Naruto

Naruto : du cancre de Konoha au ninja qui refuse qu’on décide de son destin

Dans le manga Naruto, Naruto Uzumaki a un objectif parfaitement raisonnable pour un garçon incapable de rester tranquille cinq minutes : devenir Hokage, le ninja le plus respecté de Konoha. Pour l’instant, le village le connaît surtout comme le garnement qui peint les visages des anciens Hokage, rate ses examens et invente toutes sortes de bêtises pour qu’on le remarque enfin.

Car derrière ses grands sourires, Naruto vit seul. Les adultes du village l’évitent et beaucoup regardent cet enfant comme s’il avait commis lui-même un crime dont il ignore presque tout. La raison se trouve pourtant en lui : Kyûbi, le démon-renard à neuf queues qui a autrefois ravagé Konoha, a été scellé dans son corps alors qu’il n’était encore qu’un bébé.

Voilà ce qui rend immédiatement le personnage attachant. Naruto ne rêve pas de devenir Hokage simplement pour avoir un joli chapeau. Il veut que tous ceux qui l’ont regardé de travers soient un jour obligés de reconnaître sa valeur. Et pour y arriver, il va devoir commencer par réussir à devenir ninja sans mettre son professeur Iruka en dépression.

Naruto parle beaucoup, mais derrière chaque bêtise se cache le même besoin

Au début, Naruto est bruyant, immature et capable de transformer n’importe quelle situation sérieuse en catastrophe. Pourtant, Masashi Kishimoto montre très vite pourquoi il agit ainsi.

Quand personne ne vous attend à la maison et que tout un village préfère vous ignorer, même une punition devient une forme d’attention.

Iruka Umino est l’un des premiers adultes à comprendre réellement Naruto. Leur relation donne déjà au premier tome une dimension beaucoup plus forte qu’une simple histoire d’école de ninjas.

Peu à peu, Naruto découvre quelque chose qu’il n’avait presque jamais connu : des gens qui comptent sur lui. À partir de là, sa détermination change. Il ne veut plus seulement être reconnu. Il veut également être capable de protéger ceux qui lui ont enfin offert une place.

L’équipe 7 réunit trois élèves qui n’auraient probablement jamais choisi de travailler ensemble

Après l’académie, Naruto rejoint l’équipe 7 avec Sasuke Uchiwa et Sakura Haruno, sous les ordres de Kakashi Hatake.

Le début promet déjà une excellente ambiance.

Naruto considère immédiatement Sasuke comme son rival. Sasuke est doué, populaire et obtient sans effort l’attention que Naruto réclame constamment. Sakura, elle, est amoureuse de Sasuke et trouve Naruto franchement pénible.

Quant à Kakashi, leur nouveau maître, il arrive en retard, lit tranquillement ses petits romans pendant l’entraînement et possède une conception assez brutale du travail d’équipe.

Mais c’est justement là que la série trouve son cœur. Naruto, Sasuke et Sakura doivent apprendre à fonctionner ensemble avant même de penser aux techniques secrètes.

Kakashi et ses clochettes donnent immédiatement la vraie leçon

Le premier entraînement de Kakashi reste l’un des passages qui résument le mieux Naruto. Il accroche deux clochettes à sa ceinture et demande aux trois élèves de les lui prendre.

Petit problème : ils sont trois pour seulement deux clochettes.

Tout semble donc conçu pour pousser chacun à penser uniquement à sa propre réussite. Pourtant, Kakashi attend exactement l’inverse.

Dans son monde, un ninja incapable de respecter les règles est mal vu. Mais quelqu’un qui abandonne ses compagnons est encore pire.

Cette idée reviendra constamment dans la série. La puissance compte énormément, évidemment. Pourtant, Naruto parle surtout des liens que les personnages choisissent de garder ou de briser.

Sasuke : le rival que Naruto refuse de laisser partir

Sasuke Uchiwa n’est pas seulement le garçon talentueux qu’il faut dépasser. Il porte le poids du massacre de son clan et vit avec un objectif précis : devenir suffisamment fort pour tuer son frère Itachi.

Au début, Naruto le jalouse. Ensuite, les deux commencent à se comprendre beaucoup mieux qu’ils ne voudraient l’admettre.

Ils connaissent tous les deux la solitude, mais n’y répondent pas de la même manière. Naruto cherche désespérément à créer des liens. Sasuke commence au contraire à croire qu’ils risquent de l’éloigner de sa vengeance.

Cette opposition devient l’un des grands fils rouges du manga.

Leur rivalité fonctionne justement parce qu’elle dépasse rapidement la question de savoir lequel lance le meilleur jutsu. Naruto veut battre Sasuke, bien sûr. Mais surtout, il refuse de considérer son ami comme perdu.

Sakura commence loin derrière les deux garçons… et travaille pour changer ça

Sakura Haruno démarre avec moins de capacités spectaculaires que Naruto ou Sasuke. Elle possède un excellent contrôle du chakra, mais se retrouve rapidement confrontée à des adversaires qui semblent jouer dans une autre catégorie.

La série lui donne ensuite une vraie voie de progression. Sa rencontre avec Tsunade devient particulièrement importante et lui permet de développer ses capacités médicales ainsi qu’une force physique assez peu compatible avec la survie des murs environnants.

Le trio évolue donc dans trois directions très différentes.

Naruto apprend à exploiter une puissance qu’il comprend mal. Sasuke cherche toujours davantage de force. Sakura choisit de ne plus rester derrière eux en attendant qu’on vienne la sauver.

Le chakra donne des règles aux techniques de ninja

Dans Naruto, les ninjas ne se contentent pas de lancer des boules de feu parce que le scénario en a besoin. Leur puissance repose sur le chakra, qu’ils apprennent à contrôler pour utiliser différentes techniques.

Il y a le ninjutsu, le genjutsu, le taijutsu et toute une série de techniques propres aux clans ou aux individus.

Le système reste suffisamment clair pour suivre les combats tout en laissant à Kishimoto beaucoup de liberté. Certains ninjas utilisent des insectes. D’autres manipulent les ombres, maîtrisent leurs chiens, contrôlent le sable ou voient le réseau de chakra de leurs adversaires.

Par conséquent, deux combats peuvent fonctionner de manière complètement différente.

Et les meilleurs affrontements ne se gagnent pas toujours avec la plus grosse réserve de chakra. Comprendre la technique adverse peut être tout aussi important.

L’examen Chûnin : le moment où le monde de Naruto explose vraiment

Si les premiers tomes installent Konoha et l’équipe 7, l’examen Chûnin ouvre soudain les portes.

D’autres équipes arrivent. D’autres villages apparaissent. Et surtout, Naruto rencontre une quantité impressionnante de personnages qui deviendront essentiels par la suite.

Rock Lee n’est pratiquement pas capable d’utiliser ninjutsu ou genjutsu, mais compense avec un entraînement physique complètement déraisonnable. Neji Hyûga croit profondément au destin. Shikamaru semble trop paresseux pour s’intéresser à quoi que ce soit, jusqu’au moment où il commence réellement à réfléchir.

Et puis il y a Gaara.

Au premier regard, le garçon de Suna possède déjà tout ce qu’il faut pour donner envie de rester loin de lui. Son sable le protège presque automatiquement et son rapport aux autres laisse deviner que son enfance n’a pas été exactement paisible.

Lorsque Naruto découvre ce qui rapproche leurs histoires, leur confrontation prend alors une tout autre dimension.

Rock Lee contre Gaara : pas besoin d’être le héros pour avoir un combat inoubliable

Naruto possède cette qualité que j’aime beaucoup dans les grands shonen : les personnages secondaires peuvent complètement voler la vedette pendant plusieurs chapitres.

Rock Lee contre Gaara en est probablement l’exemple parfait.

Lee est incapable d’utiliser les techniques que la plupart des ninjas considèrent essentielles. Son maître Gaï lui a donc appris à pousser le taijutsu aussi loin que possible.

Face à Gaara et sa défense quasiment automatique, ça donne un affrontement qui montre très bien l’une des idées centrales du manga : ne pas posséder le talent attendu ne signifie pas que vous êtes condamné à rester derrière.

Et lorsque Lee commence à retirer ses poids d’entraînement, même vingt ans plus tard, ceux qui ont lu la scène savent exactement ce qui arrive.

Jiraya : un grand ninja, un grand écrivain… selon Kakashi

Jiraya devient l’un des maîtres les plus importants de Naruto. C’est un ninja légendaire, un spécialiste des techniques liées aux crapauds et un homme qui pourrait donner une excellente première impression s’il faisait parfois un léger effort.

Ce n’est pas toujours le cas.

Jiraya est également l’auteur de romans pour adultes dont Kakashi semble être un lecteur particulièrement fidèle. Naruto découvre donc que son nouveau maître possède autant de défauts que de talent.

Pourtant, leur relation devient essentielle. Jiraya enseigne à Naruto plusieurs techniques majeures, mais lui transmet aussi une manière de regarder le monde ninja.

Derrière le personnage comique se cache un homme qui a connu la guerre, vu ses élèves suivre des chemins très différents et continue malgré tout à croire qu’une autre voie reste possible.

Le Rasengan ne vient pas avec un mode d’emploi très pratique

Parmi les techniques les plus célèbres de Naruto se trouve évidemment le Rasengan.

Et j’aime particulièrement la manière dont Kishimoto présente son apprentissage. Naruto ne reçoit pas simplement une formule magique à réciter. Il doit comprendre plusieurs étapes de contrôle du chakra.

Ballons d’eau, balles en caoutchouc et astuces très personnelles deviennent alors les outils d’un entraînement beaucoup plus visuel qu’une longue explication théorique.

C’est souvent comme ça que Naruto progresse. Il n’est pas toujours celui qui comprend le plus vite lorsqu’on lui explique quelque chose normalement.

En revanche, trouvez une méthode suffisamment concrète et il peut devenir étonnamment inventif.

Orochimaru prouve assez tôt que les grands ninjas peuvent devenir de très mauvaises nouvelles

Orochimaru apporte une autre facette au monde ninja. Ancien élève du Troisième Hokage et membre des trois ninjas légendaires avec Jiraya et Tsunade, il a choisi une direction beaucoup moins rassurante.

Son obsession pour les techniques, l’immortalité et les corps capables d’accueillir ses ambitions en fait l’une des présences les plus inquiétantes des premiers grands arcs.

Il s’intéresse notamment à Sasuke et au pouvoir des Uchiwa.

À partir de là, la rivalité Naruto-Sasuke cesse progressivement d’être une simple compétition entre camarades. Sasuke voit apparaître une route vers la puissance qu’il désire, mais le prix à payer devient de plus en plus évident.

Itachi : l’homme que Sasuke veut tuer et que le lecteur cherche à comprendre

Itachi Uchiwa plane sur l’histoire de Sasuke bien avant d’occuper réellement le devant de la scène.

Pour son petit frère, les choses semblent simples : Itachi a massacré leur clan et doit mourir.

Évidemment, dans Naruto, les choses restent rarement simples très longtemps.

Kishimoto distille progressivement les informations sur les Uchiwa, Konoha et ce qui s’est réellement passé. Itachi devient alors l’un des personnages dont la perception change le plus au fil de la lecture.

C’est l’une des forces de la série lorsqu’elle fonctionne le mieux : un ennemi peut rester mémorable bien après que le combat a cessé d’être la partie la plus importante de son histoire.

L’Akatsuki a probablement remporté le concours du groupe de méchants le mieux habillé

Avec leurs manteaux noirs couverts de nuages rouges, les membres de l’Akatsuki sont devenus immédiatement reconnaissables.

Mais heureusement, le groupe ne repose pas uniquement sur le dress code.

Itachi, Kisame, Deidara, Sasori, Hidan, Kakuzu, Konan, Pain et les autres possèdent chacun leurs techniques et leur personnalité. Certains duos fonctionnent presque comme des collègues condamnés à supporter les habitudes de l’autre pendant les missions.

Leur objectif autour des démons à queues entraîne Naruto dans un conflit beaucoup plus vaste. Kyûbi n’est plus uniquement le secret qui expliquait pourquoi les habitants de Konoha l’évitaient.

Il devient aussi l’une des raisons pour lesquelles des ennemis extrêmement dangereux commencent à s’intéresser directement à lui.

Pain pose une question à laquelle un coup de poing ne suffit pas vraiment à répondre

Plus Naruto devient puissant, plus Kishimoto évite parfois de résoudre ses grands conflits uniquement par la victoire physique.

Pain en est probablement le meilleur exemple.

Son histoire est liée à Jiraya, à la guerre et aux conséquences que les grands villages ninjas laissent derrière eux. Pour lui, parler de paix sans comprendre la souffrance des autres n’a aucun sens.

Naruto doit donc affronter quelqu’un dont il condamne les actes mais dont il ne peut pas simplement ignorer le raisonnement.

C’est là que le personnage évolue vraiment. Devenir Hokage ne peut plus seulement signifier être le ninja assez fort pour battre tout le monde.

Il faut aussi trouver quoi faire après le combat.

Shikamaru confirme qu’on peut être un excellent ninja en trouvant tout pénible

Parmi les personnages secondaires, Shikamaru Nara reste difficile à ne pas aimer.

Il préférerait souvent regarder les nuages plutôt que participer à une mission. Il trouve énormément de choses « galères » et possède une motivation assez variable.

Seulement, lorsqu’il commence à analyser une situation, son intelligence devient une véritable arme.

Sa technique des ombres paraît beaucoup moins spectaculaire que certaines attaques capables de raser une forêt. Pourtant, Shikamaru l’utilise avec tellement de précision qu’il peut retourner un combat à partir de presque rien.

Et son évolution montre encore une fois que Naruto ne donne pas uniquement de l’importance à ceux qui possèdent la plus grosse réserve de chakra.

Les villages cachés donnent au manga un véritable monde politique

Konoha n’est qu’un des grands villages ninjas. Suna, Kiri, Kumo ou Iwa possèdent leur propre histoire, leurs chefs et leurs relations avec les autres nations.

Au début, ces différences servent surtout à introduire de nouveaux combattants.

Ensuite, on comprend progressivement que le système ninja lui-même a produit une partie des catastrophes auxquelles les héros doivent faire face.

Les guerres ont laissé des orphelins. Les villages se sont espionnés, combattus et utilisés mutuellement. Les clans possèdent leurs propres blessures.

Cette dimension permet à Naruto de grandir avec son héros. On commence par des missions où il faut protéger quelqu’un sur une route. On finit par parler de la manière dont plusieurs nations pourraient arrêter de se préparer constamment à la prochaine guerre.

Naruto et les ramens Ichiraku : là, on ne plaisante plus

Il y a évidemment une autre constante dans la vie de Naruto : les ramens d’Ichiraku.

Le restaurant devient l’un de ses lieux favoris et accompagne le personnage depuis ses jeunes années.

Le détail amusant, c’est que le mot naruto désigne également cette rondelle de pâte de poisson décorée d’une spirale que l’on peut trouver dans certains bols de ramen. Le site officiel Naruto a même consacré tout un article à ce fameux ingrédient.

Dans la série, l’attachement de Naruto aux ramens est tel que le restaurant Ichiraku devient presque un personnage secondaire.

Et soyons clairs : sauver Konoha mérite certainement les honneurs du village. Mais un bol servi chez Ichiraku après une mission reste probablement une récompense beaucoup plus efficace pour Naruto.

Masashi Kishimoto a mis quinze ans à raconter toute l’histoire

Masashi Kishimoto commence la publication régulière de Naruto dans le Weekly Shonen Jump en 1999. La série s’achève en 2014 après 700 chapitres.

Quinze années pendant lesquelles le petit ninja du premier tome grandit réellement.

Le dessin évolue énormément lui aussi. Les premières planches possèdent des personnages plus ronds et un trait parfois plus brut. Au fil des années, Kishimoto développe des combats beaucoup plus amples, affine ses décors et joue davantage avec les mouvements.

Cette évolution se remarque particulièrement lorsqu’on reprend le tome 1 après avoir terminé les derniers arcs.

Naruto a grandi. Kishimoto aussi.

Avant Naruto, Kishimoto avait déjà été remarqué avec Karakuri

Petite anecdote sur l’auteur : avant le succès mondial de Naruto, Kishimoto avait remporté le prix Hop Step de Shueisha avec son histoire courte Karakuri.

Ce prix destiné aux jeunes auteurs avait également distingué des mangakas comme Yoshihiro Togashi ou Eiichiro Oda.

Kishimoto travaillera ensuite plusieurs projets avant de trouver la formule de Naruto telle qu’on la connaît.

Quand on voit aujourd’hui Konoha, les Uchiwa, l’Akatsuki et toute la mythologie construite sur 72 volumes, il est assez amusant de se rappeler que tout a commencé avec un jeune auteur qui cherchait encore simplement à décrocher sa place dans le Jump.

72 tomes et une histoire complète

Naruto est terminé en 72 tomes. Masashi Kishimoto mène donc toute l’histoire de Naruto Uzumaki jusqu’à sa conclusion, avec 700 chapitres publiés entre 1999 et 2014.

En français, Kana a publié l’intégralité de la série. Le tome 72 clôt donc bien le manga principal.

Et 72 tomes peuvent sembler impressionnants lorsqu’on découvre la série aujourd’hui. Pourtant, Naruto fait partie de ces mangas où les grands arcs donnent naturellement envie d’enchaîner. Une mission mène à l’examen Chûnin, l’examen ouvre la porte à Orochimaru, Sasuke entraîne Naruto vers une autre étape et l’Akatsuki finit par transformer les enjeux de toute l’histoire.

On commence avec un gamin qui veut que son village apprenne son nom. Quelques dizaines de volumes plus tard, ce nom signifie quelque chose dans tout le monde ninja.

Naruto reste surtout une histoire de personnages qui refusent d’être définis par ce qu’on attend d’eux

C’est probablement la raison pour laquelle la série continue à parler à autant de lecteurs.

Naruto refuse d’être seulement le réceptacle de Kyûbi. Rock Lee refuse que son manque de ninjutsu décide de sa valeur. Neji doit confronter son idée du destin. Gaara découvre qu’une enfance monstrueuse ne condamne pas nécessairement toute la suite. Sasuke, lui, passe une grande partie de l’histoire à chercher ce qui doit définir sa propre vie.

Les meilleurs moments du manga naissent souvent de ces confrontations.

Oui, il y a des Rasengan, des Sharingan, des invocations géantes et des techniques capables de modifier complètement le paysage. Mais si Naruto était uniquement une collection d’attaques spectaculaires, personne ne discuterait encore aujourd’hui de Jiraya, Itachi, Gaara ou Shikamaru avec autant d’affection.

Pourquoi commencer Naruto aujourd’hui ?

Parce que derrière son statut de monument, Naruto reste avant tout un shonen extrêmement facile à prendre en main. Le premier objectif se comprend en quelques pages : un gamin rejeté par son village veut devenir celui que tout le monde respectera.

Ensuite, Kishimoto construit autour de lui une quantité impressionnante de personnages auxquels on finit par s’attacher. Kakashi, Sasuke, Sakura, Gaara, Jiraya, Tsunade, Shikamaru, Hinata, Rock Lee et les membres de l’Akatsuki donnent chacun une autre raison de continuer.

Les combats mélangent puissance et stratégie. L’univers s’élargit sans perdre complètement Konoha comme point d’ancrage. Et surtout, Naruto évolue suffisamment pour que le garçon du premier tome et le ninja des derniers volumes soient clairement la même personne sans être restés le même personnage.

Si vous n’avez vu que quelques épisodes à la télévision, lire le manga permet aussi de redécouvrir l’histoire au rythme original de Kishimoto, sans détours entre les grands arcs.

Et si vous n’avez encore jamais mis les pieds à Konoha, prenez simplement le tome 1. Vous aurez largement le temps de décider ensuite si Naruto mérite vraiment de devenir Hokage. Lui, de toute façon, a déjà pris sa décision.

Lire plus

Naruto est une série complète en 72 tomes écrite et dessinée par Masashi Kishimoto. De l’équipe 7 aux grands conflits du monde ninja, elle suit Naruto Uzumaki dans sa quête pour obtenir la reconnaissance de Konoha et devenir Hokage. Un dernier conseil : si Naruto vous invite chez Ichiraku après une mission, laissez-le commander. Pour les ninjas, on peut discuter ; pour les ramens, il a clairement plus d’expérience.

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Naruto : du cancre de Konoha au ninja qui refuse qu’on décide de son destin

Dans le manga Naruto, Naruto Uzumaki a un objectif parfaitement raisonnable pour un garçon incapable de rester tranquille cinq minutes : devenir Hokage, le ninja le plus respecté de Konoha. Pour l’instant, le village le connaît surtout comme le garnement qui peint les visages des anciens Hokage, rate ses examens et invente toutes sortes de bêtises pour qu’on le remarque enfin.

Car derrière ses grands sourires, Naruto vit seul. Les adultes du village l’évitent et beaucoup regardent cet enfant comme s’il avait commis lui-même un crime dont il ignore presque tout. La raison se trouve pourtant en lui : Kyûbi, le démon-renard à neuf queues qui a autrefois ravagé Konoha, a été scellé dans son corps alors qu’il n’était encore qu’un bébé.

Voilà ce qui rend immédiatement le personnage attachant. Naruto ne rêve pas de devenir Hokage simplement pour avoir un joli chapeau. Il veut que tous ceux qui l’ont regardé de travers soient un jour obligés de reconnaître sa valeur. Et pour y arriver, il va devoir commencer par réussir à devenir ninja sans mettre son professeur Iruka en dépression.

Naruto parle beaucoup, mais derrière chaque bêtise se cache le même besoin

Au début, Naruto est bruyant, immature et capable de transformer n’importe quelle situation sérieuse en catastrophe. Pourtant, Masashi Kishimoto montre très vite pourquoi il agit ainsi.

Quand personne ne vous attend à la maison et que tout un village préfère vous ignorer, même une punition devient une forme d’attention.

Iruka Umino est l’un des premiers adultes à comprendre réellement Naruto. Leur relation donne déjà au premier tome une dimension beaucoup plus forte qu’une simple histoire d’école de ninjas.

Peu à peu, Naruto découvre quelque chose qu’il n’avait presque jamais connu : des gens qui comptent sur lui. À partir de là, sa détermination change. Il ne veut plus seulement être reconnu. Il veut également être capable de protéger ceux qui lui ont enfin offert une place.

L’équipe 7 réunit trois élèves qui n’auraient probablement jamais choisi de travailler ensemble

Après l’académie, Naruto rejoint l’équipe 7 avec Sasuke Uchiwa et Sakura Haruno, sous les ordres de Kakashi Hatake.

Le début promet déjà une excellente ambiance.

Naruto considère immédiatement Sasuke comme son rival. Sasuke est doué, populaire et obtient sans effort l’attention que Naruto réclame constamment. Sakura, elle, est amoureuse de Sasuke et trouve Naruto franchement pénible.

Quant à Kakashi, leur nouveau maître, il arrive en retard, lit tranquillement ses petits romans pendant l’entraînement et possède une conception assez brutale du travail d’équipe.

Mais c’est justement là que la série trouve son cœur. Naruto, Sasuke et Sakura doivent apprendre à fonctionner ensemble avant même de penser aux techniques secrètes.

Kakashi et ses clochettes donnent immédiatement la vraie leçon

Le premier entraînement de Kakashi reste l’un des passages qui résument le mieux Naruto. Il accroche deux clochettes à sa ceinture et demande aux trois élèves de les lui prendre.

Petit problème : ils sont trois pour seulement deux clochettes.

Tout semble donc conçu pour pousser chacun à penser uniquement à sa propre réussite. Pourtant, Kakashi attend exactement l’inverse.

Dans son monde, un ninja incapable de respecter les règles est mal vu. Mais quelqu’un qui abandonne ses compagnons est encore pire.

Cette idée reviendra constamment dans la série. La puissance compte énormément, évidemment. Pourtant, Naruto parle surtout des liens que les personnages choisissent de garder ou de briser.

Sasuke : le rival que Naruto refuse de laisser partir

Sasuke Uchiwa n’est pas seulement le garçon talentueux qu’il faut dépasser. Il porte le poids du massacre de son clan et vit avec un objectif précis : devenir suffisamment fort pour tuer son frère Itachi.

Au début, Naruto le jalouse. Ensuite, les deux commencent à se comprendre beaucoup mieux qu’ils ne voudraient l’admettre.

Ils connaissent tous les deux la solitude, mais n’y répondent pas de la même manière. Naruto cherche désespérément à créer des liens. Sasuke commence au contraire à croire qu’ils risquent de l’éloigner de sa vengeance.

Cette opposition devient l’un des grands fils rouges du manga.

Leur rivalité fonctionne justement parce qu’elle dépasse rapidement la question de savoir lequel lance le meilleur jutsu. Naruto veut battre Sasuke, bien sûr. Mais surtout, il refuse de considérer son ami comme perdu.

Sakura commence loin derrière les deux garçons… et travaille pour changer ça

Sakura Haruno démarre avec moins de capacités spectaculaires que Naruto ou Sasuke. Elle possède un excellent contrôle du chakra, mais se retrouve rapidement confrontée à des adversaires qui semblent jouer dans une autre catégorie.

La série lui donne ensuite une vraie voie de progression. Sa rencontre avec Tsunade devient particulièrement importante et lui permet de développer ses capacités médicales ainsi qu’une force physique assez peu compatible avec la survie des murs environnants.

Le trio évolue donc dans trois directions très différentes.

Naruto apprend à exploiter une puissance qu’il comprend mal. Sasuke cherche toujours davantage de force. Sakura choisit de ne plus rester derrière eux en attendant qu’on vienne la sauver.

Le chakra donne des règles aux techniques de ninja

Dans Naruto, les ninjas ne se contentent pas de lancer des boules de feu parce que le scénario en a besoin. Leur puissance repose sur le chakra, qu’ils apprennent à contrôler pour utiliser différentes techniques.

Il y a le ninjutsu, le genjutsu, le taijutsu et toute une série de techniques propres aux clans ou aux individus.

Le système reste suffisamment clair pour suivre les combats tout en laissant à Kishimoto beaucoup de liberté. Certains ninjas utilisent des insectes. D’autres manipulent les ombres, maîtrisent leurs chiens, contrôlent le sable ou voient le réseau de chakra de leurs adversaires.

Par conséquent, deux combats peuvent fonctionner de manière complètement différente.

Et les meilleurs affrontements ne se gagnent pas toujours avec la plus grosse réserve de chakra. Comprendre la technique adverse peut être tout aussi important.

L’examen Chûnin : le moment où le monde de Naruto explose vraiment

Si les premiers tomes installent Konoha et l’équipe 7, l’examen Chûnin ouvre soudain les portes.

D’autres équipes arrivent. D’autres villages apparaissent. Et surtout, Naruto rencontre une quantité impressionnante de personnages qui deviendront essentiels par la suite.

Rock Lee n’est pratiquement pas capable d’utiliser ninjutsu ou genjutsu, mais compense avec un entraînement physique complètement déraisonnable. Neji Hyûga croit profondément au destin. Shikamaru semble trop paresseux pour s’intéresser à quoi que ce soit, jusqu’au moment où il commence réellement à réfléchir.

Et puis il y a Gaara.

Au premier regard, le garçon de Suna possède déjà tout ce qu’il faut pour donner envie de rester loin de lui. Son sable le protège presque automatiquement et son rapport aux autres laisse deviner que son enfance n’a pas été exactement paisible.

Lorsque Naruto découvre ce qui rapproche leurs histoires, leur confrontation prend alors une tout autre dimension.

Rock Lee contre Gaara : pas besoin d’être le héros pour avoir un combat inoubliable

Naruto possède cette qualité que j’aime beaucoup dans les grands shonen : les personnages secondaires peuvent complètement voler la vedette pendant plusieurs chapitres.

Rock Lee contre Gaara en est probablement l’exemple parfait.

Lee est incapable d’utiliser les techniques que la plupart des ninjas considèrent essentielles. Son maître Gaï lui a donc appris à pousser le taijutsu aussi loin que possible.

Face à Gaara et sa défense quasiment automatique, ça donne un affrontement qui montre très bien l’une des idées centrales du manga : ne pas posséder le talent attendu ne signifie pas que vous êtes condamné à rester derrière.

Et lorsque Lee commence à retirer ses poids d’entraînement, même vingt ans plus tard, ceux qui ont lu la scène savent exactement ce qui arrive.

Jiraya : un grand ninja, un grand écrivain… selon Kakashi

Jiraya devient l’un des maîtres les plus importants de Naruto. C’est un ninja légendaire, un spécialiste des techniques liées aux crapauds et un homme qui pourrait donner une excellente première impression s’il faisait parfois un léger effort.

Ce n’est pas toujours le cas.

Jiraya est également l’auteur de romans pour adultes dont Kakashi semble être un lecteur particulièrement fidèle. Naruto découvre donc que son nouveau maître possède autant de défauts que de talent.

Pourtant, leur relation devient essentielle. Jiraya enseigne à Naruto plusieurs techniques majeures, mais lui transmet aussi une manière de regarder le monde ninja.

Derrière le personnage comique se cache un homme qui a connu la guerre, vu ses élèves suivre des chemins très différents et continue malgré tout à croire qu’une autre voie reste possible.

Le Rasengan ne vient pas avec un mode d’emploi très pratique

Parmi les techniques les plus célèbres de Naruto se trouve évidemment le Rasengan.

Et j’aime particulièrement la manière dont Kishimoto présente son apprentissage. Naruto ne reçoit pas simplement une formule magique à réciter. Il doit comprendre plusieurs étapes de contrôle du chakra.

Ballons d’eau, balles en caoutchouc et astuces très personnelles deviennent alors les outils d’un entraînement beaucoup plus visuel qu’une longue explication théorique.

C’est souvent comme ça que Naruto progresse. Il n’est pas toujours celui qui comprend le plus vite lorsqu’on lui explique quelque chose normalement.

En revanche, trouvez une méthode suffisamment concrète et il peut devenir étonnamment inventif.

Orochimaru prouve assez tôt que les grands ninjas peuvent devenir de très mauvaises nouvelles

Orochimaru apporte une autre facette au monde ninja. Ancien élève du Troisième Hokage et membre des trois ninjas légendaires avec Jiraya et Tsunade, il a choisi une direction beaucoup moins rassurante.

Son obsession pour les techniques, l’immortalité et les corps capables d’accueillir ses ambitions en fait l’une des présences les plus inquiétantes des premiers grands arcs.

Il s’intéresse notamment à Sasuke et au pouvoir des Uchiwa.

À partir de là, la rivalité Naruto-Sasuke cesse progressivement d’être une simple compétition entre camarades. Sasuke voit apparaître une route vers la puissance qu’il désire, mais le prix à payer devient de plus en plus évident.

Itachi : l’homme que Sasuke veut tuer et que le lecteur cherche à comprendre

Itachi Uchiwa plane sur l’histoire de Sasuke bien avant d’occuper réellement le devant de la scène.

Pour son petit frère, les choses semblent simples : Itachi a massacré leur clan et doit mourir.

Évidemment, dans Naruto, les choses restent rarement simples très longtemps.

Kishimoto distille progressivement les informations sur les Uchiwa, Konoha et ce qui s’est réellement passé. Itachi devient alors l’un des personnages dont la perception change le plus au fil de la lecture.

C’est l’une des forces de la série lorsqu’elle fonctionne le mieux : un ennemi peut rester mémorable bien après que le combat a cessé d’être la partie la plus importante de son histoire.

L’Akatsuki a probablement remporté le concours du groupe de méchants le mieux habillé

Avec leurs manteaux noirs couverts de nuages rouges, les membres de l’Akatsuki sont devenus immédiatement reconnaissables.

Mais heureusement, le groupe ne repose pas uniquement sur le dress code.

Itachi, Kisame, Deidara, Sasori, Hidan, Kakuzu, Konan, Pain et les autres possèdent chacun leurs techniques et leur personnalité. Certains duos fonctionnent presque comme des collègues condamnés à supporter les habitudes de l’autre pendant les missions.

Leur objectif autour des démons à queues entraîne Naruto dans un conflit beaucoup plus vaste. Kyûbi n’est plus uniquement le secret qui expliquait pourquoi les habitants de Konoha l’évitaient.

Il devient aussi l’une des raisons pour lesquelles des ennemis extrêmement dangereux commencent à s’intéresser directement à lui.

Pain pose une question à laquelle un coup de poing ne suffit pas vraiment à répondre

Plus Naruto devient puissant, plus Kishimoto évite parfois de résoudre ses grands conflits uniquement par la victoire physique.

Pain en est probablement le meilleur exemple.

Son histoire est liée à Jiraya, à la guerre et aux conséquences que les grands villages ninjas laissent derrière eux. Pour lui, parler de paix sans comprendre la souffrance des autres n’a aucun sens.

Naruto doit donc affronter quelqu’un dont il condamne les actes mais dont il ne peut pas simplement ignorer le raisonnement.

C’est là que le personnage évolue vraiment. Devenir Hokage ne peut plus seulement signifier être le ninja assez fort pour battre tout le monde.

Il faut aussi trouver quoi faire après le combat.

Shikamaru confirme qu’on peut être un excellent ninja en trouvant tout pénible

Parmi les personnages secondaires, Shikamaru Nara reste difficile à ne pas aimer.

Il préférerait souvent regarder les nuages plutôt que participer à une mission. Il trouve énormément de choses « galères » et possède une motivation assez variable.

Seulement, lorsqu’il commence à analyser une situation, son intelligence devient une véritable arme.

Sa technique des ombres paraît beaucoup moins spectaculaire que certaines attaques capables de raser une forêt. Pourtant, Shikamaru l’utilise avec tellement de précision qu’il peut retourner un combat à partir de presque rien.

Et son évolution montre encore une fois que Naruto ne donne pas uniquement de l’importance à ceux qui possèdent la plus grosse réserve de chakra.

Les villages cachés donnent au manga un véritable monde politique

Konoha n’est qu’un des grands villages ninjas. Suna, Kiri, Kumo ou Iwa possèdent leur propre histoire, leurs chefs et leurs relations avec les autres nations.

Au début, ces différences servent surtout à introduire de nouveaux combattants.

Ensuite, on comprend progressivement que le système ninja lui-même a produit une partie des catastrophes auxquelles les héros doivent faire face.

Les guerres ont laissé des orphelins. Les villages se sont espionnés, combattus et utilisés mutuellement. Les clans possèdent leurs propres blessures.

Cette dimension permet à Naruto de grandir avec son héros. On commence par des missions où il faut protéger quelqu’un sur une route. On finit par parler de la manière dont plusieurs nations pourraient arrêter de se préparer constamment à la prochaine guerre.

Naruto et les ramens Ichiraku : là, on ne plaisante plus

Il y a évidemment une autre constante dans la vie de Naruto : les ramens d’Ichiraku.

Le restaurant devient l’un de ses lieux favoris et accompagne le personnage depuis ses jeunes années.

Le détail amusant, c’est que le mot naruto désigne également cette rondelle de pâte de poisson décorée d’une spirale que l’on peut trouver dans certains bols de ramen. Le site officiel Naruto a même consacré tout un article à ce fameux ingrédient.

Dans la série, l’attachement de Naruto aux ramens est tel que le restaurant Ichiraku devient presque un personnage secondaire.

Et soyons clairs : sauver Konoha mérite certainement les honneurs du village. Mais un bol servi chez Ichiraku après une mission reste probablement une récompense beaucoup plus efficace pour Naruto.

Masashi Kishimoto a mis quinze ans à raconter toute l’histoire

Masashi Kishimoto commence la publication régulière de Naruto dans le Weekly Shonen Jump en 1999. La série s’achève en 2014 après 700 chapitres.

Quinze années pendant lesquelles le petit ninja du premier tome grandit réellement.

Le dessin évolue énormément lui aussi. Les premières planches possèdent des personnages plus ronds et un trait parfois plus brut. Au fil des années, Kishimoto développe des combats beaucoup plus amples, affine ses décors et joue davantage avec les mouvements.

Cette évolution se remarque particulièrement lorsqu’on reprend le tome 1 après avoir terminé les derniers arcs.

Naruto a grandi. Kishimoto aussi.

Avant Naruto, Kishimoto avait déjà été remarqué avec Karakuri

Petite anecdote sur l’auteur : avant le succès mondial de Naruto, Kishimoto avait remporté le prix Hop Step de Shueisha avec son histoire courte Karakuri.

Ce prix destiné aux jeunes auteurs avait également distingué des mangakas comme Yoshihiro Togashi ou Eiichiro Oda.

Kishimoto travaillera ensuite plusieurs projets avant de trouver la formule de Naruto telle qu’on la connaît.

Quand on voit aujourd’hui Konoha, les Uchiwa, l’Akatsuki et toute la mythologie construite sur 72 volumes, il est assez amusant de se rappeler que tout a commencé avec un jeune auteur qui cherchait encore simplement à décrocher sa place dans le Jump.

72 tomes et une histoire complète

Naruto est terminé en 72 tomes. Masashi Kishimoto mène donc toute l’histoire de Naruto Uzumaki jusqu’à sa conclusion, avec 700 chapitres publiés entre 1999 et 2014.

En français, Kana a publié l’intégralité de la série. Le tome 72 clôt donc bien le manga principal.

Et 72 tomes peuvent sembler impressionnants lorsqu’on découvre la série aujourd’hui. Pourtant, Naruto fait partie de ces mangas où les grands arcs donnent naturellement envie d’enchaîner. Une mission mène à l’examen Chûnin, l’examen ouvre la porte à Orochimaru, Sasuke entraîne Naruto vers une autre étape et l’Akatsuki finit par transformer les enjeux de toute l’histoire.

On commence avec un gamin qui veut que son village apprenne son nom. Quelques dizaines de volumes plus tard, ce nom signifie quelque chose dans tout le monde ninja.

Naruto reste surtout une histoire de personnages qui refusent d’être définis par ce qu’on attend d’eux

C’est probablement la raison pour laquelle la série continue à parler à autant de lecteurs.

Naruto refuse d’être seulement le réceptacle de Kyûbi. Rock Lee refuse que son manque de ninjutsu décide de sa valeur. Neji doit confronter son idée du destin. Gaara découvre qu’une enfance monstrueuse ne condamne pas nécessairement toute la suite. Sasuke, lui, passe une grande partie de l’histoire à chercher ce qui doit définir sa propre vie.

Les meilleurs moments du manga naissent souvent de ces confrontations.

Oui, il y a des Rasengan, des Sharingan, des invocations géantes et des techniques capables de modifier complètement le paysage. Mais si Naruto était uniquement une collection d’attaques spectaculaires, personne ne discuterait encore aujourd’hui de Jiraya, Itachi, Gaara ou Shikamaru avec autant d’affection.

Pourquoi commencer Naruto aujourd’hui ?

Parce que derrière son statut de monument, Naruto reste avant tout un shonen extrêmement facile à prendre en main. Le premier objectif se comprend en quelques pages : un gamin rejeté par son village veut devenir celui que tout le monde respectera.

Ensuite, Kishimoto construit autour de lui une quantité impressionnante de personnages auxquels on finit par s’attacher. Kakashi, Sasuke, Sakura, Gaara, Jiraya, Tsunade, Shikamaru, Hinata, Rock Lee et les membres de l’Akatsuki donnent chacun une autre raison de continuer.

Les combats mélangent puissance et stratégie. L’univers s’élargit sans perdre complètement Konoha comme point d’ancrage. Et surtout, Naruto évolue suffisamment pour que le garçon du premier tome et le ninja des derniers volumes soient clairement la même personne sans être restés le même personnage.

Si vous n’avez vu que quelques épisodes à la télévision, lire le manga permet aussi de redécouvrir l’histoire au rythme original de Kishimoto, sans détours entre les grands arcs.

Et si vous n’avez encore jamais mis les pieds à Konoha, prenez simplement le tome 1. Vous aurez largement le temps de décider ensuite si Naruto mérite vraiment de devenir Hokage. Lui, de toute façon, a déjà pris sa décision.

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Naruto est une série complète en 72 tomes écrite et dessinée par Masashi Kishimoto. De l’équipe 7 aux grands conflits du monde ninja, elle suit Naruto Uzumaki dans sa quête pour obtenir la reconnaissance de Konoha et devenir Hokage. Un dernier conseil : si Naruto vous invite chez Ichiraku après une mission, laissez-le commander. Pour les ninjas, on peut discuter ; pour les ramens, il a clairement plus d’expérience.