Tortues Ninja

Tortues Ninja : derrière les pizzas et le « Cowabunga », les TMNT ont aussi un côté beaucoup plus sombre

Les comics Tortues Ninja n’ont pas commencé avec quatre héros rigolards passant leur temps à commander des pizzas dans les égouts. Bien avant que Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo deviennent des vedettes de dessins animés, Kevin Eastman et Peter Laird les avaient imaginés dans un comic indépendant en noir et blanc, plus brutal et franchement étrange.

New York reste leur terrain de chasse. Splinter demeure leur maître, le Clan Foot leur ennemi historique et Shredder la menace qui revient toujours au pire moment. Cependant, les histoires issues de l’univers Mirage ajoutent volontiers magie, extraterrestres, vengeance, blessures sérieuses et dilemmes beaucoup moins légers que dans certaines adaptations télévisées.

Les éditions françaises TMNT : Chroniques des Tortues Ninja publiées par Wetta permettent justement de retrouver cette facette des personnages.

Et lorsqu’un récit commence avec Splinter engagé dans un combat psychique pendant qu’un Shredder constitué de vers mutants revient à la vie et que Leonardo finit empoisonné puis aveugle, on comprend assez vite que personne n’est venu uniquement pour choisir une garniture de pizza.

Au départ, une Tortue Ninja était littéralement une blague entre deux dessinateurs

L’histoire de la création des TMNT est presque aussi improbable que leur nom.

À la fin de 1983, Kevin Eastman dessine une tortue debout avec des armes de ninja pour faire rire Peter Laird. Celui-ci reprend l’idée. Les dessins s’enchaînent et, très vite, une seule tortue devient une équipe de quatre.

Eastman et Laird prennent alors plusieurs tendances populaires du comic américain de l’époque et les mélangent volontairement : adolescents, mutants, ninjas et équipe de héros.

Pour les noms, ils évitent les pseudonymes japonais de pacotille et choisissent plutôt Leonardo, Michelangelo, Donatello et Raphael, quatre artistes de la Renaissance.

Quelques mois plus tard, la plaisanterie devient un véritable comic.

Teenage Mutant Ninja Turtles #1 paraît chez Mirage Studios en mai 1984.

Les auteurs craignaient tellement de ne pas vendre leur premier tirage qu’ils plaisantaient sur l’idée d’utiliser les exemplaires restants pour se chauffer.

Ils n’en auront pas besoin.

Le premier comic TMNT n’avait rien d’un produit fabriqué par une énorme licence

Eastman et Laird autoéditent leur première aventure sous le nom de Mirage Studios.

Le nom lui-même était une plaisanterie : leur « studio » était beaucoup moins impressionnant que ce que le mot pouvait laisser imaginer.

Pourtant, les premières Tortues trouvent rapidement leur public.

Le comic est en noir et blanc, le trait est rugueux et l’action peut devenir violente. Surtout, les quatre frères ne sont pas encore les mascottes multicolores que le monde entier connaîtra ensuite.

Le succès change évidemment tout.

Dessins animés, figurines, jeux vidéo et films vont transformer les Tortues en phénomène mondial. Cependant, les comics Mirage continuent d’exister avec leur propre continuité.

C’est dans cette famille que s’inscrivent les récits repris bien plus tard par Wetta dans Chroniques des Tortues Ninja.

Autrement dit, ces albums ne cherchent pas à adapter un épisode du dessin animé du samedi matin.

Leonardo reste le chef, mais être le plus discipliné ne lui rend pas la vie plus facile

Leonardo porte les deux katanas et assume généralement le rôle de leader.

Il est aussi celui qui prend le plus au sérieux l’enseignement de Splinter.

Ce sens du devoir constitue une force, mais également un poids.

Lorsque quelque chose tourne mal, Leonardo possède une fâcheuse tendance à considérer qu’il aurait dû l’empêcher.

Les histoires Wetta l’exploitent particulièrement bien.

Dans le premier volume, un mystérieux ninja l’empoisonne. La substance lui fait perdre la vue au moment même où son adversaire attaque.

Ensuite, le deuxième volume développe directement les conséquences de cette épreuve.

Leonardo doit donc apprendre à combattre sans pouvoir compter sur son regard, mais surtout à vivre avec ce qu’il a fait pendant cette période.

Pour le frère qui veut toujours garder le contrôle, perdre littéralement la possibilité de voir ce qui arrive devant lui est une épreuve assez bien choisie.

Raphael préfère souvent régler la discussion avant que Leonardo ait terminé son plan

Raphael combat avec deux sai et possède un caractère nettement plus explosif.

Il aime ses frères, mais ça ne l’empêche absolument pas de leur expliquer qu’ils l’énervent.

Particulièrement Leonardo.

Leur opposition fonctionne parce qu’elle ne repose pas sur une simple dispute artificielle. Leo accepte plus facilement la discipline de Splinter, tandis que Raphael réagit souvent avec son instinct et sa colère.

Pourtant, quand l’un des quatre se retrouve réellement en danger, les querelles perdent vite leur importance.

Dans les récits Mirage, la famille constitue toujours le véritable noyau des TMNT.

Les frères peuvent se battre entre eux, partir chacun de leur côté ou commettre des erreurs. En revanche, toucher à l’un d’eux reste une excellente manière d’obtenir immédiatement l’attention des trois autres.

Le Clan Foot a eu plusieurs décennies pour assimiler cette règle.

Il continue quand même d’essayer.

Donatello rappelle qu’une équipe de ninjas peut aussi avoir besoin de quelqu’un qui réfléchit cinq minutes

Donatello manie le bô, mais sa principale différence vient souvent de sa curiosité et de son intelligence.

Quand les Tortues rencontrent une technologie inconnue, une créature extraterrestre ou un phénomène particulièrement bizarre, Donatello a généralement envie de comprendre comment ça fonctionne.

Raphael préférerait parfois vérifier d’abord si ça casse.

Les deux méthodes ont leurs défenseurs.

L’univers Mirage mélange justement très facilement ninjutsu, science-fiction et mysticisme. Une histoire peut commencer dans une ruelle new-yorkaise puis introduire une technologie extraterrestre ou un affrontement surnaturel sans demander la permission.

Donatello devient donc particulièrement utile lorsque le problème dépasse le traditionnel ninja du Clan Foot.

Et chez les Tortues, ça arrive assez souvent.

Michelangelo apporte de l’air à une famille qui peut vite devenir beaucoup trop sérieuse

Michelangelo utilise les nunchakus et possède généralement un tempérament plus léger.

Ce côté plus détendu ne signifie pourtant pas qu’il devient inutile dès que le combat commence.

Au contraire, les comics permettent régulièrement de rappeler que les quatre frères ont reçu le même entraînement de Splinter.

Michelangelo apporte surtout autre chose au groupe : il empêche parfois ses frères de passer leurs journées à ruminer leurs problèmes dans les égouts.

Avec Leonardo rongé par le devoir, Raphael prêt à exploser et Donatello capable de disparaître dans une expérience, il fallait bien quelqu’un pour rappeler que quatre adolescents mutants peuvent aussi avoir envie de s’amuser.

Le dessin animé poussera évidemment cet aspect beaucoup plus loin.

Mais même dans les histoires plus sombres, Michelangelo conserve ce rôle essentiel.

Splinter affronte parfois des problèmes qu’un simple coup de katana ne règlera pas

Splinter est le maître des quatre Tortues, mais les récits Mirage ne le limitent pas au vieil instructeur qui apparaît uniquement pour donner un conseil avant le combat.

Dans l’une des histoires reprises dans le premier volume Wetta, Splinter affronte psychiquement un guerrier mystique du Clan Foot.

Le combat ne se déroule donc pas uniquement avec des griffes et des armes.

La magie liée au Clan Foot constitue une vraie menace.

Cette dimension surnaturelle permet également de rappeler que Shredder n’est pas le seul problème associé à cette organisation.

Ses guerriers, ses traditions et ses mystiques peuvent survivre à un chef.

Par conséquent, annoncer « Shredder est mort » ne suffit jamais vraiment à rassurer longtemps les Tortues.

À New York, même la mort semble avoir un contrat très souple lorsqu’il s’agit du Clan Foot.

Le Shredder de ces histoires revient d’une manière particulièrement peu appétissante

Les lecteurs qui pensent connaître toutes les manières possibles de faire revenir Shredder devraient jeter un œil à The Worms of Madness.

Dans cette histoire de Steve Murphy et Rick Remender, un mystique du Clan Foot utilise la sorcellerie sur les vers-clones liés à Shredder.

Le résultat produit une nouvelle menace que les Tortues doivent affronter.

Oui, des vers.

Parce qu’apparemment, être découpé, vaincu ou détruit n’était pas encore suffisant pour convaincre Shredder de prendre sa retraite.

Le récit correspond parfaitement au ton des TMNT de Mirage : arts martiaux, horreur corporelle, mysticisme et science-fiction peuvent se retrouver dans la même histoire sans que personne ne trouve cela particulièrement étrange.

Après plusieurs années dans cette famille, Raphael a probablement cessé de poser des questions.

Le premier Chroniques des Tortues Ninja de Wetta rassemble quatre épisodes de Tales of the TMNT

Le volume portant l’EAN 9782353090198 correspond au tome 1 de TMNT : Chroniques des Tortues Ninja, publié en français par Wetta en octobre 2007.

Il reprend des récits issus de Tales of the Teenage Mutant Ninja Turtles volume 2, notamment les épisodes américains #2 à #5.

On y trouve ainsi le combat psychique de Splinter contre un mystique du Foot, le retour particulièrement malsain lié aux vers de Shredder, puis l’histoire Blind Faith centrée sur Leonardo.

Le volume accueille également des histoires courtes.

Surtout, l’ensemble permet de retrouver la continuité Mirage sous une forme anthologique.

Chaque aventure peut mettre davantage en avant un personnage ou une menace différente, tout en restant reliée au même univers.

Ça donne un album très différent d’une longue aventure construite autour d’un seul grand méchant pendant 300 pages.

Blind Faith fait à Leonardo exactement ce qu’un ninja redoute : elle lui enlève la vue

Dans Blind Faith, Jim Lawson place Leonardo face à un mystérieux ninja.

Son adversaire utilise un poison qui lui fait perdre la vue.

Malheureusement, il ne lui laisse pas ensuite trois semaines de convalescence pour s’habituer tranquillement à la situation.

L’attaque continue.

Leonardo doit donc se battre contre quelqu’un qu’il ne peut plus voir.

Son entraînement l’aide, bien sûr. Un ninja apprend à évoluer dans l’obscurité et à utiliser d’autres sens.

Cependant, être préparé à combattre sans lumière et devenir soudainement aveugle ne sont pas exactement la même expérience.

Le récit devient d’autant plus important qu’il ne se termine pas lorsque le combat s’arrête.

Les conséquences suivent Leonardo jusque dans le volume suivant.

Le deuxième volume Wetta est entièrement construit autour des conséquences pour Leonardo

L’EAN 9782353090266 correspond au volume 2 de Chroniques des Tortues Ninja, publié par Wetta en mars 2008.

Cette fois, Jim Lawson prend le contrôle du récit et du dessin.

L’album reprend la mini-série américaine Tales of Leonardo: Blind Sight, publiée à l’origine en quatre épisodes.

Leonardo reste privé de la vue après son empoisonnement.

Mais ce n’est pas son seul problème.

Il porte aussi une lourde culpabilité après avoir tué un adversaire et commence à perdre pied.

Blind Sight ne raconte donc pas simplement comment Leonardo devient encore meilleur en se battant les yeux fermés.

Le vrai sujet concerne ce qui se passe dans sa tête lorsqu’il ne peut plus faire confiance ni à son corps, ni à son jugement.

Et forcément, Splinter ne va pas résoudre ça avec un joli discours de deux cases.

Northampton devient un endroit important lorsqu’il faut éloigner Leonardo de New York

Dans Blind Sight, les Tortues quittent New York et se rendent notamment du côté de Northampton.

Ce lieu possède une vraie importance dans l’histoire des comics TMNT.

Il sert régulièrement de refuge lorsque la pression new-yorkaise devient trop forte.

Pour Leonardo, le calme apparent ne signifie pourtant pas que ses problèmes disparaissent.

Dans les bois, il rencontre notamment une présence malveillante tandis que Splinter poursuit son enseignement d’une manière qui n’a rien d’une séance de relaxation.

Le cadre permet surtout à Jim Lawson de ralentir le rythme.

Après le poison et le combat, Leonardo doit maintenant affronter quelque chose qu’il ne peut pas simplement trancher avec ses deux sabres.

C’est souvent là que les histoires TMNT deviennent les plus intéressantes.

Jim Lawson fait partie des dessinateurs qui ont accompagné les Tortues pendant des décennies

Le nom de Jim Lawson revient énormément lorsqu’on explore la période Mirage.

Il travaillait déjà sur les TMNT dans les années 1980 et participe ensuite à de nombreuses séries liées aux personnages.

Son dessin ne cherche pas une propreté parfaite.

Les silhouettes sont anguleuses, les visages expressifs et les combats possèdent un côté direct qui convient très bien aux Tortues.

Dans Blind Sight, ce travail devient particulièrement intéressant puisque le personnage principal ne voit plus.

Le dessin doit donc transmettre au lecteur des sensations que Leonardo, lui, ne peut pas utiliser normalement.

Ombres, contrastes et positions des corps prennent davantage d’importance.

Le handicap n’est pas seulement annoncé dans une bulle avant que le combat continue exactement comme d’habitude.

Tales of the TMNT a été créé pour raconter tout ce qui ne rentrait pas forcément dans la série principale

Tales of the Teenage Mutant Ninja Turtles existe dès 1987 comme série complémentaire aux aventures principales de Mirage.

Après une première période courte, le concept revient en 2004 avec un deuxième volume beaucoup plus long.

L’idée est excellente pour cet univers.

Une histoire peut revenir sur un événement passé.

Ensuite, une autre s’intéresse à un personnage secondaire ou remplit un trou dans la chronologie.

La suivante peut devenir beaucoup plus fantastique.

Le deuxième volume américain finira ainsi par atteindre 70 numéros.

Les Chroniques publiées par Wetta puisent dans cette matière et dans des mini-séries associées comme Blind Sight.

Du coup, on retrouve des Tortues qui ont déjà vécu beaucoup de choses et qui ne repartent pas continuellement de leur rencontre avec Splinter.

Ces TMNT-là sont très loin de l’image uniquement comique laissée par le dessin animé

Le dessin animé lancé en 1987 a joué un rôle immense dans la popularité des Tortues.

Il a aussi fixé toute une série d’images dans les mémoires : pizzas, humour, gadgets et adversaires hauts en couleur.

Les comics Mirage n’ont jamais complètement perdu leur humour. Pourtant, ils acceptent beaucoup plus facilement la violence, les blessures et les conséquences.

Un personnage peut être empoisonné.

Une erreur peut tuer quelqu’un.

Splinter peut se battre sur un plan psychique.

Le Clan Foot peut utiliser une sorcellerie particulièrement sinistre.

Et l’histoire peut continuer à explorer ce traumatisme plusieurs épisodes après le combat.

Ça ne signifie pas que Michelangelo se transforme soudain en philosophe dépressif mangeant sa pizza sous la pluie.

Heureusement.

Simplement, les Tortues peuvent être drôles sans que leur univers soit inoffensif.

Shredder et le Clan Foot fonctionnent tellement bien parce que leur histoire touche directement Splinter et les quatre frères

Shredder n’est pas seulement un méchant en armure choisi parce qu’il possède une silhouette spectaculaire.

Le conflit avec le Clan Foot appartient aux origines mêmes des Tortues.

Splinter transmet son ninjutsu aux quatre frères et les prépare à une confrontation qui plonge ses racines dans son propre passé.

Par conséquent, lorsque le Foot revient, l’affaire devient rapidement familiale.

Cette proximité explique aussi pourquoi les auteurs peuvent modifier la forme de la menace sans perdre le fil.

Un ninja ordinaire, un mystique ou une nouvelle incarnation de Shredder appartiennent toujours au même conflit.

Le Clan Foot peut changer de visage, mais les Tortues savent immédiatement pourquoi elles doivent sortir les armes.

Pour le voisinage new-yorkais, c’est en général le moment de rentrer les poubelles.

April et Casey comptent aussi parce que la famille des Tortues dépasse largement quatre carapaces et un rat

Les TMNT vivent cachées du monde, pourtant elles ne restent pas seules.

April O’Neil et Casey Jones deviennent deux de leurs alliés les plus importants.

Casey, en particulier, partage avec Raphael une méthode de résolution des conflits qui ne passe pas toujours par une longue phase diplomatique.

Dans les histoires liées à Blind Sight, il participe aussi au déplacement des Tortues vers Northampton.

Ce réseau d’amis permet aux comics de parler d’autre chose que de quatre mutants obligés de se cacher éternellement dans les égouts.

Les Tortues se construisent progressivement une famille choisie autour de leur famille de frères.

Et quand l’un d’eux traverse une mauvaise période, il y a généralement beaucoup de monde pour venir l’aider.

Même si l’aide de Casey peut parfois ressembler à un trajet en voiture suivi d’une bagarre.

Les deux volumes Wetta se suivent particulièrement bien autour de Leonardo

Le premier Chroniques des Tortues Ninja présente plusieurs histoires et plusieurs menaces.

Pourtant, son dernier grand mouvement avec Blind Faith prépare directement le deuxième album.

Le lecteur voit Leonardo empoisonné et privé de sa vue.

Ensuite, Blind Sight reprend les conséquences plutôt que de remettre miraculeusement le compteur à zéro.

C’est précisément ce qui rend ces deux éditions intéressantes côte à côte.

Le premier tome montre l’accident ; le second s’intéresse à ce que Leonardo doit faire après.

Entre les deux, on retrouve également ce mélange typique de Mirage : ninja, Clan Foot, mysticisme, culpabilité et science-fiction.

Pour quelqu’un qui associe surtout les Tortues au dessin animé, le changement de température est assez rapide.

Les jaquettes Wetta font aussi partie de l’identité de ces anciennes éditions françaises

Les deux volumes sont des éditions françaises Wetta au format broché, en noir et blanc et dotées d’une jaquette.

Le tome 1 paraît en octobre 2007, tandis que le deuxième arrive en mars 2008.

Ce sont des publications désormais liées à une période assez particulière de l’édition française des TMNT, bien avant les grandes collections modernes consacrées aux comics Mirage et IDW.

Pour un lecteur, ce sont avant tout des histoires.

Pour un collectionneur de Tortues Ninja, l’éditeur, la jaquette, le format et l’EAN permettent aussi d’identifier précisément quelle version il a devant lui.

Avec une licence qui existe depuis 1984 et qui a été publiée sous une quantité impressionnante de formes, c’est loin d’être un détail.

« J’ai le tome des Tortues Ninja avec Leonardo » peut rapidement devenir une enquête digne de Donatello.

Pourquoi lire les Tortues Ninja version Wetta ?

Parce que ces histoires montrent parfaitement pourquoi les TMNT ont survécu à autant de réinterprétations.

On retrouve immédiatement les quatre frères.

Leonardo veut tenir son rôle de chef. Raphael bout intérieurement pendant environ trente secondes avant que cela ne devienne extérieur. Donatello réfléchit. Michelangelo empêche l’ambiance de devenir complètement irrespirable.

Autour d’eux, Splinter reste le maître qui sait généralement quelque chose que ses fils n’ont pas encore compris.

Mais les récits ne reposent pas uniquement sur leur personnalité.

Le premier volume Wetta enchaîne sorcellerie du Clan Foot, retour monstrueux de Shredder et empoisonnement de Leonardo.

Ensuite, le deuxième prend le temps de suivre ce dernier lorsqu’il devient aveugle et doit affronter les conséquences psychologiques de son combat.

C’est donc une très bonne porte vers les Tortues issues de Mirage pour quelqu’un qui connaît surtout leurs versions animées.

Les pizzas sont toujours autorisées.

Simplement, évitez d’en proposer une à Leonardo pendant qu’il essaie de déterminer si la silhouette devant lui est réellement Splinter ou un esprit malveillant.

Le timing compte.

Lire plus

Les éditions Wetta de TMNT : Chroniques des Tortues Ninja replongent dans l’univers Mirage avec Splinter, le Clan Foot, un retour particulièrement malsain de Shredder et surtout la descente aux enfers de Leonardo après son empoisonnement. Un dernier conseil : si une tortue géante armée de deux katanas vous demande où est Shredder, évitez de répondre « aucune idée, mais il reste une part de quatre fromages ». Ce n’est probablement pas le moment.

FILTRES

2 résultats affichés

Tortues Ninja : derrière les pizzas et le « Cowabunga », les TMNT ont aussi un côté beaucoup plus sombre

Les comics Tortues Ninja n’ont pas commencé avec quatre héros rigolards passant leur temps à commander des pizzas dans les égouts. Bien avant que Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo deviennent des vedettes de dessins animés, Kevin Eastman et Peter Laird les avaient imaginés dans un comic indépendant en noir et blanc, plus brutal et franchement étrange.

New York reste leur terrain de chasse. Splinter demeure leur maître, le Clan Foot leur ennemi historique et Shredder la menace qui revient toujours au pire moment. Cependant, les histoires issues de l’univers Mirage ajoutent volontiers magie, extraterrestres, vengeance, blessures sérieuses et dilemmes beaucoup moins légers que dans certaines adaptations télévisées.

Les éditions françaises TMNT : Chroniques des Tortues Ninja publiées par Wetta permettent justement de retrouver cette facette des personnages.

Et lorsqu’un récit commence avec Splinter engagé dans un combat psychique pendant qu’un Shredder constitué de vers mutants revient à la vie et que Leonardo finit empoisonné puis aveugle, on comprend assez vite que personne n’est venu uniquement pour choisir une garniture de pizza.

Au départ, une Tortue Ninja était littéralement une blague entre deux dessinateurs

L’histoire de la création des TMNT est presque aussi improbable que leur nom.

À la fin de 1983, Kevin Eastman dessine une tortue debout avec des armes de ninja pour faire rire Peter Laird. Celui-ci reprend l’idée. Les dessins s’enchaînent et, très vite, une seule tortue devient une équipe de quatre.

Eastman et Laird prennent alors plusieurs tendances populaires du comic américain de l’époque et les mélangent volontairement : adolescents, mutants, ninjas et équipe de héros.

Pour les noms, ils évitent les pseudonymes japonais de pacotille et choisissent plutôt Leonardo, Michelangelo, Donatello et Raphael, quatre artistes de la Renaissance.

Quelques mois plus tard, la plaisanterie devient un véritable comic.

Teenage Mutant Ninja Turtles #1 paraît chez Mirage Studios en mai 1984.

Les auteurs craignaient tellement de ne pas vendre leur premier tirage qu’ils plaisantaient sur l’idée d’utiliser les exemplaires restants pour se chauffer.

Ils n’en auront pas besoin.

Le premier comic TMNT n’avait rien d’un produit fabriqué par une énorme licence

Eastman et Laird autoéditent leur première aventure sous le nom de Mirage Studios.

Le nom lui-même était une plaisanterie : leur « studio » était beaucoup moins impressionnant que ce que le mot pouvait laisser imaginer.

Pourtant, les premières Tortues trouvent rapidement leur public.

Le comic est en noir et blanc, le trait est rugueux et l’action peut devenir violente. Surtout, les quatre frères ne sont pas encore les mascottes multicolores que le monde entier connaîtra ensuite.

Le succès change évidemment tout.

Dessins animés, figurines, jeux vidéo et films vont transformer les Tortues en phénomène mondial. Cependant, les comics Mirage continuent d’exister avec leur propre continuité.

C’est dans cette famille que s’inscrivent les récits repris bien plus tard par Wetta dans Chroniques des Tortues Ninja.

Autrement dit, ces albums ne cherchent pas à adapter un épisode du dessin animé du samedi matin.

Leonardo reste le chef, mais être le plus discipliné ne lui rend pas la vie plus facile

Leonardo porte les deux katanas et assume généralement le rôle de leader.

Il est aussi celui qui prend le plus au sérieux l’enseignement de Splinter.

Ce sens du devoir constitue une force, mais également un poids.

Lorsque quelque chose tourne mal, Leonardo possède une fâcheuse tendance à considérer qu’il aurait dû l’empêcher.

Les histoires Wetta l’exploitent particulièrement bien.

Dans le premier volume, un mystérieux ninja l’empoisonne. La substance lui fait perdre la vue au moment même où son adversaire attaque.

Ensuite, le deuxième volume développe directement les conséquences de cette épreuve.

Leonardo doit donc apprendre à combattre sans pouvoir compter sur son regard, mais surtout à vivre avec ce qu’il a fait pendant cette période.

Pour le frère qui veut toujours garder le contrôle, perdre littéralement la possibilité de voir ce qui arrive devant lui est une épreuve assez bien choisie.

Raphael préfère souvent régler la discussion avant que Leonardo ait terminé son plan

Raphael combat avec deux sai et possède un caractère nettement plus explosif.

Il aime ses frères, mais ça ne l’empêche absolument pas de leur expliquer qu’ils l’énervent.

Particulièrement Leonardo.

Leur opposition fonctionne parce qu’elle ne repose pas sur une simple dispute artificielle. Leo accepte plus facilement la discipline de Splinter, tandis que Raphael réagit souvent avec son instinct et sa colère.

Pourtant, quand l’un des quatre se retrouve réellement en danger, les querelles perdent vite leur importance.

Dans les récits Mirage, la famille constitue toujours le véritable noyau des TMNT.

Les frères peuvent se battre entre eux, partir chacun de leur côté ou commettre des erreurs. En revanche, toucher à l’un d’eux reste une excellente manière d’obtenir immédiatement l’attention des trois autres.

Le Clan Foot a eu plusieurs décennies pour assimiler cette règle.

Il continue quand même d’essayer.

Donatello rappelle qu’une équipe de ninjas peut aussi avoir besoin de quelqu’un qui réfléchit cinq minutes

Donatello manie le bô, mais sa principale différence vient souvent de sa curiosité et de son intelligence.

Quand les Tortues rencontrent une technologie inconnue, une créature extraterrestre ou un phénomène particulièrement bizarre, Donatello a généralement envie de comprendre comment ça fonctionne.

Raphael préférerait parfois vérifier d’abord si ça casse.

Les deux méthodes ont leurs défenseurs.

L’univers Mirage mélange justement très facilement ninjutsu, science-fiction et mysticisme. Une histoire peut commencer dans une ruelle new-yorkaise puis introduire une technologie extraterrestre ou un affrontement surnaturel sans demander la permission.

Donatello devient donc particulièrement utile lorsque le problème dépasse le traditionnel ninja du Clan Foot.

Et chez les Tortues, ça arrive assez souvent.

Michelangelo apporte de l’air à une famille qui peut vite devenir beaucoup trop sérieuse

Michelangelo utilise les nunchakus et possède généralement un tempérament plus léger.

Ce côté plus détendu ne signifie pourtant pas qu’il devient inutile dès que le combat commence.

Au contraire, les comics permettent régulièrement de rappeler que les quatre frères ont reçu le même entraînement de Splinter.

Michelangelo apporte surtout autre chose au groupe : il empêche parfois ses frères de passer leurs journées à ruminer leurs problèmes dans les égouts.

Avec Leonardo rongé par le devoir, Raphael prêt à exploser et Donatello capable de disparaître dans une expérience, il fallait bien quelqu’un pour rappeler que quatre adolescents mutants peuvent aussi avoir envie de s’amuser.

Le dessin animé poussera évidemment cet aspect beaucoup plus loin.

Mais même dans les histoires plus sombres, Michelangelo conserve ce rôle essentiel.

Splinter affronte parfois des problèmes qu’un simple coup de katana ne règlera pas

Splinter est le maître des quatre Tortues, mais les récits Mirage ne le limitent pas au vieil instructeur qui apparaît uniquement pour donner un conseil avant le combat.

Dans l’une des histoires reprises dans le premier volume Wetta, Splinter affronte psychiquement un guerrier mystique du Clan Foot.

Le combat ne se déroule donc pas uniquement avec des griffes et des armes.

La magie liée au Clan Foot constitue une vraie menace.

Cette dimension surnaturelle permet également de rappeler que Shredder n’est pas le seul problème associé à cette organisation.

Ses guerriers, ses traditions et ses mystiques peuvent survivre à un chef.

Par conséquent, annoncer « Shredder est mort » ne suffit jamais vraiment à rassurer longtemps les Tortues.

À New York, même la mort semble avoir un contrat très souple lorsqu’il s’agit du Clan Foot.

Le Shredder de ces histoires revient d’une manière particulièrement peu appétissante

Les lecteurs qui pensent connaître toutes les manières possibles de faire revenir Shredder devraient jeter un œil à The Worms of Madness.

Dans cette histoire de Steve Murphy et Rick Remender, un mystique du Clan Foot utilise la sorcellerie sur les vers-clones liés à Shredder.

Le résultat produit une nouvelle menace que les Tortues doivent affronter.

Oui, des vers.

Parce qu’apparemment, être découpé, vaincu ou détruit n’était pas encore suffisant pour convaincre Shredder de prendre sa retraite.

Le récit correspond parfaitement au ton des TMNT de Mirage : arts martiaux, horreur corporelle, mysticisme et science-fiction peuvent se retrouver dans la même histoire sans que personne ne trouve cela particulièrement étrange.

Après plusieurs années dans cette famille, Raphael a probablement cessé de poser des questions.

Le premier Chroniques des Tortues Ninja de Wetta rassemble quatre épisodes de Tales of the TMNT

Le volume portant l’EAN 9782353090198 correspond au tome 1 de TMNT : Chroniques des Tortues Ninja, publié en français par Wetta en octobre 2007.

Il reprend des récits issus de Tales of the Teenage Mutant Ninja Turtles volume 2, notamment les épisodes américains #2 à #5.

On y trouve ainsi le combat psychique de Splinter contre un mystique du Foot, le retour particulièrement malsain lié aux vers de Shredder, puis l’histoire Blind Faith centrée sur Leonardo.

Le volume accueille également des histoires courtes.

Surtout, l’ensemble permet de retrouver la continuité Mirage sous une forme anthologique.

Chaque aventure peut mettre davantage en avant un personnage ou une menace différente, tout en restant reliée au même univers.

Ça donne un album très différent d’une longue aventure construite autour d’un seul grand méchant pendant 300 pages.

Blind Faith fait à Leonardo exactement ce qu’un ninja redoute : elle lui enlève la vue

Dans Blind Faith, Jim Lawson place Leonardo face à un mystérieux ninja.

Son adversaire utilise un poison qui lui fait perdre la vue.

Malheureusement, il ne lui laisse pas ensuite trois semaines de convalescence pour s’habituer tranquillement à la situation.

L’attaque continue.

Leonardo doit donc se battre contre quelqu’un qu’il ne peut plus voir.

Son entraînement l’aide, bien sûr. Un ninja apprend à évoluer dans l’obscurité et à utiliser d’autres sens.

Cependant, être préparé à combattre sans lumière et devenir soudainement aveugle ne sont pas exactement la même expérience.

Le récit devient d’autant plus important qu’il ne se termine pas lorsque le combat s’arrête.

Les conséquences suivent Leonardo jusque dans le volume suivant.

Le deuxième volume Wetta est entièrement construit autour des conséquences pour Leonardo

L’EAN 9782353090266 correspond au volume 2 de Chroniques des Tortues Ninja, publié par Wetta en mars 2008.

Cette fois, Jim Lawson prend le contrôle du récit et du dessin.

L’album reprend la mini-série américaine Tales of Leonardo: Blind Sight, publiée à l’origine en quatre épisodes.

Leonardo reste privé de la vue après son empoisonnement.

Mais ce n’est pas son seul problème.

Il porte aussi une lourde culpabilité après avoir tué un adversaire et commence à perdre pied.

Blind Sight ne raconte donc pas simplement comment Leonardo devient encore meilleur en se battant les yeux fermés.

Le vrai sujet concerne ce qui se passe dans sa tête lorsqu’il ne peut plus faire confiance ni à son corps, ni à son jugement.

Et forcément, Splinter ne va pas résoudre ça avec un joli discours de deux cases.

Northampton devient un endroit important lorsqu’il faut éloigner Leonardo de New York

Dans Blind Sight, les Tortues quittent New York et se rendent notamment du côté de Northampton.

Ce lieu possède une vraie importance dans l’histoire des comics TMNT.

Il sert régulièrement de refuge lorsque la pression new-yorkaise devient trop forte.

Pour Leonardo, le calme apparent ne signifie pourtant pas que ses problèmes disparaissent.

Dans les bois, il rencontre notamment une présence malveillante tandis que Splinter poursuit son enseignement d’une manière qui n’a rien d’une séance de relaxation.

Le cadre permet surtout à Jim Lawson de ralentir le rythme.

Après le poison et le combat, Leonardo doit maintenant affronter quelque chose qu’il ne peut pas simplement trancher avec ses deux sabres.

C’est souvent là que les histoires TMNT deviennent les plus intéressantes.

Jim Lawson fait partie des dessinateurs qui ont accompagné les Tortues pendant des décennies

Le nom de Jim Lawson revient énormément lorsqu’on explore la période Mirage.

Il travaillait déjà sur les TMNT dans les années 1980 et participe ensuite à de nombreuses séries liées aux personnages.

Son dessin ne cherche pas une propreté parfaite.

Les silhouettes sont anguleuses, les visages expressifs et les combats possèdent un côté direct qui convient très bien aux Tortues.

Dans Blind Sight, ce travail devient particulièrement intéressant puisque le personnage principal ne voit plus.

Le dessin doit donc transmettre au lecteur des sensations que Leonardo, lui, ne peut pas utiliser normalement.

Ombres, contrastes et positions des corps prennent davantage d’importance.

Le handicap n’est pas seulement annoncé dans une bulle avant que le combat continue exactement comme d’habitude.

Tales of the TMNT a été créé pour raconter tout ce qui ne rentrait pas forcément dans la série principale

Tales of the Teenage Mutant Ninja Turtles existe dès 1987 comme série complémentaire aux aventures principales de Mirage.

Après une première période courte, le concept revient en 2004 avec un deuxième volume beaucoup plus long.

L’idée est excellente pour cet univers.

Une histoire peut revenir sur un événement passé.

Ensuite, une autre s’intéresse à un personnage secondaire ou remplit un trou dans la chronologie.

La suivante peut devenir beaucoup plus fantastique.

Le deuxième volume américain finira ainsi par atteindre 70 numéros.

Les Chroniques publiées par Wetta puisent dans cette matière et dans des mini-séries associées comme Blind Sight.

Du coup, on retrouve des Tortues qui ont déjà vécu beaucoup de choses et qui ne repartent pas continuellement de leur rencontre avec Splinter.

Ces TMNT-là sont très loin de l’image uniquement comique laissée par le dessin animé

Le dessin animé lancé en 1987 a joué un rôle immense dans la popularité des Tortues.

Il a aussi fixé toute une série d’images dans les mémoires : pizzas, humour, gadgets et adversaires hauts en couleur.

Les comics Mirage n’ont jamais complètement perdu leur humour. Pourtant, ils acceptent beaucoup plus facilement la violence, les blessures et les conséquences.

Un personnage peut être empoisonné.

Une erreur peut tuer quelqu’un.

Splinter peut se battre sur un plan psychique.

Le Clan Foot peut utiliser une sorcellerie particulièrement sinistre.

Et l’histoire peut continuer à explorer ce traumatisme plusieurs épisodes après le combat.

Ça ne signifie pas que Michelangelo se transforme soudain en philosophe dépressif mangeant sa pizza sous la pluie.

Heureusement.

Simplement, les Tortues peuvent être drôles sans que leur univers soit inoffensif.

Shredder et le Clan Foot fonctionnent tellement bien parce que leur histoire touche directement Splinter et les quatre frères

Shredder n’est pas seulement un méchant en armure choisi parce qu’il possède une silhouette spectaculaire.

Le conflit avec le Clan Foot appartient aux origines mêmes des Tortues.

Splinter transmet son ninjutsu aux quatre frères et les prépare à une confrontation qui plonge ses racines dans son propre passé.

Par conséquent, lorsque le Foot revient, l’affaire devient rapidement familiale.

Cette proximité explique aussi pourquoi les auteurs peuvent modifier la forme de la menace sans perdre le fil.

Un ninja ordinaire, un mystique ou une nouvelle incarnation de Shredder appartiennent toujours au même conflit.

Le Clan Foot peut changer de visage, mais les Tortues savent immédiatement pourquoi elles doivent sortir les armes.

Pour le voisinage new-yorkais, c’est en général le moment de rentrer les poubelles.

April et Casey comptent aussi parce que la famille des Tortues dépasse largement quatre carapaces et un rat

Les TMNT vivent cachées du monde, pourtant elles ne restent pas seules.

April O’Neil et Casey Jones deviennent deux de leurs alliés les plus importants.

Casey, en particulier, partage avec Raphael une méthode de résolution des conflits qui ne passe pas toujours par une longue phase diplomatique.

Dans les histoires liées à Blind Sight, il participe aussi au déplacement des Tortues vers Northampton.

Ce réseau d’amis permet aux comics de parler d’autre chose que de quatre mutants obligés de se cacher éternellement dans les égouts.

Les Tortues se construisent progressivement une famille choisie autour de leur famille de frères.

Et quand l’un d’eux traverse une mauvaise période, il y a généralement beaucoup de monde pour venir l’aider.

Même si l’aide de Casey peut parfois ressembler à un trajet en voiture suivi d’une bagarre.

Les deux volumes Wetta se suivent particulièrement bien autour de Leonardo

Le premier Chroniques des Tortues Ninja présente plusieurs histoires et plusieurs menaces.

Pourtant, son dernier grand mouvement avec Blind Faith prépare directement le deuxième album.

Le lecteur voit Leonardo empoisonné et privé de sa vue.

Ensuite, Blind Sight reprend les conséquences plutôt que de remettre miraculeusement le compteur à zéro.

C’est précisément ce qui rend ces deux éditions intéressantes côte à côte.

Le premier tome montre l’accident ; le second s’intéresse à ce que Leonardo doit faire après.

Entre les deux, on retrouve également ce mélange typique de Mirage : ninja, Clan Foot, mysticisme, culpabilité et science-fiction.

Pour quelqu’un qui associe surtout les Tortues au dessin animé, le changement de température est assez rapide.

Les jaquettes Wetta font aussi partie de l’identité de ces anciennes éditions françaises

Les deux volumes sont des éditions françaises Wetta au format broché, en noir et blanc et dotées d’une jaquette.

Le tome 1 paraît en octobre 2007, tandis que le deuxième arrive en mars 2008.

Ce sont des publications désormais liées à une période assez particulière de l’édition française des TMNT, bien avant les grandes collections modernes consacrées aux comics Mirage et IDW.

Pour un lecteur, ce sont avant tout des histoires.

Pour un collectionneur de Tortues Ninja, l’éditeur, la jaquette, le format et l’EAN permettent aussi d’identifier précisément quelle version il a devant lui.

Avec une licence qui existe depuis 1984 et qui a été publiée sous une quantité impressionnante de formes, c’est loin d’être un détail.

« J’ai le tome des Tortues Ninja avec Leonardo » peut rapidement devenir une enquête digne de Donatello.

Pourquoi lire les Tortues Ninja version Wetta ?

Parce que ces histoires montrent parfaitement pourquoi les TMNT ont survécu à autant de réinterprétations.

On retrouve immédiatement les quatre frères.

Leonardo veut tenir son rôle de chef. Raphael bout intérieurement pendant environ trente secondes avant que cela ne devienne extérieur. Donatello réfléchit. Michelangelo empêche l’ambiance de devenir complètement irrespirable.

Autour d’eux, Splinter reste le maître qui sait généralement quelque chose que ses fils n’ont pas encore compris.

Mais les récits ne reposent pas uniquement sur leur personnalité.

Le premier volume Wetta enchaîne sorcellerie du Clan Foot, retour monstrueux de Shredder et empoisonnement de Leonardo.

Ensuite, le deuxième prend le temps de suivre ce dernier lorsqu’il devient aveugle et doit affronter les conséquences psychologiques de son combat.

C’est donc une très bonne porte vers les Tortues issues de Mirage pour quelqu’un qui connaît surtout leurs versions animées.

Les pizzas sont toujours autorisées.

Simplement, évitez d’en proposer une à Leonardo pendant qu’il essaie de déterminer si la silhouette devant lui est réellement Splinter ou un esprit malveillant.

Le timing compte.

Lire plus

Les éditions Wetta de TMNT : Chroniques des Tortues Ninja replongent dans l’univers Mirage avec Splinter, le Clan Foot, un retour particulièrement malsain de Shredder et surtout la descente aux enfers de Leonardo après son empoisonnement. Un dernier conseil : si une tortue géante armée de deux katanas vous demande où est Shredder, évitez de répondre « aucune idée, mais il reste une part de quatre fromages ». Ce n’est probablement pas le moment.