City Hunter

City Hunter, alias Nicky Larson : à Shinjuku, trois lettres suffisent pour appeler le meilleur

Écrivez XYZ sur le tableau de la gare de Shinjuku et, si votre situation est vraiment désespérée, Ryô Saeba pourrait accepter votre affaire. En France, des millions de téléspectateurs l’ont surtout connu sous un autre nom : Nicky Larson. Même homme, même talent insolent au revolver et exactement la même faiblesse dès qu’une jolie femme entre dans son champ de vision.

City Hunter navigue constamment entre deux ambiances. Une seconde, Ryô est un professionnel froid capable de toucher une cible avec une précision absurde. La suivante, Kaori lui fait payer une tentative de séduction avec un marteau dont le poids défie plusieurs lois élémentaires de la physique.

C’est là tout le charme du manga de Tsukasa Hojo. Derrière la comédie se cache un véritable polar urbain, avec trafiquants, tueurs, enlèvements et règlements de comptes. Derrière le nettoyeur invincible apparaît aussi un homme au passé lourd, qui préfère souvent plaisanter plutôt que laisser quelqu’un regarder trop longtemps sous l’armure.

XYZ : le dernier recours quand la police ne peut plus rien faire

Ryô n’est ni policier ni détective privé au sens classique. C’est un sweeper, un homme de l’ombre capable d’assurer une protection, retrouver quelqu’un ou intervenir lorsque les voies normales ne suffisent plus.

Pour demander l’aide de City Hunter, la méthode est devenue mythique : inscrire XYZ sur le tableau de communication situé à la sortie Est de la gare de Shinjuku. Ces trois lettres signifient en quelque sorte qu’on arrive au bout de la ligne. Plus de solution, plus de marge, il faut quelqu’un capable de gérer l’impossible.

Encore faut-il que Ryô accepte.

Son sens de la justice existe bel et bien, mais son processus de sélection possède parfois un critère supplémentaire extrêmement scientifique : l’apparence de la cliente.

Kaori connaît malheureusement très bien cette faiblesse.

Ryô Saeba : clown insupportable à midi, tireur d’élite trente secondes plus tard

Ce contraste fait une grande partie du personnage.

Ryô peut passer plusieurs pages à se comporter comme un adolescent incontrôlable face à une belle femme. Puis le danger arrive, son regard change et tout le monde comprend soudain pourquoi le milieu criminel connaît le nom de City Hunter.

Son arme emblématique est un Colt Python .357 Magnum. Entre ses mains, le revolver devient presque une extension naturelle de son corps. Ryô possède également d’excellents réflexes, une lecture très rapide des situations et une expérience du combat qui ne vient clairement pas d’un club de tir du dimanche.

Hojo joue énormément sur cette bascule. L’humour pousse Ryô jusqu’à la caricature, puis quelques cases suffisent pour retrouver le professionnel dangereux.

Le plus étonnant est que les deux versions ne se contredisent jamais vraiment. Elles constituent le même homme.

Kaori Makimura n’est pas seulement la personne qui tient le marteau

Avant Kaori, Ryô travaille avec Hideyuki Makimura, ancien policier devenu son partenaire. Sa mort bouleverse l’équilibre de l’histoire et amène sa sœur Kaori Makimura aux côtés de Ryô.

Elle aurait pu rester la jeune femme qu’il faut protéger. Hojo choisit exactement l’inverse.

Kaori prend progressivement sa place dans City Hunter. Elle rencontre les clients, participe aux affaires, surveille Ryô et apprend à évoluer dans un milieu où les erreurs peuvent coûter beaucoup plus qu’une facture impayée.

Elle reste aussi la seule personne capable d’interrompre instantanément certaines initiatives de son partenaire grâce à une arme extrêmement sophistiquée : le marteau géant.

Le gag est devenu indissociable de la série, mais leur relation va bien plus loin. Kaori connaît les qualités comme les défauts de Ryô. Elle voit également des choses que ses clientes aperçoivent rarement derrière le numéro du séducteur.

Entre eux, les sentiments avancent à coups de non-dits, de jalousie, de confiance et de situations où aucun des deux ne semble pressé de prononcer la phrase évidente.

Saeko sait exactement comment faire travailler Ryô gratuitement

Saeko Nogami appartient à la police de Tokyo et connaît parfaitement les méthodes de City Hunter.

Lorsqu’une affaire devient trop délicate pour une intervention officielle, elle sait vers qui se tourner.

Elle connaît aussi beaucoup trop bien Ryô.

Saeko maîtrise ainsi un système de négociation redoutable : laisser entendre qu’une récompense très personnelle pourrait éventuellement arriver après la mission… puis trouver une excellente raison de reporter le paiement.

Ryô retombe régulièrement dans le piège avec un enthousiasme qui finit par rendre difficile toute compassion.

Mais Saeko n’est certainement pas une simple donneuse de missions. Elle sait se battre, manipuler une situation et prendre des risques lorsque l’enquête le demande. Ses apparitions renforcent le côté polar de City Hunter et relient régulièrement le monde légal à celui, beaucoup plus flou, dans lequel évolue Ryô.

Umibozu : deux mètres de discrétion et une rivalité qui cache beaucoup de respect

Puis il y a Umibozu.

Immense, chauve, équipé comme s’il prévoyait une guerre pour l’après-midi et capable de faire réfléchir sérieusement n’importe quel criminel, il compte parmi les rares hommes que Ryô considère réellement comme un adversaire de son niveau.

Les deux possèdent un passé commun et une relation faite de compétition, de provocations et de respect.

Umibozu apporte aussi l’un des contrastes les plus réjouissants de la série. Cet homme terrifiant peut perdre une bonne partie de ses moyens dans certaines situations beaucoup moins dangereuses qu’un échange de tirs.

Miki, qui partage sa vie, connaît évidemment parfaitement cette autre facette.

Avec Ryô et Kaori, ils forment peu à peu un cercle de personnages auquel on s’attache autant qu’aux affaires elles-mêmes.

Le manga City Hunter est plus sombre que le souvenir télévisé de Nicky Larson

En France, Nicky Larson est devenu un phénomène grâce à l’adaptation animée. Pour beaucoup de lecteurs, entendre ce nom suffit encore à faire revenir le générique et quelques souvenirs du Club Dorothée.

Le manga permet toutefois de découvrir City Hunter dans son ton original.

Les personnages retrouvent leurs véritables noms : Nicky Larson redevient Ryô Saeba, et l’univers apparaît souvent plus adulte que le souvenir laissé par la télévision française.

L’humour reste omniprésent, y compris les obsessions franchement peu subtiles de Ryô. Mais la violence, la sexualité, le crime et le passé des personnages occupent également une vraie place.

Cette alternance surprend parfois lorsqu’on arrive avec l’image d’une simple comédie d’action.

City Hunter peut faire rire franchement, puis devenir beaucoup plus grave quelques pages après. Les meilleures histoires utilisent justement ce contraste : plus Hojo nous laisse nous amuser avec les personnages, plus les moments où ils cessent de plaisanter prennent du poids.

Shinjuku n’est pas un décor : c’est le territoire de City Hunter

La ville compte énormément dans le manga.

Ryô et Kaori travaillent à Shinjuku, quartier de Tokyo où se croisent bureaux, bars, rues animées, gares et vie nocturne. Hojo utilise cette densité pour installer ses poursuites, ses rendez-vous secrets et ses clients venus chercher une aide qu’ils ne trouvent nulle part ailleurs.

Le célèbre tableau XYZ donne même à la gare une fonction presque mythologique : c’est la porte d’entrée vers le monde de City Hunter.

Les voitures, les armes, les vêtements et l’architecture ancrent aussi fortement la série dans son époque.

Et c’est justement ce qui lui donne aujourd’hui autant de charme. City Hunter ne cherche pas à masquer les années 1980. Le manga les porte avec une élégance incroyable, depuis les vestes de Ryô jusqu’aux scènes nocturnes de Tokyo.

Tsukasa Hojo dessine les femmes, les voitures et les regards avec la même précision

Le dessin constitue évidemment l’une des grandes raisons de revenir à City Hunter.

Tsukasa Hojo fait évoluer son trait de manière spectaculaire au fil de la série. Les personnages gagnent en finesse, les décors deviennent plus riches et ses jeux d’ombres donnent parfois aux scènes nocturnes une vraie allure de film noir.

Il dessine aussi remarquablement les expressions.

Un visage grotesque de Ryô peut occuper une case, puis le même personnage retrouve immédiatement une présence presque intimidante lorsqu’une affaire devient sérieuse.

Kaori profite énormément de cette évolution graphique, tout comme Saeko, Miki ou Umibozu.

Hojo aime également les véhicules et les armes, qu’il représente avec suffisamment de soin pour que les amateurs reconnaissent rapidement certains modèles.

Mais la technique ne prend jamais le dessus sur les personnages. Une simple case silencieuse entre Ryô et Kaori peut parfois raconter davantage que plusieurs pages de dialogue.

Action, comédie, romance : City Hunter refuse de choisir

Il est assez difficile de réduire le manga à un seul genre.

Une affaire commence comme un polar. Une cliente arrive et la comédie prend immédiatement le dessus. Un tueur apparaît, Ryô redevient sérieux. Kaori intervient, la romance pointe le bout du nez. Puis un marteau de cent tonnes traverse éventuellement le cadre.

Tout cela cohabite sans que City Hunter donne l’impression d’avoir oublié ce qu’il racontait trois pages plus tôt.

C’est probablement l’une des raisons de sa longévité.

On peut venir pour l’action et rester pour Ryô et Kaori. On peut connaître Nicky Larson grâce au dessin animé et découvrir ensuite un manga beaucoup plus riche. On peut aussi simplement vouloir un excellent polar des années 1980 et constater que Tsukasa Hojo avait prévu le reste.

Une série complète devenue un classique

City Hunter est une série complète. La publication originale japonaise de Tsukasa Hojo compte 35 tomes et a été prépubliée dans le Weekly Shonen Jump entre 1985 et 1991.

Les différentes éditions françaises ont regroupé l’œuvre de façons différentes au fil des années. Panini Manga propose notamment City Hunter dans une Perfect Edition grand format qui permet de profiter pleinement du dessin de Hojo.

La série a également connu plusieurs adaptations animées et cinématographiques. Pourtant, le manga garde une saveur bien particulière : c’est là que Ryô Saeba, Kaori et tout leur petit monde apparaissent sans le filtre des adaptations.

Et pour les lecteurs français qui continueront éternellement à l’appeler Nicky Larson ? Aucun problème. Ryô a déjà survécu à Umibozu, aux yakuzas et aux marteaux de Kaori. Il devrait pouvoir supporter ça.

Lire plus sur City Hunter – Nicky Larson

Tsukasa Hojo écrit et dessine City Hunter, l’histoire de Ryô Saeba, nettoyeur de Shinjuku que le public français connaît également sous le nom de Nicky Larson.

Pourquoi City Hunter fonctionne encore aussi bien aujourd’hui

Le principe paraît simple : quelqu’un écrit XYZ à la gare de Shinjuku, Ryô accepte l’affaire et City Hunter intervient.

Mais les missions servent surtout à révéler les personnages. Certaines confrontent Ryô à son passé. D’autres mettent Kaori en danger ou donnent davantage de place à Saeko, Umibozu et Miki.

Le manga construit aussi lentement la relation entre Ryô et Kaori. Rien n’avance en ligne droite. Une scène sincère peut être suivie d’une catastrophe provoquée par Ryô cinq minutes plus tard. Pourtant, leur confiance devient de plus en plus évidente.

Cette combinaison entre polar, humour et sentiments permet à City Hunter de traverser les décennies sans perdre son identité.

La série originale est complète en 35 tomes japonais. Ses différentes rééditions permettent aujourd’hui de redécouvrir le trait de Tsukasa Hojo dans des formats plus généreux.

Retrouvez ici nos mangas City Hunter de Tsukasa Hojo, alias Nicky Larson pour tous ceux qui ont découvert le nettoyeur de Shinjuku devant la télévision. Et si vous voyez un jour « XYZ » écrit sur un tableau à la gare, vous saurez désormais que ce n’est probablement pas une réservation de restaurant.

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City Hunter, alias Nicky Larson : à Shinjuku, trois lettres suffisent pour appeler le meilleur

Écrivez XYZ sur le tableau de la gare de Shinjuku et, si votre situation est vraiment désespérée, Ryô Saeba pourrait accepter votre affaire. En France, des millions de téléspectateurs l’ont surtout connu sous un autre nom : Nicky Larson. Même homme, même talent insolent au revolver et exactement la même faiblesse dès qu’une jolie femme entre dans son champ de vision.

City Hunter navigue constamment entre deux ambiances. Une seconde, Ryô est un professionnel froid capable de toucher une cible avec une précision absurde. La suivante, Kaori lui fait payer une tentative de séduction avec un marteau dont le poids défie plusieurs lois élémentaires de la physique.

C’est là tout le charme du manga de Tsukasa Hojo. Derrière la comédie se cache un véritable polar urbain, avec trafiquants, tueurs, enlèvements et règlements de comptes. Derrière le nettoyeur invincible apparaît aussi un homme au passé lourd, qui préfère souvent plaisanter plutôt que laisser quelqu’un regarder trop longtemps sous l’armure.

XYZ : le dernier recours quand la police ne peut plus rien faire

Ryô n’est ni policier ni détective privé au sens classique. C’est un sweeper, un homme de l’ombre capable d’assurer une protection, retrouver quelqu’un ou intervenir lorsque les voies normales ne suffisent plus.

Pour demander l’aide de City Hunter, la méthode est devenue mythique : inscrire XYZ sur le tableau de communication situé à la sortie Est de la gare de Shinjuku. Ces trois lettres signifient en quelque sorte qu’on arrive au bout de la ligne. Plus de solution, plus de marge, il faut quelqu’un capable de gérer l’impossible.

Encore faut-il que Ryô accepte.

Son sens de la justice existe bel et bien, mais son processus de sélection possède parfois un critère supplémentaire extrêmement scientifique : l’apparence de la cliente.

Kaori connaît malheureusement très bien cette faiblesse.

Ryô Saeba : clown insupportable à midi, tireur d’élite trente secondes plus tard

Ce contraste fait une grande partie du personnage.

Ryô peut passer plusieurs pages à se comporter comme un adolescent incontrôlable face à une belle femme. Puis le danger arrive, son regard change et tout le monde comprend soudain pourquoi le milieu criminel connaît le nom de City Hunter.

Son arme emblématique est un Colt Python .357 Magnum. Entre ses mains, le revolver devient presque une extension naturelle de son corps. Ryô possède également d’excellents réflexes, une lecture très rapide des situations et une expérience du combat qui ne vient clairement pas d’un club de tir du dimanche.

Hojo joue énormément sur cette bascule. L’humour pousse Ryô jusqu’à la caricature, puis quelques cases suffisent pour retrouver le professionnel dangereux.

Le plus étonnant est que les deux versions ne se contredisent jamais vraiment. Elles constituent le même homme.

Kaori Makimura n’est pas seulement la personne qui tient le marteau

Avant Kaori, Ryô travaille avec Hideyuki Makimura, ancien policier devenu son partenaire. Sa mort bouleverse l’équilibre de l’histoire et amène sa sœur Kaori Makimura aux côtés de Ryô.

Elle aurait pu rester la jeune femme qu’il faut protéger. Hojo choisit exactement l’inverse.

Kaori prend progressivement sa place dans City Hunter. Elle rencontre les clients, participe aux affaires, surveille Ryô et apprend à évoluer dans un milieu où les erreurs peuvent coûter beaucoup plus qu’une facture impayée.

Elle reste aussi la seule personne capable d’interrompre instantanément certaines initiatives de son partenaire grâce à une arme extrêmement sophistiquée : le marteau géant.

Le gag est devenu indissociable de la série, mais leur relation va bien plus loin. Kaori connaît les qualités comme les défauts de Ryô. Elle voit également des choses que ses clientes aperçoivent rarement derrière le numéro du séducteur.

Entre eux, les sentiments avancent à coups de non-dits, de jalousie, de confiance et de situations où aucun des deux ne semble pressé de prononcer la phrase évidente.

Saeko sait exactement comment faire travailler Ryô gratuitement

Saeko Nogami appartient à la police de Tokyo et connaît parfaitement les méthodes de City Hunter.

Lorsqu’une affaire devient trop délicate pour une intervention officielle, elle sait vers qui se tourner.

Elle connaît aussi beaucoup trop bien Ryô.

Saeko maîtrise ainsi un système de négociation redoutable : laisser entendre qu’une récompense très personnelle pourrait éventuellement arriver après la mission… puis trouver une excellente raison de reporter le paiement.

Ryô retombe régulièrement dans le piège avec un enthousiasme qui finit par rendre difficile toute compassion.

Mais Saeko n’est certainement pas une simple donneuse de missions. Elle sait se battre, manipuler une situation et prendre des risques lorsque l’enquête le demande. Ses apparitions renforcent le côté polar de City Hunter et relient régulièrement le monde légal à celui, beaucoup plus flou, dans lequel évolue Ryô.

Umibozu : deux mètres de discrétion et une rivalité qui cache beaucoup de respect

Puis il y a Umibozu.

Immense, chauve, équipé comme s’il prévoyait une guerre pour l’après-midi et capable de faire réfléchir sérieusement n’importe quel criminel, il compte parmi les rares hommes que Ryô considère réellement comme un adversaire de son niveau.

Les deux possèdent un passé commun et une relation faite de compétition, de provocations et de respect.

Umibozu apporte aussi l’un des contrastes les plus réjouissants de la série. Cet homme terrifiant peut perdre une bonne partie de ses moyens dans certaines situations beaucoup moins dangereuses qu’un échange de tirs.

Miki, qui partage sa vie, connaît évidemment parfaitement cette autre facette.

Avec Ryô et Kaori, ils forment peu à peu un cercle de personnages auquel on s’attache autant qu’aux affaires elles-mêmes.

Le manga City Hunter est plus sombre que le souvenir télévisé de Nicky Larson

En France, Nicky Larson est devenu un phénomène grâce à l’adaptation animée. Pour beaucoup de lecteurs, entendre ce nom suffit encore à faire revenir le générique et quelques souvenirs du Club Dorothée.

Le manga permet toutefois de découvrir City Hunter dans son ton original.

Les personnages retrouvent leurs véritables noms : Nicky Larson redevient Ryô Saeba, et l’univers apparaît souvent plus adulte que le souvenir laissé par la télévision française.

L’humour reste omniprésent, y compris les obsessions franchement peu subtiles de Ryô. Mais la violence, la sexualité, le crime et le passé des personnages occupent également une vraie place.

Cette alternance surprend parfois lorsqu’on arrive avec l’image d’une simple comédie d’action.

City Hunter peut faire rire franchement, puis devenir beaucoup plus grave quelques pages après. Les meilleures histoires utilisent justement ce contraste : plus Hojo nous laisse nous amuser avec les personnages, plus les moments où ils cessent de plaisanter prennent du poids.

Shinjuku n’est pas un décor : c’est le territoire de City Hunter

La ville compte énormément dans le manga.

Ryô et Kaori travaillent à Shinjuku, quartier de Tokyo où se croisent bureaux, bars, rues animées, gares et vie nocturne. Hojo utilise cette densité pour installer ses poursuites, ses rendez-vous secrets et ses clients venus chercher une aide qu’ils ne trouvent nulle part ailleurs.

Le célèbre tableau XYZ donne même à la gare une fonction presque mythologique : c’est la porte d’entrée vers le monde de City Hunter.

Les voitures, les armes, les vêtements et l’architecture ancrent aussi fortement la série dans son époque.

Et c’est justement ce qui lui donne aujourd’hui autant de charme. City Hunter ne cherche pas à masquer les années 1980. Le manga les porte avec une élégance incroyable, depuis les vestes de Ryô jusqu’aux scènes nocturnes de Tokyo.

Tsukasa Hojo dessine les femmes, les voitures et les regards avec la même précision

Le dessin constitue évidemment l’une des grandes raisons de revenir à City Hunter.

Tsukasa Hojo fait évoluer son trait de manière spectaculaire au fil de la série. Les personnages gagnent en finesse, les décors deviennent plus riches et ses jeux d’ombres donnent parfois aux scènes nocturnes une vraie allure de film noir.

Il dessine aussi remarquablement les expressions.

Un visage grotesque de Ryô peut occuper une case, puis le même personnage retrouve immédiatement une présence presque intimidante lorsqu’une affaire devient sérieuse.

Kaori profite énormément de cette évolution graphique, tout comme Saeko, Miki ou Umibozu.

Hojo aime également les véhicules et les armes, qu’il représente avec suffisamment de soin pour que les amateurs reconnaissent rapidement certains modèles.

Mais la technique ne prend jamais le dessus sur les personnages. Une simple case silencieuse entre Ryô et Kaori peut parfois raconter davantage que plusieurs pages de dialogue.

Action, comédie, romance : City Hunter refuse de choisir

Il est assez difficile de réduire le manga à un seul genre.

Une affaire commence comme un polar. Une cliente arrive et la comédie prend immédiatement le dessus. Un tueur apparaît, Ryô redevient sérieux. Kaori intervient, la romance pointe le bout du nez. Puis un marteau de cent tonnes traverse éventuellement le cadre.

Tout cela cohabite sans que City Hunter donne l’impression d’avoir oublié ce qu’il racontait trois pages plus tôt.

C’est probablement l’une des raisons de sa longévité.

On peut venir pour l’action et rester pour Ryô et Kaori. On peut connaître Nicky Larson grâce au dessin animé et découvrir ensuite un manga beaucoup plus riche. On peut aussi simplement vouloir un excellent polar des années 1980 et constater que Tsukasa Hojo avait prévu le reste.

Une série complète devenue un classique

City Hunter est une série complète. La publication originale japonaise de Tsukasa Hojo compte 35 tomes et a été prépubliée dans le Weekly Shonen Jump entre 1985 et 1991.

Les différentes éditions françaises ont regroupé l’œuvre de façons différentes au fil des années. Panini Manga propose notamment City Hunter dans une Perfect Edition grand format qui permet de profiter pleinement du dessin de Hojo.

La série a également connu plusieurs adaptations animées et cinématographiques. Pourtant, le manga garde une saveur bien particulière : c’est là que Ryô Saeba, Kaori et tout leur petit monde apparaissent sans le filtre des adaptations.

Et pour les lecteurs français qui continueront éternellement à l’appeler Nicky Larson ? Aucun problème. Ryô a déjà survécu à Umibozu, aux yakuzas et aux marteaux de Kaori. Il devrait pouvoir supporter ça.

Lire plus sur City Hunter – Nicky Larson

Tsukasa Hojo écrit et dessine City Hunter, l’histoire de Ryô Saeba, nettoyeur de Shinjuku que le public français connaît également sous le nom de Nicky Larson.

Pourquoi City Hunter fonctionne encore aussi bien aujourd’hui

Le principe paraît simple : quelqu’un écrit XYZ à la gare de Shinjuku, Ryô accepte l’affaire et City Hunter intervient.

Mais les missions servent surtout à révéler les personnages. Certaines confrontent Ryô à son passé. D’autres mettent Kaori en danger ou donnent davantage de place à Saeko, Umibozu et Miki.

Le manga construit aussi lentement la relation entre Ryô et Kaori. Rien n’avance en ligne droite. Une scène sincère peut être suivie d’une catastrophe provoquée par Ryô cinq minutes plus tard. Pourtant, leur confiance devient de plus en plus évidente.

Cette combinaison entre polar, humour et sentiments permet à City Hunter de traverser les décennies sans perdre son identité.

La série originale est complète en 35 tomes japonais. Ses différentes rééditions permettent aujourd’hui de redécouvrir le trait de Tsukasa Hojo dans des formats plus généreux.

Retrouvez ici nos mangas City Hunter de Tsukasa Hojo, alias Nicky Larson pour tous ceux qui ont découvert le nettoyeur de Shinjuku devant la télévision. Et si vous voyez un jour « XYZ » écrit sur un tableau à la gare, vous saurez désormais que ce n’est probablement pas une réservation de restaurant.