Tokyo Revengers

Tokyo Revengers : Takemichi peut retourner douze ans en arrière, encore faut-il réussir à réparer le futur

Dans le manga Tokyo Revengers, Takemichi Hanagaki a 26 ans et la désagréable impression d’avoir raté sa vie. Il vivote grâce à un petit boulot, habite un appartement minable et se fait régulièrement marcher dessus. Puis un journal télévisé lui apprend que Hinata Tachibana, la seule petite amie qu’il ait jamais eue, vient de mourir lors d’un règlement de comptes impliquant le Tokyo Manji-kai.

Le lendemain, Takemichi tombe sur les rails d’une gare et croit sa dernière heure arrivée. Mais au lieu de mourir, il ouvre les yeux douze ans plus tôt, lorsqu’il était encore collégien, traînait avec sa petite bande et se donnait des airs de mauvais garçon. Il retrouve même Hinata, bien vivante.

Takemichi comprend alors qu’il vient peut-être de recevoir la seule chose dont il avait réellement besoin : une deuxième chance. Pour sauver Hinata, il va devoir modifier les événements qui transformeront le Tokyo Manji-kai en organisation criminelle. Petit détail : il n’est ni particulièrement intelligent, ni spécialement fort, et les adolescents qu’il doit affronter savent nettement mieux se battre que lui.

Ça tombe bien. Tokyo Revengers ne raconte justement pas l’histoire du type qui gagne parce qu’il possède le plus gros poing.

Le voyage temporel de Takemichi possède une règle très précise

Après son premier retour dans le passé, Takemichi rencontre Naoto Tachibana, le petit frère de Hinata. Il lui annonce ce qui arrivera douze ans plus tard et lui demande de protéger sa sœur.

Ce simple avertissement modifie déjà le futur. Naoto survit et devient policier.

Surtout, il devient le point d’ancrage des voyages de Takemichi. En se serrant la main, les deux hommes peuvent provoquer le saut entre présent et passé.

Cette mécanique impose une contrainte particulièrement efficace : Takemichi ne peut pas revenir cinq minutes avant chaque erreur et recommencer jusqu’à réussir. Il retourne toujours à douze années de distance et doit agir avec les informations qu’il possède.

Ensuite, il revient dans le présent pour découvrir le résultat.

Et le résultat n’est pas toujours celui qu’il espérait.

Changer le passé ne signifie pas forcément améliorer le futur

C’est probablement ce qui rend le suspense de Tokyo Revengers aussi addictif.

Takemichi réussit parfois exactement ce qu’il était venu accomplir. Il empêche un événement, sauve quelqu’un ou modifie l’organisation du Toman.

Puis il serre la main de Naoto, retourne douze ans plus tard et découvre que l’histoire a trouvé une nouvelle manière de partir de travers.

Une personne est sauvée, mais quelqu’un d’autre disparaît. Un gang évolue différemment, pourtant Hinata reste en danger. Une victoire qui semblait décisive peut créer un futur encore plus inquiétant.

Ken Wakui évite ainsi le voyage temporel trop confortable. Takemichi possède une énorme chance, pas une gomme magique.

Chaque modification produit des conséquences qu’il ne peut pas prévoir.

Hinata est bien plus que la fille à sauver au bout de la mission

Hinata Tachibana donne à Takemichi sa première raison de changer le passé. Pourtant, le personnage ne reste pas enfermé dans le rôle de la petite amie qui attend pendant que les garçons règlent leurs problèmes.

Hinata est franche, courageuse et capable de remettre Takemichi à sa place lorsqu’il en a besoin.

Elle représente aussi ce qu’il avait abandonné en fuyant sa propre vie. En retrouvant la jeune Hinata, Takemichi se rappelle qu’il n’a pas toujours été cet adulte qui baisse les yeux devant tout le monde.

Et lorsqu’elle continue à croire en lui alors qu’il doute lui-même constamment, cela devient une motivation autrement plus forte que la nostalgie.

Takemichi veut sauver Hinata. Mais à force de retourner dans le passé, il commence aussi à vouloir devenir quelqu’un dont elle peut réellement être fière.

Mikey ressemble parfois à un gamin… jusqu’au moment où il frappe quelqu’un

Le Tokyo Manji-kai est dirigé par Manjiro Sano, plus connu sous le surnom de Mikey.

À première vue, il peut paraître étonnamment détendu pour le chef d’un gang. Il plaisante, mange, s’ennuie facilement et possède parfois le comportement d’un garçon beaucoup plus jeune.

Puis une bagarre commence.

Mikey devient alors terrifiant.

Sa puissance et son charisme expliquent pourquoi autant de garçons le suivent. Mais c’est surtout la contradiction entre ses différentes facettes qui en fait l’un des personnages les plus importants de Tokyo Revengers.

Takemichi découvre rapidement qu’il ne suffit pas d’empêcher un événement précis. Il doit comprendre ce qui pousse Mikey vers certains futurs.

Et contrairement à une bagarre de rue, ce problème-là ne se règle pas avec un coup de pied.

Draken est probablement celui qui empêche le Toman de partir dans le décor

Aux côtés de Mikey se trouve Ken Ryuguji, alias Draken, vice-président du Tokyo Manji-kai.

Grand, tatoué sur la tempe et suffisamment impressionnant pour faire réfléchir avant de chercher les ennuis, Draken possède surtout un sens des responsabilités bien plus développé que plusieurs membres du gang.

Il connaît Mikey depuis longtemps et comprend ses qualités comme ses failles.

L’équilibre entre eux donne au Toman une bonne partie de son identité. Mikey incarne le charisme et la force qui attirent les autres. Draken rappelle qu’un groupe possède également des responsabilités envers ceux qu’il entraîne derrière lui.

Takemichi comprend donc rapidement que protéger Draken peut signifier protéger bien davantage qu’un seul homme.

Ça complique légèrement la mission lorsqu’une guerre de gangs décide justement de le placer au centre de la cible.

Takemichi ne devient jamais le meilleur combattant de la série

C’est l’une des décisions les plus importantes de Ken Wakui.

Takemichi progresse, bien sûr. Il apprend à encaisser et finit par comprendre beaucoup mieux le monde des gangs. Mais il ne se transforme pas soudain en prodige capable de mettre Mikey KO après trois semaines d’entraînement.

Face à certains adversaires, il est clairement dépassé.

Sa vraie force se trouve ailleurs : il refuse de rester au sol.

Takemichi peut avoir peur, pleurer, prendre une raclée et savoir parfaitement qu’il n’a pratiquement aucune chance de gagner. Pourtant, s’il pense que quelqu’un doit être protégé, il se relève.

À force, ce comportement finit par impressionner des garçons qui savent beaucoup mieux se battre que lui.

Tokyo Revengers réussit ainsi quelque chose de plutôt rare dans un manga de baston : son héros peut perdre physiquement tout en étant celui qui change réellement la situation.

Akkun montre très tôt que les choix du collège peuvent empoisonner toute une vie

Atsushi Sendo, surnommé Akkun, fait partie de la petite bande de Takemichi au collège.

Au départ, lui, Makoto, Takuya et Yamagishi ressemblent surtout à une bande de gamins qui se donnent des airs de voyous sans vraiment appartenir au monde des grands gangs.

Lorsque Takemichi découvre leurs différentes vies dans le futur, le ton change.

Le Tokyo Manji-kai peut transformer profondément ceux qui se retrouvent pris dans son évolution. Des adolescents qui faisaient les idiots ensemble peuvent finir douze ans plus tard dans des situations extrêmement sombres.

C’est ce qui rend chaque retour dans le présent aussi tendu.

Takemichi ne cherche plus uniquement Hinata dans la nouvelle chronologie. Il vérifie aussi ce que ses choix ont fait aux autres.

Kisaki possède un talent assez remarquable pour réapparaître dans les pires futurs

Très vite, un nom revient : Tetta Kisaki.

Takemichi découvre que, malgré les changements qu’il apporte au passé, Kisaki se retrouve régulièrement au cœur de la transformation du Toman.

Il n’est pourtant pas construit comme Mikey. Sa principale arme n’est pas une puissance physique écrasante.

Kisaki observe, manipule et utilise les ambitions des autres.

C’est justement ce qui le rend si dangereux pour Takemichi. On peut savoir qu’une personne prépare quelque chose sans comprendre comment elle compte s’y prendre.

Et lorsqu’un type que vous avez essayé d’écarter du problème réapparaît douze ans plus tard encore mieux placé qu’avant, on commence à se demander s’il n’a pas lui aussi lu le scénario.

Le Bloody Halloween donne à Baji, Chifuyu et Kazutora une place énorme dans l’histoire

Avec le conflit contre Valhalla, Tokyo Revengers entre dans l’un de ses arcs les plus marquants.

Keisuke Baji, l’un des membres fondateurs du Toman, quitte apparemment le groupe pour rejoindre l’adversaire. Son ancien vice-capitaine, Chifuyu Matsuno, refuse pourtant de croire qu’il a simplement trahi ses amis.

De l’autre côté se trouve également Kazutora Hanemiya, dont le passé est intimement lié à Mikey et à la naissance du gang.

Takemichi connaît déjà une partie de ce que cette confrontation doit provoquer dans le futur. Son problème consiste à empêcher le point de rupture sans réellement comprendre les intentions de tout le monde.

Le Bloody Halloween résume parfaitement la mécanique de la série : une énorme baston, oui, mais où les vraies raisons du conflit se trouvent dans des promesses, des culpabilités et des amitiés qui remontent plusieurs années en arrière.

Chifuyu devient le partenaire dont Takemichi avait désespérément besoin

Chifuyu prend une place particulière parce qu’il comprend quelque chose d’essentiel chez Takemichi.

Là où Naoto l’aide depuis le présent, Chifuyu devient l’un de ses alliés les plus précieux au cœur même du Toman.

Il connaît les gangs, comprend leurs membres et possède surtout une loyauté impressionnante envers ceux qu’il considère comme ses amis.

Avec lui, Takemichi cesse progressivement de porter seul le poids de toutes les catastrophes qu’il essaie d’empêcher.

Leur duo fonctionne aussi parce que Chifuyu est capable d’écouter un plan complètement improbable et de décider malgré tout de suivre Takemichi jusqu’au bout.

À ce niveau-là, on dépasse l’amitié. C’est presque de l’assistance technique spécialisée en modification temporelle.

Black Dragon montre qu’une famille peut être plus terrifiante qu’un gang entier

Plus tard, un nouveau futur conduit Takemichi vers les Black Dragons.

Il rencontre alors Hakkai Shiba, sa sœur Yuzuha et surtout leur frère aîné Taiju Shiba.

Taiju dirige son gang avec une violence impressionnante. Pourtant, ce qui rend cet arc particulièrement dur ne se trouve pas seulement dans la rue.

Le véritable conflit se joue aussi dans la famille Shiba.

Takemichi doit donc intervenir dans une situation où la peur, la culpabilité et la violence existent depuis bien avant son arrivée.

Encore une fois, sa principale qualité n’est pas d’être plus fort que l’adversaire. Face à Taiju, ce serait de toute façon un projet assez optimiste.

Il essaie plutôt de casser le mécanisme qui pousse plusieurs personnages vers le même désastre.

Tenjiku transforme une guerre de bandes en affaire extrêmement personnelle

L’arrivée de Tenjiku fait encore monter les enjeux.

Le gang de Yokohama réunit plusieurs combattants redoutables autour de Izana Kurokawa.

Izana n’est pas simplement un nouveau chef venu prendre la place du précédent adversaire. Son histoire rejoint directement celle de Mikey et de plusieurs membres de son entourage.

À ses côtés apparaissent notamment Kakucho et les frères Haitani, tandis que Kisaki continue d’avancer ses propres pièces.

À ce stade, Takemichi connaît suffisamment le Toman pour comprendre ce que chaque perte risque de provoquer.

Et c’est aussi l’arc où l’on mesure le chemin parcouru depuis le garçon qui tremblait devant quelques collégiens plus forts que lui.

Il ne frappe toujours pas comme Mikey. En revanche, il possède désormais quelque chose qu’il n’avait absolument pas au premier tome : des gens prêts à se battre parce qu’ils croient en lui.

Mikey devient progressivement le véritable casse-tête du futur

Plus Takemichi réussit à modifier l’histoire, plus une constatation devient difficile à éviter : Mikey reste souvent au centre des futurs qui tournent mal.

Ce n’est pas parce qu’il serait secrètement mauvais depuis le début.

Au contraire, c’est ce qui rend le personnage aussi intéressant. Mikey peut être généreux, loyal et profondément attaché à ses amis. Mais il porte aussi une part beaucoup plus sombre que certaines pertes et certains choix rendent de plus en plus difficile à contenir.

Takemichi finit alors par élargir sa mission.

Sauver Hinata était le point de départ. Mais peut-il vraiment considérer sa revanche terminée s’il obtient le futur qu’il voulait en abandonnant quelqu’un qui l’a accepté comme ami ?

Avec Takemichi, la réponse est assez prévisible.

Il va évidemment retourner se mettre dans les ennuis.

Tokyo Revengers parle de gangs, mais surtout de garçons qui cherchent une famille

Les uniformes, les motos et les grosses bastons occupent évidemment une place énorme.

Pourtant, le Toman fonctionne avant tout grâce aux liens entre ses membres.

Mikey et Draken. Baji et Chifuyu. Mitsuya et ses camarades. Pah-chin, Peh-yan, les différents capitaines et tous ceux qui ont rejoint le groupe pour une raison personnelle.

Pour beaucoup, le gang représente un endroit où ils se sentent enfin appartenir à quelque chose.

C’est aussi pourquoi une trahison ou une disparition produit autant de dégâts. On ne parle pas seulement d’une place laissée vide dans l’organigramme.

Ken Wakui connaît très bien les codes du furyô manga, mais il les utilise surtout pour raconter l’attachement, la loyauté et la manière dont un groupe peut sauver quelqu’un ou le tirer encore plus bas.

Les motos font réellement partie de l’identité des personnages

Impossible de séparer complètement Tokyo Revengers de ses motos.

Elles ne servent pas uniquement à donner un look cool aux illustrations. Elles accompagnent les rassemblements, les déplacements du gang et certains souvenirs très importants.

Les machines deviennent presque associées à leurs propriétaires.

Le manga aime d’ailleurs prendre le temps de montrer les uniformes, les coiffures et les détails de chaque bande. Toman, Valhalla, Black Dragon ou Tenjiku doivent être reconnaissables immédiatement lorsqu’ils entrent dans une scène.

Wakui donne ainsi au manga un vrai plaisir visuel de série de voyous, sans avoir besoin de transformer chaque chapitre en combat.

Parfois, voir deux bandes arriver face à face suffit déjà pour comprendre que la soirée ne va pas se terminer par un échange cordial de cartes de visite.

Ken Wakui avait déjà passé des années dans le monde des marginaux avec Shinjuku Swan

Avant Tokyo Revengers, Ken Wakui s’était surtout fait connaître grâce à Shinjuku Swan.

Cette longue série seinen suivait les recruteurs du quartier de Kabukicho à Tokyo et montrait déjà l’intérêt de Wakui pour les personnages vivant en marge, les rapports de force et les organisations où loyauté et trahison peuvent changer très vite.

Avec Tokyo Revengers, il reprend son goût pour ces milieux mais change complètement de formule.

Les adultes de Shinjuku laissent place aux collégiens et lycéens des gangs. Puis il ajoute un élément que son œuvre précédente n’avait évidemment pas : le voyage temporel.

Le mélange aurait pu paraître complètement improbable.

En réalité, il fonctionne précisément parce que Takemichi sait ce que deviendront certains de ces gamins s’il ne fait rien.

Le manga a remporté le Prix du manga Kodansha en 2020

En 2020, Tokyo Revengers remporte le 44e Prix du manga Kodansha dans la catégorie shonen.

À ce stade, la série avait déjà trouvé son public, mais le phénomène allait encore prendre une autre dimension avec ses adaptations.

Le succès vient probablement du mélange assez unique proposé par Wakui.

Un lecteur peut venir pour les gangs et rester pour le suspense temporel. Un autre commence pour Mikey ou Draken et finit beaucoup plus investi qu’il ne l’avait prévu dans le destin de Takemichi et Hinata.

Et surtout, la mécanique des futurs alternatifs donne constamment envie de vérifier le résultat du dernier changement.

Dans Tokyo Revengers, un arc peut se terminer sur une victoire et donner quand même envie de tourner immédiatement la page suivante. Parce qu’avec Takemichi, la vraie question reste toujours : « d’accord, mais qu’est-ce que ça a donné douze ans plus tard ? »

31 tomes pour aller jusqu’au bout de la revanche de Takemichi

Tokyo Revengers est une série complète en 31 tomes, écrite et dessinée par Ken Wakui.

La série principale commence au Japon en 2017 dans le Weekly Shonen Magazine et conduit Takemichi jusqu’à la conclusion de son voyage à travers le passé et le présent.

En français, Glénat a publié l’intégralité des 31 volumes. Le tome 31 clôt définitivement l’histoire principale.

C’est une longueur qui laisse à Wakui le temps de développer les différentes générations du Toman, les gangs rivaux et surtout les conséquences successives des changements de Takemichi.

Parce qu’après autant d’allers-retours temporels, une chose devient claire : sauver une seule personne était déjà compliqué. Essayer d’obtenir un avenir où tous ceux auxquels on tient sont encore debout relève presque de l’acharnement.

Takemichi appelle ça une journée normale.

Letter from Keisuke Baji prolonge l’histoire de deux personnages très appréciés

L’univers possède également un spin-off officiel intitulé Tokyo Revengers – Letter from Keisuke Baji.

Scénarisé et dessiné par Yukinori Natsukawaguchi à partir de l’œuvre de Ken Wakui, il s’intéresse particulièrement à Baji et Chifuyu.

Le récit permet de revenir sur leur relation et sur des événements qui n’avaient pas la place d’être développés de la même manière dans la série principale.

C’est un complément particulièrement logique pour ceux qui ont accroché au Bloody Halloween et à la première division du Toman.

Il existe également des Side Stories consacrées à différents personnages et moments de leur passé. Autrement dit, terminer les 31 tomes ne signifie pas forcément avoir entendu la dernière histoire autour de la bande.

Pourquoi commencer Tokyo Revengers ?

Parce que l’idée de départ possède une efficacité redoutable : un adulte qui considère sa vie comme un échec retrouve le corps de ses années collège et la possibilité de changer le destin de ceux qu’il a perdus.

Ensuite, Ken Wakui ajoute les gangs.

Et c’est là que la série prend vraiment son identité.

Mikey, Draken, Chifuyu, Baji, Mitsuya, Kazutora, Hakkai, Izana et les autres deviennent bien plus que des obstacles placés autour de Takemichi. Leurs amitiés et leurs blessures finissent par compter autant que Hinata dans la volonté du héros de créer un meilleur futur.

Les bastons sont nombreuses, mais Takemichi ne les gagne presque jamais de la manière habituelle. Son vrai talent consiste à rester debout suffisamment longtemps pour rappeler aux autres pourquoi ils se battent.

Si vous aimez les furyô manga, les voyages dans le temps, les rivalités de gangs et les personnages capables de devenir attachants juste avant que le scénario décide de leur compliquer sérieusement la vie, les 31 tomes s’enchaînent très facilement.

Et vous découvrirez aussi une règle essentielle du voyage temporel : si vous réussissez enfin à obtenir un futur parfait, vérifiez quand même où est Mikey avant d’ouvrir le champagne. Takemichi aurait économisé quelques allers-retours.

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Tokyo Revengers est une série complète en 31 tomes écrite et dessinée par Ken Wakui. Takemichi Hanagaki retourne douze ans dans son passé pour sauver Hinata et se retrouve entraîné au cœur du Tokyo Manji-kai, entre Mikey, Draken et des futurs qui refusent obstinément de se laisser réparer facilement. Un dernier conseil : si Naoto vous tend la main, demandez d’abord quelle année vous êtes censé retrouver. Takemichi a passé suffisamment de temps dans les transports pour tout le monde.

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Tokyo Revengers : Takemichi peut retourner douze ans en arrière, encore faut-il réussir à réparer le futur

Dans le manga Tokyo Revengers, Takemichi Hanagaki a 26 ans et la désagréable impression d’avoir raté sa vie. Il vivote grâce à un petit boulot, habite un appartement minable et se fait régulièrement marcher dessus. Puis un journal télévisé lui apprend que Hinata Tachibana, la seule petite amie qu’il ait jamais eue, vient de mourir lors d’un règlement de comptes impliquant le Tokyo Manji-kai.

Le lendemain, Takemichi tombe sur les rails d’une gare et croit sa dernière heure arrivée. Mais au lieu de mourir, il ouvre les yeux douze ans plus tôt, lorsqu’il était encore collégien, traînait avec sa petite bande et se donnait des airs de mauvais garçon. Il retrouve même Hinata, bien vivante.

Takemichi comprend alors qu’il vient peut-être de recevoir la seule chose dont il avait réellement besoin : une deuxième chance. Pour sauver Hinata, il va devoir modifier les événements qui transformeront le Tokyo Manji-kai en organisation criminelle. Petit détail : il n’est ni particulièrement intelligent, ni spécialement fort, et les adolescents qu’il doit affronter savent nettement mieux se battre que lui.

Ça tombe bien. Tokyo Revengers ne raconte justement pas l’histoire du type qui gagne parce qu’il possède le plus gros poing.

Le voyage temporel de Takemichi possède une règle très précise

Après son premier retour dans le passé, Takemichi rencontre Naoto Tachibana, le petit frère de Hinata. Il lui annonce ce qui arrivera douze ans plus tard et lui demande de protéger sa sœur.

Ce simple avertissement modifie déjà le futur. Naoto survit et devient policier.

Surtout, il devient le point d’ancrage des voyages de Takemichi. En se serrant la main, les deux hommes peuvent provoquer le saut entre présent et passé.

Cette mécanique impose une contrainte particulièrement efficace : Takemichi ne peut pas revenir cinq minutes avant chaque erreur et recommencer jusqu’à réussir. Il retourne toujours à douze années de distance et doit agir avec les informations qu’il possède.

Ensuite, il revient dans le présent pour découvrir le résultat.

Et le résultat n’est pas toujours celui qu’il espérait.

Changer le passé ne signifie pas forcément améliorer le futur

C’est probablement ce qui rend le suspense de Tokyo Revengers aussi addictif.

Takemichi réussit parfois exactement ce qu’il était venu accomplir. Il empêche un événement, sauve quelqu’un ou modifie l’organisation du Toman.

Puis il serre la main de Naoto, retourne douze ans plus tard et découvre que l’histoire a trouvé une nouvelle manière de partir de travers.

Une personne est sauvée, mais quelqu’un d’autre disparaît. Un gang évolue différemment, pourtant Hinata reste en danger. Une victoire qui semblait décisive peut créer un futur encore plus inquiétant.

Ken Wakui évite ainsi le voyage temporel trop confortable. Takemichi possède une énorme chance, pas une gomme magique.

Chaque modification produit des conséquences qu’il ne peut pas prévoir.

Hinata est bien plus que la fille à sauver au bout de la mission

Hinata Tachibana donne à Takemichi sa première raison de changer le passé. Pourtant, le personnage ne reste pas enfermé dans le rôle de la petite amie qui attend pendant que les garçons règlent leurs problèmes.

Hinata est franche, courageuse et capable de remettre Takemichi à sa place lorsqu’il en a besoin.

Elle représente aussi ce qu’il avait abandonné en fuyant sa propre vie. En retrouvant la jeune Hinata, Takemichi se rappelle qu’il n’a pas toujours été cet adulte qui baisse les yeux devant tout le monde.

Et lorsqu’elle continue à croire en lui alors qu’il doute lui-même constamment, cela devient une motivation autrement plus forte que la nostalgie.

Takemichi veut sauver Hinata. Mais à force de retourner dans le passé, il commence aussi à vouloir devenir quelqu’un dont elle peut réellement être fière.

Mikey ressemble parfois à un gamin… jusqu’au moment où il frappe quelqu’un

Le Tokyo Manji-kai est dirigé par Manjiro Sano, plus connu sous le surnom de Mikey.

À première vue, il peut paraître étonnamment détendu pour le chef d’un gang. Il plaisante, mange, s’ennuie facilement et possède parfois le comportement d’un garçon beaucoup plus jeune.

Puis une bagarre commence.

Mikey devient alors terrifiant.

Sa puissance et son charisme expliquent pourquoi autant de garçons le suivent. Mais c’est surtout la contradiction entre ses différentes facettes qui en fait l’un des personnages les plus importants de Tokyo Revengers.

Takemichi découvre rapidement qu’il ne suffit pas d’empêcher un événement précis. Il doit comprendre ce qui pousse Mikey vers certains futurs.

Et contrairement à une bagarre de rue, ce problème-là ne se règle pas avec un coup de pied.

Draken est probablement celui qui empêche le Toman de partir dans le décor

Aux côtés de Mikey se trouve Ken Ryuguji, alias Draken, vice-président du Tokyo Manji-kai.

Grand, tatoué sur la tempe et suffisamment impressionnant pour faire réfléchir avant de chercher les ennuis, Draken possède surtout un sens des responsabilités bien plus développé que plusieurs membres du gang.

Il connaît Mikey depuis longtemps et comprend ses qualités comme ses failles.

L’équilibre entre eux donne au Toman une bonne partie de son identité. Mikey incarne le charisme et la force qui attirent les autres. Draken rappelle qu’un groupe possède également des responsabilités envers ceux qu’il entraîne derrière lui.

Takemichi comprend donc rapidement que protéger Draken peut signifier protéger bien davantage qu’un seul homme.

Ça complique légèrement la mission lorsqu’une guerre de gangs décide justement de le placer au centre de la cible.

Takemichi ne devient jamais le meilleur combattant de la série

C’est l’une des décisions les plus importantes de Ken Wakui.

Takemichi progresse, bien sûr. Il apprend à encaisser et finit par comprendre beaucoup mieux le monde des gangs. Mais il ne se transforme pas soudain en prodige capable de mettre Mikey KO après trois semaines d’entraînement.

Face à certains adversaires, il est clairement dépassé.

Sa vraie force se trouve ailleurs : il refuse de rester au sol.

Takemichi peut avoir peur, pleurer, prendre une raclée et savoir parfaitement qu’il n’a pratiquement aucune chance de gagner. Pourtant, s’il pense que quelqu’un doit être protégé, il se relève.

À force, ce comportement finit par impressionner des garçons qui savent beaucoup mieux se battre que lui.

Tokyo Revengers réussit ainsi quelque chose de plutôt rare dans un manga de baston : son héros peut perdre physiquement tout en étant celui qui change réellement la situation.

Akkun montre très tôt que les choix du collège peuvent empoisonner toute une vie

Atsushi Sendo, surnommé Akkun, fait partie de la petite bande de Takemichi au collège.

Au départ, lui, Makoto, Takuya et Yamagishi ressemblent surtout à une bande de gamins qui se donnent des airs de voyous sans vraiment appartenir au monde des grands gangs.

Lorsque Takemichi découvre leurs différentes vies dans le futur, le ton change.

Le Tokyo Manji-kai peut transformer profondément ceux qui se retrouvent pris dans son évolution. Des adolescents qui faisaient les idiots ensemble peuvent finir douze ans plus tard dans des situations extrêmement sombres.

C’est ce qui rend chaque retour dans le présent aussi tendu.

Takemichi ne cherche plus uniquement Hinata dans la nouvelle chronologie. Il vérifie aussi ce que ses choix ont fait aux autres.

Kisaki possède un talent assez remarquable pour réapparaître dans les pires futurs

Très vite, un nom revient : Tetta Kisaki.

Takemichi découvre que, malgré les changements qu’il apporte au passé, Kisaki se retrouve régulièrement au cœur de la transformation du Toman.

Il n’est pourtant pas construit comme Mikey. Sa principale arme n’est pas une puissance physique écrasante.

Kisaki observe, manipule et utilise les ambitions des autres.

C’est justement ce qui le rend si dangereux pour Takemichi. On peut savoir qu’une personne prépare quelque chose sans comprendre comment elle compte s’y prendre.

Et lorsqu’un type que vous avez essayé d’écarter du problème réapparaît douze ans plus tard encore mieux placé qu’avant, on commence à se demander s’il n’a pas lui aussi lu le scénario.

Le Bloody Halloween donne à Baji, Chifuyu et Kazutora une place énorme dans l’histoire

Avec le conflit contre Valhalla, Tokyo Revengers entre dans l’un de ses arcs les plus marquants.

Keisuke Baji, l’un des membres fondateurs du Toman, quitte apparemment le groupe pour rejoindre l’adversaire. Son ancien vice-capitaine, Chifuyu Matsuno, refuse pourtant de croire qu’il a simplement trahi ses amis.

De l’autre côté se trouve également Kazutora Hanemiya, dont le passé est intimement lié à Mikey et à la naissance du gang.

Takemichi connaît déjà une partie de ce que cette confrontation doit provoquer dans le futur. Son problème consiste à empêcher le point de rupture sans réellement comprendre les intentions de tout le monde.

Le Bloody Halloween résume parfaitement la mécanique de la série : une énorme baston, oui, mais où les vraies raisons du conflit se trouvent dans des promesses, des culpabilités et des amitiés qui remontent plusieurs années en arrière.

Chifuyu devient le partenaire dont Takemichi avait désespérément besoin

Chifuyu prend une place particulière parce qu’il comprend quelque chose d’essentiel chez Takemichi.

Là où Naoto l’aide depuis le présent, Chifuyu devient l’un de ses alliés les plus précieux au cœur même du Toman.

Il connaît les gangs, comprend leurs membres et possède surtout une loyauté impressionnante envers ceux qu’il considère comme ses amis.

Avec lui, Takemichi cesse progressivement de porter seul le poids de toutes les catastrophes qu’il essaie d’empêcher.

Leur duo fonctionne aussi parce que Chifuyu est capable d’écouter un plan complètement improbable et de décider malgré tout de suivre Takemichi jusqu’au bout.

À ce niveau-là, on dépasse l’amitié. C’est presque de l’assistance technique spécialisée en modification temporelle.

Black Dragon montre qu’une famille peut être plus terrifiante qu’un gang entier

Plus tard, un nouveau futur conduit Takemichi vers les Black Dragons.

Il rencontre alors Hakkai Shiba, sa sœur Yuzuha et surtout leur frère aîné Taiju Shiba.

Taiju dirige son gang avec une violence impressionnante. Pourtant, ce qui rend cet arc particulièrement dur ne se trouve pas seulement dans la rue.

Le véritable conflit se joue aussi dans la famille Shiba.

Takemichi doit donc intervenir dans une situation où la peur, la culpabilité et la violence existent depuis bien avant son arrivée.

Encore une fois, sa principale qualité n’est pas d’être plus fort que l’adversaire. Face à Taiju, ce serait de toute façon un projet assez optimiste.

Il essaie plutôt de casser le mécanisme qui pousse plusieurs personnages vers le même désastre.

Tenjiku transforme une guerre de bandes en affaire extrêmement personnelle

L’arrivée de Tenjiku fait encore monter les enjeux.

Le gang de Yokohama réunit plusieurs combattants redoutables autour de Izana Kurokawa.

Izana n’est pas simplement un nouveau chef venu prendre la place du précédent adversaire. Son histoire rejoint directement celle de Mikey et de plusieurs membres de son entourage.

À ses côtés apparaissent notamment Kakucho et les frères Haitani, tandis que Kisaki continue d’avancer ses propres pièces.

À ce stade, Takemichi connaît suffisamment le Toman pour comprendre ce que chaque perte risque de provoquer.

Et c’est aussi l’arc où l’on mesure le chemin parcouru depuis le garçon qui tremblait devant quelques collégiens plus forts que lui.

Il ne frappe toujours pas comme Mikey. En revanche, il possède désormais quelque chose qu’il n’avait absolument pas au premier tome : des gens prêts à se battre parce qu’ils croient en lui.

Mikey devient progressivement le véritable casse-tête du futur

Plus Takemichi réussit à modifier l’histoire, plus une constatation devient difficile à éviter : Mikey reste souvent au centre des futurs qui tournent mal.

Ce n’est pas parce qu’il serait secrètement mauvais depuis le début.

Au contraire, c’est ce qui rend le personnage aussi intéressant. Mikey peut être généreux, loyal et profondément attaché à ses amis. Mais il porte aussi une part beaucoup plus sombre que certaines pertes et certains choix rendent de plus en plus difficile à contenir.

Takemichi finit alors par élargir sa mission.

Sauver Hinata était le point de départ. Mais peut-il vraiment considérer sa revanche terminée s’il obtient le futur qu’il voulait en abandonnant quelqu’un qui l’a accepté comme ami ?

Avec Takemichi, la réponse est assez prévisible.

Il va évidemment retourner se mettre dans les ennuis.

Tokyo Revengers parle de gangs, mais surtout de garçons qui cherchent une famille

Les uniformes, les motos et les grosses bastons occupent évidemment une place énorme.

Pourtant, le Toman fonctionne avant tout grâce aux liens entre ses membres.

Mikey et Draken. Baji et Chifuyu. Mitsuya et ses camarades. Pah-chin, Peh-yan, les différents capitaines et tous ceux qui ont rejoint le groupe pour une raison personnelle.

Pour beaucoup, le gang représente un endroit où ils se sentent enfin appartenir à quelque chose.

C’est aussi pourquoi une trahison ou une disparition produit autant de dégâts. On ne parle pas seulement d’une place laissée vide dans l’organigramme.

Ken Wakui connaît très bien les codes du furyô manga, mais il les utilise surtout pour raconter l’attachement, la loyauté et la manière dont un groupe peut sauver quelqu’un ou le tirer encore plus bas.

Les motos font réellement partie de l’identité des personnages

Impossible de séparer complètement Tokyo Revengers de ses motos.

Elles ne servent pas uniquement à donner un look cool aux illustrations. Elles accompagnent les rassemblements, les déplacements du gang et certains souvenirs très importants.

Les machines deviennent presque associées à leurs propriétaires.

Le manga aime d’ailleurs prendre le temps de montrer les uniformes, les coiffures et les détails de chaque bande. Toman, Valhalla, Black Dragon ou Tenjiku doivent être reconnaissables immédiatement lorsqu’ils entrent dans une scène.

Wakui donne ainsi au manga un vrai plaisir visuel de série de voyous, sans avoir besoin de transformer chaque chapitre en combat.

Parfois, voir deux bandes arriver face à face suffit déjà pour comprendre que la soirée ne va pas se terminer par un échange cordial de cartes de visite.

Ken Wakui avait déjà passé des années dans le monde des marginaux avec Shinjuku Swan

Avant Tokyo Revengers, Ken Wakui s’était surtout fait connaître grâce à Shinjuku Swan.

Cette longue série seinen suivait les recruteurs du quartier de Kabukicho à Tokyo et montrait déjà l’intérêt de Wakui pour les personnages vivant en marge, les rapports de force et les organisations où loyauté et trahison peuvent changer très vite.

Avec Tokyo Revengers, il reprend son goût pour ces milieux mais change complètement de formule.

Les adultes de Shinjuku laissent place aux collégiens et lycéens des gangs. Puis il ajoute un élément que son œuvre précédente n’avait évidemment pas : le voyage temporel.

Le mélange aurait pu paraître complètement improbable.

En réalité, il fonctionne précisément parce que Takemichi sait ce que deviendront certains de ces gamins s’il ne fait rien.

Le manga a remporté le Prix du manga Kodansha en 2020

En 2020, Tokyo Revengers remporte le 44e Prix du manga Kodansha dans la catégorie shonen.

À ce stade, la série avait déjà trouvé son public, mais le phénomène allait encore prendre une autre dimension avec ses adaptations.

Le succès vient probablement du mélange assez unique proposé par Wakui.

Un lecteur peut venir pour les gangs et rester pour le suspense temporel. Un autre commence pour Mikey ou Draken et finit beaucoup plus investi qu’il ne l’avait prévu dans le destin de Takemichi et Hinata.

Et surtout, la mécanique des futurs alternatifs donne constamment envie de vérifier le résultat du dernier changement.

Dans Tokyo Revengers, un arc peut se terminer sur une victoire et donner quand même envie de tourner immédiatement la page suivante. Parce qu’avec Takemichi, la vraie question reste toujours : « d’accord, mais qu’est-ce que ça a donné douze ans plus tard ? »

31 tomes pour aller jusqu’au bout de la revanche de Takemichi

Tokyo Revengers est une série complète en 31 tomes, écrite et dessinée par Ken Wakui.

La série principale commence au Japon en 2017 dans le Weekly Shonen Magazine et conduit Takemichi jusqu’à la conclusion de son voyage à travers le passé et le présent.

En français, Glénat a publié l’intégralité des 31 volumes. Le tome 31 clôt définitivement l’histoire principale.

C’est une longueur qui laisse à Wakui le temps de développer les différentes générations du Toman, les gangs rivaux et surtout les conséquences successives des changements de Takemichi.

Parce qu’après autant d’allers-retours temporels, une chose devient claire : sauver une seule personne était déjà compliqué. Essayer d’obtenir un avenir où tous ceux auxquels on tient sont encore debout relève presque de l’acharnement.

Takemichi appelle ça une journée normale.

Letter from Keisuke Baji prolonge l’histoire de deux personnages très appréciés

L’univers possède également un spin-off officiel intitulé Tokyo Revengers – Letter from Keisuke Baji.

Scénarisé et dessiné par Yukinori Natsukawaguchi à partir de l’œuvre de Ken Wakui, il s’intéresse particulièrement à Baji et Chifuyu.

Le récit permet de revenir sur leur relation et sur des événements qui n’avaient pas la place d’être développés de la même manière dans la série principale.

C’est un complément particulièrement logique pour ceux qui ont accroché au Bloody Halloween et à la première division du Toman.

Il existe également des Side Stories consacrées à différents personnages et moments de leur passé. Autrement dit, terminer les 31 tomes ne signifie pas forcément avoir entendu la dernière histoire autour de la bande.

Pourquoi commencer Tokyo Revengers ?

Parce que l’idée de départ possède une efficacité redoutable : un adulte qui considère sa vie comme un échec retrouve le corps de ses années collège et la possibilité de changer le destin de ceux qu’il a perdus.

Ensuite, Ken Wakui ajoute les gangs.

Et c’est là que la série prend vraiment son identité.

Mikey, Draken, Chifuyu, Baji, Mitsuya, Kazutora, Hakkai, Izana et les autres deviennent bien plus que des obstacles placés autour de Takemichi. Leurs amitiés et leurs blessures finissent par compter autant que Hinata dans la volonté du héros de créer un meilleur futur.

Les bastons sont nombreuses, mais Takemichi ne les gagne presque jamais de la manière habituelle. Son vrai talent consiste à rester debout suffisamment longtemps pour rappeler aux autres pourquoi ils se battent.

Si vous aimez les furyô manga, les voyages dans le temps, les rivalités de gangs et les personnages capables de devenir attachants juste avant que le scénario décide de leur compliquer sérieusement la vie, les 31 tomes s’enchaînent très facilement.

Et vous découvrirez aussi une règle essentielle du voyage temporel : si vous réussissez enfin à obtenir un futur parfait, vérifiez quand même où est Mikey avant d’ouvrir le champagne. Takemichi aurait économisé quelques allers-retours.

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Tokyo Revengers est une série complète en 31 tomes écrite et dessinée par Ken Wakui. Takemichi Hanagaki retourne douze ans dans son passé pour sauver Hinata et se retrouve entraîné au cœur du Tokyo Manji-kai, entre Mikey, Draken et des futurs qui refusent obstinément de se laisser réparer facilement. Un dernier conseil : si Naoto vous tend la main, demandez d’abord quelle année vous êtes censé retrouver. Takemichi a passé suffisamment de temps dans les transports pour tout le monde.