professionnel utilisé tout au long du manga n’est pas seulement là pour faire joli. Le corps est le lieu de travail, les cellules sont les employés et le propriétaire serait probablement le patron que tout le monde insulte à la machine à café.
Le problème, c’est qu’elles ne peuvent même pas démissionner.
Black garde la biologie de la série originale, mais passe clairement du shonen au seinen
Le changement de ton est volontaire.
Les Brigades Immunitaires reste très accessible et mélange découverte du corps, humour et action.
Les Brigades Immunitaires Black reprend la même idée pour aborder des sujets plus adultes et nettement plus sombres.
Alcoolisme, tabagisme, troubles sexuels, maladies chroniques, infarctus, dépression ou cancer donnent parfois au manga des scènes très dures.
Pika l’a d’ailleurs publié dans sa collection Pika Seinen.
Il y a toujours des explications biologiques et des personnages très identifiables, mais l’humour devient plus noir et la survie des cellules paraît beaucoup moins garantie.
Si la série originale ressemble à une équipe de secours pendant une journée chargée, Black ressemble à la même équipe après quinze doubles services et un mail du patron demandant « un petit effort supplémentaire ».
Shigemitsu Harada et Issey Hatsuyoshiya reprennent l’univers sous la supervision d’Akane Shimizu
Black n’est pas dessiné directement par Akane Shimizu.
Shigemitsu Harada signe le scénario, Issey Hatsuyoshiya assure le dessin et Akane Shimizu, créatrice des Brigades Immunitaires, supervise le projet.
Cette répartition permet au spin-off de conserver les règles de l’univers tout en trouvant immédiatement sa propre personnalité.
Le choix d’inverser notamment la présentation de certains rôles par rapport à la série originale aide également à distinguer les deux castings.
Le dessin devient souvent plus brutal, avec des cellules épuisées, des environnements détériorés et des scènes où l’organisme ressemble réellement à une infrastructure en train de tomber en morceaux.
Ça reste reconnaissable comme Les Brigades Immunitaires. Simplement, quelqu’un a éteint la lumière et supprimé la pause déjeuner.
Les petits encarts scientifiques sont toujours là
Malgré son ton plus adulte, Black conserve l’un des éléments les plus intéressants de la série d’origine : les informations scientifiques intégrées directement au récit.
Les phénomènes rencontrés sont accompagnés d’explications sur les cellules, les organes ou les maladies concernées.
Cela permet de comprendre pourquoi les personnages réagissent ainsi sans transformer chaque chapitre en cours magistral.
Le manga reste évidemment une œuvre de vulgarisation. Les globules rouges ne portent pas réellement d’uniformes et les leucocytes ne parcourent pas les vaisseaux avec les mêmes armes que dans les planches.
Mais la personnification est redoutable pour retenir les fonctions.
Après huit tomes, on ne regarde plus tout à fait un bilan sanguin avec les mêmes images en tête.
8 tomes pour aller jusqu’au bout de cet organisme cauchemardesque
Les Brigades Immunitaires Black est une série complète en 8 tomes.
La prépublication japonaise débute en 2018 dans le magazine Morning de Kodansha. Le huitième volume conclut l’histoire en 2021 au Japon.
Pika a publié l’intégralité en français dans sa collection seinen.
La série possède ainsi suffisamment de place pour dépasser largement les premières conséquences du tabac et de l’alcool. L’état du premier organisme se dégrade, les personnages connaissent ensuite un nouvel environnement et les problèmes deviennent progressivement beaucoup plus graves.
Le dernier tome clôt réellement leur parcours et pose enfin la question que toutes ces cellules attendent depuis le début : le corps va-t-il finir par prendre soin de lui autant qu’elles prennent soin de lui ?
Pourquoi commencer Les Brigades Immunitaires Black ?
Si vous avez aimé le principe des Brigades Immunitaires mais que vous voulez une version plus adulte, plus dure et beaucoup plus noire, ce spin-off est probablement le plus évident.
Le côté pédagogique fonctionne toujours. En revanche, l’ambiance change radicalement.
Le tabac, l’alcool, le stress ou le manque de sommeil ne deviennent pas de simples petites leçons de prévention. On voit leurs conséquences s’accumuler sur des cellules qui doivent continuer à travailler malgré tout.
Et lorsque la série aborde infarctus, diabète, dépression ou cancer, l’idée de départ prend une vraie force dramatique.
Le manga peut être drôle, parfois très drôle, mais le rire vient souvent de l’absurdité de la situation : les seules personnes qui font absolument tout pour maintenir ce corps en vie sont justement celles qui n’ont aucun contrôle sur son mode de vie.
En huit tomes, Harada et Hatsuyoshiya réussissent ainsi à transformer un spin-off éducatif en véritable chronique de salariés biologiques au bord du burn-out.
Et après la lecture, si vous avez soudain envie de dormir correctement, boire un peu d’eau et manger quelque chose de raisonnable, ce n’est peut-être pas un hasard. Quelque part, une hématie vient probablement de pousser un énorme soupir de soulagement.
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Les Brigades Immunitaires Black est une série complète en 8 tomes scénarisée par Shigemitsu Harada, dessinée par Issey Hatsuyoshiya et supervisée par Akane Shimizu. Cette version adulte des Brigades Immunitaires plonge les cellules dans un corps ravagé par le stress, le tabac, l’alcool et de nombreuses maladies. Un dernier conseil : si vos globules rouges pouvaient créer un groupe WhatsApp après avoir lu votre planning de la semaine, vous n’auriez probablement aucune envie de voir les messages.
