Le Collège Fou Fou Fou

Le Collège Fou Fou Fou : Rei et les Joyeux Loufoques ont fait du redoublement un véritable art de vivre

Dans le manga Le Collège Fou Fou Fou, cinq garçons ont trouvé une méthode très personnelle pour profiter de leur scolarité : ne surtout pas se comporter comme des élèves normaux. Rei Ichido, Gô Reietsu, Kiyoshi Shusse, Jin Daima et Dai Monohoshi forment le Kimengumi, littéralement la bande des « visages étranges ». Ils accumulent les gags, les grimaces, les défis absurdes et les catastrophes scolaires avec une régularité qui ferait presque passer le redoublement pour une activité parascolaire.

Deux filles se retrouvent entraînées dans leur orbite : Yui Kawa et Chie Uru. Si vous avez découvert la série à la télévision française, ces noms vous disent peut-être moins de choses que Laura et Julie. Même chose pour plusieurs membres du groupe, rebaptisés Ted, Jeannot, Jim ou Dan dans le doublage français. Le manga permet donc de retrouver les personnages derrière les souvenirs du Club Dorothée, mais avec leurs noms japonais et énormément de gags que l’adaptation animée n’a pas toujours repris exactement de la même manière.

Et il faut oublier toute idée de réalisme scolaire pendant quelques minutes. Chez Motoei Shinzawa, un cours peut dégénérer en concours idiot, une activité sportive devenir une parodie de manga de combat et un simple trajet jusqu’à l’école provoquer davantage d’incidents qu’une expédition dans la jungle. Le Collège Fou Fou Fou ne cherche pas à raconter une adolescence normale. Il cherche surtout jusqu’où cinq imbéciles extrêmement motivés peuvent pousser une situation avant que le décor lui-même abandonne.

Avant le lycée, les Kimengumi avaient déjà trouvé le moyen de passer trois années supplémentaires au collège

L’histoire de la série possède une particularité assez amusante : elle commence avant High School! Kimengumi.

En 1980, Motoei Shinzawa lance dans le Weekly Shonen Jump 3nen Kimengumi. Yui arrive dans une classe où elle découvre cinq garçons qui ont déjà échoué plusieurs fois à passer au lycée.

Leur chef, Rei, n’a aucune intention visible de devenir raisonnable. Ses quatre camarades non plus.

Lorsque les personnages réussissent finalement à progresser dans leur scolarité, Shinzawa fait quelque chose de très simple et pourtant assez original : il change le titre de son manga avec eux.

3nen Kimengumi devient alors High School! Kimengumi.

Autrement dit, les héros réussissent enfin leur examen d’entrée et l’auteur est obligé de renommer toute la série. Pour des élèves qui ont passé des années à rater cette étape, c’est probablement leur plus grande victoire académique.

Rei Ichido peut transformer à peu près n’importe quelle situation en catastrophe

Rei est le chef naturel des Kimengumi.

Le mot « naturel » ne signifie pas forcément « compétent ».

Il possède surtout une imagination inépuisable lorsqu’il s’agit de faire quelque chose d’absurde. Il peut détourner une activité normale en quelques secondes, entraîner toute sa bande derrière lui et conserver un sérieux impressionnant au milieu d’une idée qui ne devrait jamais avoir quitté son cerveau.

Son visage élastique participe évidemment beaucoup à l’humour. Shinzawa adore déformer ses personnages, casser leurs expressions et les transformer momentanément en caricatures complètement impossibles.

Rei semble presque savoir qu’il vit dans un manga comique.

Et lorsqu’un personnage comprend que les lois normales du monde ne s’appliquent pas forcément à lui, les enseignants commencent généralement à passer une mauvaise journée.

Gô, Kiyoshi, Jin et Dai ne sont pas exactement là pour calmer leur chef

Une bande plus responsable aurait peut-être réussi à contenir Rei.

Ce n’est pas celle-ci.

Gô Reietsu possède une personnalité explosive et rêve notamment de devenir catcheur. Kiyoshi Shusse s’intéresse énormément aux filles, généralement avec une subtilité discutable. Jin Daima considère la nourriture comme une priorité stratégique. Quant à Dai Monohoshi, il apporte encore une autre forme d’excentricité au groupe.

Ensemble, ils fonctionnent parce qu’aucun n’essaie réellement de devenir le garçon raisonnable de service.

Une mauvaise idée proposée à quatre camarades normaux rencontrerait peut-être une objection.

Chez les Kimengumi, elle rencontre plutôt quatre variantes de : « Très bien, mais est-ce qu’on peut la rendre encore plus idiote ? »

Yui et Chie sont censées être les filles normales de l’histoire. « Censées » est important

Yui Kawa et Chie Uru servent d’abord de point d’entrée dans cet univers.

Yui découvre les Kimengumi avec le regard d’une nouvelle élève. Chie connaît déjà beaucoup mieux l’écosystème local et devient rapidement son amie.

Au début, les deux filles peuvent sembler nettement plus raisonnables que les cinq garçons.

Mais fréquenter Rei et sa bande pendant suffisamment longtemps finit forcément par avoir des conséquences.

Elles participent aux aventures, répondent aux provocations et se retrouvent elles aussi dans des situations où le comportement normal aurait probablement consisté à rentrer chez soi.

La relation entre Yui et Rei apporte également une petite touche de comédie romantique au milieu du chaos.

Petite, parce qu’avec Rei dans les parages, maintenir une scène romantique sérieuse pendant plus de quelques cases relève déjà de l’exploit.

Le manga adore constituer des bandes comme si chaque personnalité devait avoir son propre club

Les Kimengumi ne sont évidemment pas les seuls élèves suffisamment particuliers pour mériter un nom collectif.

Motoei Shinzawa multiplie les groupes bâtis autour d’un trait de caractère : beaux garçons, costauds, voyous, filles excentriques et quantité d’autres élèves qui semblent avoir été recrutés spécifiquement pour provoquer des affrontements absurdes.

La plaisanterie fonctionne parce que chaque nouvelle bande arrive comme si elle représentait une menace extrêmement sérieuse.

Puis le manga se rappelle qu’il s’agit du Collège Fou Fou Fou.

Un duel peut alors se transformer en concours ridicule, une rivalité en gag et une démonstration de force en quelque chose que personne n’avait raisonnablement prévu.

Shinzawa prend les codes des mangas de bandes et les utilise comme jouets.

Le sport devient particulièrement dangereux dès que le Kimengumi décide de participer

Base-ball, volley-ball, karaté, natation, ping-pong, course… l’école offre énormément d’occasions de pratiquer une activité physique.

Normalement, il existe des règles.

Les Kimengumi ont tendance à les considérer davantage comme des suggestions.

Shueisha présente plusieurs volumes autour de véritables séries de défis sportifs. Mais chaque discipline finit passée dans la machine comique de Motoei Shinzawa.

Les techniques deviennent improbables, les adversaires de plus en plus caricaturaux et certains affrontements ressemblent volontairement à des parodies de mangas sportifs ou de combats.

C’est d’ailleurs une bonne porte d’entrée dans l’humour de la série : plus une situation est présentée sérieusement, plus on peut soupçonner qu’elle va se terminer n’importe comment.

Les noms japonais sont eux-mêmes remplis de plaisanteries

Une partie de l’humour de Kimengumi se trouve directement dans les noms.

Motoei Shinzawa adore les jeux de mots japonais. Beaucoup de personnages portent des patronymes qui, prononcés ensemble, évoquent un mot, une expression ou un trait de leur personnalité.

Yui Kawa en est un bon exemple : son nom joue avec la sonorité de kawaii.

Pour un lecteur francophone, évidemment, ce niveau de gag ne saute pas toujours aux yeux.

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles l’adaptation française a énormément adapté l’univers plutôt que de chercher à traduire littéralement chaque plaisanterie.

Le résultat donne presque deux souvenirs parallèles : les personnages japonais du manga et leurs alter ego français du dessin animé.

Si vous connaissez Laura, Julie, Ted, Jeannot, Jim et Dan, vous connaissez déjà une partie de cette bande

En France, l’anime a profondément marqué l’identité de la série.

La version diffusée sur TF1 conserve Rei, mais plusieurs autres personnages reçoivent des noms français beaucoup plus faciles à retenir pour le jeune public de l’époque.

Yui devient ainsi Laura et Chie Julie. Les quatre camarades de Rei deviennent notamment Ted, Jeannot, Jim et Dan.

C’est souvent amusant lorsqu’on ouvre aujourd’hui le manga après avoir connu uniquement la télévision : on reconnaît parfaitement les visages, mais il faut quelques pages avant que le cerveau accepte que Laura s’appelle Yui.

Ensuite, tout revient très vite.

Surtout lorsqu’un des cinq commence à faire une tête impossible.

L’anime de 1985 comptait 86 épisodes

L’adaptation japonaise de High School! Kimengumi commence sur Fuji TV en octobre 1985.

Elle compte au total 86 épisodes et s’achève en 1987.

Elle ne reprend pas seulement mécaniquement le manga case par case. Certaines histoires sont déplacées ou adaptées, et plusieurs épisodes comportent deux aventures courtes.

Ce format convient parfaitement au rythme de Shinzawa.

Le Collège Fou Fou Fou n’a pas besoin de passer quinze épisodes à préparer le combat final contre le roi des ténèbres. Un tournoi de base-ball complètement idiot ou une nouvelle catastrophe scolaire peut suffire pour lancer un épisode.

Et le suivant peut repartir sur autre chose sans demander l’autorisation.

En France, les Joyeux Loufoques débarquent au Club Dorothée en 1989

Pour beaucoup de lecteurs francophones, Le Collège Fou Fou Fou est d’abord un souvenir de télévision.

La première diffusion française commence le 8 novembre 1989 dans le Club Dorothée sur TF1.

À partir de là, les Joyeux Loufoques rejoignent cette immense génération de héros japonais arrivés dans les salons français à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

La série tranche pourtant avec beaucoup de ses voisines.

Pas besoin de sauver la planète. Pas de grand méchant à vaincre avant la fin de l’année scolaire. Le principal danger reste souvent Rei qui vient d’avoir une idée.

Et vu le personnage, ce n’est déjà pas rien.

Dans le Weekly Shonen Jump, les Kimengumi ont côtoyé une génération complètement folle de mangas

Le contexte japonais est tout aussi intéressant.

High School! Kimengumi paraît dans le Weekly Shonen Jump de 1982 à 1987. Pendant ces années, le même magazine accueille plusieurs séries qui vont elles aussi devenir énormes.

En 1983 arrive Hokuto no Ken. Un an plus tard débute Dragon Ball. Puis, en 1985, Tsukasa Hojo lance City Hunter.

Imaginez simplement le sommaire.

Une semaine, Kenshiro fait exploser un adversaire avec le Hokuto Shinken. Goku part chercher les Dragon Balls. Ryo Saeba règle une affaire particulièrement dangereuse. Et quelques pages plus loin, Rei décide probablement que la meilleure manière de gagner un match scolaire consiste à inventer une technique que le règlement n’avait pas envisagée.

Le Weekly Shonen Jump des années 1980 avait de la marge en matière de changement d’ambiance.

Et en France, Nicky Larson est probablement le cousin le plus proche côté humour

Parmi ces trois séries, City Hunter, devenu Nicky Larson à la télévision française, possède un lien particulièrement amusant avec Le Collège Fou Fou Fou.

Les deux œuvres sont très différentes. Ryo Saeba évolue dans des affaires criminelles alors que Rei essaie surtout de survivre à l’année scolaire sans devenir raisonnable.

Mais elles partagent un goût très années 1980 pour les changements brutaux de visage, le gag physique, les réactions complètement exagérées et les personnages capables de passer du sérieux au ridicule en une demi-seconde.

Si vous avez grandi avec les deux dessins animés, cette façon de faire exploser une situation comique possède immédiatement un parfum familier.

La grande différence, c’est qu’une massue géante peut encore remettre Nicky dans le droit chemin.

Pour Rei, il faudrait probablement plusieurs essais.

Dragon Ball partage aussi ce goût du gag qu’on oublie parfois derrière les combats

On associe aujourd’hui souvent Dragon Ball aux transformations et aux grands combats.

Pourtant, les premiers volumes d’Akira Toriyama sont très largement construits sur l’humour, les personnages absurdes, les grimaces, les détournements de légendes et les situations où la logique peut s’effacer devant un bon gag.

À ce niveau, le rapprochement avec Shinzawa est beaucoup plus naturel qu’il n’y paraît.

Les deux auteurs n’ont pas le même dessin ni exactement le même humour, mais ils appartiennent à cette période du Jump où un shonen pouvait être extrêmement populaire sans avoir besoin de traiter chaque page avec le sérieux d’une prophétie millénaire.

Parfois, une tête idiote suffit.

Hokuto no Ken représente au contraire le grand écart absolu de cette époque

Le lien avec Hokuto no Ken fonctionne presque pour la raison inverse.

Les deux mangas se retrouvent dans le même magazine japonais pendant plusieurs années. Pourtant, difficile d’imaginer deux ambiances plus éloignées.

Chez Buronson et Tetsuo Hara, Kenshiro traverse un monde post-apocalyptique où les innocents meurent et où les tyrans règlent les problèmes par la violence.

Chez Shinzawa, Rei peut transformer un contrôle scolaire en événement national simplement parce qu’il refuse de se comporter normalement.

Et quelques années plus tard, le public français retrouvera lui aussi ces deux univers dans le paysage du Club Dorothée.

C’est peut-être l’une des meilleures images de cette génération : on pouvait regarder Ken sauver les survivants d’un monde nucléaire puis retrouver les Joyeux Loufoques en train de détruire mentalement leur professeur.

Le manga principal compte 20 tomes, mais l’univers commence avant

High School! Kimengumi est une série complète en 20 tomes dans son édition originale Jump Comics.

Shueisha publie le premier volume japonais en 1983 et le vingtième conclut cette partie de l’histoire en 1988.

Black Box a également proposé en français cette série principale en 20 volumes sous le titre Le Collège Fou Fou Fou.

Mais pour remonter jusqu’aux véritables débuts du groupe, il existe également Le Collège Fou Fou Fou – Kimengumi : Les premières années, correspondant à 3nen Kimengumi.

Cette partie raconte notamment les années collège, avant que les personnages n’entrent au lycée et que la série japonaise change de titre.

C’est donc l’endroit où voir comment toute cette catastrophe organisée a commencé.

Spoiler raisonnable : leurs professeurs n’avaient déjà aucune chance.

Les Premières Années représentent 6 volumes japonais

3nen Kimengumi, la première période du manga, forme une série complète en 6 tomes.

Black Box l’a publiée en français sous le titre Kimengumi – Les premières années, avec notamment une édition simple en six volumes et une édition double en trois gros tomes.

On y retrouve Yui lorsqu’elle découvre la bande et les fameux Kimengumi encore coincés au collège.

Cette partie possède donc un intérêt particulier pour les lecteurs du dessin animé français, puisque l’adaptation télévisée avait elle-même commencé avant leur véritable entrée au lycée.

Et elle explique enfin pourquoi une œuvre appelée High School! Kimengumi commence parfois avec des personnages encore au collège.

Avec cette bande, même le titre avait besoin d’un mode d’emploi.

Flash! Kimengumi permet encore de retrouver Motoei Shinzawa bien plus tard

L’auteur n’a pas totalement laissé tomber ses personnages après la fin du manga principal.

Dans les années 2000, il revient notamment avec Flash! Kimengumi.

Cette nouvelle incarnation paraît chez Square Enix et forme une série en 3 tomes.

Black Box l’a également rendue disponible en français.

L’intérêt est évident pour ceux qui ont terminé les aventures classiques : retrouver le type d’humour de Shinzawa, ses personnages et son univers bien après la période Jump.

Parce qu’il fallait bien vérifier une chose importante.

Non, avec le temps, Rei n’est toujours pas devenu quelqu’un sur qui l’on devrait compter pour maintenir le calme dans une salle.

Motoei Shinzawa adore également apparaître dans son propre délire

Une particularité amusante du manga est son rapport très libre avec la fiction.

Shinzawa ne se contente pas toujours de rester sagement derrière sa table à dessin. Il peut se mettre lui-même en scène et jouer avec le fait que ses personnages vivent dans un manga.

Black Box souligne d’ailleurs ce goût pour l’autodérision dans les volumes des Premières Années.

Ça convient parfaitement au reste.

Une œuvre où les visages se déforment, où les règles sportives deviennent facultatives et où une situation réaliste peut partir en morceaux à tout instant n’allait quand même pas soudain respecter religieusement le quatrième mur.

La fin originale a d’ailleurs beaucoup fait parler les lecteurs japonais

Le vingtième volume mène High School! Kimengumi jusqu’à son grand final.

Shueisha rappelle aujourd’hui encore que cette conclusion avait fortement surpris les lecteurs lors de sa publication dans le Weekly Shonen Jump.

Sans raconter ce qui se passe, Motoei Shinzawa choisit une façon de conclure qui a laissé une trace durable dans les discussions autour de la série.

C’est assez cohérent avec l’ensemble de son œuvre.

Après vingt tomes à refuser de faire exactement ce qu’on attend d’un manga scolaire, il aurait été étonnant qu’il termine simplement sur une photo de classe et un petit mot du proviseur.

Quarante ans plus tard, les Kimengumi ont même eu droit à un nouvel anime en 2026

La preuve que les cinq garçons ne sont pas restés enfermés dans les souvenirs du Club Dorothée : une nouvelle adaptation animée de High School! Kimengumi a été lancée au Japon le 9 janvier 2026 sur Fuji TV.

Le projet reprend les personnages de Motoei Shinzawa avec une nouvelle réalisation destinée à l’époque actuelle.

Le site officiel présente précisément l’idée de retrouver les Kimengumi avec leur énergie et leur obsession de transformer leurs particularités en force comique.

C’est assez amusant de voir cette série revenir.

Beaucoup de mangas des années 1980 sont aujourd’hui surtout célébrés pour leurs combats, leurs héros ou leur importance historique.

Les Kimengumi, eux, reviennent avec une proposition beaucoup plus simple : vous avez eu une journée fatigante ? Regardez cinq imbéciles faire pire.

Pourquoi commencer Le Collège Fou Fou Fou ?

Parce que le manga possède une personnalité que l’on reconnaît en quelques pages.

Il n’a pas besoin d’une grande intrigue continue pour fonctionner. Ce sont les personnages qui font le spectacle.

Rei et les Kimengumi peuvent essayer un nouveau sport, rencontrer une bande rivale, partir en vacances ou simplement aller en cours. On sait déjà que l’activité prévue ne survivra probablement pas intacte.

Le dessin de Motoei Shinzawa possède énormément d’énergie et ses expressions sont une arme comique à part entière. Les personnages peuvent passer d’un visage normal à une absurdité graphique complète simplement parce qu’un gag l’exige.

Pour les lecteurs qui ont connu la télévision française, il y a évidemment le plaisir de retrouver les Joyeux Loufoques derrière leurs noms originaux.

Pour quelqu’un qui découvre la série aujourd’hui, c’est aussi une excellente fenêtre sur une facette du Weekly Shonen Jump des années 1980 que l’on oublie parfois derrière Dragon Ball ou Hokuto no Ken : le magazine savait aussi laisser énormément de place au pur gag.

Et avec 20 tomes pour la série principale, 6 volumes pour les premières années et plusieurs retours ultérieurs, Motoei Shinzawa a eu largement le temps de prouver quelque chose d’essentiel : on peut redoubler plusieurs fois, avoir des résultats scolaires catastrophiques et tout de même devenir une légende.

Essayez simplement de ne pas présenter cet argument au prochain conseil de classe.

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Le Collège Fou Fou Fou est le manga de Motoei Shinzawa consacré à Rei Ichido et aux cinq membres complètement incontrôlables du Kimengumi. Après 3nen Kimengumi, leurs années lycée se poursuivent dans High School! Kimengumi, série principale complète en 20 tomes. Un dernier conseil : si Rei vous propose de rejoindre son groupe pour « améliorer un peu l’ambiance du cours », demandez d’abord combien de fois il a déjà redoublé. Ensuite, asseyez-vous très loin.

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Le Collège Fou Fou Fou : Rei et les Joyeux Loufoques ont fait du redoublement un véritable art de vivre

Dans le manga Le Collège Fou Fou Fou, cinq garçons ont trouvé une méthode très personnelle pour profiter de leur scolarité : ne surtout pas se comporter comme des élèves normaux. Rei Ichido, Gô Reietsu, Kiyoshi Shusse, Jin Daima et Dai Monohoshi forment le Kimengumi, littéralement la bande des « visages étranges ». Ils accumulent les gags, les grimaces, les défis absurdes et les catastrophes scolaires avec une régularité qui ferait presque passer le redoublement pour une activité parascolaire.

Deux filles se retrouvent entraînées dans leur orbite : Yui Kawa et Chie Uru. Si vous avez découvert la série à la télévision française, ces noms vous disent peut-être moins de choses que Laura et Julie. Même chose pour plusieurs membres du groupe, rebaptisés Ted, Jeannot, Jim ou Dan dans le doublage français. Le manga permet donc de retrouver les personnages derrière les souvenirs du Club Dorothée, mais avec leurs noms japonais et énormément de gags que l’adaptation animée n’a pas toujours repris exactement de la même manière.

Et il faut oublier toute idée de réalisme scolaire pendant quelques minutes. Chez Motoei Shinzawa, un cours peut dégénérer en concours idiot, une activité sportive devenir une parodie de manga de combat et un simple trajet jusqu’à l’école provoquer davantage d’incidents qu’une expédition dans la jungle. Le Collège Fou Fou Fou ne cherche pas à raconter une adolescence normale. Il cherche surtout jusqu’où cinq imbéciles extrêmement motivés peuvent pousser une situation avant que le décor lui-même abandonne.

Avant le lycée, les Kimengumi avaient déjà trouvé le moyen de passer trois années supplémentaires au collège

L’histoire de la série possède une particularité assez amusante : elle commence avant High School! Kimengumi.

En 1980, Motoei Shinzawa lance dans le Weekly Shonen Jump 3nen Kimengumi. Yui arrive dans une classe où elle découvre cinq garçons qui ont déjà échoué plusieurs fois à passer au lycée.

Leur chef, Rei, n’a aucune intention visible de devenir raisonnable. Ses quatre camarades non plus.

Lorsque les personnages réussissent finalement à progresser dans leur scolarité, Shinzawa fait quelque chose de très simple et pourtant assez original : il change le titre de son manga avec eux.

3nen Kimengumi devient alors High School! Kimengumi.

Autrement dit, les héros réussissent enfin leur examen d’entrée et l’auteur est obligé de renommer toute la série. Pour des élèves qui ont passé des années à rater cette étape, c’est probablement leur plus grande victoire académique.

Rei Ichido peut transformer à peu près n’importe quelle situation en catastrophe

Rei est le chef naturel des Kimengumi.

Le mot « naturel » ne signifie pas forcément « compétent ».

Il possède surtout une imagination inépuisable lorsqu’il s’agit de faire quelque chose d’absurde. Il peut détourner une activité normale en quelques secondes, entraîner toute sa bande derrière lui et conserver un sérieux impressionnant au milieu d’une idée qui ne devrait jamais avoir quitté son cerveau.

Son visage élastique participe évidemment beaucoup à l’humour. Shinzawa adore déformer ses personnages, casser leurs expressions et les transformer momentanément en caricatures complètement impossibles.

Rei semble presque savoir qu’il vit dans un manga comique.

Et lorsqu’un personnage comprend que les lois normales du monde ne s’appliquent pas forcément à lui, les enseignants commencent généralement à passer une mauvaise journée.

Gô, Kiyoshi, Jin et Dai ne sont pas exactement là pour calmer leur chef

Une bande plus responsable aurait peut-être réussi à contenir Rei.

Ce n’est pas celle-ci.

Gô Reietsu possède une personnalité explosive et rêve notamment de devenir catcheur. Kiyoshi Shusse s’intéresse énormément aux filles, généralement avec une subtilité discutable. Jin Daima considère la nourriture comme une priorité stratégique. Quant à Dai Monohoshi, il apporte encore une autre forme d’excentricité au groupe.

Ensemble, ils fonctionnent parce qu’aucun n’essaie réellement de devenir le garçon raisonnable de service.

Une mauvaise idée proposée à quatre camarades normaux rencontrerait peut-être une objection.

Chez les Kimengumi, elle rencontre plutôt quatre variantes de : « Très bien, mais est-ce qu’on peut la rendre encore plus idiote ? »

Yui et Chie sont censées être les filles normales de l’histoire. « Censées » est important

Yui Kawa et Chie Uru servent d’abord de point d’entrée dans cet univers.

Yui découvre les Kimengumi avec le regard d’une nouvelle élève. Chie connaît déjà beaucoup mieux l’écosystème local et devient rapidement son amie.

Au début, les deux filles peuvent sembler nettement plus raisonnables que les cinq garçons.

Mais fréquenter Rei et sa bande pendant suffisamment longtemps finit forcément par avoir des conséquences.

Elles participent aux aventures, répondent aux provocations et se retrouvent elles aussi dans des situations où le comportement normal aurait probablement consisté à rentrer chez soi.

La relation entre Yui et Rei apporte également une petite touche de comédie romantique au milieu du chaos.

Petite, parce qu’avec Rei dans les parages, maintenir une scène romantique sérieuse pendant plus de quelques cases relève déjà de l’exploit.

Le manga adore constituer des bandes comme si chaque personnalité devait avoir son propre club

Les Kimengumi ne sont évidemment pas les seuls élèves suffisamment particuliers pour mériter un nom collectif.

Motoei Shinzawa multiplie les groupes bâtis autour d’un trait de caractère : beaux garçons, costauds, voyous, filles excentriques et quantité d’autres élèves qui semblent avoir été recrutés spécifiquement pour provoquer des affrontements absurdes.

La plaisanterie fonctionne parce que chaque nouvelle bande arrive comme si elle représentait une menace extrêmement sérieuse.

Puis le manga se rappelle qu’il s’agit du Collège Fou Fou Fou.

Un duel peut alors se transformer en concours ridicule, une rivalité en gag et une démonstration de force en quelque chose que personne n’avait raisonnablement prévu.

Shinzawa prend les codes des mangas de bandes et les utilise comme jouets.

Le sport devient particulièrement dangereux dès que le Kimengumi décide de participer

Base-ball, volley-ball, karaté, natation, ping-pong, course… l’école offre énormément d’occasions de pratiquer une activité physique.

Normalement, il existe des règles.

Les Kimengumi ont tendance à les considérer davantage comme des suggestions.

Shueisha présente plusieurs volumes autour de véritables séries de défis sportifs. Mais chaque discipline finit passée dans la machine comique de Motoei Shinzawa.

Les techniques deviennent improbables, les adversaires de plus en plus caricaturaux et certains affrontements ressemblent volontairement à des parodies de mangas sportifs ou de combats.

C’est d’ailleurs une bonne porte d’entrée dans l’humour de la série : plus une situation est présentée sérieusement, plus on peut soupçonner qu’elle va se terminer n’importe comment.

Les noms japonais sont eux-mêmes remplis de plaisanteries

Une partie de l’humour de Kimengumi se trouve directement dans les noms.

Motoei Shinzawa adore les jeux de mots japonais. Beaucoup de personnages portent des patronymes qui, prononcés ensemble, évoquent un mot, une expression ou un trait de leur personnalité.

Yui Kawa en est un bon exemple : son nom joue avec la sonorité de kawaii.

Pour un lecteur francophone, évidemment, ce niveau de gag ne saute pas toujours aux yeux.

C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles l’adaptation française a énormément adapté l’univers plutôt que de chercher à traduire littéralement chaque plaisanterie.

Le résultat donne presque deux souvenirs parallèles : les personnages japonais du manga et leurs alter ego français du dessin animé.

Si vous connaissez Laura, Julie, Ted, Jeannot, Jim et Dan, vous connaissez déjà une partie de cette bande

En France, l’anime a profondément marqué l’identité de la série.

La version diffusée sur TF1 conserve Rei, mais plusieurs autres personnages reçoivent des noms français beaucoup plus faciles à retenir pour le jeune public de l’époque.

Yui devient ainsi Laura et Chie Julie. Les quatre camarades de Rei deviennent notamment Ted, Jeannot, Jim et Dan.

C’est souvent amusant lorsqu’on ouvre aujourd’hui le manga après avoir connu uniquement la télévision : on reconnaît parfaitement les visages, mais il faut quelques pages avant que le cerveau accepte que Laura s’appelle Yui.

Ensuite, tout revient très vite.

Surtout lorsqu’un des cinq commence à faire une tête impossible.

L’anime de 1985 comptait 86 épisodes

L’adaptation japonaise de High School! Kimengumi commence sur Fuji TV en octobre 1985.

Elle compte au total 86 épisodes et s’achève en 1987.

Elle ne reprend pas seulement mécaniquement le manga case par case. Certaines histoires sont déplacées ou adaptées, et plusieurs épisodes comportent deux aventures courtes.

Ce format convient parfaitement au rythme de Shinzawa.

Le Collège Fou Fou Fou n’a pas besoin de passer quinze épisodes à préparer le combat final contre le roi des ténèbres. Un tournoi de base-ball complètement idiot ou une nouvelle catastrophe scolaire peut suffire pour lancer un épisode.

Et le suivant peut repartir sur autre chose sans demander l’autorisation.

En France, les Joyeux Loufoques débarquent au Club Dorothée en 1989

Pour beaucoup de lecteurs francophones, Le Collège Fou Fou Fou est d’abord un souvenir de télévision.

La première diffusion française commence le 8 novembre 1989 dans le Club Dorothée sur TF1.

À partir de là, les Joyeux Loufoques rejoignent cette immense génération de héros japonais arrivés dans les salons français à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

La série tranche pourtant avec beaucoup de ses voisines.

Pas besoin de sauver la planète. Pas de grand méchant à vaincre avant la fin de l’année scolaire. Le principal danger reste souvent Rei qui vient d’avoir une idée.

Et vu le personnage, ce n’est déjà pas rien.

Dans le Weekly Shonen Jump, les Kimengumi ont côtoyé une génération complètement folle de mangas

Le contexte japonais est tout aussi intéressant.

High School! Kimengumi paraît dans le Weekly Shonen Jump de 1982 à 1987. Pendant ces années, le même magazine accueille plusieurs séries qui vont elles aussi devenir énormes.

En 1983 arrive Hokuto no Ken. Un an plus tard débute Dragon Ball. Puis, en 1985, Tsukasa Hojo lance City Hunter.

Imaginez simplement le sommaire.

Une semaine, Kenshiro fait exploser un adversaire avec le Hokuto Shinken. Goku part chercher les Dragon Balls. Ryo Saeba règle une affaire particulièrement dangereuse. Et quelques pages plus loin, Rei décide probablement que la meilleure manière de gagner un match scolaire consiste à inventer une technique que le règlement n’avait pas envisagée.

Le Weekly Shonen Jump des années 1980 avait de la marge en matière de changement d’ambiance.

Et en France, Nicky Larson est probablement le cousin le plus proche côté humour

Parmi ces trois séries, City Hunter, devenu Nicky Larson à la télévision française, possède un lien particulièrement amusant avec Le Collège Fou Fou Fou.

Les deux œuvres sont très différentes. Ryo Saeba évolue dans des affaires criminelles alors que Rei essaie surtout de survivre à l’année scolaire sans devenir raisonnable.

Mais elles partagent un goût très années 1980 pour les changements brutaux de visage, le gag physique, les réactions complètement exagérées et les personnages capables de passer du sérieux au ridicule en une demi-seconde.

Si vous avez grandi avec les deux dessins animés, cette façon de faire exploser une situation comique possède immédiatement un parfum familier.

La grande différence, c’est qu’une massue géante peut encore remettre Nicky dans le droit chemin.

Pour Rei, il faudrait probablement plusieurs essais.

Dragon Ball partage aussi ce goût du gag qu’on oublie parfois derrière les combats

On associe aujourd’hui souvent Dragon Ball aux transformations et aux grands combats.

Pourtant, les premiers volumes d’Akira Toriyama sont très largement construits sur l’humour, les personnages absurdes, les grimaces, les détournements de légendes et les situations où la logique peut s’effacer devant un bon gag.

À ce niveau, le rapprochement avec Shinzawa est beaucoup plus naturel qu’il n’y paraît.

Les deux auteurs n’ont pas le même dessin ni exactement le même humour, mais ils appartiennent à cette période du Jump où un shonen pouvait être extrêmement populaire sans avoir besoin de traiter chaque page avec le sérieux d’une prophétie millénaire.

Parfois, une tête idiote suffit.

Hokuto no Ken représente au contraire le grand écart absolu de cette époque

Le lien avec Hokuto no Ken fonctionne presque pour la raison inverse.

Les deux mangas se retrouvent dans le même magazine japonais pendant plusieurs années. Pourtant, difficile d’imaginer deux ambiances plus éloignées.

Chez Buronson et Tetsuo Hara, Kenshiro traverse un monde post-apocalyptique où les innocents meurent et où les tyrans règlent les problèmes par la violence.

Chez Shinzawa, Rei peut transformer un contrôle scolaire en événement national simplement parce qu’il refuse de se comporter normalement.

Et quelques années plus tard, le public français retrouvera lui aussi ces deux univers dans le paysage du Club Dorothée.

C’est peut-être l’une des meilleures images de cette génération : on pouvait regarder Ken sauver les survivants d’un monde nucléaire puis retrouver les Joyeux Loufoques en train de détruire mentalement leur professeur.

Le manga principal compte 20 tomes, mais l’univers commence avant

High School! Kimengumi est une série complète en 20 tomes dans son édition originale Jump Comics.

Shueisha publie le premier volume japonais en 1983 et le vingtième conclut cette partie de l’histoire en 1988.

Black Box a également proposé en français cette série principale en 20 volumes sous le titre Le Collège Fou Fou Fou.

Mais pour remonter jusqu’aux véritables débuts du groupe, il existe également Le Collège Fou Fou Fou – Kimengumi : Les premières années, correspondant à 3nen Kimengumi.

Cette partie raconte notamment les années collège, avant que les personnages n’entrent au lycée et que la série japonaise change de titre.

C’est donc l’endroit où voir comment toute cette catastrophe organisée a commencé.

Spoiler raisonnable : leurs professeurs n’avaient déjà aucune chance.

Les Premières Années représentent 6 volumes japonais

3nen Kimengumi, la première période du manga, forme une série complète en 6 tomes.

Black Box l’a publiée en français sous le titre Kimengumi – Les premières années, avec notamment une édition simple en six volumes et une édition double en trois gros tomes.

On y retrouve Yui lorsqu’elle découvre la bande et les fameux Kimengumi encore coincés au collège.

Cette partie possède donc un intérêt particulier pour les lecteurs du dessin animé français, puisque l’adaptation télévisée avait elle-même commencé avant leur véritable entrée au lycée.

Et elle explique enfin pourquoi une œuvre appelée High School! Kimengumi commence parfois avec des personnages encore au collège.

Avec cette bande, même le titre avait besoin d’un mode d’emploi.

Flash! Kimengumi permet encore de retrouver Motoei Shinzawa bien plus tard

L’auteur n’a pas totalement laissé tomber ses personnages après la fin du manga principal.

Dans les années 2000, il revient notamment avec Flash! Kimengumi.

Cette nouvelle incarnation paraît chez Square Enix et forme une série en 3 tomes.

Black Box l’a également rendue disponible en français.

L’intérêt est évident pour ceux qui ont terminé les aventures classiques : retrouver le type d’humour de Shinzawa, ses personnages et son univers bien après la période Jump.

Parce qu’il fallait bien vérifier une chose importante.

Non, avec le temps, Rei n’est toujours pas devenu quelqu’un sur qui l’on devrait compter pour maintenir le calme dans une salle.

Motoei Shinzawa adore également apparaître dans son propre délire

Une particularité amusante du manga est son rapport très libre avec la fiction.

Shinzawa ne se contente pas toujours de rester sagement derrière sa table à dessin. Il peut se mettre lui-même en scène et jouer avec le fait que ses personnages vivent dans un manga.

Black Box souligne d’ailleurs ce goût pour l’autodérision dans les volumes des Premières Années.

Ça convient parfaitement au reste.

Une œuvre où les visages se déforment, où les règles sportives deviennent facultatives et où une situation réaliste peut partir en morceaux à tout instant n’allait quand même pas soudain respecter religieusement le quatrième mur.

La fin originale a d’ailleurs beaucoup fait parler les lecteurs japonais

Le vingtième volume mène High School! Kimengumi jusqu’à son grand final.

Shueisha rappelle aujourd’hui encore que cette conclusion avait fortement surpris les lecteurs lors de sa publication dans le Weekly Shonen Jump.

Sans raconter ce qui se passe, Motoei Shinzawa choisit une façon de conclure qui a laissé une trace durable dans les discussions autour de la série.

C’est assez cohérent avec l’ensemble de son œuvre.

Après vingt tomes à refuser de faire exactement ce qu’on attend d’un manga scolaire, il aurait été étonnant qu’il termine simplement sur une photo de classe et un petit mot du proviseur.

Quarante ans plus tard, les Kimengumi ont même eu droit à un nouvel anime en 2026

La preuve que les cinq garçons ne sont pas restés enfermés dans les souvenirs du Club Dorothée : une nouvelle adaptation animée de High School! Kimengumi a été lancée au Japon le 9 janvier 2026 sur Fuji TV.

Le projet reprend les personnages de Motoei Shinzawa avec une nouvelle réalisation destinée à l’époque actuelle.

Le site officiel présente précisément l’idée de retrouver les Kimengumi avec leur énergie et leur obsession de transformer leurs particularités en force comique.

C’est assez amusant de voir cette série revenir.

Beaucoup de mangas des années 1980 sont aujourd’hui surtout célébrés pour leurs combats, leurs héros ou leur importance historique.

Les Kimengumi, eux, reviennent avec une proposition beaucoup plus simple : vous avez eu une journée fatigante ? Regardez cinq imbéciles faire pire.

Pourquoi commencer Le Collège Fou Fou Fou ?

Parce que le manga possède une personnalité que l’on reconnaît en quelques pages.

Il n’a pas besoin d’une grande intrigue continue pour fonctionner. Ce sont les personnages qui font le spectacle.

Rei et les Kimengumi peuvent essayer un nouveau sport, rencontrer une bande rivale, partir en vacances ou simplement aller en cours. On sait déjà que l’activité prévue ne survivra probablement pas intacte.

Le dessin de Motoei Shinzawa possède énormément d’énergie et ses expressions sont une arme comique à part entière. Les personnages peuvent passer d’un visage normal à une absurdité graphique complète simplement parce qu’un gag l’exige.

Pour les lecteurs qui ont connu la télévision française, il y a évidemment le plaisir de retrouver les Joyeux Loufoques derrière leurs noms originaux.

Pour quelqu’un qui découvre la série aujourd’hui, c’est aussi une excellente fenêtre sur une facette du Weekly Shonen Jump des années 1980 que l’on oublie parfois derrière Dragon Ball ou Hokuto no Ken : le magazine savait aussi laisser énormément de place au pur gag.

Et avec 20 tomes pour la série principale, 6 volumes pour les premières années et plusieurs retours ultérieurs, Motoei Shinzawa a eu largement le temps de prouver quelque chose d’essentiel : on peut redoubler plusieurs fois, avoir des résultats scolaires catastrophiques et tout de même devenir une légende.

Essayez simplement de ne pas présenter cet argument au prochain conseil de classe.

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Le Collège Fou Fou Fou est le manga de Motoei Shinzawa consacré à Rei Ichido et aux cinq membres complètement incontrôlables du Kimengumi. Après 3nen Kimengumi, leurs années lycée se poursuivent dans High School! Kimengumi, série principale complète en 20 tomes. Un dernier conseil : si Rei vous propose de rejoindre son groupe pour « améliorer un peu l’ambiance du cours », demandez d’abord combien de fois il a déjà redoublé. Ensuite, asseyez-vous très loin.