Star Wars

Star Wars en manga : Luke, Leia, Dark Vador, les Jedi et les Mandaloriens changent de trait

Le manga Star Wars ne se résume pas à reprendre les films en noir et blanc avec quelques bulles supplémentaires. Depuis les premières adaptations japonaises de la saga jusqu’aux séries publiées chez nobi nobi !, la galaxie a accueilli des dessinateurs et scénaristes capables de regarder les Jedi, l’Empire, Dark Vador ou les Mandaloriens avec des codes très différents.

Ainsi, on peut repartir avec Luke Skywalker sur Tatooine, suivre une Leia de seize ans bien avant qu’elle ne vole les plans de l’Étoile Noire, découvrir deux jeunes impériaux dont l’amour se brise contre la guerre ou accompagner Din Djarin et l’Enfant. Ailleurs, Ezra monte à bord du Ghost tandis que d’autres récits remontent plusieurs siècles avant Anakin, pendant l’époque de la Haute République.

Et si vous possédez une ancienne édition Delcourt à côté d’un volume nobi nobi !, non, quelqu’un n’a pas rangé deux licences différentes au même endroit.

Star Wars entretient une histoire avec le manga depuis bien plus longtemps qu’on pourrait le croire.

La galaxie de George Lucas avait déjà tout ce qu’il fallait pour devenir un manga

Star Wars naît au cinéma en 1977 avec Un nouvel espoir. On y trouve déjà des maîtres et leurs apprentis, des lignées familiales particulièrement compliquées, des rivaux, des sabres, des pouvoirs à maîtriser et des personnages qui mettent plusieurs épisodes à comprendre qui ils sont réellement.

Forcément, des mangakas ont eu envie d’y mettre les mains.

Le passage au manga permet surtout d’accentuer certaines choses que le cinéma traite autrement. Un duel peut devenir plus nerveux, tandis que Dark Vador peut occuper presque toute une page. À l’inverse, un simple regard de Luke peut remplacer plusieurs secondes de dialogue.

De plus, les vaisseaux gagnent souvent en vitesse grâce au découpage, aux grandes cases et aux lignes de mouvement. Le scénario reste parfois connu par cœur, mais la sensation de lecture change complètement.

Hisao Tamaki a redessiné Un nouvel espoir sans faire de photocopie du film

L’une des adaptations historiques les plus connues reste Star Wars Épisode IV : Un nouvel espoir dessinée par Hisao Tamaki.

Luke rencontre Obi-Wan, Leia affronte l’Empire, Han Solo entre dans l’histoire et l’Étoile Noire attend évidemment son heure. Pourtant, Tamaki ne cherche pas à reproduire chaque photogramme avec Mark Hamill, Carrie Fisher et Harrison Ford dessinés au millimètre.

Au contraire, ses personnages passent réellement par son propre trait. Luke paraît très jeune et particulièrement expressif. Leia possède une énergie différente, tandis que la silhouette noire de Dark Vador devient redoutablement efficace sur une page en noir et blanc.

Des années plus tard, Lucasfilm est d’ailleurs revenu sur cette adaptation : les planches originales de Tamaki ont été remises en avant dans une édition artistique consacrée au manga.

Pas mal pour une adaptation qui aurait pu rester une simple curiosité des années 1990.

L’Empire contre-attaque possède exactement le genre de scénario qui adore le noir et blanc

La trilogie originale a également vu L’Empire contre-attaque passer au manga. Franchement, l’épisode s’y prête très bien.

Hoth et ses AT-AT offrent de grandes scènes de guerre. Ensuite, Dagobah ramène l’histoire vers quelque chose de beaucoup plus intime. Pendant ce temps, Han et Leia fuient l’Empire, tandis que Luke finit par affronter Dark Vador à Bespin.

Le manga peut donc passer d’une double page chargée de machines et de tirs à une case presque silencieuse centrée sur un visage.

Et évidemment, même imprimée sur papier, la révélation familiale la plus célèbre de la galaxie reste une assez mauvaise journée pour Luke.

Le Retour du Jedi de Shin-Ichi Hiromoto ne se contente pas de dessiner l’action

L’adaptation du Retour du Jedi par Shin-Ichi Hiromoto possède une identité particulièrement forte.

Hiromoto utilise des perspectives tendues, des silhouettes parfois exagérées et beaucoup de noirs. Ainsi, lorsque Luke attaque sur la barge de Jabba, les corps et les lignes donnent une vraie sensation de vitesse.

Dark Vador, lui, paraît parfois presque trop grand pour la case. En revanche, les scènes avec Yoda peuvent devenir beaucoup plus dépouillées et calmes.

C’est exactement l’intérêt d’une bonne adaptation : on connaît la scène, mais on ne la regarde plus de la même manière.

Et le Rancor n’avait déjà pas besoin d’aide pour avoir l’air contrarié.

Kia Asamiya s’est également occupé de La Menace fantôme

La prélogie a elle aussi eu droit au traitement manga avec Kia Asamiya sur La Menace fantôme.

Qui-Gon Jinn et Obi-Wan arrivent sur Naboo, tandis que la reine Amidala fuit l’invasion. Ensuite, Anakin apparaît sur Tatooine et Dark Maul attend son moment.

Les courses de modules et les combats au sabre offrent évidemment un terrain idéal à un dessinateur japonais habitué au mouvement.

Cette adaptation fait partie des anciens mangas Star Wars publiés en français par Delcourt. Ces éditions appartiennent aujourd’hui à une autre période éditoriale de la licence, avec des formats et des présentations très différents des mangas Star Wars arrivés plus tard.

Autrement dit, voir George Lucas, Delcourt et un mangaka japonais sur le même livre n’est absolument pas une anomalie dans cette galaxie.

Silver & Black regarde plutôt du côté des gens qu’on éviterait dans un couloir

Les anciennes publications Star Wars manga ne se limitaient pas aux adaptations des films.

Silver & Black réunissait notamment plusieurs histoires tournées vers le côté obscur. Dark Vador et le général Grievous y prennent naturellement beaucoup de place.

On y découvre aussi Tao, un disciple de Vador créé pour ces récits.

Le volume possède donc une saveur différente. Ici, pas besoin d’attendre que Luke arrive pour s’intéresser à la galaxie : les Sith, leurs serviteurs et quelques personnages nettement moins fréquentables peuvent parfaitement occuper le premier plan.

Ces histoires appartiennent aux anciennes publications de l’univers étendu, aujourd’hui regroupées sous la bannière Legends.

Legends permet de ranger plusieurs décennies d’histoires sans les faire disparaître

Star Wars possède énormément de romans, comics et récits créés avant l’organisation actuelle de sa continuité.

En 2014, Lucasfilm a regroupé cet ancien univers étendu sous le nom Star Wars Legends. Depuis, les nouvelles productions suivent une continuité commune supervisée par Lucasfilm.

Cela ne rend évidemment pas les anciennes histoires inutiles.

En revanche, un vieux manga Delcourt et une adaptation récente ne racontent pas forcément des événements appartenant exactement à la même chronologie.

On peut donc parfaitement aimer les deux sans convoquer Yoda pour arbitrer.

Il a suffisamment de travail comme ça.

nobi nobi ! a lancé sa collection Star Wars Manga un 4 mai

Le 4 mai est devenu la journée Star Wars grâce au fameux jeu de mots anglais entre « May the Fourth » et « May the Force ».

nobi nobi ! a donc choisi le 4 mai 2022 pour lancer en France sa collection Star Wars Manga.

Les deux premiers titres étaient Étoiles Perdues et La Haute République – Un équilibre fragile. Ensuite, la collection s’est étendue à plusieurs périodes et personnages.

On y trouve des adaptations de romans, mais aussi des histoires venues de séries télévisées, de jeux vidéo ou de projets japonais comme Visions.

Résultat : Jedi, Rebelles, Mandaloriens et soldats impériaux peuvent désormais se partager le rayon sans forcément venir du même support d’origine.

Étoiles Perdues raconte l’Empire à travers deux jeunes qui rêvaient justement d’y entrer

Star Wars – Étoiles Perdues adapte le roman de Claudia Gray avec un dessin de Yusaku Komiyama.

Thane Kyrell et Ciena Ree grandissent sur Jelucan. Malgré leurs origines différentes, ils partagent le même rêve : devenir pilotes et rejoindre l’armée impériale.

Ils intègrent donc l’Académie. Pourtant, en grandissant, ils ne regardent plus du tout l’Empire de la même manière.

Thane commence à voir ce que le régime est réellement. Ciena, de son côté, reste déchirée entre sa conscience, ses serments et son sens du devoir.

Leur relation traverse alors les grands événements de la trilogie originale.

L’Étoile Noire n’est plus seulement une station spatiale que Luke doit détruire : elle devient aussi quelque chose qui oblige deux jeunes impériaux à regarder en face ce qu’ils ont choisi de servir.

Une romance Star Wars manquait déjà assez peu de problèmes. Claudia Gray a donc ajouté une guerre civile galactique.

Leia était déjà Leia bien avant son message enregistré dans R2-D2

Leia, Princesse d’Alderaan revient sur une Leia Organa âgée de seize ans.

Elle n’est pas encore la figure de la Rébellion que l’on connaît. Pourtant, on voit très vite pourquoi elle va le devenir.

Leia doit accomplir les épreuves de sa Journée du mérite afin d’être reconnue comme véritable héritière d’Alderaan. Parallèlement, elle s’engage dans des missions humanitaires et commence à observer de beaucoup trop près la manière dont l’Empire traite certaines populations.

Peu à peu, elle comprend aussi que Bail et Breha Organa ne sont pas simplement des parents étrangement occupés.

Quelque chose se prépare contre l’Empire.

Et demander à Leia de rester sagement à l’écart constituait déjà une stratégie dont les chances de réussite étaient assez faibles.

Luke Skywalker : Légendes s’intéresse davantage aux histoires racontées sur Luke qu’à Luke lui-même

Après la chute de l’Empire, le nom de Luke Skywalker circule partout.

Le problème est simple : très peu de gens l’ont réellement rencontré.

Luke Skywalker : Légendes adapte des récits issus du livre de Ken Liu et joue précisément avec cette idée.

Pour certains, Luke est un Jedi extraordinaire. Ailleurs, il ressemble presque à une créature mythologique. Certains témoignages deviennent même franchement improbables.

Plusieurs artistes proposent ainsi leurs propres visions du personnage.

Le résultat fonctionne particulièrement bien avec Star Wars, une saga où les Jedi sont déjà décrits comme une vieille religion oubliée alors que leur ordre dominait encore la galaxie quelques décennies auparavant.

La légende va toujours plus vite que le Faucon Millenium.

Et contrairement à Han, elle ne discute même pas les chiffres.

Visions laisse les artistes japonais jouer avec Star Wars sans imiter les films

Star Wars : Visions part dans une direction encore différente.

La série animée avait invité plusieurs studios japonais à proposer leurs propres interprétations de la galaxie. Le manga adapte ensuite certaines de ces histoires.

Bien sûr, on retrouve des Jedi, des sabres et le côté obscur. Toutefois, les influences graphiques et narratives peuvent devenir beaucoup plus japonaises.

Un récit évoque le chanbara et les films de sabre. Un autre se rapproche davantage de la science-fiction manga. Les designs, eux aussi, peuvent s’éloigner franchement des silhouettes habituelles de Star Wars.

Star Wars a beaucoup emprunté au cinéma japonais ; Visions referme joliment la boucle en laissant des créateurs japonais reprendre Star Wars à leur tour.

The Mandalorian fonctionne particulièrement bien lorsque Din Djarin devient une silhouette d’encre noire

Dans le manga The Mandalorian, Yûsuke Ôsawa adapte les aventures de Din Djarin.

L’histoire commence quelques années après la chute de l’Empire. Mando travaille comme chasseur de primes et accepte une mission qui semble assez classique.

Puis la cible se révèle être un enfant âgé d’environ cinquante ans.

Oui, ça reste Star Wars.

Grogu prend rapidement une importance bien supérieure au contrat qui l’a placé sur la route de Din.

Le manga retrouve alors ce qui faisait le cœur de la série télévisée : un homme qui parle peu, un enfant qui parle encore moins et une relation qui devient pourtant parfaitement compréhensible.

D’ailleurs, le casque mandalorien se prête très bien au dessin. Ôsawa doit faire passer les émotions de Din par la posture, le mouvement et le cadrage.

Grogu, lui, a des oreilles.

Il s’en sert énormément.

Rebels reprend Ezra au moment où il pense encore surtout à survivre sur Lothal

Star Wars Rebels de Mitsuru Aoki adapte le début du parcours d’Ezra Bridger.

Ezra est un jeune orphelin qui vit sur Lothal, une planète occupée par l’Empire. Habitué à se débrouiller seul, il vole ce dont il a besoin et ne rêve pas encore de sauver la galaxie.

Puis il croise les membres de l’équipage du Ghost : Hera Syndulla, Kanan Jarrus, Sabine Wren, Zeb et Chopper.

Progressivement, Ezra découvre qu’il possède un lien avec la Force. Il comprend aussi que Kanan n’est pas seulement un rebelle muni d’un blaster.

Le garçon qui pensait surtout à lui-même commence ainsi à comprendre pourquoi certains risquent leur vie pour combattre l’Empire.

Chopper, lui, reste parfaitement capable de donner l’impression que la Rébellion aurait dû prévoir un service disciplinaire pour droïdes.

Gardiens des Whills donne enfin du temps à Baze et Chirrut avant Rogue One

Dans Gardiens des Whills, on retourne sur Jedha avant les événements de Rogue One.

Chirrut Îmwe et Baze Malbus veillent sur la ville sainte et le temple du kyber alors que l’occupation impériale devient de plus en plus brutale.

Ensuite, Saw Gerrera entre dans l’équation.

Les deux hommes doivent alors décider jusqu’où ils sont prêts à aller pour défendre les habitants.

Le manga permet surtout de passer davantage de temps avec deux personnages que le film lançait immédiatement dans une guerre déjà très avancée.

On comprend mieux leur relation et leurs différences. Chirrut garde une foi immense dans la Force, tandis que Baze reste beaucoup plus sceptique.

Pourtant, quand il faut protéger Chirrut, son scepticisme possède une remarquable tendance à arriver avec un très gros blaster.

La Haute République montre des Jedi qui ne sont pas encore occupés à rater le dossier Palpatine

La Haute République – Un équilibre fragile remonte plusieurs siècles avant la saga des Skywalker.

À cette époque, l’Ordre Jedi se trouve dans une situation très différente. Les Jedi parcourent une République en expansion et restent considérés comme de grands gardiens de la paix.

La chevalier Jedi Lily Tora-Asi rejoint Banchii, planète de la Bordure Extérieure où un nouveau temple Jedi accueille colons et voyageurs.

Elle travaille notamment avec son mentor wookiee, Maître Arkoff.

Puis arrivent les Nihil.

Comme leur conception de la cohabitation pacifique manque légèrement de souplesse, le quotidien du temple change assez vite.

Cette période permet surtout de découvrir l’Ordre Jedi bien avant sa chute.

Pas d’Anakin. Pas d’Étoile Noire. Et surtout, pas encore de Palpatine derrière chaque problème administratif.

Ça repose.

Un peu.

Yoda peut apparaître sans que l’histoire reparte forcément vers Dagobah

L’époque de la Haute République possède un avantage amusant : Yoda était déjà là.

Quand on atteint plusieurs siècles d’espérance de vie, on finit forcément par apparaître dans énormément de dossiers.

Des histoires parallèles d’Un équilibre fragile développent donc d’autres aspects de cette période. Prémonition place notamment Yoda face aux Nihil et à la menace que Marchion Ro fait peser sur de jeunes novices Jedi.

Cette fois, Yoda n’est pas caché sur Dagobah. L’Ordre fonctionne encore et les Jedi disposent de temples, d’élèves et d’une vraie présence dans la République.

En revanche, lorsque Yoda lui-même commence à douter de ce que lui montre la Force, les autres peuvent raisonnablement prévoir une longue journée.

Jedi : Fallen Order amène Cal Kestis du jeu vidéo vers le manga

Le manga Star Wars est également allé chercher du côté du jeu vidéo avec Jedi : Fallen Order.

Cal Kestis a survécu à l’Ordre 66. Après la destruction de l’Ordre Jedi, il vit donc en cachant ses pouvoirs et essaie surtout de ne pas attirer l’attention de l’Empire.

Évidemment, ça ne dure pas.

L’Inquisitorius le traque et Cal se retrouve entraîné dans un voyage où il doit affronter ce qu’il a vécu pendant la purge.

Son rapport aux Jedi diffère donc énormément de celui de Luke ou Ezra.

Cal sait déjà ce qu’est un Jedi parce qu’il a vu précisément ce qui est arrivé à leur ordre.

Quand quelqu’un lui parle de le reconstruire, il possède ainsi quelques excellentes raisons de ne pas répondre immédiatement « bonne idée ».

La Force n’est pas vécue de la même manière par Luke, Ezra, Cal, Chirrut ou Lily

C’est l’un des plaisirs de passer d’un manga Star Wars à l’autre.

Luke découvre une tradition qu’il croyait disparue, alors qu’Ezra apprend auprès d’un survivant qui n’a jamais terminé normalement sa propre formation.

De son côté, Cal transporte le traumatisme de l’Ordre 66. Lily Tora-Asi appartient au contraire à une époque où l’Ordre Jedi est encore puissant.

Enfin, Chirrut croit profondément dans la Force sans être lui-même Jedi.

Le concept reste donc le même, mais les expériences changent complètement.

Cela évite surtout de réduire la Force à une simple jauge magique où le personnage le plus puissant aurait automatiquement raison.

Sinon, Yoda aurait distribué un manuel et serait parti déjeuner.

Dark Vador change énormément selon l’endroit d’où on le regarde

Dans une adaptation d’Un nouvel espoir, Vador représente l’immense silhouette noire qui poursuit Leia et affronte Obi-Wan.

Avec Étoiles Perdues, il appartient au régime auquel Ciena et Thane ont consacré une partie de leur jeunesse. Ailleurs, dans un ancien récit consacré au côté obscur, il peut devenir directement le centre de l’histoire.

Dans Rebels, son époque pèse sur toute une galaxie occupée. Puis, dans The Mandalorian, sa mort appartient déjà au passé alors que les restes de l’Empire continuent à pourrir la vie de tout le monde.

Le personnage n’a donc même pas besoin d’être présent pour que son ombre reste là.

Ce qui convient assez bien à quelqu’un ayant passé une bonne partie de sa carrière à faire une entrée spectaculaire en respirant très fort.

Le manga permet aussi de raconter Star Wars sans toujours suivre un Skywalker

Luke, Leia et Anakin restent évidemment essentiels. Pourtant, la galaxie devient beaucoup plus intéressante lorsqu’on quitte parfois cette famille.

Thane et Ciena vivent la guerre depuis l’intérieur de l’Empire. Din Djarin pense d’abord comme un chasseur de primes. Ezra commence simplement comme un gamin de Lothal, tandis que Chirrut et Baze protègent Jedha.

Lily vit plusieurs siècles avant Luke. Quant à Cal, il essaie de survivre après la purge.

La même galaxie change complètement selon la personne qui ouvre les yeux le matin.

Pour Luke, un Star Destroyer représente un symbole de l’ennemi.

Pour Ciena, il peut s’agir du vaisseau à bord duquel elle sert.

Et soudain, tout devient légèrement plus compliqué.

Relire un film en manga peut quand même réserver de vraies surprises

Avec une adaptation, on connaît souvent la destination avant d’avoir ouvert le livre.

Vous savez probablement que Luke va quitter Tatooine. De même, la relation entre Dark Vador et lui ne constitue plus vraiment un secret.

Vous savez aussi que Din Djarin ne va pas abandonner Grogu après cinq minutes si vous avez déjà vu la série télévisée.

Pourtant, le dessin modifie le rythme. Le mangaka choisit un autre angle, accentue un regard ou raccourcit une scène.

Par ailleurs, le noir et blanc peut rendre certains combats beaucoup plus durs visuellement, tandis que les bulles donnent parfois davantage de place aux pensées.

Connaître la destination n’empêche donc pas d’apprécier un autre voyage.

Han Solo confirmerait probablement le principe, à condition de choisir lui-même le pilote.

D’autres mangas préfèrent justement raconter ce que les films n’ont jamais montré

Heureusement, « Star Wars en manga » ne signifie pas que Luke affronte Vador de nouveau dans chaque volume.

Étoiles Perdues développe Thane et Ciena. Un équilibre fragile construit son aventure autour de Lily Tora-Asi. Gardiens des Whills approfondit Chirrut et Baze.

De son côté, Luke Skywalker : Légendes joue avec les récits racontés sur Luke plutôt qu’avec un épisode précis. Enfin, Visions ouvre encore davantage les portes.

Le manga devient ainsi un moyen d’explorer des coins de la galaxie que les épisodes numérotés n’ont jamais eu le temps de visiter.

C’est aussi ce qui permet d’aligner dans une même collection des histoires qui ne se ressemblent presque pas.

Les éditions françaises peuvent être très différentes les unes des autres

Les anciens mangas publiés par Delcourt et les ouvrages plus récents de nobi nobi ! ne viennent pas de la même période.

Certains anciens titres reprennent directement les films, tandis que d’autres rassemblent des histoires aujourd’hui rattachées à Legends.

À l’inverse, les publications plus récentes peuvent adapter un roman canonique, une série télévisée, un jeu vidéo ou un projet comme Visions.

Le sens de lecture peut lui aussi varier selon l’origine de l’ouvrage.

Il n’existe donc pas un seul modèle de manga Star Wars.

Et c’est plutôt une bonne nouvelle.

Une galaxie entière avec exactement la même mise en page aurait fini par manquer sérieusement d’ambition.

Le 4 mai est évidemment devenu la meilleure date pour parler de Star Wars

« May the Force be with you » reste probablement la phrase la plus connue de la saga.

En anglais, « May the Fourth » sonne suffisamment proche pour que le 4 mai devienne la grande journée des fans de Star Wars.

nobi nobi ! a parfaitement joué avec cette tradition en lançant sa collection Star Wars Manga ce jour-là en 2022.

Depuis, mai reste naturellement une période particulièrement favorable aux annonces galactiques.

Il faut reconnaître que « Que la Force soit avec vous » possède légèrement plus de classe que « bonne fête des adaptations manga d’une franchise de science-fiction ».

Le service marketing a fait le bon choix.

Quel manga Star Wars choisir pour commencer ?

Tout dépend surtout du coin de la galaxie qui vous attire.

Si vous aimez la trilogie originale, les anciennes adaptations manga permettent de revoir Luke, Leia, Han, Yoda et Dark Vador à travers des artistes comme Hisao Tamaki ou Shin-Ichi Hiromoto.

En revanche, si vous préférez les histoires où l’Empire n’est pas uniquement une masse de soldats anonymes, Étoiles Perdues place deux jeunes au cœur de cette machine et les oblige à regarder ce qu’ils servent.

Leia est votre personnage préféré ? Princesse d’Alderaan montre comment l’adolescente commence à devenir la femme qui tiendra tête à Tarkin et Vador.

Pour retrouver l’ambiance de Rogue One, Gardiens des Whills permet de passer davantage de temps avec Chirrut et Baze avant Scarif.

Mandaloriens, Rebelles, Haute République ou Visions : la galaxie continue ailleurs

Les amateurs de Rebels peuvent suivre Ezra et l’équipage du Ghost, tandis que The Mandalorian retrouve Din Djarin et Grogu dans un format particulièrement adapté au personnage casqué.

Si vous préférez les Jedi à une époque où leur ordre ne tient pas encore au bord du précipice, La Haute République permet de remonter plusieurs siècles avant Anakin.

Enfin, Visions conviendra davantage à ceux qui veulent voir jusqu’où des artistes japonais peuvent pousser l’univers lorsqu’on leur laisse beaucoup de liberté graphique.

Ce mélange d’époques et d’approches correspond finalement très bien à Star Wars.

La saga a toujours été une histoire que plusieurs générations racontent à leur manière.

Les mangas ajoutent simplement quelques voix, quelques coups de pinceau et beaucoup de lignes de vitesse.

Et si quelqu’un vous explique que Dark Vador ne peut pas devenir encore plus impressionnant qu’au cinéma, mettez-lui une bonne planche manga devant les yeux.

Le côté obscur fonctionne très bien à l’encre noire.

Lire plus

Des anciennes adaptations manga publiées par Delcourt aux récits nobi nobi ! autour de Leia, Luke, Din Djarin, Ezra, Cal Kestis, la Haute République ou les héros de Rogue One, Star Wars a trouvé sur papier bien plus qu’une simple copie de ses films. Un dernier conseil : si un petit homme vert vous dit que la taille ne compte pas, écoutez-le. S’il commence ensuite à fouiller votre rayon manga en parlant à l’envers, là, vous pouvez quand même lui demander s’il compte acheter quelque chose.

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Star Wars en manga : Luke, Leia, Dark Vador, les Jedi et les Mandaloriens changent de trait

Le manga Star Wars ne se résume pas à reprendre les films en noir et blanc avec quelques bulles supplémentaires. Depuis les premières adaptations japonaises de la saga jusqu’aux séries publiées chez nobi nobi !, la galaxie a accueilli des dessinateurs et scénaristes capables de regarder les Jedi, l’Empire, Dark Vador ou les Mandaloriens avec des codes très différents.

Ainsi, on peut repartir avec Luke Skywalker sur Tatooine, suivre une Leia de seize ans bien avant qu’elle ne vole les plans de l’Étoile Noire, découvrir deux jeunes impériaux dont l’amour se brise contre la guerre ou accompagner Din Djarin et l’Enfant. Ailleurs, Ezra monte à bord du Ghost tandis que d’autres récits remontent plusieurs siècles avant Anakin, pendant l’époque de la Haute République.

Et si vous possédez une ancienne édition Delcourt à côté d’un volume nobi nobi !, non, quelqu’un n’a pas rangé deux licences différentes au même endroit.

Star Wars entretient une histoire avec le manga depuis bien plus longtemps qu’on pourrait le croire.

La galaxie de George Lucas avait déjà tout ce qu’il fallait pour devenir un manga

Star Wars naît au cinéma en 1977 avec Un nouvel espoir. On y trouve déjà des maîtres et leurs apprentis, des lignées familiales particulièrement compliquées, des rivaux, des sabres, des pouvoirs à maîtriser et des personnages qui mettent plusieurs épisodes à comprendre qui ils sont réellement.

Forcément, des mangakas ont eu envie d’y mettre les mains.

Le passage au manga permet surtout d’accentuer certaines choses que le cinéma traite autrement. Un duel peut devenir plus nerveux, tandis que Dark Vador peut occuper presque toute une page. À l’inverse, un simple regard de Luke peut remplacer plusieurs secondes de dialogue.

De plus, les vaisseaux gagnent souvent en vitesse grâce au découpage, aux grandes cases et aux lignes de mouvement. Le scénario reste parfois connu par cœur, mais la sensation de lecture change complètement.

Hisao Tamaki a redessiné Un nouvel espoir sans faire de photocopie du film

L’une des adaptations historiques les plus connues reste Star Wars Épisode IV : Un nouvel espoir dessinée par Hisao Tamaki.

Luke rencontre Obi-Wan, Leia affronte l’Empire, Han Solo entre dans l’histoire et l’Étoile Noire attend évidemment son heure. Pourtant, Tamaki ne cherche pas à reproduire chaque photogramme avec Mark Hamill, Carrie Fisher et Harrison Ford dessinés au millimètre.

Au contraire, ses personnages passent réellement par son propre trait. Luke paraît très jeune et particulièrement expressif. Leia possède une énergie différente, tandis que la silhouette noire de Dark Vador devient redoutablement efficace sur une page en noir et blanc.

Des années plus tard, Lucasfilm est d’ailleurs revenu sur cette adaptation : les planches originales de Tamaki ont été remises en avant dans une édition artistique consacrée au manga.

Pas mal pour une adaptation qui aurait pu rester une simple curiosité des années 1990.

L’Empire contre-attaque possède exactement le genre de scénario qui adore le noir et blanc

La trilogie originale a également vu L’Empire contre-attaque passer au manga. Franchement, l’épisode s’y prête très bien.

Hoth et ses AT-AT offrent de grandes scènes de guerre. Ensuite, Dagobah ramène l’histoire vers quelque chose de beaucoup plus intime. Pendant ce temps, Han et Leia fuient l’Empire, tandis que Luke finit par affronter Dark Vador à Bespin.

Le manga peut donc passer d’une double page chargée de machines et de tirs à une case presque silencieuse centrée sur un visage.

Et évidemment, même imprimée sur papier, la révélation familiale la plus célèbre de la galaxie reste une assez mauvaise journée pour Luke.

Le Retour du Jedi de Shin-Ichi Hiromoto ne se contente pas de dessiner l’action

L’adaptation du Retour du Jedi par Shin-Ichi Hiromoto possède une identité particulièrement forte.

Hiromoto utilise des perspectives tendues, des silhouettes parfois exagérées et beaucoup de noirs. Ainsi, lorsque Luke attaque sur la barge de Jabba, les corps et les lignes donnent une vraie sensation de vitesse.

Dark Vador, lui, paraît parfois presque trop grand pour la case. En revanche, les scènes avec Yoda peuvent devenir beaucoup plus dépouillées et calmes.

C’est exactement l’intérêt d’une bonne adaptation : on connaît la scène, mais on ne la regarde plus de la même manière.

Et le Rancor n’avait déjà pas besoin d’aide pour avoir l’air contrarié.

Kia Asamiya s’est également occupé de La Menace fantôme

La prélogie a elle aussi eu droit au traitement manga avec Kia Asamiya sur La Menace fantôme.

Qui-Gon Jinn et Obi-Wan arrivent sur Naboo, tandis que la reine Amidala fuit l’invasion. Ensuite, Anakin apparaît sur Tatooine et Dark Maul attend son moment.

Les courses de modules et les combats au sabre offrent évidemment un terrain idéal à un dessinateur japonais habitué au mouvement.

Cette adaptation fait partie des anciens mangas Star Wars publiés en français par Delcourt. Ces éditions appartiennent aujourd’hui à une autre période éditoriale de la licence, avec des formats et des présentations très différents des mangas Star Wars arrivés plus tard.

Autrement dit, voir George Lucas, Delcourt et un mangaka japonais sur le même livre n’est absolument pas une anomalie dans cette galaxie.

Silver & Black regarde plutôt du côté des gens qu’on éviterait dans un couloir

Les anciennes publications Star Wars manga ne se limitaient pas aux adaptations des films.

Silver & Black réunissait notamment plusieurs histoires tournées vers le côté obscur. Dark Vador et le général Grievous y prennent naturellement beaucoup de place.

On y découvre aussi Tao, un disciple de Vador créé pour ces récits.

Le volume possède donc une saveur différente. Ici, pas besoin d’attendre que Luke arrive pour s’intéresser à la galaxie : les Sith, leurs serviteurs et quelques personnages nettement moins fréquentables peuvent parfaitement occuper le premier plan.

Ces histoires appartiennent aux anciennes publications de l’univers étendu, aujourd’hui regroupées sous la bannière Legends.

Legends permet de ranger plusieurs décennies d’histoires sans les faire disparaître

Star Wars possède énormément de romans, comics et récits créés avant l’organisation actuelle de sa continuité.

En 2014, Lucasfilm a regroupé cet ancien univers étendu sous le nom Star Wars Legends. Depuis, les nouvelles productions suivent une continuité commune supervisée par Lucasfilm.

Cela ne rend évidemment pas les anciennes histoires inutiles.

En revanche, un vieux manga Delcourt et une adaptation récente ne racontent pas forcément des événements appartenant exactement à la même chronologie.

On peut donc parfaitement aimer les deux sans convoquer Yoda pour arbitrer.

Il a suffisamment de travail comme ça.

nobi nobi ! a lancé sa collection Star Wars Manga un 4 mai

Le 4 mai est devenu la journée Star Wars grâce au fameux jeu de mots anglais entre « May the Fourth » et « May the Force ».

nobi nobi ! a donc choisi le 4 mai 2022 pour lancer en France sa collection Star Wars Manga.

Les deux premiers titres étaient Étoiles Perdues et La Haute République – Un équilibre fragile. Ensuite, la collection s’est étendue à plusieurs périodes et personnages.

On y trouve des adaptations de romans, mais aussi des histoires venues de séries télévisées, de jeux vidéo ou de projets japonais comme Visions.

Résultat : Jedi, Rebelles, Mandaloriens et soldats impériaux peuvent désormais se partager le rayon sans forcément venir du même support d’origine.

Étoiles Perdues raconte l’Empire à travers deux jeunes qui rêvaient justement d’y entrer

Star Wars – Étoiles Perdues adapte le roman de Claudia Gray avec un dessin de Yusaku Komiyama.

Thane Kyrell et Ciena Ree grandissent sur Jelucan. Malgré leurs origines différentes, ils partagent le même rêve : devenir pilotes et rejoindre l’armée impériale.

Ils intègrent donc l’Académie. Pourtant, en grandissant, ils ne regardent plus du tout l’Empire de la même manière.

Thane commence à voir ce que le régime est réellement. Ciena, de son côté, reste déchirée entre sa conscience, ses serments et son sens du devoir.

Leur relation traverse alors les grands événements de la trilogie originale.

L’Étoile Noire n’est plus seulement une station spatiale que Luke doit détruire : elle devient aussi quelque chose qui oblige deux jeunes impériaux à regarder en face ce qu’ils ont choisi de servir.

Une romance Star Wars manquait déjà assez peu de problèmes. Claudia Gray a donc ajouté une guerre civile galactique.

Leia était déjà Leia bien avant son message enregistré dans R2-D2

Leia, Princesse d’Alderaan revient sur une Leia Organa âgée de seize ans.

Elle n’est pas encore la figure de la Rébellion que l’on connaît. Pourtant, on voit très vite pourquoi elle va le devenir.

Leia doit accomplir les épreuves de sa Journée du mérite afin d’être reconnue comme véritable héritière d’Alderaan. Parallèlement, elle s’engage dans des missions humanitaires et commence à observer de beaucoup trop près la manière dont l’Empire traite certaines populations.

Peu à peu, elle comprend aussi que Bail et Breha Organa ne sont pas simplement des parents étrangement occupés.

Quelque chose se prépare contre l’Empire.

Et demander à Leia de rester sagement à l’écart constituait déjà une stratégie dont les chances de réussite étaient assez faibles.

Luke Skywalker : Légendes s’intéresse davantage aux histoires racontées sur Luke qu’à Luke lui-même

Après la chute de l’Empire, le nom de Luke Skywalker circule partout.

Le problème est simple : très peu de gens l’ont réellement rencontré.

Luke Skywalker : Légendes adapte des récits issus du livre de Ken Liu et joue précisément avec cette idée.

Pour certains, Luke est un Jedi extraordinaire. Ailleurs, il ressemble presque à une créature mythologique. Certains témoignages deviennent même franchement improbables.

Plusieurs artistes proposent ainsi leurs propres visions du personnage.

Le résultat fonctionne particulièrement bien avec Star Wars, une saga où les Jedi sont déjà décrits comme une vieille religion oubliée alors que leur ordre dominait encore la galaxie quelques décennies auparavant.

La légende va toujours plus vite que le Faucon Millenium.

Et contrairement à Han, elle ne discute même pas les chiffres.

Visions laisse les artistes japonais jouer avec Star Wars sans imiter les films

Star Wars : Visions part dans une direction encore différente.

La série animée avait invité plusieurs studios japonais à proposer leurs propres interprétations de la galaxie. Le manga adapte ensuite certaines de ces histoires.

Bien sûr, on retrouve des Jedi, des sabres et le côté obscur. Toutefois, les influences graphiques et narratives peuvent devenir beaucoup plus japonaises.

Un récit évoque le chanbara et les films de sabre. Un autre se rapproche davantage de la science-fiction manga. Les designs, eux aussi, peuvent s’éloigner franchement des silhouettes habituelles de Star Wars.

Star Wars a beaucoup emprunté au cinéma japonais ; Visions referme joliment la boucle en laissant des créateurs japonais reprendre Star Wars à leur tour.

The Mandalorian fonctionne particulièrement bien lorsque Din Djarin devient une silhouette d’encre noire

Dans le manga The Mandalorian, Yûsuke Ôsawa adapte les aventures de Din Djarin.

L’histoire commence quelques années après la chute de l’Empire. Mando travaille comme chasseur de primes et accepte une mission qui semble assez classique.

Puis la cible se révèle être un enfant âgé d’environ cinquante ans.

Oui, ça reste Star Wars.

Grogu prend rapidement une importance bien supérieure au contrat qui l’a placé sur la route de Din.

Le manga retrouve alors ce qui faisait le cœur de la série télévisée : un homme qui parle peu, un enfant qui parle encore moins et une relation qui devient pourtant parfaitement compréhensible.

D’ailleurs, le casque mandalorien se prête très bien au dessin. Ôsawa doit faire passer les émotions de Din par la posture, le mouvement et le cadrage.

Grogu, lui, a des oreilles.

Il s’en sert énormément.

Rebels reprend Ezra au moment où il pense encore surtout à survivre sur Lothal

Star Wars Rebels de Mitsuru Aoki adapte le début du parcours d’Ezra Bridger.

Ezra est un jeune orphelin qui vit sur Lothal, une planète occupée par l’Empire. Habitué à se débrouiller seul, il vole ce dont il a besoin et ne rêve pas encore de sauver la galaxie.

Puis il croise les membres de l’équipage du Ghost : Hera Syndulla, Kanan Jarrus, Sabine Wren, Zeb et Chopper.

Progressivement, Ezra découvre qu’il possède un lien avec la Force. Il comprend aussi que Kanan n’est pas seulement un rebelle muni d’un blaster.

Le garçon qui pensait surtout à lui-même commence ainsi à comprendre pourquoi certains risquent leur vie pour combattre l’Empire.

Chopper, lui, reste parfaitement capable de donner l’impression que la Rébellion aurait dû prévoir un service disciplinaire pour droïdes.

Gardiens des Whills donne enfin du temps à Baze et Chirrut avant Rogue One

Dans Gardiens des Whills, on retourne sur Jedha avant les événements de Rogue One.

Chirrut Îmwe et Baze Malbus veillent sur la ville sainte et le temple du kyber alors que l’occupation impériale devient de plus en plus brutale.

Ensuite, Saw Gerrera entre dans l’équation.

Les deux hommes doivent alors décider jusqu’où ils sont prêts à aller pour défendre les habitants.

Le manga permet surtout de passer davantage de temps avec deux personnages que le film lançait immédiatement dans une guerre déjà très avancée.

On comprend mieux leur relation et leurs différences. Chirrut garde une foi immense dans la Force, tandis que Baze reste beaucoup plus sceptique.

Pourtant, quand il faut protéger Chirrut, son scepticisme possède une remarquable tendance à arriver avec un très gros blaster.

La Haute République montre des Jedi qui ne sont pas encore occupés à rater le dossier Palpatine

La Haute République – Un équilibre fragile remonte plusieurs siècles avant la saga des Skywalker.

À cette époque, l’Ordre Jedi se trouve dans une situation très différente. Les Jedi parcourent une République en expansion et restent considérés comme de grands gardiens de la paix.

La chevalier Jedi Lily Tora-Asi rejoint Banchii, planète de la Bordure Extérieure où un nouveau temple Jedi accueille colons et voyageurs.

Elle travaille notamment avec son mentor wookiee, Maître Arkoff.

Puis arrivent les Nihil.

Comme leur conception de la cohabitation pacifique manque légèrement de souplesse, le quotidien du temple change assez vite.

Cette période permet surtout de découvrir l’Ordre Jedi bien avant sa chute.

Pas d’Anakin. Pas d’Étoile Noire. Et surtout, pas encore de Palpatine derrière chaque problème administratif.

Ça repose.

Un peu.

Yoda peut apparaître sans que l’histoire reparte forcément vers Dagobah

L’époque de la Haute République possède un avantage amusant : Yoda était déjà là.

Quand on atteint plusieurs siècles d’espérance de vie, on finit forcément par apparaître dans énormément de dossiers.

Des histoires parallèles d’Un équilibre fragile développent donc d’autres aspects de cette période. Prémonition place notamment Yoda face aux Nihil et à la menace que Marchion Ro fait peser sur de jeunes novices Jedi.

Cette fois, Yoda n’est pas caché sur Dagobah. L’Ordre fonctionne encore et les Jedi disposent de temples, d’élèves et d’une vraie présence dans la République.

En revanche, lorsque Yoda lui-même commence à douter de ce que lui montre la Force, les autres peuvent raisonnablement prévoir une longue journée.

Jedi : Fallen Order amène Cal Kestis du jeu vidéo vers le manga

Le manga Star Wars est également allé chercher du côté du jeu vidéo avec Jedi : Fallen Order.

Cal Kestis a survécu à l’Ordre 66. Après la destruction de l’Ordre Jedi, il vit donc en cachant ses pouvoirs et essaie surtout de ne pas attirer l’attention de l’Empire.

Évidemment, ça ne dure pas.

L’Inquisitorius le traque et Cal se retrouve entraîné dans un voyage où il doit affronter ce qu’il a vécu pendant la purge.

Son rapport aux Jedi diffère donc énormément de celui de Luke ou Ezra.

Cal sait déjà ce qu’est un Jedi parce qu’il a vu précisément ce qui est arrivé à leur ordre.

Quand quelqu’un lui parle de le reconstruire, il possède ainsi quelques excellentes raisons de ne pas répondre immédiatement « bonne idée ».

La Force n’est pas vécue de la même manière par Luke, Ezra, Cal, Chirrut ou Lily

C’est l’un des plaisirs de passer d’un manga Star Wars à l’autre.

Luke découvre une tradition qu’il croyait disparue, alors qu’Ezra apprend auprès d’un survivant qui n’a jamais terminé normalement sa propre formation.

De son côté, Cal transporte le traumatisme de l’Ordre 66. Lily Tora-Asi appartient au contraire à une époque où l’Ordre Jedi est encore puissant.

Enfin, Chirrut croit profondément dans la Force sans être lui-même Jedi.

Le concept reste donc le même, mais les expériences changent complètement.

Cela évite surtout de réduire la Force à une simple jauge magique où le personnage le plus puissant aurait automatiquement raison.

Sinon, Yoda aurait distribué un manuel et serait parti déjeuner.

Dark Vador change énormément selon l’endroit d’où on le regarde

Dans une adaptation d’Un nouvel espoir, Vador représente l’immense silhouette noire qui poursuit Leia et affronte Obi-Wan.

Avec Étoiles Perdues, il appartient au régime auquel Ciena et Thane ont consacré une partie de leur jeunesse. Ailleurs, dans un ancien récit consacré au côté obscur, il peut devenir directement le centre de l’histoire.

Dans Rebels, son époque pèse sur toute une galaxie occupée. Puis, dans The Mandalorian, sa mort appartient déjà au passé alors que les restes de l’Empire continuent à pourrir la vie de tout le monde.

Le personnage n’a donc même pas besoin d’être présent pour que son ombre reste là.

Ce qui convient assez bien à quelqu’un ayant passé une bonne partie de sa carrière à faire une entrée spectaculaire en respirant très fort.

Le manga permet aussi de raconter Star Wars sans toujours suivre un Skywalker

Luke, Leia et Anakin restent évidemment essentiels. Pourtant, la galaxie devient beaucoup plus intéressante lorsqu’on quitte parfois cette famille.

Thane et Ciena vivent la guerre depuis l’intérieur de l’Empire. Din Djarin pense d’abord comme un chasseur de primes. Ezra commence simplement comme un gamin de Lothal, tandis que Chirrut et Baze protègent Jedha.

Lily vit plusieurs siècles avant Luke. Quant à Cal, il essaie de survivre après la purge.

La même galaxie change complètement selon la personne qui ouvre les yeux le matin.

Pour Luke, un Star Destroyer représente un symbole de l’ennemi.

Pour Ciena, il peut s’agir du vaisseau à bord duquel elle sert.

Et soudain, tout devient légèrement plus compliqué.

Relire un film en manga peut quand même réserver de vraies surprises

Avec une adaptation, on connaît souvent la destination avant d’avoir ouvert le livre.

Vous savez probablement que Luke va quitter Tatooine. De même, la relation entre Dark Vador et lui ne constitue plus vraiment un secret.

Vous savez aussi que Din Djarin ne va pas abandonner Grogu après cinq minutes si vous avez déjà vu la série télévisée.

Pourtant, le dessin modifie le rythme. Le mangaka choisit un autre angle, accentue un regard ou raccourcit une scène.

Par ailleurs, le noir et blanc peut rendre certains combats beaucoup plus durs visuellement, tandis que les bulles donnent parfois davantage de place aux pensées.

Connaître la destination n’empêche donc pas d’apprécier un autre voyage.

Han Solo confirmerait probablement le principe, à condition de choisir lui-même le pilote.

D’autres mangas préfèrent justement raconter ce que les films n’ont jamais montré

Heureusement, « Star Wars en manga » ne signifie pas que Luke affronte Vador de nouveau dans chaque volume.

Étoiles Perdues développe Thane et Ciena. Un équilibre fragile construit son aventure autour de Lily Tora-Asi. Gardiens des Whills approfondit Chirrut et Baze.

De son côté, Luke Skywalker : Légendes joue avec les récits racontés sur Luke plutôt qu’avec un épisode précis. Enfin, Visions ouvre encore davantage les portes.

Le manga devient ainsi un moyen d’explorer des coins de la galaxie que les épisodes numérotés n’ont jamais eu le temps de visiter.

C’est aussi ce qui permet d’aligner dans une même collection des histoires qui ne se ressemblent presque pas.

Les éditions françaises peuvent être très différentes les unes des autres

Les anciens mangas publiés par Delcourt et les ouvrages plus récents de nobi nobi ! ne viennent pas de la même période.

Certains anciens titres reprennent directement les films, tandis que d’autres rassemblent des histoires aujourd’hui rattachées à Legends.

À l’inverse, les publications plus récentes peuvent adapter un roman canonique, une série télévisée, un jeu vidéo ou un projet comme Visions.

Le sens de lecture peut lui aussi varier selon l’origine de l’ouvrage.

Il n’existe donc pas un seul modèle de manga Star Wars.

Et c’est plutôt une bonne nouvelle.

Une galaxie entière avec exactement la même mise en page aurait fini par manquer sérieusement d’ambition.

Le 4 mai est évidemment devenu la meilleure date pour parler de Star Wars

« May the Force be with you » reste probablement la phrase la plus connue de la saga.

En anglais, « May the Fourth » sonne suffisamment proche pour que le 4 mai devienne la grande journée des fans de Star Wars.

nobi nobi ! a parfaitement joué avec cette tradition en lançant sa collection Star Wars Manga ce jour-là en 2022.

Depuis, mai reste naturellement une période particulièrement favorable aux annonces galactiques.

Il faut reconnaître que « Que la Force soit avec vous » possède légèrement plus de classe que « bonne fête des adaptations manga d’une franchise de science-fiction ».

Le service marketing a fait le bon choix.

Quel manga Star Wars choisir pour commencer ?

Tout dépend surtout du coin de la galaxie qui vous attire.

Si vous aimez la trilogie originale, les anciennes adaptations manga permettent de revoir Luke, Leia, Han, Yoda et Dark Vador à travers des artistes comme Hisao Tamaki ou Shin-Ichi Hiromoto.

En revanche, si vous préférez les histoires où l’Empire n’est pas uniquement une masse de soldats anonymes, Étoiles Perdues place deux jeunes au cœur de cette machine et les oblige à regarder ce qu’ils servent.

Leia est votre personnage préféré ? Princesse d’Alderaan montre comment l’adolescente commence à devenir la femme qui tiendra tête à Tarkin et Vador.

Pour retrouver l’ambiance de Rogue One, Gardiens des Whills permet de passer davantage de temps avec Chirrut et Baze avant Scarif.

Mandaloriens, Rebelles, Haute République ou Visions : la galaxie continue ailleurs

Les amateurs de Rebels peuvent suivre Ezra et l’équipage du Ghost, tandis que The Mandalorian retrouve Din Djarin et Grogu dans un format particulièrement adapté au personnage casqué.

Si vous préférez les Jedi à une époque où leur ordre ne tient pas encore au bord du précipice, La Haute République permet de remonter plusieurs siècles avant Anakin.

Enfin, Visions conviendra davantage à ceux qui veulent voir jusqu’où des artistes japonais peuvent pousser l’univers lorsqu’on leur laisse beaucoup de liberté graphique.

Ce mélange d’époques et d’approches correspond finalement très bien à Star Wars.

La saga a toujours été une histoire que plusieurs générations racontent à leur manière.

Les mangas ajoutent simplement quelques voix, quelques coups de pinceau et beaucoup de lignes de vitesse.

Et si quelqu’un vous explique que Dark Vador ne peut pas devenir encore plus impressionnant qu’au cinéma, mettez-lui une bonne planche manga devant les yeux.

Le côté obscur fonctionne très bien à l’encre noire.

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Des anciennes adaptations manga publiées par Delcourt aux récits nobi nobi ! autour de Leia, Luke, Din Djarin, Ezra, Cal Kestis, la Haute République ou les héros de Rogue One, Star Wars a trouvé sur papier bien plus qu’une simple copie de ses films. Un dernier conseil : si un petit homme vert vous dit que la taille ne compte pas, écoutez-le. S’il commence ensuite à fouiller votre rayon manga en parlant à l’envers, là, vous pouvez quand même lui demander s’il compte acheter quelque chose.