Galaxy Express 999

Galaxy Express 999 : embarquement pour les étoiles avec Leiji Matsumoto

Le manga Galaxy Express 999 commence par un rêve : obtenir un corps mécanique et ne plus jamais craindre la mort. Pour Tetsurô Hoshino, ce rêve naît pourtant d’un drame. Sa mère tombe sous les coups du Comte Mécanique lors d’une chasse aux humains. Le garçon décide alors de devenir lui-même un cyborg afin de pouvoir se venger.

Un problème reste à régler : un corps mécanique coûte une fortune. Tetsurô apprend qu’une planète située vers Andromède en fournit gratuitement. Encore faut-il réussir à s’y rendre. C’est là qu’apparaît Maetel, mystérieuse jeune femme blonde qui lui propose un billet pour le Galaxy Express 999. En échange, il devra voyager avec elle jusqu’au terminus.

Et quel train ! Une locomotive à vapeur lancée au milieu des étoiles, des wagons qui traversent l’espace et des arrêts sur des planètes dont on ne sait jamais vraiment ce qu’elles réservent. Avec Leiji Matsumoto, le voyage compte au moins autant que la destination.

Tetsurô veut devenir immortel… mais le voyage va le faire réfléchir

Au départ, Tetsurô ne doute presque pas de son objectif. Les humains vieillissent, souffrent et meurent. Les êtres mécaniques peuvent, eux, remplacer leur corps et vivre beaucoup plus longtemps. Le choix paraît vite fait.

Seulement, chaque arrêt du Galaxy Express vient compliquer cette belle certitude. Matsumoto imagine des mondes avec leurs propres règles. Certains offrent l’abondance, d’autres vivent dans la misère. Ailleurs, la technologie promet le bonheur mais le résultat donne plutôt envie de reprendre immédiatement le train.

C’est là que Galaxy Express 999 devient beaucoup plus qu’une aventure spatiale. Derrière les robots, les planètes étranges et les voyages interstellaires, le manga parle surtout de ce qui fait de nous des êtres humains. À quoi sert l’immortalité si l’on perd tout ce qui donne du sens à la vie ? Et un corps indestructible garantit-il vraiment le bonheur ?

Matsumoto pose ces questions sans transformer son manga en cours de philosophie. Tetsurô rencontre des gens, se trompe, s’emporte et apprend. Certaines histoires durent peu de temps. Pourtant, quelques personnages croisés pendant une simple escale laissent une trace longtemps après le départ du train.

Maetel : impossible de savoir immédiatement ce qu’elle cache

Maetel reste l’un des personnages les plus fascinants de l’œuvre. Elle guide Tetsurô, le protège et connaît beaucoup mieux l’univers du Galaxy Express que lui. En revanche, Matsumoto ne donne pas toutes les réponses immédiatement.

Pourquoi ressemble-t-elle tant à la mère de Tetsurô ? Pourquoi tient-elle absolument à l’accompagner ? Que sait-elle réellement de la planète où l’attend son futur corps mécanique ? Plus le voyage avance, plus les questions autour de Maetel prennent de l’importance.

Son calme contraste aussi merveilleusement avec Tetsurô. Lui fonce, proteste et se laisse régulièrement emporter par ses émotions. Elle observe beaucoup plus qu’elle ne parle. Ce duo donne au récit une atmosphère très particulière, parfois chaleureuse et parfois franchement mélancolique.

Un train spatial qui permet à Matsumoto d’inventer un nouveau monde à chaque arrêt

Le Galaxy Express constitue une formidable machine à raconter des histoires. Le train avance vers Andromède, mais chaque gare permet à Matsumoto de changer complètement d’ambiance.

Une planète peut sembler paradisiaque avant de révéler quelque chose de beaucoup moins séduisant. Une autre impose des règles absurdes à ses habitants. Certaines escales parlent de pauvreté, de solitude ou de guerre. D’autres questionnent directement le rapport entre les humains et les machines.

Le dessin participe énormément à cette sensation de voyage. Matsumoto oppose ses immenses paysages stellaires à une locomotive qui semble sortir d’un autre siècle. Ce vieux train noir qui traverse le cosmos ne devrait presque pas fonctionner visuellement. Pourtant, il devient immédiatement indissociable de la série.

Galaxy Express 999 fait partie du grand univers de Leiji Matsumoto

Les lecteurs qui connaissent déjà Albator retrouveront vite la patte de Leiji Matsumoto. Ses œuvres se répondent et plusieurs de ses personnages fétiches voyagent d’une série à l’autre. Harlock lui-même finit d’ailleurs par croiser la route de Galaxy Express 999.

Ce n’est pas une excuse pour transformer la lecture en examen avec un tableau chronologique sous les yeux. Chaque œuvre possède sa propre histoire. En revanche, reconnaître un visage ou retrouver un personnage ailleurs procure un petit plaisir supplémentaire.

Pour découvrir une autre facette de cette galaxie très personnelle, Gun Frontier vaut aussi le détour. Matsumoto y envoie Harlock et Tochirô dans le Far West. Pas de locomotive interstellaire cette fois : les revolvers prennent le relais.

21 tomes pour un monument de la science-fiction japonaise

Galaxy Express 999 compte 21 tomes dans l’édition française de Kana. Leiji Matsumoto signe lui-même le scénario et le dessin. La série commence au Japon en 1977 et devient rapidement l’une de ses œuvres majeures.

Son succès dépasse largement le manga. Toei Animation lance une série télévisée en 1978. Elle comptera 113 épisodes. Un premier long métrage arrive ensuite au cinéma en 1979, avec notamment Harlock et Emeraldas aux côtés de Tetsurô et Maetel.

Plusieurs décennies plus tard, l’image du 999 reste immédiatement reconnaissable. Cette locomotive noire lancée dans l’espace résume presque à elle seule l’univers de Matsumoto : une technologie futuriste habillée de nostalgie, des héros qui voyagent beaucoup et cette impression que chaque départ coûte toujours quelque chose.

Pourquoi monter à bord de Galaxy Express 999 aujourd’hui ?

Parce que le manga n’a pas besoin d’effets modernes pour avoir quelque chose à raconter. Son dessin appartient clairement à son époque, et c’est justement ce qui fait une partie de son charme. Les grandes silhouettes féminines de Matsumoto, les machines énormes et les décors spatiaux donnent à la série une identité que l’on reconnaît en quelques pages.

Mais surtout, le voyage de Tetsurô fonctionne encore. On veut savoir ce qui se cache à la prochaine gare. On veut comprendre Maetel. Et plus Tetsurô approche de son fameux corps mécanique, plus une autre question commence à compter : le voudra-t-il encore lorsqu’il arrivera au bout du voyage ?

Si vous aimez la science-fiction qui ne se contente pas d’aligner les vaisseaux et les explosions, Galaxy Express 999 mérite largement le billet. Installez-vous près de la fenêtre : chez Matsumoto, le paysage entre deux stations est rarement là par hasard.

Lire plus

Galaxy Express 999, ou Ginga Tetsudô 999, compte 21 tomes dans son édition française chez Kana. Leiji Matsumoto y transforme un voyage vers l’immortalité en véritable parcours initiatique à travers les étoiles. Un dernier conseil : gardez votre billet à portée de main. Avec le 999, un simple arrêt entre deux planètes finit rarement par rester simple.

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Galaxy Express 999 : embarquement pour les étoiles avec Leiji Matsumoto

Le manga Galaxy Express 999 commence par un rêve : obtenir un corps mécanique et ne plus jamais craindre la mort. Pour Tetsurô Hoshino, ce rêve naît pourtant d’un drame. Sa mère tombe sous les coups du Comte Mécanique lors d’une chasse aux humains. Le garçon décide alors de devenir lui-même un cyborg afin de pouvoir se venger.

Un problème reste à régler : un corps mécanique coûte une fortune. Tetsurô apprend qu’une planète située vers Andromède en fournit gratuitement. Encore faut-il réussir à s’y rendre. C’est là qu’apparaît Maetel, mystérieuse jeune femme blonde qui lui propose un billet pour le Galaxy Express 999. En échange, il devra voyager avec elle jusqu’au terminus.

Et quel train ! Une locomotive à vapeur lancée au milieu des étoiles, des wagons qui traversent l’espace et des arrêts sur des planètes dont on ne sait jamais vraiment ce qu’elles réservent. Avec Leiji Matsumoto, le voyage compte au moins autant que la destination.

Tetsurô veut devenir immortel… mais le voyage va le faire réfléchir

Au départ, Tetsurô ne doute presque pas de son objectif. Les humains vieillissent, souffrent et meurent. Les êtres mécaniques peuvent, eux, remplacer leur corps et vivre beaucoup plus longtemps. Le choix paraît vite fait.

Seulement, chaque arrêt du Galaxy Express vient compliquer cette belle certitude. Matsumoto imagine des mondes avec leurs propres règles. Certains offrent l’abondance, d’autres vivent dans la misère. Ailleurs, la technologie promet le bonheur mais le résultat donne plutôt envie de reprendre immédiatement le train.

C’est là que Galaxy Express 999 devient beaucoup plus qu’une aventure spatiale. Derrière les robots, les planètes étranges et les voyages interstellaires, le manga parle surtout de ce qui fait de nous des êtres humains. À quoi sert l’immortalité si l’on perd tout ce qui donne du sens à la vie ? Et un corps indestructible garantit-il vraiment le bonheur ?

Matsumoto pose ces questions sans transformer son manga en cours de philosophie. Tetsurô rencontre des gens, se trompe, s’emporte et apprend. Certaines histoires durent peu de temps. Pourtant, quelques personnages croisés pendant une simple escale laissent une trace longtemps après le départ du train.

Maetel : impossible de savoir immédiatement ce qu’elle cache

Maetel reste l’un des personnages les plus fascinants de l’œuvre. Elle guide Tetsurô, le protège et connaît beaucoup mieux l’univers du Galaxy Express que lui. En revanche, Matsumoto ne donne pas toutes les réponses immédiatement.

Pourquoi ressemble-t-elle tant à la mère de Tetsurô ? Pourquoi tient-elle absolument à l’accompagner ? Que sait-elle réellement de la planète où l’attend son futur corps mécanique ? Plus le voyage avance, plus les questions autour de Maetel prennent de l’importance.

Son calme contraste aussi merveilleusement avec Tetsurô. Lui fonce, proteste et se laisse régulièrement emporter par ses émotions. Elle observe beaucoup plus qu’elle ne parle. Ce duo donne au récit une atmosphère très particulière, parfois chaleureuse et parfois franchement mélancolique.

Un train spatial qui permet à Matsumoto d’inventer un nouveau monde à chaque arrêt

Le Galaxy Express constitue une formidable machine à raconter des histoires. Le train avance vers Andromède, mais chaque gare permet à Matsumoto de changer complètement d’ambiance.

Une planète peut sembler paradisiaque avant de révéler quelque chose de beaucoup moins séduisant. Une autre impose des règles absurdes à ses habitants. Certaines escales parlent de pauvreté, de solitude ou de guerre. D’autres questionnent directement le rapport entre les humains et les machines.

Le dessin participe énormément à cette sensation de voyage. Matsumoto oppose ses immenses paysages stellaires à une locomotive qui semble sortir d’un autre siècle. Ce vieux train noir qui traverse le cosmos ne devrait presque pas fonctionner visuellement. Pourtant, il devient immédiatement indissociable de la série.

Galaxy Express 999 fait partie du grand univers de Leiji Matsumoto

Les lecteurs qui connaissent déjà Albator retrouveront vite la patte de Leiji Matsumoto. Ses œuvres se répondent et plusieurs de ses personnages fétiches voyagent d’une série à l’autre. Harlock lui-même finit d’ailleurs par croiser la route de Galaxy Express 999.

Ce n’est pas une excuse pour transformer la lecture en examen avec un tableau chronologique sous les yeux. Chaque œuvre possède sa propre histoire. En revanche, reconnaître un visage ou retrouver un personnage ailleurs procure un petit plaisir supplémentaire.

Pour découvrir une autre facette de cette galaxie très personnelle, Gun Frontier vaut aussi le détour. Matsumoto y envoie Harlock et Tochirô dans le Far West. Pas de locomotive interstellaire cette fois : les revolvers prennent le relais.

21 tomes pour un monument de la science-fiction japonaise

Galaxy Express 999 compte 21 tomes dans l’édition française de Kana. Leiji Matsumoto signe lui-même le scénario et le dessin. La série commence au Japon en 1977 et devient rapidement l’une de ses œuvres majeures.

Son succès dépasse largement le manga. Toei Animation lance une série télévisée en 1978. Elle comptera 113 épisodes. Un premier long métrage arrive ensuite au cinéma en 1979, avec notamment Harlock et Emeraldas aux côtés de Tetsurô et Maetel.

Plusieurs décennies plus tard, l’image du 999 reste immédiatement reconnaissable. Cette locomotive noire lancée dans l’espace résume presque à elle seule l’univers de Matsumoto : une technologie futuriste habillée de nostalgie, des héros qui voyagent beaucoup et cette impression que chaque départ coûte toujours quelque chose.

Pourquoi monter à bord de Galaxy Express 999 aujourd’hui ?

Parce que le manga n’a pas besoin d’effets modernes pour avoir quelque chose à raconter. Son dessin appartient clairement à son époque, et c’est justement ce qui fait une partie de son charme. Les grandes silhouettes féminines de Matsumoto, les machines énormes et les décors spatiaux donnent à la série une identité que l’on reconnaît en quelques pages.

Mais surtout, le voyage de Tetsurô fonctionne encore. On veut savoir ce qui se cache à la prochaine gare. On veut comprendre Maetel. Et plus Tetsurô approche de son fameux corps mécanique, plus une autre question commence à compter : le voudra-t-il encore lorsqu’il arrivera au bout du voyage ?

Si vous aimez la science-fiction qui ne se contente pas d’aligner les vaisseaux et les explosions, Galaxy Express 999 mérite largement le billet. Installez-vous près de la fenêtre : chez Matsumoto, le paysage entre deux stations est rarement là par hasard.

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Galaxy Express 999, ou Ginga Tetsudô 999, compte 21 tomes dans son édition française chez Kana. Leiji Matsumoto y transforme un voyage vers l’immortalité en véritable parcours initiatique à travers les étoiles. Un dernier conseil : gardez votre billet à portée de main. Avec le 999, un simple arrêt entre deux planètes finit rarement par rester simple.