Dusk Maiden of Amnesia

Dusk Maiden of Amnesia : tomber amoureux d’une fille morte depuis des décennies complique légèrement la relation

Dusk Maiden of Amnesia accueille Teiichi Niiya dans le collège privé Seikyô, un établissement suffisamment ancien pour avoir accumulé passages oubliés, bâtiments désaffectés et légendes macabres. En explorant l’une de ces zones abandonnées, Teiichi rencontre Yûko Kanoe. Elle est belle, joueuse, très à l’aise avec lui… et morte depuis longtemps.

Yûko est un fantôme.

Le détail serait déjà préoccupant, mais elle souffre en plus d’une amnésie presque totale concernant sa propre mort. Pourquoi est-elle restée attachée à l’école ? Que lui est-il arrivé ? Et pourquoi autant de rumeurs sinistres racontées par les élèves semblent-elles conduire jusqu’à elle ?

Teiichi décide de chercher les réponses avec Yûko elle-même. Maybe construit alors une histoire qui passe avec une facilité assez déconcertante de la comédie romantique au récit de fantômes, puis du fan-service à une scène franchement inquiétante. Une adolescente fantôme qui flirte avec le seul garçon capable de la voir, cela pourrait donner une gentille romance surnaturelle. Seikyô a manifestement d’autres projets.

Yûko est le fantôme… et aussi la présidente du club chargé d’enquêter sur les fantômes

Pour comprendre ce qui s’est passé, Teiichi et Yûko créent le club d’enquêtes paranormales.

Il faut reconnaître une certaine logique au recrutement : quand le sujet principal de vos recherches est déjà présent dans la pièce, les déplacements sont limités.

Le collège Seikyô regorge de rumeurs. Une apparition dans un couloir, une malédiction, un lieu à éviter, un bruit étrange… les élèves transmettent ces histoires et les transforment avec le temps.

Le problème, c’est que plusieurs semblent liées à Yûko.

Teiichi enquête donc sur les phénomènes du collège tout en essayant de distinguer la légende de ce qui s’est réellement produit. Certaines histoires naissent simplement de la peur ou d’un malentendu. D’autres cachent quelque chose de beaucoup moins rassurant.

Et Yûko elle-même n’est pas toujours la meilleure source concernant Yûko.

Quand on ne se rappelle même plus sa propre mort, rédiger son autobiographie devient effectivement compliqué.

Tout le monde ne voit pas Yûko de la même manière

La présence du fantôme donne au manga l’un de ses jeux visuels les plus intéressants.

Teiichi voit Yûko telle qu’elle lui apparaît : une jeune fille séduisante, expressive et parfaitement capable de l’enlacer au moment le moins pratique.

D’autres ne la voient tout simplement pas.

Cette différence permet à Maybe de montrer une même situation de plusieurs façons. Teiichi peut être en pleine conversation avec Yûko tandis que, pour une personne extérieure, il semble parler seul dans un couloir désert.

Le comique fonctionne immédiatement.

Mais cette idée devient aussi beaucoup plus sombre lorsque la peur entre en jeu. Un fantôme n’est pas forcément perçu objectivement. Les rumeurs, les attentes et les émotions peuvent modifier la manière dont les personnages interprètent ce qu’ils pensent avoir devant eux.

Dusk Maiden of Amnesia utilise donc le surnaturel moins comme un catalogue de monstres que comme une façon de jouer avec la perception.

Kirie Kanoe voit également Yûko… et ce qu’elle perçoit n’a rien de rassurant

Kirie Kanoe rejoint l’histoire avec une particularité essentielle : elle aussi peut voir Yûko.

Elle possède en plus un lien familial avec elle.

Kirie est la petite-fille de la sœur de Yûko. L’histoire du fantôme n’est donc pas seulement une vieille légende scolaire pour elle : elle touche directement sa propre famille.

Son rapport à Yûko diffère fortement de celui de Teiichi.

Là où lui voit souvent une jeune fille lumineuse et taquine, Kirie ressent beaucoup plus fortement ce que peut avoir d’effrayant un esprit lié à une mort mystérieuse.

Elle affiche d’ailleurs volontiers une attitude ferme… jusqu’au moment où quelque chose de réellement paranormal se produit.

Disons que connaître beaucoup de légendes de fantômes ne garantit absolument pas qu’on apprécie de les rencontrer en personne.

Momoe Okonogi adore les histoires paranormales. Le paranormal, un peu moins

Momoe Okonogi complète le club.

Elle se passionne pour les mystères du collège et nourrit volontiers les enquêtes avec de nouvelles rumeurs.

Elle possède toutefois un handicap assez important pour quelqu’un qui fréquente un club paranormal : Yûko reste invisible à ses yeux.

Momoe peut donc parler d’un fantôme alors que celui-ci se trouve juste à côté d’elle.

Yûko apprécie évidemment les possibilités offertes par cette situation.

Le personnage apporte beaucoup de légèreté au groupe, mais il remplit aussi une fonction utile : Momoe représente le regard des élèves ordinaires de Seikyô. Elle connaît les légendes telles qu’elles circulent dans l’école, avec leurs déformations, leurs exagérations et leurs contradictions.

Chaque rumeur devient ainsi une piste.

Pas forcément une bonne piste.

Mais quand votre enquête concerne une morte amnésique, on évite généralement de faire la difficile.

Une maison hantée avec un véritable fantôme : enfin un projet scolaire qui respecte son budget

Le mélange entre humour et surnaturel atteint parfois des sommets assez réjouissants.

Lors d’une fête du collège, une maison hantée est organisée dans l’ancien bâtiment.

Yûko décide naturellement d’y participer.

Pour une fois, aucun costume ne sera nécessaire.

Ce genre de passage résume bien la personnalité du manga. Maybe ne traite pas Yûko uniquement comme une âme en peine dont chaque apparition doit s’accompagner de violons et d’un éclairage bleu.

Elle aime s’amuser, provoquer Teiichi et profiter de l’étrange liberté que lui donne son état.

C’est précisément ce qui rend les moments sombres plus efficaces.

On s’habitue à rire avec elle.

Alors, quand le récit rappelle brutalement qu’une adolescente est réellement morte dans cette école et que personne ne sait exactement ce qu’on lui a fait, l’ambiance change sans demander la permission.

L’autre Yûko n’a absolument aucune envie de plaisanter

Les enquêtes finissent par révéler une apparition particulièrement troublante.

Un esprit chargé de haine se manifeste.

Et il ressemble à Yûko.

Cette Yûko sombre transforme complètement la question centrale du manga. L’amnésie de la jeune fille n’est peut-être pas un simple trou dans ses souvenirs. Certaines émotions semblent avoir été séparées de l’image légère que Teiichi connaît.

La peur, la colère et la souffrance liées à sa mort prennent alors une forme propre.

Le récit devient beaucoup plus psychologique.

Yûko peut-elle vraiment comprendre ce qui lui est arrivé si une partie d’elle-même refuse cette vérité ? Et jusqu’où Teiichi peut-il l’aider sans réveiller exactement ce qu’elle avait besoin d’oublier ?

À partir de là, les histoires de fantômes du collège cessent progressivement d’être une série de petits dossiers séparés.

Elles construisent un portrait.

Les rumeurs de Seikyô racontent parfois davantage sur les vivants que sur les morts

C’est l’une des idées les plus réussies de la série.

Une légende scolaire ne naît pas forcément parce qu’un fantôme a décidé de rédiger son propre communiqué de presse.

Les élèves racontent ce qu’ils ont entendu. Quelqu’un ajoute un détail. Une génération transforme l’histoire de la précédente. Puis tout le monde finit par connaître une version dont personne ne peut réellement identifier l’origine.

Yûko devient ainsi le centre de plusieurs récits contradictoires.

Un accident peut devenir une malédiction. Une peur collective peut fabriquer son propre monstre. Un événement réel peut être caché derrière des décennies de déformations.

Teiichi doit donc enquêter sur les faits, mais aussi sur la manière dont les histoires ont été transmises.

Le fantôme existe.

Cela ne signifie pas que toutes les histoires de fantômes sont vraies.

La romance fonctionne précisément parce que la situation est impossible

Dusk Maiden of Amnesia ne cache jamais l’attirance entre Teiichi et Yûko.

Yûko s’en charge très bien toute seule.

Elle adore le taquiner, se rapprocher de lui et tester les limites d’un garçon dont elle connaît parfaitement l’embarras.

Au début, ce jeu nourrit surtout la comédie et le fan-service.

Puis une question beaucoup moins légère s’installe : quel avenir peut exister entre un vivant et un fantôme ?

Teiichi peut la voir et la toucher dans certaines circonstances. Ils peuvent discuter, rire et ressentir quelque chose l’un pour l’autre.

Mais Yûko reste attachée à un lieu et à une mort qu’elle n’a jamais comprise.

Résoudre son mystère pourrait justement signifier la libérer.

Autrement dit, réussir l’enquête risque aussi de séparer les deux personnages.

Voilà une excellente motivation pour avancer… et une assez bonne raison de redouter la réponse.

Maybe adore faire basculer une page du séduisant vers l’inquiétant

Le dessin joue énormément dans cette ambiguïté.

Yûko est représentée comme une jeune femme très séduisante, avec un vrai goût du manga pour les situations suggestives.

Mais Maybe sait retourner cette beauté contre le lecteur.

Une ombre trop profonde, un sourire figé, une silhouette dans un couloir ou un visage soudain déformé suffisent pour que la scène devienne inquiétante.

Le collège lui-même profite de cette approche.

Les vieux bâtiments, escaliers, salles abandonnées et couloirs deviennent presque un personnage. Le jour, certains endroits paraissent simplement vétustes. Quelques pages plus tard, le même décor plongé dans l’obscurité n’a plus du tout la même sympathie.

Cette capacité à passer d’un registre à l’autre évite au manga de s’enfermer dans l’horreur pure.

On sait qu’il peut faire peur.

On ne sait simplement jamais exactement quand il décidera de le faire.

Maybe signera ensuite Tales of Wedding Rings

Maybe assure à la fois le scénario et le dessin de Dusk Maiden of Amnesia.

Après cette histoire de romance surnaturelle, Maybe poursuivra notamment avec Tales of Wedding Rings, autre série où romance et fantastique occupent une place majeure, même si les fantômes scolaires laissent cette fois la place à un univers de fantasy.

Dusk Maiden of Amnesia possède cependant une identité très particulière dans son travail.

Le nombre réduit de personnages principaux permet de vraiment construire la relation entre Teiichi, Yûko, Kirie et Momoe.

Pas besoin d’une armée de chasseurs d’esprits.

Quatre membres de club, une école remplie de rumeurs et un fantôme suffisamment compliqué suffisent largement.

10 tomes pour résoudre le mystère de Yûko jusqu’au bout

Dusk Maiden of Amnesia est une série complète en 10 tomes.

Le manga a été publié au Japon par Square Enix dans le magazine Monthly Gangan Joker. Le dixième volume, paru au Japon en novembre 2013, constitue bien la conclusion de l’histoire.

En France, Kana a publié les dix volumes dans sa collection Dark Kana.

Le format relativement court convient particulièrement au récit. Le mystère de Yûko avance réellement, les indices finissent par se rejoindre et l’histoire ne laisse pas éternellement son héroïne errer dans les couloirs uniquement parce qu’il restait de la place sur l’étagère.

Une adaptation animée produite par Silver Link a également vu le jour en 2012.

Mais le manga permet de suivre l’histoire originale de Maybe dans son intégralité, jusqu’à la résolution du passé de Yûko et de son lien avec Teiichi.

Une histoire de fantôme qui préfère finalement parler de mémoire

Le titre annonce l’amnésie dès le départ.

Et ce n’est pas juste un prétexte pour empêcher Yûko de donner immédiatement le nom de son meurtrier à la page 12.

La mémoire devient progressivement le vrai sujet.

Ce que l’on oublie. Ce que l’on refuse de voir. Ce que les autres transforment en rumeur. Et ce qui reste d’une personne lorsque son histoire est racontée pendant des décennies par des gens qui ne l’ont jamais connue.

Teiichi cherche la vérité sur Yûko.

Mais plus il avance, moins cette vérité ressemble à un simple dossier criminel à refermer.

C’est ce mélange qui donne à Dusk Maiden of Amnesia son charme : le manga peut plaisanter sur un fantôme jaloux, proposer une enquête de club scolaire et, quelques pages plus tard, rappeler avec beaucoup moins d’humour qu’une jeune fille est restée prisonnière de ce lieu parce qu’une partie de son histoire n’a jamais trouvé de fin.

Lire plus sur Dusk Maiden of Amnesia

Teiichi Niiya pensait explorer une vieille partie du collège Seikyô. Il y découvre surtout Yûko Kanoe, une adolescente morte depuis des années dont presque personne ne peut voir le fantôme.

Enquêter sur sa propre mort : pratique, mais légèrement perturbant

Yûko ne sait plus comment elle est morte. Avec Teiichi, elle transforme donc les nombreuses légendes du collège en pistes et fonde le club d’enquêtes paranormales.

Kirie Kanoe rejoint bientôt le groupe. Son lien familial avec Yûko et sa capacité à la voir donnent un autre regard sur le fantôme. Momoe Okonogi apporte de son côté toutes les rumeurs que les élèves se racontent avec enthousiasme… et parfois beaucoup d’imagination.

Les premiers mystères peuvent paraître indépendants. Pourtant, plusieurs conduisent progressivement vers le passé de Yûko. L’apparition d’un autre esprit qui lui ressemble, mais chargé de haine, montre surtout que son amnésie cache quelque chose de beaucoup plus profond.

Au milieu des enquêtes grandit également la relation entre Yûko et Teiichi. Elle est drôle, volontiers provocante et visiblement ravie d’avoir enfin quelqu’un capable de la voir. Le problème reste légèrement gênant pour envisager l’avenir : l’un est vivant, l’autre non.

Les 10 tomes forment une histoire complète publiée en France chez Kana. Le manga peut ainsi conduire son mystère jusqu’à sa véritable conclusion sans abandonner Yûko dans un couloir sombre avec un panneau « à suivre » accroché autour du cou.

Retrouvez ici nos mangas Dusk Maiden of Amnesia de Maybe, une série pour ceux qui aiment les romances surnaturelles, les légendes scolaires et les histoires où rejoindre le club paranormal devient nettement plus crédible lorsque sa présidente traverse éventuellement les murs.

FILTRES

Voici le seul résultat

Dusk Maiden of Amnesia : tomber amoureux d’une fille morte depuis des décennies complique légèrement la relation

Dusk Maiden of Amnesia accueille Teiichi Niiya dans le collège privé Seikyô, un établissement suffisamment ancien pour avoir accumulé passages oubliés, bâtiments désaffectés et légendes macabres. En explorant l’une de ces zones abandonnées, Teiichi rencontre Yûko Kanoe. Elle est belle, joueuse, très à l’aise avec lui… et morte depuis longtemps.

Yûko est un fantôme.

Le détail serait déjà préoccupant, mais elle souffre en plus d’une amnésie presque totale concernant sa propre mort. Pourquoi est-elle restée attachée à l’école ? Que lui est-il arrivé ? Et pourquoi autant de rumeurs sinistres racontées par les élèves semblent-elles conduire jusqu’à elle ?

Teiichi décide de chercher les réponses avec Yûko elle-même. Maybe construit alors une histoire qui passe avec une facilité assez déconcertante de la comédie romantique au récit de fantômes, puis du fan-service à une scène franchement inquiétante. Une adolescente fantôme qui flirte avec le seul garçon capable de la voir, cela pourrait donner une gentille romance surnaturelle. Seikyô a manifestement d’autres projets.

Yûko est le fantôme… et aussi la présidente du club chargé d’enquêter sur les fantômes

Pour comprendre ce qui s’est passé, Teiichi et Yûko créent le club d’enquêtes paranormales.

Il faut reconnaître une certaine logique au recrutement : quand le sujet principal de vos recherches est déjà présent dans la pièce, les déplacements sont limités.

Le collège Seikyô regorge de rumeurs. Une apparition dans un couloir, une malédiction, un lieu à éviter, un bruit étrange… les élèves transmettent ces histoires et les transforment avec le temps.

Le problème, c’est que plusieurs semblent liées à Yûko.

Teiichi enquête donc sur les phénomènes du collège tout en essayant de distinguer la légende de ce qui s’est réellement produit. Certaines histoires naissent simplement de la peur ou d’un malentendu. D’autres cachent quelque chose de beaucoup moins rassurant.

Et Yûko elle-même n’est pas toujours la meilleure source concernant Yûko.

Quand on ne se rappelle même plus sa propre mort, rédiger son autobiographie devient effectivement compliqué.

Tout le monde ne voit pas Yûko de la même manière

La présence du fantôme donne au manga l’un de ses jeux visuels les plus intéressants.

Teiichi voit Yûko telle qu’elle lui apparaît : une jeune fille séduisante, expressive et parfaitement capable de l’enlacer au moment le moins pratique.

D’autres ne la voient tout simplement pas.

Cette différence permet à Maybe de montrer une même situation de plusieurs façons. Teiichi peut être en pleine conversation avec Yûko tandis que, pour une personne extérieure, il semble parler seul dans un couloir désert.

Le comique fonctionne immédiatement.

Mais cette idée devient aussi beaucoup plus sombre lorsque la peur entre en jeu. Un fantôme n’est pas forcément perçu objectivement. Les rumeurs, les attentes et les émotions peuvent modifier la manière dont les personnages interprètent ce qu’ils pensent avoir devant eux.

Dusk Maiden of Amnesia utilise donc le surnaturel moins comme un catalogue de monstres que comme une façon de jouer avec la perception.

Kirie Kanoe voit également Yûko… et ce qu’elle perçoit n’a rien de rassurant

Kirie Kanoe rejoint l’histoire avec une particularité essentielle : elle aussi peut voir Yûko.

Elle possède en plus un lien familial avec elle.

Kirie est la petite-fille de la sœur de Yûko. L’histoire du fantôme n’est donc pas seulement une vieille légende scolaire pour elle : elle touche directement sa propre famille.

Son rapport à Yûko diffère fortement de celui de Teiichi.

Là où lui voit souvent une jeune fille lumineuse et taquine, Kirie ressent beaucoup plus fortement ce que peut avoir d’effrayant un esprit lié à une mort mystérieuse.

Elle affiche d’ailleurs volontiers une attitude ferme… jusqu’au moment où quelque chose de réellement paranormal se produit.

Disons que connaître beaucoup de légendes de fantômes ne garantit absolument pas qu’on apprécie de les rencontrer en personne.

Momoe Okonogi adore les histoires paranormales. Le paranormal, un peu moins

Momoe Okonogi complète le club.

Elle se passionne pour les mystères du collège et nourrit volontiers les enquêtes avec de nouvelles rumeurs.

Elle possède toutefois un handicap assez important pour quelqu’un qui fréquente un club paranormal : Yûko reste invisible à ses yeux.

Momoe peut donc parler d’un fantôme alors que celui-ci se trouve juste à côté d’elle.

Yûko apprécie évidemment les possibilités offertes par cette situation.

Le personnage apporte beaucoup de légèreté au groupe, mais il remplit aussi une fonction utile : Momoe représente le regard des élèves ordinaires de Seikyô. Elle connaît les légendes telles qu’elles circulent dans l’école, avec leurs déformations, leurs exagérations et leurs contradictions.

Chaque rumeur devient ainsi une piste.

Pas forcément une bonne piste.

Mais quand votre enquête concerne une morte amnésique, on évite généralement de faire la difficile.

Une maison hantée avec un véritable fantôme : enfin un projet scolaire qui respecte son budget

Le mélange entre humour et surnaturel atteint parfois des sommets assez réjouissants.

Lors d’une fête du collège, une maison hantée est organisée dans l’ancien bâtiment.

Yûko décide naturellement d’y participer.

Pour une fois, aucun costume ne sera nécessaire.

Ce genre de passage résume bien la personnalité du manga. Maybe ne traite pas Yûko uniquement comme une âme en peine dont chaque apparition doit s’accompagner de violons et d’un éclairage bleu.

Elle aime s’amuser, provoquer Teiichi et profiter de l’étrange liberté que lui donne son état.

C’est précisément ce qui rend les moments sombres plus efficaces.

On s’habitue à rire avec elle.

Alors, quand le récit rappelle brutalement qu’une adolescente est réellement morte dans cette école et que personne ne sait exactement ce qu’on lui a fait, l’ambiance change sans demander la permission.

L’autre Yûko n’a absolument aucune envie de plaisanter

Les enquêtes finissent par révéler une apparition particulièrement troublante.

Un esprit chargé de haine se manifeste.

Et il ressemble à Yûko.

Cette Yûko sombre transforme complètement la question centrale du manga. L’amnésie de la jeune fille n’est peut-être pas un simple trou dans ses souvenirs. Certaines émotions semblent avoir été séparées de l’image légère que Teiichi connaît.

La peur, la colère et la souffrance liées à sa mort prennent alors une forme propre.

Le récit devient beaucoup plus psychologique.

Yûko peut-elle vraiment comprendre ce qui lui est arrivé si une partie d’elle-même refuse cette vérité ? Et jusqu’où Teiichi peut-il l’aider sans réveiller exactement ce qu’elle avait besoin d’oublier ?

À partir de là, les histoires de fantômes du collège cessent progressivement d’être une série de petits dossiers séparés.

Elles construisent un portrait.

Les rumeurs de Seikyô racontent parfois davantage sur les vivants que sur les morts

C’est l’une des idées les plus réussies de la série.

Une légende scolaire ne naît pas forcément parce qu’un fantôme a décidé de rédiger son propre communiqué de presse.

Les élèves racontent ce qu’ils ont entendu. Quelqu’un ajoute un détail. Une génération transforme l’histoire de la précédente. Puis tout le monde finit par connaître une version dont personne ne peut réellement identifier l’origine.

Yûko devient ainsi le centre de plusieurs récits contradictoires.

Un accident peut devenir une malédiction. Une peur collective peut fabriquer son propre monstre. Un événement réel peut être caché derrière des décennies de déformations.

Teiichi doit donc enquêter sur les faits, mais aussi sur la manière dont les histoires ont été transmises.

Le fantôme existe.

Cela ne signifie pas que toutes les histoires de fantômes sont vraies.

La romance fonctionne précisément parce que la situation est impossible

Dusk Maiden of Amnesia ne cache jamais l’attirance entre Teiichi et Yûko.

Yûko s’en charge très bien toute seule.

Elle adore le taquiner, se rapprocher de lui et tester les limites d’un garçon dont elle connaît parfaitement l’embarras.

Au début, ce jeu nourrit surtout la comédie et le fan-service.

Puis une question beaucoup moins légère s’installe : quel avenir peut exister entre un vivant et un fantôme ?

Teiichi peut la voir et la toucher dans certaines circonstances. Ils peuvent discuter, rire et ressentir quelque chose l’un pour l’autre.

Mais Yûko reste attachée à un lieu et à une mort qu’elle n’a jamais comprise.

Résoudre son mystère pourrait justement signifier la libérer.

Autrement dit, réussir l’enquête risque aussi de séparer les deux personnages.

Voilà une excellente motivation pour avancer… et une assez bonne raison de redouter la réponse.

Maybe adore faire basculer une page du séduisant vers l’inquiétant

Le dessin joue énormément dans cette ambiguïté.

Yûko est représentée comme une jeune femme très séduisante, avec un vrai goût du manga pour les situations suggestives.

Mais Maybe sait retourner cette beauté contre le lecteur.

Une ombre trop profonde, un sourire figé, une silhouette dans un couloir ou un visage soudain déformé suffisent pour que la scène devienne inquiétante.

Le collège lui-même profite de cette approche.

Les vieux bâtiments, escaliers, salles abandonnées et couloirs deviennent presque un personnage. Le jour, certains endroits paraissent simplement vétustes. Quelques pages plus tard, le même décor plongé dans l’obscurité n’a plus du tout la même sympathie.

Cette capacité à passer d’un registre à l’autre évite au manga de s’enfermer dans l’horreur pure.

On sait qu’il peut faire peur.

On ne sait simplement jamais exactement quand il décidera de le faire.

Maybe signera ensuite Tales of Wedding Rings

Maybe assure à la fois le scénario et le dessin de Dusk Maiden of Amnesia.

Après cette histoire de romance surnaturelle, Maybe poursuivra notamment avec Tales of Wedding Rings, autre série où romance et fantastique occupent une place majeure, même si les fantômes scolaires laissent cette fois la place à un univers de fantasy.

Dusk Maiden of Amnesia possède cependant une identité très particulière dans son travail.

Le nombre réduit de personnages principaux permet de vraiment construire la relation entre Teiichi, Yûko, Kirie et Momoe.

Pas besoin d’une armée de chasseurs d’esprits.

Quatre membres de club, une école remplie de rumeurs et un fantôme suffisamment compliqué suffisent largement.

10 tomes pour résoudre le mystère de Yûko jusqu’au bout

Dusk Maiden of Amnesia est une série complète en 10 tomes.

Le manga a été publié au Japon par Square Enix dans le magazine Monthly Gangan Joker. Le dixième volume, paru au Japon en novembre 2013, constitue bien la conclusion de l’histoire.

En France, Kana a publié les dix volumes dans sa collection Dark Kana.

Le format relativement court convient particulièrement au récit. Le mystère de Yûko avance réellement, les indices finissent par se rejoindre et l’histoire ne laisse pas éternellement son héroïne errer dans les couloirs uniquement parce qu’il restait de la place sur l’étagère.

Une adaptation animée produite par Silver Link a également vu le jour en 2012.

Mais le manga permet de suivre l’histoire originale de Maybe dans son intégralité, jusqu’à la résolution du passé de Yûko et de son lien avec Teiichi.

Une histoire de fantôme qui préfère finalement parler de mémoire

Le titre annonce l’amnésie dès le départ.

Et ce n’est pas juste un prétexte pour empêcher Yûko de donner immédiatement le nom de son meurtrier à la page 12.

La mémoire devient progressivement le vrai sujet.

Ce que l’on oublie. Ce que l’on refuse de voir. Ce que les autres transforment en rumeur. Et ce qui reste d’une personne lorsque son histoire est racontée pendant des décennies par des gens qui ne l’ont jamais connue.

Teiichi cherche la vérité sur Yûko.

Mais plus il avance, moins cette vérité ressemble à un simple dossier criminel à refermer.

C’est ce mélange qui donne à Dusk Maiden of Amnesia son charme : le manga peut plaisanter sur un fantôme jaloux, proposer une enquête de club scolaire et, quelques pages plus tard, rappeler avec beaucoup moins d’humour qu’une jeune fille est restée prisonnière de ce lieu parce qu’une partie de son histoire n’a jamais trouvé de fin.

Lire plus sur Dusk Maiden of Amnesia

Teiichi Niiya pensait explorer une vieille partie du collège Seikyô. Il y découvre surtout Yûko Kanoe, une adolescente morte depuis des années dont presque personne ne peut voir le fantôme.

Enquêter sur sa propre mort : pratique, mais légèrement perturbant

Yûko ne sait plus comment elle est morte. Avec Teiichi, elle transforme donc les nombreuses légendes du collège en pistes et fonde le club d’enquêtes paranormales.

Kirie Kanoe rejoint bientôt le groupe. Son lien familial avec Yûko et sa capacité à la voir donnent un autre regard sur le fantôme. Momoe Okonogi apporte de son côté toutes les rumeurs que les élèves se racontent avec enthousiasme… et parfois beaucoup d’imagination.

Les premiers mystères peuvent paraître indépendants. Pourtant, plusieurs conduisent progressivement vers le passé de Yûko. L’apparition d’un autre esprit qui lui ressemble, mais chargé de haine, montre surtout que son amnésie cache quelque chose de beaucoup plus profond.

Au milieu des enquêtes grandit également la relation entre Yûko et Teiichi. Elle est drôle, volontiers provocante et visiblement ravie d’avoir enfin quelqu’un capable de la voir. Le problème reste légèrement gênant pour envisager l’avenir : l’un est vivant, l’autre non.

Les 10 tomes forment une histoire complète publiée en France chez Kana. Le manga peut ainsi conduire son mystère jusqu’à sa véritable conclusion sans abandonner Yûko dans un couloir sombre avec un panneau « à suivre » accroché autour du cou.

Retrouvez ici nos mangas Dusk Maiden of Amnesia de Maybe, une série pour ceux qui aiment les romances surnaturelles, les légendes scolaires et les histoires où rejoindre le club paranormal devient nettement plus crédible lorsque sa présidente traverse éventuellement les murs.