No Guns Life
No Guns Life : un détective avec un revolver à la place de la tête
Le manga No Guns Life ne perd pas de temps avec les présentations. Jûzô Inui est un Extend, un homme dont le corps a été lourdement modifié par la technologie. Dans son cas, le détail saute assez vite aux yeux : sa tête est un énorme revolver.
Depuis la fin de la grande guerre, la ville grouille d’Extends rendus à la vie civile. Jûzô gagne sa vie en réglant les affaires qui les concernent. Il enquête, protège des clients et nettoie les problèmes que les autorités ou les grandes compagnies préfèrent parfois voir disparaître.
Jûzô Inui : privé, ancien soldat et Gun Slave Unit
Jûzô possède l’allure parfaite du héros hard-boiled, à un détail mécanique près. Il tient un bureau de « resolver », fume beaucoup et traîne derrière lui un passé militaire dont il préférerait souvent ne pas parler.
Il appartient surtout aux Gun Slave Units, des Over-Extends conçus comme armes pendant la guerre. Son corps dispose d’une puissance redoutable. Pourtant, son revolver crânien possède une particularité assez humiliante pour quelqu’un qui aime travailler seul : Jûzô ne peut pas en presser lui-même la détente. Quelqu’un doit se placer derrière lui pour tirer.
Ce détail résume assez bien le personnage. Jûzô a été transformé en outil, mais il veut désormais décider lui-même quand agir et pour qui.
Tetsurô arrive avec un problème beaucoup plus gros que lui
Tout bascule lorsqu’un Extend poursuivi par la police débarque dans le bureau de Jûzô. Il lui confie un jeune garçon qu’il vient pourtant d’enlever et lui demande de le protéger. Le garçon s’appelle Tetsurô.
Tetsurô a subi les expériences de la puissante multinationale Berühren. On lui a implanté Harmonie, un système capable de prendre le contrôle d’Extends à distance. Autant dire qu’une compagnie spécialisée dans les extensions corporelles préfère éviter qu’un tel cobaye raconte sa vie à la presse.
En acceptant de protéger Tetsurô, Jûzô ne récupère donc pas simplement une nouvelle affaire. Il met les doigts dans les secrets de Berühren et attire sur lui des adversaires qui connaissent très bien la façon dont les Extends ont été fabriqués.
Berühren : quand l’entreprise qui vous a fabriqué possède encore le mode d’emploi
Berühren n’est pas un simple méchant avec un grand immeuble et un logo inquiétant. La compagnie contrôle une part énorme des technologies d’extension et possède des liens profonds avec la guerre qui a façonné Jûzô.
Ses activités placent rapidement le manga sur un terrain plus intéressant que la simple chasse au cyborg. Qui possède un corps lorsqu’une entreprise peut modifier, commander ou démonter celui qui le porte ? Jusqu’où un Extend reste-t-il libre si sa technologie dépend de ceux qui l’ont fabriqué ?
Ces questions prennent encore plus de poids avec Tetsurô. Harmonie lui permet d’intervenir directement sur les corps mécaniques. Entre de mauvaises mains, ce pouvoir transforme littéralement un individu en marionnette.
Mary Steinberg : la mécanique avant les grands discours
Heureusement, Jûzô peut compter sur Mary, ingénieure spécialisée dans la maintenance des Extends. Elle connaît son corps mécanique depuis longtemps et sait remettre en état ce que les combats ont tendance à démonter.
Son rôle devient beaucoup plus personnel lorsque son frère aîné Victor Steinberg réapparaît. Victor fut autrefois l’ingénieur attitré de Jûzô pendant la guerre. Des années plus tard, leurs chemins se croisent à nouveau dans des circonstances nettement moins amicales.
Mary évite ainsi le rôle de simple mécanicienne de service. Son passé, celui de Victor et les origines des technologies d’extension se retrouvent directement liés au cœur de l’intrigue.
Pepper et Seven : Jûzô rencontre son propre cauchemar en face
Berühren finit par envoyer Pepper, accompagnée de Seven. Ce dernier n’est pas n’importe quel Extend : c’est un autre Gun Slave Unit du même modèle que Jûzô.
La rencontre fonctionne immédiatement parce que Seven représente ce que Jûzô aurait pu rester. Une arme conçue pour obéir, dont la volonté personnelle compte moins que l’ordre reçu. Lorsque Seven reçoit l’instruction de tout détruire, Jûzô se retrouve littéralement face à une version de son propre passé.
Le combat ne repose donc pas seulement sur la question de savoir lequel possède le plus gros canon. Pour Jûzô, affronter Seven revient aussi à régler quelques comptes avec l’époque où il acceptait encore d’être traité comme du matériel militaire.
Spitzbergen : combattre les extensions en utilisant ceux qui les ont créées
Comme si Berühren ne suffisait pas, l’organisation terroriste Spitzbergen entre elle aussi dans la partie. Hostile aux technologies d’extension, elle utilise pourtant des méthodes qui rendent son discours beaucoup moins confortable qu’il n’y paraît.
À sa tête se trouve le docteur Andy Wachowski. Ce scientifique a posé les bases théoriques ayant permis la création des Extends. Voir l’un des pères de cette technologie se retourner ensuite contre ce qu’elle est devenue ajoute une nouvelle couche au conflit.
Jûzô se retrouve donc coincé entre ceux qui veulent contrôler les Extends et ceux qui veulent faire disparaître leur technologie. Dans les deux camps, quelqu’un semble toujours avoir une excellente raison de décider à leur place.
Une SF hard-boiled qui sent l’huile, la pluie et la poudre
Tasuku Karasuma donne à No Guns Life une ambiance très reconnaissable. Les rues sombres, les bureaux mal éclairés, les trafics et les multinationales évoquent le polar noir. Par-dessus viennent les membres mécaniques, les cerveaux auxiliaires et des humains dont le corps ressemble parfois davantage à une machine de guerre.
Le dessin joue énormément sur les silhouettes. Jûzô possède évidemment l’une des têtes les plus difficiles à oublier du manga moderne. Pourtant, les autres Extends ne sont pas de simples variantes de robots : leurs modifications racontent souvent ce qu’on leur a demandé de devenir.
L’action reste brutale, mais elle sert constamment le thème central. Derrière les armes et les augmentations revient toujours la même question : peut-on retrouver une vie normale après avoir été fabriqué pour tuer ?
Une série complète en 13 tomes chez Kana
Tasuku Karasuma signe à la fois le scénario et le dessin de No Guns Life. La série a été prépubliée au Japon dans Ultra Jump chez Shueisha. En français, Kana l’a publiée dans sa collection Big Kana.
L’histoire est complète en 13 tomes. Le dernier volume mène jusqu’au bout le conflit entre Jûzô, Berühren et les conséquences laissées par la guerre. Pas de dossier classé à moitié : le resolver finit bien par recevoir sa dernière affaire.
Si vous aimez la science-fiction sombre, les personnages cabossés et les intrigues où une multinationale possède beaucoup trop de clés d’accès au corps humain, No Guns Life a de solides arguments. Et il possède aussi Jûzô. Rien que visuellement, difficile de confondre sa fiche avec celle du voisin.
Lire plus
No Guns Life mélange polar noir, cyberpunk et gros calibres sans oublier que son héros cherche surtout à rester maître de sa propre vie. Petit conseil tout de même : si Jûzô vous demande de lui donner un coup de main avec son revolver, demandez d’abord ce qu’il entend exactement par « tirer la détente ». Ce n’est pas le moment de découvrir que vous venez d’accepter un contrat de Gun Slave Unit.
Voici le seul résultat
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No Guns Life tome 11
11,90CHF
No Guns Life : un détective avec un revolver à la place de la tête
Le manga No Guns Life ne perd pas de temps avec les présentations. Jûzô Inui est un Extend, un homme dont le corps a été lourdement modifié par la technologie. Dans son cas, le détail saute assez vite aux yeux : sa tête est un énorme revolver.
Depuis la fin de la grande guerre, la ville grouille d’Extends rendus à la vie civile. Jûzô gagne sa vie en réglant les affaires qui les concernent. Il enquête, protège des clients et nettoie les problèmes que les autorités ou les grandes compagnies préfèrent parfois voir disparaître.
Jûzô Inui : privé, ancien soldat et Gun Slave Unit
Jûzô possède l’allure parfaite du héros hard-boiled, à un détail mécanique près. Il tient un bureau de « resolver », fume beaucoup et traîne derrière lui un passé militaire dont il préférerait souvent ne pas parler.
Il appartient surtout aux Gun Slave Units, des Over-Extends conçus comme armes pendant la guerre. Son corps dispose d’une puissance redoutable. Pourtant, son revolver crânien possède une particularité assez humiliante pour quelqu’un qui aime travailler seul : Jûzô ne peut pas en presser lui-même la détente. Quelqu’un doit se placer derrière lui pour tirer.
Ce détail résume assez bien le personnage. Jûzô a été transformé en outil, mais il veut désormais décider lui-même quand agir et pour qui.
Tetsurô arrive avec un problème beaucoup plus gros que lui
Tout bascule lorsqu’un Extend poursuivi par la police débarque dans le bureau de Jûzô. Il lui confie un jeune garçon qu’il vient pourtant d’enlever et lui demande de le protéger. Le garçon s’appelle Tetsurô.
Tetsurô a subi les expériences de la puissante multinationale Berühren. On lui a implanté Harmonie, un système capable de prendre le contrôle d’Extends à distance. Autant dire qu’une compagnie spécialisée dans les extensions corporelles préfère éviter qu’un tel cobaye raconte sa vie à la presse.
En acceptant de protéger Tetsurô, Jûzô ne récupère donc pas simplement une nouvelle affaire. Il met les doigts dans les secrets de Berühren et attire sur lui des adversaires qui connaissent très bien la façon dont les Extends ont été fabriqués.
Berühren : quand l’entreprise qui vous a fabriqué possède encore le mode d’emploi
Berühren n’est pas un simple méchant avec un grand immeuble et un logo inquiétant. La compagnie contrôle une part énorme des technologies d’extension et possède des liens profonds avec la guerre qui a façonné Jûzô.
Ses activités placent rapidement le manga sur un terrain plus intéressant que la simple chasse au cyborg. Qui possède un corps lorsqu’une entreprise peut modifier, commander ou démonter celui qui le porte ? Jusqu’où un Extend reste-t-il libre si sa technologie dépend de ceux qui l’ont fabriqué ?
Ces questions prennent encore plus de poids avec Tetsurô. Harmonie lui permet d’intervenir directement sur les corps mécaniques. Entre de mauvaises mains, ce pouvoir transforme littéralement un individu en marionnette.
Mary Steinberg : la mécanique avant les grands discours
Heureusement, Jûzô peut compter sur Mary, ingénieure spécialisée dans la maintenance des Extends. Elle connaît son corps mécanique depuis longtemps et sait remettre en état ce que les combats ont tendance à démonter.
Son rôle devient beaucoup plus personnel lorsque son frère aîné Victor Steinberg réapparaît. Victor fut autrefois l’ingénieur attitré de Jûzô pendant la guerre. Des années plus tard, leurs chemins se croisent à nouveau dans des circonstances nettement moins amicales.
Mary évite ainsi le rôle de simple mécanicienne de service. Son passé, celui de Victor et les origines des technologies d’extension se retrouvent directement liés au cœur de l’intrigue.
Pepper et Seven : Jûzô rencontre son propre cauchemar en face
Berühren finit par envoyer Pepper, accompagnée de Seven. Ce dernier n’est pas n’importe quel Extend : c’est un autre Gun Slave Unit du même modèle que Jûzô.
La rencontre fonctionne immédiatement parce que Seven représente ce que Jûzô aurait pu rester. Une arme conçue pour obéir, dont la volonté personnelle compte moins que l’ordre reçu. Lorsque Seven reçoit l’instruction de tout détruire, Jûzô se retrouve littéralement face à une version de son propre passé.
Le combat ne repose donc pas seulement sur la question de savoir lequel possède le plus gros canon. Pour Jûzô, affronter Seven revient aussi à régler quelques comptes avec l’époque où il acceptait encore d’être traité comme du matériel militaire.
Spitzbergen : combattre les extensions en utilisant ceux qui les ont créées
Comme si Berühren ne suffisait pas, l’organisation terroriste Spitzbergen entre elle aussi dans la partie. Hostile aux technologies d’extension, elle utilise pourtant des méthodes qui rendent son discours beaucoup moins confortable qu’il n’y paraît.
À sa tête se trouve le docteur Andy Wachowski. Ce scientifique a posé les bases théoriques ayant permis la création des Extends. Voir l’un des pères de cette technologie se retourner ensuite contre ce qu’elle est devenue ajoute une nouvelle couche au conflit.
Jûzô se retrouve donc coincé entre ceux qui veulent contrôler les Extends et ceux qui veulent faire disparaître leur technologie. Dans les deux camps, quelqu’un semble toujours avoir une excellente raison de décider à leur place.
Une SF hard-boiled qui sent l’huile, la pluie et la poudre
Tasuku Karasuma donne à No Guns Life une ambiance très reconnaissable. Les rues sombres, les bureaux mal éclairés, les trafics et les multinationales évoquent le polar noir. Par-dessus viennent les membres mécaniques, les cerveaux auxiliaires et des humains dont le corps ressemble parfois davantage à une machine de guerre.
Le dessin joue énormément sur les silhouettes. Jûzô possède évidemment l’une des têtes les plus difficiles à oublier du manga moderne. Pourtant, les autres Extends ne sont pas de simples variantes de robots : leurs modifications racontent souvent ce qu’on leur a demandé de devenir.
L’action reste brutale, mais elle sert constamment le thème central. Derrière les armes et les augmentations revient toujours la même question : peut-on retrouver une vie normale après avoir été fabriqué pour tuer ?
Une série complète en 13 tomes chez Kana
Tasuku Karasuma signe à la fois le scénario et le dessin de No Guns Life. La série a été prépubliée au Japon dans Ultra Jump chez Shueisha. En français, Kana l’a publiée dans sa collection Big Kana.
L’histoire est complète en 13 tomes. Le dernier volume mène jusqu’au bout le conflit entre Jûzô, Berühren et les conséquences laissées par la guerre. Pas de dossier classé à moitié : le resolver finit bien par recevoir sa dernière affaire.
Si vous aimez la science-fiction sombre, les personnages cabossés et les intrigues où une multinationale possède beaucoup trop de clés d’accès au corps humain, No Guns Life a de solides arguments. Et il possède aussi Jûzô. Rien que visuellement, difficile de confondre sa fiche avec celle du voisin.
Lire plus
No Guns Life mélange polar noir, cyberpunk et gros calibres sans oublier que son héros cherche surtout à rester maître de sa propre vie. Petit conseil tout de même : si Jûzô vous demande de lui donner un coup de main avec son revolver, demandez d’abord ce qu’il entend exactement par « tirer la détente ». Ce n’est pas le moment de découvrir que vous venez d’accepter un contrat de Gun Slave Unit.
