Ender Geister
Ender Geister : un exorciste fan de cinéma d’action débarque au Japon… les démons auraient dû vérifier son CV
Ender Geister ne présente pas son exorciste comme un religieux austère armé d’un vieux grimoire. Michael vient d’Allemagne, appartient à l’élite de sa profession et passe une bonne partie de sa vie à éliminer trolls, gobelins, sorcières et autres créatures dont l’existence compliquerait sérieusement le tourisme local.
Quand une vague d’apparitions maléfiques frappe le Japon, on fait appel à lui. Michael accepte, mais décide de travailler sous un nom qui révèle immédiatement son autre grande passion : Akira Kurosawa.
Oui, comme le cinéaste.
Car Akira est complètement fou de cinéma d’action. Répliques cultes, poses de héros, références hollywoodiennes : Takashi Yomoyama construit un protagoniste capable d’exorciser une créature tout en donnant parfois l’impression d’avoir préparé la scène pour sa propre bande-annonce.
Seulement, derrière le plaisir évident de jouer avec le cinéma se cache rapidement quelque chose de beaucoup moins léger. Akira n’est pas seulement venu éliminer quelques monstres. Son propre corps abrite un secret suffisamment dangereux pour transformer l’exorciste en menace.
Akira Kurosawa : classe S, cinéphile et légèrement difficile à arrêter
Akira appartient à la classe S des exorcistes. En clair, lorsque les méthodes ordinaires ne suffisent plus, c’est le genre de personne qu’on appelle.
Son style n’a rien de très cérémonial.
Les créatures peuvent être abattues, frappées ou éliminées avec une efficacité beaucoup plus proche du cinéma d’action que de l’exorcisme traditionnel. Le manga mélange donc volontiers armes modernes, combat rapproché et pouvoirs surnaturels.
Akira possède surtout un sang-froid assez particulier.
Une situation totalement absurde peut se présenter devant lui et déclencher moins de panique qu’une référence cinématographique mal comprise.
Cette passion n’est d’ailleurs pas un petit gag ajouté de temps en temps. Elle fait partie de la manière dont le personnage voit le monde. Un affrontement peut lui rappeler une scène de film, un adversaire prendre soudain des airs de grand méchant hollywoodien et une mission entière se construire comme un scénario dont Akira aimerait bien connaître la dernière bobine.
Le problème, c’est que sa propre histoire contient justement quelques scènes coupées qu’il aurait probablement préféré ne jamais revoir.
Chikage Awashima découvre rapidement que son nouveau partenaire n’est pas exactement standard
Au Japon, Akira travaille avec Chikage Awashima, elle aussi exorciste.
Le tandem fonctionne parce que Chikage ne sert pas simplement à regarder Akira accomplir des prouesses.
Elle participe aux missions, combat et se retrouve directement impliquée dans les conséquences du passé de son partenaire.
La confiance entre eux devient d’autant plus importante que certaines situations posent une question assez gênante : que faire lorsque l’homme censé protéger tout le monde devient lui-même la chose la plus dangereuse de la pièce ?
Chikage va devoir obtenir la réponse beaucoup plus tôt qu’elle ne l’aurait souhaité.
Le véritable monstre n’est peut-être pas celui qu’Akira est venu exorciser
Une tueuse professionnelle nommée Nue provoque un événement qui change brutalement le regard porté sur Akira.
Un sceau est brisé.
Et quelque chose se réveille en lui.
L’exorciste se transforme alors en un être d’une violence phénoménale, incapable de distinguer correctement ses ennemis de ses alliés. Même Chikage se retrouve menacée.
Ce passage fait tomber une première façade du personnage.
Le héros qui semblait pouvoir affronter n’importe quelle créature en gardant une réplique de film en réserve possède lui-même une part démoniaque.
Et son origine mène loin du Japon.
Dix ans auparavant, à Johannesbourg, Akira était encore un jeune mercenaire lorsqu’un démon a pris possession de lui.
La série ne raconte donc plus simplement les missions d’un exorciste particulièrement doué. Elle commence à remonter l’histoire de ce qui vit en lui, de ceux qui le recherchent et de la raison pour laquelle son existence intéresse autant de monde.
Des assassins du monde entier reçoivent le même contrat : tuer Akira
Après les premières révélations, Ender Geister décide qu’affronter des monstres ne suffisait plus.
Un ordre d’assassinat visant Akira se propage.
Des tueurs professionnels convergent alors vers le Japon.
Le manga prend une nouvelle saveur : exorcistes et créatures surnaturelles restent présents, mais Yomoyama y ajoute des assassins aux méthodes très différentes.
Certains combats deviennent ainsi des affrontements de spécialistes où l’on ne sait plus forcément si la menace la plus inquiétante vient d’un démon millénaire ou d’un humain extrêmement compétent équipé du bon matériel.
Pour Akira, la situation possède au moins un avantage : il adore les films d’action et vient soudain de se retrouver au centre d’un scénario où des tueurs du monde entier veulent sa peau.
Il aurait probablement préféré acheter le Blu-ray.
Le combat « Hardcore » transforme carrément la mise en scène
Takashi Yomoyama aime le cinéma, mais il ne se contente pas d’en glisser des références dans les dialogues.
Il joue aussi avec la façon de montrer l’action.
L’un des passages les plus remarqués du manga adopte ainsi une mise en scène à la première personne. Le lecteur se retrouve projeté dans l’affrontement comme si la caméra avait quitté son emplacement habituel pour venir directement se placer au milieu des coups.
Cette séquence, surnommée « Hardcore », correspond parfaitement à l’esprit d’Ender Geister : un manga qui veut que l’on ressente l’action plutôt que de simplement observer deux personnages échanger des attaques.
Le procédé ne remplace pas le découpage classique. Il surgit justement parce que la scène l’autorise.
C’est l’une des raisons pour lesquelles le manga possède une identité différente de nombreux récits d’exorcistes. Yomoyama pense souvent ses affrontements avec l’œil de quelqu’un qui aime autant la caméra que la planche de manga.
Quand Akira soupçonne un piège, il faut généralement prévoir un piège derrière le piège
Les batailles contre les assassins montrent aussi que la série ne repose pas uniquement sur la force brute.
Akira et son groupe se retrouvent parfois enfermés dans des situations où quelqu’un semble connaître leurs déplacements, anticiper leurs choix ou avoir préparé plusieurs coups d’avance.
Le manga adore alors construire ses confrontations comme un thriller.
Qui sait quoi ? Qui observe qui ? Pourquoi cette attaque arrive-t-elle précisément maintenant ?
Et surtout : ce qui paraît improvisé l’est-il réellement ?
Yomoyama rapproche parfois explicitement ces constructions des scénarios hollywoodiens qu’admire Akira. Les indices sont posés, les adversaires avancent leurs pièces et certaines informations apparemment secondaires prennent leur sens bien plus tard.
Akira peut donc posséder une puissance monstrueuse ; si quelqu’un a écrit le scénario de sa chute plusieurs chapitres à l’avance, mieux vaut tout de même relire les pages précédentes.
Q apporte exactement ce qu’il manquait : encore davantage de technologie
L’univers des exorcistes ne vit pas uniquement avec des talismans et des connaissances occultes.
Akira et Chikage rencontrent notamment Q, ingénieur de premier plan au sein de l’association des exorcistes.
Grâce à lui, les capacités des personnages peuvent aussi évoluer par la technologie.
C’est cohérent avec tout le reste de la série : Ender Geister refuse de placer le surnaturel dans une boîte séparée du monde moderne.
Démons, armes, ingénierie et techniques d’exorcisme peuvent cohabiter dans la même mission.
Naturellement, obtenir de nouveaux moyens de combattre n’est pas gratuit. Akira et Chikage se retrouvent entraînés dans une mission dont les conséquences dépassent largement leur situation personnelle.
À ce stade, le contrat de départ au Japon paraît déjà très loin.
Red Eye joue dans la même catégorie de problèmes qu’Akira
Parmi les menaces qui prennent progressivement de l’importance apparaît Red Eye.
Le personnage possède un point commun essentiel avec Akira : lui aussi entretient un lien avec un être démoniaque logé dans son corps.
Cette proximité crée évidemment autre chose qu’une simple opposition gentil contre méchant.
Les deux représentent différentes possibilités autour de la possession, de la puissance et du contrôle.
Red Eye cherche en outre à renforcer ses propres capacités et ses plans poussent l’histoire à travers différents pays.
Le terrain d’Ender Geister devient alors franchement international.
Japon, Afrique, Italie, Philippines… le manga déplace ses batailles comme un film d’espionnage ou d’action qui aurait reçu l’autorisation de changer de continent dès que le décor commence à devenir trop calme.
Aux Philippines, l’exorcisme passe aussi par les combats clandestins
La recherche d’informations sur les êtres démoniaques conduit notamment Akira et ses alliés jusqu’aux Philippines.
Et plutôt que de trouver tranquillement un spécialiste prêt à répondre à quelques questions autour d’une table, ils se retrouvent mêlés à l’univers des combats souterrains.
C’est assez représentatif de la série.
Chaque nouveau lieu permet à Yomoyama d’adopter une autre ambiance et de faire entrer de nouveaux types d’adversaires.
Les missions ne ressemblent donc pas à une série de portes derrière lesquelles attendrait toujours le prochain démon.
Le surnaturel peut se mêler à une organisation criminelle, à des assassins, à un tournoi clandestin ou à une opération internationale.
Akira traverse tout cela avec une étonnante capacité à rester Akira.
Chikage possède une histoire qui ne se résume pas à « partenaire du héros »
Plus l’intrigue avance, plus Chikage gagne sa propre place.
Son passé, sa formation et la mort de ses parents nourrissent une quête personnelle qui finit par la pousser à agir indépendamment d’Akira.
Son maître Tang Jinxi intervient également dans cette partie de son histoire.
La vengeance devient un moteur puissant, mais pas forcément sain.
Cette évolution évite au duo de fonctionner toujours de la même façon. Chikage n’est pas uniquement là pour tempérer le héros ou lui fournir une deuxième paire de poings.
Elle peut avoir ses propres adversaires, ses propres décisions et ses propres fautes à commettre.
Et dans un manga où tout le monde semble porter au moins un secret ou un traumatisme suffisamment important pour remplir un film entier, c’était probablement la moindre des choses.
Takashi Yomoyama préfère l’action lisible au grand nuage de poussière
Une série aussi chargée en combats pourrait rapidement devenir confuse.
Takashi Yomoyama cherche au contraire une action très visuelle.
Les positions, impacts et déplacements comptent. Les personnages utilisent l’environnement et les affrontements peuvent changer complètement de rythme lorsque l’un d’eux révèle une nouvelle capacité.
Le goût du cinéma se retrouve encore ici.
Certains plans semblent pensés comme des cadres de caméra, avec des entrées spectaculaires, des changements de point de vue et des compositions destinées à donner une vraie sensation de mouvement.
Mais le manga ne devient pas pour autant une collection de scènes « cool » reliées entre elles.
Les grands combats servent généralement à révéler quelque chose : une capacité, un mensonge, un élément du passé ou l’étape suivante d’un plan.
Le spectacle avance avec l’histoire.
Un manga qui sait parfaitement qu’il aime Terminator, les films d’assassins et Hollywood
Ender Geister ne cache jamais ses influences.
Son héros choisit littéralement le nom Akira Kurosawa comme pseudonyme.
Les clins d’œil au cinéma d’action apparaissent dans les répliques, les situations et la mise en scène. Le manga peut passer d’un exorcisme à une bataille contre des tueurs professionnels avec la conviction absolue que les deux appartiennent au même spectacle.
Cela pourrait devenir une succession de références destinées uniquement à faire dire « j’ai compris ! » au lecteur.
Heureusement, Yomoyama les utilise surtout pour construire la personnalité de son œuvre.
Même sans identifier chaque film évoqué, on comprend parfaitement le langage : héros excessifs, adversaires charismatiques, retournements, armes, bastons et plans préparés avec juste ce qu’il faut de démesure.
Si vous aimez les films d’action, certaines références ajouteront une couche supplémentaire.
Si vous ne les connaissez pas, Akira se chargera probablement de manifester suffisamment d’enthousiasme pour deux.
Ender Geister chez Glénat : exorcisme, seinen et liberté de ton
Ender Geister – L’Ultime Exorciste est l’œuvre de Takashi Yomoyama et a d’abord été publiée sur la plateforme japonaise Cycomi.
Cette origine numérique permet notamment au manga de travailler son découpage sans être totalement prisonnier des habitudes d’un magazine papier classique.
En France, Glénat Manga publie la série dans sa collection seinen.
Le classement convient bien au contenu : violence marquée, humour parfois adulte, scènes suggestives et affrontements qui ne cherchent pas particulièrement à rendre chaque impact confortable.
Pourtant, le manga évite le sérieux permanent.
Akira peut traverser une scène très sombre puis ramener le cinéma dans la conversation quelques pages plus loin.
Cette alternance constitue même une partie de son charme. Ender Geister sait être brutal, mais il n’oublie jamais qu’un bon film d’action doit aussi donner envie de reprendre du popcorn.
Lire plus sur Ender Geister
Michael est envoyé d’Allemagne au Japon pour enquêter sur une multiplication de phénomènes surnaturels. Exorciste de classe S et grand amateur de cinéma, il choisit pour l’occasion le pseudonyme Akira Kurosawa.
Des démons, des assassins et un exorciste qui cache lui-même un monstre
Avec Chikage Awashima, Akira affronte d’abord des créatures venues d’un monde qui semble bien décidé à compliquer la vie des humains. Mais le danger change brutalement lorsque le sceau placé sur l’exorciste est brisé.
Un démon vit en lui.
Cette découverte entraîne le récit vers son passé de mercenaire à Johannesbourg, puis vers des affrontements avec des assassins professionnels et des adversaires qui comprennent beaucoup mieux qu’il ne le souhaiterait la nature de sa puissance.
Le cinéma reste partout. Dans les références, dans les répliques et surtout dans le découpage de Takashi Yomoyama, capable de transformer un combat en séquence à la première personne ou une succession de pièges en véritable thriller hollywoodien.
Autour d’Akira, Chikage, Q, Red Eye et de nombreux exorcistes, tueurs ou créatures élargissent progressivement un conflit qui dépasse largement les premières apparitions surnaturelles du Japon.
Ender Geister s’adresse ainsi autant aux amateurs de baston qu’aux lecteurs qui aiment les histoires où chaque nouvel ennemi semble avoir vu suffisamment de films pour préparer une entrée spectaculaire.
Retrouvez ici nos mangas Ender Geister de Takashi Yomoyama. Et si votre exorciste commence une mission en choisissant le nom d’un réalisateur japonais légendaire, deux possibilités : il est extrêmement compétent ou vous venez d’entrer dans un film d’action. Avec Akira, les deux réponses sont valables.
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Ender Geister tome 01
12,90CHF -

Ender Geister tome 02
12,90CHF -

Ender Geister tome 03
12,90CHF -

Ender Geister tome 04
12,90CHF -

Ender Geister tome 05
12,90CHF -

Ender Geister tome 06
12,90CHF
Ender Geister : un exorciste fan de cinéma d’action débarque au Japon… les démons auraient dû vérifier son CV
Ender Geister ne présente pas son exorciste comme un religieux austère armé d’un vieux grimoire. Michael vient d’Allemagne, appartient à l’élite de sa profession et passe une bonne partie de sa vie à éliminer trolls, gobelins, sorcières et autres créatures dont l’existence compliquerait sérieusement le tourisme local.
Quand une vague d’apparitions maléfiques frappe le Japon, on fait appel à lui. Michael accepte, mais décide de travailler sous un nom qui révèle immédiatement son autre grande passion : Akira Kurosawa.
Oui, comme le cinéaste.
Car Akira est complètement fou de cinéma d’action. Répliques cultes, poses de héros, références hollywoodiennes : Takashi Yomoyama construit un protagoniste capable d’exorciser une créature tout en donnant parfois l’impression d’avoir préparé la scène pour sa propre bande-annonce.
Seulement, derrière le plaisir évident de jouer avec le cinéma se cache rapidement quelque chose de beaucoup moins léger. Akira n’est pas seulement venu éliminer quelques monstres. Son propre corps abrite un secret suffisamment dangereux pour transformer l’exorciste en menace.
Akira Kurosawa : classe S, cinéphile et légèrement difficile à arrêter
Akira appartient à la classe S des exorcistes. En clair, lorsque les méthodes ordinaires ne suffisent plus, c’est le genre de personne qu’on appelle.
Son style n’a rien de très cérémonial.
Les créatures peuvent être abattues, frappées ou éliminées avec une efficacité beaucoup plus proche du cinéma d’action que de l’exorcisme traditionnel. Le manga mélange donc volontiers armes modernes, combat rapproché et pouvoirs surnaturels.
Akira possède surtout un sang-froid assez particulier.
Une situation totalement absurde peut se présenter devant lui et déclencher moins de panique qu’une référence cinématographique mal comprise.
Cette passion n’est d’ailleurs pas un petit gag ajouté de temps en temps. Elle fait partie de la manière dont le personnage voit le monde. Un affrontement peut lui rappeler une scène de film, un adversaire prendre soudain des airs de grand méchant hollywoodien et une mission entière se construire comme un scénario dont Akira aimerait bien connaître la dernière bobine.
Le problème, c’est que sa propre histoire contient justement quelques scènes coupées qu’il aurait probablement préféré ne jamais revoir.
Chikage Awashima découvre rapidement que son nouveau partenaire n’est pas exactement standard
Au Japon, Akira travaille avec Chikage Awashima, elle aussi exorciste.
Le tandem fonctionne parce que Chikage ne sert pas simplement à regarder Akira accomplir des prouesses.
Elle participe aux missions, combat et se retrouve directement impliquée dans les conséquences du passé de son partenaire.
La confiance entre eux devient d’autant plus importante que certaines situations posent une question assez gênante : que faire lorsque l’homme censé protéger tout le monde devient lui-même la chose la plus dangereuse de la pièce ?
Chikage va devoir obtenir la réponse beaucoup plus tôt qu’elle ne l’aurait souhaité.
Le véritable monstre n’est peut-être pas celui qu’Akira est venu exorciser
Une tueuse professionnelle nommée Nue provoque un événement qui change brutalement le regard porté sur Akira.
Un sceau est brisé.
Et quelque chose se réveille en lui.
L’exorciste se transforme alors en un être d’une violence phénoménale, incapable de distinguer correctement ses ennemis de ses alliés. Même Chikage se retrouve menacée.
Ce passage fait tomber une première façade du personnage.
Le héros qui semblait pouvoir affronter n’importe quelle créature en gardant une réplique de film en réserve possède lui-même une part démoniaque.
Et son origine mène loin du Japon.
Dix ans auparavant, à Johannesbourg, Akira était encore un jeune mercenaire lorsqu’un démon a pris possession de lui.
La série ne raconte donc plus simplement les missions d’un exorciste particulièrement doué. Elle commence à remonter l’histoire de ce qui vit en lui, de ceux qui le recherchent et de la raison pour laquelle son existence intéresse autant de monde.
Des assassins du monde entier reçoivent le même contrat : tuer Akira
Après les premières révélations, Ender Geister décide qu’affronter des monstres ne suffisait plus.
Un ordre d’assassinat visant Akira se propage.
Des tueurs professionnels convergent alors vers le Japon.
Le manga prend une nouvelle saveur : exorcistes et créatures surnaturelles restent présents, mais Yomoyama y ajoute des assassins aux méthodes très différentes.
Certains combats deviennent ainsi des affrontements de spécialistes où l’on ne sait plus forcément si la menace la plus inquiétante vient d’un démon millénaire ou d’un humain extrêmement compétent équipé du bon matériel.
Pour Akira, la situation possède au moins un avantage : il adore les films d’action et vient soudain de se retrouver au centre d’un scénario où des tueurs du monde entier veulent sa peau.
Il aurait probablement préféré acheter le Blu-ray.
Le combat « Hardcore » transforme carrément la mise en scène
Takashi Yomoyama aime le cinéma, mais il ne se contente pas d’en glisser des références dans les dialogues.
Il joue aussi avec la façon de montrer l’action.
L’un des passages les plus remarqués du manga adopte ainsi une mise en scène à la première personne. Le lecteur se retrouve projeté dans l’affrontement comme si la caméra avait quitté son emplacement habituel pour venir directement se placer au milieu des coups.
Cette séquence, surnommée « Hardcore », correspond parfaitement à l’esprit d’Ender Geister : un manga qui veut que l’on ressente l’action plutôt que de simplement observer deux personnages échanger des attaques.
Le procédé ne remplace pas le découpage classique. Il surgit justement parce que la scène l’autorise.
C’est l’une des raisons pour lesquelles le manga possède une identité différente de nombreux récits d’exorcistes. Yomoyama pense souvent ses affrontements avec l’œil de quelqu’un qui aime autant la caméra que la planche de manga.
Quand Akira soupçonne un piège, il faut généralement prévoir un piège derrière le piège
Les batailles contre les assassins montrent aussi que la série ne repose pas uniquement sur la force brute.
Akira et son groupe se retrouvent parfois enfermés dans des situations où quelqu’un semble connaître leurs déplacements, anticiper leurs choix ou avoir préparé plusieurs coups d’avance.
Le manga adore alors construire ses confrontations comme un thriller.
Qui sait quoi ? Qui observe qui ? Pourquoi cette attaque arrive-t-elle précisément maintenant ?
Et surtout : ce qui paraît improvisé l’est-il réellement ?
Yomoyama rapproche parfois explicitement ces constructions des scénarios hollywoodiens qu’admire Akira. Les indices sont posés, les adversaires avancent leurs pièces et certaines informations apparemment secondaires prennent leur sens bien plus tard.
Akira peut donc posséder une puissance monstrueuse ; si quelqu’un a écrit le scénario de sa chute plusieurs chapitres à l’avance, mieux vaut tout de même relire les pages précédentes.
Q apporte exactement ce qu’il manquait : encore davantage de technologie
L’univers des exorcistes ne vit pas uniquement avec des talismans et des connaissances occultes.
Akira et Chikage rencontrent notamment Q, ingénieur de premier plan au sein de l’association des exorcistes.
Grâce à lui, les capacités des personnages peuvent aussi évoluer par la technologie.
C’est cohérent avec tout le reste de la série : Ender Geister refuse de placer le surnaturel dans une boîte séparée du monde moderne.
Démons, armes, ingénierie et techniques d’exorcisme peuvent cohabiter dans la même mission.
Naturellement, obtenir de nouveaux moyens de combattre n’est pas gratuit. Akira et Chikage se retrouvent entraînés dans une mission dont les conséquences dépassent largement leur situation personnelle.
À ce stade, le contrat de départ au Japon paraît déjà très loin.
Red Eye joue dans la même catégorie de problèmes qu’Akira
Parmi les menaces qui prennent progressivement de l’importance apparaît Red Eye.
Le personnage possède un point commun essentiel avec Akira : lui aussi entretient un lien avec un être démoniaque logé dans son corps.
Cette proximité crée évidemment autre chose qu’une simple opposition gentil contre méchant.
Les deux représentent différentes possibilités autour de la possession, de la puissance et du contrôle.
Red Eye cherche en outre à renforcer ses propres capacités et ses plans poussent l’histoire à travers différents pays.
Le terrain d’Ender Geister devient alors franchement international.
Japon, Afrique, Italie, Philippines… le manga déplace ses batailles comme un film d’espionnage ou d’action qui aurait reçu l’autorisation de changer de continent dès que le décor commence à devenir trop calme.
Aux Philippines, l’exorcisme passe aussi par les combats clandestins
La recherche d’informations sur les êtres démoniaques conduit notamment Akira et ses alliés jusqu’aux Philippines.
Et plutôt que de trouver tranquillement un spécialiste prêt à répondre à quelques questions autour d’une table, ils se retrouvent mêlés à l’univers des combats souterrains.
C’est assez représentatif de la série.
Chaque nouveau lieu permet à Yomoyama d’adopter une autre ambiance et de faire entrer de nouveaux types d’adversaires.
Les missions ne ressemblent donc pas à une série de portes derrière lesquelles attendrait toujours le prochain démon.
Le surnaturel peut se mêler à une organisation criminelle, à des assassins, à un tournoi clandestin ou à une opération internationale.
Akira traverse tout cela avec une étonnante capacité à rester Akira.
Chikage possède une histoire qui ne se résume pas à « partenaire du héros »
Plus l’intrigue avance, plus Chikage gagne sa propre place.
Son passé, sa formation et la mort de ses parents nourrissent une quête personnelle qui finit par la pousser à agir indépendamment d’Akira.
Son maître Tang Jinxi intervient également dans cette partie de son histoire.
La vengeance devient un moteur puissant, mais pas forcément sain.
Cette évolution évite au duo de fonctionner toujours de la même façon. Chikage n’est pas uniquement là pour tempérer le héros ou lui fournir une deuxième paire de poings.
Elle peut avoir ses propres adversaires, ses propres décisions et ses propres fautes à commettre.
Et dans un manga où tout le monde semble porter au moins un secret ou un traumatisme suffisamment important pour remplir un film entier, c’était probablement la moindre des choses.
Takashi Yomoyama préfère l’action lisible au grand nuage de poussière
Une série aussi chargée en combats pourrait rapidement devenir confuse.
Takashi Yomoyama cherche au contraire une action très visuelle.
Les positions, impacts et déplacements comptent. Les personnages utilisent l’environnement et les affrontements peuvent changer complètement de rythme lorsque l’un d’eux révèle une nouvelle capacité.
Le goût du cinéma se retrouve encore ici.
Certains plans semblent pensés comme des cadres de caméra, avec des entrées spectaculaires, des changements de point de vue et des compositions destinées à donner une vraie sensation de mouvement.
Mais le manga ne devient pas pour autant une collection de scènes « cool » reliées entre elles.
Les grands combats servent généralement à révéler quelque chose : une capacité, un mensonge, un élément du passé ou l’étape suivante d’un plan.
Le spectacle avance avec l’histoire.
Un manga qui sait parfaitement qu’il aime Terminator, les films d’assassins et Hollywood
Ender Geister ne cache jamais ses influences.
Son héros choisit littéralement le nom Akira Kurosawa comme pseudonyme.
Les clins d’œil au cinéma d’action apparaissent dans les répliques, les situations et la mise en scène. Le manga peut passer d’un exorcisme à une bataille contre des tueurs professionnels avec la conviction absolue que les deux appartiennent au même spectacle.
Cela pourrait devenir une succession de références destinées uniquement à faire dire « j’ai compris ! » au lecteur.
Heureusement, Yomoyama les utilise surtout pour construire la personnalité de son œuvre.
Même sans identifier chaque film évoqué, on comprend parfaitement le langage : héros excessifs, adversaires charismatiques, retournements, armes, bastons et plans préparés avec juste ce qu’il faut de démesure.
Si vous aimez les films d’action, certaines références ajouteront une couche supplémentaire.
Si vous ne les connaissez pas, Akira se chargera probablement de manifester suffisamment d’enthousiasme pour deux.
Ender Geister chez Glénat : exorcisme, seinen et liberté de ton
Ender Geister – L’Ultime Exorciste est l’œuvre de Takashi Yomoyama et a d’abord été publiée sur la plateforme japonaise Cycomi.
Cette origine numérique permet notamment au manga de travailler son découpage sans être totalement prisonnier des habitudes d’un magazine papier classique.
En France, Glénat Manga publie la série dans sa collection seinen.
Le classement convient bien au contenu : violence marquée, humour parfois adulte, scènes suggestives et affrontements qui ne cherchent pas particulièrement à rendre chaque impact confortable.
Pourtant, le manga évite le sérieux permanent.
Akira peut traverser une scène très sombre puis ramener le cinéma dans la conversation quelques pages plus loin.
Cette alternance constitue même une partie de son charme. Ender Geister sait être brutal, mais il n’oublie jamais qu’un bon film d’action doit aussi donner envie de reprendre du popcorn.
Lire plus sur Ender Geister
Michael est envoyé d’Allemagne au Japon pour enquêter sur une multiplication de phénomènes surnaturels. Exorciste de classe S et grand amateur de cinéma, il choisit pour l’occasion le pseudonyme Akira Kurosawa.
Des démons, des assassins et un exorciste qui cache lui-même un monstre
Avec Chikage Awashima, Akira affronte d’abord des créatures venues d’un monde qui semble bien décidé à compliquer la vie des humains. Mais le danger change brutalement lorsque le sceau placé sur l’exorciste est brisé.
Un démon vit en lui.
Cette découverte entraîne le récit vers son passé de mercenaire à Johannesbourg, puis vers des affrontements avec des assassins professionnels et des adversaires qui comprennent beaucoup mieux qu’il ne le souhaiterait la nature de sa puissance.
Le cinéma reste partout. Dans les références, dans les répliques et surtout dans le découpage de Takashi Yomoyama, capable de transformer un combat en séquence à la première personne ou une succession de pièges en véritable thriller hollywoodien.
Autour d’Akira, Chikage, Q, Red Eye et de nombreux exorcistes, tueurs ou créatures élargissent progressivement un conflit qui dépasse largement les premières apparitions surnaturelles du Japon.
Ender Geister s’adresse ainsi autant aux amateurs de baston qu’aux lecteurs qui aiment les histoires où chaque nouvel ennemi semble avoir vu suffisamment de films pour préparer une entrée spectaculaire.
Retrouvez ici nos mangas Ender Geister de Takashi Yomoyama. Et si votre exorciste commence une mission en choisissant le nom d’un réalisateur japonais légendaire, deux possibilités : il est extrêmement compétent ou vous venez d’entrer dans un film d’action. Avec Akira, les deux réponses sont valables.
