Jagaaan

Jagaaan : quand les pires désirs finissent par sortir pour de bon

Dans le manga Jagaaan, Shintarô Jagasaki mène une vie qui l’ennuie profondément. Il travaille dans un petit poste de police, vit avec sa compagne et voit déjà défiler devant lui le programme classique : mariage, enfants, boulot, retraite. Seulement, cette perspective ne le rend pas franchement heureux. Derrière son sourire de flic tranquille, Shintarô imagine régulièrement descendre les gens qui l’agacent.

Puis un jour, le fantasme devient beaucoup moins théorique. Un homme se transforme en créature monstrueuse devant lui et la main droite de Jagasaki change à son tour. Elle peut désormais prendre la forme d’une arme organique capable de tirer. Autrement dit, le type qui rêvait de régler ses problèmes à coups de revolver vient soudain de recevoir exactement le pouvoir qu’il ne fallait peut-être pas lui donner.

Shintarô Jagasaki n’a rien du super-héros propre sur lui

C’est justement ce qui rend Jagaaan intéressant dès le départ. Jagasaki ne découvre pas ses pouvoirs en jurant aussitôt de protéger la veuve et l’orphelin. Au contraire, il possède déjà une bonne dose de colère, de frustration et de pensées franchement malsaines.

Son nouveau pouvoir lui donne alors une possibilité inquiétante : arrêter d’imaginer et commencer à agir. Pourtant, le manga ne le transforme pas simplement en psychopathe avec un canon à la place du bras. Jagasaki reste constamment tiraillé entre ce qu’il veut faire, ce qu’il croit devoir faire et les conséquences de ses propres désirs.

Du coup, le plaisir ne vient pas seulement des combats. On se demande aussi jusqu’où il va aller. Un héros classique cherche à maîtriser sa puissance. Jagasaki, lui, doit parfois surtout se demander s’il a réellement envie de la maîtriser.

Les Détraqués donnent une forme assez littérale aux pulsions humaines

Très vite, Jagasaki découvre qu’il n’est pas le seul à changer. Des humains deviennent des Détraqués, des créatures dont les transformations poussent leurs désirs jusqu’à l’extrême.

C’est là que le scénario de Muneyuki Kaneshiro devient beaucoup plus intéressant qu’une simple invasion de monstres. Les transformations ne tombent pas au hasard. Elles parlent souvent de ce que les personnages veulent, de leurs frustrations ou de leurs obsessions.

Évidemment, certains résultats sont complètement monstrueux. Pourtant, le manga joue justement avec cette idée : avant de devenir une créature, chacun portait déjà quelque chose en lui.

Jagaaan peut alors partir très loin. Désir sexuel, besoin de reconnaissance, jalousie, violence ou envie de domination : Kaneshiro ne choisit clairement pas les sujets les plus sages. En revanche, il les utilise pour fabriquer des adversaires qui reflètent souvent leur personnalité jusque dans leur apparence.

Une chouette, des grenouilles et une explication qui ne rassure personne

Comme si le bras-canon et les monstres ne suffisaient pas, Jagasaki rencontre aussi Doku, une étrange chouette liée aux événements qui se produisent autour de lui. Petit à petit, le manga dévoile également le rôle de mystérieuses grenouilles dans ces transformations.

Dit comme ça, on pourrait croire que Jagaaan bascule dans une comédie complètement absurde. Pourtant, l’ambiance reste sombre. Kaneshiro aime simplement mélanger des idées improbables avec des conséquences particulièrement violentes.

Et c’est l’une des forces de la série. On ne sait jamais vraiment quelle idée bizarre va apparaître ensuite. Pourtant, elle finit souvent par trouver sa place dans les règles de cet univers.

Le scénariste de Blue Lock, mais clairement pas sur un terrain de foot

Muneyuki Kaneshiro signe le scénario de Jagaaan. Si son nom vous dit quelque chose, ce n’est probablement pas un hasard : il est également le scénariste de Blue Lock.

Les deux mangas paraissent très différents au premier regard. D’un côté, des footballeurs veulent devenir le meilleur attaquant du monde. De l’autre, un policier tire avec son bras sur des humains transformés en monstres. Pourtant, on retrouve chez Kaneshiro une obsession assez reconnaissable : le désir personnel.

Dans Blue Lock, il pousse ses joueurs à assumer leur ego. Dans Jagaaan, il demande ce qui se passe quand un désir grandit jusqu’à déformer celui qui le porte. L’ambiance n’a rien à voir, mais cette façon de placer l’envie individuelle au centre du récit saute vite aux yeux.

Au dessin, Kensuke Nishida peut ensuite se lâcher complètement. Et avec les transformations imaginées dans Jagaaan, il ne manque clairement pas de matière.

Kensuke Nishida ne dessine pas les monstres pour les rendre jolis

Visuellement, Jagaaan assume son côté organique et dérangeant. Les corps se déforment, des membres deviennent des armes et certaines transformations donnent franchement envie de garder quelques mètres de distance.

Pourtant, les combats restent faciles à suivre. Nishida sait montrer la puissance du Jagun de Shintarô sans transformer chaque page en tas de traits illisibles. Lorsqu’un tir part, on comprend rapidement pourquoi la cible aurait préféré être ailleurs.

Le dessin fonctionne aussi très bien sur les visages. Jagasaki peut afficher son expression de policier presque banal, puis laisser apparaître quelque chose de beaucoup moins rassurant lorsqu’il cède à ses pulsions.

Cette opposition colle parfaitement au personnage. En surface, il tente encore de vivre comme tout le monde. En dessous, ça bouillonne sérieusement.

Jagaaan est violent, provocateur et clairement destiné à un public averti

Autant le dire franchement : Jagaaan n’est pas une lecture sage. Le manga contient beaucoup de violence, du sexe, des thèmes adultes et des personnages qui franchissent régulièrement des limites.

Le but n’est d’ailleurs pas de rendre tout le monde sympathique. Certains personnages sont profondément dérangeants. D’autres prennent des décisions difficiles à défendre. Et Jagasaki lui-même n’est certainement pas un modèle de vertu.

Pourtant, c’est aussi ce qui donne sa personnalité au manga. Kaneshiro ne cherche pas à fabriquer un héros parfait entouré de méchants faciles à détester. Il préfère montrer des gens avec leurs envies, leurs défauts et parfois ce qu’ils deviennent quand plus rien ne les oblige à se retenir.

Si vous aimez les seinen propres et rassurants, passez peut-être votre chemin. En revanche, si vous appréciez les séries capables de mettre mal à l’aise tout en donnant envie de tourner la page, Jagaaan sait très bien faire ça.

14 tomes pour aller jusqu’au bout de la transformation

Jagaaan est terminé en 14 tomes. Muneyuki Kaneshiro signe le scénario et Kensuke Nishida le dessin. Shogakukan publie la série au Japon dans le Big Comic Spirits, tandis que Kazé assure l’édition française.

Quatorze volumes conviennent particulièrement bien à ce type d’histoire. Le manga possède assez de place pour développer ses Détraqués, faire évoluer Jagasaki et pousser son concept beaucoup plus loin. Pourtant, il ne s’étire pas pendant des dizaines de tomes après avoir épuisé son idée de départ.

Et puisque la série possède une vraie conclusion, vous pouvez commencer sans craindre de rester avec un bras-canon, trente questions et aucun dernier tome pour vous expliquer comment tout ça finit.

Pourquoi tenter Jagaaan ?

Parce que le concept accroche immédiatement. Un policier frustré qui transforme son bras en arme, c’est déjà suffisamment bizarre pour donner envie d’ouvrir le premier tome. Ensuite, les Détraqués et leurs pouvoirs font rapidement comprendre que Kaneshiro a beaucoup plus d’idées derrière la tête.

Mais surtout, Jagaaan ne se contente pas d’empiler des monstres. Le manga parle constamment des désirs de ses personnages. Que veulent-ils vraiment ? Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour l’obtenir ? Et que reste-t-il d’eux lorsque ce désir finit par prendre toute la place ?

Si vous aimez les seinen sombres, les anti-héros et les pouvoirs franchement tordus, essayez-le. Et si vous connaissez Kaneshiro uniquement grâce à Blue Lock, préparez-vous simplement à découvrir ce qui arrive quand il remplace le ballon par quelque chose de beaucoup plus explosif.

Lire plus

Jagaaan est scénarisé par Muneyuki Kaneshiro et dessiné par Kensuke Nishida. La série complète compte 14 tomes et suit Shintarô Jagasaki, policier dont la main droite acquiert un pouvoir particulièrement destructeur. Un dernier conseil : si votre collègue vous dit un matin que son bras lui semble bizarre, évitez peut-être de lui demander de vous montrer ce qu’il sait faire.

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Jagaaan : quand les pires désirs finissent par sortir pour de bon

Dans le manga Jagaaan, Shintarô Jagasaki mène une vie qui l’ennuie profondément. Il travaille dans un petit poste de police, vit avec sa compagne et voit déjà défiler devant lui le programme classique : mariage, enfants, boulot, retraite. Seulement, cette perspective ne le rend pas franchement heureux. Derrière son sourire de flic tranquille, Shintarô imagine régulièrement descendre les gens qui l’agacent.

Puis un jour, le fantasme devient beaucoup moins théorique. Un homme se transforme en créature monstrueuse devant lui et la main droite de Jagasaki change à son tour. Elle peut désormais prendre la forme d’une arme organique capable de tirer. Autrement dit, le type qui rêvait de régler ses problèmes à coups de revolver vient soudain de recevoir exactement le pouvoir qu’il ne fallait peut-être pas lui donner.

Shintarô Jagasaki n’a rien du super-héros propre sur lui

C’est justement ce qui rend Jagaaan intéressant dès le départ. Jagasaki ne découvre pas ses pouvoirs en jurant aussitôt de protéger la veuve et l’orphelin. Au contraire, il possède déjà une bonne dose de colère, de frustration et de pensées franchement malsaines.

Son nouveau pouvoir lui donne alors une possibilité inquiétante : arrêter d’imaginer et commencer à agir. Pourtant, le manga ne le transforme pas simplement en psychopathe avec un canon à la place du bras. Jagasaki reste constamment tiraillé entre ce qu’il veut faire, ce qu’il croit devoir faire et les conséquences de ses propres désirs.

Du coup, le plaisir ne vient pas seulement des combats. On se demande aussi jusqu’où il va aller. Un héros classique cherche à maîtriser sa puissance. Jagasaki, lui, doit parfois surtout se demander s’il a réellement envie de la maîtriser.

Les Détraqués donnent une forme assez littérale aux pulsions humaines

Très vite, Jagasaki découvre qu’il n’est pas le seul à changer. Des humains deviennent des Détraqués, des créatures dont les transformations poussent leurs désirs jusqu’à l’extrême.

C’est là que le scénario de Muneyuki Kaneshiro devient beaucoup plus intéressant qu’une simple invasion de monstres. Les transformations ne tombent pas au hasard. Elles parlent souvent de ce que les personnages veulent, de leurs frustrations ou de leurs obsessions.

Évidemment, certains résultats sont complètement monstrueux. Pourtant, le manga joue justement avec cette idée : avant de devenir une créature, chacun portait déjà quelque chose en lui.

Jagaaan peut alors partir très loin. Désir sexuel, besoin de reconnaissance, jalousie, violence ou envie de domination : Kaneshiro ne choisit clairement pas les sujets les plus sages. En revanche, il les utilise pour fabriquer des adversaires qui reflètent souvent leur personnalité jusque dans leur apparence.

Une chouette, des grenouilles et une explication qui ne rassure personne

Comme si le bras-canon et les monstres ne suffisaient pas, Jagasaki rencontre aussi Doku, une étrange chouette liée aux événements qui se produisent autour de lui. Petit à petit, le manga dévoile également le rôle de mystérieuses grenouilles dans ces transformations.

Dit comme ça, on pourrait croire que Jagaaan bascule dans une comédie complètement absurde. Pourtant, l’ambiance reste sombre. Kaneshiro aime simplement mélanger des idées improbables avec des conséquences particulièrement violentes.

Et c’est l’une des forces de la série. On ne sait jamais vraiment quelle idée bizarre va apparaître ensuite. Pourtant, elle finit souvent par trouver sa place dans les règles de cet univers.

Le scénariste de Blue Lock, mais clairement pas sur un terrain de foot

Muneyuki Kaneshiro signe le scénario de Jagaaan. Si son nom vous dit quelque chose, ce n’est probablement pas un hasard : il est également le scénariste de Blue Lock.

Les deux mangas paraissent très différents au premier regard. D’un côté, des footballeurs veulent devenir le meilleur attaquant du monde. De l’autre, un policier tire avec son bras sur des humains transformés en monstres. Pourtant, on retrouve chez Kaneshiro une obsession assez reconnaissable : le désir personnel.

Dans Blue Lock, il pousse ses joueurs à assumer leur ego. Dans Jagaaan, il demande ce qui se passe quand un désir grandit jusqu’à déformer celui qui le porte. L’ambiance n’a rien à voir, mais cette façon de placer l’envie individuelle au centre du récit saute vite aux yeux.

Au dessin, Kensuke Nishida peut ensuite se lâcher complètement. Et avec les transformations imaginées dans Jagaaan, il ne manque clairement pas de matière.

Kensuke Nishida ne dessine pas les monstres pour les rendre jolis

Visuellement, Jagaaan assume son côté organique et dérangeant. Les corps se déforment, des membres deviennent des armes et certaines transformations donnent franchement envie de garder quelques mètres de distance.

Pourtant, les combats restent faciles à suivre. Nishida sait montrer la puissance du Jagun de Shintarô sans transformer chaque page en tas de traits illisibles. Lorsqu’un tir part, on comprend rapidement pourquoi la cible aurait préféré être ailleurs.

Le dessin fonctionne aussi très bien sur les visages. Jagasaki peut afficher son expression de policier presque banal, puis laisser apparaître quelque chose de beaucoup moins rassurant lorsqu’il cède à ses pulsions.

Cette opposition colle parfaitement au personnage. En surface, il tente encore de vivre comme tout le monde. En dessous, ça bouillonne sérieusement.

Jagaaan est violent, provocateur et clairement destiné à un public averti

Autant le dire franchement : Jagaaan n’est pas une lecture sage. Le manga contient beaucoup de violence, du sexe, des thèmes adultes et des personnages qui franchissent régulièrement des limites.

Le but n’est d’ailleurs pas de rendre tout le monde sympathique. Certains personnages sont profondément dérangeants. D’autres prennent des décisions difficiles à défendre. Et Jagasaki lui-même n’est certainement pas un modèle de vertu.

Pourtant, c’est aussi ce qui donne sa personnalité au manga. Kaneshiro ne cherche pas à fabriquer un héros parfait entouré de méchants faciles à détester. Il préfère montrer des gens avec leurs envies, leurs défauts et parfois ce qu’ils deviennent quand plus rien ne les oblige à se retenir.

Si vous aimez les seinen propres et rassurants, passez peut-être votre chemin. En revanche, si vous appréciez les séries capables de mettre mal à l’aise tout en donnant envie de tourner la page, Jagaaan sait très bien faire ça.

14 tomes pour aller jusqu’au bout de la transformation

Jagaaan est terminé en 14 tomes. Muneyuki Kaneshiro signe le scénario et Kensuke Nishida le dessin. Shogakukan publie la série au Japon dans le Big Comic Spirits, tandis que Kazé assure l’édition française.

Quatorze volumes conviennent particulièrement bien à ce type d’histoire. Le manga possède assez de place pour développer ses Détraqués, faire évoluer Jagasaki et pousser son concept beaucoup plus loin. Pourtant, il ne s’étire pas pendant des dizaines de tomes après avoir épuisé son idée de départ.

Et puisque la série possède une vraie conclusion, vous pouvez commencer sans craindre de rester avec un bras-canon, trente questions et aucun dernier tome pour vous expliquer comment tout ça finit.

Pourquoi tenter Jagaaan ?

Parce que le concept accroche immédiatement. Un policier frustré qui transforme son bras en arme, c’est déjà suffisamment bizarre pour donner envie d’ouvrir le premier tome. Ensuite, les Détraqués et leurs pouvoirs font rapidement comprendre que Kaneshiro a beaucoup plus d’idées derrière la tête.

Mais surtout, Jagaaan ne se contente pas d’empiler des monstres. Le manga parle constamment des désirs de ses personnages. Que veulent-ils vraiment ? Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour l’obtenir ? Et que reste-t-il d’eux lorsque ce désir finit par prendre toute la place ?

Si vous aimez les seinen sombres, les anti-héros et les pouvoirs franchement tordus, essayez-le. Et si vous connaissez Kaneshiro uniquement grâce à Blue Lock, préparez-vous simplement à découvrir ce qui arrive quand il remplace le ballon par quelque chose de beaucoup plus explosif.

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Jagaaan est scénarisé par Muneyuki Kaneshiro et dessiné par Kensuke Nishida. La série complète compte 14 tomes et suit Shintarô Jagasaki, policier dont la main droite acquiert un pouvoir particulièrement destructeur. Un dernier conseil : si votre collègue vous dit un matin que son bras lui semble bizarre, évitez peut-être de lui demander de vous montrer ce qu’il sait faire.