La Gameuse et Son Chat

La Gameuse et son chat : quand le meilleur jeu du monde se met soudain à miauler

Dans La Gameuse et son chat, Kozakura a 29 ans, travaille dans une société de commerce et possède une organisation parfaitement rodée : terminer son boulot dans les temps, éviter les heures supplémentaires et rentrer le plus vite possible pour jouer aux jeux vidéo. Pas de sorties inutiles, pas de grandes aventures sociales. Une manette, un écran et suffisamment d’heures devant elle constituent déjà un excellent programme.

Puis un petit chaton noir et blanc apparaît sur le parking de son entreprise. Kozakura le recueille et découvre immédiatement un problème que ses années de jeu intensif ne l’avaient absolument pas préparée à résoudre : un chat réel ne possède ni tutoriel, ni barre de vie, ni menu d’options. Elle baptise le nouveau venu Omusubi et commence alors la partie la plus imprévisible de sa vie.

Wataru Nadatani transforme cette cohabitation en une tranche de vie toute simple, mais particulièrement juste. Quiconque a déjà essayé de jouer pendant qu’un chat estime que la souris, le clavier ou vos mains lui appartiennent reconnaîtra rapidement quelques situations.

Kozakura maîtrise les jeux vidéo, beaucoup moins les chatons

Le décalage fonctionne dès le premier tome. Devant un jeu compliqué, Kozakura peut analyser des mécaniques, optimiser son temps et recommencer jusqu’à réussir. Devant Omusubi, elle part pratiquement du niveau zéro.

Que faut-il lui donner à manger ? Est-ce normal qu’il fasse ça ? Pourquoi vient-il de courir dans tout l’appartement au milieu de la nuit ? Est-ce que ce comportement signifie qu’il est heureux ou qu’il prépare simplement la destruction du canapé ?

Pour Kozakura, chaque découverte ressemble donc à une nouvelle mécanique de jeu. Elle observe, apprend et adapte progressivement son appartement à son nouveau compagnon.

Le plus amusant, c’est qu’elle conserve son vocabulaire de gameuse pour comprendre cette drôle de créature. Une nouvelle habitude devient presque une compétence débloquée. Un accessoire ressemble à un nouvel équipement. Quant aux petites victoires du quotidien, elles mériteraient presque leur propre écran « Level Up ».

Omusubi n’a absolument aucun respect pour le temps de jeu de sa maîtresse

Omusubi est un petit chat noir et blanc parfaitement capable d’occuper une maison sans avoir besoin du moindre scénario.

Il dort lorsqu’on aimerait jouer avec lui. Il veut de l’attention quand Kozakura vient justement de lancer une partie. Il découvre les cartons, les jouets, le mobilier et tout ce qu’un chat considère spontanément comme ayant été placé là pour son usage personnel.

Le manga observe énormément ces petits comportements. Les fameuses courses nocturnes apparaissent par exemple dans le troisième volume japonais : alors que Kozakura aimerait probablement récupérer quelques points de sommeil, Omusubi décide que trois heures du matin constituent un excellent horaire pour démarrer une compétition d’athlétisme dans l’appartement.

Voilà le type d’humour qui fait fonctionner la série. Pas besoin de construire une énorme chute. Quelqu’un qui vit avec un chat regarde la scène et pense simplement : « oui, évidemment ».

Son objectif était de rentrer vite pour jouer. Maintenant, elle rentre vite pour voir son chat

Le changement chez Kozakura est tout petit, et c’est justement ce qui le rend sympathique.

Avant Omusubi, elle travaillait efficacement pour maximiser son temps de jeu. Ensuite, elle continue de partir à l’heure… mais une deuxième raison s’ajoute : elle veut retrouver son chat.

Shogakukan s’amuse même de cette évolution dès le deuxième tome. L’efficacité professionnelle de Kozakura continue d’augmenter parce qu’elle possède désormais deux excellentes raisons de ne pas traîner au bureau.

Le manga ne la transforme pas pour autant en une autre personne. Elle reste gameuse, continue ses longues sessions et adore toujours autant son univers numérique.

Simplement, Omusubi trouve progressivement sa place au milieu. Puis, sans véritable grand discours, il commence à prendre une place énorme.

Un arbre à chat ressemble beaucoup à du nouveau mobilier jusqu’au moment du montage

La découverte de la vie avec un animal passe aussi par toutes les premières fois. Arbre à chat, collier, friandises, photos, bain, jouets : Kozakura expérimente des choses parfaitement banales pour un propriétaire expérimenté, mais complètement nouvelles pour elle.

Le deuxième tome va même jusqu’à introduire des jeux sur tablette destinés aux chats. Là, forcément, Kozakura retrouve enfin un domaine dans lequel elle peut espérer parler le même langage qu’Omusubi.

Enfin, « parler le même langage » reste généreux. Omusubi peut être passionné par quelque chose pendant trente secondes avant de décider que l’emballage était finalement beaucoup plus intéressant.

Et c’est probablement l’une des grandes vérités du manga : vous pouvez acheter l’accessoire félin le plus étudié du marché, le carton dans lequel il arrive garde toutes ses chances de remporter la partie.

Le manga ne transforme pas Omusubi en humain déguisé en chat

C’est un point que Wataru Nadatani réussit particulièrement bien. Omusubi reste un chat.

Il ne passe pas son temps à avoir des raisonnements humains ou à expliquer au lecteur ce qu’il ressent. Son comportement suffit largement.

Le dessin travaille donc beaucoup sur les regards, les oreilles, les positions et les réactions. On comprend quand Omusubi est intrigué, inquiet, excité ou décidé à jouer sans avoir besoin d’un long dialogue intérieur.

Certains bonus changent ponctuellement le point de vue et permettent de revoir une situation du côté du félin. Cependant, le cœur de la série reste bien l’observation de cette cohabitation par Kozakura.

C’est ce qui évite à La Gameuse et son chat de devenir simplement une succession de chats qui parlent avec une voix humaine.

Le jeu vidéo sert surtout à montrer comment Kozakura regarde le monde

Le titre attire forcément les joueurs. Pourtant, La Gameuse et son chat n’est pas un manga consacré à une licence ou à la compétition esport.

Wataru Nadatani utilise surtout les habitudes de Kozakura pour faire rire. Elle compare ce qu’elle découvre avec des mécanismes qu’elle connaît. Une situation devient une quête. Une compétence doit être améliorée. Un nouvel objet ressemble à une pièce d’équipement.

Du coup, quelqu’un qui joue régulièrement reconnaîtra facilement les références de vocabulaire. Mais il n’est absolument pas nécessaire de connaître cinquante RPG pour comprendre l’histoire.

Le vrai sujet reste ailleurs : que se passe-t-il lorsqu’une personne très heureuse dans sa routine solitaire doit soudain faire une place à un être vivant qui n’a aucune intention de respecter son planning ?

Une chatte supplémentaire transforme rapidement le mode solo en multijoueur

Alors que Kozakura commence enfin à croire qu’elle maîtrise à peu près la situation avec Omusubi, une nouvelle idée apparaît : et si elle adoptait un deuxième chat ?

C’est ainsi que Soboro rejoint la maison. Plus petite, différente d’Omusubi et particulièrement énergique, elle oblige immédiatement Kozakura à reprendre une partie de son apprentissage.

Parce que vivre avec deux chats ne revient pas simplement à multiplier les croquettes par deux.

Il faut aussi voir comment ils vont s’accepter, partager le territoire et apprendre à vivre ensemble. Omusubi était jusque-là le seul maître félin des lieux. L’arrivée d’une nouvelle joueuse ne lui paraît donc pas immédiatement être la meilleure mise à jour disponible.

Heureusement, la relation évolue. Shogakukan présente même le cinquième volume avec Omusubi comme chat résident et Soboro comme nouvelle arrivée désormais parfaitement intégrée.

Kozakura passe ainsi du mode solo au multijoueur coopératif. Avec deux participants qui ont apparemment désactivé le chat vocal et refusent de consulter les objectifs.

Omusubi et Soboro n’ont pas le même caractère, et heureusement

Ajouter Soboro permet surtout à Nadatani de ne pas refaire les mêmes gags avec un deuxième pelage.

Les deux chats possèdent des tempéraments différents. Leur manière de jouer, de chercher Kozakura ou de réagir aux nouveautés ne se ressemble pas toujours.

Par conséquent, la gameuse doit maintenant comprendre non seulement le fonctionnement général d’un chat, mais les particularités de chacun.

C’est probablement là que les propriétaires de plusieurs félins souriront le plus. On peut avoir lu quinze guides et vivre avec des chats depuis des années : il suffit qu’un nouveau arrive pour découvrir qu’il n’a manifestement pas reçu la même notice que le précédent.

Même le télétravail devient une aventure quand deux chats ont compris que vous êtes disponible

Dans les derniers volumes, le quotidien de Kozakura évolue encore. Le travail à domicile lui permet notamment de passer davantage de temps avec Omusubi et Soboro.

En théorie, travailler chez soi évite les trajets et rapproche la propriétaire de ses animaux.

En pratique, deux chats qui voient leur humaine assise toute la journée peuvent conclure qu’elle est évidemment disponible pour une séance de caresses, un jouet à lancer ou une intervention urgente sous le bureau.

Le septième volume joue précisément avec cette nouvelle proximité. Une réunion à distance paraît beaucoup moins professionnelle lorsqu’un membre de l’équipe possède des moustaches et vient réclamer son tour de parole.

Là encore, Nadatani ne cherche pas une intrigue spectaculaire. Il prend une situation quotidienne et laisse les chats faire le reste. Généralement, c’est largement suffisant.

Le vrai changement de Kozakura se remarque presque sans qu’elle s’en rende compte

Au premier tome, sa priorité est extrêmement claire : les jeux vidéo occupent pratiquement tout son temps libre.

Puis Omusubi arrive. Ensuite Soboro. Les sessions de jeu continuent, mais elles doivent partager le programme avec les repas, les soins, les photos, les jeux félins et les moments où il ne se passe absolument rien à part un chat qui vient dormir à côté d’elle.

Et c’est justement ce « rien » qui devient important.

Dans le huitième tome, Doki-Doki résume parfaitement l’évolution : les journées de Kozakura tournent désormais autour de ses deux chats, devenus sans qu’elle s’en aperçoive une immense source de joie.

Le manga parle finalement beaucoup de ça. Il ne faut pas toujours un événement gigantesque pour modifier une vie. Parfois, il suffit d’un chaton trouvé sur un parking.

Wataru Nadatani connaissait déjà bien les chats avant cette série

Wataru Nadatani écrit et dessine La Gameuse et son chat. Les lecteurs français qui apprécient son trait peuvent également connaître Félin pour l’autre !, une autre série dans laquelle les chats occupent déjà une place centrale.

Ce n’est donc pas un hasard si les attitudes d’Omusubi et Soboro paraissent aussi observées. Nadatani aime dessiner les félins et surtout leurs petites manies quotidiennes.

Lors du lancement japonais de La Gameuse et son chat, l’auteur expliquait d’ailleurs vouloir transmettre la mignonnerie et le charme des chats de manière détendue.

C’est probablement la meilleure description de la série. Pas de catastrophe mondiale, pas de tournoi et aucun chat ne doit sauver l’univers. Seulement une femme qui apprend progressivement que vivre avec un animal peut être à la fois épuisant, ridicule et formidable.

Une série complète en 8 tomes

La Gameuse et son chat est terminée en 8 tomes, aussi bien au Japon qu’en France. Doki-Doki a publié l’ensemble de la série française entre 2021 et 2023.

Huit volumes conviennent particulièrement bien à cette tranche de vie. On a le temps de voir Kozakura passer de débutante complète à propriétaire beaucoup plus expérimentée, d’observer Omusubi grandir puis d’accueillir Soboro.

La série s’arrête également avant d’avoir besoin de fabriquer artificiellement des événements pour continuer.

Il reste simplement cette évolution tranquille d’une vie qui semblait déjà parfaitement remplie avant qu’un petit chat décide qu’il manquait manifestement quelque chose.

Pourquoi commencer La Gameuse et son chat ?

Si vous aimez les chats, les jeux vidéo ou les mangas tranche de vie qui font sourire sans chercher constamment le grand drame, la série se conseille très facilement.

Les amoureux des chats reconnaîtront les courses nocturnes, les cartons, les interruptions et cette capacité extraordinaire à réclamer votre attention précisément au mauvais moment. Les joueurs apprécieront la manière dont Kozakura traduit tout cela avec ses réflexes de gameuse.

Mais le manga fonctionne surtout grâce à sa simplicité. Omusubi ne doit pas posséder un pouvoir secret pour devenir attachant. Kozakura n’a pas besoin de changer complètement de personnalité pour évoluer. On les regarde simplement apprendre à vivre ensemble.

Et lorsque Soboro rejoint la partie, le chaos gagne un niveau sans casser cette douceur.

C’est donc le genre de série qu’on peut ouvrir pour lire quelques chapitres tranquilles et refermer avec une furieuse envie d’aller vérifier ce que fait le chat. Mauvaise nouvelle : pendant que vous lisiez, il a probablement déjà pris votre place.

Lire plus

La Gameuse et son chat est une série complète en 8 tomes écrite et dessinée par Wataru Nadatani. Kozakura, gameuse acharnée de 29 ans, voit sa routine bouleversée par Omusubi, puis par l’arrivée de Soboro. Un dernier conseil : si votre chat marche devant l’écran pendant un boss, inutile de chercher l’option « masquer l’interface ». Le vrai boss vient justement de s’asseoir sur votre clavier.

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La Gameuse et son chat : quand le meilleur jeu du monde se met soudain à miauler

Dans La Gameuse et son chat, Kozakura a 29 ans, travaille dans une société de commerce et possède une organisation parfaitement rodée : terminer son boulot dans les temps, éviter les heures supplémentaires et rentrer le plus vite possible pour jouer aux jeux vidéo. Pas de sorties inutiles, pas de grandes aventures sociales. Une manette, un écran et suffisamment d’heures devant elle constituent déjà un excellent programme.

Puis un petit chaton noir et blanc apparaît sur le parking de son entreprise. Kozakura le recueille et découvre immédiatement un problème que ses années de jeu intensif ne l’avaient absolument pas préparée à résoudre : un chat réel ne possède ni tutoriel, ni barre de vie, ni menu d’options. Elle baptise le nouveau venu Omusubi et commence alors la partie la plus imprévisible de sa vie.

Wataru Nadatani transforme cette cohabitation en une tranche de vie toute simple, mais particulièrement juste. Quiconque a déjà essayé de jouer pendant qu’un chat estime que la souris, le clavier ou vos mains lui appartiennent reconnaîtra rapidement quelques situations.

Kozakura maîtrise les jeux vidéo, beaucoup moins les chatons

Le décalage fonctionne dès le premier tome. Devant un jeu compliqué, Kozakura peut analyser des mécaniques, optimiser son temps et recommencer jusqu’à réussir. Devant Omusubi, elle part pratiquement du niveau zéro.

Que faut-il lui donner à manger ? Est-ce normal qu’il fasse ça ? Pourquoi vient-il de courir dans tout l’appartement au milieu de la nuit ? Est-ce que ce comportement signifie qu’il est heureux ou qu’il prépare simplement la destruction du canapé ?

Pour Kozakura, chaque découverte ressemble donc à une nouvelle mécanique de jeu. Elle observe, apprend et adapte progressivement son appartement à son nouveau compagnon.

Le plus amusant, c’est qu’elle conserve son vocabulaire de gameuse pour comprendre cette drôle de créature. Une nouvelle habitude devient presque une compétence débloquée. Un accessoire ressemble à un nouvel équipement. Quant aux petites victoires du quotidien, elles mériteraient presque leur propre écran « Level Up ».

Omusubi n’a absolument aucun respect pour le temps de jeu de sa maîtresse

Omusubi est un petit chat noir et blanc parfaitement capable d’occuper une maison sans avoir besoin du moindre scénario.

Il dort lorsqu’on aimerait jouer avec lui. Il veut de l’attention quand Kozakura vient justement de lancer une partie. Il découvre les cartons, les jouets, le mobilier et tout ce qu’un chat considère spontanément comme ayant été placé là pour son usage personnel.

Le manga observe énormément ces petits comportements. Les fameuses courses nocturnes apparaissent par exemple dans le troisième volume japonais : alors que Kozakura aimerait probablement récupérer quelques points de sommeil, Omusubi décide que trois heures du matin constituent un excellent horaire pour démarrer une compétition d’athlétisme dans l’appartement.

Voilà le type d’humour qui fait fonctionner la série. Pas besoin de construire une énorme chute. Quelqu’un qui vit avec un chat regarde la scène et pense simplement : « oui, évidemment ».

Son objectif était de rentrer vite pour jouer. Maintenant, elle rentre vite pour voir son chat

Le changement chez Kozakura est tout petit, et c’est justement ce qui le rend sympathique.

Avant Omusubi, elle travaillait efficacement pour maximiser son temps de jeu. Ensuite, elle continue de partir à l’heure… mais une deuxième raison s’ajoute : elle veut retrouver son chat.

Shogakukan s’amuse même de cette évolution dès le deuxième tome. L’efficacité professionnelle de Kozakura continue d’augmenter parce qu’elle possède désormais deux excellentes raisons de ne pas traîner au bureau.

Le manga ne la transforme pas pour autant en une autre personne. Elle reste gameuse, continue ses longues sessions et adore toujours autant son univers numérique.

Simplement, Omusubi trouve progressivement sa place au milieu. Puis, sans véritable grand discours, il commence à prendre une place énorme.

Un arbre à chat ressemble beaucoup à du nouveau mobilier jusqu’au moment du montage

La découverte de la vie avec un animal passe aussi par toutes les premières fois. Arbre à chat, collier, friandises, photos, bain, jouets : Kozakura expérimente des choses parfaitement banales pour un propriétaire expérimenté, mais complètement nouvelles pour elle.

Le deuxième tome va même jusqu’à introduire des jeux sur tablette destinés aux chats. Là, forcément, Kozakura retrouve enfin un domaine dans lequel elle peut espérer parler le même langage qu’Omusubi.

Enfin, « parler le même langage » reste généreux. Omusubi peut être passionné par quelque chose pendant trente secondes avant de décider que l’emballage était finalement beaucoup plus intéressant.

Et c’est probablement l’une des grandes vérités du manga : vous pouvez acheter l’accessoire félin le plus étudié du marché, le carton dans lequel il arrive garde toutes ses chances de remporter la partie.

Le manga ne transforme pas Omusubi en humain déguisé en chat

C’est un point que Wataru Nadatani réussit particulièrement bien. Omusubi reste un chat.

Il ne passe pas son temps à avoir des raisonnements humains ou à expliquer au lecteur ce qu’il ressent. Son comportement suffit largement.

Le dessin travaille donc beaucoup sur les regards, les oreilles, les positions et les réactions. On comprend quand Omusubi est intrigué, inquiet, excité ou décidé à jouer sans avoir besoin d’un long dialogue intérieur.

Certains bonus changent ponctuellement le point de vue et permettent de revoir une situation du côté du félin. Cependant, le cœur de la série reste bien l’observation de cette cohabitation par Kozakura.

C’est ce qui évite à La Gameuse et son chat de devenir simplement une succession de chats qui parlent avec une voix humaine.

Le jeu vidéo sert surtout à montrer comment Kozakura regarde le monde

Le titre attire forcément les joueurs. Pourtant, La Gameuse et son chat n’est pas un manga consacré à une licence ou à la compétition esport.

Wataru Nadatani utilise surtout les habitudes de Kozakura pour faire rire. Elle compare ce qu’elle découvre avec des mécanismes qu’elle connaît. Une situation devient une quête. Une compétence doit être améliorée. Un nouvel objet ressemble à une pièce d’équipement.

Du coup, quelqu’un qui joue régulièrement reconnaîtra facilement les références de vocabulaire. Mais il n’est absolument pas nécessaire de connaître cinquante RPG pour comprendre l’histoire.

Le vrai sujet reste ailleurs : que se passe-t-il lorsqu’une personne très heureuse dans sa routine solitaire doit soudain faire une place à un être vivant qui n’a aucune intention de respecter son planning ?

Une chatte supplémentaire transforme rapidement le mode solo en multijoueur

Alors que Kozakura commence enfin à croire qu’elle maîtrise à peu près la situation avec Omusubi, une nouvelle idée apparaît : et si elle adoptait un deuxième chat ?

C’est ainsi que Soboro rejoint la maison. Plus petite, différente d’Omusubi et particulièrement énergique, elle oblige immédiatement Kozakura à reprendre une partie de son apprentissage.

Parce que vivre avec deux chats ne revient pas simplement à multiplier les croquettes par deux.

Il faut aussi voir comment ils vont s’accepter, partager le territoire et apprendre à vivre ensemble. Omusubi était jusque-là le seul maître félin des lieux. L’arrivée d’une nouvelle joueuse ne lui paraît donc pas immédiatement être la meilleure mise à jour disponible.

Heureusement, la relation évolue. Shogakukan présente même le cinquième volume avec Omusubi comme chat résident et Soboro comme nouvelle arrivée désormais parfaitement intégrée.

Kozakura passe ainsi du mode solo au multijoueur coopératif. Avec deux participants qui ont apparemment désactivé le chat vocal et refusent de consulter les objectifs.

Omusubi et Soboro n’ont pas le même caractère, et heureusement

Ajouter Soboro permet surtout à Nadatani de ne pas refaire les mêmes gags avec un deuxième pelage.

Les deux chats possèdent des tempéraments différents. Leur manière de jouer, de chercher Kozakura ou de réagir aux nouveautés ne se ressemble pas toujours.

Par conséquent, la gameuse doit maintenant comprendre non seulement le fonctionnement général d’un chat, mais les particularités de chacun.

C’est probablement là que les propriétaires de plusieurs félins souriront le plus. On peut avoir lu quinze guides et vivre avec des chats depuis des années : il suffit qu’un nouveau arrive pour découvrir qu’il n’a manifestement pas reçu la même notice que le précédent.

Même le télétravail devient une aventure quand deux chats ont compris que vous êtes disponible

Dans les derniers volumes, le quotidien de Kozakura évolue encore. Le travail à domicile lui permet notamment de passer davantage de temps avec Omusubi et Soboro.

En théorie, travailler chez soi évite les trajets et rapproche la propriétaire de ses animaux.

En pratique, deux chats qui voient leur humaine assise toute la journée peuvent conclure qu’elle est évidemment disponible pour une séance de caresses, un jouet à lancer ou une intervention urgente sous le bureau.

Le septième volume joue précisément avec cette nouvelle proximité. Une réunion à distance paraît beaucoup moins professionnelle lorsqu’un membre de l’équipe possède des moustaches et vient réclamer son tour de parole.

Là encore, Nadatani ne cherche pas une intrigue spectaculaire. Il prend une situation quotidienne et laisse les chats faire le reste. Généralement, c’est largement suffisant.

Le vrai changement de Kozakura se remarque presque sans qu’elle s’en rende compte

Au premier tome, sa priorité est extrêmement claire : les jeux vidéo occupent pratiquement tout son temps libre.

Puis Omusubi arrive. Ensuite Soboro. Les sessions de jeu continuent, mais elles doivent partager le programme avec les repas, les soins, les photos, les jeux félins et les moments où il ne se passe absolument rien à part un chat qui vient dormir à côté d’elle.

Et c’est justement ce « rien » qui devient important.

Dans le huitième tome, Doki-Doki résume parfaitement l’évolution : les journées de Kozakura tournent désormais autour de ses deux chats, devenus sans qu’elle s’en aperçoive une immense source de joie.

Le manga parle finalement beaucoup de ça. Il ne faut pas toujours un événement gigantesque pour modifier une vie. Parfois, il suffit d’un chaton trouvé sur un parking.

Wataru Nadatani connaissait déjà bien les chats avant cette série

Wataru Nadatani écrit et dessine La Gameuse et son chat. Les lecteurs français qui apprécient son trait peuvent également connaître Félin pour l’autre !, une autre série dans laquelle les chats occupent déjà une place centrale.

Ce n’est donc pas un hasard si les attitudes d’Omusubi et Soboro paraissent aussi observées. Nadatani aime dessiner les félins et surtout leurs petites manies quotidiennes.

Lors du lancement japonais de La Gameuse et son chat, l’auteur expliquait d’ailleurs vouloir transmettre la mignonnerie et le charme des chats de manière détendue.

C’est probablement la meilleure description de la série. Pas de catastrophe mondiale, pas de tournoi et aucun chat ne doit sauver l’univers. Seulement une femme qui apprend progressivement que vivre avec un animal peut être à la fois épuisant, ridicule et formidable.

Une série complète en 8 tomes

La Gameuse et son chat est terminée en 8 tomes, aussi bien au Japon qu’en France. Doki-Doki a publié l’ensemble de la série française entre 2021 et 2023.

Huit volumes conviennent particulièrement bien à cette tranche de vie. On a le temps de voir Kozakura passer de débutante complète à propriétaire beaucoup plus expérimentée, d’observer Omusubi grandir puis d’accueillir Soboro.

La série s’arrête également avant d’avoir besoin de fabriquer artificiellement des événements pour continuer.

Il reste simplement cette évolution tranquille d’une vie qui semblait déjà parfaitement remplie avant qu’un petit chat décide qu’il manquait manifestement quelque chose.

Pourquoi commencer La Gameuse et son chat ?

Si vous aimez les chats, les jeux vidéo ou les mangas tranche de vie qui font sourire sans chercher constamment le grand drame, la série se conseille très facilement.

Les amoureux des chats reconnaîtront les courses nocturnes, les cartons, les interruptions et cette capacité extraordinaire à réclamer votre attention précisément au mauvais moment. Les joueurs apprécieront la manière dont Kozakura traduit tout cela avec ses réflexes de gameuse.

Mais le manga fonctionne surtout grâce à sa simplicité. Omusubi ne doit pas posséder un pouvoir secret pour devenir attachant. Kozakura n’a pas besoin de changer complètement de personnalité pour évoluer. On les regarde simplement apprendre à vivre ensemble.

Et lorsque Soboro rejoint la partie, le chaos gagne un niveau sans casser cette douceur.

C’est donc le genre de série qu’on peut ouvrir pour lire quelques chapitres tranquilles et refermer avec une furieuse envie d’aller vérifier ce que fait le chat. Mauvaise nouvelle : pendant que vous lisiez, il a probablement déjà pris votre place.

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La Gameuse et son chat est une série complète en 8 tomes écrite et dessinée par Wataru Nadatani. Kozakura, gameuse acharnée de 29 ans, voit sa routine bouleversée par Omusubi, puis par l’arrivée de Soboro. Un dernier conseil : si votre chat marche devant l’écran pendant un boss, inutile de chercher l’option « masquer l’interface ». Le vrai boss vient justement de s’asseoir sur votre clavier.