Shy
SHY : sauver le monde quand parler devant trois personnes est déjà une épreuve
Dans le manga SHY, les guerres ont disparu au milieu du XXIe siècle grâce à l’apparition de super-héros dans différents pays. L’Angleterre possède Stardust, la Russie peut compter sur Spirits, les États-Unis ont Century… et le Japon est protégé par Shy. Sur le papier, tout va bien. Sauf que derrière le costume se cache Teru Momijiyama, une collégienne tellement timide qu’une simple présentation devant du monde peut déjà lui donner envie de disparaître.
Teru n’a pourtant aucun problème lorsqu’une personne est réellement en danger. Elle doute, rougit, panique et se demande constamment si elle mérite son titre. Mais lorsqu’il faut agir, elle se lance. C’est exactement ce qui rend l’héroïne de Bukimi Miki différente : SHY ne raconte pas comment une fille déjà sûre d’elle devient encore plus puissante. Le manga suit quelqu’un qui doit apprendre à croire qu’elle peut être utile sans cesser d’être la fille réservée qu’elle a toujours été.
Et comme son pouvoir est lié au feu, l’idée fonctionne plutôt bien : plus Teru réussit à faire brûler ce qu’elle porte dans le cœur, plus Shy devient impressionnante. Encore faut-il réussir à allumer la flamme quand on passe son temps à douter de soi.
Teru est héroïne du Japon, mais elle préférerait clairement éviter les conférences de presse
Le contraste est immédiat. Être super-héros implique normalement de se montrer, rassurer le public et parfois monter sur scène. Teru déteste précisément être au centre de l’attention.
Elle est en deuxième année de collège, parle difficilement aux inconnus et possède cette capacité très réaliste à repenser pendant des heures à une phrase un peu maladroite prononcée cinq minutes plus tôt.
Pourtant, elle a été choisie pour protéger tout un pays.
Bukimi Miki ne transforme pas cette timidité en simple gag. Teru peut réellement perdre confiance lorsqu’elle pense avoir échoué. Elle se demande ce que les gens pensent d’elle et prend les critiques beaucoup trop à cœur.
Mais cette fragilité explique aussi son empathie. Shy regarde les victimes avant de regarder sa propre réputation. Elle sait ce que signifie avoir peur, se sentir seul ou penser qu’on n’est pas à la hauteur.
Dans son cas, devenir plus forte commence souvent par comprendre quelqu’un plutôt que par apprendre une attaque supplémentaire.
L’accident du parc d’attractions lui rappelle brutalement qu’un héros ne peut pas sauver tout le monde parfaitement
Au début de l’histoire, Shy participe à un événement dans un parc d’attractions lorsqu’un accident de montagnes russes survient.
Elle intervient immédiatement. Pourtant, Iko Koishikawa, une jeune fille présente dans l’attraction, est blessée.
Teru ne retient presque que ça.
Peu importe les personnes qu’elle a réussi à aider : dans sa tête, quelqu’un a souffert alors qu’elle était censée être l’héroïne du Japon.
Cette réaction donne tout de suite le ton de la série. SHY ne présente pas le métier de héros comme une succession de victoires accompagnées d’applaudissements. Une intervention peut réussir et laisser malgré tout quelqu’un avec le sentiment d’avoir échoué.
Et lorsque Teru retrouve ensuite Iko dans sa propre classe, la situation devient encore plus personnelle.
Iko n’a aucun super-pouvoir, mais elle devient essentielle pour Teru
Iko Koishikawa est une fille ordinaire. Pas de costume, pas de bracelet de héros et pas de capacité permettant de faire exploser un immeuble.
Pourtant, sa relation avec Teru devient l’un des piliers du manga.
Iko connaît l’identité de Shy et comprend assez rapidement que derrière l’héroïne se trouve surtout une adolescente qui porte beaucoup trop de responsabilités sur les épaules.
Elle apporte donc quelque chose que les autres héros ne peuvent pas forcément offrir : une amie.
C’est important dans une série qui parle autant de ce qui se passe dans le cœur. Teru n’a pas uniquement besoin d’entraînement. Elle doit aussi apprendre qu’une personne peut connaître ses faiblesses sans cesser de l’apprécier.
Et quand votre métier consiste à sauver la planète, avoir quelqu’un avec qui vous pouvez simplement redevenir une collégienne normale n’est pas complètement inutile.
Les bracelets puisent leur force dans le cœur des héros
Les héros de SHY ne portent pas leurs costumes uniquement pour le style. Ils utilisent des bracelets qui leur permettent de se transformer et d’exploiter leurs capacités.
Seulement, leur fonctionnement possède une particularité intéressante : leur énergie vient du cœur.
Bukimi Miki parle ici des émotions, de la volonté et de ce qu’un personnage porte au fond de lui.
Cette mécanique colle parfaitement à Teru. Son principal obstacle n’est pas l’absence de puissance. Le problème consiste souvent à parvenir à exprimer ce qu’elle ressent sans laisser sa peur tout bloquer.
Son feu devient alors beaucoup plus qu’un pouvoir pratique pour vaincre un ennemi. Il représente ce qu’elle réussit enfin à laisser sortir.
Dans beaucoup de mangas de super-héros, on demande jusqu’où monte la puissance. Dans SHY, on se demande régulièrement ce qui se passe dans la tête de la personne avant qu’elle puisse réellement l’utiliser.
Spirits est probablement la grande sœur dont Teru avait besoin
Parmi les premiers héros internationaux que Shy rencontre se trouve Spirits, l’héroïne russe.
Son vrai nom est Pepesha Andreanov. Elle peut contrôler les gaz autour d’elle et transformer son propre corps en une sorte de fumée.
Elle possède surtout une personnalité radicalement différente de celle de Teru. Spirits apparaît quand elle veut, se mêle volontiers des affaires des autres et apprécie énormément l’alcool.
Malgré cela, elle traite Shy avec beaucoup de bienveillance.
Teru trouve donc auprès d’elle une héroïne expérimentée qui ne lui demande pas de devenir soudain extravertie pour mériter son costume.
Et derrière le côté chaleureux de Pepesha se cache une histoire beaucoup plus douloureuse. L’arc qui conduit Shy en Russie montre très vite que les héros adultes de cette série transportent eux aussi leurs blessures.
Porter un costume ne répare pas automatiquement ce qui s’est passé avant.
Stardust est une rockstar mondiale… parce qu’être héros ne suffisait manifestement pas
Stardust représente l’Angleterre. Dans la vie civile, Davy W. John est également une rockstar mondialement connue.
Voilà quelqu’un qui n’a clairement pas le même problème avec les projecteurs que Teru.
Son pouvoir lui permet de manipuler différents types de flux. Surtout, Stardust possède suffisamment d’expérience pour comprendre immédiatement les faiblesses de Shy.
Leur confrontation constitue une étape importante. Il ne s’agit pas simplement de voir qui frappe le plus fort.
Stardust pousse Teru dans ses retranchements afin qu’elle découvre ce qu’elle est capable de faire lorsque son cœur cesse un instant de se cacher derrière sa peur.
Et quand une collégienne extrêmement timide doit affronter une superstar britannique devant des héros internationaux, difficile de trouver un exercice plus discret pour travailler la confiance en soi.
Lady Black : la Suisse possède elle aussi sa super-héroïne
Lady Black est l’héroïne suisse. Son vrai nom est Piltz Dunant et son pouvoir lui permet de soigner les blessures.
Elle possède également un caractère légèrement moins doux que sa spécialité pourrait le laisser imaginer.
Très compétitive, directe et capable de dire franchement ce qu’elle pense, Lady Black peut paraître assez dure au premier abord. Pourtant, derrière les remarques sèches se trouve quelqu’un qui prend son rôle de héros extrêmement au sérieux.
Elle complète particulièrement bien Shy. Teru hésite avant de parler. Lady Black, elle, ne semble pas souffrir du même problème.
Mais les deux partagent une même envie : être réellement utiles aux personnes qui comptent sur elles.
Mian Long aimerait surtout éviter de se battre, ce qui est compliqué lorsqu’on est super-héros
Le héros chinois Mian Long, dont le vrai nom est Li Mingming, possède la capacité d’endormir ses adversaires.
Ce pouvoir correspond assez bien à son caractère. Mingming aime dormir et n’apprécie pas particulièrement la violence.
Il est gentil, doux et se demande lui aussi s’il correspond vraiment à l’image que les autres attendent d’un héros.
Son parcours fonctionne très bien avec celui de Shy parce que la série refuse de proposer une seule définition du courage.
Certains héros foncent. D’autres réfléchissent. Certains aiment se battre. Mian Long préférerait largement trouver une autre solution.
Et pourtant, lorsqu’il doit protéger quelqu’un, il lui faut lui aussi trouver la force d’avancer.
Unilord dirige les héros depuis l’espace avec un masque qui ne rassure pas spécialement
Au-dessus de cette organisation internationale se trouve Unilord.
Elle supervise les héros de la planète et reste entourée de nombreux mystères. Son véritable visage est caché derrière un masque et personne ne sait vraiment tout d’elle au début.
C’est également elle qui est liée au système permettant aux héros d’utiliser leurs bracelets.
Unilord apporte une dimension beaucoup plus vaste au manga. Teru n’appartient pas à une petite agence locale. Les héros de différents pays se connaissent, travaillent ensemble et peuvent être réunis lorsque la menace dépasse leurs frontières.
En clair, être l’héroïne du Japon signifie parfois devoir participer à une réunion internationale.
Pour Shy, certaines batailles doivent presque sembler moins terrifiantes.
Stigma ne cherche pas seulement à battre les héros : il attaque directement leurs blessures
La grande menace apparaît avec Stigma, mystérieux garçon à la tête de l’organisation Amalarilk.
Sa méthode est particulièrement adaptée à l’univers de SHY. Il ne se contente pas d’envoyer des monstres frapper la ville.
Stigma s’intéresse aux failles émotionnelles.
Colère, solitude, culpabilité ou désespoir deviennent des portes d’entrée. Les blessures que quelqu’un cache peuvent être amplifiées et transformées en quelque chose de dangereux.
Cette idée permet au manga de lier directement ses combats à ses personnages. Pour vaincre certains adversaires, comprendre ce qu’ils ressentent peut devenir aussi important que réussir à les mettre à terre.
Shy possède justement une énorme sensibilité aux émotions des autres.
Ce qui ressemblait au départ à une faiblesse de personnalité devient alors l’une de ses plus grandes qualités de héros.
Amalarilk possède des membres beaucoup plus tristes qu’ils n’en ont parfois l’air
L’organisation de Stigma réunit plusieurs personnages particulièrement étranges.
Kufufu adore rire et se présente presque comme un coffre à jouets humain. Doki aime les choses mignonnes tout en étant capable de se mettre dans une colère monumentale. Inori parle constamment d’amour. D’autres membres portent la peur, le vide ou différentes obsessions à des niveaux inquiétants.
Sur le papier, certains pourraient facilement devenir de simples méchants à gimmick.
Pourtant, Bukimi Miki s’intéresse progressivement à ce qui les a conduits jusque-là.
Ce sont souvent des êtres qui n’ont pas réussi à vivre avec leurs propres blessures.
Ça ne rend pas leurs actes acceptables. En revanche, cela explique pourquoi Shy cherche régulièrement autre chose qu’une victoire par KO.
Elle veut comprendre la personne en face. Et face à Stigma, cette capacité devient parfois franchement dangereuse pour elle-même.
L’arc de Tokyo montre que SHY sait aussi sortir les gros combats
Il ne faudrait pas croire que SHY passe uniquement son temps à discuter des émotions autour d’une tasse de thé.
Lorsque Amalarilk enferme Tokyo sous un immense dôme noir, les héros doivent intervenir directement dans la ville.
La série prend alors une dimension beaucoup plus spectaculaire. Les différents héros se séparent, affrontent plusieurs membres d’Amalarilk et doivent utiliser leurs capacités de manière complémentaire.
Le dessin de Bukimi Miki devient particulièrement dynamique dans ces passages. Les pouvoirs sont visuels, les mouvements lisibles et les grandes scènes savent profiter de la variété des héros.
Mais même au milieu de l’action, les combats restent liés aux personnalités.
Mian Long ne se bat pas comme Lady Black. Spirits n’aborde pas un adversaire comme Stardust. Et Shy continue à chercher le cœur caché derrière l’attaque.
Ai Tennoji apporte des ninjas dans un manga qui avait déjà largement assez de choses à gérer
Plus tard, Teru rencontre Ai Tennoji, une jeune ninja issue du village de Sôga.
Ai transporte avec elle le sabre Muku et possède sa propre histoire familiale. Son arrivée ouvre un nouvel arc où la frontière entre héros, traditions et conflits personnels se brouille encore davantage.
C’est l’une des qualités de la série : Bukimi Miki peut commencer avec une collégienne super-héroïne, partir vers la Russie, enfermer Tokyo sous un dôme puis décider qu’il est désormais temps d’ajouter des ninjas.
Étrangement, ça tient.
Parce que le vrai fil rouge reste toujours le même : qu’est-ce qu’une personne choisit de faire de ses blessures et de ses sentiments ?
SHY ressemble à un manga de super-héros, mais son vrai terrain de bataille reste le cœur
Le manga reprend beaucoup de choses que l’on aime dans le genre : costumes, pouvoirs, héros internationaux, organisation secrète et grandes menaces planétaires.
Pourtant, Bukimi Miki déplace constamment le centre de gravité vers les émotions.
Shy ne devient pas meilleure simplement parce qu’elle réussit à produire une flamme plus grosse.
Elle progresse lorsqu’elle ose parler. Lorsqu’elle accepte l’aide de quelqu’un. Lorsqu’elle comprend qu’avoir peur ne signifie pas être incapable d’agir.
Les adversaires fonctionnent souvent de la même manière. Leurs pouvoirs expriment quelque chose de leur personnalité ou de leur passé.
C’est ce qui donne au manga son identité. On peut aimer SHY pour ses combats, mais on reste surtout pour les personnages qu’il y a à l’intérieur des costumes.
Bukimi Miki a imaginé Shy en se demandant quel héros il serait lui-même
L’origine du manga correspond parfaitement au personnage.
Bukimi Miki est parti d’une question très simple : s’il devenait lui-même un héros, quel genre de héros serait-il ?
L’idée d’un personnage qui ne souhaite surtout pas attirer l’attention mais se retrouve malgré lui exposé devant tout le monde lui paraissait intéressante.
Il crée alors une première version de SHY sous forme de one-shot et l’envoie à un concours destiné aux nouveaux auteurs.
Cette histoire courte sert ensuite de base à la série.
C’est probablement pour ça que la timidité de Teru ne paraît pas simplement ajoutée pour rendre l’héroïne différente. Toute l’idée de départ repose précisément sur cette contradiction : comment devenir un symbole public lorsqu’on aimerait plutôt rester invisible ?
33 tomes pour suivre Teru jusqu’au bout de son histoire
SHY est une série complète en 33 tomes au Japon. Bukimi Miki accompagne donc Teru depuis ses premières interventions hésitantes jusqu’à la conclusion de son parcours.
Ce nombre permet aussi de mesurer tout ce que la série construit autour de son héroïne. Au départ, Shy peine déjà à supporter le regard du public. Ensuite viennent les héros internationaux, Amalarilk, les grandes batailles et des choix qui dépassent largement ses premières missions.
Pourtant, Teru reste reconnaissable jusqu’au bout. Elle n’a pas besoin de devenir froide ou sûre d’elle pour prouver qu’elle mérite son rôle.
C’est même tout l’intérêt de son évolution : elle apprend à avancer avec sa timidité plutôt qu’à attendre qu’elle disparaisse.
Pourquoi commencer SHY ?
Parce que Teru possède une faiblesse que beaucoup de lecteurs comprennent immédiatement.
Elle n’est pas terrorisée par les monstres au point d’être incapable d’agir. Elle est surtout terrorisée par le regard des autres, l’idée de décevoir et la possibilité de ne pas être assez bonne.
Et malgré tout, elle avance.
C’est ce qui rend SHY particulièrement sympathique si vous aimez les mangas de super-héros mais cherchez autre chose qu’un nouveau concours de puissance.
Spirits, Stardust, Lady Black, Mian Long et les autres apportent suffisamment de capacités différentes pour offrir de vrais combats. Amalarilk fournit des adversaires de plus en plus dangereux. Le monde s’agrandit progressivement jusqu’à dépasser largement les petites interventions des premiers chapitres.
Mais Bukimi Miki ne perd jamais l’idée centrale : le courage n’est pas l’absence de peur.
Chez Teru, le courage consiste parfois à entrer dans une pièce remplie d’inconnus. D’autres jours, il faut sauver Tokyo. Et franchement, selon le niveau de timidité, je ne suis pas certain que la première mission soit toujours la plus facile.
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SHY est un manga de super-héros écrit et dessiné par Bukimi Miki, complet en 33 tomes au Japon. Teru Momijiyama protège son pays sous le nom de Shy malgré une timidité presque maladive, entourée de héros venus du monde entier face à Stigma et Amalarilk. Un dernier conseil : si Shy vous sauve la vie, remerciez-la doucement. Une foule qui l’applaudit en hurlant risque de lui faire plus peur que le méchant qu’elle vient de battre.
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Shy tome 05
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Shy tome 06
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Shy tome 07
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Shy tome 08
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Shy tome 09
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Shy tome 10
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Shy tome 11
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SHY : sauver le monde quand parler devant trois personnes est déjà une épreuve
Dans le manga SHY, les guerres ont disparu au milieu du XXIe siècle grâce à l’apparition de super-héros dans différents pays. L’Angleterre possède Stardust, la Russie peut compter sur Spirits, les États-Unis ont Century… et le Japon est protégé par Shy. Sur le papier, tout va bien. Sauf que derrière le costume se cache Teru Momijiyama, une collégienne tellement timide qu’une simple présentation devant du monde peut déjà lui donner envie de disparaître.
Teru n’a pourtant aucun problème lorsqu’une personne est réellement en danger. Elle doute, rougit, panique et se demande constamment si elle mérite son titre. Mais lorsqu’il faut agir, elle se lance. C’est exactement ce qui rend l’héroïne de Bukimi Miki différente : SHY ne raconte pas comment une fille déjà sûre d’elle devient encore plus puissante. Le manga suit quelqu’un qui doit apprendre à croire qu’elle peut être utile sans cesser d’être la fille réservée qu’elle a toujours été.
Et comme son pouvoir est lié au feu, l’idée fonctionne plutôt bien : plus Teru réussit à faire brûler ce qu’elle porte dans le cœur, plus Shy devient impressionnante. Encore faut-il réussir à allumer la flamme quand on passe son temps à douter de soi.
Teru est héroïne du Japon, mais elle préférerait clairement éviter les conférences de presse
Le contraste est immédiat. Être super-héros implique normalement de se montrer, rassurer le public et parfois monter sur scène. Teru déteste précisément être au centre de l’attention.
Elle est en deuxième année de collège, parle difficilement aux inconnus et possède cette capacité très réaliste à repenser pendant des heures à une phrase un peu maladroite prononcée cinq minutes plus tôt.
Pourtant, elle a été choisie pour protéger tout un pays.
Bukimi Miki ne transforme pas cette timidité en simple gag. Teru peut réellement perdre confiance lorsqu’elle pense avoir échoué. Elle se demande ce que les gens pensent d’elle et prend les critiques beaucoup trop à cœur.
Mais cette fragilité explique aussi son empathie. Shy regarde les victimes avant de regarder sa propre réputation. Elle sait ce que signifie avoir peur, se sentir seul ou penser qu’on n’est pas à la hauteur.
Dans son cas, devenir plus forte commence souvent par comprendre quelqu’un plutôt que par apprendre une attaque supplémentaire.
L’accident du parc d’attractions lui rappelle brutalement qu’un héros ne peut pas sauver tout le monde parfaitement
Au début de l’histoire, Shy participe à un événement dans un parc d’attractions lorsqu’un accident de montagnes russes survient.
Elle intervient immédiatement. Pourtant, Iko Koishikawa, une jeune fille présente dans l’attraction, est blessée.
Teru ne retient presque que ça.
Peu importe les personnes qu’elle a réussi à aider : dans sa tête, quelqu’un a souffert alors qu’elle était censée être l’héroïne du Japon.
Cette réaction donne tout de suite le ton de la série. SHY ne présente pas le métier de héros comme une succession de victoires accompagnées d’applaudissements. Une intervention peut réussir et laisser malgré tout quelqu’un avec le sentiment d’avoir échoué.
Et lorsque Teru retrouve ensuite Iko dans sa propre classe, la situation devient encore plus personnelle.
Iko n’a aucun super-pouvoir, mais elle devient essentielle pour Teru
Iko Koishikawa est une fille ordinaire. Pas de costume, pas de bracelet de héros et pas de capacité permettant de faire exploser un immeuble.
Pourtant, sa relation avec Teru devient l’un des piliers du manga.
Iko connaît l’identité de Shy et comprend assez rapidement que derrière l’héroïne se trouve surtout une adolescente qui porte beaucoup trop de responsabilités sur les épaules.
Elle apporte donc quelque chose que les autres héros ne peuvent pas forcément offrir : une amie.
C’est important dans une série qui parle autant de ce qui se passe dans le cœur. Teru n’a pas uniquement besoin d’entraînement. Elle doit aussi apprendre qu’une personne peut connaître ses faiblesses sans cesser de l’apprécier.
Et quand votre métier consiste à sauver la planète, avoir quelqu’un avec qui vous pouvez simplement redevenir une collégienne normale n’est pas complètement inutile.
Les bracelets puisent leur force dans le cœur des héros
Les héros de SHY ne portent pas leurs costumes uniquement pour le style. Ils utilisent des bracelets qui leur permettent de se transformer et d’exploiter leurs capacités.
Seulement, leur fonctionnement possède une particularité intéressante : leur énergie vient du cœur.
Bukimi Miki parle ici des émotions, de la volonté et de ce qu’un personnage porte au fond de lui.
Cette mécanique colle parfaitement à Teru. Son principal obstacle n’est pas l’absence de puissance. Le problème consiste souvent à parvenir à exprimer ce qu’elle ressent sans laisser sa peur tout bloquer.
Son feu devient alors beaucoup plus qu’un pouvoir pratique pour vaincre un ennemi. Il représente ce qu’elle réussit enfin à laisser sortir.
Dans beaucoup de mangas de super-héros, on demande jusqu’où monte la puissance. Dans SHY, on se demande régulièrement ce qui se passe dans la tête de la personne avant qu’elle puisse réellement l’utiliser.
Spirits est probablement la grande sœur dont Teru avait besoin
Parmi les premiers héros internationaux que Shy rencontre se trouve Spirits, l’héroïne russe.
Son vrai nom est Pepesha Andreanov. Elle peut contrôler les gaz autour d’elle et transformer son propre corps en une sorte de fumée.
Elle possède surtout une personnalité radicalement différente de celle de Teru. Spirits apparaît quand elle veut, se mêle volontiers des affaires des autres et apprécie énormément l’alcool.
Malgré cela, elle traite Shy avec beaucoup de bienveillance.
Teru trouve donc auprès d’elle une héroïne expérimentée qui ne lui demande pas de devenir soudain extravertie pour mériter son costume.
Et derrière le côté chaleureux de Pepesha se cache une histoire beaucoup plus douloureuse. L’arc qui conduit Shy en Russie montre très vite que les héros adultes de cette série transportent eux aussi leurs blessures.
Porter un costume ne répare pas automatiquement ce qui s’est passé avant.
Stardust est une rockstar mondiale… parce qu’être héros ne suffisait manifestement pas
Stardust représente l’Angleterre. Dans la vie civile, Davy W. John est également une rockstar mondialement connue.
Voilà quelqu’un qui n’a clairement pas le même problème avec les projecteurs que Teru.
Son pouvoir lui permet de manipuler différents types de flux. Surtout, Stardust possède suffisamment d’expérience pour comprendre immédiatement les faiblesses de Shy.
Leur confrontation constitue une étape importante. Il ne s’agit pas simplement de voir qui frappe le plus fort.
Stardust pousse Teru dans ses retranchements afin qu’elle découvre ce qu’elle est capable de faire lorsque son cœur cesse un instant de se cacher derrière sa peur.
Et quand une collégienne extrêmement timide doit affronter une superstar britannique devant des héros internationaux, difficile de trouver un exercice plus discret pour travailler la confiance en soi.
Lady Black : la Suisse possède elle aussi sa super-héroïne
Lady Black est l’héroïne suisse. Son vrai nom est Piltz Dunant et son pouvoir lui permet de soigner les blessures.
Elle possède également un caractère légèrement moins doux que sa spécialité pourrait le laisser imaginer.
Très compétitive, directe et capable de dire franchement ce qu’elle pense, Lady Black peut paraître assez dure au premier abord. Pourtant, derrière les remarques sèches se trouve quelqu’un qui prend son rôle de héros extrêmement au sérieux.
Elle complète particulièrement bien Shy. Teru hésite avant de parler. Lady Black, elle, ne semble pas souffrir du même problème.
Mais les deux partagent une même envie : être réellement utiles aux personnes qui comptent sur elles.
Mian Long aimerait surtout éviter de se battre, ce qui est compliqué lorsqu’on est super-héros
Le héros chinois Mian Long, dont le vrai nom est Li Mingming, possède la capacité d’endormir ses adversaires.
Ce pouvoir correspond assez bien à son caractère. Mingming aime dormir et n’apprécie pas particulièrement la violence.
Il est gentil, doux et se demande lui aussi s’il correspond vraiment à l’image que les autres attendent d’un héros.
Son parcours fonctionne très bien avec celui de Shy parce que la série refuse de proposer une seule définition du courage.
Certains héros foncent. D’autres réfléchissent. Certains aiment se battre. Mian Long préférerait largement trouver une autre solution.
Et pourtant, lorsqu’il doit protéger quelqu’un, il lui faut lui aussi trouver la force d’avancer.
Unilord dirige les héros depuis l’espace avec un masque qui ne rassure pas spécialement
Au-dessus de cette organisation internationale se trouve Unilord.
Elle supervise les héros de la planète et reste entourée de nombreux mystères. Son véritable visage est caché derrière un masque et personne ne sait vraiment tout d’elle au début.
C’est également elle qui est liée au système permettant aux héros d’utiliser leurs bracelets.
Unilord apporte une dimension beaucoup plus vaste au manga. Teru n’appartient pas à une petite agence locale. Les héros de différents pays se connaissent, travaillent ensemble et peuvent être réunis lorsque la menace dépasse leurs frontières.
En clair, être l’héroïne du Japon signifie parfois devoir participer à une réunion internationale.
Pour Shy, certaines batailles doivent presque sembler moins terrifiantes.
Stigma ne cherche pas seulement à battre les héros : il attaque directement leurs blessures
La grande menace apparaît avec Stigma, mystérieux garçon à la tête de l’organisation Amalarilk.
Sa méthode est particulièrement adaptée à l’univers de SHY. Il ne se contente pas d’envoyer des monstres frapper la ville.
Stigma s’intéresse aux failles émotionnelles.
Colère, solitude, culpabilité ou désespoir deviennent des portes d’entrée. Les blessures que quelqu’un cache peuvent être amplifiées et transformées en quelque chose de dangereux.
Cette idée permet au manga de lier directement ses combats à ses personnages. Pour vaincre certains adversaires, comprendre ce qu’ils ressentent peut devenir aussi important que réussir à les mettre à terre.
Shy possède justement une énorme sensibilité aux émotions des autres.
Ce qui ressemblait au départ à une faiblesse de personnalité devient alors l’une de ses plus grandes qualités de héros.
Amalarilk possède des membres beaucoup plus tristes qu’ils n’en ont parfois l’air
L’organisation de Stigma réunit plusieurs personnages particulièrement étranges.
Kufufu adore rire et se présente presque comme un coffre à jouets humain. Doki aime les choses mignonnes tout en étant capable de se mettre dans une colère monumentale. Inori parle constamment d’amour. D’autres membres portent la peur, le vide ou différentes obsessions à des niveaux inquiétants.
Sur le papier, certains pourraient facilement devenir de simples méchants à gimmick.
Pourtant, Bukimi Miki s’intéresse progressivement à ce qui les a conduits jusque-là.
Ce sont souvent des êtres qui n’ont pas réussi à vivre avec leurs propres blessures.
Ça ne rend pas leurs actes acceptables. En revanche, cela explique pourquoi Shy cherche régulièrement autre chose qu’une victoire par KO.
Elle veut comprendre la personne en face. Et face à Stigma, cette capacité devient parfois franchement dangereuse pour elle-même.
L’arc de Tokyo montre que SHY sait aussi sortir les gros combats
Il ne faudrait pas croire que SHY passe uniquement son temps à discuter des émotions autour d’une tasse de thé.
Lorsque Amalarilk enferme Tokyo sous un immense dôme noir, les héros doivent intervenir directement dans la ville.
La série prend alors une dimension beaucoup plus spectaculaire. Les différents héros se séparent, affrontent plusieurs membres d’Amalarilk et doivent utiliser leurs capacités de manière complémentaire.
Le dessin de Bukimi Miki devient particulièrement dynamique dans ces passages. Les pouvoirs sont visuels, les mouvements lisibles et les grandes scènes savent profiter de la variété des héros.
Mais même au milieu de l’action, les combats restent liés aux personnalités.
Mian Long ne se bat pas comme Lady Black. Spirits n’aborde pas un adversaire comme Stardust. Et Shy continue à chercher le cœur caché derrière l’attaque.
Ai Tennoji apporte des ninjas dans un manga qui avait déjà largement assez de choses à gérer
Plus tard, Teru rencontre Ai Tennoji, une jeune ninja issue du village de Sôga.
Ai transporte avec elle le sabre Muku et possède sa propre histoire familiale. Son arrivée ouvre un nouvel arc où la frontière entre héros, traditions et conflits personnels se brouille encore davantage.
C’est l’une des qualités de la série : Bukimi Miki peut commencer avec une collégienne super-héroïne, partir vers la Russie, enfermer Tokyo sous un dôme puis décider qu’il est désormais temps d’ajouter des ninjas.
Étrangement, ça tient.
Parce que le vrai fil rouge reste toujours le même : qu’est-ce qu’une personne choisit de faire de ses blessures et de ses sentiments ?
SHY ressemble à un manga de super-héros, mais son vrai terrain de bataille reste le cœur
Le manga reprend beaucoup de choses que l’on aime dans le genre : costumes, pouvoirs, héros internationaux, organisation secrète et grandes menaces planétaires.
Pourtant, Bukimi Miki déplace constamment le centre de gravité vers les émotions.
Shy ne devient pas meilleure simplement parce qu’elle réussit à produire une flamme plus grosse.
Elle progresse lorsqu’elle ose parler. Lorsqu’elle accepte l’aide de quelqu’un. Lorsqu’elle comprend qu’avoir peur ne signifie pas être incapable d’agir.
Les adversaires fonctionnent souvent de la même manière. Leurs pouvoirs expriment quelque chose de leur personnalité ou de leur passé.
C’est ce qui donne au manga son identité. On peut aimer SHY pour ses combats, mais on reste surtout pour les personnages qu’il y a à l’intérieur des costumes.
Bukimi Miki a imaginé Shy en se demandant quel héros il serait lui-même
L’origine du manga correspond parfaitement au personnage.
Bukimi Miki est parti d’une question très simple : s’il devenait lui-même un héros, quel genre de héros serait-il ?
L’idée d’un personnage qui ne souhaite surtout pas attirer l’attention mais se retrouve malgré lui exposé devant tout le monde lui paraissait intéressante.
Il crée alors une première version de SHY sous forme de one-shot et l’envoie à un concours destiné aux nouveaux auteurs.
Cette histoire courte sert ensuite de base à la série.
C’est probablement pour ça que la timidité de Teru ne paraît pas simplement ajoutée pour rendre l’héroïne différente. Toute l’idée de départ repose précisément sur cette contradiction : comment devenir un symbole public lorsqu’on aimerait plutôt rester invisible ?
33 tomes pour suivre Teru jusqu’au bout de son histoire
SHY est une série complète en 33 tomes au Japon. Bukimi Miki accompagne donc Teru depuis ses premières interventions hésitantes jusqu’à la conclusion de son parcours.
Ce nombre permet aussi de mesurer tout ce que la série construit autour de son héroïne. Au départ, Shy peine déjà à supporter le regard du public. Ensuite viennent les héros internationaux, Amalarilk, les grandes batailles et des choix qui dépassent largement ses premières missions.
Pourtant, Teru reste reconnaissable jusqu’au bout. Elle n’a pas besoin de devenir froide ou sûre d’elle pour prouver qu’elle mérite son rôle.
C’est même tout l’intérêt de son évolution : elle apprend à avancer avec sa timidité plutôt qu’à attendre qu’elle disparaisse.
Pourquoi commencer SHY ?
Parce que Teru possède une faiblesse que beaucoup de lecteurs comprennent immédiatement.
Elle n’est pas terrorisée par les monstres au point d’être incapable d’agir. Elle est surtout terrorisée par le regard des autres, l’idée de décevoir et la possibilité de ne pas être assez bonne.
Et malgré tout, elle avance.
C’est ce qui rend SHY particulièrement sympathique si vous aimez les mangas de super-héros mais cherchez autre chose qu’un nouveau concours de puissance.
Spirits, Stardust, Lady Black, Mian Long et les autres apportent suffisamment de capacités différentes pour offrir de vrais combats. Amalarilk fournit des adversaires de plus en plus dangereux. Le monde s’agrandit progressivement jusqu’à dépasser largement les petites interventions des premiers chapitres.
Mais Bukimi Miki ne perd jamais l’idée centrale : le courage n’est pas l’absence de peur.
Chez Teru, le courage consiste parfois à entrer dans une pièce remplie d’inconnus. D’autres jours, il faut sauver Tokyo. Et franchement, selon le niveau de timidité, je ne suis pas certain que la première mission soit toujours la plus facile.
Lire plus
SHY est un manga de super-héros écrit et dessiné par Bukimi Miki, complet en 33 tomes au Japon. Teru Momijiyama protège son pays sous le nom de Shy malgré une timidité presque maladive, entourée de héros venus du monde entier face à Stigma et Amalarilk. Un dernier conseil : si Shy vous sauve la vie, remerciez-la doucement. Une foule qui l’applaudit en hurlant risque de lui faire plus peur que le méchant qu’elle vient de battre.
