Gintama

Gintama : samouraïs, extraterrestres et zéro journée normale à Edo

Le manga Gintama part déjà sur de très bonnes bases : des extraterrestres appelés les Amanto ont envahi le Japon, les samouraïs ont perdu le droit de porter leur sabre et Edo ressemble désormais à un drôle de mélange entre époque féodale et science-fiction. Au milieu de tout ça, Gintoki Sakata continue de se balader avec son sabre en bois et gagne sa vie comme il peut.

Son métier ? Prendre à peu près n’importe quel petit boulot contre quelques yens. Gintoki dirige ainsi une agence à tout faire avec Shinpachi et Kagura. Retrouver un chat, protéger quelqu’un, régler une dette ou sauver Edo : chez eux, la journée peut commencer très bas et finir beaucoup plus haut que prévu.

Et c’est exactement ce qui rend Gintama aussi difficile à lâcher. Un chapitre vous fait rire avec une histoire complètement idiote. Puis, sans prévenir, Hideaki Sorachi lance un arc beaucoup plus sérieux et vous rappelle que ses personnages savent aussi se battre.

Gintoki : pas vraiment le samouraï modèle

Gintoki Sakata n’a rien du héros de shonen classique qui se lève chaque matin pour devenir le meilleur. Il aime dormir, évite les factures et prend rarement un travail avec enthousiasme. De plus, son taux de sucre semble parfois l’inquiéter davantage que les ennemis qui veulent sa peau.

Son amour des sucreries revient d’ailleurs régulièrement. Kana rappelle même une scène où Gintoki défend son précieux parfait au chocolat. Son médecin lui a pourtant demandé de surveiller son hyperglycémie. Évidemment, cela ne suffit pas à lui faire abandonner le dessert.

Mais derrière ce comportement de glandeur professionnel se cache un ancien samouraï redoutable. Dès que ses amis courent un vrai danger, le ton change. Gintoki peut alors passer d’une dispute ridicule à un combat très sérieux en quelques pages.

C’est là que le personnage fonctionne particulièrement bien. Il n’a pas besoin de passer son temps à expliquer ses valeurs. On les comprend surtout quand il arrête de plaisanter.

Shinpachi et Kagura complètent parfaitement le désastre

Shinpachi Shimura semble d’abord être le membre raisonnable du groupe. Quelqu’un doit bien essayer de ramener les autres sur Terre. Malheureusement pour lui, Gintoki et Kagura lui donnent beaucoup de travail.

Kagura, de son côté, appartient au peuple Yato. Elle possède donc une force impressionnante malgré son apparence. Pourtant, cela ne l’empêche pas de participer avec enthousiasme aux idées les plus stupides de l’agence.

À trois, ils forment les Yorozuya. Leur relation donne une grande partie de son cœur à la série. Ils passent leur temps à se provoquer, mais ils répondent toujours présents quand l’un d’eux a vraiment besoin des autres.

Et autour d’eux, Sorachi construit une véritable foule de personnages. Le Shinsengumi, Katsura, Otae ou encore Hasegawa reviennent régulièrement. Ainsi, une plaisanterie apparue des dizaines de chapitres plus tôt peut très bien refaire surface au pire moment.

Gintama peut faire n’importe quoi, et c’est sa plus grande force

Avec Gintama, il faut accepter une règle : il n’y en a pas vraiment. Sorachi peut consacrer une histoire entière à une bataille de nourriture, à un problème de toilettes ou à une situation que personne n’aurait osé proposer sérieusement dans un autre shonen.

Le manga adore également détourner les codes du genre. Il joue avec les clichés des samouraïs, les séries télé, les jeux vidéo et la culture populaire japonaise. Parfois, on se demande même comment certaines blagues ont réussi à passer dans le Weekly Shonen Jump.

Pourtant, cette folie ne repose pas uniquement sur des références. Même lorsqu’on ne connaît pas tout ce que Sorachi détourne, les personnages suffisent souvent à faire fonctionner la scène. Gintoki peut transformer un problème banal en catastrophe simplement parce qu’il refuse de se comporter comme un adulte responsable.

Et lorsque Shinpachi commence à hurler pour tenter de remettre un peu de logique dans tout ça, il est généralement déjà trop tard.

Ne vous faites pas avoir : Gintama sait aussi devenir très sérieux

Voilà le piège. Après plusieurs histoires où tout le monde passe pour un imbécile, on pense avoir compris la série. Puis Gintama lance un véritable arc d’action.

Les combats deviennent plus durs. Le passé de Gintoki reprend de l’importance. De plus, certaines rivalités jusque-là amusantes changent complètement de ton. Sorachi peut alors utiliser des personnages que l’on connaît depuis longtemps pour frapper beaucoup plus fort.

Ce contraste fait une énorme différence. On s’est attaché à ces personnages pendant leurs aventures les plus ridicules. Par conséquent, lorsqu’ils se retrouvent vraiment en danger, on ne regarde plus seulement un joli combat de sabre.

Gintama réussit ainsi quelque chose d’assez rare : faire rire pendant des centaines de chapitres sans empêcher son histoire de devenir émouvante lorsque le moment arrive. Et surtout, il ne transforme pas soudain ses personnages en gens sérieux pour y parvenir. Ils restent eux-mêmes.

Hideaki Sorachi ne respecte même pas la fin de son propre manga

Hideaki Sorachi écrit et dessine Gintama depuis ses débuts dans le Weekly Shonen Jump en 2004. Son humour ne s’arrête d’ailleurs pas aux personnages. Même la fin de la série a tourné au gag.

En 2016, Gintama entre officiellement dans son dernier arc. Deux ans plus tard, une annonce laisse croire que la fin arrive enfin. Finalement, le manga continue ailleurs. Puis Sorachi annonce encore une conclusion en 2019 avant de publier les derniers chapitres sur l’application officielle Gintama.

Kana a d’ailleurs rappelé toute cette histoire lors de la sortie du dernier volume français. Avec Gintama, même les lecteurs qui attendaient la fin ont fini par se demander si Sorachi n’allait pas encore trouver une excuse pour repartir.

Cette fois, pourtant, il est réellement allé jusqu’au bout : Gintama compte 77 tomes. Le dernier volume conclut l’histoire de Gintoki et de l’agence à tout faire.

77 tomes, mais surtout énormément de souvenirs

Oui, 77 volumes peuvent impressionner lorsque l’on découvre la série. Pourtant, Gintama ne donne pas l’impression de lire une histoire qui étire artificiellement le même conflit. Son format lui permet justement d’enchaîner petites aventures, personnages récurrents et grands arcs.

On peut passer d’une mission complètement débile à une histoire beaucoup plus ambitieuse. Ensuite, Sorachi revient tranquillement à une histoire de parfait au chocolat ou à une nouvelle humiliation de Hasegawa.

Cette variété aide énormément sur une série aussi longue. On retrouve un lieu, un personnage ou une vieille plaisanterie et on a presque l’impression de revenir dans un quartier que l’on connaît déjà.

Kana publie l’édition française dans sa collection Shonen Kana. Toute l’histoire tient donc en 77 tomes, avec une vraie conclusion au bout du voyage.

Alors, pourquoi commencer Gintama ?

Parce que si vous aimez les mangas capables de partir dans tous les sens sans perdre leurs personnages, Gintama est difficile à remplacer. Vous venez pour l’humour, les extraterrestres ou le Japon complètement bricolé par Sorachi. Ensuite, vous restez pour Gintoki, Kagura, Shinpachi et toute la bande.

Le premier tome donne déjà une bonne idée du ton. En revanche, la série devient encore meilleure lorsque son casting s’installe. Plus vous connaissez les personnages, plus les blagues fonctionnent. Et lorsque Sorachi décide enfin d’arrêter de plaisanter, les moments sérieux gagnent eux aussi en force.

Si 77 tomes vous font hésiter, ne regardez pas la pile entière. Commencez simplement avec Gintoki et son agence à tout faire. Après quelques missions, vous saurez très vite si vous avez envie de retourner à Edo.

Lire plus

Gintama est écrit et dessiné par Hideaki Sorachi. Le manga mélange humour, science-fiction et combats de samouraïs autour de Gintoki, Shinpachi et Kagura. L’histoire complète compte 77 tomes. Un dernier conseil : si Gintoki vous propose un petit boulot facile et bien payé, demandez quand même pourquoi personne d’autre n’en veut.

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Gintama : samouraïs, extraterrestres et zéro journée normale à Edo

Le manga Gintama part déjà sur de très bonnes bases : des extraterrestres appelés les Amanto ont envahi le Japon, les samouraïs ont perdu le droit de porter leur sabre et Edo ressemble désormais à un drôle de mélange entre époque féodale et science-fiction. Au milieu de tout ça, Gintoki Sakata continue de se balader avec son sabre en bois et gagne sa vie comme il peut.

Son métier ? Prendre à peu près n’importe quel petit boulot contre quelques yens. Gintoki dirige ainsi une agence à tout faire avec Shinpachi et Kagura. Retrouver un chat, protéger quelqu’un, régler une dette ou sauver Edo : chez eux, la journée peut commencer très bas et finir beaucoup plus haut que prévu.

Et c’est exactement ce qui rend Gintama aussi difficile à lâcher. Un chapitre vous fait rire avec une histoire complètement idiote. Puis, sans prévenir, Hideaki Sorachi lance un arc beaucoup plus sérieux et vous rappelle que ses personnages savent aussi se battre.

Gintoki : pas vraiment le samouraï modèle

Gintoki Sakata n’a rien du héros de shonen classique qui se lève chaque matin pour devenir le meilleur. Il aime dormir, évite les factures et prend rarement un travail avec enthousiasme. De plus, son taux de sucre semble parfois l’inquiéter davantage que les ennemis qui veulent sa peau.

Son amour des sucreries revient d’ailleurs régulièrement. Kana rappelle même une scène où Gintoki défend son précieux parfait au chocolat. Son médecin lui a pourtant demandé de surveiller son hyperglycémie. Évidemment, cela ne suffit pas à lui faire abandonner le dessert.

Mais derrière ce comportement de glandeur professionnel se cache un ancien samouraï redoutable. Dès que ses amis courent un vrai danger, le ton change. Gintoki peut alors passer d’une dispute ridicule à un combat très sérieux en quelques pages.

C’est là que le personnage fonctionne particulièrement bien. Il n’a pas besoin de passer son temps à expliquer ses valeurs. On les comprend surtout quand il arrête de plaisanter.

Shinpachi et Kagura complètent parfaitement le désastre

Shinpachi Shimura semble d’abord être le membre raisonnable du groupe. Quelqu’un doit bien essayer de ramener les autres sur Terre. Malheureusement pour lui, Gintoki et Kagura lui donnent beaucoup de travail.

Kagura, de son côté, appartient au peuple Yato. Elle possède donc une force impressionnante malgré son apparence. Pourtant, cela ne l’empêche pas de participer avec enthousiasme aux idées les plus stupides de l’agence.

À trois, ils forment les Yorozuya. Leur relation donne une grande partie de son cœur à la série. Ils passent leur temps à se provoquer, mais ils répondent toujours présents quand l’un d’eux a vraiment besoin des autres.

Et autour d’eux, Sorachi construit une véritable foule de personnages. Le Shinsengumi, Katsura, Otae ou encore Hasegawa reviennent régulièrement. Ainsi, une plaisanterie apparue des dizaines de chapitres plus tôt peut très bien refaire surface au pire moment.

Gintama peut faire n’importe quoi, et c’est sa plus grande force

Avec Gintama, il faut accepter une règle : il n’y en a pas vraiment. Sorachi peut consacrer une histoire entière à une bataille de nourriture, à un problème de toilettes ou à une situation que personne n’aurait osé proposer sérieusement dans un autre shonen.

Le manga adore également détourner les codes du genre. Il joue avec les clichés des samouraïs, les séries télé, les jeux vidéo et la culture populaire japonaise. Parfois, on se demande même comment certaines blagues ont réussi à passer dans le Weekly Shonen Jump.

Pourtant, cette folie ne repose pas uniquement sur des références. Même lorsqu’on ne connaît pas tout ce que Sorachi détourne, les personnages suffisent souvent à faire fonctionner la scène. Gintoki peut transformer un problème banal en catastrophe simplement parce qu’il refuse de se comporter comme un adulte responsable.

Et lorsque Shinpachi commence à hurler pour tenter de remettre un peu de logique dans tout ça, il est généralement déjà trop tard.

Ne vous faites pas avoir : Gintama sait aussi devenir très sérieux

Voilà le piège. Après plusieurs histoires où tout le monde passe pour un imbécile, on pense avoir compris la série. Puis Gintama lance un véritable arc d’action.

Les combats deviennent plus durs. Le passé de Gintoki reprend de l’importance. De plus, certaines rivalités jusque-là amusantes changent complètement de ton. Sorachi peut alors utiliser des personnages que l’on connaît depuis longtemps pour frapper beaucoup plus fort.

Ce contraste fait une énorme différence. On s’est attaché à ces personnages pendant leurs aventures les plus ridicules. Par conséquent, lorsqu’ils se retrouvent vraiment en danger, on ne regarde plus seulement un joli combat de sabre.

Gintama réussit ainsi quelque chose d’assez rare : faire rire pendant des centaines de chapitres sans empêcher son histoire de devenir émouvante lorsque le moment arrive. Et surtout, il ne transforme pas soudain ses personnages en gens sérieux pour y parvenir. Ils restent eux-mêmes.

Hideaki Sorachi ne respecte même pas la fin de son propre manga

Hideaki Sorachi écrit et dessine Gintama depuis ses débuts dans le Weekly Shonen Jump en 2004. Son humour ne s’arrête d’ailleurs pas aux personnages. Même la fin de la série a tourné au gag.

En 2016, Gintama entre officiellement dans son dernier arc. Deux ans plus tard, une annonce laisse croire que la fin arrive enfin. Finalement, le manga continue ailleurs. Puis Sorachi annonce encore une conclusion en 2019 avant de publier les derniers chapitres sur l’application officielle Gintama.

Kana a d’ailleurs rappelé toute cette histoire lors de la sortie du dernier volume français. Avec Gintama, même les lecteurs qui attendaient la fin ont fini par se demander si Sorachi n’allait pas encore trouver une excuse pour repartir.

Cette fois, pourtant, il est réellement allé jusqu’au bout : Gintama compte 77 tomes. Le dernier volume conclut l’histoire de Gintoki et de l’agence à tout faire.

77 tomes, mais surtout énormément de souvenirs

Oui, 77 volumes peuvent impressionner lorsque l’on découvre la série. Pourtant, Gintama ne donne pas l’impression de lire une histoire qui étire artificiellement le même conflit. Son format lui permet justement d’enchaîner petites aventures, personnages récurrents et grands arcs.

On peut passer d’une mission complètement débile à une histoire beaucoup plus ambitieuse. Ensuite, Sorachi revient tranquillement à une histoire de parfait au chocolat ou à une nouvelle humiliation de Hasegawa.

Cette variété aide énormément sur une série aussi longue. On retrouve un lieu, un personnage ou une vieille plaisanterie et on a presque l’impression de revenir dans un quartier que l’on connaît déjà.

Kana publie l’édition française dans sa collection Shonen Kana. Toute l’histoire tient donc en 77 tomes, avec une vraie conclusion au bout du voyage.

Alors, pourquoi commencer Gintama ?

Parce que si vous aimez les mangas capables de partir dans tous les sens sans perdre leurs personnages, Gintama est difficile à remplacer. Vous venez pour l’humour, les extraterrestres ou le Japon complètement bricolé par Sorachi. Ensuite, vous restez pour Gintoki, Kagura, Shinpachi et toute la bande.

Le premier tome donne déjà une bonne idée du ton. En revanche, la série devient encore meilleure lorsque son casting s’installe. Plus vous connaissez les personnages, plus les blagues fonctionnent. Et lorsque Sorachi décide enfin d’arrêter de plaisanter, les moments sérieux gagnent eux aussi en force.

Si 77 tomes vous font hésiter, ne regardez pas la pile entière. Commencez simplement avec Gintoki et son agence à tout faire. Après quelques missions, vous saurez très vite si vous avez envie de retourner à Edo.

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Gintama est écrit et dessiné par Hideaki Sorachi. Le manga mélange humour, science-fiction et combats de samouraïs autour de Gintoki, Shinpachi et Kagura. L’histoire complète compte 77 tomes. Un dernier conseil : si Gintoki vous propose un petit boulot facile et bien payé, demandez quand même pourquoi personne d’autre n’en veut.