Soul Eater

Soul Eater : à Shibusen, votre partenaire peut littéralement devenir votre arme

Dans le manga Soul Eater, les élèves de Shibusen ne viennent pas simplement apprendre à se battre. Certains sont des Meisters, capables de manier des partenaires humains qui peuvent se transformer en armes. Maka Albarn forme ainsi un duo avec Soul Eater Evans, un garçon qui devient une immense faux. Leur objectif : faire de Soul une Death Scythe digne de servir le Seigneur de la Mort.

Pour y arriver, ils doivent récolter des âmes et surtout apprendre à accorder les leurs. Parce que chez Atsushi Ohkubo, avoir la meilleure arme du monde ne sert pas à grand-chose si vous êtes incapable de vous entendre avec la personne qui se trouve au bout du manche. Et vu le caractère de certains élèves de Shibusen, la partie la plus difficile n’est pas toujours de combattre les sorcières.

Maka et Soul : une faux, une Meister et deux caractères qui doivent s’accorder

Maka Albarn est sérieuse, travailleuse et déteste perdre. Soul, lui, tient énormément à paraître « cool ». Naturellement, leurs façons de voir les choses ne coïncident pas toujours.

Pourtant, lorsqu’ils combattent réellement ensemble, leur duo fonctionne grâce à la résonance des âmes. Meister et arme doivent synchroniser leurs longueurs d’onde pour utiliser tout leur potentiel. Ce principe devient l’une des grandes idées de Soul Eater.

La progression ne repose donc pas seulement sur une nouvelle technique apprise au bon moment. Les personnages doivent aussi comprendre leur partenaire, lui faire confiance et parfois régler ce qui bloque entre eux.

Et Maka possède une motivation supplémentaire : son père, Spirit, est lui-même une Death Scythe. Malheureusement pour lui, être une arme exceptionnelle ne suffit pas à impressionner sa fille. Son comportement avec les femmes a sérieusement endommagé son dossier paternel.

Black☆Star : l’assassin qui aimerait surtout que tout le monde le regarde

Puis il y a Black☆Star. Normalement, un assassin cherche la discrétion. Black☆Star a visiblement sauté cette partie de la formation.

Il veut devenir plus grand que Dieu, adore annoncer son arrivée et possède une confiance en lui qui nécessiterait probablement sa propre salle de classe. Heureusement, derrière le numéro permanent se cache aussi un combattant extrêmement déterminé.

Sa partenaire Tsubaki Nakatsukasa peut prendre plusieurs formes d’armes. Calme et patiente, elle constitue presque l’équilibre parfait face à Black☆Star. Là où il prend toute la place, elle observe. Là où il fonce, elle essaie parfois de réfléchir pour deux.

Leur duo permet surtout à Ohkubo de montrer que chaque paire fonctionne différemment. Maka et Soul doivent apprendre à harmoniser leurs tempéraments. Black☆Star et Tsubaki vivent plutôt sur un principe simple : quelqu’un doit bien empêcher l’autre de hurler son nom avant une mission d’infiltration.

Death the Kid : sauver le monde, oui, mais seulement si le tableau est bien droit

Death the Kid est le fils du Seigneur de la Mort et possède déjà un niveau impressionnant lorsqu’il entre vraiment dans l’histoire. Il combat avec Liz et Patty Thompson, deux sœurs capables de se transformer en pistolets.

Pourquoi deux armes ? Parce que Kid est complètement obsédé par la symétrie.

Un tableau légèrement de travers peut lui poser davantage de problèmes qu’un ennemi. Une coiffure asymétrique suffit à ruiner sa concentration. Et ses propres trois bandes blanches dans les cheveux constituent évidemment un traumatisme esthétique permanent puisqu’elles n’apparaissent que d’un côté.

Pourtant, Kid n’est pas seulement une machine à gags. Son statut de fils de Shinigami et son rapport à l’ordre deviennent progressivement importants. Plus la série avance, plus son obsession pour l’équilibre prend un sens qui dépasse largement la décoration de sa chambre.

Death City ressemble à Halloween après une nuit beaucoup trop longue

Impossible de parler de Soul Eater sans parler de son identité visuelle. Death City ne ressemble à aucune ville normale. Le soleil possède un visage inquiétant, la lune affiche un sourire franchement malsain et Shibusen domine la ville comme si quelqu’un avait mélangé une école, un crâne géant et un décor d’Halloween.

Atsushi Ohkubo assume complètement ce côté pop, gothique et déformé. Les bâtiments penchent, les silhouettes s’étirent et les personnages peuvent passer d’un dessin très stylisé à une expression complètement idiote en quelques cases.

Cette direction artistique donne immédiatement une personnalité à la série. Même sans voir le titre, une page de Soul Eater se reconnaît assez vite.

Et surtout, le dessin évolue énormément au fil des volumes. Les premières pages possèdent déjà le style d’Ohkubo, mais son trait devient progressivement plus précis et plus dynamique. Arrivé aux gros affrontements, le chemin parcouru saute franchement aux yeux.

Medusa : la prof qu’on préférerait ne jamais retrouver à l’infirmerie

Les sorcières occupent une place centrale dans l’univers. Parmi elles, Medusa devient rapidement l’une des figures les plus inquiétantes.

Elle ne mise pas seulement sur sa puissance. Medusa observe, manipule et utilise volontiers les autres comme matériel d’expérience. Elle possède surtout une capacité assez désagréable à rester calme pendant que tout part complètement en vrille autour d’elle.

Son intérêt pour la folie et pour Crona entraîne l’histoire vers quelque chose de beaucoup plus sombre que les premières missions de Maka et Soul.

À partir de là, Soul Eater montre vraiment son double visage. On peut rire quelques pages avec Black☆Star, puis se retrouver devant une scène beaucoup plus malsaine sans avoir changé de manga.

Crona : l’un des personnages les plus touchants de Soul Eater

Crona mérite une place particulière. Timide, profondément mal à l’aise avec les autres et incapable de savoir comment réagir dans quantité de situations ordinaires, Crona possède pourtant une puissance dangereuse.

Son arme, Ragnarok, est directement liée à son corps. Et contrairement à Soul ou Tsubaki, il n’a absolument pas le tempérament du partenaire rassurant. Leur relation est même franchement violente.

Maka découvre donc quelqu’un que Shibusen pourrait facilement considérer uniquement comme un ennemi. Pourtant, elle essaie de comprendre ce qui se cache derrière la menace.

C’est l’un des moments où la série montre que la résonance des âmes n’est pas juste un joli nom pour une attaque spéciale. Maka possède une vraie sensibilité envers l’âme des autres, et sa relation avec Crona devient essentielle.

La folie n’est pas seulement un état d’esprit

Plus l’histoire avance, plus la folie devient une force réelle dans Soul Eater. Elle contamine, modifie les comportements et peut toucher même ceux qui pensent pouvoir lui résister.

Au centre de tout cela se trouve Asura, le Kishin. Son existence pèse sur l’équilibre du monde et transforme progressivement les affrontements de Shibusen en quelque chose de beaucoup plus vaste.

Ohkubo utilise alors la peur de façon intéressante. Certains personnages deviennent fous parce qu’ils refusent la peur. D’autres apprennent à vivre avec elle. Black☆Star, Kid, Maka ou Soul ne réagissent jamais de la même manière lorsqu’ils se retrouvent face à quelque chose qui les dépasse.

Du coup, même les combats les plus spectaculaires conservent un enjeu psychologique. La question n’est pas seulement de savoir qui possède la meilleure attaque. Il faut aussi voir quelle âme va tenir lorsque la pression monte.

Stein : probablement le professeur qui explique pourquoi Shibusen n’organise pas de réunion de parents

Franken Stein est l’un des meilleurs combattants de Shibusen et un spécialiste des âmes. C’est également un scientifique dont la passion pour la dissection n’aide pas vraiment à rassurer ses élèves.

Son corps couvert de coutures et la grosse vis qui traverse sa tête donnent immédiatement le ton. Pourtant, Stein n’est pas seulement le savant fou de service. Sa capacité à percevoir et modifier les longueurs d’onde d’âme en fait un personnage très important.

Et comme la folie constitue justement l’un des grands dangers de l’univers, placer un homme aussi brillant au bord de cette frontière produit quelques moments particulièrement intéressants.

À Shibusen, un professeur peut donc vous expliquer une technique, vous mettre KO pendant l’entraînement et donner ensuite l’impression qu’il envisage de vous ouvrir pour vérifier comment vous fonctionnez. Bonne rentrée scolaire.

Les combats dépendent autant des duos que de la puissance brute

C’est probablement ce qui permet à Soul Eater de rester aussi agréable dans ses affrontements. Maka n’a pas le même style que Black☆Star. Kid ne combat pas comme Stein. Et les armes elles-mêmes possèdent leurs qualités, leurs limites et leur personnalité.

La longueur d’onde de l’âme donne une vraie logique aux associations. Deux personnages puissants ne formeront pas forcément une bonne équipe s’ils sont incapables de se synchroniser.

À l’inverse, une paire parfaitement accordée peut pousser beaucoup plus loin ses capacités. La résonance devient alors autant le résultat d’une relation que d’un entraînement.

Ça donne également du poids aux disputes. Lorsque Maka et Soul ne se comprennent plus, ce n’est pas seulement mauvais pour l’ambiance dans l’appartement. Leur efficacité en combat peut réellement en souffrir.

Excalibur : l’arme légendaire que personne n’a vraiment envie de supporter

Dans beaucoup de récits, trouver Excalibur représente l’aboutissement d’une quête héroïque. Dans Soul Eater, le véritable exploit consiste plutôt à rester assez longtemps dans la même pièce que lui.

Excalibur est incroyablement puissant. En théorie, n’importe quel Meister capable de devenir son partenaire obtiendrait une arme exceptionnelle.

Il existe seulement un léger problème : Excalibur est insupportable.

Il raconte des histoires interminables, impose ses règles et possède une opinion extrêmement élevée de sa propre personne. Même les personnages attirés par sa puissance finissent par découvrir qu’il existe des choses pires que de perdre un combat.

Ohkubo réussit ainsi à transformer l’une des armes les plus prestigieuses de la légende arthurienne en menace directe pour la patience humaine. Il fallait quand même oser.

Atsushi Ohkubo avait déjà trouvé son style bien avant Fire Force

Atsushi Ohkubo écrit et dessine toute la série. Plus tard, il créera également Fire Force. Si vous connaissez les deux œuvres, plusieurs signatures de l’auteur sautent immédiatement aux yeux : personnages très expressifs, humour absurde, combats énergiques et fascination pour des univers dont les règles deviennent beaucoup plus importantes qu’elles n’en avaient l’air au départ.

Mais Soul Eater possède vraiment sa propre identité. Ici, tout tourne autour des âmes, de la peur, de la folie et du rapport entre celui qui manie et celui qui accepte de devenir l’arme.

Le manga a d’ailleurs fêté ses 20 ans en 2024. Square Enix a marqué l’événement avec un nouvel artbook de l’auteur réunissant plus de 200 illustrations provenant de Soul Eater et Soul Eater Not!.

Vingt ans plus tard, cette esthétique reste difficile à confondre avec celle d’un autre shonen. Même la lune n’a toujours pas l’air fréquentable.

Soul Eater Not! permet de retourner à Shibusen autrement

Ohkubo a également créé Soul Eater Not!, une série dérivée qui se déroule elle aussi à Shibusen. Cependant, elle s’intéresse à d’autres élèves et adopte une approche différente de l’école.

Elle permet notamment de voir davantage le quotidien de l’établissement et son fonctionnement sans refaire simplement les aventures de Maka, Soul et Black☆Star.

Ce n’est donc pas nécessaire pour comprendre les 25 tomes de Soul Eater. En revanche, lorsqu’on aime Death City et qu’on trouve qu’une école dirigée par un dieu de la mort paraît finalement être un endroit assez sympathique, le retour est forcément tentant.

Une histoire complète en 25 tomes

Soul Eater est terminé en 25 tomes. Atsushi Ohkubo mène donc toute l’histoire de Maka, Soul, Black☆Star, Tsubaki, Kid, Liz et Patty jusqu’à sa conclusion.

La série a le temps de beaucoup évoluer entre les premières récoltes d’âmes et les affrontements de la fin. Les personnages progressent, Shibusen change et les enjeux deviennent progressivement beaucoup plus importants.

Surtout, les thèmes introduits très tôt restent au centre du manga : l’âme, la peur, la folie et la nécessité d’avancer avec quelqu’un capable de se mettre sur la même longueur d’onde.

En français, Kurokawa publie la série. Une Perfect Edition permet également de redécouvrir l’œuvre dans un format plus grand, avec notamment les illustrations couleur restaurées de la prépublication.

Pourquoi commencer Soul Eater ?

Parce que peu de shonen possèdent une personnalité visuelle aussi immédiate. Quelques pages suffisent pour entrer dans Death City, comprendre le principe des Meisters et des armes, puis commencer à choisir son duo préféré.

Ensuite, le manga gagne constamment en ampleur. Medusa, Crona, les sorcières et la folie rendent l’histoire beaucoup plus sombre, tandis que Black☆Star, Kid, Patty ou Excalibur empêchent l’ensemble de devenir sinistre en permanence.

Si vous aimez les combats où les personnages doivent réellement fonctionner ensemble, Soul Eater est particulièrement facile à conseiller. Et si vous connaissez surtout Atsushi Ohkubo grâce à Fire Force, revenir à Shibusen permet de voir l’univers qui a installé une bonne partie de son style.

Enfin, il reste une règle élémentaire : si une arme légendaire vous promet une puissance absolue mais commence par vous remettre une liste interminable de règles à respecter, reposez-la doucement. Même à Shibusen, il faut savoir renoncer.

Lire plus

Soul Eater est une série complète en 25 tomes écrite et dessinée par Atsushi Ohkubo. À Shibusen, Maka et Soul côtoient Black☆Star, Tsubaki, Death the Kid, Liz et Patty dans un monde où les combats dépendent autant de la puissance que de la résonance entre les âmes. Un dernier conseil : si vous trouvez Excalibur, ne vous réjouissez pas trop vite. La légende oublie généralement de préciser combien de temps il est capable de parler.

FILTRES

Affichage de 1–12 sur 23 résultats

Soul Eater : à Shibusen, votre partenaire peut littéralement devenir votre arme

Dans le manga Soul Eater, les élèves de Shibusen ne viennent pas simplement apprendre à se battre. Certains sont des Meisters, capables de manier des partenaires humains qui peuvent se transformer en armes. Maka Albarn forme ainsi un duo avec Soul Eater Evans, un garçon qui devient une immense faux. Leur objectif : faire de Soul une Death Scythe digne de servir le Seigneur de la Mort.

Pour y arriver, ils doivent récolter des âmes et surtout apprendre à accorder les leurs. Parce que chez Atsushi Ohkubo, avoir la meilleure arme du monde ne sert pas à grand-chose si vous êtes incapable de vous entendre avec la personne qui se trouve au bout du manche. Et vu le caractère de certains élèves de Shibusen, la partie la plus difficile n’est pas toujours de combattre les sorcières.

Maka et Soul : une faux, une Meister et deux caractères qui doivent s’accorder

Maka Albarn est sérieuse, travailleuse et déteste perdre. Soul, lui, tient énormément à paraître « cool ». Naturellement, leurs façons de voir les choses ne coïncident pas toujours.

Pourtant, lorsqu’ils combattent réellement ensemble, leur duo fonctionne grâce à la résonance des âmes. Meister et arme doivent synchroniser leurs longueurs d’onde pour utiliser tout leur potentiel. Ce principe devient l’une des grandes idées de Soul Eater.

La progression ne repose donc pas seulement sur une nouvelle technique apprise au bon moment. Les personnages doivent aussi comprendre leur partenaire, lui faire confiance et parfois régler ce qui bloque entre eux.

Et Maka possède une motivation supplémentaire : son père, Spirit, est lui-même une Death Scythe. Malheureusement pour lui, être une arme exceptionnelle ne suffit pas à impressionner sa fille. Son comportement avec les femmes a sérieusement endommagé son dossier paternel.

Black☆Star : l’assassin qui aimerait surtout que tout le monde le regarde

Puis il y a Black☆Star. Normalement, un assassin cherche la discrétion. Black☆Star a visiblement sauté cette partie de la formation.

Il veut devenir plus grand que Dieu, adore annoncer son arrivée et possède une confiance en lui qui nécessiterait probablement sa propre salle de classe. Heureusement, derrière le numéro permanent se cache aussi un combattant extrêmement déterminé.

Sa partenaire Tsubaki Nakatsukasa peut prendre plusieurs formes d’armes. Calme et patiente, elle constitue presque l’équilibre parfait face à Black☆Star. Là où il prend toute la place, elle observe. Là où il fonce, elle essaie parfois de réfléchir pour deux.

Leur duo permet surtout à Ohkubo de montrer que chaque paire fonctionne différemment. Maka et Soul doivent apprendre à harmoniser leurs tempéraments. Black☆Star et Tsubaki vivent plutôt sur un principe simple : quelqu’un doit bien empêcher l’autre de hurler son nom avant une mission d’infiltration.

Death the Kid : sauver le monde, oui, mais seulement si le tableau est bien droit

Death the Kid est le fils du Seigneur de la Mort et possède déjà un niveau impressionnant lorsqu’il entre vraiment dans l’histoire. Il combat avec Liz et Patty Thompson, deux sœurs capables de se transformer en pistolets.

Pourquoi deux armes ? Parce que Kid est complètement obsédé par la symétrie.

Un tableau légèrement de travers peut lui poser davantage de problèmes qu’un ennemi. Une coiffure asymétrique suffit à ruiner sa concentration. Et ses propres trois bandes blanches dans les cheveux constituent évidemment un traumatisme esthétique permanent puisqu’elles n’apparaissent que d’un côté.

Pourtant, Kid n’est pas seulement une machine à gags. Son statut de fils de Shinigami et son rapport à l’ordre deviennent progressivement importants. Plus la série avance, plus son obsession pour l’équilibre prend un sens qui dépasse largement la décoration de sa chambre.

Death City ressemble à Halloween après une nuit beaucoup trop longue

Impossible de parler de Soul Eater sans parler de son identité visuelle. Death City ne ressemble à aucune ville normale. Le soleil possède un visage inquiétant, la lune affiche un sourire franchement malsain et Shibusen domine la ville comme si quelqu’un avait mélangé une école, un crâne géant et un décor d’Halloween.

Atsushi Ohkubo assume complètement ce côté pop, gothique et déformé. Les bâtiments penchent, les silhouettes s’étirent et les personnages peuvent passer d’un dessin très stylisé à une expression complètement idiote en quelques cases.

Cette direction artistique donne immédiatement une personnalité à la série. Même sans voir le titre, une page de Soul Eater se reconnaît assez vite.

Et surtout, le dessin évolue énormément au fil des volumes. Les premières pages possèdent déjà le style d’Ohkubo, mais son trait devient progressivement plus précis et plus dynamique. Arrivé aux gros affrontements, le chemin parcouru saute franchement aux yeux.

Medusa : la prof qu’on préférerait ne jamais retrouver à l’infirmerie

Les sorcières occupent une place centrale dans l’univers. Parmi elles, Medusa devient rapidement l’une des figures les plus inquiétantes.

Elle ne mise pas seulement sur sa puissance. Medusa observe, manipule et utilise volontiers les autres comme matériel d’expérience. Elle possède surtout une capacité assez désagréable à rester calme pendant que tout part complètement en vrille autour d’elle.

Son intérêt pour la folie et pour Crona entraîne l’histoire vers quelque chose de beaucoup plus sombre que les premières missions de Maka et Soul.

À partir de là, Soul Eater montre vraiment son double visage. On peut rire quelques pages avec Black☆Star, puis se retrouver devant une scène beaucoup plus malsaine sans avoir changé de manga.

Crona : l’un des personnages les plus touchants de Soul Eater

Crona mérite une place particulière. Timide, profondément mal à l’aise avec les autres et incapable de savoir comment réagir dans quantité de situations ordinaires, Crona possède pourtant une puissance dangereuse.

Son arme, Ragnarok, est directement liée à son corps. Et contrairement à Soul ou Tsubaki, il n’a absolument pas le tempérament du partenaire rassurant. Leur relation est même franchement violente.

Maka découvre donc quelqu’un que Shibusen pourrait facilement considérer uniquement comme un ennemi. Pourtant, elle essaie de comprendre ce qui se cache derrière la menace.

C’est l’un des moments où la série montre que la résonance des âmes n’est pas juste un joli nom pour une attaque spéciale. Maka possède une vraie sensibilité envers l’âme des autres, et sa relation avec Crona devient essentielle.

La folie n’est pas seulement un état d’esprit

Plus l’histoire avance, plus la folie devient une force réelle dans Soul Eater. Elle contamine, modifie les comportements et peut toucher même ceux qui pensent pouvoir lui résister.

Au centre de tout cela se trouve Asura, le Kishin. Son existence pèse sur l’équilibre du monde et transforme progressivement les affrontements de Shibusen en quelque chose de beaucoup plus vaste.

Ohkubo utilise alors la peur de façon intéressante. Certains personnages deviennent fous parce qu’ils refusent la peur. D’autres apprennent à vivre avec elle. Black☆Star, Kid, Maka ou Soul ne réagissent jamais de la même manière lorsqu’ils se retrouvent face à quelque chose qui les dépasse.

Du coup, même les combats les plus spectaculaires conservent un enjeu psychologique. La question n’est pas seulement de savoir qui possède la meilleure attaque. Il faut aussi voir quelle âme va tenir lorsque la pression monte.

Stein : probablement le professeur qui explique pourquoi Shibusen n’organise pas de réunion de parents

Franken Stein est l’un des meilleurs combattants de Shibusen et un spécialiste des âmes. C’est également un scientifique dont la passion pour la dissection n’aide pas vraiment à rassurer ses élèves.

Son corps couvert de coutures et la grosse vis qui traverse sa tête donnent immédiatement le ton. Pourtant, Stein n’est pas seulement le savant fou de service. Sa capacité à percevoir et modifier les longueurs d’onde d’âme en fait un personnage très important.

Et comme la folie constitue justement l’un des grands dangers de l’univers, placer un homme aussi brillant au bord de cette frontière produit quelques moments particulièrement intéressants.

À Shibusen, un professeur peut donc vous expliquer une technique, vous mettre KO pendant l’entraînement et donner ensuite l’impression qu’il envisage de vous ouvrir pour vérifier comment vous fonctionnez. Bonne rentrée scolaire.

Les combats dépendent autant des duos que de la puissance brute

C’est probablement ce qui permet à Soul Eater de rester aussi agréable dans ses affrontements. Maka n’a pas le même style que Black☆Star. Kid ne combat pas comme Stein. Et les armes elles-mêmes possèdent leurs qualités, leurs limites et leur personnalité.

La longueur d’onde de l’âme donne une vraie logique aux associations. Deux personnages puissants ne formeront pas forcément une bonne équipe s’ils sont incapables de se synchroniser.

À l’inverse, une paire parfaitement accordée peut pousser beaucoup plus loin ses capacités. La résonance devient alors autant le résultat d’une relation que d’un entraînement.

Ça donne également du poids aux disputes. Lorsque Maka et Soul ne se comprennent plus, ce n’est pas seulement mauvais pour l’ambiance dans l’appartement. Leur efficacité en combat peut réellement en souffrir.

Excalibur : l’arme légendaire que personne n’a vraiment envie de supporter

Dans beaucoup de récits, trouver Excalibur représente l’aboutissement d’une quête héroïque. Dans Soul Eater, le véritable exploit consiste plutôt à rester assez longtemps dans la même pièce que lui.

Excalibur est incroyablement puissant. En théorie, n’importe quel Meister capable de devenir son partenaire obtiendrait une arme exceptionnelle.

Il existe seulement un léger problème : Excalibur est insupportable.

Il raconte des histoires interminables, impose ses règles et possède une opinion extrêmement élevée de sa propre personne. Même les personnages attirés par sa puissance finissent par découvrir qu’il existe des choses pires que de perdre un combat.

Ohkubo réussit ainsi à transformer l’une des armes les plus prestigieuses de la légende arthurienne en menace directe pour la patience humaine. Il fallait quand même oser.

Atsushi Ohkubo avait déjà trouvé son style bien avant Fire Force

Atsushi Ohkubo écrit et dessine toute la série. Plus tard, il créera également Fire Force. Si vous connaissez les deux œuvres, plusieurs signatures de l’auteur sautent immédiatement aux yeux : personnages très expressifs, humour absurde, combats énergiques et fascination pour des univers dont les règles deviennent beaucoup plus importantes qu’elles n’en avaient l’air au départ.

Mais Soul Eater possède vraiment sa propre identité. Ici, tout tourne autour des âmes, de la peur, de la folie et du rapport entre celui qui manie et celui qui accepte de devenir l’arme.

Le manga a d’ailleurs fêté ses 20 ans en 2024. Square Enix a marqué l’événement avec un nouvel artbook de l’auteur réunissant plus de 200 illustrations provenant de Soul Eater et Soul Eater Not!.

Vingt ans plus tard, cette esthétique reste difficile à confondre avec celle d’un autre shonen. Même la lune n’a toujours pas l’air fréquentable.

Soul Eater Not! permet de retourner à Shibusen autrement

Ohkubo a également créé Soul Eater Not!, une série dérivée qui se déroule elle aussi à Shibusen. Cependant, elle s’intéresse à d’autres élèves et adopte une approche différente de l’école.

Elle permet notamment de voir davantage le quotidien de l’établissement et son fonctionnement sans refaire simplement les aventures de Maka, Soul et Black☆Star.

Ce n’est donc pas nécessaire pour comprendre les 25 tomes de Soul Eater. En revanche, lorsqu’on aime Death City et qu’on trouve qu’une école dirigée par un dieu de la mort paraît finalement être un endroit assez sympathique, le retour est forcément tentant.

Une histoire complète en 25 tomes

Soul Eater est terminé en 25 tomes. Atsushi Ohkubo mène donc toute l’histoire de Maka, Soul, Black☆Star, Tsubaki, Kid, Liz et Patty jusqu’à sa conclusion.

La série a le temps de beaucoup évoluer entre les premières récoltes d’âmes et les affrontements de la fin. Les personnages progressent, Shibusen change et les enjeux deviennent progressivement beaucoup plus importants.

Surtout, les thèmes introduits très tôt restent au centre du manga : l’âme, la peur, la folie et la nécessité d’avancer avec quelqu’un capable de se mettre sur la même longueur d’onde.

En français, Kurokawa publie la série. Une Perfect Edition permet également de redécouvrir l’œuvre dans un format plus grand, avec notamment les illustrations couleur restaurées de la prépublication.

Pourquoi commencer Soul Eater ?

Parce que peu de shonen possèdent une personnalité visuelle aussi immédiate. Quelques pages suffisent pour entrer dans Death City, comprendre le principe des Meisters et des armes, puis commencer à choisir son duo préféré.

Ensuite, le manga gagne constamment en ampleur. Medusa, Crona, les sorcières et la folie rendent l’histoire beaucoup plus sombre, tandis que Black☆Star, Kid, Patty ou Excalibur empêchent l’ensemble de devenir sinistre en permanence.

Si vous aimez les combats où les personnages doivent réellement fonctionner ensemble, Soul Eater est particulièrement facile à conseiller. Et si vous connaissez surtout Atsushi Ohkubo grâce à Fire Force, revenir à Shibusen permet de voir l’univers qui a installé une bonne partie de son style.

Enfin, il reste une règle élémentaire : si une arme légendaire vous promet une puissance absolue mais commence par vous remettre une liste interminable de règles à respecter, reposez-la doucement. Même à Shibusen, il faut savoir renoncer.

Lire plus

Soul Eater est une série complète en 25 tomes écrite et dessinée par Atsushi Ohkubo. À Shibusen, Maka et Soul côtoient Black☆Star, Tsubaki, Death the Kid, Liz et Patty dans un monde où les combats dépendent autant de la puissance que de la résonance entre les âmes. Un dernier conseil : si vous trouvez Excalibur, ne vous réjouissez pas trop vite. La légende oublie généralement de préciser combien de temps il est capable de parler.