Détective Conan

Détective Conan : un lycéen, un poison, un corps d’enfant… et toujours un meurtre au mauvais moment

Détective Conan commence avec Shinichi Kudo, lycéen surdoué qui préfère largement une bonne scène de crime à une journée tranquille. Passionné par Sherlock Holmes, doté d’un sens de l’observation redoutable et déjà régulièrement sollicité par la police, il semble promis à une belle carrière de détective.

Puis il surprend deux hommes vêtus de noir pendant une transaction suspecte.

Shinichi aurait probablement dû rentrer chez lui.

À la place, il espionne la scène, se fait assommer et reçoit de force un mystérieux poison destiné à le tuer. Sauf que l’APTX 4869 ne produit pas exactement le résultat attendu : Shinichi survit, mais son corps retrouve l’apparence d’un enfant.

Le cerveau du détective est intact. La taille, beaucoup moins.

Pour éviter que l’organisation criminelle découvre qu’il a survécu, Shinichi cache son identité. Devant son amie d’enfance Ran Mouri, il improvise un nouveau nom : Conan Edogawa. Une petite identité de secours qui va finalement l’accompagner dans beaucoup plus d’enquêtes qu’il ne l’avait certainement prévu.

Conan Edogawa : le nom lui-même cache deux géants du roman policier

Le choix de son pseudonyme n’a rien d’aléatoire.

Conan rend hommage à Arthur Conan Doyle, créateur de Sherlock Holmes. Edogawa renvoie à Edogawa Ranpo, grande figure japonaise du roman policier.

Gosho Aoyama a lui-même expliqué son amour pour ces auteurs et notamment pour les aventures de Sherlock Holmes.

Shinichi possède d’ailleurs beaucoup du détective classique : observation des détails, reconstruction méthodique d’une scène, capacité à repérer une contradiction minuscule et un léger problème lorsqu’il s’agit de résister à une énigme.

Conan ajoute simplement une difficulté supplémentaire : convaincre des adultes alors qu’on ressemble à un écolier.

Dans la vraie vie, annoncer « je pense avoir identifié l’assassin » à sept ans risque surtout d’aboutir à « retourne jouer avec tes copains ». Il lui faut donc trouver une méthode un peu plus créative.

Kogoro Mouri devient un détective de génie… principalement pendant ses siestes

Conan s’installe chez Ran et son père, Kogoro Mouri, détective privé.

Ce choix est pratique. Si les affaires criminelles passent régulièrement par l’agence Mouri, Conan peut enquêter sans attirer directement l’attention sur Shinichi Kudo.

Encore faut-il faire parvenir les bonnes conclusions aux adultes.

Le professeur Agasa lui fournit alors deux gadgets particulièrement utiles : une montre anesthésiante et un nœud papillon modulateur de voix.

La méthode devient célèbre.

Kogoro commence à exposer une brillante déduction, généralement les yeux fermés et le menton baissé. Tout le monde écoute religieusement. Personne ne semble trouver étrange qu’il soit soudain cent fois meilleur lorsqu’il est inconscient.

La réputation de Kogoro l’Endormi grandit donc grâce à Conan.

Le principal intéressé finit naturellement par être très fier de son incroyable talent.

Conan, derrière le fauteuil, doit parfois trouver la situation légèrement frustrante.

Le professeur Agasa transforme un enfant de primaire en mini James Bond

Hiroshi Agasa fait partie des rares personnes qui connaissent très tôt la véritable identité de Conan.

Inventeur enthousiaste, il comprend rapidement qu’un cerveau de lycéen ne suffit pas lorsqu’on doit poursuivre des criminels avec des jambes d’enfant.

Il équipe donc Conan.

La montre anesthésiante permet d’endormir une cible. Le nœud papillon reproduit différentes voix. Des chaussures amplifient la puissance de ses tirs avec un ballon. Un skateboard motorisé règle certains problèmes de déplacement. Les lunettes de Conan gagnent elles aussi diverses fonctions utiles.

Le résultat est délicieux parce que Gosho Aoyama conserve toujours l’esprit policier derrière ces inventions.

Les gadgets peuvent permettre de poursuivre quelqu’un ou de mettre en scène une résolution, mais ils ne donnent jamais automatiquement la réponse à l’énigme.

Il faut encore comprendre pourquoi la porte était fermée de l’intérieur, comment l’alibi a été fabriqué et pourquoi le suspect a dit qu’il n’avait jamais vu un objet dont il connaît curieusement la couleur.

Ran Mouri pourrait régler beaucoup d’affaires sans aucune invention d’Agasa

Ran n’est pas simplement la fille qui attend le retour de Shinichi.

Championne de karaté, courageuse et particulièrement attentive à ceux qui l’entourent, elle peut se défendre lorsque les événements deviennent physiques.

Sa relation avec Shinichi donne pourtant au manga une autre forme de tension.

Conan vit littéralement sous le même toit qu’elle tout en prétendant être quelqu’un d’autre.

Ran se demande régulièrement où Shinichi a disparu. Elle remarque parfois des similitudes troublantes entre lui et Conan. Certaines explications demandent alors au petit détective plus d’imagination que l’affaire criminelle qu’il vient de résoudre.

Le plus cruel, c’est qu’il aimerait pouvoir lui dire la vérité.

Mais s’il révèle qu’il a survécu, l’Organisation des Hommes en noir pourrait comprendre que son poison a échoué et menacer tous ceux qui lui sont proches.

Chaque rapprochement entre Ran et Shinichi porte donc cette impossibilité : ils ne sont parfois séparés que de quelques mètres, mais Conan doit continuer à jouer son rôle.

Gin et Vodka : deux silhouettes noires qui changent toute l’ambiance

La plupart des chapitres proposent une enquête que Conan peut résoudre avec ses propres indices.

Puis l’Organisation des Hommes en noir réapparaît.

Et l’atmosphère change immédiatement.

Gin et Vodka sont les premiers membres rencontrés par Shinichi. Leurs noms de code donnent le ton : les cadres de l’organisation utilisent des noms liés aux alcools.

Conan ne cherche pas uniquement à les arrêter.

Il doit comprendre ce qu’ils préparent, découvrir leurs membres et trouver un moyen de retrouver son corps d’origine sans révéler qu’il est encore vivant.

Gin représente notamment une menace très différente des assassins rencontrés dans les enquêtes ordinaires. Conan ne peut pas simplement réunir tout le monde dans un salon et annoncer tranquillement son nom.

Face à l’Organisation, une erreur peut exposer Ran, Agasa et tous ceux qui connaissent ou approchent la vérité.

Ai Haibara sait exactement ce qu’est l’APTX 4869

L’arrivée d’Ai Haibara change considérablement l’histoire.

Elle aussi possède l’apparence d’une enfant sans l’être réellement.

Son véritable nom est Shiho Miyano. Au sein de l’Organisation des Hommes en noir, elle travaillait sous le nom de code Sherry et participait au développement de l’APTX 4869.

Après avoir rompu avec l’organisation, elle se retrouve elle-même rajeunie et prend l’identité d’Ai Haibara.

Pour Conan, c’est la première fois qu’une personne comprend réellement ce qu’il vit.

Haibara connaît le produit qui a transformé son corps. Elle connaît surtout l’Organisation de l’intérieur.

Elle devient donc une alliée essentielle, mais pas une encyclopédie capable de répondre immédiatement à toutes les questions.

Son passé est lourd, sa peur de certains membres de l’organisation est très réelle et son tempérament contraste merveilleusement avec celui de Conan.

Il fonce vers le danger.

Elle lui rappelle parfois que « foncer vers le danger » n’est pas obligatoirement la seule option disponible.

Heiji Hattori reconnaît assez vite qu’un enfant pareil pose quelques questions

Shinichi n’est pas le seul détective lycéen capable de résoudre une affaire.

Heiji Hattori, originaire d’Osaka, entre d’abord dans l’histoire comme un rival.

Lui aussi possède une excellente capacité de déduction. Lui aussi adore les énigmes. Et lui aussi déteste particulièrement l’idée qu’un autre détective puisse trouver la solution avant lui.

La rivalité évolue néanmoins rapidement.

Heiji comprend la véritable identité de Conan et devient l’un de ses alliés les plus précieux.

Leurs enquêtes communes sont particulièrement amusantes parce que chacun veut souvent arriver à la conclusion le premier.

Ils peuvent analyser une scène avec une efficacité impressionnante tout en conservant exactement le niveau de mauvaise foi nécessaire pour transformer une enquête criminelle en compétition personnelle.

Kazuha Toyama, amie d’enfance de Heiji, ajoute évidemment sa propre dynamique au duo, surtout lorsque Ran est dans les parages.

Kaito Kid préfère annoncer ses vols à l’avance. Pourquoi faire simple ?

Un autre personnage vient régulièrement troubler les affaires de Conan : Kaito Kid.

Voleur élégant, illusionniste et spécialiste des apparitions spectaculaires, Kid était déjà le héros de Magic Kaito, une autre œuvre de Gosho Aoyama.

Contrairement aux criminels ordinaires, il aime prévenir ses futures victimes.

Un message codé annonce le prochain vol. La police prépare un dispositif gigantesque. Kid arrive quand même.

Conan déteste évidemment laisser une énigme sans solution.

Leurs confrontations deviennent alors des jeux de piste où chacun essaie de prévoir la ruse de l’autre.

Kid apporte aussi une tonalité différente. On quitte momentanément les meurtres pour entrer dans un univers de déguisements, de faux-semblants et de tours de magie.

Avec lui, le mystère n’est pas seulement « qui ? », mais souvent « comment a-t-il pu faire ça sous les yeux de tout le monde ? »

Les Détectives Boys ont moins de dix ans et beaucoup trop confiance en leur chance

À l’école primaire, Conan se retrouve avec Ayumi Yoshida, Mitsuhiko Tsuburaya et Genta Kojima.

Les trois enfants décident naturellement qu’ils forment une équipe de détectives.

Les Détectives Boys sont nés.

Avec l’arrivée d’Haibara, le groupe devient une véritable petite équipe qui participe régulièrement aux affaires.

Ces épisodes apportent un ton plus léger, mais Gosho Aoyama adore également envoyer les enfants dans des situations qui deviennent soudain beaucoup moins amusantes.

Une sortie, une chasse au trésor ou une promenade peut déboucher sur un véritable crime.

Conan doit alors résoudre l’affaire tout en protégeant ses camarades et sans expliquer pourquoi un écolier possède soudain le sang-froid d’un inspecteur de police expérimenté.

À ce stade, les adultes devraient peut-être commencer à se demander pourquoi chaque sortie scolaire de ce garçon finit avec des rubans de police.

Sato, Takagi, Megure : la police finit elle aussi par devenir une famille de personnages

Détective Conan ne repose pas uniquement sur son héros.

Au fil des affaires, plusieurs policiers reviennent régulièrement et développent leurs propres histoires.

L’inspecteur Megure connaît Shinichi depuis ses premières enquêtes. Miwako Sato et Wataru Takagi prennent progressivement une importance particulière, aussi bien dans les affaires criminelles que dans leur relation personnelle.

D’autres agents viennent enrichir cette galerie.

C’est une des forces du manga : une enquête apparemment indépendante peut soudain faire avancer une relation commencée bien plus tôt.

On revient donc autant pour connaître l’identité du coupable que pour revoir certains personnages.

Une chambre fermée, trois suspects et un détail qui ne colle pas

Le cœur de Détective Conan reste pourtant l’énigme policière.

Gosho Aoyama aime les chambres closes, les alibis, les messages codés, les objets déplacés, les horaires impossibles et les crimes qui semblent avoir été commis sans que personne puisse physiquement les réaliser.

Les solutions utilisent souvent des détails visibles plus tôt dans l’histoire.

Une phrase anodine prend soudain un autre sens. Un objet que l’on croyait décoratif devient essentiel. Une réaction trop précise révèle qu’un suspect connaissait une information qu’il n’aurait jamais dû posséder.

Le lecteur peut donc essayer de battre Conan.

Ce n’est pas toujours conseillé pour l’ego.

Mais c’est une grande partie du plaisir.

Et lorsque Conan prononce enfin son raisonnement, les petites informations dispersées jusque-là se remettent généralement en place avec ce délicieux sentiment de « mais bien sûr ! »… suivi parfois de « je ne l’aurais absolument jamais trouvé ».

Gosho Aoyama mélange Sherlock Holmes, humour et culture populaire

Gosho Aoyama écrit et dessine Détective Conan depuis son lancement japonais en 1994 dans le Weekly Shonen Sunday de Shogakukan.

Son amour du roman policier traverse toute la série.

Arthur Conan Doyle et Edogawa Ranpo sont inscrits jusque dans le pseudonyme du héros. Maurice Leblanc fait également partie des auteurs policiers qu’Aoyama cite parmi ses lectures, ce qui rend les rencontres avec un voleur aussi théâtral que Kaito Kid encore plus savoureuses.

Mais Détective Conan ne fonctionne pas comme une imitation de Sherlock Holmes en manga.

Aoyama y ajoute les gadgets, les relations sentimentales, les enfants détectives, les rivalités entre lycéens, une organisation criminelle tentaculaire et une énorme galerie de personnages récurrents.

Un chapitre peut commencer par une querelle amoureuse et se terminer devant un tableau couvert d’indices.

Un autre peut débuter comme une chasse au trésor avant de faire réapparaître l’Organisation des Hommes en noir.

Cette variété permet au manga de conserver son identité sans réduire chaque affaire au même schéma.

Et si vous préférez suivre le criminel avant même qu’il passe à l’acte…

L’univers de Conan s’est également prêté au spin-off et à la parodie.

Détective Conan : Apprenti Criminel reprend précisément la célèbre silhouette noire utilisée dans la série pour cacher l’identité d’un suspect et en fait son personnage principal.

Le problème, c’est qu’à Beika, les crimes ont une fâcheuse tendance à finir devant Conan. Pas vraiment l’endroit idéal pour débuter une carrière criminelle.

Le spin-off joue avec les habitudes de Détective Conan, ses personnages et ses codes. Il fonctionne donc particulièrement bien une fois que l’on connaît déjà un peu l’univers de Gosho Aoyama.

Du manga à l’anime, Conan est devenu bien plus grand que son mètre apparent

L’adaptation animée a évidemment joué un rôle immense dans la popularité de Détective Conan.

Les enquêtes ont également donné naissance à de nombreux longs métrages, où les enjeux prennent souvent une ampleur spectaculaire.

Mais le manga conserve un plaisir différent.

On peut revenir sur une case, vérifier un détail dans le décor ou relire une déclaration suspecte avant que Conan donne sa solution.

C’est presque la manière idéale de jouer avec Gosho Aoyama.

Et derrière les affaires indépendantes avance toujours le même fil : Shinichi retrouvera-t-il son apparence, que cherche réellement l’Organisation des Hommes en noir et combien de temps pourra-t-il continuer à vivre auprès de Ran sans lui révéler que Conan se trouve beaucoup plus près de Shinichi qu’elle ne l’imagine ?

Lire plus sur Détective Conan

Détective Conan repose sur une idée brillante : enfermer l’esprit d’un détective lycéen dans le corps d’un enfant et l’obliger à résoudre ses affaires sans pouvoir révéler qui il est réellement.

Les petites enquêtes construisent peu à peu un immense puzzle

On peut ouvrir la série pour une énigme de chambre close, un meurtre impossible ou un code mystérieux. Puis les personnages commencent à s’installer.

Ran attend Shinichi. Kogoro construit sans le savoir sa réputation grâce à Conan. Agasa invente toujours un nouveau gadget. Heiji transforme une enquête en compétition. Haibara apporte des informations inquiétantes sur l’APTX 4869. Kaito Kid annonce tranquillement qu’il va voler un joyau sous les yeux de toute la police.

Et lorsque Gin, Vodka ou un autre membre de l’Organisation des Hommes en noir apparaît, la légèreté disparaît brusquement.

C’est cette alternance qui donne au manga son rythme particulier. Les affaires peuvent se lire pour elles-mêmes, mais elles construisent aussi des relations, des rivalités et un mystère beaucoup plus vaste autour de Shinichi.

Le lecteur finit par connaître les habitudes de toute cette drôle de famille : les Détectives Boys, les policiers, Ran, Kogoro, Heiji, Haibara… et ce petit garçon à lunettes qui se trouve décidément beaucoup trop souvent sur les scènes de crime.

Retrouvez ici nos mangas Détective Conan de Gosho Aoyama. Des enquêtes pour ceux qui aiment chercher le détail qui trahit le coupable, suivre de grands mystères sur la durée et se demander, à chaque invitation dans un manoir isolé, pourquoi personne n’a encore proposé de rentrer immédiatement chez soi.

FILTRES

Affichage de 1–12 sur 15 résultats

Détective Conan : un lycéen, un poison, un corps d’enfant… et toujours un meurtre au mauvais moment

Détective Conan commence avec Shinichi Kudo, lycéen surdoué qui préfère largement une bonne scène de crime à une journée tranquille. Passionné par Sherlock Holmes, doté d’un sens de l’observation redoutable et déjà régulièrement sollicité par la police, il semble promis à une belle carrière de détective.

Puis il surprend deux hommes vêtus de noir pendant une transaction suspecte.

Shinichi aurait probablement dû rentrer chez lui.

À la place, il espionne la scène, se fait assommer et reçoit de force un mystérieux poison destiné à le tuer. Sauf que l’APTX 4869 ne produit pas exactement le résultat attendu : Shinichi survit, mais son corps retrouve l’apparence d’un enfant.

Le cerveau du détective est intact. La taille, beaucoup moins.

Pour éviter que l’organisation criminelle découvre qu’il a survécu, Shinichi cache son identité. Devant son amie d’enfance Ran Mouri, il improvise un nouveau nom : Conan Edogawa. Une petite identité de secours qui va finalement l’accompagner dans beaucoup plus d’enquêtes qu’il ne l’avait certainement prévu.

Conan Edogawa : le nom lui-même cache deux géants du roman policier

Le choix de son pseudonyme n’a rien d’aléatoire.

Conan rend hommage à Arthur Conan Doyle, créateur de Sherlock Holmes. Edogawa renvoie à Edogawa Ranpo, grande figure japonaise du roman policier.

Gosho Aoyama a lui-même expliqué son amour pour ces auteurs et notamment pour les aventures de Sherlock Holmes.

Shinichi possède d’ailleurs beaucoup du détective classique : observation des détails, reconstruction méthodique d’une scène, capacité à repérer une contradiction minuscule et un léger problème lorsqu’il s’agit de résister à une énigme.

Conan ajoute simplement une difficulté supplémentaire : convaincre des adultes alors qu’on ressemble à un écolier.

Dans la vraie vie, annoncer « je pense avoir identifié l’assassin » à sept ans risque surtout d’aboutir à « retourne jouer avec tes copains ». Il lui faut donc trouver une méthode un peu plus créative.

Kogoro Mouri devient un détective de génie… principalement pendant ses siestes

Conan s’installe chez Ran et son père, Kogoro Mouri, détective privé.

Ce choix est pratique. Si les affaires criminelles passent régulièrement par l’agence Mouri, Conan peut enquêter sans attirer directement l’attention sur Shinichi Kudo.

Encore faut-il faire parvenir les bonnes conclusions aux adultes.

Le professeur Agasa lui fournit alors deux gadgets particulièrement utiles : une montre anesthésiante et un nœud papillon modulateur de voix.

La méthode devient célèbre.

Kogoro commence à exposer une brillante déduction, généralement les yeux fermés et le menton baissé. Tout le monde écoute religieusement. Personne ne semble trouver étrange qu’il soit soudain cent fois meilleur lorsqu’il est inconscient.

La réputation de Kogoro l’Endormi grandit donc grâce à Conan.

Le principal intéressé finit naturellement par être très fier de son incroyable talent.

Conan, derrière le fauteuil, doit parfois trouver la situation légèrement frustrante.

Le professeur Agasa transforme un enfant de primaire en mini James Bond

Hiroshi Agasa fait partie des rares personnes qui connaissent très tôt la véritable identité de Conan.

Inventeur enthousiaste, il comprend rapidement qu’un cerveau de lycéen ne suffit pas lorsqu’on doit poursuivre des criminels avec des jambes d’enfant.

Il équipe donc Conan.

La montre anesthésiante permet d’endormir une cible. Le nœud papillon reproduit différentes voix. Des chaussures amplifient la puissance de ses tirs avec un ballon. Un skateboard motorisé règle certains problèmes de déplacement. Les lunettes de Conan gagnent elles aussi diverses fonctions utiles.

Le résultat est délicieux parce que Gosho Aoyama conserve toujours l’esprit policier derrière ces inventions.

Les gadgets peuvent permettre de poursuivre quelqu’un ou de mettre en scène une résolution, mais ils ne donnent jamais automatiquement la réponse à l’énigme.

Il faut encore comprendre pourquoi la porte était fermée de l’intérieur, comment l’alibi a été fabriqué et pourquoi le suspect a dit qu’il n’avait jamais vu un objet dont il connaît curieusement la couleur.

Ran Mouri pourrait régler beaucoup d’affaires sans aucune invention d’Agasa

Ran n’est pas simplement la fille qui attend le retour de Shinichi.

Championne de karaté, courageuse et particulièrement attentive à ceux qui l’entourent, elle peut se défendre lorsque les événements deviennent physiques.

Sa relation avec Shinichi donne pourtant au manga une autre forme de tension.

Conan vit littéralement sous le même toit qu’elle tout en prétendant être quelqu’un d’autre.

Ran se demande régulièrement où Shinichi a disparu. Elle remarque parfois des similitudes troublantes entre lui et Conan. Certaines explications demandent alors au petit détective plus d’imagination que l’affaire criminelle qu’il vient de résoudre.

Le plus cruel, c’est qu’il aimerait pouvoir lui dire la vérité.

Mais s’il révèle qu’il a survécu, l’Organisation des Hommes en noir pourrait comprendre que son poison a échoué et menacer tous ceux qui lui sont proches.

Chaque rapprochement entre Ran et Shinichi porte donc cette impossibilité : ils ne sont parfois séparés que de quelques mètres, mais Conan doit continuer à jouer son rôle.

Gin et Vodka : deux silhouettes noires qui changent toute l’ambiance

La plupart des chapitres proposent une enquête que Conan peut résoudre avec ses propres indices.

Puis l’Organisation des Hommes en noir réapparaît.

Et l’atmosphère change immédiatement.

Gin et Vodka sont les premiers membres rencontrés par Shinichi. Leurs noms de code donnent le ton : les cadres de l’organisation utilisent des noms liés aux alcools.

Conan ne cherche pas uniquement à les arrêter.

Il doit comprendre ce qu’ils préparent, découvrir leurs membres et trouver un moyen de retrouver son corps d’origine sans révéler qu’il est encore vivant.

Gin représente notamment une menace très différente des assassins rencontrés dans les enquêtes ordinaires. Conan ne peut pas simplement réunir tout le monde dans un salon et annoncer tranquillement son nom.

Face à l’Organisation, une erreur peut exposer Ran, Agasa et tous ceux qui connaissent ou approchent la vérité.

Ai Haibara sait exactement ce qu’est l’APTX 4869

L’arrivée d’Ai Haibara change considérablement l’histoire.

Elle aussi possède l’apparence d’une enfant sans l’être réellement.

Son véritable nom est Shiho Miyano. Au sein de l’Organisation des Hommes en noir, elle travaillait sous le nom de code Sherry et participait au développement de l’APTX 4869.

Après avoir rompu avec l’organisation, elle se retrouve elle-même rajeunie et prend l’identité d’Ai Haibara.

Pour Conan, c’est la première fois qu’une personne comprend réellement ce qu’il vit.

Haibara connaît le produit qui a transformé son corps. Elle connaît surtout l’Organisation de l’intérieur.

Elle devient donc une alliée essentielle, mais pas une encyclopédie capable de répondre immédiatement à toutes les questions.

Son passé est lourd, sa peur de certains membres de l’organisation est très réelle et son tempérament contraste merveilleusement avec celui de Conan.

Il fonce vers le danger.

Elle lui rappelle parfois que « foncer vers le danger » n’est pas obligatoirement la seule option disponible.

Heiji Hattori reconnaît assez vite qu’un enfant pareil pose quelques questions

Shinichi n’est pas le seul détective lycéen capable de résoudre une affaire.

Heiji Hattori, originaire d’Osaka, entre d’abord dans l’histoire comme un rival.

Lui aussi possède une excellente capacité de déduction. Lui aussi adore les énigmes. Et lui aussi déteste particulièrement l’idée qu’un autre détective puisse trouver la solution avant lui.

La rivalité évolue néanmoins rapidement.

Heiji comprend la véritable identité de Conan et devient l’un de ses alliés les plus précieux.

Leurs enquêtes communes sont particulièrement amusantes parce que chacun veut souvent arriver à la conclusion le premier.

Ils peuvent analyser une scène avec une efficacité impressionnante tout en conservant exactement le niveau de mauvaise foi nécessaire pour transformer une enquête criminelle en compétition personnelle.

Kazuha Toyama, amie d’enfance de Heiji, ajoute évidemment sa propre dynamique au duo, surtout lorsque Ran est dans les parages.

Kaito Kid préfère annoncer ses vols à l’avance. Pourquoi faire simple ?

Un autre personnage vient régulièrement troubler les affaires de Conan : Kaito Kid.

Voleur élégant, illusionniste et spécialiste des apparitions spectaculaires, Kid était déjà le héros de Magic Kaito, une autre œuvre de Gosho Aoyama.

Contrairement aux criminels ordinaires, il aime prévenir ses futures victimes.

Un message codé annonce le prochain vol. La police prépare un dispositif gigantesque. Kid arrive quand même.

Conan déteste évidemment laisser une énigme sans solution.

Leurs confrontations deviennent alors des jeux de piste où chacun essaie de prévoir la ruse de l’autre.

Kid apporte aussi une tonalité différente. On quitte momentanément les meurtres pour entrer dans un univers de déguisements, de faux-semblants et de tours de magie.

Avec lui, le mystère n’est pas seulement « qui ? », mais souvent « comment a-t-il pu faire ça sous les yeux de tout le monde ? »

Les Détectives Boys ont moins de dix ans et beaucoup trop confiance en leur chance

À l’école primaire, Conan se retrouve avec Ayumi Yoshida, Mitsuhiko Tsuburaya et Genta Kojima.

Les trois enfants décident naturellement qu’ils forment une équipe de détectives.

Les Détectives Boys sont nés.

Avec l’arrivée d’Haibara, le groupe devient une véritable petite équipe qui participe régulièrement aux affaires.

Ces épisodes apportent un ton plus léger, mais Gosho Aoyama adore également envoyer les enfants dans des situations qui deviennent soudain beaucoup moins amusantes.

Une sortie, une chasse au trésor ou une promenade peut déboucher sur un véritable crime.

Conan doit alors résoudre l’affaire tout en protégeant ses camarades et sans expliquer pourquoi un écolier possède soudain le sang-froid d’un inspecteur de police expérimenté.

À ce stade, les adultes devraient peut-être commencer à se demander pourquoi chaque sortie scolaire de ce garçon finit avec des rubans de police.

Sato, Takagi, Megure : la police finit elle aussi par devenir une famille de personnages

Détective Conan ne repose pas uniquement sur son héros.

Au fil des affaires, plusieurs policiers reviennent régulièrement et développent leurs propres histoires.

L’inspecteur Megure connaît Shinichi depuis ses premières enquêtes. Miwako Sato et Wataru Takagi prennent progressivement une importance particulière, aussi bien dans les affaires criminelles que dans leur relation personnelle.

D’autres agents viennent enrichir cette galerie.

C’est une des forces du manga : une enquête apparemment indépendante peut soudain faire avancer une relation commencée bien plus tôt.

On revient donc autant pour connaître l’identité du coupable que pour revoir certains personnages.

Une chambre fermée, trois suspects et un détail qui ne colle pas

Le cœur de Détective Conan reste pourtant l’énigme policière.

Gosho Aoyama aime les chambres closes, les alibis, les messages codés, les objets déplacés, les horaires impossibles et les crimes qui semblent avoir été commis sans que personne puisse physiquement les réaliser.

Les solutions utilisent souvent des détails visibles plus tôt dans l’histoire.

Une phrase anodine prend soudain un autre sens. Un objet que l’on croyait décoratif devient essentiel. Une réaction trop précise révèle qu’un suspect connaissait une information qu’il n’aurait jamais dû posséder.

Le lecteur peut donc essayer de battre Conan.

Ce n’est pas toujours conseillé pour l’ego.

Mais c’est une grande partie du plaisir.

Et lorsque Conan prononce enfin son raisonnement, les petites informations dispersées jusque-là se remettent généralement en place avec ce délicieux sentiment de « mais bien sûr ! »… suivi parfois de « je ne l’aurais absolument jamais trouvé ».

Gosho Aoyama mélange Sherlock Holmes, humour et culture populaire

Gosho Aoyama écrit et dessine Détective Conan depuis son lancement japonais en 1994 dans le Weekly Shonen Sunday de Shogakukan.

Son amour du roman policier traverse toute la série.

Arthur Conan Doyle et Edogawa Ranpo sont inscrits jusque dans le pseudonyme du héros. Maurice Leblanc fait également partie des auteurs policiers qu’Aoyama cite parmi ses lectures, ce qui rend les rencontres avec un voleur aussi théâtral que Kaito Kid encore plus savoureuses.

Mais Détective Conan ne fonctionne pas comme une imitation de Sherlock Holmes en manga.

Aoyama y ajoute les gadgets, les relations sentimentales, les enfants détectives, les rivalités entre lycéens, une organisation criminelle tentaculaire et une énorme galerie de personnages récurrents.

Un chapitre peut commencer par une querelle amoureuse et se terminer devant un tableau couvert d’indices.

Un autre peut débuter comme une chasse au trésor avant de faire réapparaître l’Organisation des Hommes en noir.

Cette variété permet au manga de conserver son identité sans réduire chaque affaire au même schéma.

Et si vous préférez suivre le criminel avant même qu’il passe à l’acte…

L’univers de Conan s’est également prêté au spin-off et à la parodie.

Détective Conan : Apprenti Criminel reprend précisément la célèbre silhouette noire utilisée dans la série pour cacher l’identité d’un suspect et en fait son personnage principal.

Le problème, c’est qu’à Beika, les crimes ont une fâcheuse tendance à finir devant Conan. Pas vraiment l’endroit idéal pour débuter une carrière criminelle.

Le spin-off joue avec les habitudes de Détective Conan, ses personnages et ses codes. Il fonctionne donc particulièrement bien une fois que l’on connaît déjà un peu l’univers de Gosho Aoyama.

Du manga à l’anime, Conan est devenu bien plus grand que son mètre apparent

L’adaptation animée a évidemment joué un rôle immense dans la popularité de Détective Conan.

Les enquêtes ont également donné naissance à de nombreux longs métrages, où les enjeux prennent souvent une ampleur spectaculaire.

Mais le manga conserve un plaisir différent.

On peut revenir sur une case, vérifier un détail dans le décor ou relire une déclaration suspecte avant que Conan donne sa solution.

C’est presque la manière idéale de jouer avec Gosho Aoyama.

Et derrière les affaires indépendantes avance toujours le même fil : Shinichi retrouvera-t-il son apparence, que cherche réellement l’Organisation des Hommes en noir et combien de temps pourra-t-il continuer à vivre auprès de Ran sans lui révéler que Conan se trouve beaucoup plus près de Shinichi qu’elle ne l’imagine ?

Lire plus sur Détective Conan

Détective Conan repose sur une idée brillante : enfermer l’esprit d’un détective lycéen dans le corps d’un enfant et l’obliger à résoudre ses affaires sans pouvoir révéler qui il est réellement.

Les petites enquêtes construisent peu à peu un immense puzzle

On peut ouvrir la série pour une énigme de chambre close, un meurtre impossible ou un code mystérieux. Puis les personnages commencent à s’installer.

Ran attend Shinichi. Kogoro construit sans le savoir sa réputation grâce à Conan. Agasa invente toujours un nouveau gadget. Heiji transforme une enquête en compétition. Haibara apporte des informations inquiétantes sur l’APTX 4869. Kaito Kid annonce tranquillement qu’il va voler un joyau sous les yeux de toute la police.

Et lorsque Gin, Vodka ou un autre membre de l’Organisation des Hommes en noir apparaît, la légèreté disparaît brusquement.

C’est cette alternance qui donne au manga son rythme particulier. Les affaires peuvent se lire pour elles-mêmes, mais elles construisent aussi des relations, des rivalités et un mystère beaucoup plus vaste autour de Shinichi.

Le lecteur finit par connaître les habitudes de toute cette drôle de famille : les Détectives Boys, les policiers, Ran, Kogoro, Heiji, Haibara… et ce petit garçon à lunettes qui se trouve décidément beaucoup trop souvent sur les scènes de crime.

Retrouvez ici nos mangas Détective Conan de Gosho Aoyama. Des enquêtes pour ceux qui aiment chercher le détail qui trahit le coupable, suivre de grands mystères sur la durée et se demander, à chaque invitation dans un manoir isolé, pourquoi personne n’a encore proposé de rentrer immédiatement chez soi.