Splatoon

Splatoon : la Blue Team repeint les arènes, les adversaires et parfois complètement le règlement

Dans le manga Splatoon, Chromapolis est peuplée d’Inklings, des adolescents capables de passer d’une forme humanoïde à celle d’un calamar. Leur grande passion : les guerres de territoire, des affrontements à quatre contre quatre où il ne suffit pas d’éliminer l’équipe adverse. Pour gagner, il faut surtout recouvrir le terrain avec son encre.

Sur le papier, la Blue Team ne fait peur à personne.

Little Mask, Mr Binoclard, Miss Casque et Miss Bonnet ne possèdent ni le meilleur classement ni l’aura des grandes équipes de Chromapolis. Leur réputation est même plutôt catastrophique.

Seulement, leurs adversaires découvrent rapidement quelque chose d’assez pénible : ces quatre-là s’amusent tellement qu’ils finissent parfois par inventer une solution à laquelle personne n’avait pensé.

Au centre de tout ça se trouve Little Mask, un Inkling qui possède une conception très personnelle de la concentration, du sérieux et parfois même de la nécessité de garder ses vêtements sur lui.

Les champions peuvent préparer leurs stratégies pendant des heures.

Little Mask préfère souvent commencer par faire n’importe quoi.

Le problème, c’est que ça marche beaucoup plus souvent que prévu.

Une guerre de territoire ne se gagne pas en tirant simplement sur tout ce qui bouge

Sankichi Hinodeya reprend directement l’idée qui distingue Splatoon des autres jeux de tir.

Deux équipes de quatre Inklings entrent dans une arène avec des armes projetant de l’encre.

Mais le véritable objectif consiste à couvrir le plus de terrain possible avec la couleur de son équipe.

Un adversaire peut être neutralisé momentanément, bien sûr.

Pourtant, passer toute la partie à courir après les ennemis tout en oubliant d’encrer le sol constitue une excellente manière de perdre avec beaucoup de panache.

Le manga exploite parfaitement cette règle.

Les personnages doivent observer l’arène, choisir leurs déplacements et parfois sacrifier un duel pour reprendre une zone importante.

Le résultat est beaucoup plus amusant qu’une succession de personnages qui se tireraient simplement dessus pendant seize tomes.

Little Mask semble avoir raté le cours expliquant qu’un capitaine devait rester sérieux

Little Mask est le personnage le plus immédiatement reconnaissable de la série.

Il porte ses fameuses lunettes et appartient à cette catégorie de héros qui peuvent entrer dans une compétition importante en donnant l’impression qu’ils viennent surtout vérifier si quelqu’un a prévu le goûter.

Il agit avant de réfléchir.

Il adore plaisanter.

Il provoque régulièrement ses adversaires sans vraiment se demander s’ils sont quinze fois plus forts que lui.

Et lorsqu’une situation devient tendue, sa première réaction n’est pas forcément celle que Mr Binoclard aurait choisie.

Pourtant, Little Mask possède une vraie qualité : il ne considère jamais un match comme perdu avant de l’avoir joué.

Face à des équipes beaucoup mieux classées, cette insouciance devient presque une force.

Là où ses camarades peuvent paniquer devant le nom d’un champion, Little Mask voit surtout quatre autres Inklings qu’il serait amusant d’affronter.

Mr Binoclard essaie désespérément d’ajouter un peu d’organisation au milieu de tout ça

Mr Binoclard est le membre de la Blue Team qui réfléchit le plus avant de foncer.

Ce qui n’est pas exactement difficile lorsqu’on partage une équipe avec Little Mask.

Il connaît les règles, analyse davantage les adversaires et tente régulièrement de maintenir une stratégie cohérente pendant que ses camarades partent dans des directions inattendues.

Il possède cependant son propre défaut : il stresse facilement.

Plus l’équipe affronte des adversaires prestigieux, plus Binoclard mesure exactement tout ce qui peut mal tourner.

Et pendant qu’il calcule mentalement leurs chances de survie, Little Mask est souvent déjà parti attaquer.

Le duo fonctionne précisément grâce à ce contraste.

L’un réfléchit parfois trop.

L’autre pas assez.

Entre les deux, ils finissent étrangement par trouver une moyenne acceptable.

Miss Casque est généralement la personne raisonnable que Little Mask pousse à bout

Miss Casque possède un tempérament nettement plus posé.

Elle observe, garde davantage son calme et apporte souvent un peu de logique lorsque l’équipe commence à partir dans tous les sens.

Elle peut toutefois avoir le trac avant certaines compétitions.

Ce qui la rend assez différente de Little Mask, capable d’arriver face à une équipe de champions avec la même expression que pour une partie improvisée entre amis.

Miss Casque doit aussi supporter ses idioties quotidiennes.

Et comme sa patience possède malgré tout une limite, Little Mask découvre occasionnellement qu’il existe des dangers bien plus immédiats qu’un adversaire de rang S.

Un Inkling ennemi vous asperge d’encre.

Miss Casque énervée peut vous expliquer personnellement pourquoi votre dernière blague était mauvaise.

Le deuxième cas semble parfois plus dangereux.

Miss Bonnet possède une capacité assez exceptionnelle à rester joyeuse pendant le chaos

Miss Bonnet complète la Blue Team.

Elle partage avec Little Mask un enthousiasme presque inépuisable.

Là où Binoclard anticipe les problèmes et où Miss Casque essaie de conserver un minimum de sérieux, Miss Bonnet semble généralement très heureuse d’être là.

Cette bonne humeur compte énormément dans l’identité de l’équipe.

La Blue Team ne fonctionne pas comme une formation militaire.

Elle gagne surtout parce que ses quatre membres aiment réellement jouer ensemble.

Ils peuvent se disputer.

Ils font des erreurs.

Ils ne possèdent pas toujours l’équipement le plus impressionnant.

Mais personne ne joue uniquement pour sa propre gloire.

Et certains adversaires découvrent justement que quatre joueurs moyens capables de coopérer peuvent devenir nettement plus pénibles qu’un champion entouré de trois figurants.

Rider commence avec une philosophie assez simple : le meilleur joueur devrait suffire à gagner

Rider fait partie des premiers adversaires importants de la Blue Team.

C’est un excellent joueur.

Il possède une vraie maîtrise de son arme et beaucoup plus d’expérience que Little Mask.

Le problème vient surtout de sa manière de considérer ses propres coéquipiers.

Rider pense qu’un leader suffisamment fort peut porter toute son équipe.

Les autres sont surtout là pour suivre.

Puis il rencontre la Blue Team.

Le choc est assez amusant parce que les quatre héros sont précisément l’opposé de cette philosophie.

Pris séparément, ils ne sont pas les meilleurs.

Ensemble, ils compensent leurs erreurs, inventent des solutions et refusent de laisser un seul joueur décider de tout.

Rider finit donc par découvrir que le talent individuel possède une limite assez gênante dans un jeu à quatre contre quatre.

Lorsque Rider finit par aider la Blue Team, les choses deviennent encore plus intéressantes

La rivalité ne reste pas figée.

Après avoir compris l’importance du travail collectif, Rider commence à regarder la Blue Team différemment.

Il devient même capable de les conseiller.

C’est l’une des qualités du manga : les adversaires ne disparaissent pas nécessairement dès qu’ils ont perdu leur match.

Plusieurs reviennent.

Ils évoluent.

Ils peuvent devenir partenaires pour une autre compétition ou se retrouver impliqués dans une aventure complètement différente.

Du coup, les tournois construisent progressivement tout un petit monde de joueurs que l’on reconnaît lorsqu’ils réapparaissent.

Et Little Mask se fait évidemment un plaisir de continuer à les énerver comme si leur premier affrontement datait de la veille.

Les S4 rappellent rapidement à la Blue Team que battre un bon joueur n’était que le début

À mesure que l’équipe progresse, elle attire l’attention de joueurs beaucoup plus prestigieux.

Parmi eux se trouvent les S4, quatre Inklings considérés comme des références du circuit.

Army, Aloha, Mask et Skull possèdent chacun leur style, leur équipement et leur manière de combattre.

La différence de niveau paraît énorme.

Ce qui n’empêche évidemment pas Little Mask d’aborder les rencontres avec sa délicatesse habituelle.

Ces affrontements permettent surtout à Hinodeya de montrer que les grandes équipes ne gagnent pas toutes de la même manière.

Certains joueurs comptent sur la technique.

D’autres sur la puissance, l’organisation ou une stratégie très précise.

La Blue Team doit donc changer constamment sa façon de jouer.

La recette qui fonctionnait contre le précédent adversaire ne suffit pas toujours au suivant.

Skull possède exactement le genre de réputation qui devrait pousser Little Mask à être prudent

Skull fait partie des joueurs que la Blue Team doit sérieusement prendre en compte.

Il est redoutable et sa réputation n’est pas là pour décorer son équipement.

Face à lui, l’écart entre une équipe encore perçue comme une bande d’amateurs et les meilleurs joueurs devient très visible.

Seulement, Hinodeya ne fait jamais de Little Mask un héros soudainement imbattable parce que le scénario en a besoin.

La Blue Team doit continuer à progresser.

Parfois, une victoire vient d’une bonne idée plutôt que d’une supériorité technique.

Et c’est exactement l’esprit de Splatoon.

On peut très bien être moins précis que l’adversaire et quand même avoir repeint la moitié de la carte pendant qu’il essayait de vous éliminer.

Le résultat final se fiche assez royalement de savoir qui avait l’air le plus cool pendant le match.

Le manga ne reste pas enfermé dans les arènes de Chromapolis

Après les premières compétitions, l’histoire commence à reprendre d’autres éléments des jeux vidéo.

Little Mask et Rider se retrouvent notamment mêlés aux problèmes des Octariens.

Ayo, Oly et l’amiral Macalamar prennent alors une importance beaucoup plus directe.

Le manga quitte momentanément le simple championnat pour partir vers une aventure plus proche du mode Héros.

Ce changement de ton arrive au bon moment.

Après plusieurs matchs, voir les personnages affronter une véritable menace permet d’utiliser leurs armes et leurs transformations autrement.

Et surtout, Little Mask découvre qu’une mission d’infiltration demande parfois légèrement plus de discrétion qu’une guerre de territoire.

Ce qui constitue déjà un problème assez sérieux.

Les Inklings peuvent devenir des calamars, et le manga exploite réellement cette capacité

La transformation des Inklings n’est pas seulement là pour respecter le design du jeu.

Sous leur forme humanoïde, ils utilisent leurs armes et se déplacent normalement.

En forme de calamar, ils peuvent nager rapidement dans l’encre de leur propre équipe.

Ils peuvent ainsi se cacher, accélérer ou atteindre certaines zones beaucoup plus facilement.

Dans le manga, cela permet des poursuites et des tactiques impossibles avec de simples personnages humains.

Un Inkling peut disparaître dans une flaque d’encre puis ressortir ailleurs.

Une surface repeinte devient à la fois un territoire gagné et une voie de déplacement.

L’encre sert donc à marquer des points, mais également à construire le terrain sur lequel l’équipe va jouer.

Plus la Blue Team repeint intelligemment l’arène, plus elle crée ses propres chemins.

Splatoon 2 arrive dans le manga sans virer toute la bande précédente

Lorsque l’univers du jeu évolue avec Splatoon 2, Hinodeya ne recommence pas tout depuis zéro.

La Blue Team reste au centre.

En revanche, les lieux, équipements et adversaires changent.

Le Square de Chromapolis prend davantage de place et de nouvelles compétitions apparaissent.

C’est notamment le cas de la Square King Cup.

Pour Little Mask et ses amis, cela signifie surtout une nouvelle quantité de joueurs persuadés qu’une équipe aussi désordonnée ne peut pas aller très loin.

À ce stade, la remarque devrait pourtant commencer à être déconseillée.

Chaque fois que quelqu’un traite la Blue Team comme une bande d’idiots incapables de gagner, Little Mask semble considérer ça comme une invitation personnelle.

Emperor possède tout ce que Little Mask n’a jamais essayé d’avoir

Emperor représente l’un des grands joueurs de cette nouvelle période.

Il possède le talent, le prestige et la réputation d’un champion.

Ses résultats parlent pour lui.

Face à lui, Little Mask donne encore davantage l’impression d’être arrivé par erreur dans la compétition.

Pourtant, leurs confrontations montrent bien pourquoi le manga fonctionne.

Hinodeya aime opposer des joueurs très sérieux à un héros qui ne respecte absolument pas le cérémonial attendu.

Emperor peut préparer une stratégie parfaite.

Little Mask peut répondre avec une idée ridicule.

Et parfois, l’idée ridicule devient soudain très difficile à défendre lorsqu’elle est exécutée par quatre joueurs qui se comprennent parfaitement.

Ce n’est probablement pas la manière la plus élégante de gagner.

Mais personne n’a demandé à Little Mask d’être élégant.

Team Gloves et X-Blood font encore grimper le niveau des compétitions

Les tournois suivants continuent à introduire des équipes avec des identités très marquées.

Team Gloves prend une place importante parmi les nouveaux adversaires, tandis que X-Blood arrive avec une réputation particulièrement solide.

La Ranked Battle Cup pousse les affrontements vers des modes où il ne suffit plus simplement de repeindre toute la carte.

Des règles comme la Défense de zone obligent les équipes à contrôler des emplacements précis.

Le positionnement devient donc encore plus important.

Une équipe peut dominer plusieurs duels et quand même perdre l’objectif.

Pour la Blue Team, qui adore improviser, c’est presque une invitation à inventer de nouvelles catastrophes tactiquement valables.

Team Blueperor prouve que d’anciens adversaires peuvent finir dans la même équipe

À force de compétitions, les alliances évoluent.

La Team Blueperor rassemble ainsi des joueurs qui n’étaient pas destinés à combattre ensemble au départ.

Le nom lui-même mélange la Blue Team et Emperor.

Cette équipe doit notamment affronter X-Blood lors d’un grand match de la Ranked Battle Cup.

Le passage est particulièrement satisfaisant parce qu’il exploite tout ce que le manga a construit auparavant.

Les rivalités ne sont plus seulement des obstacles.

Les personnages ont appris les uns des autres.

Un ancien adversaire peut connaître précisément les défauts de Little Mask tout en sachant pourquoi il vaut mieux l’avoir dans son équipe que face à soi.

Enfin, « mieux » reste relatif lorsqu’il commence à improviser.

Le métro Abyssal transforme complètement le terrain de jeu

Hinodeya adapte également des éléments de l’Octo Expansion.

Little Mask se retrouve dans le métro Abyssal, où une série d’épreuves doit être accomplie pour progresser.

Il y rencontre un Octaling amnésique que l’amiral Macalamar baptise Numéro 8 et que Little Mask surnomme Grand Huit.

Cette partie permet de sortir encore une fois des tournois classiques.

Les personnages doivent réussir des tests, comprendre l’endroit où ils se trouvent et chercher une voie vers la surface.

Le manga peut ainsi reprendre les idées du jeu tout en les adaptant au caractère de sa propre équipe.

Et lorsqu’une épreuve a été pensée pour tester la précision, la logique ou la patience, envoyer Little Mask constitue souvent une expérience scientifique en soi.

Les Octalings cessent alors d’être simplement « les ennemis d’en face »

La présence de Grand Huit permet aussi d’élargir l’univers.

Les premiers conflits opposaient facilement Inklings et Octariens.

Mais le manga montre progressivement qu’une espèce entière ne se résume évidemment pas au rôle d’ennemi prévu par une mission.

Grand Huit devient un personnage à part entière.

Il possède ses propres capacités et cherche lui aussi à comprendre son identité.

La frontière entre adversaires et alliés devient donc beaucoup moins nette.

Ce qui convient parfaitement à Little Mask.

Il avait déjà du mal à considérer un rival comme quelqu’un qu’il devait sérieusement détester pendant plus d’un chapitre.

Le mode Héros revient ensuite avec Mr Binoclard et le reste de la bande

Le manga continue à alterner compétitions et aventures directement inspirées des campagnes solo.

Un nouvel arc du mode Héros implique notamment Mr Binoclard et plusieurs membres de l’équipe.

Ce changement permet à des personnages qui vivent souvent dans l’ombre des frasques de Little Mask de prendre davantage de place.

Hinodeya peut aussi utiliser le monde de Splatoon autrement qu’avec une simple ligne de départ et un résultat final.

Il y a des missions.

Des ennemis.

Des lieux à explorer.

Et toujours cette capacité du manga à transformer une situation censée être sérieuse en catastrophe comique quelques pages plus tard.

Splatoon ne choisit jamais vraiment entre aventure et gag.

Il préfère généralement faire les deux en même temps.

Le manga reprend même les festivals et leurs débats parfaitement essentiels à l’avenir du monde

Les joueurs de Splatoon connaissent les festivals : deux camps choisissent leur réponse à une question puis s’affrontent pour défendre leur préférence.

Les sujets peuvent être extrêmement sérieux.

Ou absolument pas.

Le manga reprend cette idée et va même jusqu’à adapter certains événements liés aux jeux.

Le tome 8 intègre par exemple un festival inspiré de l’opposition japonaise entre boke et tsukkomi, les deux rôles classiques du duo comique : celui qui lance l’absurdité et celui qui réagit.

Autant dire qu’avec Little Mask dans les environs, la question de savoir qui joue le rôle de l’idiot ne demande pas une enquête de longue durée.

Les Shadows ont une technique particulièrement désagréable : ressembler aux gens qu’ils affrontent

Plus tard, la Blue Team rencontre les Shadows.

Ces mystérieux Inklings possèdent une apparence étrangement familière.

Le principe crée forcément des affrontements particuliers.

Combattre un adversaire déjà très fort est une chose.

Affronter quelqu’un qui semble reprendre vos propres caractéristiques en est une autre.

Cette partie arrive après le Final Splatfest et permet encore une fois à Hinodeya de jouer avec les codes de son univers plutôt que de lancer simplement un tournoi supplémentaire.

Pour Little Mask, voir quelqu’un lui ressembler devrait normalement constituer une expérience inquiétante.

Pour Mr Binoclard, Miss Casque et Miss Bonnet, le plus inquiétant reste probablement l’idée qu’il puisse désormais y en avoir deux.

Le dernier tome réussit encore à trouver de nouvelles excuses pour faire jouer toute la bande

Le seizième volume ne se contente pas de fermer la porte juste après une grande confrontation.

Little Mask et ses amis participent notamment à un rallye de tampons où ils doivent enchaîner différentes épreuves.

Les défis permettent de retrouver plusieurs facettes de Splatoon : guerres de territoire, matchs classés et même Salmon Run.

C’est assez représentatif de toute la série.

Hinodeya traite le jeu vidéo comme une immense boîte à jouets.

Il prend une mécanique, imagine ce que Little Mask pourrait en faire de plus idiot, puis construit l’épisode autour.

Le plaisir vient autant de reconnaître les modes du jeu que de voir le manga les détourner.

Sankichi Hinodeya ne cherche pas à raconter exactement les parties que vous avez déjà jouées

C’est un point important.

Splatoon est bien un manga officiel adapté de la licence Nintendo.

Pourtant, Little Mask, Mr Binoclard, Miss Casque et Miss Bonnet forment une véritable équipe créée pour le manga.

Hinodeya ne se contente donc pas de transformer l’écran du jeu en cases.

Il invente des rivalités, développe ses propres équipes et fait revenir ses personnages d’un arc à l’autre.

Les modes et lieux de Nintendo servent de terrain.

L’histoire appartient ensuite beaucoup plus directement à cette bande.

C’est ce qui permet au manga d’être amusant même lorsqu’on connaît très bien les jeux.

On reconnaît l’arme ou l’arène.

On ne sait pas forcément quelle idée absurde Little Mask va avoir avec.

Le manga a grandi en même temps que les jeux

La série accompagne plusieurs époques de Splatoon.

Elle commence avec Chromapolis et l’univers du premier jeu, sorti sur Wii U.

Puis les éléments de Splatoon 2 apparaissent : nouveaux équipements, nouveaux lieux, Octo Expansion, Salmon Run et autres modes.

Cela donne aux seize tomes une évolution visuelle et ludique assez amusante.

Les personnages restent les mêmes.

Mais leur terrain de jeu continue à s’agrandir.

Un lecteur qui connaît la licence reconnaîtra donc régulièrement une mécanique, une tenue ou un événement particulier.

Et celui qui n’a jamais touché à la manette comprend malgré tout les règles suffisamment vite pour suivre les matchs.

Les équipements comptent réellement, jusque dans les noms des personnages

Splatoon possède depuis le jeu vidéo une obsession très particulière pour le style.

Chaussures, lunettes, casques, bonnets et vêtements ne servent pas uniquement à décorer un personnage.

Le manga reprend cette idée jusque dans les surnoms.

Little Mask, Mr Binoclard, Miss Casque ou Miss Bonnet sont reconnaissables par leur équipement avant même qu’on connaisse leur personnalité.

D’autres adversaires suivent la même logique.

Du coup, Hinodeya peut introduire énormément de joueurs sans que le lecteur ait besoin d’un trombinoscope de vingt pages pour les différencier.

Et lorsque plusieurs dizaines d’Inklings commencent à repeindre une arène en même temps, c’est appréciable.

L’humour reste volontairement très CoroCoro

Le manga est prépublié dans le Monthly CoroCoro Comic, magazine japonais historiquement tourné vers le jeune public et les grandes licences de jeux vidéo.

Ça se sent immédiatement.

Les gags sont rapides.

Les expressions deviennent énormes.

Little Mask peut ruiner une scène supposée héroïque en quelques secondes.

Les adversaires les plus sérieux ne sont jamais complètement protégés du ridicule.

Et certaines plaisanteries reposent volontairement sur un humour très enfantin.

Splatoon assume totalement son envie de faire rire avant de chercher à devenir dramatique.

Cela ne l’empêche pas d’avoir de vrais matchs ni des moments d’aventure.

Simplement, personne ne doit espérer voir Little Mask tenir un grand discours solennel pendant quinze pages sans que quelque chose de stupide lui arrive.

La première série est complète en 16 tomes

Splatoon de Sankichi Hinodeya est complet en 16 tomes.

La série est publiée au Japon par Shogakukan et en français par Soleil Manga.

Ces seize volumes couvrent l’aventure de la Blue Team depuis ses premières guerres de territoire à Chromapolis jusqu’aux arcs inspirés de Splatoon 2.

L’ensemble comprend les affrontements contre les S4, la Square King Cup, X-Blood, les aventures liées aux Octariens, le métro Abyssal, le mode Héros, les festivals et différentes compétitions.

Le dernier tome français est paru en 2022.

Mais l’univers de Little Mask ne s’arrête pas avec ce numéro.

Hinodeya poursuit ensuite la bande dans Splatoon – La Contrée Clabousse, cette fois avec les décors, personnages et mécaniques inspirés de Splatoon 3.

Parce qu’après seize tomes à repeindre Chromapolis, il fallait bien trouver une autre ville à salir.

Pourquoi commencer Splatoon ?

Parce que le manga comprend très bien ce qui rend le jeu amusant sans demander au lecteur de connaître la différence entre vingt modèles de Liquidateurs avant la première page.

Le principe est immédiat.

Quatre contre quatre. Deux couleurs. Une arène. Il faut encrer plus de terrain que l’autre équipe.

Ensuite arrivent les personnages.

Little Mask est imprévisible.

Mr Binoclard essaie de réfléchir pour tout le monde.

Miss Casque maintient autant que possible un semblant de discipline.

Miss Bonnet semble avoir décidé qu’une compétition importante restait avant tout une excellente occasion de s’amuser.

Autour d’eux, Rider, les S4, Emperor, Gloves, X-Blood et les autres équipes transforment progressivement les matchs en véritable championnat rempli de rivaux reconnaissables.

Puis le manga sort des arènes et va chercher les Octariens, Grand Huit, le métro Abyssal ou les aventures du mode Héros.

Il y a donc suffisamment de compétition pour ceux qui aiment voir progresser une équipe, mais également assez d’aventure et d’humour pour éviter l’impression de relire le même match seize fois.

Et surtout, la Blue Team est facile à aimer précisément parce qu’elle n’aurait jamais dû être l’équipe la plus impressionnante du tournoi.

Elle gagne parce que ses membres jouent ensemble, trouvent des idées et refusent de prendre les grands champions aussi au sérieux qu’ils le souhaiteraient.

Si vous connaissez déjà les jeux, vous reconnaîtrez énormément de détails.

Si vous ne connaissez pas Splatoon, ce n’est pas grave : Little Mask ne semble pas toujours connaître lui-même le plan avant de l’exécuter.

Et ça ne l’a jamais vraiment empêché de tirer.

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Splatoon est un manga complet en 16 tomes écrit et dessiné par Sankichi Hinodeya, avec Little Mask, Mr Binoclard, Miss Casque et Miss Bonnet au sein de la Blue Team. Tournois, S4, Octariens, métro Abyssal et Salmon Run viennent progressivement agrandir le terrain de jeu. Un dernier conseil : si Little Mask vous explique qu’il a une stratégie, demandez plutôt à Mr Binoclard. Et s’il vous répond qu’il ne sait pas non plus, c’est probablement que le match a déjà commencé.

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Splatoon : la Blue Team repeint les arènes, les adversaires et parfois complètement le règlement

Dans le manga Splatoon, Chromapolis est peuplée d’Inklings, des adolescents capables de passer d’une forme humanoïde à celle d’un calamar. Leur grande passion : les guerres de territoire, des affrontements à quatre contre quatre où il ne suffit pas d’éliminer l’équipe adverse. Pour gagner, il faut surtout recouvrir le terrain avec son encre.

Sur le papier, la Blue Team ne fait peur à personne.

Little Mask, Mr Binoclard, Miss Casque et Miss Bonnet ne possèdent ni le meilleur classement ni l’aura des grandes équipes de Chromapolis. Leur réputation est même plutôt catastrophique.

Seulement, leurs adversaires découvrent rapidement quelque chose d’assez pénible : ces quatre-là s’amusent tellement qu’ils finissent parfois par inventer une solution à laquelle personne n’avait pensé.

Au centre de tout ça se trouve Little Mask, un Inkling qui possède une conception très personnelle de la concentration, du sérieux et parfois même de la nécessité de garder ses vêtements sur lui.

Les champions peuvent préparer leurs stratégies pendant des heures.

Little Mask préfère souvent commencer par faire n’importe quoi.

Le problème, c’est que ça marche beaucoup plus souvent que prévu.

Une guerre de territoire ne se gagne pas en tirant simplement sur tout ce qui bouge

Sankichi Hinodeya reprend directement l’idée qui distingue Splatoon des autres jeux de tir.

Deux équipes de quatre Inklings entrent dans une arène avec des armes projetant de l’encre.

Mais le véritable objectif consiste à couvrir le plus de terrain possible avec la couleur de son équipe.

Un adversaire peut être neutralisé momentanément, bien sûr.

Pourtant, passer toute la partie à courir après les ennemis tout en oubliant d’encrer le sol constitue une excellente manière de perdre avec beaucoup de panache.

Le manga exploite parfaitement cette règle.

Les personnages doivent observer l’arène, choisir leurs déplacements et parfois sacrifier un duel pour reprendre une zone importante.

Le résultat est beaucoup plus amusant qu’une succession de personnages qui se tireraient simplement dessus pendant seize tomes.

Little Mask semble avoir raté le cours expliquant qu’un capitaine devait rester sérieux

Little Mask est le personnage le plus immédiatement reconnaissable de la série.

Il porte ses fameuses lunettes et appartient à cette catégorie de héros qui peuvent entrer dans une compétition importante en donnant l’impression qu’ils viennent surtout vérifier si quelqu’un a prévu le goûter.

Il agit avant de réfléchir.

Il adore plaisanter.

Il provoque régulièrement ses adversaires sans vraiment se demander s’ils sont quinze fois plus forts que lui.

Et lorsqu’une situation devient tendue, sa première réaction n’est pas forcément celle que Mr Binoclard aurait choisie.

Pourtant, Little Mask possède une vraie qualité : il ne considère jamais un match comme perdu avant de l’avoir joué.

Face à des équipes beaucoup mieux classées, cette insouciance devient presque une force.

Là où ses camarades peuvent paniquer devant le nom d’un champion, Little Mask voit surtout quatre autres Inklings qu’il serait amusant d’affronter.

Mr Binoclard essaie désespérément d’ajouter un peu d’organisation au milieu de tout ça

Mr Binoclard est le membre de la Blue Team qui réfléchit le plus avant de foncer.

Ce qui n’est pas exactement difficile lorsqu’on partage une équipe avec Little Mask.

Il connaît les règles, analyse davantage les adversaires et tente régulièrement de maintenir une stratégie cohérente pendant que ses camarades partent dans des directions inattendues.

Il possède cependant son propre défaut : il stresse facilement.

Plus l’équipe affronte des adversaires prestigieux, plus Binoclard mesure exactement tout ce qui peut mal tourner.

Et pendant qu’il calcule mentalement leurs chances de survie, Little Mask est souvent déjà parti attaquer.

Le duo fonctionne précisément grâce à ce contraste.

L’un réfléchit parfois trop.

L’autre pas assez.

Entre les deux, ils finissent étrangement par trouver une moyenne acceptable.

Miss Casque est généralement la personne raisonnable que Little Mask pousse à bout

Miss Casque possède un tempérament nettement plus posé.

Elle observe, garde davantage son calme et apporte souvent un peu de logique lorsque l’équipe commence à partir dans tous les sens.

Elle peut toutefois avoir le trac avant certaines compétitions.

Ce qui la rend assez différente de Little Mask, capable d’arriver face à une équipe de champions avec la même expression que pour une partie improvisée entre amis.

Miss Casque doit aussi supporter ses idioties quotidiennes.

Et comme sa patience possède malgré tout une limite, Little Mask découvre occasionnellement qu’il existe des dangers bien plus immédiats qu’un adversaire de rang S.

Un Inkling ennemi vous asperge d’encre.

Miss Casque énervée peut vous expliquer personnellement pourquoi votre dernière blague était mauvaise.

Le deuxième cas semble parfois plus dangereux.

Miss Bonnet possède une capacité assez exceptionnelle à rester joyeuse pendant le chaos

Miss Bonnet complète la Blue Team.

Elle partage avec Little Mask un enthousiasme presque inépuisable.

Là où Binoclard anticipe les problèmes et où Miss Casque essaie de conserver un minimum de sérieux, Miss Bonnet semble généralement très heureuse d’être là.

Cette bonne humeur compte énormément dans l’identité de l’équipe.

La Blue Team ne fonctionne pas comme une formation militaire.

Elle gagne surtout parce que ses quatre membres aiment réellement jouer ensemble.

Ils peuvent se disputer.

Ils font des erreurs.

Ils ne possèdent pas toujours l’équipement le plus impressionnant.

Mais personne ne joue uniquement pour sa propre gloire.

Et certains adversaires découvrent justement que quatre joueurs moyens capables de coopérer peuvent devenir nettement plus pénibles qu’un champion entouré de trois figurants.

Rider commence avec une philosophie assez simple : le meilleur joueur devrait suffire à gagner

Rider fait partie des premiers adversaires importants de la Blue Team.

C’est un excellent joueur.

Il possède une vraie maîtrise de son arme et beaucoup plus d’expérience que Little Mask.

Le problème vient surtout de sa manière de considérer ses propres coéquipiers.

Rider pense qu’un leader suffisamment fort peut porter toute son équipe.

Les autres sont surtout là pour suivre.

Puis il rencontre la Blue Team.

Le choc est assez amusant parce que les quatre héros sont précisément l’opposé de cette philosophie.

Pris séparément, ils ne sont pas les meilleurs.

Ensemble, ils compensent leurs erreurs, inventent des solutions et refusent de laisser un seul joueur décider de tout.

Rider finit donc par découvrir que le talent individuel possède une limite assez gênante dans un jeu à quatre contre quatre.

Lorsque Rider finit par aider la Blue Team, les choses deviennent encore plus intéressantes

La rivalité ne reste pas figée.

Après avoir compris l’importance du travail collectif, Rider commence à regarder la Blue Team différemment.

Il devient même capable de les conseiller.

C’est l’une des qualités du manga : les adversaires ne disparaissent pas nécessairement dès qu’ils ont perdu leur match.

Plusieurs reviennent.

Ils évoluent.

Ils peuvent devenir partenaires pour une autre compétition ou se retrouver impliqués dans une aventure complètement différente.

Du coup, les tournois construisent progressivement tout un petit monde de joueurs que l’on reconnaît lorsqu’ils réapparaissent.

Et Little Mask se fait évidemment un plaisir de continuer à les énerver comme si leur premier affrontement datait de la veille.

Les S4 rappellent rapidement à la Blue Team que battre un bon joueur n’était que le début

À mesure que l’équipe progresse, elle attire l’attention de joueurs beaucoup plus prestigieux.

Parmi eux se trouvent les S4, quatre Inklings considérés comme des références du circuit.

Army, Aloha, Mask et Skull possèdent chacun leur style, leur équipement et leur manière de combattre.

La différence de niveau paraît énorme.

Ce qui n’empêche évidemment pas Little Mask d’aborder les rencontres avec sa délicatesse habituelle.

Ces affrontements permettent surtout à Hinodeya de montrer que les grandes équipes ne gagnent pas toutes de la même manière.

Certains joueurs comptent sur la technique.

D’autres sur la puissance, l’organisation ou une stratégie très précise.

La Blue Team doit donc changer constamment sa façon de jouer.

La recette qui fonctionnait contre le précédent adversaire ne suffit pas toujours au suivant.

Skull possède exactement le genre de réputation qui devrait pousser Little Mask à être prudent

Skull fait partie des joueurs que la Blue Team doit sérieusement prendre en compte.

Il est redoutable et sa réputation n’est pas là pour décorer son équipement.

Face à lui, l’écart entre une équipe encore perçue comme une bande d’amateurs et les meilleurs joueurs devient très visible.

Seulement, Hinodeya ne fait jamais de Little Mask un héros soudainement imbattable parce que le scénario en a besoin.

La Blue Team doit continuer à progresser.

Parfois, une victoire vient d’une bonne idée plutôt que d’une supériorité technique.

Et c’est exactement l’esprit de Splatoon.

On peut très bien être moins précis que l’adversaire et quand même avoir repeint la moitié de la carte pendant qu’il essayait de vous éliminer.

Le résultat final se fiche assez royalement de savoir qui avait l’air le plus cool pendant le match.

Le manga ne reste pas enfermé dans les arènes de Chromapolis

Après les premières compétitions, l’histoire commence à reprendre d’autres éléments des jeux vidéo.

Little Mask et Rider se retrouvent notamment mêlés aux problèmes des Octariens.

Ayo, Oly et l’amiral Macalamar prennent alors une importance beaucoup plus directe.

Le manga quitte momentanément le simple championnat pour partir vers une aventure plus proche du mode Héros.

Ce changement de ton arrive au bon moment.

Après plusieurs matchs, voir les personnages affronter une véritable menace permet d’utiliser leurs armes et leurs transformations autrement.

Et surtout, Little Mask découvre qu’une mission d’infiltration demande parfois légèrement plus de discrétion qu’une guerre de territoire.

Ce qui constitue déjà un problème assez sérieux.

Les Inklings peuvent devenir des calamars, et le manga exploite réellement cette capacité

La transformation des Inklings n’est pas seulement là pour respecter le design du jeu.

Sous leur forme humanoïde, ils utilisent leurs armes et se déplacent normalement.

En forme de calamar, ils peuvent nager rapidement dans l’encre de leur propre équipe.

Ils peuvent ainsi se cacher, accélérer ou atteindre certaines zones beaucoup plus facilement.

Dans le manga, cela permet des poursuites et des tactiques impossibles avec de simples personnages humains.

Un Inkling peut disparaître dans une flaque d’encre puis ressortir ailleurs.

Une surface repeinte devient à la fois un territoire gagné et une voie de déplacement.

L’encre sert donc à marquer des points, mais également à construire le terrain sur lequel l’équipe va jouer.

Plus la Blue Team repeint intelligemment l’arène, plus elle crée ses propres chemins.

Splatoon 2 arrive dans le manga sans virer toute la bande précédente

Lorsque l’univers du jeu évolue avec Splatoon 2, Hinodeya ne recommence pas tout depuis zéro.

La Blue Team reste au centre.

En revanche, les lieux, équipements et adversaires changent.

Le Square de Chromapolis prend davantage de place et de nouvelles compétitions apparaissent.

C’est notamment le cas de la Square King Cup.

Pour Little Mask et ses amis, cela signifie surtout une nouvelle quantité de joueurs persuadés qu’une équipe aussi désordonnée ne peut pas aller très loin.

À ce stade, la remarque devrait pourtant commencer à être déconseillée.

Chaque fois que quelqu’un traite la Blue Team comme une bande d’idiots incapables de gagner, Little Mask semble considérer ça comme une invitation personnelle.

Emperor possède tout ce que Little Mask n’a jamais essayé d’avoir

Emperor représente l’un des grands joueurs de cette nouvelle période.

Il possède le talent, le prestige et la réputation d’un champion.

Ses résultats parlent pour lui.

Face à lui, Little Mask donne encore davantage l’impression d’être arrivé par erreur dans la compétition.

Pourtant, leurs confrontations montrent bien pourquoi le manga fonctionne.

Hinodeya aime opposer des joueurs très sérieux à un héros qui ne respecte absolument pas le cérémonial attendu.

Emperor peut préparer une stratégie parfaite.

Little Mask peut répondre avec une idée ridicule.

Et parfois, l’idée ridicule devient soudain très difficile à défendre lorsqu’elle est exécutée par quatre joueurs qui se comprennent parfaitement.

Ce n’est probablement pas la manière la plus élégante de gagner.

Mais personne n’a demandé à Little Mask d’être élégant.

Team Gloves et X-Blood font encore grimper le niveau des compétitions

Les tournois suivants continuent à introduire des équipes avec des identités très marquées.

Team Gloves prend une place importante parmi les nouveaux adversaires, tandis que X-Blood arrive avec une réputation particulièrement solide.

La Ranked Battle Cup pousse les affrontements vers des modes où il ne suffit plus simplement de repeindre toute la carte.

Des règles comme la Défense de zone obligent les équipes à contrôler des emplacements précis.

Le positionnement devient donc encore plus important.

Une équipe peut dominer plusieurs duels et quand même perdre l’objectif.

Pour la Blue Team, qui adore improviser, c’est presque une invitation à inventer de nouvelles catastrophes tactiquement valables.

Team Blueperor prouve que d’anciens adversaires peuvent finir dans la même équipe

À force de compétitions, les alliances évoluent.

La Team Blueperor rassemble ainsi des joueurs qui n’étaient pas destinés à combattre ensemble au départ.

Le nom lui-même mélange la Blue Team et Emperor.

Cette équipe doit notamment affronter X-Blood lors d’un grand match de la Ranked Battle Cup.

Le passage est particulièrement satisfaisant parce qu’il exploite tout ce que le manga a construit auparavant.

Les rivalités ne sont plus seulement des obstacles.

Les personnages ont appris les uns des autres.

Un ancien adversaire peut connaître précisément les défauts de Little Mask tout en sachant pourquoi il vaut mieux l’avoir dans son équipe que face à soi.

Enfin, « mieux » reste relatif lorsqu’il commence à improviser.

Le métro Abyssal transforme complètement le terrain de jeu

Hinodeya adapte également des éléments de l’Octo Expansion.

Little Mask se retrouve dans le métro Abyssal, où une série d’épreuves doit être accomplie pour progresser.

Il y rencontre un Octaling amnésique que l’amiral Macalamar baptise Numéro 8 et que Little Mask surnomme Grand Huit.

Cette partie permet de sortir encore une fois des tournois classiques.

Les personnages doivent réussir des tests, comprendre l’endroit où ils se trouvent et chercher une voie vers la surface.

Le manga peut ainsi reprendre les idées du jeu tout en les adaptant au caractère de sa propre équipe.

Et lorsqu’une épreuve a été pensée pour tester la précision, la logique ou la patience, envoyer Little Mask constitue souvent une expérience scientifique en soi.

Les Octalings cessent alors d’être simplement « les ennemis d’en face »

La présence de Grand Huit permet aussi d’élargir l’univers.

Les premiers conflits opposaient facilement Inklings et Octariens.

Mais le manga montre progressivement qu’une espèce entière ne se résume évidemment pas au rôle d’ennemi prévu par une mission.

Grand Huit devient un personnage à part entière.

Il possède ses propres capacités et cherche lui aussi à comprendre son identité.

La frontière entre adversaires et alliés devient donc beaucoup moins nette.

Ce qui convient parfaitement à Little Mask.

Il avait déjà du mal à considérer un rival comme quelqu’un qu’il devait sérieusement détester pendant plus d’un chapitre.

Le mode Héros revient ensuite avec Mr Binoclard et le reste de la bande

Le manga continue à alterner compétitions et aventures directement inspirées des campagnes solo.

Un nouvel arc du mode Héros implique notamment Mr Binoclard et plusieurs membres de l’équipe.

Ce changement permet à des personnages qui vivent souvent dans l’ombre des frasques de Little Mask de prendre davantage de place.

Hinodeya peut aussi utiliser le monde de Splatoon autrement qu’avec une simple ligne de départ et un résultat final.

Il y a des missions.

Des ennemis.

Des lieux à explorer.

Et toujours cette capacité du manga à transformer une situation censée être sérieuse en catastrophe comique quelques pages plus tard.

Splatoon ne choisit jamais vraiment entre aventure et gag.

Il préfère généralement faire les deux en même temps.

Le manga reprend même les festivals et leurs débats parfaitement essentiels à l’avenir du monde

Les joueurs de Splatoon connaissent les festivals : deux camps choisissent leur réponse à une question puis s’affrontent pour défendre leur préférence.

Les sujets peuvent être extrêmement sérieux.

Ou absolument pas.

Le manga reprend cette idée et va même jusqu’à adapter certains événements liés aux jeux.

Le tome 8 intègre par exemple un festival inspiré de l’opposition japonaise entre boke et tsukkomi, les deux rôles classiques du duo comique : celui qui lance l’absurdité et celui qui réagit.

Autant dire qu’avec Little Mask dans les environs, la question de savoir qui joue le rôle de l’idiot ne demande pas une enquête de longue durée.

Les Shadows ont une technique particulièrement désagréable : ressembler aux gens qu’ils affrontent

Plus tard, la Blue Team rencontre les Shadows.

Ces mystérieux Inklings possèdent une apparence étrangement familière.

Le principe crée forcément des affrontements particuliers.

Combattre un adversaire déjà très fort est une chose.

Affronter quelqu’un qui semble reprendre vos propres caractéristiques en est une autre.

Cette partie arrive après le Final Splatfest et permet encore une fois à Hinodeya de jouer avec les codes de son univers plutôt que de lancer simplement un tournoi supplémentaire.

Pour Little Mask, voir quelqu’un lui ressembler devrait normalement constituer une expérience inquiétante.

Pour Mr Binoclard, Miss Casque et Miss Bonnet, le plus inquiétant reste probablement l’idée qu’il puisse désormais y en avoir deux.

Le dernier tome réussit encore à trouver de nouvelles excuses pour faire jouer toute la bande

Le seizième volume ne se contente pas de fermer la porte juste après une grande confrontation.

Little Mask et ses amis participent notamment à un rallye de tampons où ils doivent enchaîner différentes épreuves.

Les défis permettent de retrouver plusieurs facettes de Splatoon : guerres de territoire, matchs classés et même Salmon Run.

C’est assez représentatif de toute la série.

Hinodeya traite le jeu vidéo comme une immense boîte à jouets.

Il prend une mécanique, imagine ce que Little Mask pourrait en faire de plus idiot, puis construit l’épisode autour.

Le plaisir vient autant de reconnaître les modes du jeu que de voir le manga les détourner.

Sankichi Hinodeya ne cherche pas à raconter exactement les parties que vous avez déjà jouées

C’est un point important.

Splatoon est bien un manga officiel adapté de la licence Nintendo.

Pourtant, Little Mask, Mr Binoclard, Miss Casque et Miss Bonnet forment une véritable équipe créée pour le manga.

Hinodeya ne se contente donc pas de transformer l’écran du jeu en cases.

Il invente des rivalités, développe ses propres équipes et fait revenir ses personnages d’un arc à l’autre.

Les modes et lieux de Nintendo servent de terrain.

L’histoire appartient ensuite beaucoup plus directement à cette bande.

C’est ce qui permet au manga d’être amusant même lorsqu’on connaît très bien les jeux.

On reconnaît l’arme ou l’arène.

On ne sait pas forcément quelle idée absurde Little Mask va avoir avec.

Le manga a grandi en même temps que les jeux

La série accompagne plusieurs époques de Splatoon.

Elle commence avec Chromapolis et l’univers du premier jeu, sorti sur Wii U.

Puis les éléments de Splatoon 2 apparaissent : nouveaux équipements, nouveaux lieux, Octo Expansion, Salmon Run et autres modes.

Cela donne aux seize tomes une évolution visuelle et ludique assez amusante.

Les personnages restent les mêmes.

Mais leur terrain de jeu continue à s’agrandir.

Un lecteur qui connaît la licence reconnaîtra donc régulièrement une mécanique, une tenue ou un événement particulier.

Et celui qui n’a jamais touché à la manette comprend malgré tout les règles suffisamment vite pour suivre les matchs.

Les équipements comptent réellement, jusque dans les noms des personnages

Splatoon possède depuis le jeu vidéo une obsession très particulière pour le style.

Chaussures, lunettes, casques, bonnets et vêtements ne servent pas uniquement à décorer un personnage.

Le manga reprend cette idée jusque dans les surnoms.

Little Mask, Mr Binoclard, Miss Casque ou Miss Bonnet sont reconnaissables par leur équipement avant même qu’on connaisse leur personnalité.

D’autres adversaires suivent la même logique.

Du coup, Hinodeya peut introduire énormément de joueurs sans que le lecteur ait besoin d’un trombinoscope de vingt pages pour les différencier.

Et lorsque plusieurs dizaines d’Inklings commencent à repeindre une arène en même temps, c’est appréciable.

L’humour reste volontairement très CoroCoro

Le manga est prépublié dans le Monthly CoroCoro Comic, magazine japonais historiquement tourné vers le jeune public et les grandes licences de jeux vidéo.

Ça se sent immédiatement.

Les gags sont rapides.

Les expressions deviennent énormes.

Little Mask peut ruiner une scène supposée héroïque en quelques secondes.

Les adversaires les plus sérieux ne sont jamais complètement protégés du ridicule.

Et certaines plaisanteries reposent volontairement sur un humour très enfantin.

Splatoon assume totalement son envie de faire rire avant de chercher à devenir dramatique.

Cela ne l’empêche pas d’avoir de vrais matchs ni des moments d’aventure.

Simplement, personne ne doit espérer voir Little Mask tenir un grand discours solennel pendant quinze pages sans que quelque chose de stupide lui arrive.

La première série est complète en 16 tomes

Splatoon de Sankichi Hinodeya est complet en 16 tomes.

La série est publiée au Japon par Shogakukan et en français par Soleil Manga.

Ces seize volumes couvrent l’aventure de la Blue Team depuis ses premières guerres de territoire à Chromapolis jusqu’aux arcs inspirés de Splatoon 2.

L’ensemble comprend les affrontements contre les S4, la Square King Cup, X-Blood, les aventures liées aux Octariens, le métro Abyssal, le mode Héros, les festivals et différentes compétitions.

Le dernier tome français est paru en 2022.

Mais l’univers de Little Mask ne s’arrête pas avec ce numéro.

Hinodeya poursuit ensuite la bande dans Splatoon – La Contrée Clabousse, cette fois avec les décors, personnages et mécaniques inspirés de Splatoon 3.

Parce qu’après seize tomes à repeindre Chromapolis, il fallait bien trouver une autre ville à salir.

Pourquoi commencer Splatoon ?

Parce que le manga comprend très bien ce qui rend le jeu amusant sans demander au lecteur de connaître la différence entre vingt modèles de Liquidateurs avant la première page.

Le principe est immédiat.

Quatre contre quatre. Deux couleurs. Une arène. Il faut encrer plus de terrain que l’autre équipe.

Ensuite arrivent les personnages.

Little Mask est imprévisible.

Mr Binoclard essaie de réfléchir pour tout le monde.

Miss Casque maintient autant que possible un semblant de discipline.

Miss Bonnet semble avoir décidé qu’une compétition importante restait avant tout une excellente occasion de s’amuser.

Autour d’eux, Rider, les S4, Emperor, Gloves, X-Blood et les autres équipes transforment progressivement les matchs en véritable championnat rempli de rivaux reconnaissables.

Puis le manga sort des arènes et va chercher les Octariens, Grand Huit, le métro Abyssal ou les aventures du mode Héros.

Il y a donc suffisamment de compétition pour ceux qui aiment voir progresser une équipe, mais également assez d’aventure et d’humour pour éviter l’impression de relire le même match seize fois.

Et surtout, la Blue Team est facile à aimer précisément parce qu’elle n’aurait jamais dû être l’équipe la plus impressionnante du tournoi.

Elle gagne parce que ses membres jouent ensemble, trouvent des idées et refusent de prendre les grands champions aussi au sérieux qu’ils le souhaiteraient.

Si vous connaissez déjà les jeux, vous reconnaîtrez énormément de détails.

Si vous ne connaissez pas Splatoon, ce n’est pas grave : Little Mask ne semble pas toujours connaître lui-même le plan avant de l’exécuter.

Et ça ne l’a jamais vraiment empêché de tirer.

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Splatoon est un manga complet en 16 tomes écrit et dessiné par Sankichi Hinodeya, avec Little Mask, Mr Binoclard, Miss Casque et Miss Bonnet au sein de la Blue Team. Tournois, S4, Octariens, métro Abyssal et Salmon Run viennent progressivement agrandir le terrain de jeu. Un dernier conseil : si Little Mask vous explique qu’il a une stratégie, demandez plutôt à Mr Binoclard. Et s’il vous répond qu’il ne sait pas non plus, c’est probablement que le match a déjà commencé.