Sun-Ken Rock
Sun-Ken Rock : Ken voulait devenir policier, il finit patron de la pègre coréenne
Dans le manga Sun-Ken Rock, Ken Kitano quitte le Japon pour une raison qui n’a rien d’un grand projet criminel : il est amoureux de Yumin. Elle part vivre en Corée du Sud afin de devenir policière, alors Ken la suit avec la ferme intention de porter lui aussi l’uniforme. Seulement, son arrivée à Séoul se passe beaucoup moins bien que prévu. Il se retrouve sans véritable avenir, traîne dans un restaurant de rue et finit par défendre le patron lorsque des voyous viennent chercher des ennuis.
Cette baston attire l’attention de Tae-Soo, chef d’un petit gang local. Ken possède une force phénoménale, mais surtout une manière très personnelle de défendre ceux qui se font écraser. Tae-Soo voit immédiatement en lui le patron dont son groupe aurait besoin. Ken, qui voulait rejoindre la police pour impressionner Yumin, se retrouve donc propulsé à la tête d’un gang. Pour le rendez-vous romantique parfait, on a connu plus simple.
Ken devient chef de gang presque contre son gré
Ken Kitano n’a pas le profil du mafieux froid qui rêve de contrôler Séoul depuis son enfance. Au contraire, il commence avec très peu d’ambition et encore moins d’argent.
Ce qui le distingue, c’est son instinct. Ken supporte mal de voir quelqu’un de plus faible se faire maltraiter. Dès qu’un type abuse de son pouvoir, il devient difficile de retenir notre Japonais.
Évidemment, avec son physique et sa capacité à encaisser des coups qui mettraient beaucoup de monde au lit pendant quinze jours, le règlement du problème finit souvent de façon assez directe.
Mais Boichi ne construit pas uniquement un héros capable de cogner plus fort. Ken doit apprendre à diriger des hommes, à prendre des décisions pour son groupe et à comprendre un milieu criminel dont il ne connaissait presque rien en arrivant en Corée.
Tae-Soo comprend avant Ken qu’il a trouvé son boss
Tae-Soo joue un rôle essentiel dès le début. C’est lui qui remarque Ken et décide pratiquement qu’il deviendra le chef du groupe.
Le choix peut sembler étrange : lorsqu’on dirige un gang, abandonner son poste au premier Japonais bagarreur croisé dans un restaurant n’est généralement pas recommandé dans les manuels de management.
Pourtant, Tae-Soo ne cherche pas simplement le plus fort. Il comprend que Ken possède quelque chose autour duquel les autres peuvent se rassembler.
La Sun-Ken Rock Team se construit alors progressivement. Le petit gang de quartier commence à viser plus haut, rencontre des organisations autrement dangereuses et découvre que monter dans la hiérarchie criminelle attire forcément l’attention de gens qui préféraient vous voir rester tout en bas.
Yumin est policière… et Ken oublie juste de lui parler de son nouveau métier
Tout serait déjà suffisamment compliqué si Yumin était simplement la femme dont Ken est amoureux. Mais elle travaille dans la police de Séoul.
Ken doit donc gérer une situation assez merveilleuse : essayer de se rapprocher d’une policière tout en devenant progressivement l’un des noms importants de la pègre coréenne.
Naturellement, il ne commence pas ses rendez-vous en annonçant : « au fait, je dirige maintenant une organisation criminelle ».
Ce mensonge donne beaucoup d’humour aux premiers arcs, mais il devient aussi de plus en plus difficile à tenir. Plus la Sun-Ken Rock Team prend de l’importance, moins Ken peut continuer à faire croire que ses journées sont parfaitement banales.
Et Yumin cache elle-même un passé qui finit par donner à leur relation une dimension autrement plus dangereuse.
Les bastons de Boichi donnent vraiment l’impression que les coups font mal
Boichi a d’ailleurs cité Vagabond de Takehiko Inoue parmi les mangas qui l’ont inspiré pour Sun-Ken Rock. Quand on regarde son goût pour les corps très travaillés, les visages marqués et les grandes scènes de confrontation, le rapprochement devient assez facile à comprendre.
Si vous aimez le dessin de Boichi, Sun-Ken Rock est probablement l’une des séries où son goût pour l’anatomie et le mouvement saute le plus aux yeux.
Les personnages sont massifs, les muscles se contractent et les impacts ont du poids. Lorsqu’un coup de poing arrive, Boichi ne se contente pas d’ajouter trois traits de vitesse autour du personnage. Il montre le corps qui encaisse, le décor qui souffre et parfois la tête de l’adversaire qui commence à sérieusement reconsidérer ses choix de carrière.
Le dessin évolue également énormément au fil des tomes. Plus la série avance, plus Boichi pousse les détails, les perspectives et la mise en scène.
Certains affrontements deviennent de véritables démonstrations graphiques. Et lorsque Ken enlève sa veste avant une grosse bataille, on comprend généralement que le mobilier environnant ne finira pas le chapitre intact.
Une guerre des gangs, mais avec une vraie montée en puissance
Sun-Ken Rock commence avec un petit gang de quartier. C’est important, parce que l’évolution serait beaucoup moins satisfaisante si Ken contrôlait déjà la moitié de la Corée au deuxième chapitre.
La bande doit grandir, gagner de l’argent, recruter et affronter des organisations mieux implantées. Chaque victoire ouvre donc la porte à un adversaire plus important.
Le groupe croise la pègre locale, des casinos, de puissants groupes industriels puis des organisations criminelles capables de mobiliser bien davantage que quelques hommes avec des battes.
Cette progression donne une vraie sensation d’ascension. On voit la Sun-Ken Rock Team passer d’une petite bande à une organisation dont les décisions peuvent bouleverser l’équilibre du milieu criminel.
Et forcément, plus Ken monte, plus la chute potentielle devient douloureuse.
La Sun-Ken Rock Team n’est pas juste une armée derrière Ken
Boichi prend aussi le temps de développer les membres du gang. Tae-Soo reste indispensable, mais Kim Kae-Lyn, Pickaxe, Do-Heun et les autres donnent progressivement une personnalité au groupe.
Certains sont des combattants. D’autres apportent des compétences plus adaptées à la gestion d’une organisation. Surtout, leur fidélité envers Ken ne vient pas uniquement de sa capacité à mettre quelqu’un KO.
La Sun-Ken Rock Team finit par ressembler à une véritable famille. Une famille dont les réunions comportent certes davantage de blessures et d’armes blanches que la moyenne, mais une famille quand même.
C’est ce qui permet aux gros revers de fonctionner. Lorsqu’un membre du groupe prend un risque ou que l’organisation est directement menacée, on ne regarde plus simplement des figurants autour du héros.
Ken veut devenir puissant sans devenir le genre de type qu’il déteste
C’est l’un des fils rouges les plus intéressants du manga. Ken gagne du pouvoir dans un milieu où celui-ci s’obtient souvent par la violence, l’argent et la peur.
Pourtant, il garde une idée assez précise de ce qu’il refuse de devenir.
Il peut diriger un gang et casser des mâchoires, mais il méprise ceux qui profitent des faibles. Cette contradiction accompagne tout le personnage : comment devenir le plus gros boss sans reproduire les méthodes des pourris qu’on voulait combattre ?
Boichi ne donne pas toujours une réponse confortable. Ken doit parfois choisir entre ses principes et les réalités du monde qu’il a rejoint.
Et lorsqu’une décision concerne désormais tout son groupe, foncer tête baissée parce qu’on est le plus fort ne suffit plus.
Le manga devient beaucoup plus sombre qu’il ne le paraît au début
Les premiers tomes mélangent volontiers baston, humour et situations complètement excessives. Pourtant, Sun-Ken Rock reste un seinen et le ton peut devenir nettement plus dur.
Crime organisé, corruption, trafic, vengeance et luttes de pouvoir prennent progressivement de l’importance. Certains adversaires sont simplement de grosses brutes. D’autres font des choses qui donnent beaucoup moins envie de rire.
Le manga contient également de la nudité, du fan-service et des scènes à caractère sexuel. Boichi ne fait pas particulièrement dans la discrétion sur ce terrain. Ce n’est donc clairement pas une série que je conseillerais en me fiant uniquement au côté « manga de baston » de la couverture.
En revanche, si vous cherchez un seinen qui assume son côté adulte, excessif et parfois brutal, vous savez exactement où vous mettez les pieds.
Boichi connaît particulièrement bien le décor coréen
La Corée du Sud n’est pas un décor choisi au hasard pour simplement changer Tokyo contre Séoul. Boichi est lui-même originaire de Corée du Sud avant d’avoir développé sa carrière de mangaka au Japon.
Cela donne à Sun-Ken Rock une personnalité particulière. Restaurants, quartiers, culture urbaine et organisation de la société ne ressemblent pas à un simple décor japonais dont on aurait changé les panneaux.
Et la nourriture revient régulièrement dans les pages. Chez Boichi, un repas peut d’ailleurs bénéficier d’autant de soin graphique qu’un combattant couvert de cicatrices.
Ce rapport à la cuisine ira même jusqu’à donner naissance à des histoires spécifiques autour de Yumin. L’ultime volume de l’édition Deluxe française comprend justement un manga inédit consacré à Yumin et à la gastronomie coréenne.
La Deluxe laisse encore plus de place au dessin
En France, Doki-Doki a d’abord publié les 25 tomes de l’édition classique. L’éditeur a ensuite proposé une édition Deluxe complète en 13 volumes.
Cette version agrandit le format et regroupe généralement deux tomes de l’édition originale. Elle ajoute aussi des bonus : pages couleur, recherches graphiques et interviews de Boichi.
Sur une série où le dessin compte autant, le format plus grand prend tout son sens. Les doubles pages, les corps et les décors profitent franchement de l’espace supplémentaire.
Si vous avez donc plusieurs éditions de Sun-Ken Rock dans cette catégorie, ce n’est pas une nouvelle série ou une suite : vous pouvez choisir entre l’édition originale en 25 tomes et la Deluxe en 13 volumes selon le format que vous préférez.
Du petit voyou de Séoul au conflit avec le Hakuryû-kai
Impossible d’expliquer toute l’évolution sans gâcher une bonne partie de l’histoire, mais l’échelle finit par changer radicalement.
Ken doit notamment affronter le Hakuryû-kai, une puissante organisation mafieuse japonaise. Cette confrontation touche directement son passé et celui de Yumin.
À ce stade, on est très loin du jeune homme désespéré qui buvait dans un restaurant ambulant au premier tome. Ken possède des hommes, des ennemis puissants et une réputation construite à coups de poing.
Pourtant, Boichi garde jusqu’au bout ce qui définit son héros. Derrière le boss reste le garçon qui était arrivé en Corée pour une fille et qui voulait simplement devenir quelqu’un dont il puisse être fier.
25 tomes et une histoire complète
Sun-Ken Rock est terminé en 25 tomes. Boichi assure à la fois le scénario et le dessin et conduit toute l’ascension de Ken jusqu’à sa conclusion.
La série possède ainsi une longueur idéale pour voir le groupe évoluer réellement. Le petit gang des débuts grandit, les adversaires deviennent plus dangereux et la relation entre Ken et Yumin finit forcément par devoir affronter tout ce qu’ils se sont caché.
La fin ne manque d’ailleurs pas de secouer les cartes. Boichi n’a pas construit l’ascension de Ken pendant vingt-cinq volumes pour simplement terminer avec une poignée de main et une jolie photo de groupe.
Pour ceux qui préfèrent le grand format, l’édition Deluxe est elle aussi entièrement terminée en 13 volumes.
Pourquoi commencer Sun-Ken Rock ?
Parce que si vous aimez les seinen de baston, les guerres de gangs et les dessins qui donnent envie de rester quelques secondes sur une double page, Boichi sait exactement comment attirer l’œil.
Mais la série tient surtout parce que Ken reste attachant au milieu de toute cette brutalité. Il devient chef sans avoir rêvé du poste, accumule les responsabilités et tente de rester fidèle à ses principes dans un milieu qui fait tout pour les broyer.
L’humour évite également que l’ensemble devienne constamment plombant. Ken peut affronter une organisation criminelle le matin et redevenir un idiot incapable d’avouer correctement ses sentiments à Yumin quelques pages plus tard.
Et si vous avez découvert Boichi avec ses œuvres plus récentes, Sun-Ken Rock permet surtout de voir le dessinateur lâcher complètement les chevaux sur une série où muscles, bastons et cadrages impossibles font partie du menu. Après quelques volumes, vous comprendrez pourquoi le nom de Ken finit par circuler beaucoup plus loin que son petit restaurant de quartier.
Lire plus
Sun-Ken Rock est un seinen complet en 25 tomes écrit et dessiné par Boichi, également disponible en édition Deluxe complète de 13 volumes. Ken Kitano arrive à Séoul pour rejoindre Yumin et finit, presque malgré lui, à la tête d’un gang appelé à devenir beaucoup plus important. Un dernier conseil : si quelqu’un vous propose de devenir chef de gang après vous avoir vu vous battre dans un restaurant, demandez au moins les horaires avant d’accepter. Ken, lui, n’a manifestement pas lu le contrat.
Affichage de 1–12 sur 13 résultats
-

Sun-Ken Rock Deluxe tome 01
33,20CHF -

Sun-Ken Rock Deluxe tome 02
33,20CHF -

Sun-Ken Rock Deluxe tome 03
33,20CHF -

Sun-Ken Rock Deluxe tome 04
33,20CHF -

Sun-Ken Rock Deluxe tome 05
33,20CHF -

Sun-Ken Rock Deluxe tome 06
33,20CHF -

Sun-Ken Rock Deluxe tome 07
33,20CHF -

Sun-Ken Rock Deluxe tome 08
33,20CHF -

Sun-Ken Rock Deluxe tome 09
33,20CHF -

Sun-Ken Rock Deluxe tome 10
33,20CHF -

Sun-Ken Rock Deluxe tome 11
33,20CHF -

Sun-Ken Rock Deluxe tome 12
33,20CHF
Sun-Ken Rock : Ken voulait devenir policier, il finit patron de la pègre coréenne
Dans le manga Sun-Ken Rock, Ken Kitano quitte le Japon pour une raison qui n’a rien d’un grand projet criminel : il est amoureux de Yumin. Elle part vivre en Corée du Sud afin de devenir policière, alors Ken la suit avec la ferme intention de porter lui aussi l’uniforme. Seulement, son arrivée à Séoul se passe beaucoup moins bien que prévu. Il se retrouve sans véritable avenir, traîne dans un restaurant de rue et finit par défendre le patron lorsque des voyous viennent chercher des ennuis.
Cette baston attire l’attention de Tae-Soo, chef d’un petit gang local. Ken possède une force phénoménale, mais surtout une manière très personnelle de défendre ceux qui se font écraser. Tae-Soo voit immédiatement en lui le patron dont son groupe aurait besoin. Ken, qui voulait rejoindre la police pour impressionner Yumin, se retrouve donc propulsé à la tête d’un gang. Pour le rendez-vous romantique parfait, on a connu plus simple.
Ken devient chef de gang presque contre son gré
Ken Kitano n’a pas le profil du mafieux froid qui rêve de contrôler Séoul depuis son enfance. Au contraire, il commence avec très peu d’ambition et encore moins d’argent.
Ce qui le distingue, c’est son instinct. Ken supporte mal de voir quelqu’un de plus faible se faire maltraiter. Dès qu’un type abuse de son pouvoir, il devient difficile de retenir notre Japonais.
Évidemment, avec son physique et sa capacité à encaisser des coups qui mettraient beaucoup de monde au lit pendant quinze jours, le règlement du problème finit souvent de façon assez directe.
Mais Boichi ne construit pas uniquement un héros capable de cogner plus fort. Ken doit apprendre à diriger des hommes, à prendre des décisions pour son groupe et à comprendre un milieu criminel dont il ne connaissait presque rien en arrivant en Corée.
Tae-Soo comprend avant Ken qu’il a trouvé son boss
Tae-Soo joue un rôle essentiel dès le début. C’est lui qui remarque Ken et décide pratiquement qu’il deviendra le chef du groupe.
Le choix peut sembler étrange : lorsqu’on dirige un gang, abandonner son poste au premier Japonais bagarreur croisé dans un restaurant n’est généralement pas recommandé dans les manuels de management.
Pourtant, Tae-Soo ne cherche pas simplement le plus fort. Il comprend que Ken possède quelque chose autour duquel les autres peuvent se rassembler.
La Sun-Ken Rock Team se construit alors progressivement. Le petit gang de quartier commence à viser plus haut, rencontre des organisations autrement dangereuses et découvre que monter dans la hiérarchie criminelle attire forcément l’attention de gens qui préféraient vous voir rester tout en bas.
Yumin est policière… et Ken oublie juste de lui parler de son nouveau métier
Tout serait déjà suffisamment compliqué si Yumin était simplement la femme dont Ken est amoureux. Mais elle travaille dans la police de Séoul.
Ken doit donc gérer une situation assez merveilleuse : essayer de se rapprocher d’une policière tout en devenant progressivement l’un des noms importants de la pègre coréenne.
Naturellement, il ne commence pas ses rendez-vous en annonçant : « au fait, je dirige maintenant une organisation criminelle ».
Ce mensonge donne beaucoup d’humour aux premiers arcs, mais il devient aussi de plus en plus difficile à tenir. Plus la Sun-Ken Rock Team prend de l’importance, moins Ken peut continuer à faire croire que ses journées sont parfaitement banales.
Et Yumin cache elle-même un passé qui finit par donner à leur relation une dimension autrement plus dangereuse.
Les bastons de Boichi donnent vraiment l’impression que les coups font mal
Boichi a d’ailleurs cité Vagabond de Takehiko Inoue parmi les mangas qui l’ont inspiré pour Sun-Ken Rock. Quand on regarde son goût pour les corps très travaillés, les visages marqués et les grandes scènes de confrontation, le rapprochement devient assez facile à comprendre.
Si vous aimez le dessin de Boichi, Sun-Ken Rock est probablement l’une des séries où son goût pour l’anatomie et le mouvement saute le plus aux yeux.
Les personnages sont massifs, les muscles se contractent et les impacts ont du poids. Lorsqu’un coup de poing arrive, Boichi ne se contente pas d’ajouter trois traits de vitesse autour du personnage. Il montre le corps qui encaisse, le décor qui souffre et parfois la tête de l’adversaire qui commence à sérieusement reconsidérer ses choix de carrière.
Le dessin évolue également énormément au fil des tomes. Plus la série avance, plus Boichi pousse les détails, les perspectives et la mise en scène.
Certains affrontements deviennent de véritables démonstrations graphiques. Et lorsque Ken enlève sa veste avant une grosse bataille, on comprend généralement que le mobilier environnant ne finira pas le chapitre intact.
Une guerre des gangs, mais avec une vraie montée en puissance
Sun-Ken Rock commence avec un petit gang de quartier. C’est important, parce que l’évolution serait beaucoup moins satisfaisante si Ken contrôlait déjà la moitié de la Corée au deuxième chapitre.
La bande doit grandir, gagner de l’argent, recruter et affronter des organisations mieux implantées. Chaque victoire ouvre donc la porte à un adversaire plus important.
Le groupe croise la pègre locale, des casinos, de puissants groupes industriels puis des organisations criminelles capables de mobiliser bien davantage que quelques hommes avec des battes.
Cette progression donne une vraie sensation d’ascension. On voit la Sun-Ken Rock Team passer d’une petite bande à une organisation dont les décisions peuvent bouleverser l’équilibre du milieu criminel.
Et forcément, plus Ken monte, plus la chute potentielle devient douloureuse.
La Sun-Ken Rock Team n’est pas juste une armée derrière Ken
Boichi prend aussi le temps de développer les membres du gang. Tae-Soo reste indispensable, mais Kim Kae-Lyn, Pickaxe, Do-Heun et les autres donnent progressivement une personnalité au groupe.
Certains sont des combattants. D’autres apportent des compétences plus adaptées à la gestion d’une organisation. Surtout, leur fidélité envers Ken ne vient pas uniquement de sa capacité à mettre quelqu’un KO.
La Sun-Ken Rock Team finit par ressembler à une véritable famille. Une famille dont les réunions comportent certes davantage de blessures et d’armes blanches que la moyenne, mais une famille quand même.
C’est ce qui permet aux gros revers de fonctionner. Lorsqu’un membre du groupe prend un risque ou que l’organisation est directement menacée, on ne regarde plus simplement des figurants autour du héros.
Ken veut devenir puissant sans devenir le genre de type qu’il déteste
C’est l’un des fils rouges les plus intéressants du manga. Ken gagne du pouvoir dans un milieu où celui-ci s’obtient souvent par la violence, l’argent et la peur.
Pourtant, il garde une idée assez précise de ce qu’il refuse de devenir.
Il peut diriger un gang et casser des mâchoires, mais il méprise ceux qui profitent des faibles. Cette contradiction accompagne tout le personnage : comment devenir le plus gros boss sans reproduire les méthodes des pourris qu’on voulait combattre ?
Boichi ne donne pas toujours une réponse confortable. Ken doit parfois choisir entre ses principes et les réalités du monde qu’il a rejoint.
Et lorsqu’une décision concerne désormais tout son groupe, foncer tête baissée parce qu’on est le plus fort ne suffit plus.
Le manga devient beaucoup plus sombre qu’il ne le paraît au début
Les premiers tomes mélangent volontiers baston, humour et situations complètement excessives. Pourtant, Sun-Ken Rock reste un seinen et le ton peut devenir nettement plus dur.
Crime organisé, corruption, trafic, vengeance et luttes de pouvoir prennent progressivement de l’importance. Certains adversaires sont simplement de grosses brutes. D’autres font des choses qui donnent beaucoup moins envie de rire.
Le manga contient également de la nudité, du fan-service et des scènes à caractère sexuel. Boichi ne fait pas particulièrement dans la discrétion sur ce terrain. Ce n’est donc clairement pas une série que je conseillerais en me fiant uniquement au côté « manga de baston » de la couverture.
En revanche, si vous cherchez un seinen qui assume son côté adulte, excessif et parfois brutal, vous savez exactement où vous mettez les pieds.
Boichi connaît particulièrement bien le décor coréen
La Corée du Sud n’est pas un décor choisi au hasard pour simplement changer Tokyo contre Séoul. Boichi est lui-même originaire de Corée du Sud avant d’avoir développé sa carrière de mangaka au Japon.
Cela donne à Sun-Ken Rock une personnalité particulière. Restaurants, quartiers, culture urbaine et organisation de la société ne ressemblent pas à un simple décor japonais dont on aurait changé les panneaux.
Et la nourriture revient régulièrement dans les pages. Chez Boichi, un repas peut d’ailleurs bénéficier d’autant de soin graphique qu’un combattant couvert de cicatrices.
Ce rapport à la cuisine ira même jusqu’à donner naissance à des histoires spécifiques autour de Yumin. L’ultime volume de l’édition Deluxe française comprend justement un manga inédit consacré à Yumin et à la gastronomie coréenne.
La Deluxe laisse encore plus de place au dessin
En France, Doki-Doki a d’abord publié les 25 tomes de l’édition classique. L’éditeur a ensuite proposé une édition Deluxe complète en 13 volumes.
Cette version agrandit le format et regroupe généralement deux tomes de l’édition originale. Elle ajoute aussi des bonus : pages couleur, recherches graphiques et interviews de Boichi.
Sur une série où le dessin compte autant, le format plus grand prend tout son sens. Les doubles pages, les corps et les décors profitent franchement de l’espace supplémentaire.
Si vous avez donc plusieurs éditions de Sun-Ken Rock dans cette catégorie, ce n’est pas une nouvelle série ou une suite : vous pouvez choisir entre l’édition originale en 25 tomes et la Deluxe en 13 volumes selon le format que vous préférez.
Du petit voyou de Séoul au conflit avec le Hakuryû-kai
Impossible d’expliquer toute l’évolution sans gâcher une bonne partie de l’histoire, mais l’échelle finit par changer radicalement.
Ken doit notamment affronter le Hakuryû-kai, une puissante organisation mafieuse japonaise. Cette confrontation touche directement son passé et celui de Yumin.
À ce stade, on est très loin du jeune homme désespéré qui buvait dans un restaurant ambulant au premier tome. Ken possède des hommes, des ennemis puissants et une réputation construite à coups de poing.
Pourtant, Boichi garde jusqu’au bout ce qui définit son héros. Derrière le boss reste le garçon qui était arrivé en Corée pour une fille et qui voulait simplement devenir quelqu’un dont il puisse être fier.
25 tomes et une histoire complète
Sun-Ken Rock est terminé en 25 tomes. Boichi assure à la fois le scénario et le dessin et conduit toute l’ascension de Ken jusqu’à sa conclusion.
La série possède ainsi une longueur idéale pour voir le groupe évoluer réellement. Le petit gang des débuts grandit, les adversaires deviennent plus dangereux et la relation entre Ken et Yumin finit forcément par devoir affronter tout ce qu’ils se sont caché.
La fin ne manque d’ailleurs pas de secouer les cartes. Boichi n’a pas construit l’ascension de Ken pendant vingt-cinq volumes pour simplement terminer avec une poignée de main et une jolie photo de groupe.
Pour ceux qui préfèrent le grand format, l’édition Deluxe est elle aussi entièrement terminée en 13 volumes.
Pourquoi commencer Sun-Ken Rock ?
Parce que si vous aimez les seinen de baston, les guerres de gangs et les dessins qui donnent envie de rester quelques secondes sur une double page, Boichi sait exactement comment attirer l’œil.
Mais la série tient surtout parce que Ken reste attachant au milieu de toute cette brutalité. Il devient chef sans avoir rêvé du poste, accumule les responsabilités et tente de rester fidèle à ses principes dans un milieu qui fait tout pour les broyer.
L’humour évite également que l’ensemble devienne constamment plombant. Ken peut affronter une organisation criminelle le matin et redevenir un idiot incapable d’avouer correctement ses sentiments à Yumin quelques pages plus tard.
Et si vous avez découvert Boichi avec ses œuvres plus récentes, Sun-Ken Rock permet surtout de voir le dessinateur lâcher complètement les chevaux sur une série où muscles, bastons et cadrages impossibles font partie du menu. Après quelques volumes, vous comprendrez pourquoi le nom de Ken finit par circuler beaucoup plus loin que son petit restaurant de quartier.
Lire plus
Sun-Ken Rock est un seinen complet en 25 tomes écrit et dessiné par Boichi, également disponible en édition Deluxe complète de 13 volumes. Ken Kitano arrive à Séoul pour rejoindre Yumin et finit, presque malgré lui, à la tête d’un gang appelé à devenir beaucoup plus important. Un dernier conseil : si quelqu’un vous propose de devenir chef de gang après vous avoir vu vous battre dans un restaurant, demandez au moins les horaires avant d’accepter. Ken, lui, n’a manifestement pas lu le contrat.
