Made in Abyss

Made in Abyss : descendre est facile, remonter beaucoup moins

Le manga Made in Abyss commence dans un décor qui donne immédiatement envie de partir à l’aventure. Au pied de la ville d’Orse s’ouvre l’Abysse, un gouffre gigantesque dont personne ne connaît vraiment le fond. Des créatures étranges y vivent et d’antiques reliques attendent encore leurs découvreurs. Forcément, des générations d’explorateurs ont décidé d’y descendre. On les appelle les caverniers.

Rico rêve justement de marcher dans les traces de sa mère, Lisa, une célèbre cavernière disparue dans les profondeurs. Puis, pendant une exploration, elle découvre un garçon inconscient qui n’a rien d’un enfant ordinaire. Son corps est mécanique, ses bras peuvent s’étirer et lui-même ignore presque tout de son passé. Rico le baptise Légu. À partir de là, rester gentiment à la surface ne fait évidemment plus partie du programme.

L’Abysse donne envie de descendre dès les premières pages

C’est probablement le premier gros piège tendu par Akihito Tsukushi. L’Abysse est magnifique. Chaque niveau possède ses paysages, sa végétation, ses créatures et ses propres dangers. Du coup, on comprend parfaitement pourquoi les caverniers acceptent de risquer leur vie pour voir ce qui se trouve encore plus bas.

Le problème, c’est que cette beauté n’a rien de rassurant. Une jolie plante peut cacher un danger. Une créature fascinante peut aussi vous considérer comme son prochain repas. Et lorsque Rico découvre quelque chose d’inconnu, son enthousiasme de petite exploratrice nous ferait presque oublier qu’elle se trouve dans un endroit où la moindre erreur peut coûter très cher.

Tsukushi donne ainsi à l’Abysse une véritable présence. Ce n’est pas simplement un immense trou posé derrière l’aventure. Plus Rico et Légu descendent, plus les règles changent. Le lecteur a donc constamment envie de découvrir le niveau suivant.

Rico : beaucoup de curiosité, pas toujours assez de prudence

Rico connaît déjà énormément de choses sur l’Abysse. Elle observe les créatures, s’intéresse aux reliques et veut devenir une grande cavernière. En revanche, son enthousiasme possède parfois une légère tendance à passer avant son instinct de survie.

Heureusement, elle ne part pas complètement sans ressources. Ses connaissances deviennent régulièrement essentielles lorsqu’il faut comprendre une plante, un animal ou un phénomène étrange. De plus, elle possède cette curiosité qui pousse toujours le groupe un peu plus loin.

C’est justement ce qui la rend attachante. Rico n’est pas une aventurière invincible. Elle sait qu’elle risque gros, mais la possibilité de retrouver sa mère et de découvrir les secrets de l’Abysse reste plus forte.

Et nous, lecteurs raisonnables, savons évidemment que descendre toujours plus profondément dans un gouffre rempli de monstres est une mauvaise idée. Pourtant, quelques chapitres plus tard, on veut exactement la même chose qu’elle : voir ce qu’il y a en dessous.

Légu : un robot qui ne sait même pas vraiment ce qu’il est

Légu apporte immédiatement un autre mystère. Il ressemble à un jeune garçon, mais son corps possède des capacités qui ne correspondent à aucune technologie ordinaire. Ses bras extensibles deviennent particulièrement pratiques pour se déplacer dans l’Abysse.

Pourtant, il ne peut pas simplement expliquer son origine à Rico. Sa mémoire lui manque. Ainsi, le voyage sert aussi à comprendre d’où il vient et pourquoi un être comme lui se trouvait dans les profondeurs.

Le duo fonctionne très bien parce que chacun possède ce qui manque à l’autre. Rico connaît l’Abysse, mais reste physiquement vulnérable. Légu possède des capacités extraordinaires, mais découvre ce monde presque en même temps que le lecteur.

Ensemble, ils peuvent donc se sortir de situations qui auraient été impossibles seuls. Enfin, « se sortir » reste parfois un terme assez optimiste dans Made in Abyss.

La malédiction de l’Abysse change complètement le voyage

Descendre présente déjà suffisamment de dangers. Pourtant, l’Abysse possède une règle encore plus cruelle : la remontée déclenche sa malédiction. Plus on descend profondément, plus revenir vers la surface devient dangereux.

Cette idée change tout. Dans beaucoup d’aventures, les héros explorent un endroit puis font demi-tour lorsque la situation devient trop compliquée. Ici, cette solution peut elle-même devenir le problème.

Par conséquent, chaque niveau franchi représente un véritable engagement. Rico et Légu ne peuvent pas simplement descendre « pour voir » puis rentrer tranquillement prendre le goûter à Orse.

C’est aussi ce qui donne autant de tension à la série. Le groupe avance vers quelque chose d’inconnu, tandis que le chemin du retour devient de moins en moins évident. Plus on tourne les pages, plus le titre Made in Abyss prend tout son sens.

Les sifflets racontent aussi le niveau des caverniers

À Orse, tous les explorateurs n’ont pas les mêmes droits. Les caverniers portent des sifflets de différentes couleurs qui indiquent notamment leur expérience et les profondeurs auxquelles ils peuvent s’aventurer.

Au sommet de cette hiérarchie se trouvent les fameux Sifflets blancs. Ces explorateurs légendaires sont capables d’aller là où la plupart des autres ne survivraient pas longtemps.

Rico connaît particulièrement bien leur réputation puisque sa mère Lisa en fait partie. Plus tard, elle rencontre également Ozen, autre Sifflet blanc et ancienne connaissance de sa mère.

Et Ozen constitue une excellente démonstration d’une règle non écrite de Made in Abyss : rencontrer quelqu’un de très expérimenté n’est pas forcément rassurant. Parfois, c’est même exactement l’inverse.

Ne vous laissez surtout pas tromper par les personnages mignons

Visuellement, Made in Abyss peut facilement induire en erreur. Rico et Légu possèdent des visages ronds, les créatures peuvent sembler adorables et certaines planches ressemblent presque à des illustrations de conte.

Pourtant, Made in Abyss est un seinen. Et Akihito Tsukushi n’hésite pas à rappeler brutalement que ses héros traversent un environnement dangereux. Blessures, transformations, souffrance et situations franchement dures font partie du voyage.

Ce contraste donne énormément de force au manga. Lorsque tout paraît magnifique, on baisse facilement la garde. Ensuite, Tsukushi rappelle que l’Abysse se moque complètement de l’âge de ceux qui l’explorent.

Donc, si vous cherchez un manga pour un jeune enfant simplement parce que les couvertures sont jolies, attention. En revanche, si vous aimez les aventures qui mélangent émerveillement, mystère et passages beaucoup plus sombres, vous êtes clairement au bon endroit.

Un dessin qui ressemble parfois au carnet d’un véritable explorateur

Le travail graphique mérite vraiment qu’on prenne le temps de regarder les pages. Akihito Tsukushi remplit son univers de cartes, de croquis, de créatures et de détails sur l’environnement.

Son trait possède souvent un aspect crayonné qui rappelle un carnet de voyage. Ainsi, l’Abysse donne presque l’impression d’avoir été étudié par des générations de caverniers avant l’arrivée de Rico.

Les décors jouent également un rôle essentiel. Une nouvelle couche ne sert pas uniquement à changer la couleur du fond. Elle possède sa topographie, sa faune et ses propres difficultés. De plus, certaines créatures ont des comportements que Rico doit réellement comprendre pour espérer passer.

Ototo a d’ailleurs choisi pour l’édition française un grand format de 15 x 21 cm, proche de l’édition japonaise. L’idée était justement de laisser davantage de place aux planches très détaillées de Tsukushi.

Le premier tome français avait même sa carte de l’Abysse

Petite anecdote sympa pour les collectionneurs : lors de la sortie française, le premier tirage du tome 1 contenait une grande carte détachable de l’Abysse. Elle permettait de suivre la progression de Rico et Légu au fur et à mesure de leur descente.

Et franchement, peu de mangas se prêtent aussi bien à ce genre de bonus. Made in Abyss donne constamment envie de regarder où se trouvent les personnages et combien de chemin les sépare encore de la surface.

Cette attention à la géographie ne sert pas seulement à faire joli. Tsukushi pense son monde en profondeur. Chaque étape mène réellement quelque part et modifie les possibilités de retour.

Du coup, lorsque Rico annonce qu’elle veut continuer à descendre, on ne voit pas simplement un nouveau décor arriver. On comprend aussi qu’elle vient encore de compliquer sérieusement le voyage.

Nanachi et les rencontres qu’on n’oublie pas

Plus l’expédition avance, plus Rico et Légu rencontrent des personnages marquants. Nanachi fait clairement partie de ceux qui ont laissé une énorme impression aux lecteurs.

Je vais volontairement éviter de vous expliquer ici pourquoi et comment cette rencontre se produit. Made in Abyss fonctionne beaucoup mieux lorsque l’on découvre soi-même ce que l’Abysse réserve à ses habitants.

Retenez simplement une chose : Tsukushi sait parfaitement créer un personnage attachant, vous laisser profiter de sa présence… puis vous rappeler dans quel manga vous êtes en train de lire.

C’est aussi pour cela que l’aventure fonctionne émotionnellement. On ne continue pas uniquement pour connaître le prochain niveau. On veut savoir ce que vont devenir ceux qui accompagnent Rico et Légu.

Made in Abyss sait être magnifique et franchement cruel dans la même page

C’est probablement la meilleure façon de résumer ce qui rend la série aussi particulière. Un paysage peut couper le souffle, puis quelque chose de profondément inquiétant apparaît quelques cases plus tard.

Akihito Tsukushi adore jouer avec cette opposition. La nature n’est ni gentille ni méchante. Elle existe, avec ses propres règles, et les personnages doivent apprendre à les respecter.

Par conséquent, le manga ne donne jamais l’impression d’un simple donjon rempli d’ennemis placés là pour faire gagner de l’expérience aux héros. Les créatures mangent, chassent et défendent leur territoire. Rico et Légu ne sont que deux visiteurs au milieu de cet écosystème.

Et parfois, le meilleur moyen de survivre consiste simplement à comprendre que ce n’est vraiment pas le bon moment pour jouer les héros.

Pourquoi commencer Made in Abyss ?

Si vous aimez les mangas d’exploration, les univers très construits et les mystères qui donnent constamment envie de descendre encore un peu, Made in Abyss est très facile à conseiller.

Le dessin attire d’abord l’œil. Ensuite, l’Abysse fait le reste. On veut comprendre les reliques, les créatures, la disparition de Lisa et surtout l’origine de Légu.

En revanche, il faut accepter que le manga ne protège pas ses personnages simplement parce qu’ils sont attachants. Certaines séquences deviennent franchement difficiles. C’est justement ce contraste entre beauté et cruauté qui donne autant de personnalité à l’œuvre.

Alors ouvrez le premier tome et regardez le gouffre avec Rico. La mauvaise nouvelle, c’est qu’une fois qu’on commence à vouloir savoir ce qu’il y a tout au fond, l’Abysse devient sacrément difficile à quitter.

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Made in Abyss est écrit et dessiné par Akihito Tsukushi. Rico quitte la ville d’Orse avec Légu pour explorer l’immense gouffre où sa mère Lisa a disparu, entre reliques, créatures inconnues et malédiction de l’Abysse. Un dernier conseil : si quelqu’un vous dit que descendre sera plus facile que remonter, dans Made in Abyss, ce n’est vraiment pas une façon de parler.

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Made in Abyss : descendre est facile, remonter beaucoup moins

Le manga Made in Abyss commence dans un décor qui donne immédiatement envie de partir à l’aventure. Au pied de la ville d’Orse s’ouvre l’Abysse, un gouffre gigantesque dont personne ne connaît vraiment le fond. Des créatures étranges y vivent et d’antiques reliques attendent encore leurs découvreurs. Forcément, des générations d’explorateurs ont décidé d’y descendre. On les appelle les caverniers.

Rico rêve justement de marcher dans les traces de sa mère, Lisa, une célèbre cavernière disparue dans les profondeurs. Puis, pendant une exploration, elle découvre un garçon inconscient qui n’a rien d’un enfant ordinaire. Son corps est mécanique, ses bras peuvent s’étirer et lui-même ignore presque tout de son passé. Rico le baptise Légu. À partir de là, rester gentiment à la surface ne fait évidemment plus partie du programme.

L’Abysse donne envie de descendre dès les premières pages

C’est probablement le premier gros piège tendu par Akihito Tsukushi. L’Abysse est magnifique. Chaque niveau possède ses paysages, sa végétation, ses créatures et ses propres dangers. Du coup, on comprend parfaitement pourquoi les caverniers acceptent de risquer leur vie pour voir ce qui se trouve encore plus bas.

Le problème, c’est que cette beauté n’a rien de rassurant. Une jolie plante peut cacher un danger. Une créature fascinante peut aussi vous considérer comme son prochain repas. Et lorsque Rico découvre quelque chose d’inconnu, son enthousiasme de petite exploratrice nous ferait presque oublier qu’elle se trouve dans un endroit où la moindre erreur peut coûter très cher.

Tsukushi donne ainsi à l’Abysse une véritable présence. Ce n’est pas simplement un immense trou posé derrière l’aventure. Plus Rico et Légu descendent, plus les règles changent. Le lecteur a donc constamment envie de découvrir le niveau suivant.

Rico : beaucoup de curiosité, pas toujours assez de prudence

Rico connaît déjà énormément de choses sur l’Abysse. Elle observe les créatures, s’intéresse aux reliques et veut devenir une grande cavernière. En revanche, son enthousiasme possède parfois une légère tendance à passer avant son instinct de survie.

Heureusement, elle ne part pas complètement sans ressources. Ses connaissances deviennent régulièrement essentielles lorsqu’il faut comprendre une plante, un animal ou un phénomène étrange. De plus, elle possède cette curiosité qui pousse toujours le groupe un peu plus loin.

C’est justement ce qui la rend attachante. Rico n’est pas une aventurière invincible. Elle sait qu’elle risque gros, mais la possibilité de retrouver sa mère et de découvrir les secrets de l’Abysse reste plus forte.

Et nous, lecteurs raisonnables, savons évidemment que descendre toujours plus profondément dans un gouffre rempli de monstres est une mauvaise idée. Pourtant, quelques chapitres plus tard, on veut exactement la même chose qu’elle : voir ce qu’il y a en dessous.

Légu : un robot qui ne sait même pas vraiment ce qu’il est

Légu apporte immédiatement un autre mystère. Il ressemble à un jeune garçon, mais son corps possède des capacités qui ne correspondent à aucune technologie ordinaire. Ses bras extensibles deviennent particulièrement pratiques pour se déplacer dans l’Abysse.

Pourtant, il ne peut pas simplement expliquer son origine à Rico. Sa mémoire lui manque. Ainsi, le voyage sert aussi à comprendre d’où il vient et pourquoi un être comme lui se trouvait dans les profondeurs.

Le duo fonctionne très bien parce que chacun possède ce qui manque à l’autre. Rico connaît l’Abysse, mais reste physiquement vulnérable. Légu possède des capacités extraordinaires, mais découvre ce monde presque en même temps que le lecteur.

Ensemble, ils peuvent donc se sortir de situations qui auraient été impossibles seuls. Enfin, « se sortir » reste parfois un terme assez optimiste dans Made in Abyss.

La malédiction de l’Abysse change complètement le voyage

Descendre présente déjà suffisamment de dangers. Pourtant, l’Abysse possède une règle encore plus cruelle : la remontée déclenche sa malédiction. Plus on descend profondément, plus revenir vers la surface devient dangereux.

Cette idée change tout. Dans beaucoup d’aventures, les héros explorent un endroit puis font demi-tour lorsque la situation devient trop compliquée. Ici, cette solution peut elle-même devenir le problème.

Par conséquent, chaque niveau franchi représente un véritable engagement. Rico et Légu ne peuvent pas simplement descendre « pour voir » puis rentrer tranquillement prendre le goûter à Orse.

C’est aussi ce qui donne autant de tension à la série. Le groupe avance vers quelque chose d’inconnu, tandis que le chemin du retour devient de moins en moins évident. Plus on tourne les pages, plus le titre Made in Abyss prend tout son sens.

Les sifflets racontent aussi le niveau des caverniers

À Orse, tous les explorateurs n’ont pas les mêmes droits. Les caverniers portent des sifflets de différentes couleurs qui indiquent notamment leur expérience et les profondeurs auxquelles ils peuvent s’aventurer.

Au sommet de cette hiérarchie se trouvent les fameux Sifflets blancs. Ces explorateurs légendaires sont capables d’aller là où la plupart des autres ne survivraient pas longtemps.

Rico connaît particulièrement bien leur réputation puisque sa mère Lisa en fait partie. Plus tard, elle rencontre également Ozen, autre Sifflet blanc et ancienne connaissance de sa mère.

Et Ozen constitue une excellente démonstration d’une règle non écrite de Made in Abyss : rencontrer quelqu’un de très expérimenté n’est pas forcément rassurant. Parfois, c’est même exactement l’inverse.

Ne vous laissez surtout pas tromper par les personnages mignons

Visuellement, Made in Abyss peut facilement induire en erreur. Rico et Légu possèdent des visages ronds, les créatures peuvent sembler adorables et certaines planches ressemblent presque à des illustrations de conte.

Pourtant, Made in Abyss est un seinen. Et Akihito Tsukushi n’hésite pas à rappeler brutalement que ses héros traversent un environnement dangereux. Blessures, transformations, souffrance et situations franchement dures font partie du voyage.

Ce contraste donne énormément de force au manga. Lorsque tout paraît magnifique, on baisse facilement la garde. Ensuite, Tsukushi rappelle que l’Abysse se moque complètement de l’âge de ceux qui l’explorent.

Donc, si vous cherchez un manga pour un jeune enfant simplement parce que les couvertures sont jolies, attention. En revanche, si vous aimez les aventures qui mélangent émerveillement, mystère et passages beaucoup plus sombres, vous êtes clairement au bon endroit.

Un dessin qui ressemble parfois au carnet d’un véritable explorateur

Le travail graphique mérite vraiment qu’on prenne le temps de regarder les pages. Akihito Tsukushi remplit son univers de cartes, de croquis, de créatures et de détails sur l’environnement.

Son trait possède souvent un aspect crayonné qui rappelle un carnet de voyage. Ainsi, l’Abysse donne presque l’impression d’avoir été étudié par des générations de caverniers avant l’arrivée de Rico.

Les décors jouent également un rôle essentiel. Une nouvelle couche ne sert pas uniquement à changer la couleur du fond. Elle possède sa topographie, sa faune et ses propres difficultés. De plus, certaines créatures ont des comportements que Rico doit réellement comprendre pour espérer passer.

Ototo a d’ailleurs choisi pour l’édition française un grand format de 15 x 21 cm, proche de l’édition japonaise. L’idée était justement de laisser davantage de place aux planches très détaillées de Tsukushi.

Le premier tome français avait même sa carte de l’Abysse

Petite anecdote sympa pour les collectionneurs : lors de la sortie française, le premier tirage du tome 1 contenait une grande carte détachable de l’Abysse. Elle permettait de suivre la progression de Rico et Légu au fur et à mesure de leur descente.

Et franchement, peu de mangas se prêtent aussi bien à ce genre de bonus. Made in Abyss donne constamment envie de regarder où se trouvent les personnages et combien de chemin les sépare encore de la surface.

Cette attention à la géographie ne sert pas seulement à faire joli. Tsukushi pense son monde en profondeur. Chaque étape mène réellement quelque part et modifie les possibilités de retour.

Du coup, lorsque Rico annonce qu’elle veut continuer à descendre, on ne voit pas simplement un nouveau décor arriver. On comprend aussi qu’elle vient encore de compliquer sérieusement le voyage.

Nanachi et les rencontres qu’on n’oublie pas

Plus l’expédition avance, plus Rico et Légu rencontrent des personnages marquants. Nanachi fait clairement partie de ceux qui ont laissé une énorme impression aux lecteurs.

Je vais volontairement éviter de vous expliquer ici pourquoi et comment cette rencontre se produit. Made in Abyss fonctionne beaucoup mieux lorsque l’on découvre soi-même ce que l’Abysse réserve à ses habitants.

Retenez simplement une chose : Tsukushi sait parfaitement créer un personnage attachant, vous laisser profiter de sa présence… puis vous rappeler dans quel manga vous êtes en train de lire.

C’est aussi pour cela que l’aventure fonctionne émotionnellement. On ne continue pas uniquement pour connaître le prochain niveau. On veut savoir ce que vont devenir ceux qui accompagnent Rico et Légu.

Made in Abyss sait être magnifique et franchement cruel dans la même page

C’est probablement la meilleure façon de résumer ce qui rend la série aussi particulière. Un paysage peut couper le souffle, puis quelque chose de profondément inquiétant apparaît quelques cases plus tard.

Akihito Tsukushi adore jouer avec cette opposition. La nature n’est ni gentille ni méchante. Elle existe, avec ses propres règles, et les personnages doivent apprendre à les respecter.

Par conséquent, le manga ne donne jamais l’impression d’un simple donjon rempli d’ennemis placés là pour faire gagner de l’expérience aux héros. Les créatures mangent, chassent et défendent leur territoire. Rico et Légu ne sont que deux visiteurs au milieu de cet écosystème.

Et parfois, le meilleur moyen de survivre consiste simplement à comprendre que ce n’est vraiment pas le bon moment pour jouer les héros.

Pourquoi commencer Made in Abyss ?

Si vous aimez les mangas d’exploration, les univers très construits et les mystères qui donnent constamment envie de descendre encore un peu, Made in Abyss est très facile à conseiller.

Le dessin attire d’abord l’œil. Ensuite, l’Abysse fait le reste. On veut comprendre les reliques, les créatures, la disparition de Lisa et surtout l’origine de Légu.

En revanche, il faut accepter que le manga ne protège pas ses personnages simplement parce qu’ils sont attachants. Certaines séquences deviennent franchement difficiles. C’est justement ce contraste entre beauté et cruauté qui donne autant de personnalité à l’œuvre.

Alors ouvrez le premier tome et regardez le gouffre avec Rico. La mauvaise nouvelle, c’est qu’une fois qu’on commence à vouloir savoir ce qu’il y a tout au fond, l’Abysse devient sacrément difficile à quitter.

Lire plus

Made in Abyss est écrit et dessiné par Akihito Tsukushi. Rico quitte la ville d’Orse avec Légu pour explorer l’immense gouffre où sa mère Lisa a disparu, entre reliques, créatures inconnues et malédiction de l’Abysse. Un dernier conseil : si quelqu’un vous dit que descendre sera plus facile que remonter, dans Made in Abyss, ce n’est vraiment pas une façon de parler.