Deadpool Samurai
Deadpool Samurai : Wade Wilson débarque dans le Shonen Jump… personne n’a pensé à prévenir le Japon
Deadpool Samurai part d’une idée aussi simple que dangereuse : prendre Wade Wilson, l’envoyer au Japon et lui proposer de rejoindre une nouvelle équipe d’Avengers. Iron Man aimerait constituer une branche locale baptisée Samurai Squad et pense que Deadpool pourrait être utile. Techniquement, ce n’est pas faux. C’est simplement le mot « utile » qui mérite d’être surveillé de très près.
Le Mercenaire Disert accepte évidemment. Il y a de l’argent, un voyage au Japon et la possibilité de fréquenter des super-héros beaucoup plus respectables que lui. Que pourrait-il arriver de grave ?
Réponse courte : énormément de choses.
Sanshiro Kasama au scénario et Hikaru Uesugi au dessin prennent le personnage Marvel et le lâchent dans les codes du manga sans essayer de le rendre plus sage. Deadpool brise le quatrième mur, commente sa propre publication, se moque de Marvel, du Shonen Jump et probablement du lecteur s’il trouve encore une case disponible. Le mélange fonctionne justement parce que personne n’essaie de faire comme si Wade Wilson était soudain devenu un héros shonen modèle.
Iron Man avait vraiment besoin de Deadpool dans une équipe ? Apparemment oui
L’idée de départ vient de Tony Stark.
Marvel possède ses Avengers aux États-Unis ; pourquoi ne pas créer une équipe capable d’intervenir au Japon ? Le projet donne naissance au Samurai Squad.
Deadpool reçoit donc une proposition que beaucoup de héros prendraient comme un immense honneur.
Lui pense surtout au salaire.
Cela résume assez bien la différence.
Wade conserve néanmoins tout ce qui fait son efficacité : entraînement au combat, maîtrise des armes, réflexes impressionnants et surtout ce facteur régénérant qui lui permet de survivre à des situations normalement incompatibles avec une carrière de super-héros de longue durée.
Le problème n’a jamais vraiment été de savoir s’il pouvait accomplir une mission.
Le problème consiste plutôt à déterminer dans quel état il laissera la mission, l’équipe et éventuellement les règles éditoriales après son passage.
Sakura Spider : une héroïne créée dans Deadpool Samurai qui a fini par rejoindre Marvel
Deadpool rencontre rapidement Sakura Spider, alias Hida Haruka, une jeune super-héroïne japonaise inspirée de la grande famille des personnages arachnéens Marvel.
Elle possède les capacités que son nom laisse imaginer : agilité spectaculaire, adhérence aux surfaces et toile d’araignée. Mais elle n’est pas simplement « Spider-Man avec un uniforme différent ».
Son énergie et sa volonté de bien faire entrent immédiatement en collision avec les méthodes de Wade.
Pour Sakura Spider, rejoindre une équipe de héros devrait probablement impliquer courage, responsabilité et coopération.
Pour Deadpool, cela peut aussi impliquer de découper quelqu’un avant de vérifier s’il avait fini sa phrase.
Le personnage a d’ailleurs dépassé le cadre du manga. Marvel l’a ensuite intégrée à ses comics, notamment autour du Spider-Verse. Une héroïne née dans ce crossover entre manga et comics a donc fini par traverser elle-même la frontière dans l’autre sens.
Neiro, Kage et un symbiote : il manquait évidemment encore quelque chose
Le Samurai Squad accueille également Neiro Aratabi et Kage.
Le duo apporte à l’équipe une composante liée aux symbiotes, autrement dit à cette grande famille extraterrestre qui comprend notamment Venom.
Deadpool se retrouve donc entouré de personnages qui auraient déjà largement de quoi remplir leur propre série.
Il le vit très bien.
Après tout, Wade possède une capacité rare : entrer dans l’histoire de quelqu’un d’autre et réussir tout de même à se comporter comme s’il en était le propriétaire.
Le Samurai Squad devient ainsi moins une copie japonaise des Avengers qu’une équipe ayant sa propre personnalité, portée par des héros créés spécialement pour le manga et par quelques visiteurs Marvel particulièrement connus.
Loki pensait manipuler Deadpool. C’est déjà courageux d’avoir essayé
Une bonne histoire Marvel a souvent besoin de Loki.
Le dieu de la malice se retrouve ici face à un problème inhabituel : manipuler quelqu’un suppose généralement de pouvoir anticiper un minimum son comportement.
Avec Wade Wilson, bonne chance.
Loki cherche pourtant à exploiter Deadpool et à le faire basculer de son côté. Sur le papier, recruter un mercenaire qui n’a jamais prétendu incarner la perfection morale peut paraître assez logique.
Mais Deadpool possède son propre ensemble de règles. Elles changent parfois de forme, sont souvent mal rangées et semblent avoir été écrites sur une serviette en papier, mais elles existent.
Cette confrontation offre surtout au manga un prétexte idéal pour mélanger l’univers Marvel classique avec le rythme beaucoup plus libre de cette adaptation japonaise.
Thanos contre Deadpool : personne ne pouvait simplement aller boire un café
Lorsque Thanos entre à son tour dans l’histoire, Deadpool Samurai abandonne définitivement toute tentative de modération.
Le Titan Fou n’est pas exactement le genre d’adversaire que l’on recommande à une petite équipe fraîchement constituée.
Wade, lui, possède un avantage psychologique difficile à mesurer : il est extrêmement compliqué d’impressionner quelqu’un qui sait déjà qu’il est dans un manga.
Les auteurs profitent de cette confrontation pour pousser encore plus loin le décalage entre les enjeux cosmiques de Marvel et la façon dont Deadpool les commente.
Un combat peut être spectaculaire, brutal et parfaitement sérieux pour tous les personnages présents… sauf celui qui vient de remarquer la mise en page.
C’est exactement ce que l’on attendait de lui.
Deadpool sait qu’il est dans un manga. Et il compte bien en profiter
Le quatrième mur n’a jamais bénéficié d’une grande espérance de vie lorsqu’il se trouve dans la même pièce que Wade Wilson.
Dans Deadpool Samurai, cette habitude devient encore plus amusante puisque le personnage change littéralement de milieu éditorial.
Il connaît les codes du manga. Il sait où il est publié. Il peut faire référence aux habitudes du Shonen Jump et jouer avec ce que le lecteur croit avoir le droit de voir dans une œuvre Marvel.
Kasama et Uesugi ne cherchent donc pas à produire un manga de super-héros parfaitement sérieux avec Deadpool posé au milieu.
Ils utilisent au contraire toutes les différences entre comics américains et mangas japonais comme matière première pour les gags.
Les références apparaissent vite, disparaissent parfois encore plus vite et certaines blagues donnent l’impression que le service juridique a probablement demandé une réunion juste après.
Le Shonen Jump devient lui-même une partie de la plaisanterie
C’est là que Deadpool Samurai va plus loin qu’un simple « Marvel en version manga ».
La série est publiée sur Shonen Jump+, plateforme de Shueisha. Deadpool se retrouve donc réellement au milieu de l’écosystème qu’il parodie.
Les auteurs peuvent jouer avec les mangas célèbres, les habitudes graphiques du shonen et les attentes du lectorat.
Dans beaucoup de séries, une référence est un petit clin d’œil placé discrètement en arrière-plan.
Chez Deadpool, la discrétion n’a jamais signé le contrat.
Le manga adore surprendre avec des apparitions, des détournements et des ruptures de ton dont l’effet repose parfois précisément sur le fait qu’on se demande : « Ils ont vraiment eu le droit de faire ça ? »
Manifestement, oui.
Ou alors Wade a signé à la place de quelqu’un.
Un Deadpool dessiné comme un véritable héros de manga
Hikaru Uesugi ne se contente pas de reprendre les poses classiques du personnage Marvel.
Son Deadpool appartient graphiquement au manga.
Les mouvements sont rapides, les expressions passent par tout l’éventail des déformations comiques et les combats possèdent l’énergie attendue d’une publication Jump.
Sakura Spider profite particulièrement de cette approche. Ses déplacements donnent au dessin une vraie légèreté, tandis que les affrontements avec des adversaires Marvel permettent à Uesugi de changer brutalement d’échelle.
Il faut aussi réussir quelque chose d’assez particulier : rendre expressif un personnage dont le visage se trouve presque constamment derrière un masque.
Les yeux, les poses et le langage corporel font alors tout le travail.
Deadpool peut paraître héroïque pendant trois cases. À la quatrième, une simple posture suffit à rappeler que l’illusion ne pouvait raisonnablement pas durer.
Le manga et le comics se contaminent dans les deux sens
Deadpool Samurai est né de la rencontre entre Marvel et Shueisha, mais l’échange ne s’est pas arrêté une fois les premières aventures publiées.
Sakura Spider a ensuite rejoint directement les publications Marvel américaines. Kasama et Uesugi ont également travaillé sur d’autres histoires de Deadpool pour Marvel.
Le résultat devient assez réjouissant lorsqu’on y pense.
Un personnage américain arrive dans un manga japonais. Le manga crée une héroïne japonaise liée à Spider-Man. Marvel récupère ensuite cette héroïne dans ses propres comics. Puis les auteurs japonais reviennent eux-mêmes travailler sur des publications américaines.
À ce stade, demander dans quel sens fonctionne le crossover commence à devenir compliqué.
Deadpool, évidemment, trouverait probablement tout cela parfaitement normal.
Une première saison courte qui va droit au chaos
La première saison de Deadpool Samurai est complète en 2 tomes dans son édition japonaise originale.
Elle débute d’abord par un one-shot avant de devenir une série sur Shonen Jump+ sous la plume de Sanshiro Kasama et le dessin d’Hikaru Uesugi.
Deux volumes peuvent sembler très courts pour une aventure Marvel.
Les auteurs compensent en refusant pratiquement les temps morts.
Recrutement par Iron Man, formation du Samurai Squad, Sakura Spider, symbiotes, Loki, Avengers, Thanos et gags méta : Wade ne paraît jamais préoccupé par l’idée de garder quelque chose pour le tome 27.
Cette densité convient particulièrement au personnage. Deadpool Samurai se lit comme une explosion contrôlée par des gens qui ont progressivement oublié le sens du mot « contrôlée ».
Deadpool Samurai Saison 2 : quatre ans plus tard, Wade revient comme si personne ne l’avait interdit
On aurait pu croire l’expérience terminée.
Wade revient pourtant au Japon dans Deadpool Samurai Saison 2.
Il compte retrouver Sakura Spider et ses anciens compagnons, mais une nouvelle menace vient rapidement perturber les retrouvailles. Le principe reste intact : Marvel fournit les jouets, Kasama et Uesugi vérifient jusqu’où ils peuvent aller avec.
Cette seconde aventure n’est pas une simple réimpression ou un bonus ajouté à la première. Elle constitue une nouvelle saison à part entière.
Au Japon, elle forme 4 volumes complets. Panini a également lancé son édition française de cette nouvelle aventure.
Wade aura donc réussi quelque chose d’assez remarquable : entrer dans le Shonen Jump, y semer le chaos, partir plusieurs années… puis revenir alors que tout le monde avait eu le temps de réfléchir aux conséquences.
Quelqu’un n’a manifestement pas assez bien verrouillé la porte.
Comics ou manga ? Deadpool Samurai choisit la réponse la plus simple : les deux
Faut-il connaître les comics Deadpool avant de commencer ? Non.
Connaître Wade, les Avengers, Loki, Thanos ou les symbiotes permet évidemment de profiter de références supplémentaires. Mais le manga explique suffisamment son univers pour fonctionner seul.
L’inverse est également vrai.
Un lecteur habitué aux mangas peut parfaitement découvrir Deadpool ici avant d’aller voir ce qu’il fabrique habituellement chez Marvel. Si cette version japonaise vous donne envie de retrouver Wade sur son terrain d’origine, découvrez également nos comics Deadpool.
C’est même l’un des intérêts de la série : Deadpool Samurai se situe réellement au croisement des deux cultures.
Il ne cherche ni à transformer complètement Marvel en shonen, ni à faire semblant qu’un comics a simplement été imprimé en petit format.
Kasama et Uesugi prennent les règles des deux côtés, les mélangent et laissent Wade vérifier lesquelles peuvent être cassées.
Spoiler : beaucoup.
Lire plus sur Deadpool Samurai
Deadpool Samurai réunit Marvel et Shueisha autour du personnage qui semblait le moins susceptible de respecter les habitudes de l’un ou de l’autre.
Quand Wade Wilson découvre qu’un manga possède lui aussi un quatrième mur
Iron Man invite Deadpool au Japon afin de rejoindre le Samurai Squad. Le mercenaire y rencontre notamment Sakura Spider, Neiro et Kage avant de se retrouver mêlé aux plans de Loki et à des affrontements impliquant plusieurs grandes figures de Marvel.
Mais l’histoire n’est qu’une partie du plaisir.
Deadpool sait parfaitement qu’il se trouve dans une publication Shonen Jump+. Il joue avec les références, les codes graphiques et les conventions éditoriales avec la même délicatesse qu’il utilise généralement pour ouvrir une porte : si elle résiste, il existe probablement un explosif adapté.
La première saison forme 2 volumes complets au Japon. Après plusieurs années d’absence, Sanshiro Kasama et Hikaru Uesugi ont retrouvé Wade pour une seconde saison, elle aussi achevée au Japon en 4 volumes.
Le manga a même laissé une trace directe dans l’univers Marvel puisque Sakura Spider, créée dans Deadpool Samurai, a ensuite fait ses débuts dans les comics américains.
Retrouvez ici nos mangas Deadpool Samurai. Une lecture idéale pour les fans de Wade Wilson, les amateurs de Marvel qui veulent essayer un manga ou les lecteurs de shonen curieux de découvrir ce qui se passe lorsqu’on donne à Deadpool l’autorisation officielle de jouer avec le catalogue.
Voici le seul résultat
Deadpool Samurai : Wade Wilson débarque dans le Shonen Jump… personne n’a pensé à prévenir le Japon
Deadpool Samurai part d’une idée aussi simple que dangereuse : prendre Wade Wilson, l’envoyer au Japon et lui proposer de rejoindre une nouvelle équipe d’Avengers. Iron Man aimerait constituer une branche locale baptisée Samurai Squad et pense que Deadpool pourrait être utile. Techniquement, ce n’est pas faux. C’est simplement le mot « utile » qui mérite d’être surveillé de très près.
Le Mercenaire Disert accepte évidemment. Il y a de l’argent, un voyage au Japon et la possibilité de fréquenter des super-héros beaucoup plus respectables que lui. Que pourrait-il arriver de grave ?
Réponse courte : énormément de choses.
Sanshiro Kasama au scénario et Hikaru Uesugi au dessin prennent le personnage Marvel et le lâchent dans les codes du manga sans essayer de le rendre plus sage. Deadpool brise le quatrième mur, commente sa propre publication, se moque de Marvel, du Shonen Jump et probablement du lecteur s’il trouve encore une case disponible. Le mélange fonctionne justement parce que personne n’essaie de faire comme si Wade Wilson était soudain devenu un héros shonen modèle.
Iron Man avait vraiment besoin de Deadpool dans une équipe ? Apparemment oui
L’idée de départ vient de Tony Stark.
Marvel possède ses Avengers aux États-Unis ; pourquoi ne pas créer une équipe capable d’intervenir au Japon ? Le projet donne naissance au Samurai Squad.
Deadpool reçoit donc une proposition que beaucoup de héros prendraient comme un immense honneur.
Lui pense surtout au salaire.
Cela résume assez bien la différence.
Wade conserve néanmoins tout ce qui fait son efficacité : entraînement au combat, maîtrise des armes, réflexes impressionnants et surtout ce facteur régénérant qui lui permet de survivre à des situations normalement incompatibles avec une carrière de super-héros de longue durée.
Le problème n’a jamais vraiment été de savoir s’il pouvait accomplir une mission.
Le problème consiste plutôt à déterminer dans quel état il laissera la mission, l’équipe et éventuellement les règles éditoriales après son passage.
Sakura Spider : une héroïne créée dans Deadpool Samurai qui a fini par rejoindre Marvel
Deadpool rencontre rapidement Sakura Spider, alias Hida Haruka, une jeune super-héroïne japonaise inspirée de la grande famille des personnages arachnéens Marvel.
Elle possède les capacités que son nom laisse imaginer : agilité spectaculaire, adhérence aux surfaces et toile d’araignée. Mais elle n’est pas simplement « Spider-Man avec un uniforme différent ».
Son énergie et sa volonté de bien faire entrent immédiatement en collision avec les méthodes de Wade.
Pour Sakura Spider, rejoindre une équipe de héros devrait probablement impliquer courage, responsabilité et coopération.
Pour Deadpool, cela peut aussi impliquer de découper quelqu’un avant de vérifier s’il avait fini sa phrase.
Le personnage a d’ailleurs dépassé le cadre du manga. Marvel l’a ensuite intégrée à ses comics, notamment autour du Spider-Verse. Une héroïne née dans ce crossover entre manga et comics a donc fini par traverser elle-même la frontière dans l’autre sens.
Neiro, Kage et un symbiote : il manquait évidemment encore quelque chose
Le Samurai Squad accueille également Neiro Aratabi et Kage.
Le duo apporte à l’équipe une composante liée aux symbiotes, autrement dit à cette grande famille extraterrestre qui comprend notamment Venom.
Deadpool se retrouve donc entouré de personnages qui auraient déjà largement de quoi remplir leur propre série.
Il le vit très bien.
Après tout, Wade possède une capacité rare : entrer dans l’histoire de quelqu’un d’autre et réussir tout de même à se comporter comme s’il en était le propriétaire.
Le Samurai Squad devient ainsi moins une copie japonaise des Avengers qu’une équipe ayant sa propre personnalité, portée par des héros créés spécialement pour le manga et par quelques visiteurs Marvel particulièrement connus.
Loki pensait manipuler Deadpool. C’est déjà courageux d’avoir essayé
Une bonne histoire Marvel a souvent besoin de Loki.
Le dieu de la malice se retrouve ici face à un problème inhabituel : manipuler quelqu’un suppose généralement de pouvoir anticiper un minimum son comportement.
Avec Wade Wilson, bonne chance.
Loki cherche pourtant à exploiter Deadpool et à le faire basculer de son côté. Sur le papier, recruter un mercenaire qui n’a jamais prétendu incarner la perfection morale peut paraître assez logique.
Mais Deadpool possède son propre ensemble de règles. Elles changent parfois de forme, sont souvent mal rangées et semblent avoir été écrites sur une serviette en papier, mais elles existent.
Cette confrontation offre surtout au manga un prétexte idéal pour mélanger l’univers Marvel classique avec le rythme beaucoup plus libre de cette adaptation japonaise.
Thanos contre Deadpool : personne ne pouvait simplement aller boire un café
Lorsque Thanos entre à son tour dans l’histoire, Deadpool Samurai abandonne définitivement toute tentative de modération.
Le Titan Fou n’est pas exactement le genre d’adversaire que l’on recommande à une petite équipe fraîchement constituée.
Wade, lui, possède un avantage psychologique difficile à mesurer : il est extrêmement compliqué d’impressionner quelqu’un qui sait déjà qu’il est dans un manga.
Les auteurs profitent de cette confrontation pour pousser encore plus loin le décalage entre les enjeux cosmiques de Marvel et la façon dont Deadpool les commente.
Un combat peut être spectaculaire, brutal et parfaitement sérieux pour tous les personnages présents… sauf celui qui vient de remarquer la mise en page.
C’est exactement ce que l’on attendait de lui.
Deadpool sait qu’il est dans un manga. Et il compte bien en profiter
Le quatrième mur n’a jamais bénéficié d’une grande espérance de vie lorsqu’il se trouve dans la même pièce que Wade Wilson.
Dans Deadpool Samurai, cette habitude devient encore plus amusante puisque le personnage change littéralement de milieu éditorial.
Il connaît les codes du manga. Il sait où il est publié. Il peut faire référence aux habitudes du Shonen Jump et jouer avec ce que le lecteur croit avoir le droit de voir dans une œuvre Marvel.
Kasama et Uesugi ne cherchent donc pas à produire un manga de super-héros parfaitement sérieux avec Deadpool posé au milieu.
Ils utilisent au contraire toutes les différences entre comics américains et mangas japonais comme matière première pour les gags.
Les références apparaissent vite, disparaissent parfois encore plus vite et certaines blagues donnent l’impression que le service juridique a probablement demandé une réunion juste après.
Le Shonen Jump devient lui-même une partie de la plaisanterie
C’est là que Deadpool Samurai va plus loin qu’un simple « Marvel en version manga ».
La série est publiée sur Shonen Jump+, plateforme de Shueisha. Deadpool se retrouve donc réellement au milieu de l’écosystème qu’il parodie.
Les auteurs peuvent jouer avec les mangas célèbres, les habitudes graphiques du shonen et les attentes du lectorat.
Dans beaucoup de séries, une référence est un petit clin d’œil placé discrètement en arrière-plan.
Chez Deadpool, la discrétion n’a jamais signé le contrat.
Le manga adore surprendre avec des apparitions, des détournements et des ruptures de ton dont l’effet repose parfois précisément sur le fait qu’on se demande : « Ils ont vraiment eu le droit de faire ça ? »
Manifestement, oui.
Ou alors Wade a signé à la place de quelqu’un.
Un Deadpool dessiné comme un véritable héros de manga
Hikaru Uesugi ne se contente pas de reprendre les poses classiques du personnage Marvel.
Son Deadpool appartient graphiquement au manga.
Les mouvements sont rapides, les expressions passent par tout l’éventail des déformations comiques et les combats possèdent l’énergie attendue d’une publication Jump.
Sakura Spider profite particulièrement de cette approche. Ses déplacements donnent au dessin une vraie légèreté, tandis que les affrontements avec des adversaires Marvel permettent à Uesugi de changer brutalement d’échelle.
Il faut aussi réussir quelque chose d’assez particulier : rendre expressif un personnage dont le visage se trouve presque constamment derrière un masque.
Les yeux, les poses et le langage corporel font alors tout le travail.
Deadpool peut paraître héroïque pendant trois cases. À la quatrième, une simple posture suffit à rappeler que l’illusion ne pouvait raisonnablement pas durer.
Le manga et le comics se contaminent dans les deux sens
Deadpool Samurai est né de la rencontre entre Marvel et Shueisha, mais l’échange ne s’est pas arrêté une fois les premières aventures publiées.
Sakura Spider a ensuite rejoint directement les publications Marvel américaines. Kasama et Uesugi ont également travaillé sur d’autres histoires de Deadpool pour Marvel.
Le résultat devient assez réjouissant lorsqu’on y pense.
Un personnage américain arrive dans un manga japonais. Le manga crée une héroïne japonaise liée à Spider-Man. Marvel récupère ensuite cette héroïne dans ses propres comics. Puis les auteurs japonais reviennent eux-mêmes travailler sur des publications américaines.
À ce stade, demander dans quel sens fonctionne le crossover commence à devenir compliqué.
Deadpool, évidemment, trouverait probablement tout cela parfaitement normal.
Une première saison courte qui va droit au chaos
La première saison de Deadpool Samurai est complète en 2 tomes dans son édition japonaise originale.
Elle débute d’abord par un one-shot avant de devenir une série sur Shonen Jump+ sous la plume de Sanshiro Kasama et le dessin d’Hikaru Uesugi.
Deux volumes peuvent sembler très courts pour une aventure Marvel.
Les auteurs compensent en refusant pratiquement les temps morts.
Recrutement par Iron Man, formation du Samurai Squad, Sakura Spider, symbiotes, Loki, Avengers, Thanos et gags méta : Wade ne paraît jamais préoccupé par l’idée de garder quelque chose pour le tome 27.
Cette densité convient particulièrement au personnage. Deadpool Samurai se lit comme une explosion contrôlée par des gens qui ont progressivement oublié le sens du mot « contrôlée ».
Deadpool Samurai Saison 2 : quatre ans plus tard, Wade revient comme si personne ne l’avait interdit
On aurait pu croire l’expérience terminée.
Wade revient pourtant au Japon dans Deadpool Samurai Saison 2.
Il compte retrouver Sakura Spider et ses anciens compagnons, mais une nouvelle menace vient rapidement perturber les retrouvailles. Le principe reste intact : Marvel fournit les jouets, Kasama et Uesugi vérifient jusqu’où ils peuvent aller avec.
Cette seconde aventure n’est pas une simple réimpression ou un bonus ajouté à la première. Elle constitue une nouvelle saison à part entière.
Au Japon, elle forme 4 volumes complets. Panini a également lancé son édition française de cette nouvelle aventure.
Wade aura donc réussi quelque chose d’assez remarquable : entrer dans le Shonen Jump, y semer le chaos, partir plusieurs années… puis revenir alors que tout le monde avait eu le temps de réfléchir aux conséquences.
Quelqu’un n’a manifestement pas assez bien verrouillé la porte.
Comics ou manga ? Deadpool Samurai choisit la réponse la plus simple : les deux
Faut-il connaître les comics Deadpool avant de commencer ? Non.
Connaître Wade, les Avengers, Loki, Thanos ou les symbiotes permet évidemment de profiter de références supplémentaires. Mais le manga explique suffisamment son univers pour fonctionner seul.
L’inverse est également vrai.
Un lecteur habitué aux mangas peut parfaitement découvrir Deadpool ici avant d’aller voir ce qu’il fabrique habituellement chez Marvel. Si cette version japonaise vous donne envie de retrouver Wade sur son terrain d’origine, découvrez également nos comics Deadpool.
C’est même l’un des intérêts de la série : Deadpool Samurai se situe réellement au croisement des deux cultures.
Il ne cherche ni à transformer complètement Marvel en shonen, ni à faire semblant qu’un comics a simplement été imprimé en petit format.
Kasama et Uesugi prennent les règles des deux côtés, les mélangent et laissent Wade vérifier lesquelles peuvent être cassées.
Spoiler : beaucoup.
Lire plus sur Deadpool Samurai
Deadpool Samurai réunit Marvel et Shueisha autour du personnage qui semblait le moins susceptible de respecter les habitudes de l’un ou de l’autre.
Quand Wade Wilson découvre qu’un manga possède lui aussi un quatrième mur
Iron Man invite Deadpool au Japon afin de rejoindre le Samurai Squad. Le mercenaire y rencontre notamment Sakura Spider, Neiro et Kage avant de se retrouver mêlé aux plans de Loki et à des affrontements impliquant plusieurs grandes figures de Marvel.
Mais l’histoire n’est qu’une partie du plaisir.
Deadpool sait parfaitement qu’il se trouve dans une publication Shonen Jump+. Il joue avec les références, les codes graphiques et les conventions éditoriales avec la même délicatesse qu’il utilise généralement pour ouvrir une porte : si elle résiste, il existe probablement un explosif adapté.
La première saison forme 2 volumes complets au Japon. Après plusieurs années d’absence, Sanshiro Kasama et Hikaru Uesugi ont retrouvé Wade pour une seconde saison, elle aussi achevée au Japon en 4 volumes.
Le manga a même laissé une trace directe dans l’univers Marvel puisque Sakura Spider, créée dans Deadpool Samurai, a ensuite fait ses débuts dans les comics américains.
Retrouvez ici nos mangas Deadpool Samurai. Une lecture idéale pour les fans de Wade Wilson, les amateurs de Marvel qui veulent essayer un manga ou les lecteurs de shonen curieux de découvrir ce qui se passe lorsqu’on donne à Deadpool l’autorisation officielle de jouer avec le catalogue.

