Death Note
Death Note : un cahier noir tombe du ciel… mauvaise journée pour l’humanité
Death Note commence presque sans bruit. Light Yagami, lycéen brillant qui s’ennuie profondément, ramasse un cahier noir tombé dans la cour de son établissement. Quelques mots sont inscrits sur la couverture : Death Note. À l’intérieur, une règle paraît tellement absurde qu’il pense d’abord à une plaisanterie : toute personne dont le nom est écrit dans le carnet mourra, à condition d’avoir son visage en tête.
Light essaie.
Puis une deuxième fois.
Le cahier fonctionne.
À partir de là, Tsugumi Ohba et Takeshi Obata n’ont presque plus besoin d’action spectaculaire. Ils ont placé entre les mains d’un adolescent extrêmement intelligent le pouvoir de tuer sans toucher sa victime. Le plus inquiétant ? Light ne met pas longtemps à décider ce qu’il compte en faire.
Light Yagami ne veut pas seulement punir les criminels
Au début, le raisonnement paraît presque simple.
Light utilise le Death Note contre des criminels. Les morts s’accumulent et suivent souvent le même schéma : une crise cardiaque soudaine.
Le monde remarque rapidement qu’il se passe quelque chose.
Certains voient dans ce mystérieux justicier un meurtrier. D’autres commencent à le vénérer et lui donnent un nom : Kira, dérivé de l’anglais killer.
Light, lui, va beaucoup plus loin. Il ne cherche bientôt plus seulement à éliminer des criminels. Il veut construire un monde débarrassé du mal et devenir la figure qui régnera sur cette nouvelle société.
Le garçon qui voulait améliorer le monde commence donc très vite par décider seul qui mérite d’y rester.
C’est toute l’ambiguïté de Death Note. Light possède-t-il un pouvoir extraordinaire, ou simplement l’occasion parfaite de révéler ce qu’il avait déjà en lui ?
Ryûk avait surtout envie de voir ce qui allait se passer
Le propriétaire original du carnet finit par apparaître : Ryûk, un Shinigami.
Il n’a pas perdu son Death Note par accident.
Il l’a volontairement laissé tomber dans le monde des humains parce qu’il s’ennuyait.
Cette motivation résume admirablement le personnage.
Ryûk n’est ni le mentor de Light ni sa conscience. Il ne cherche pas à lui apprendre à devenir meilleur et n’intervient pas pour corriger ses décisions. Il observe.
Et il s’amuse énormément.
Son autre grande passion est beaucoup moins inquiétante : les pommes. Le Shinigami capable de contempler une série de morts sans sourciller peut devenir extrêmement agité lorsqu’on le prive de son fruit préféré.
Visuellement, le contraste fonctionne à merveille. Ryûk ressemble à quelque chose qu’on éviterait de croiser seul dans une ruelle, mais il peut passer d’une présence terrifiante à un grand enfant obsédé par les pommes en quelques cases.
Puis L apparaît, et Light découvre enfin quelqu’un capable de lui tenir tête
La police internationale se retrouve incapable d’expliquer les morts de criminels dispersés dans plusieurs pays.
Elle fait alors appel à L.
Personne ou presque ne connaît son visage, son vrai nom ou même l’endroit où il vit. Il communique à distance et possède une réputation de détective capable de résoudre les affaires que personne d’autre ne comprend.
Son entrée dans l’histoire change immédiatement le manga.
Grâce à une émission télévisée soigneusement préparée, L provoque Kira et parvient très tôt à réduire considérablement la zone géographique dans laquelle il se trouve.
Light comprend alors deux choses.
La première : L est dangereux.
La seconde : pour la première fois depuis qu’il possède le Death Note, il s’amuse vraiment.
Un nom et un visage valent davantage qu’un revolver
Death Note devient alors un duel assez étrange : les deux adversaires peuvent parfois se trouver extrêmement proches sans pouvoir simplement éliminer l’autre.
Light a besoin du vrai nom de L.
L doit prouver que Light est Kira.
Chacun cherche donc l’information qui fera tomber l’autre.
Les conversations deviennent des pièges. Un détail de comportement peut servir d’indice. Une caméra placée dans une chambre transforme le simple fait de faire ses devoirs en exercice de contre-espionnage.
Dans Death Note, même manger une chips peut demander un niveau de préparation normalement réservé à une opération clandestine.
C’est ce qui rend la lecture aussi addictive. Ohba ne se contente pas de dire que ses personnages sont intelligents : il construit des situations où chacun doit anticiper ce que l’autre va penser de son prochain mouvement.
Et parfois, le plan repose sur le fait que l’adversaire saura justement qu’un plan existe.
Les règles du Death Note deviennent elles-mêmes des armes
Le carnet possède de nombreuses règles.
Écrire un nom ne suffit pas toujours à obtenir exactement le résultat voulu. Il faut connaître le visage de la cible, et les circonstances du décès peuvent être précisées dans certaines limites.
Light commence rapidement à expérimenter.
Que peut-il imposer à une victime avant sa mort ? Jusqu’où peut-il contrôler les événements ? Que se passe-t-il lorsqu’un détail demandé est impossible ?
Ces règles ne servent pas seulement à encadrer le pouvoir pour éviter qu’il devienne trop facile.
Elles deviennent une partie du scénario.
Light les utilise pour créer des alibis, détourner les soupçons et préparer des stratégies sur plusieurs étapes. À mesure que de nouvelles informations apparaissent sur les Death Notes et les Shinigami, le lecteur se met lui aussi à réfléchir avec les règles sous les yeux.
Un peu comme un jeu de société où perdre la partie serait légèrement plus définitif.
Misa Amane entre dans la partie avec un deuxième Death Note
L’équilibre déjà fragile entre Light et L se complique lorsqu’apparaît Misa Amane.
Mannequin et personnalité populaire, Misa voue une véritable admiration à Kira.
Elle possède surtout quelque chose qui change complètement la partie : un autre Death Note.
Avec elle arrive également Rem, un autre Shinigami dont le comportement diffère fortement de celui de Ryûk.
Misa ne réfléchit pas comme Light.
Elle est beaucoup plus impulsive, guidée par ses émotions et prête à prendre des risques qui rendent Light aussi intéressé qu’exaspéré.
Et pourtant, elle dispose d’un avantage considérable.
Les yeux de Shinigami ont un prix
Un humain possédant un Death Note peut conclure un marché avec un Shinigami.
En échange de la moitié du temps qu’il lui reste à vivre, il obtient les yeux de Shinigami. Ceux-ci permettent notamment de connaître le vrai nom d’une personne simplement en regardant son visage.
Pour Light, ce pouvoir serait presque idéal.
L’une de ses principales difficultés consiste précisément à découvrir certains noms.
Mais accepter signifie sacrifier une partie de sa propre vie.
Misa n’aborde pas ce marché avec la même prudence.
L’arrivée des yeux de Shinigami modifie donc totalement l’équilibre entre Kira, L et les différents possesseurs de carnets. Un visage qui ne révélait rien quelques chapitres auparavant peut soudain devenir une information mortelle.
Le père de Light enquête sur Kira sans savoir jusqu’où mène la piste
Soichiro Yagami, le père de Light, dirige une partie de l’enquête japonaise contre Kira.
Cette situation donne au manga une tension que le simple duel Light contre L ne pourrait pas créer seul.
Soichiro croit profondément à la justice et prend des risques considérables pour arrêter Kira.
De son côté, Light doit continuer à jouer le rôle du fils brillant et irréprochable.
Les scènes familiales deviennent donc particulièrement étranges.
Le responsable de l’enquête peut rentrer chez lui après une journée passée à traquer Kira… et dîner à quelques mètres de la personne qu’il recherche.
Ohba utilise très bien cette proximité. Le danger ne vient pas uniquement d’une arrestation. Chaque avancée de l’enquête rapproche aussi Light de la possibilité de détruire sa propre famille.
Light et L : difficile de trouver deux génies plus différents
Light paraît presque conçu pour rassurer les adultes.
Excellent élève, beau, sportif, poli, ordonné : tout semble parfaitement en place.
L ressemble plutôt à quelqu’un qui aurait oublié qu’une chaise peut être utilisée normalement.
Il s’accroupit, marche courbé, tient les objets du bout des doigts et consomme une quantité impressionnante de sucreries.
Mais derrière ces apparences opposées, les deux partagent quelque chose de beaucoup plus important : ils détestent perdre.
Leur duel devient presque personnel.
Ils se testent, se provoquent et peuvent coopérer tout en analysant simultanément la manière dont l’autre essaie peut-être de les tromper.
Cette relation porte une énorme partie du manga parce qu’elle ne repose pas sur la force physique.
Dans beaucoup de shonen, deux rivaux finissent par mesurer leur puissance.
Ici, le coup fatal peut simplement être un nom découvert quelques secondes trop tôt.
Tsugumi Ohba et Takeshi Obata : le duo derrière trois séries majeures
Une grande partie de l’identité de Death Note vient de la rencontre entre Tsugumi Ohba au scénario et Takeshi Obata au dessin.
Ohba construit les règles, les pièges et les raisonnements qui opposent Light à L. Obata leur donne un visage et parvient à transformer des pages entières de réflexion en véritable suspense visuel.
Et Death Note n’est pas leur seule collaboration.
Le même duo est également à l’origine de Bakuman, qui plonge cette fois dans les coulisses de la création et de la publication d’un manga, ainsi que de Platinum End, où anges, candidats divins et pouvoirs surnaturels les ramènent vers un registre beaucoup plus sombre.
Trois séries très différentes, mais avec un point commun évident : Ohba aime construire des règles précises avant de regarder ses personnages chercher toutes les façons possibles de les exploiter.
Takeshi Obata transforme des pages de réflexion en véritable suspense
Sur le papier, Death Note aurait pu devenir très bavard.
Une grande partie de l’action se déroule dans la tête des personnages : hypothèses, raisonnements, mensonges et plans imbriqués.
Takeshi Obata réussit pourtant à donner un rythme remarquable à ces scènes.
Les regards prennent énormément d’importance. Un sourire de Light peut sembler parfaitement innocent pour son entourage et beaucoup moins pour le lecteur.
Ryûk et les autres Shinigami offrent à l’inverse un terrain graphique beaucoup plus extravagant. Leurs corps, leurs visages et leurs vêtements donnent au monde surnaturel une identité immédiatement reconnaissable.
Le Death Note lui-même reste pourtant d’une sobriété presque inquiétante.
Un simple cahier noir.
Pas de lumière magique. Pas de lame gigantesque. Pas besoin de pousser un cri avant de l’utiliser.
Seulement un stylo.
La vraie question n’est jamais seulement « qui va gagner ? »
Death Note fonctionne comme un thriller, mais le manga pose constamment une question beaucoup moins confortable : qu’est-ce que la justice ?
Le nombre de crimes diminue sous l’influence de Kira. Une partie de la population commence donc à considérer ses méthodes comme efficaces.
Mais que signifie une société dans laquelle une seule personne choisit secrètement qui doit mourir ?
Et que devient la notion de justice lorsque celui qui punit refuse lui-même toute loi au-dessus de lui ?
Le manga ne transforme pas ces questions en cours de philosophie.
Il les fait vivre à travers Light, L, la police, Misa et une population mondiale qui change progressivement de comportement parce qu’elle sait qu’une force invisible peut la juger.
C’est aussi pour cela que la série supporte si bien la relecture. Une fois débarrassé de la question « que va-t-il se passer ? », on remarque beaucoup mieux la vitesse à laquelle certains personnages déplacent leurs propres limites.
12 tomes pour l’histoire complète… et plusieurs façons de la lire
Death Note est une série complète en 12 tomes pour son récit principal. La série paraît au Japon dans le Weekly Shonen Jump de Shueisha et devient l’un des thrillers les plus connus du manga moderne.
En France, Kana publie notamment l’édition classique. Un tome 13, intitulé How to Read, complète l’ensemble avec des informations sur les personnages, les règles du Death Note et les coulisses de la série. Il ne constitue donc pas la suite du tome 12.
Pour ceux qui préfèrent des volumes plus imposants, découvrez également notre catégorie Death Note Black Edition, qui propose l’histoire dans une édition double au format plus généreux et à la présentation noire particulièrement reconnaissable.
Quelle que soit l’édition choisie, l’affrontement entre Light et L reste évidemment le même. Seule la taille du manga dans votre bibliothèque change. Heureusement, le cahier de la mort ne fonctionne toujours pas, quelque soit le format !
Du manga à l’anime, le cahier noir a largement dépassé le Japon
Death Note a naturellement connu plusieurs adaptations.
La série animée reste l’une des plus célèbres et a permis à Light, L, Ryûk et Misa de toucher un public encore plus large.
Des films japonais, des adaptations télévisées et d’autres interprétations de l’histoire ont également vu le jour.
Mais le manga conserve quelque chose de particulier.
Le dessin d’Obata permet de s’arrêter sur un regard, de revenir sur une règle ou de relire tranquillement un raisonnement pour comprendre à quel moment Light ou L vient de prendre l’avantage.
Et dans Death Note, relire trois pages parce qu’un personnage vient d’expliquer qu’il avait prévu depuis le début ce qui s’est passé six chapitres auparavant fait presque partie de l’expérience.
Lire plus sur Death Note
Un cahier, un nom, un visage. Tsugumi Ohba et Takeshi Obata n’ont pas eu besoin de beaucoup plus pour construire l’un des duels intellectuels les plus célèbres du manga.
Quand posséder le pouvoir absolu ne règle absolument aucun problème
Light Yagami croit pouvoir utiliser le Death Note pour créer un monde parfait. L’apparition de L transforme pourtant très vite son projet en guerre psychologique.
Ryûk observe l’affrontement avec amusement, tandis que Misa, Rem, la police japonaise et d’autres acteurs viennent progressivement bouleverser les plans des deux adversaires.
Les nombreuses règles du carnet rendent chaque victoire provisoire. Connaître un visage ne suffit pas sans le nom. Posséder un Death Note ne signifie pas comprendre tous ses secrets. Même abandonner le carnet peut avoir des conséquences inattendues.
Cette mécanique transforme la série en une succession de pièges où l’intelligence compte davantage que la force.
Mais derrière le jeu existe toujours la même question : Light veut-il réellement créer un monde meilleur, ou simplement un monde dans lequel personne ne peut contester son jugement ?
L’histoire principale de Death Note est complète en 12 tomes. Le volume 13 est un guide complémentaire consacré à l’univers et aux personnages.
Retrouvez ici nos mangas Death Note de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata. Et si vous trouvez un cahier noir abandonné dans une cour d’école, le choix le plus raisonnable reste probablement de le laisser exactement où il est. Ryûk sera peut-être déçu, mais votre semaine devrait être nettement plus calme.
9 résultats affichés
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Death Note Coffret Intégrale 14 Tomes – 3 ex-libris
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Death Note tome 13, Guide Complet
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Death Note : un cahier noir tombe du ciel… mauvaise journée pour l’humanité
Death Note commence presque sans bruit. Light Yagami, lycéen brillant qui s’ennuie profondément, ramasse un cahier noir tombé dans la cour de son établissement. Quelques mots sont inscrits sur la couverture : Death Note. À l’intérieur, une règle paraît tellement absurde qu’il pense d’abord à une plaisanterie : toute personne dont le nom est écrit dans le carnet mourra, à condition d’avoir son visage en tête.
Light essaie.
Puis une deuxième fois.
Le cahier fonctionne.
À partir de là, Tsugumi Ohba et Takeshi Obata n’ont presque plus besoin d’action spectaculaire. Ils ont placé entre les mains d’un adolescent extrêmement intelligent le pouvoir de tuer sans toucher sa victime. Le plus inquiétant ? Light ne met pas longtemps à décider ce qu’il compte en faire.
Light Yagami ne veut pas seulement punir les criminels
Au début, le raisonnement paraît presque simple.
Light utilise le Death Note contre des criminels. Les morts s’accumulent et suivent souvent le même schéma : une crise cardiaque soudaine.
Le monde remarque rapidement qu’il se passe quelque chose.
Certains voient dans ce mystérieux justicier un meurtrier. D’autres commencent à le vénérer et lui donnent un nom : Kira, dérivé de l’anglais killer.
Light, lui, va beaucoup plus loin. Il ne cherche bientôt plus seulement à éliminer des criminels. Il veut construire un monde débarrassé du mal et devenir la figure qui régnera sur cette nouvelle société.
Le garçon qui voulait améliorer le monde commence donc très vite par décider seul qui mérite d’y rester.
C’est toute l’ambiguïté de Death Note. Light possède-t-il un pouvoir extraordinaire, ou simplement l’occasion parfaite de révéler ce qu’il avait déjà en lui ?
Ryûk avait surtout envie de voir ce qui allait se passer
Le propriétaire original du carnet finit par apparaître : Ryûk, un Shinigami.
Il n’a pas perdu son Death Note par accident.
Il l’a volontairement laissé tomber dans le monde des humains parce qu’il s’ennuyait.
Cette motivation résume admirablement le personnage.
Ryûk n’est ni le mentor de Light ni sa conscience. Il ne cherche pas à lui apprendre à devenir meilleur et n’intervient pas pour corriger ses décisions. Il observe.
Et il s’amuse énormément.
Son autre grande passion est beaucoup moins inquiétante : les pommes. Le Shinigami capable de contempler une série de morts sans sourciller peut devenir extrêmement agité lorsqu’on le prive de son fruit préféré.
Visuellement, le contraste fonctionne à merveille. Ryûk ressemble à quelque chose qu’on éviterait de croiser seul dans une ruelle, mais il peut passer d’une présence terrifiante à un grand enfant obsédé par les pommes en quelques cases.
Puis L apparaît, et Light découvre enfin quelqu’un capable de lui tenir tête
La police internationale se retrouve incapable d’expliquer les morts de criminels dispersés dans plusieurs pays.
Elle fait alors appel à L.
Personne ou presque ne connaît son visage, son vrai nom ou même l’endroit où il vit. Il communique à distance et possède une réputation de détective capable de résoudre les affaires que personne d’autre ne comprend.
Son entrée dans l’histoire change immédiatement le manga.
Grâce à une émission télévisée soigneusement préparée, L provoque Kira et parvient très tôt à réduire considérablement la zone géographique dans laquelle il se trouve.
Light comprend alors deux choses.
La première : L est dangereux.
La seconde : pour la première fois depuis qu’il possède le Death Note, il s’amuse vraiment.
Un nom et un visage valent davantage qu’un revolver
Death Note devient alors un duel assez étrange : les deux adversaires peuvent parfois se trouver extrêmement proches sans pouvoir simplement éliminer l’autre.
Light a besoin du vrai nom de L.
L doit prouver que Light est Kira.
Chacun cherche donc l’information qui fera tomber l’autre.
Les conversations deviennent des pièges. Un détail de comportement peut servir d’indice. Une caméra placée dans une chambre transforme le simple fait de faire ses devoirs en exercice de contre-espionnage.
Dans Death Note, même manger une chips peut demander un niveau de préparation normalement réservé à une opération clandestine.
C’est ce qui rend la lecture aussi addictive. Ohba ne se contente pas de dire que ses personnages sont intelligents : il construit des situations où chacun doit anticiper ce que l’autre va penser de son prochain mouvement.
Et parfois, le plan repose sur le fait que l’adversaire saura justement qu’un plan existe.
Les règles du Death Note deviennent elles-mêmes des armes
Le carnet possède de nombreuses règles.
Écrire un nom ne suffit pas toujours à obtenir exactement le résultat voulu. Il faut connaître le visage de la cible, et les circonstances du décès peuvent être précisées dans certaines limites.
Light commence rapidement à expérimenter.
Que peut-il imposer à une victime avant sa mort ? Jusqu’où peut-il contrôler les événements ? Que se passe-t-il lorsqu’un détail demandé est impossible ?
Ces règles ne servent pas seulement à encadrer le pouvoir pour éviter qu’il devienne trop facile.
Elles deviennent une partie du scénario.
Light les utilise pour créer des alibis, détourner les soupçons et préparer des stratégies sur plusieurs étapes. À mesure que de nouvelles informations apparaissent sur les Death Notes et les Shinigami, le lecteur se met lui aussi à réfléchir avec les règles sous les yeux.
Un peu comme un jeu de société où perdre la partie serait légèrement plus définitif.
Misa Amane entre dans la partie avec un deuxième Death Note
L’équilibre déjà fragile entre Light et L se complique lorsqu’apparaît Misa Amane.
Mannequin et personnalité populaire, Misa voue une véritable admiration à Kira.
Elle possède surtout quelque chose qui change complètement la partie : un autre Death Note.
Avec elle arrive également Rem, un autre Shinigami dont le comportement diffère fortement de celui de Ryûk.
Misa ne réfléchit pas comme Light.
Elle est beaucoup plus impulsive, guidée par ses émotions et prête à prendre des risques qui rendent Light aussi intéressé qu’exaspéré.
Et pourtant, elle dispose d’un avantage considérable.
Les yeux de Shinigami ont un prix
Un humain possédant un Death Note peut conclure un marché avec un Shinigami.
En échange de la moitié du temps qu’il lui reste à vivre, il obtient les yeux de Shinigami. Ceux-ci permettent notamment de connaître le vrai nom d’une personne simplement en regardant son visage.
Pour Light, ce pouvoir serait presque idéal.
L’une de ses principales difficultés consiste précisément à découvrir certains noms.
Mais accepter signifie sacrifier une partie de sa propre vie.
Misa n’aborde pas ce marché avec la même prudence.
L’arrivée des yeux de Shinigami modifie donc totalement l’équilibre entre Kira, L et les différents possesseurs de carnets. Un visage qui ne révélait rien quelques chapitres auparavant peut soudain devenir une information mortelle.
Le père de Light enquête sur Kira sans savoir jusqu’où mène la piste
Soichiro Yagami, le père de Light, dirige une partie de l’enquête japonaise contre Kira.
Cette situation donne au manga une tension que le simple duel Light contre L ne pourrait pas créer seul.
Soichiro croit profondément à la justice et prend des risques considérables pour arrêter Kira.
De son côté, Light doit continuer à jouer le rôle du fils brillant et irréprochable.
Les scènes familiales deviennent donc particulièrement étranges.
Le responsable de l’enquête peut rentrer chez lui après une journée passée à traquer Kira… et dîner à quelques mètres de la personne qu’il recherche.
Ohba utilise très bien cette proximité. Le danger ne vient pas uniquement d’une arrestation. Chaque avancée de l’enquête rapproche aussi Light de la possibilité de détruire sa propre famille.
Light et L : difficile de trouver deux génies plus différents
Light paraît presque conçu pour rassurer les adultes.
Excellent élève, beau, sportif, poli, ordonné : tout semble parfaitement en place.
L ressemble plutôt à quelqu’un qui aurait oublié qu’une chaise peut être utilisée normalement.
Il s’accroupit, marche courbé, tient les objets du bout des doigts et consomme une quantité impressionnante de sucreries.
Mais derrière ces apparences opposées, les deux partagent quelque chose de beaucoup plus important : ils détestent perdre.
Leur duel devient presque personnel.
Ils se testent, se provoquent et peuvent coopérer tout en analysant simultanément la manière dont l’autre essaie peut-être de les tromper.
Cette relation porte une énorme partie du manga parce qu’elle ne repose pas sur la force physique.
Dans beaucoup de shonen, deux rivaux finissent par mesurer leur puissance.
Ici, le coup fatal peut simplement être un nom découvert quelques secondes trop tôt.
Tsugumi Ohba et Takeshi Obata : le duo derrière trois séries majeures
Une grande partie de l’identité de Death Note vient de la rencontre entre Tsugumi Ohba au scénario et Takeshi Obata au dessin.
Ohba construit les règles, les pièges et les raisonnements qui opposent Light à L. Obata leur donne un visage et parvient à transformer des pages entières de réflexion en véritable suspense visuel.
Et Death Note n’est pas leur seule collaboration.
Le même duo est également à l’origine de Bakuman, qui plonge cette fois dans les coulisses de la création et de la publication d’un manga, ainsi que de Platinum End, où anges, candidats divins et pouvoirs surnaturels les ramènent vers un registre beaucoup plus sombre.
Trois séries très différentes, mais avec un point commun évident : Ohba aime construire des règles précises avant de regarder ses personnages chercher toutes les façons possibles de les exploiter.
Takeshi Obata transforme des pages de réflexion en véritable suspense
Sur le papier, Death Note aurait pu devenir très bavard.
Une grande partie de l’action se déroule dans la tête des personnages : hypothèses, raisonnements, mensonges et plans imbriqués.
Takeshi Obata réussit pourtant à donner un rythme remarquable à ces scènes.
Les regards prennent énormément d’importance. Un sourire de Light peut sembler parfaitement innocent pour son entourage et beaucoup moins pour le lecteur.
Ryûk et les autres Shinigami offrent à l’inverse un terrain graphique beaucoup plus extravagant. Leurs corps, leurs visages et leurs vêtements donnent au monde surnaturel une identité immédiatement reconnaissable.
Le Death Note lui-même reste pourtant d’une sobriété presque inquiétante.
Un simple cahier noir.
Pas de lumière magique. Pas de lame gigantesque. Pas besoin de pousser un cri avant de l’utiliser.
Seulement un stylo.
La vraie question n’est jamais seulement « qui va gagner ? »
Death Note fonctionne comme un thriller, mais le manga pose constamment une question beaucoup moins confortable : qu’est-ce que la justice ?
Le nombre de crimes diminue sous l’influence de Kira. Une partie de la population commence donc à considérer ses méthodes comme efficaces.
Mais que signifie une société dans laquelle une seule personne choisit secrètement qui doit mourir ?
Et que devient la notion de justice lorsque celui qui punit refuse lui-même toute loi au-dessus de lui ?
Le manga ne transforme pas ces questions en cours de philosophie.
Il les fait vivre à travers Light, L, la police, Misa et une population mondiale qui change progressivement de comportement parce qu’elle sait qu’une force invisible peut la juger.
C’est aussi pour cela que la série supporte si bien la relecture. Une fois débarrassé de la question « que va-t-il se passer ? », on remarque beaucoup mieux la vitesse à laquelle certains personnages déplacent leurs propres limites.
12 tomes pour l’histoire complète… et plusieurs façons de la lire
Death Note est une série complète en 12 tomes pour son récit principal. La série paraît au Japon dans le Weekly Shonen Jump de Shueisha et devient l’un des thrillers les plus connus du manga moderne.
En France, Kana publie notamment l’édition classique. Un tome 13, intitulé How to Read, complète l’ensemble avec des informations sur les personnages, les règles du Death Note et les coulisses de la série. Il ne constitue donc pas la suite du tome 12.
Pour ceux qui préfèrent des volumes plus imposants, découvrez également notre catégorie Death Note Black Edition, qui propose l’histoire dans une édition double au format plus généreux et à la présentation noire particulièrement reconnaissable.
Quelle que soit l’édition choisie, l’affrontement entre Light et L reste évidemment le même. Seule la taille du manga dans votre bibliothèque change. Heureusement, le cahier de la mort ne fonctionne toujours pas, quelque soit le format !
Du manga à l’anime, le cahier noir a largement dépassé le Japon
Death Note a naturellement connu plusieurs adaptations.
La série animée reste l’une des plus célèbres et a permis à Light, L, Ryûk et Misa de toucher un public encore plus large.
Des films japonais, des adaptations télévisées et d’autres interprétations de l’histoire ont également vu le jour.
Mais le manga conserve quelque chose de particulier.
Le dessin d’Obata permet de s’arrêter sur un regard, de revenir sur une règle ou de relire tranquillement un raisonnement pour comprendre à quel moment Light ou L vient de prendre l’avantage.
Et dans Death Note, relire trois pages parce qu’un personnage vient d’expliquer qu’il avait prévu depuis le début ce qui s’est passé six chapitres auparavant fait presque partie de l’expérience.
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Quand posséder le pouvoir absolu ne règle absolument aucun problème
Light Yagami croit pouvoir utiliser le Death Note pour créer un monde parfait. L’apparition de L transforme pourtant très vite son projet en guerre psychologique.
Ryûk observe l’affrontement avec amusement, tandis que Misa, Rem, la police japonaise et d’autres acteurs viennent progressivement bouleverser les plans des deux adversaires.
Les nombreuses règles du carnet rendent chaque victoire provisoire. Connaître un visage ne suffit pas sans le nom. Posséder un Death Note ne signifie pas comprendre tous ses secrets. Même abandonner le carnet peut avoir des conséquences inattendues.
Cette mécanique transforme la série en une succession de pièges où l’intelligence compte davantage que la force.
Mais derrière le jeu existe toujours la même question : Light veut-il réellement créer un monde meilleur, ou simplement un monde dans lequel personne ne peut contester son jugement ?
L’histoire principale de Death Note est complète en 12 tomes. Le volume 13 est un guide complémentaire consacré à l’univers et aux personnages.
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