Touhou Forbidden Scrollery
Touhou Forbidden Scrollery : dans cette librairie, certains livres devraient vraiment rester fermés
Dans Touhou Forbidden Scrollery, Kosuzu Motoori travaille à Suzunaan, une petite librairie du village des humains de Gensokyo. On y trouve des ouvrages ordinaires, des livres rares, quelques volumes venus du monde extérieur… et des grimoires démoniaques dont le contenu devrait peut-être rester inaccessible. Évidemment, Kosuzu trouve ces derniers beaucoup plus intéressants que le rayon tranquille.
Un jour, elle développe justement la capacité de déchiffrer ces livres liés aux yôkais. Mauvaise nouvelle pour la tranquillité de Suzunaan : certains contiennent des connaissances occultes, d’autres ont été écrits par des créatures surnaturelles et quelques-uns semblent parfaitement capables de provoquer leurs propres problèmes. Reimu Hakurei et Marisa Kirisame vont donc commencer à passer à la librairie pour d’autres raisons que renouveler leur carte de fidélité.
Kosuzu possède exactement le pouvoir qu’il ne fallait pas donner à une passionnée de livres interdits
Kosuzu Motoori est curieuse. Très curieuse. Lorsqu’elle découvre un ouvrage étrange, son premier réflexe n’est généralement pas de le remettre sur l’étagère en disant que certaines choses ne la regardent pas.
Au contraire, elle veut comprendre ce qu’il contient.
C’est justement cette curiosité qui fait fonctionner Forbidden Scrollery. Kosuzu n’est ni une grande guerrière ni une magicienne capable de nettoyer Gensokyo d’un claquement de doigts. Elle travaille dans une librairie et possède une connaissance particulière des écrits qu’elle manipule.
Par conséquent, lorsqu’un phénomène surnaturel apparaît, elle peut facilement se retrouver au centre du problème sans avoir les moyens de le régler seule.
Et il faut reconnaître qu’elle participe parfois avec beaucoup d’enthousiasme à la création du problème en question.
Suzunaan est probablement la librairie la moins reposante de Gensokyo
La librairie Suzunaan donne une vraie identité au manga. Au lieu de suivre constamment de grands affrontements, ZUN place une bonne partie de l’histoire autour de livres, de rumeurs et de phénomènes étranges qui apparaissent dans le quotidien du village.
Les fameux grimoires démoniaques peuvent prendre plusieurs formes. Certains parlent de yôkais, d’autres ont été écrits par eux. On trouve aussi des ouvrages destinés aux magiciens ou des textes dont personne ne comprend normalement l’écriture.
Forcément, lorsqu’une fille capable de les lire commence à constituer sa propre collection, les choses finissent par bouger.
Le manga possède alors une ambiance particulière. Une journée peut commencer avec un client bizarre ou un livre ancien et se transformer quelques pages plus tard en enquête surnaturelle.
Et contrairement à une bibliothèque normale, ici, « ce volume est dangereux » ne signifie pas seulement qu’il risque de vous tomber sur le pied.
Gensokyo est isolé du monde… mais pas complètement coupé de ses objets
L’histoire se déroule à Gensokyo, les terres illusoires de Touhou Project. Cet endroit a été séparé du monde extérieur par une barrière et a développé sa propre culture, avec humains, yôkais et autres créatures surnaturelles vivant dans un équilibre parfois assez étrange.
Pourtant, certains objets venus de l’extérieur peuvent encore y apparaître. Les livres étrangers deviennent alors particulièrement intéressants pour Kosuzu.
Cela permet à ZUN de jouer avec le regard des habitants de Gensokyo sur des choses qui paraissent parfaitement ordinaires chez nous. Un ouvrage banal peut devenir une curiosité exotique dès qu’il arrive de l’autre côté de la barrière.
Et bien sûr, Kosuzu ne distingue pas toujours immédiatement le livre simplement rare du livre qu’il aurait été préférable de laisser dormir cent ans supplémentaires.
Reimu sait très bien pourquoi les histoires de yôkais ne sont jamais totalement innocentes
Reimu Hakurei fait naturellement partie des personnages que Kosuzu finit par entraîner dans ses histoires. Reimu intervient lorsque les phénomènes surnaturels menacent l’équilibre de Gensokyo et connaît beaucoup mieux que la jeune libraire les risques associés aux yôkais.
Le problème, c’est que Kosuzu trouve justement ces créatures fascinantes.
Le contraste fonctionne donc très bien. Reimu peut voir immédiatement un danger là où Kosuzu voit surtout une nouvelle histoire intéressante à découvrir.
Et plus Kosuzu apprend de choses sur les yôkais, plus cette différence de point de vue prend de l’importance. Forbidden Scrollery ne présente pas simplement les créatures surnaturelles comme une série de monstres à éliminer.
Le rapport entre humains et yôkais se trouve même au cœur de l’histoire.
Marisa n’allait évidemment pas rester loin d’une boutique remplie de livres rares
Marisa Kirisame apparaît elle aussi régulièrement à Suzunaan. Entre magie, vieux ouvrages et phénomènes mystérieux, il aurait de toute façon été assez difficile de l’empêcher de venir regarder.
Avec Reimu, elle permet au manga de conserver les figures les plus connues de Touhou tout en adoptant le point de vue beaucoup plus quotidien de Kosuzu.
C’est important pour ceux qui connaissent déjà les jeux. Forbidden Scrollery ne raconte pas une version simplifiée de leurs aventures avec une nouvelle héroïne posée au milieu. Le manga développe plutôt un autre coin de Gensokyo et permet de voir Reimu, Marisa et les autres depuis la vie du village des humains.
Et pour quelqu’un qui découvre Touhou par ce manga, elles arrivent naturellement dans l’histoire sans demander d’avoir étudié quinze années de chronologie avant d’ouvrir le tome 1.
Akyû possède une approche légèrement plus prudente des histoires de yôkais
Hieda no Akyû fait partie des proches de Kosuzu et revient régulièrement dans le manga. Là où Kosuzu peut se laisser emporter par une nouvelle découverte, Akyû connaît mieux les récits et les dangers liés au surnaturel.
Elle essaie donc parfois d’avertir son amie.
Le problème, évidemment, c’est que dire à Kosuzu qu’un livre est dangereux peut aussi avoir un effet assez proche de : « surtout, n’ouvre pas cette boîte ».
Cette relation donne de bonnes scènes parce que le manga aime confronter ce que les humains racontent sur les yôkais avec ce que ces créatures sont réellement.
Une vieille légende peut contenir une part de vérité. Une rumeur peut aussi déformer complètement la réalité. Et quelquefois, le fait que tout le monde commence à croire une histoire suffit déjà à compliquer les choses.
Les yôkais de Touhou sont beaucoup plus compliqués que de simples monstres
C’est probablement l’un des points les plus intéressants de Forbidden Scrollery. Les yôkais peuvent être dangereux, inquiétants ou franchement manipulateurs. Pourtant, humains et créatures surnaturelles appartiennent au même équilibre.
Certains phénomènes viennent de vieilles histoires. D’autres naissent de rumeurs, de croyances ou de la peur elle-même.
Le manga s’intéresse donc beaucoup à la manière dont les humains racontent les monstres. Une histoire transmise dans le village peut changer la perception d’un yôkai. En retour, certains yôkais savent parfaitement exploiter ce que les humains croient savoir sur eux.
Ça donne au manga une ambiance de folklore japonais particulièrement réussie. On ne se contente pas d’attendre qu’une créature apparaisse pour lancer un combat. Il faut d’abord comprendre ce qu’elle est, d’où vient l’histoire qui l’entoure et pourquoi elle apparaît maintenant.
Mamizou sait parfaitement jouer avec les règles du monde humain
Parmi les personnages qui prennent une place intéressante autour de Kosuzu, Mamizou Futatsuiwa mérite le détour.
Elle appartient justement à ce monde des yôkais que la jeune libraire trouve tellement fascinant. Mais Mamizou n’est pas le genre de créature qui fonce vers le village en rugissant pour annoncer qu’un nouvel arc vient de commencer.
Elle observe, comprend les humains et sait très bien utiliser les apparences et les situations à son avantage.
Sa présence fonctionne particulièrement bien dans Forbidden Scrollery, car Kosuzu devient progressivement moins naïve face au surnaturel sans jamais perdre complètement sa curiosité.
Et c’est là que les ennuis deviennent intéressants : plus elle pense comprendre les yôkais, plus elle se rapproche aussi d’un monde dont les humains ne connaissent pas forcément toutes les règles.
Un manga Touhou où une enquête peut commencer avec un simple livre
Forbidden Scrollery possède un rythme assez différent de ce qu’on pourrait imaginer en découvrant Touhou uniquement à travers ses jeux d’action.
Beaucoup d’histoires commencent petit. Un livre réagit bizarrement. Une rumeur circule. Quelqu’un ne paie pas ce qu’il doit. Un phénomène étrange apparaît dans le village.
Puis ZUN relie ce petit incident au folklore, aux yôkais ou à l’équilibre particulier de Gensokyo.
Cette structure convient parfaitement à la librairie. Chaque nouvelle affaire ressemble presque à un récit que Kosuzu aurait pu trouver sur une étagère.
Et comme les problèmes ne demandent pas tous la même solution, Reimu ne peut pas simplement arriver, taper très fort sur quelque chose et rentrer manger.
Les Sept Mystères de Honjo s’invitent même dans Gensokyo
Le manga utilise aussi de véritables références au folklore japonais. L’un des arcs reprend notamment les Sept Mystères de Honjo et l’histoire de l’Oitekebori.
Ce genre de passage montre bien la méthode de ZUN. Il part d’une légende connue, la fait entrer dans Gensokyo puis laisse ses personnages essayer de comprendre ce qui se cache derrière le phénomène.
Pour le lecteur, cela donne deux niveaux de plaisir. Ceux qui connaissent la référence peuvent reconnaître ce que ZUN détourne. Les autres découvrent simplement une nouvelle histoire étrange sans devoir avoir un diplôme en folklore japonais.
Et après tout, avec une librairie remplie de vieux textes, il aurait été dommage de ne pas laisser quelques légendes sortir des pages.
Forbidden Scrollery est directement écrit par ZUN
C’est un point important si vous aimez déjà Touhou Project : Forbidden Scrollery n’est pas un manga dérivé confié à une équipe extérieure sans lien avec la création originale.
ZUN, créateur de Touhou Project, signe lui-même l’histoire. Moe Harukawa assure le dessin.
KADOKAWA présente d’ailleurs officiellement la série comme un comic Touhou Project. Cela explique pourquoi certains chapitres peuvent dialoguer directement avec des événements venus des jeux.
Le deuxième volume contient notamment des histoires liées à Touhou Double Dealing Character et Hopeless Masquerade. On voit donc réellement une autre facette du même univers plutôt qu’une adaptation qui recommencerait tout depuis le début.
C’est une jolie porte d’entrée pour les nouveaux lecteurs, mais également un moyen de découvrir davantage Gensokyo lorsqu’on connaît déjà Reimu, Marisa et toute la bande.
Le dessin de Moe Harukawa rend l’étrange particulièrement joli
Moe Harukawa donne à Forbidden Scrollery un trait doux et très expressif qui colle parfaitement au quotidien de Suzunaan.
Kosuzu peut passer d’un grand sourire devant un nouveau livre à une expression beaucoup moins enthousiaste lorsqu’elle réalise que le contenu du volume vient de se manifester devant elle.
Le style fonctionne aussi très bien avec les nombreuses héroïnes de Touhou. Les personnages restent immédiatement reconnaissables, tandis que les vêtements et les décors conservent beaucoup de détails.
Ce côté mignon crée surtout un joli contraste avec les histoires racontées. Une scène peut sembler parfaitement tranquille, puis révéler quelque chose de beaucoup plus inquiétant derrière une porte ou entre deux pages.
En clair, c’est charmant jusqu’au moment où le livre commence à respirer.
Sept tomes pour aller jusqu’au bout du mystère de Suzunaan
Touhou Forbidden Scrollery est terminé en 7 tomes. ZUN et Moe Harukawa conduisent donc toute l’histoire de Kosuzu et de ses grimoires jusqu’à une véritable conclusion.
La série possède une progression intéressante. Les premiers volumes installent la librairie, les livres démoniaques et les différents incidents. Ensuite, Kosuzu s’approche de plus en plus près de la véritable relation entre humains et yôkais.
Ce qui ressemblait au départ à une succession de petites histoires surnaturelles finit donc par construire quelque chose de beaucoup plus large autour de Gensokyo.
En français, Meian a publié les sept volumes. L’intégralité de l’histoire est ainsi disponible dans la même édition, ce qui est particulièrement agréable pour une série relativement courte.
Pourquoi commencer Touhou Forbidden Scrollery ?
Parce qu’il n’est pas nécessaire de vouloir mémoriser tous les personnages de Touhou avant de pousser la porte de Suzunaan. Kosuzu donne un point de vue très humain sur Gensokyo et permet de découvrir progressivement ses créatures et ses règles.
Si vous connaissez déjà Touhou, vous retrouverez Reimu, Marisa, Akyû, Mamizou et de nombreux autres visages familiers. En revanche, le manga leur offre un cadre différent des grandes aventures auxquelles ils sont habituellement associés.
Si vous aimez les yôkais, le folklore japonais, les mystères et les histoires de livres maudits, la série possède surtout un charme très particulier. Elle sait être drôle et légère, puis devenir beaucoup plus inquiétante dès qu’une vieille rumeur commence à prendre vie.
Et avec seulement sept tomes, ZUN a le temps de développer Suzunaan sans transformer la bibliothèque en saga de cinquante volumes. Ce qui est plutôt rassurant : vu le contenu de certaines étagères, rester trop longtemps dans cette boutique finirait forcément par mal tourner.
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Touhou Forbidden Scrollery est une série complète en 7 tomes écrite par ZUN, le créateur de Touhou Project, et dessinée par Moe Harukawa. À Suzunaan, Kosuzu Motoori collectionne des grimoires démoniaques qu’elle est soudain capable de déchiffrer, attirant yôkais, mystères et quelques visites inquiètes de Reimu et Marisa. Un dernier conseil : si un vieux livre écrit dans un alphabet impossible devient soudain parfaitement lisible, refermez-le. Kosuzu a déjà suffisamment testé la méthode pour nous.
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Touhou Forbidden Scrollery tome 06
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Touhou Forbidden Scrollery : dans cette librairie, certains livres devraient vraiment rester fermés
Dans Touhou Forbidden Scrollery, Kosuzu Motoori travaille à Suzunaan, une petite librairie du village des humains de Gensokyo. On y trouve des ouvrages ordinaires, des livres rares, quelques volumes venus du monde extérieur… et des grimoires démoniaques dont le contenu devrait peut-être rester inaccessible. Évidemment, Kosuzu trouve ces derniers beaucoup plus intéressants que le rayon tranquille.
Un jour, elle développe justement la capacité de déchiffrer ces livres liés aux yôkais. Mauvaise nouvelle pour la tranquillité de Suzunaan : certains contiennent des connaissances occultes, d’autres ont été écrits par des créatures surnaturelles et quelques-uns semblent parfaitement capables de provoquer leurs propres problèmes. Reimu Hakurei et Marisa Kirisame vont donc commencer à passer à la librairie pour d’autres raisons que renouveler leur carte de fidélité.
Kosuzu possède exactement le pouvoir qu’il ne fallait pas donner à une passionnée de livres interdits
Kosuzu Motoori est curieuse. Très curieuse. Lorsqu’elle découvre un ouvrage étrange, son premier réflexe n’est généralement pas de le remettre sur l’étagère en disant que certaines choses ne la regardent pas.
Au contraire, elle veut comprendre ce qu’il contient.
C’est justement cette curiosité qui fait fonctionner Forbidden Scrollery. Kosuzu n’est ni une grande guerrière ni une magicienne capable de nettoyer Gensokyo d’un claquement de doigts. Elle travaille dans une librairie et possède une connaissance particulière des écrits qu’elle manipule.
Par conséquent, lorsqu’un phénomène surnaturel apparaît, elle peut facilement se retrouver au centre du problème sans avoir les moyens de le régler seule.
Et il faut reconnaître qu’elle participe parfois avec beaucoup d’enthousiasme à la création du problème en question.
Suzunaan est probablement la librairie la moins reposante de Gensokyo
La librairie Suzunaan donne une vraie identité au manga. Au lieu de suivre constamment de grands affrontements, ZUN place une bonne partie de l’histoire autour de livres, de rumeurs et de phénomènes étranges qui apparaissent dans le quotidien du village.
Les fameux grimoires démoniaques peuvent prendre plusieurs formes. Certains parlent de yôkais, d’autres ont été écrits par eux. On trouve aussi des ouvrages destinés aux magiciens ou des textes dont personne ne comprend normalement l’écriture.
Forcément, lorsqu’une fille capable de les lire commence à constituer sa propre collection, les choses finissent par bouger.
Le manga possède alors une ambiance particulière. Une journée peut commencer avec un client bizarre ou un livre ancien et se transformer quelques pages plus tard en enquête surnaturelle.
Et contrairement à une bibliothèque normale, ici, « ce volume est dangereux » ne signifie pas seulement qu’il risque de vous tomber sur le pied.
Gensokyo est isolé du monde… mais pas complètement coupé de ses objets
L’histoire se déroule à Gensokyo, les terres illusoires de Touhou Project. Cet endroit a été séparé du monde extérieur par une barrière et a développé sa propre culture, avec humains, yôkais et autres créatures surnaturelles vivant dans un équilibre parfois assez étrange.
Pourtant, certains objets venus de l’extérieur peuvent encore y apparaître. Les livres étrangers deviennent alors particulièrement intéressants pour Kosuzu.
Cela permet à ZUN de jouer avec le regard des habitants de Gensokyo sur des choses qui paraissent parfaitement ordinaires chez nous. Un ouvrage banal peut devenir une curiosité exotique dès qu’il arrive de l’autre côté de la barrière.
Et bien sûr, Kosuzu ne distingue pas toujours immédiatement le livre simplement rare du livre qu’il aurait été préférable de laisser dormir cent ans supplémentaires.
Reimu sait très bien pourquoi les histoires de yôkais ne sont jamais totalement innocentes
Reimu Hakurei fait naturellement partie des personnages que Kosuzu finit par entraîner dans ses histoires. Reimu intervient lorsque les phénomènes surnaturels menacent l’équilibre de Gensokyo et connaît beaucoup mieux que la jeune libraire les risques associés aux yôkais.
Le problème, c’est que Kosuzu trouve justement ces créatures fascinantes.
Le contraste fonctionne donc très bien. Reimu peut voir immédiatement un danger là où Kosuzu voit surtout une nouvelle histoire intéressante à découvrir.
Et plus Kosuzu apprend de choses sur les yôkais, plus cette différence de point de vue prend de l’importance. Forbidden Scrollery ne présente pas simplement les créatures surnaturelles comme une série de monstres à éliminer.
Le rapport entre humains et yôkais se trouve même au cœur de l’histoire.
Marisa n’allait évidemment pas rester loin d’une boutique remplie de livres rares
Marisa Kirisame apparaît elle aussi régulièrement à Suzunaan. Entre magie, vieux ouvrages et phénomènes mystérieux, il aurait de toute façon été assez difficile de l’empêcher de venir regarder.
Avec Reimu, elle permet au manga de conserver les figures les plus connues de Touhou tout en adoptant le point de vue beaucoup plus quotidien de Kosuzu.
C’est important pour ceux qui connaissent déjà les jeux. Forbidden Scrollery ne raconte pas une version simplifiée de leurs aventures avec une nouvelle héroïne posée au milieu. Le manga développe plutôt un autre coin de Gensokyo et permet de voir Reimu, Marisa et les autres depuis la vie du village des humains.
Et pour quelqu’un qui découvre Touhou par ce manga, elles arrivent naturellement dans l’histoire sans demander d’avoir étudié quinze années de chronologie avant d’ouvrir le tome 1.
Akyû possède une approche légèrement plus prudente des histoires de yôkais
Hieda no Akyû fait partie des proches de Kosuzu et revient régulièrement dans le manga. Là où Kosuzu peut se laisser emporter par une nouvelle découverte, Akyû connaît mieux les récits et les dangers liés au surnaturel.
Elle essaie donc parfois d’avertir son amie.
Le problème, évidemment, c’est que dire à Kosuzu qu’un livre est dangereux peut aussi avoir un effet assez proche de : « surtout, n’ouvre pas cette boîte ».
Cette relation donne de bonnes scènes parce que le manga aime confronter ce que les humains racontent sur les yôkais avec ce que ces créatures sont réellement.
Une vieille légende peut contenir une part de vérité. Une rumeur peut aussi déformer complètement la réalité. Et quelquefois, le fait que tout le monde commence à croire une histoire suffit déjà à compliquer les choses.
Les yôkais de Touhou sont beaucoup plus compliqués que de simples monstres
C’est probablement l’un des points les plus intéressants de Forbidden Scrollery. Les yôkais peuvent être dangereux, inquiétants ou franchement manipulateurs. Pourtant, humains et créatures surnaturelles appartiennent au même équilibre.
Certains phénomènes viennent de vieilles histoires. D’autres naissent de rumeurs, de croyances ou de la peur elle-même.
Le manga s’intéresse donc beaucoup à la manière dont les humains racontent les monstres. Une histoire transmise dans le village peut changer la perception d’un yôkai. En retour, certains yôkais savent parfaitement exploiter ce que les humains croient savoir sur eux.
Ça donne au manga une ambiance de folklore japonais particulièrement réussie. On ne se contente pas d’attendre qu’une créature apparaisse pour lancer un combat. Il faut d’abord comprendre ce qu’elle est, d’où vient l’histoire qui l’entoure et pourquoi elle apparaît maintenant.
Mamizou sait parfaitement jouer avec les règles du monde humain
Parmi les personnages qui prennent une place intéressante autour de Kosuzu, Mamizou Futatsuiwa mérite le détour.
Elle appartient justement à ce monde des yôkais que la jeune libraire trouve tellement fascinant. Mais Mamizou n’est pas le genre de créature qui fonce vers le village en rugissant pour annoncer qu’un nouvel arc vient de commencer.
Elle observe, comprend les humains et sait très bien utiliser les apparences et les situations à son avantage.
Sa présence fonctionne particulièrement bien dans Forbidden Scrollery, car Kosuzu devient progressivement moins naïve face au surnaturel sans jamais perdre complètement sa curiosité.
Et c’est là que les ennuis deviennent intéressants : plus elle pense comprendre les yôkais, plus elle se rapproche aussi d’un monde dont les humains ne connaissent pas forcément toutes les règles.
Un manga Touhou où une enquête peut commencer avec un simple livre
Forbidden Scrollery possède un rythme assez différent de ce qu’on pourrait imaginer en découvrant Touhou uniquement à travers ses jeux d’action.
Beaucoup d’histoires commencent petit. Un livre réagit bizarrement. Une rumeur circule. Quelqu’un ne paie pas ce qu’il doit. Un phénomène étrange apparaît dans le village.
Puis ZUN relie ce petit incident au folklore, aux yôkais ou à l’équilibre particulier de Gensokyo.
Cette structure convient parfaitement à la librairie. Chaque nouvelle affaire ressemble presque à un récit que Kosuzu aurait pu trouver sur une étagère.
Et comme les problèmes ne demandent pas tous la même solution, Reimu ne peut pas simplement arriver, taper très fort sur quelque chose et rentrer manger.
Les Sept Mystères de Honjo s’invitent même dans Gensokyo
Le manga utilise aussi de véritables références au folklore japonais. L’un des arcs reprend notamment les Sept Mystères de Honjo et l’histoire de l’Oitekebori.
Ce genre de passage montre bien la méthode de ZUN. Il part d’une légende connue, la fait entrer dans Gensokyo puis laisse ses personnages essayer de comprendre ce qui se cache derrière le phénomène.
Pour le lecteur, cela donne deux niveaux de plaisir. Ceux qui connaissent la référence peuvent reconnaître ce que ZUN détourne. Les autres découvrent simplement une nouvelle histoire étrange sans devoir avoir un diplôme en folklore japonais.
Et après tout, avec une librairie remplie de vieux textes, il aurait été dommage de ne pas laisser quelques légendes sortir des pages.
Forbidden Scrollery est directement écrit par ZUN
C’est un point important si vous aimez déjà Touhou Project : Forbidden Scrollery n’est pas un manga dérivé confié à une équipe extérieure sans lien avec la création originale.
ZUN, créateur de Touhou Project, signe lui-même l’histoire. Moe Harukawa assure le dessin.
KADOKAWA présente d’ailleurs officiellement la série comme un comic Touhou Project. Cela explique pourquoi certains chapitres peuvent dialoguer directement avec des événements venus des jeux.
Le deuxième volume contient notamment des histoires liées à Touhou Double Dealing Character et Hopeless Masquerade. On voit donc réellement une autre facette du même univers plutôt qu’une adaptation qui recommencerait tout depuis le début.
C’est une jolie porte d’entrée pour les nouveaux lecteurs, mais également un moyen de découvrir davantage Gensokyo lorsqu’on connaît déjà Reimu, Marisa et toute la bande.
Le dessin de Moe Harukawa rend l’étrange particulièrement joli
Moe Harukawa donne à Forbidden Scrollery un trait doux et très expressif qui colle parfaitement au quotidien de Suzunaan.
Kosuzu peut passer d’un grand sourire devant un nouveau livre à une expression beaucoup moins enthousiaste lorsqu’elle réalise que le contenu du volume vient de se manifester devant elle.
Le style fonctionne aussi très bien avec les nombreuses héroïnes de Touhou. Les personnages restent immédiatement reconnaissables, tandis que les vêtements et les décors conservent beaucoup de détails.
Ce côté mignon crée surtout un joli contraste avec les histoires racontées. Une scène peut sembler parfaitement tranquille, puis révéler quelque chose de beaucoup plus inquiétant derrière une porte ou entre deux pages.
En clair, c’est charmant jusqu’au moment où le livre commence à respirer.
Sept tomes pour aller jusqu’au bout du mystère de Suzunaan
Touhou Forbidden Scrollery est terminé en 7 tomes. ZUN et Moe Harukawa conduisent donc toute l’histoire de Kosuzu et de ses grimoires jusqu’à une véritable conclusion.
La série possède une progression intéressante. Les premiers volumes installent la librairie, les livres démoniaques et les différents incidents. Ensuite, Kosuzu s’approche de plus en plus près de la véritable relation entre humains et yôkais.
Ce qui ressemblait au départ à une succession de petites histoires surnaturelles finit donc par construire quelque chose de beaucoup plus large autour de Gensokyo.
En français, Meian a publié les sept volumes. L’intégralité de l’histoire est ainsi disponible dans la même édition, ce qui est particulièrement agréable pour une série relativement courte.
Pourquoi commencer Touhou Forbidden Scrollery ?
Parce qu’il n’est pas nécessaire de vouloir mémoriser tous les personnages de Touhou avant de pousser la porte de Suzunaan. Kosuzu donne un point de vue très humain sur Gensokyo et permet de découvrir progressivement ses créatures et ses règles.
Si vous connaissez déjà Touhou, vous retrouverez Reimu, Marisa, Akyû, Mamizou et de nombreux autres visages familiers. En revanche, le manga leur offre un cadre différent des grandes aventures auxquelles ils sont habituellement associés.
Si vous aimez les yôkais, le folklore japonais, les mystères et les histoires de livres maudits, la série possède surtout un charme très particulier. Elle sait être drôle et légère, puis devenir beaucoup plus inquiétante dès qu’une vieille rumeur commence à prendre vie.
Et avec seulement sept tomes, ZUN a le temps de développer Suzunaan sans transformer la bibliothèque en saga de cinquante volumes. Ce qui est plutôt rassurant : vu le contenu de certaines étagères, rester trop longtemps dans cette boutique finirait forcément par mal tourner.
Lire plus
Touhou Forbidden Scrollery est une série complète en 7 tomes écrite par ZUN, le créateur de Touhou Project, et dessinée par Moe Harukawa. À Suzunaan, Kosuzu Motoori collectionne des grimoires démoniaques qu’elle est soudain capable de déchiffrer, attirant yôkais, mystères et quelques visites inquiètes de Reimu et Marisa. Un dernier conseil : si un vieux livre écrit dans un alphabet impossible devient soudain parfaitement lisible, refermez-le. Kosuzu a déjà suffisamment testé la méthode pour nous.
