Platinum End
Platinum End : 13 candidats, des anges et une place de Dieu à prendre
Dans le manga Platinum End, Mirai Kakehashi n’attend plus grand-chose de la vie. Après la mort de ses parents, il grandit chez un oncle et une tante qui le maltraitent. Le jour où il décide d’en finir, une jeune fille ailée l’arrache à sa chute. Elle s’appelle Nasse, c’est un ange, et elle lui annonce qu’elle compte désormais l’aider à trouver le bonheur.
Sur le principe, l’intention semble plutôt sympathique. Seulement, Nasse ne lui offre pas une séance de thérapie et un abonnement aux vacances. Elle lui donne des ailes capables de le propulser à une vitesse folle, une flèche rouge qui place sa cible sous son charme pendant 33 jours et une flèche blanche qui tue celui qu’elle touche.
Ensuite vient le petit détail que Nasse avait gardé pour la fin : Mirai fait partie de 13 candidats choisis pour devenir le prochain Dieu. À partir de là, son projet de mener enfin une vie normale prend un léger retard.
Mirai possède de quoi tuer presque n’importe qui… et ne veut justement pas le faire
C’est ce qui donne immédiatement sa personnalité à Platinum End. Mirai n’est pas fasciné par les pouvoirs que Nasse lui confie. Au contraire, il refuse autant que possible d’utiliser la flèche blanche.
Son objectif paraît presque dérisoire face à ce qui l’attend : il veut simplement être heureux. Pas devenir le maître du monde. Pas remodeler l’humanité à son image. Pas s’asseoir sur un trône céleste pour distribuer les bons et les mauvais points.
Seulement, tous les candidats n’abordent pas l’élection divine avec la même philosophie.
Certains voient dans leurs pouvoirs une chance de changer leur vie. D’autres pensent déjà à la place qui les attend au sommet. Et lorsqu’un candidat décide que la méthode la plus efficace consiste à supprimer ses concurrents, la prudence de Mirai devient beaucoup plus difficile à tenir.
Metropoliman n’a pas vraiment l’intention d’attendre le résultat des élections
Kanade Uryu adopte l’identité de Metropoliman, un héros masqué qui semble tout droit sorti d’une série télévisée. Sauf qu’ici, le costume n’a rien d’un jeu.
Lui aussi possède les pouvoirs accordés aux candidats de Dieu. Et contrairement à Mirai, il ne voit pas vraiment pourquoi il devrait laisser les douze autres arriver tranquillement jusqu’à la fin.
Metropoliman apporte donc rapidement une menace très concrète. Les ailes permettent de se déplacer à une vitesse extraordinaire. La flèche rouge peut bouleverser complètement le comportement d’une personne. Quant à la blanche, une seule erreur suffit.
Les affrontements prennent alors une forme particulière. Celui qui connaît les pouvoirs de l’autre possède déjà un avantage. Il faut observer, anticiper et comprendre exactement ce qu’un adversaire peut utiliser. Dans Platinum End, foncer en criant très fort reste rarement la meilleure stratégie.
Des règles simples qui deviennent vite de sacrés casse-têtes
Tsugumi Ohba adore construire une histoire autour de règles très précises. Platinum End lui offre un nouveau terrain de jeu.
La flèche rouge agit pendant une durée limitée. La blanche possède un tout autre effet. Les ailes changent complètement les distances et permettent des déplacements impossibles pour un humain ordinaire. Ensuite, chaque situation oblige les personnages à réfléchir à la meilleure manière d’utiliser ces outils.
Et évidemment, Ohba cherche rapidement les failles. Que se passe-t-il lorsque deux candidats possèdent les mêmes avantages ? Peut-on approcher quelqu’un sans savoir s’il cache un ange ? Jusqu’où peut-on utiliser une flèche rouge sans franchir une limite morale ?
Le manga devient donc beaucoup plus intéressant qu’une simple bataille de pouvoirs. Les règles sont faciles à retenir. En revanche, leurs conséquences le sont beaucoup moins.
Saki remet aussi le passé de Mirai au milieu de la partie
Saki Hanakago occupe une place particulière pour Mirai. Ils se connaissent depuis l’enfance, et Mirai éprouve des sentiments pour elle depuis longtemps.
Seulement, le jeu des candidats de Dieu finit également par concerner Saki. Son ange, Revel, ne ressemble pas vraiment à Nasse. Là où celle-ci possède une manière très directe de voir les choses, Revel réfléchit davantage à la façon de protéger sa candidate.
La relation entre Mirai et Saki permet surtout à Platinum End de rester attaché à quelque chose de très humain. Derrière les anges, les pouvoirs et la succession divine, Mirai continue de chercher une raison de vivre et des gens avec qui partager cette vie.
Et dans son cas, cette question compte finalement beaucoup plus que de savoir qui aura le plus joli trône dans les nuages.
Mukaido rappelle qu’un candidat peut avoir de très bonnes raisons de se battre
Nanato Mukaido apporte encore un autre regard sur l’élection. Atteint d’un cancer en phase terminale, il pense d’abord à sa femme et à ses enfants.
Il ne ressemble donc ni à Mirai ni à Metropoliman. Sa situation l’oblige à considérer le temps autrement, et ses décisions viennent d’un homme qui sait qu’il risque de ne pas voir grandir sa famille.
C’est là que la mécanique des 13 candidats fonctionne vraiment. Tous ont reçu un accès au surnaturel, mais ils n’ont ni les mêmes vies ni les mêmes priorités.
Par conséquent, la question « que feriez-vous si vous pouviez devenir Dieu ? » n’obtient jamais une seule réponse.
Les anges sont magnifiques, mais leur morale n’est pas toujours très humaine
Takeshi Obata se fait évidemment plaisir avec les anges. Nasse possède une apparence élégante, presque rassurante. Pourtant, sa manière de penser rappelle régulièrement qu’elle n’est pas humaine.
Elle veut sincèrement que Mirai soit heureux. En revanche, certaines solutions qui lui paraissent parfaitement acceptables peuvent laisser son protégé beaucoup moins enthousiaste.
Ce décalage donne quelques moments assez savoureux. Mirai tente de conserver ses principes tandis que Nasse lui rappelle, avec son grand sourire, qu’il possède tout de même une flèche capable de régler le problème immédiatement.
Les autres anges ont également leur personnalité et leur rang. Ils ne servent donc pas seulement de distributeurs d’ailes avant de disparaître du scénario.
Après Death Note, Ohba et Obata retournent jouer avec le pouvoir et la mort
Difficile de découvrir Platinum End sans penser à Death Note. On retrouve le même duo : Tsugumi Ohba au scénario et Takeshi Obata au dessin. Là encore, un humain reçoit soudain un pouvoir surnaturel lié à la mort et doit décider ce qu’il va en faire.
Pourtant, les deux héros partent presque dans des directions opposées. Light Yagami comprend très vite comment il souhaite utiliser le Death Note. Mirai, lui, possède une arme mortelle mais cherche surtout des raisons de ne pas s’en servir.
C’est justement ce contraste qui rend Platinum End intéressant. Ohba ne répète pas simplement sa première recette avec des ailes à la place d’un cahier. Il repart d’une question différente : que vaut un pouvoir absolu pour quelqu’un qui cherche seulement une vie heureuse ?
Et entre les deux, le même duo avait complètement changé de terrain avec Bakuman
Ohba et Obata avaient aussi signé Bakuman, consacré cette fois à deux jeunes auteurs qui cherchent à réussir dans le manga.
Passer de Death Note à Bakuman, puis de Bakuman à Platinum End montre assez bien la souplesse du tandem. Le décor change complètement, mais leur complémentarité reste évidente : Ohba construit les règles et les dilemmes, tandis qu’Obata donne une présence incroyable aux personnages et à leur univers.
Dans Platinum End, cela se voit particulièrement sur les anges. Les ailes, les costumes et les affrontements aériens donnent au dessinateur énormément d’espace pour jouer avec les silhouettes.
Et lorsqu’Obata décide qu’une apparition doit être spectaculaire, on reconnaît immédiatement pourquoi son dessin reste aussi associé au duo.
À l’origine, Tsugumi Ohba voulait surtout parler du bonheur
Voilà une anecdote qui explique beaucoup mieux Platinum End que n’importe quelle étiquette de genre. Dans une interview officielle de Jump SQ., Tsugumi Ohba explique que l’idée de départ venait de son envie de raconter que les humains naissent et vivent pour chercher le bonheur.
Une fois qu’on connaît cette intention, Mirai devient beaucoup plus facile à comprendre. Tout le manga commence alors qu’il ne croit justement plus pouvoir être heureux.
Les anges, les flèches et l’élection de Dieu donnent l’aspect spectaculaire. Pourtant, derrière eux revient toujours la même question : qu’est-ce qu’une vie heureuse ?
Certains personnages trouvent leur réponse dans l’amour. D’autres dans leur famille, leur ambition ou leurs convictions. Et plus les candidats se rapprochent du choix final, plus la série s’intéresse à leurs idées plutôt qu’à leur simple puissance.
Platinum End change d’ailleurs beaucoup au fil des tomes
Le début ressemble volontiers à un thriller surnaturel. Les candidats doivent se cacher, découvrir leurs ennemis et survivre aux attaques de ceux qui veulent éliminer la concurrence.
Ensuite, la série élargit progressivement son sujet. L’existence des candidats soulève des questions qui dépassent leurs affrontements personnels. Le choix d’un nouveau Dieu concerne forcément un peu plus de monde que treize personnes capables de voler.
Le récit devient alors plus philosophique. Les personnages discutent de la mort, du bonheur, de la religion, de la science et même de la nécessité d’un Dieu.
Ce changement peut surprendre si l’on attend uniquement une succession de duels. En revanche, si vous aimez les mangas qui utilisent leurs pouvoirs pour lancer de vrais débats entre les personnages, cette deuxième partie possède une identité très forte.
Même le titre a failli être différent
Autre détail amusant : Platinum End ne devait pas forcément s’appeler Platinum End.
Tsugumi Ohba a raconté que son éditeur avait proposé plusieurs idées. Après discussion avec Takeshi Obata, le projet est passé un moment par le titre White End.
Le résultat ne convainquait finalement pas complètement l’équipe. Ohba, Obata et leur éditeur ont donc repris leurs recherches avant d’arriver à Platinum End.
Vu l’importance de la flèche blanche dans la série, White End n’aurait pas été complètement absurde. Mais reconnaissons que Platinum End sonne quand même un peu moins comme le nom d’une lessive particulièrement agressive.
Une histoire complète en 14 tomes
Platinum End est terminé en 14 tomes. Tsugumi Ohba et Takeshi Obata ont mené l’élection du nouveau Dieu jusqu’à sa conclusion, sans transformer le principe initial en série interminable.
Quatorze volumes permettent au manga de changer plusieurs fois de rythme. Le conflit entre les candidats s’installe rapidement, puis l’histoire élargit progressivement les questions qu’elle pose.
La série possède donc une vraie fin, ce qui compte particulièrement ici. Lorsqu’un manga annonce dès le départ que treize personnes doivent déterminer qui succédera à Dieu, on apprécie de savoir que les auteurs ont effectivement apporté leur réponse.
Pourquoi commencer Platinum End ?
Si vous aimez les thrillers surnaturels, les jeux de règles et les personnages placés devant des choix impossibles, Platinum End mérite clairement le détour.
Le manga retrouve certaines qualités qui rendent le duo Ohba–Obata aussi efficace. Les pouvoirs paraissent simples, puis les personnages découvrent tout ce qu’ils permettent réellement. Chaque candidat possède ses propres motivations. Et derrière le spectacle, l’histoire revient constamment sur la valeur d’une vie humaine.
En revanche, ne cherchez pas un Death Note 2. Mirai n’est pas Light avec des ailes et Nasse n’est pas Ryuk avec une auréole. Platinum End prend justement une direction intéressante parce que son héros refuse la logique que ses pouvoirs semblent lui imposer.
Et lorsque treize humains potentiellement fragiles, ambitieux ou complètement imprévisibles apprennent qu’un poste de Dieu vient de se libérer, on se doute bien que le recrutement ne va pas se terminer avec un simple entretien d’embauche.
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Platinum End est une série complète en 14 tomes, scénarisée par Tsugumi Ohba et dessinée par Takeshi Obata. Mirai Kakehashi reçoit de l’ange Nasse des ailes et des flèches avant d’apprendre qu’il fait partie des 13 candidats à la succession de Dieu. Un conseil : si un ange vous annonce que vous avez été retenu pour devenir Dieu, demandez peut-être à voir la fiche de poste avant d’accepter les ailes.
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Platinum End tome 02
11,70CHF -

Platinum End tome 03
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Platinum End tome 04
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Platinum End tome 05
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Platinum End tome 06
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Platinum End tome 07
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Platinum End tome 08
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Platinum End tome 09
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Platinum End tome 10
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Platinum End tome 11
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Platinum End tome 12
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Platinum End tome 13
11,70CHF
Platinum End : 13 candidats, des anges et une place de Dieu à prendre
Dans le manga Platinum End, Mirai Kakehashi n’attend plus grand-chose de la vie. Après la mort de ses parents, il grandit chez un oncle et une tante qui le maltraitent. Le jour où il décide d’en finir, une jeune fille ailée l’arrache à sa chute. Elle s’appelle Nasse, c’est un ange, et elle lui annonce qu’elle compte désormais l’aider à trouver le bonheur.
Sur le principe, l’intention semble plutôt sympathique. Seulement, Nasse ne lui offre pas une séance de thérapie et un abonnement aux vacances. Elle lui donne des ailes capables de le propulser à une vitesse folle, une flèche rouge qui place sa cible sous son charme pendant 33 jours et une flèche blanche qui tue celui qu’elle touche.
Ensuite vient le petit détail que Nasse avait gardé pour la fin : Mirai fait partie de 13 candidats choisis pour devenir le prochain Dieu. À partir de là, son projet de mener enfin une vie normale prend un léger retard.
Mirai possède de quoi tuer presque n’importe qui… et ne veut justement pas le faire
C’est ce qui donne immédiatement sa personnalité à Platinum End. Mirai n’est pas fasciné par les pouvoirs que Nasse lui confie. Au contraire, il refuse autant que possible d’utiliser la flèche blanche.
Son objectif paraît presque dérisoire face à ce qui l’attend : il veut simplement être heureux. Pas devenir le maître du monde. Pas remodeler l’humanité à son image. Pas s’asseoir sur un trône céleste pour distribuer les bons et les mauvais points.
Seulement, tous les candidats n’abordent pas l’élection divine avec la même philosophie.
Certains voient dans leurs pouvoirs une chance de changer leur vie. D’autres pensent déjà à la place qui les attend au sommet. Et lorsqu’un candidat décide que la méthode la plus efficace consiste à supprimer ses concurrents, la prudence de Mirai devient beaucoup plus difficile à tenir.
Metropoliman n’a pas vraiment l’intention d’attendre le résultat des élections
Kanade Uryu adopte l’identité de Metropoliman, un héros masqué qui semble tout droit sorti d’une série télévisée. Sauf qu’ici, le costume n’a rien d’un jeu.
Lui aussi possède les pouvoirs accordés aux candidats de Dieu. Et contrairement à Mirai, il ne voit pas vraiment pourquoi il devrait laisser les douze autres arriver tranquillement jusqu’à la fin.
Metropoliman apporte donc rapidement une menace très concrète. Les ailes permettent de se déplacer à une vitesse extraordinaire. La flèche rouge peut bouleverser complètement le comportement d’une personne. Quant à la blanche, une seule erreur suffit.
Les affrontements prennent alors une forme particulière. Celui qui connaît les pouvoirs de l’autre possède déjà un avantage. Il faut observer, anticiper et comprendre exactement ce qu’un adversaire peut utiliser. Dans Platinum End, foncer en criant très fort reste rarement la meilleure stratégie.
Des règles simples qui deviennent vite de sacrés casse-têtes
Tsugumi Ohba adore construire une histoire autour de règles très précises. Platinum End lui offre un nouveau terrain de jeu.
La flèche rouge agit pendant une durée limitée. La blanche possède un tout autre effet. Les ailes changent complètement les distances et permettent des déplacements impossibles pour un humain ordinaire. Ensuite, chaque situation oblige les personnages à réfléchir à la meilleure manière d’utiliser ces outils.
Et évidemment, Ohba cherche rapidement les failles. Que se passe-t-il lorsque deux candidats possèdent les mêmes avantages ? Peut-on approcher quelqu’un sans savoir s’il cache un ange ? Jusqu’où peut-on utiliser une flèche rouge sans franchir une limite morale ?
Le manga devient donc beaucoup plus intéressant qu’une simple bataille de pouvoirs. Les règles sont faciles à retenir. En revanche, leurs conséquences le sont beaucoup moins.
Saki remet aussi le passé de Mirai au milieu de la partie
Saki Hanakago occupe une place particulière pour Mirai. Ils se connaissent depuis l’enfance, et Mirai éprouve des sentiments pour elle depuis longtemps.
Seulement, le jeu des candidats de Dieu finit également par concerner Saki. Son ange, Revel, ne ressemble pas vraiment à Nasse. Là où celle-ci possède une manière très directe de voir les choses, Revel réfléchit davantage à la façon de protéger sa candidate.
La relation entre Mirai et Saki permet surtout à Platinum End de rester attaché à quelque chose de très humain. Derrière les anges, les pouvoirs et la succession divine, Mirai continue de chercher une raison de vivre et des gens avec qui partager cette vie.
Et dans son cas, cette question compte finalement beaucoup plus que de savoir qui aura le plus joli trône dans les nuages.
Mukaido rappelle qu’un candidat peut avoir de très bonnes raisons de se battre
Nanato Mukaido apporte encore un autre regard sur l’élection. Atteint d’un cancer en phase terminale, il pense d’abord à sa femme et à ses enfants.
Il ne ressemble donc ni à Mirai ni à Metropoliman. Sa situation l’oblige à considérer le temps autrement, et ses décisions viennent d’un homme qui sait qu’il risque de ne pas voir grandir sa famille.
C’est là que la mécanique des 13 candidats fonctionne vraiment. Tous ont reçu un accès au surnaturel, mais ils n’ont ni les mêmes vies ni les mêmes priorités.
Par conséquent, la question « que feriez-vous si vous pouviez devenir Dieu ? » n’obtient jamais une seule réponse.
Les anges sont magnifiques, mais leur morale n’est pas toujours très humaine
Takeshi Obata se fait évidemment plaisir avec les anges. Nasse possède une apparence élégante, presque rassurante. Pourtant, sa manière de penser rappelle régulièrement qu’elle n’est pas humaine.
Elle veut sincèrement que Mirai soit heureux. En revanche, certaines solutions qui lui paraissent parfaitement acceptables peuvent laisser son protégé beaucoup moins enthousiaste.
Ce décalage donne quelques moments assez savoureux. Mirai tente de conserver ses principes tandis que Nasse lui rappelle, avec son grand sourire, qu’il possède tout de même une flèche capable de régler le problème immédiatement.
Les autres anges ont également leur personnalité et leur rang. Ils ne servent donc pas seulement de distributeurs d’ailes avant de disparaître du scénario.
Après Death Note, Ohba et Obata retournent jouer avec le pouvoir et la mort
Difficile de découvrir Platinum End sans penser à Death Note. On retrouve le même duo : Tsugumi Ohba au scénario et Takeshi Obata au dessin. Là encore, un humain reçoit soudain un pouvoir surnaturel lié à la mort et doit décider ce qu’il va en faire.
Pourtant, les deux héros partent presque dans des directions opposées. Light Yagami comprend très vite comment il souhaite utiliser le Death Note. Mirai, lui, possède une arme mortelle mais cherche surtout des raisons de ne pas s’en servir.
C’est justement ce contraste qui rend Platinum End intéressant. Ohba ne répète pas simplement sa première recette avec des ailes à la place d’un cahier. Il repart d’une question différente : que vaut un pouvoir absolu pour quelqu’un qui cherche seulement une vie heureuse ?
Et entre les deux, le même duo avait complètement changé de terrain avec Bakuman
Ohba et Obata avaient aussi signé Bakuman, consacré cette fois à deux jeunes auteurs qui cherchent à réussir dans le manga.
Passer de Death Note à Bakuman, puis de Bakuman à Platinum End montre assez bien la souplesse du tandem. Le décor change complètement, mais leur complémentarité reste évidente : Ohba construit les règles et les dilemmes, tandis qu’Obata donne une présence incroyable aux personnages et à leur univers.
Dans Platinum End, cela se voit particulièrement sur les anges. Les ailes, les costumes et les affrontements aériens donnent au dessinateur énormément d’espace pour jouer avec les silhouettes.
Et lorsqu’Obata décide qu’une apparition doit être spectaculaire, on reconnaît immédiatement pourquoi son dessin reste aussi associé au duo.
À l’origine, Tsugumi Ohba voulait surtout parler du bonheur
Voilà une anecdote qui explique beaucoup mieux Platinum End que n’importe quelle étiquette de genre. Dans une interview officielle de Jump SQ., Tsugumi Ohba explique que l’idée de départ venait de son envie de raconter que les humains naissent et vivent pour chercher le bonheur.
Une fois qu’on connaît cette intention, Mirai devient beaucoup plus facile à comprendre. Tout le manga commence alors qu’il ne croit justement plus pouvoir être heureux.
Les anges, les flèches et l’élection de Dieu donnent l’aspect spectaculaire. Pourtant, derrière eux revient toujours la même question : qu’est-ce qu’une vie heureuse ?
Certains personnages trouvent leur réponse dans l’amour. D’autres dans leur famille, leur ambition ou leurs convictions. Et plus les candidats se rapprochent du choix final, plus la série s’intéresse à leurs idées plutôt qu’à leur simple puissance.
Platinum End change d’ailleurs beaucoup au fil des tomes
Le début ressemble volontiers à un thriller surnaturel. Les candidats doivent se cacher, découvrir leurs ennemis et survivre aux attaques de ceux qui veulent éliminer la concurrence.
Ensuite, la série élargit progressivement son sujet. L’existence des candidats soulève des questions qui dépassent leurs affrontements personnels. Le choix d’un nouveau Dieu concerne forcément un peu plus de monde que treize personnes capables de voler.
Le récit devient alors plus philosophique. Les personnages discutent de la mort, du bonheur, de la religion, de la science et même de la nécessité d’un Dieu.
Ce changement peut surprendre si l’on attend uniquement une succession de duels. En revanche, si vous aimez les mangas qui utilisent leurs pouvoirs pour lancer de vrais débats entre les personnages, cette deuxième partie possède une identité très forte.
Même le titre a failli être différent
Autre détail amusant : Platinum End ne devait pas forcément s’appeler Platinum End.
Tsugumi Ohba a raconté que son éditeur avait proposé plusieurs idées. Après discussion avec Takeshi Obata, le projet est passé un moment par le titre White End.
Le résultat ne convainquait finalement pas complètement l’équipe. Ohba, Obata et leur éditeur ont donc repris leurs recherches avant d’arriver à Platinum End.
Vu l’importance de la flèche blanche dans la série, White End n’aurait pas été complètement absurde. Mais reconnaissons que Platinum End sonne quand même un peu moins comme le nom d’une lessive particulièrement agressive.
Une histoire complète en 14 tomes
Platinum End est terminé en 14 tomes. Tsugumi Ohba et Takeshi Obata ont mené l’élection du nouveau Dieu jusqu’à sa conclusion, sans transformer le principe initial en série interminable.
Quatorze volumes permettent au manga de changer plusieurs fois de rythme. Le conflit entre les candidats s’installe rapidement, puis l’histoire élargit progressivement les questions qu’elle pose.
La série possède donc une vraie fin, ce qui compte particulièrement ici. Lorsqu’un manga annonce dès le départ que treize personnes doivent déterminer qui succédera à Dieu, on apprécie de savoir que les auteurs ont effectivement apporté leur réponse.
Pourquoi commencer Platinum End ?
Si vous aimez les thrillers surnaturels, les jeux de règles et les personnages placés devant des choix impossibles, Platinum End mérite clairement le détour.
Le manga retrouve certaines qualités qui rendent le duo Ohba–Obata aussi efficace. Les pouvoirs paraissent simples, puis les personnages découvrent tout ce qu’ils permettent réellement. Chaque candidat possède ses propres motivations. Et derrière le spectacle, l’histoire revient constamment sur la valeur d’une vie humaine.
En revanche, ne cherchez pas un Death Note 2. Mirai n’est pas Light avec des ailes et Nasse n’est pas Ryuk avec une auréole. Platinum End prend justement une direction intéressante parce que son héros refuse la logique que ses pouvoirs semblent lui imposer.
Et lorsque treize humains potentiellement fragiles, ambitieux ou complètement imprévisibles apprennent qu’un poste de Dieu vient de se libérer, on se doute bien que le recrutement ne va pas se terminer avec un simple entretien d’embauche.
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Platinum End est une série complète en 14 tomes, scénarisée par Tsugumi Ohba et dessinée par Takeshi Obata. Mirai Kakehashi reçoit de l’ange Nasse des ailes et des flèches avant d’apprendre qu’il fait partie des 13 candidats à la succession de Dieu. Un conseil : si un ange vous annonce que vous avez été retenu pour devenir Dieu, demandez peut-être à voir la fiche de poste avant d’accepter les ailes.
