Criminelles Fiançailles

Criminelles Fiançailles : rencontrer son futur mari est déjà stressant… quand sa famille est yakuza, ça se complique

Criminelles Fiançailles commence par une idée que Yoshino Somei aurait volontiers laissée à quelqu’un d’autre : son grand-père vient de lui trouver un fiancé. Et pas n’importe lequel. Kirishima Miyama appartient lui aussi à une puissante famille de yakuzas, mais du côté de Tokyo.

Yoshino quitte donc Osaka pour aller vivre auprès de celui qu’elle est censée apprendre à connaître. Bonne surprise : Kirishima est beau, poli, attentionné et parfaitement intégré au lycée. Mauvaise surprise : tout cela ne représente qu’une partie du personnage.

Il suffit qu’une situation dérape pour que Yoshino découvre derrière son sourire un garçon beaucoup plus inquiétant, capable d’une violence assez dérangeante… et visiblement ravi lorsque les choses deviennent dangereuses.

Asuka Konishi transforme alors les fiançailles arrangées en drôle de mélange entre romance, humour noir et thriller yakuza. Ici, la question n’est pas seulement de savoir si les deux adolescents vont finir par s’aimer. Il faudrait déjà déterminer lequel est le plus dangereux pour l’autre.

Yoshino Somei n’est certainement pas la petite princesse du clan

Yoshino a grandi au milieu des membres du clan Somei, dirigé par son grand-père Renji Somei.

Elle connaît donc parfaitement l’univers des yakuzas, leurs codes et cette étrange manière qu’ont certains adultes de parler très calmement de choses qui devraient normalement inquiéter tout le monde.

Pourtant, sa vie quotidienne était plutôt paisible.

Yoshino ne cherchait pas les ennuis. Elle n’avait surtout aucune envie de devenir l’héroïne d’une grande alliance entre familles criminelles. Son grand-père en décide autrement lorsqu’il organise son rapprochement avec Kirishima.

Ce qui fait immédiatement fonctionner le personnage, c’est qu’elle refuse de se comporter comme une victime impressionnable.

Elle peut avoir peur. Elle peut comprendre qu’elle est entourée de gens dangereux. Mais elle possède une fierté énorme et supporte très mal qu’on la traite comme une idiote.

Kirishima va justement découvrir qu’une jeune femme élevée par Renji Somei possède quelques ressources lorsqu’on la pousse vraiment à bout.

Kirishima Miyama : le fiancé idéal, à condition de ne pas regarder trop longtemps derrière le sourire

À première vue, Kirishima pourrait presque rassurer Yoshino.

Il est intelligent, sportif, populaire et tellement aimable que son appartenance à une famille yakuza paraît difficile à imaginer.

Puis le masque tombe.

Kirishima entretient avec la violence un rapport pour le moins inhabituel. Certaines situations qui terrifieraient une personne normale semblent au contraire réveiller son intérêt.

Il devient également rapidement fasciné par Yoshino dès qu’elle cesse de correspondre à l’image sage qu’il s’était faite d’elle.

C’est là que leur relation devient franchement étrange.

Yoshino aimerait surtout traverser cette année à Tokyo sans perdre sa dignité ni sa peau. Kirishima, lui, semble de plus en plus convaincu qu’il vient peut-être de rencontrer la seule fille capable de rendre sa vie réellement intéressante.

On a connu des débuts de romance avec davantage de fleurs et beaucoup moins de menaces de mort.

Le vrai plaisir vient du fait que Yoshino refuse les règles du jeu

Ce serait facile de construire toute l’histoire autour du garçon dangereux qui fascine une héroïne naïve.

Asuka Konishi choisit quelque chose de beaucoup plus réjouissant.

Yoshino voit très bien que Kirishima est inquiétant.

Elle ne confond pas son charme avec de la gentillesse, et ne transforme pas chacun de ses comportements en preuve romantique. Lorsqu’il dépasse les limites, elle lui répond.

Parfois très franchement.

La relation devient alors une sorte de duel permanent où chacun essaie de comprendre jusqu’où l’autre peut aller.

Kirishima adore provoquer. Yoshino déteste perdre la face. Ils sont censés devenir un couple, mais passent déjà beaucoup de temps à négocier les conditions dans lesquelles ils pourraient éviter de s’entre-tuer.

C’est nettement moins paisible qu’un dîner aux chandelles, mais beaucoup plus amusant à lire.

Osaka et Tokyo : deux familles qui auraient pu choisir une méthode plus simple pour se rapprocher

Les fiançailles ne sortent évidemment pas de nulle part.

Renji Somei, le grand-père de Yoshino, dirige une organisation liée au puissant clan Kirigaya dans le Kansai. À Tokyo, Kirishima appartient à la famille Miyama, rattachée à une grande organisation du Kanto.

Renji et Gaku Miyama, le grand-père de Kirishima, se connaissent depuis longtemps. Leur idée consiste donc à rapprocher leurs petits-enfants.

Yoshino découvre le projet avec un enthousiasme extrêmement modéré.

Mais ces liens donnent surtout au récit une dimension plus large que la simple vie sentimentale de deux lycéens.

Les familles, alliances, territoires et vieilles histoires finissent régulièrement par rattraper les personnages. Une sortie apparemment banale peut prendre une tout autre tournure dès qu’un nom de clan apparaît dans la conversation.

Le décor yakuza n’est donc pas là uniquement pour donner à Kirishima une allure dangereuse. Il influence réellement les relations et les décisions des personnages.

Shôma Toriashi arrive de Kansai et l’ambiance devient encore plus détendue… évidemment non

Shôma Toriashi connaît Yoshino depuis longtemps.

Renji l’a recueilli après un événement de son enfance, et il est devenu un membre du clan Somei. Avec Yoshino, le lien ressemble davantage à celui d’une famille qu’à une simple connaissance.

Shôma parle peu et possède un tempérament bien différent de celui de Kirishima.

Lorsqu’il arrive à Tokyo, l’existence du fiancé ne lui inspire pas exactement une confiance aveugle.

Kirishima comprend de son côté immédiatement que Shôma compte énormément pour Yoshino.

Il ne faut pas beaucoup plus pour installer une tension délicieusement inconfortable entre les deux garçons.

La rivalité ne reste d’ailleurs pas enfermée dans quelques regards jaloux. Chez ces personnages, régler un désaccord peut prendre une tournure beaucoup plus physique.

Yoshino se retrouve alors dans la position absurde de devoir rappeler à deux hommes issus du milieu yakuza qu’ils pourraient, éventuellement, essayer de se comporter comme des êtres humains civilisés pendant cinq minutes.

Renji Somei : le grand-père qui déclenche toute l’histoire et continue tranquillement sa journée

Renji mérite une mention particulière.

Il aime sincèrement sa petite-fille et l’a élevée entourée des membres de son clan. Pourtant, sa manière de gérer les grandes décisions familiales possède quelque chose de spectaculaire.

Annoncer pratiquement à Yoshino qu’elle va partir vivre à Tokyo auprès d’un fiancé choisi à l’avance semble entrer dans la catégorie des choses parfaitement raisonnables à ses yeux.

Son caractère chaleureux et parfois imprévisible évite cependant d’en faire simplement le vieux chef autoritaire du récit.

Renji connaît très bien le monde dans lequel il évolue. Il comprend également sa petite-fille mieux que beaucoup de personnages.

Quand Yoshino décide de tenir tête à quelqu’un, il sait parfaitement d’où vient ce caractère.

On soupçonne assez vite qu’elle n’a pas hérité uniquement de son nom de famille.

Retour à Osaka : Kirishima découvre enfin le terrain de Yoshino

Le passage par Osaka change agréablement le rapport entre les personnages.

À Tokyo, Yoshino évolue sur le territoire de Kirishima. Elle doit comprendre sa famille, ses habitudes et les gens qui gravitent autour de lui.

Lorsqu’elle rentre dans le Kansai, les rôles s’inversent.

Kirishima rencontre davantage de membres du clan Somei, retrouve Shôma et découvre l’environnement dans lequel Yoshino a grandi.

Évidemment, leurs vacances ne se transforment pas en paisible visite touristique.

Une affaire criminelle les entraîne dans une situation beaucoup plus vaste, avec plusieurs groupes impliqués et des adversaires dont les intentions restent difficiles à lire.

Ce changement de décor permet surtout à Asuka Konishi de montrer que Yoshino ne devient pas soudainement une autre personne lorsqu’elle retourne chez elle. Elle paraît simplement beaucoup plus à sa place.

Et Kirishima, qui adore observer tout ce qui concerne sa fiancée, ne perd évidemment pas une miette du spectacle.

Azami : comme si Kirishima et Shôma ne suffisaient pas déjà

Puis apparaît Azami Suo.

Masqué, peu bavard et extrêmement dangereux, il est capable de s’attaquer seul à des hommes du milieu. Son appartenance comme ses véritables motivations restent difficiles à déterminer.

Un élément est en revanche très clair : Yoshino l’intéresse.

Il possède aussi un lien avec le passé de Kirishima.

Son arrivée déplace encore l’équilibre de l’histoire. Les vieilles affaires des clans et l’histoire familiale de Yoshino commencent à révéler des zones beaucoup plus troubles.

Le personnage fonctionne particulièrement bien parce qu’il n’a pas besoin de multiplier les grandes déclarations pour paraître menaçant.

Quand quelqu’un est suffisamment dangereux pour inquiéter Kirishima, inutile d’ajouter une musique dramatique. Le message est déjà passé.

Une romance où « tu me plais » n’est jamais une information suffisante

Ce qui rend Criminelles Fiançailles aussi particulier, c’est sa façon de traiter l’attirance.

Kirishima peut exprimer très franchement son intérêt pour Yoshino. Cela ne règle absolument rien.

Parce que Yoshino ne se demande pas seulement s’il l’aime.

Elle se demande ce que signifie l’amour chez un garçon comme lui.

Peut-on faire confiance à quelqu’un qui semble capable de devenir violent sans prévenir ? Est-il sincère ou simplement obsédé par ce qui l’amuse sur le moment ? Et combien de règles faut-il écrire avant de pouvoir le laisser sortir sans provoquer une catastrophe ?

La série s’amuse beaucoup avec cette incompatibilité.

Les deux personnages peuvent partager un moment presque tendre, puis une phrase suffit pour rappeler que leur couple potentiel n’a vraiment rien de conventionnel.

Asuka Konishi garde ainsi constamment une petite tension sous les scènes les plus calmes.

Le dessin sait exactement quand rendre Kirishima inquiétant

Le trait d’Asuka Konishi participe beaucoup à cette sensation.

Ses personnages peuvent être très beaux sans ressembler à des mannequins figés.

Yoshino possède notamment des expressions extrêmement vivantes. La colère, l’exaspération et l’incrédulité passent parfois par un simple regard.

Kirishima profite d’un traitement encore plus intéressant.

Son sourire peut sembler parfaitement charmant dans une scène puis devenir franchement dérangeant dans la suivante sans que son visage change énormément.

C’est souvent le regard qui fait toute la différence.

Les scènes de violence arrivent également avec une brutalité qui contraste avec les passages de vie quotidienne. Il n’est pas nécessaire de transformer chaque page en bain de sang : quelques cases suffisent pour rappeler le milieu dans lequel ces adolescents ont grandi.

Un seinen qui préfère les personnages imprévisibles aux clichés du yakuza romantique

Criminelles Fiançailles est publié en France par Pika dans sa collection Pika Seinen. Le titre original, Raise wa Tanin ga Ii, est l’œuvre d’Asuka Konishi, qui assure à la fois le scénario et le dessin.

Le manga est né au Japon chez Kodansha, dans le magazine Monthly Afternoon.

Il a rapidement attiré l’attention : l’œuvre a notamment remporté le Manga Newspaper Award 2018 ainsi que la première place de la catégorie manga papier du Next Manga Award 2018.

Ce succès s’explique assez facilement une fois Yoshino et Kirishima rencontrés.

Ils ne correspondent pas vraiment au couple que l’on imaginerait présenter avec enthousiasme à toute la famille.

Le problème, c’est que leurs familles se connaissent déjà.

Criminelles Fiançailles en anime

L’univers d’Asuka Konishi a également été adapté en série animée.

L’anime reprend la rencontre entre Yoshino et Kirishima, le départ pour Tokyo, l’arrivée de Shôma et plusieurs des affaires qui viennent perturber leur étrange cohabitation.

Cette adaptation permet notamment d’entendre les différences de ton entre les personnages du Kansai et ceux de Tokyo, un aspect intéressant dans une histoire où les origines régionales comptent beaucoup.

Mais le manga possède un avantage difficile à remplacer : le dessin d’Asuka Konishi et ces changements d’expression qui permettent à une scène de passer du drôle au franchement inquiétant en quelques centimètres de papier.

Lire plus sur Criminelles Fiançailles

Yoshino aurait sans doute préféré terminer tranquillement son lycée à Osaka. Son grand-père Renji en décide autrement en lui annonçant des fiançailles avec Kirishima Miyama, héritier d’une puissante famille yakuza de Tokyo.

Deux héritiers qui ne ressemblent pas vraiment au couple modèle

Le premier contact pourrait presque être rassurant. Kirishima accueille Yoshino avec gentillesse et semble être le lycéen parfait.

Cette impression ne dure pas.

Lorsqu’elle découvre son vrai tempérament, Yoshino comprend que le garçon charmant possède une relation très particulière avec le danger et la violence. Plutôt que de fuir immédiatement, elle décide cependant de rester assez longtemps pour ne pas rentrer à Osaka humiliée.

C’est à partir de là que leur drôle de relation prend tout son intérêt.

Shôma, proche de Yoshino depuis l’enfance, ajoute encore une tension supplémentaire. Puis les affaires des clans, le retour à Osaka et l’apparition d’Azami montrent que ces fiançailles ne concernent jamais uniquement deux adolescents.

Asuka Konishi mélange ainsi romance, humour noir et intrigues criminelles sans transformer les yakuzas en simple décoration exotique. Les familles, les alliances et les vieilles histoires influencent réellement le parcours des personnages.

Retrouvez ici nos mangas Criminelles Fiançailles d’Asuka Konishi. Une série idéale si vous aimez les héroïnes qui ne se laissent pas impressionner, les garçons beaucoup trop souriants pour être honnêtes et les histoires d’amour où rencontrer la belle-famille est probablement la partie la moins inquiétante du programme.

FILTRES

Voici le seul résultat

Criminelles Fiançailles : rencontrer son futur mari est déjà stressant… quand sa famille est yakuza, ça se complique

Criminelles Fiançailles commence par une idée que Yoshino Somei aurait volontiers laissée à quelqu’un d’autre : son grand-père vient de lui trouver un fiancé. Et pas n’importe lequel. Kirishima Miyama appartient lui aussi à une puissante famille de yakuzas, mais du côté de Tokyo.

Yoshino quitte donc Osaka pour aller vivre auprès de celui qu’elle est censée apprendre à connaître. Bonne surprise : Kirishima est beau, poli, attentionné et parfaitement intégré au lycée. Mauvaise surprise : tout cela ne représente qu’une partie du personnage.

Il suffit qu’une situation dérape pour que Yoshino découvre derrière son sourire un garçon beaucoup plus inquiétant, capable d’une violence assez dérangeante… et visiblement ravi lorsque les choses deviennent dangereuses.

Asuka Konishi transforme alors les fiançailles arrangées en drôle de mélange entre romance, humour noir et thriller yakuza. Ici, la question n’est pas seulement de savoir si les deux adolescents vont finir par s’aimer. Il faudrait déjà déterminer lequel est le plus dangereux pour l’autre.

Yoshino Somei n’est certainement pas la petite princesse du clan

Yoshino a grandi au milieu des membres du clan Somei, dirigé par son grand-père Renji Somei.

Elle connaît donc parfaitement l’univers des yakuzas, leurs codes et cette étrange manière qu’ont certains adultes de parler très calmement de choses qui devraient normalement inquiéter tout le monde.

Pourtant, sa vie quotidienne était plutôt paisible.

Yoshino ne cherchait pas les ennuis. Elle n’avait surtout aucune envie de devenir l’héroïne d’une grande alliance entre familles criminelles. Son grand-père en décide autrement lorsqu’il organise son rapprochement avec Kirishima.

Ce qui fait immédiatement fonctionner le personnage, c’est qu’elle refuse de se comporter comme une victime impressionnable.

Elle peut avoir peur. Elle peut comprendre qu’elle est entourée de gens dangereux. Mais elle possède une fierté énorme et supporte très mal qu’on la traite comme une idiote.

Kirishima va justement découvrir qu’une jeune femme élevée par Renji Somei possède quelques ressources lorsqu’on la pousse vraiment à bout.

Kirishima Miyama : le fiancé idéal, à condition de ne pas regarder trop longtemps derrière le sourire

À première vue, Kirishima pourrait presque rassurer Yoshino.

Il est intelligent, sportif, populaire et tellement aimable que son appartenance à une famille yakuza paraît difficile à imaginer.

Puis le masque tombe.

Kirishima entretient avec la violence un rapport pour le moins inhabituel. Certaines situations qui terrifieraient une personne normale semblent au contraire réveiller son intérêt.

Il devient également rapidement fasciné par Yoshino dès qu’elle cesse de correspondre à l’image sage qu’il s’était faite d’elle.

C’est là que leur relation devient franchement étrange.

Yoshino aimerait surtout traverser cette année à Tokyo sans perdre sa dignité ni sa peau. Kirishima, lui, semble de plus en plus convaincu qu’il vient peut-être de rencontrer la seule fille capable de rendre sa vie réellement intéressante.

On a connu des débuts de romance avec davantage de fleurs et beaucoup moins de menaces de mort.

Le vrai plaisir vient du fait que Yoshino refuse les règles du jeu

Ce serait facile de construire toute l’histoire autour du garçon dangereux qui fascine une héroïne naïve.

Asuka Konishi choisit quelque chose de beaucoup plus réjouissant.

Yoshino voit très bien que Kirishima est inquiétant.

Elle ne confond pas son charme avec de la gentillesse, et ne transforme pas chacun de ses comportements en preuve romantique. Lorsqu’il dépasse les limites, elle lui répond.

Parfois très franchement.

La relation devient alors une sorte de duel permanent où chacun essaie de comprendre jusqu’où l’autre peut aller.

Kirishima adore provoquer. Yoshino déteste perdre la face. Ils sont censés devenir un couple, mais passent déjà beaucoup de temps à négocier les conditions dans lesquelles ils pourraient éviter de s’entre-tuer.

C’est nettement moins paisible qu’un dîner aux chandelles, mais beaucoup plus amusant à lire.

Osaka et Tokyo : deux familles qui auraient pu choisir une méthode plus simple pour se rapprocher

Les fiançailles ne sortent évidemment pas de nulle part.

Renji Somei, le grand-père de Yoshino, dirige une organisation liée au puissant clan Kirigaya dans le Kansai. À Tokyo, Kirishima appartient à la famille Miyama, rattachée à une grande organisation du Kanto.

Renji et Gaku Miyama, le grand-père de Kirishima, se connaissent depuis longtemps. Leur idée consiste donc à rapprocher leurs petits-enfants.

Yoshino découvre le projet avec un enthousiasme extrêmement modéré.

Mais ces liens donnent surtout au récit une dimension plus large que la simple vie sentimentale de deux lycéens.

Les familles, alliances, territoires et vieilles histoires finissent régulièrement par rattraper les personnages. Une sortie apparemment banale peut prendre une tout autre tournure dès qu’un nom de clan apparaît dans la conversation.

Le décor yakuza n’est donc pas là uniquement pour donner à Kirishima une allure dangereuse. Il influence réellement les relations et les décisions des personnages.

Shôma Toriashi arrive de Kansai et l’ambiance devient encore plus détendue… évidemment non

Shôma Toriashi connaît Yoshino depuis longtemps.

Renji l’a recueilli après un événement de son enfance, et il est devenu un membre du clan Somei. Avec Yoshino, le lien ressemble davantage à celui d’une famille qu’à une simple connaissance.

Shôma parle peu et possède un tempérament bien différent de celui de Kirishima.

Lorsqu’il arrive à Tokyo, l’existence du fiancé ne lui inspire pas exactement une confiance aveugle.

Kirishima comprend de son côté immédiatement que Shôma compte énormément pour Yoshino.

Il ne faut pas beaucoup plus pour installer une tension délicieusement inconfortable entre les deux garçons.

La rivalité ne reste d’ailleurs pas enfermée dans quelques regards jaloux. Chez ces personnages, régler un désaccord peut prendre une tournure beaucoup plus physique.

Yoshino se retrouve alors dans la position absurde de devoir rappeler à deux hommes issus du milieu yakuza qu’ils pourraient, éventuellement, essayer de se comporter comme des êtres humains civilisés pendant cinq minutes.

Renji Somei : le grand-père qui déclenche toute l’histoire et continue tranquillement sa journée

Renji mérite une mention particulière.

Il aime sincèrement sa petite-fille et l’a élevée entourée des membres de son clan. Pourtant, sa manière de gérer les grandes décisions familiales possède quelque chose de spectaculaire.

Annoncer pratiquement à Yoshino qu’elle va partir vivre à Tokyo auprès d’un fiancé choisi à l’avance semble entrer dans la catégorie des choses parfaitement raisonnables à ses yeux.

Son caractère chaleureux et parfois imprévisible évite cependant d’en faire simplement le vieux chef autoritaire du récit.

Renji connaît très bien le monde dans lequel il évolue. Il comprend également sa petite-fille mieux que beaucoup de personnages.

Quand Yoshino décide de tenir tête à quelqu’un, il sait parfaitement d’où vient ce caractère.

On soupçonne assez vite qu’elle n’a pas hérité uniquement de son nom de famille.

Retour à Osaka : Kirishima découvre enfin le terrain de Yoshino

Le passage par Osaka change agréablement le rapport entre les personnages.

À Tokyo, Yoshino évolue sur le territoire de Kirishima. Elle doit comprendre sa famille, ses habitudes et les gens qui gravitent autour de lui.

Lorsqu’elle rentre dans le Kansai, les rôles s’inversent.

Kirishima rencontre davantage de membres du clan Somei, retrouve Shôma et découvre l’environnement dans lequel Yoshino a grandi.

Évidemment, leurs vacances ne se transforment pas en paisible visite touristique.

Une affaire criminelle les entraîne dans une situation beaucoup plus vaste, avec plusieurs groupes impliqués et des adversaires dont les intentions restent difficiles à lire.

Ce changement de décor permet surtout à Asuka Konishi de montrer que Yoshino ne devient pas soudainement une autre personne lorsqu’elle retourne chez elle. Elle paraît simplement beaucoup plus à sa place.

Et Kirishima, qui adore observer tout ce qui concerne sa fiancée, ne perd évidemment pas une miette du spectacle.

Azami : comme si Kirishima et Shôma ne suffisaient pas déjà

Puis apparaît Azami Suo.

Masqué, peu bavard et extrêmement dangereux, il est capable de s’attaquer seul à des hommes du milieu. Son appartenance comme ses véritables motivations restent difficiles à déterminer.

Un élément est en revanche très clair : Yoshino l’intéresse.

Il possède aussi un lien avec le passé de Kirishima.

Son arrivée déplace encore l’équilibre de l’histoire. Les vieilles affaires des clans et l’histoire familiale de Yoshino commencent à révéler des zones beaucoup plus troubles.

Le personnage fonctionne particulièrement bien parce qu’il n’a pas besoin de multiplier les grandes déclarations pour paraître menaçant.

Quand quelqu’un est suffisamment dangereux pour inquiéter Kirishima, inutile d’ajouter une musique dramatique. Le message est déjà passé.

Une romance où « tu me plais » n’est jamais une information suffisante

Ce qui rend Criminelles Fiançailles aussi particulier, c’est sa façon de traiter l’attirance.

Kirishima peut exprimer très franchement son intérêt pour Yoshino. Cela ne règle absolument rien.

Parce que Yoshino ne se demande pas seulement s’il l’aime.

Elle se demande ce que signifie l’amour chez un garçon comme lui.

Peut-on faire confiance à quelqu’un qui semble capable de devenir violent sans prévenir ? Est-il sincère ou simplement obsédé par ce qui l’amuse sur le moment ? Et combien de règles faut-il écrire avant de pouvoir le laisser sortir sans provoquer une catastrophe ?

La série s’amuse beaucoup avec cette incompatibilité.

Les deux personnages peuvent partager un moment presque tendre, puis une phrase suffit pour rappeler que leur couple potentiel n’a vraiment rien de conventionnel.

Asuka Konishi garde ainsi constamment une petite tension sous les scènes les plus calmes.

Le dessin sait exactement quand rendre Kirishima inquiétant

Le trait d’Asuka Konishi participe beaucoup à cette sensation.

Ses personnages peuvent être très beaux sans ressembler à des mannequins figés.

Yoshino possède notamment des expressions extrêmement vivantes. La colère, l’exaspération et l’incrédulité passent parfois par un simple regard.

Kirishima profite d’un traitement encore plus intéressant.

Son sourire peut sembler parfaitement charmant dans une scène puis devenir franchement dérangeant dans la suivante sans que son visage change énormément.

C’est souvent le regard qui fait toute la différence.

Les scènes de violence arrivent également avec une brutalité qui contraste avec les passages de vie quotidienne. Il n’est pas nécessaire de transformer chaque page en bain de sang : quelques cases suffisent pour rappeler le milieu dans lequel ces adolescents ont grandi.

Un seinen qui préfère les personnages imprévisibles aux clichés du yakuza romantique

Criminelles Fiançailles est publié en France par Pika dans sa collection Pika Seinen. Le titre original, Raise wa Tanin ga Ii, est l’œuvre d’Asuka Konishi, qui assure à la fois le scénario et le dessin.

Le manga est né au Japon chez Kodansha, dans le magazine Monthly Afternoon.

Il a rapidement attiré l’attention : l’œuvre a notamment remporté le Manga Newspaper Award 2018 ainsi que la première place de la catégorie manga papier du Next Manga Award 2018.

Ce succès s’explique assez facilement une fois Yoshino et Kirishima rencontrés.

Ils ne correspondent pas vraiment au couple que l’on imaginerait présenter avec enthousiasme à toute la famille.

Le problème, c’est que leurs familles se connaissent déjà.

Criminelles Fiançailles en anime

L’univers d’Asuka Konishi a également été adapté en série animée.

L’anime reprend la rencontre entre Yoshino et Kirishima, le départ pour Tokyo, l’arrivée de Shôma et plusieurs des affaires qui viennent perturber leur étrange cohabitation.

Cette adaptation permet notamment d’entendre les différences de ton entre les personnages du Kansai et ceux de Tokyo, un aspect intéressant dans une histoire où les origines régionales comptent beaucoup.

Mais le manga possède un avantage difficile à remplacer : le dessin d’Asuka Konishi et ces changements d’expression qui permettent à une scène de passer du drôle au franchement inquiétant en quelques centimètres de papier.

Lire plus sur Criminelles Fiançailles

Yoshino aurait sans doute préféré terminer tranquillement son lycée à Osaka. Son grand-père Renji en décide autrement en lui annonçant des fiançailles avec Kirishima Miyama, héritier d’une puissante famille yakuza de Tokyo.

Deux héritiers qui ne ressemblent pas vraiment au couple modèle

Le premier contact pourrait presque être rassurant. Kirishima accueille Yoshino avec gentillesse et semble être le lycéen parfait.

Cette impression ne dure pas.

Lorsqu’elle découvre son vrai tempérament, Yoshino comprend que le garçon charmant possède une relation très particulière avec le danger et la violence. Plutôt que de fuir immédiatement, elle décide cependant de rester assez longtemps pour ne pas rentrer à Osaka humiliée.

C’est à partir de là que leur drôle de relation prend tout son intérêt.

Shôma, proche de Yoshino depuis l’enfance, ajoute encore une tension supplémentaire. Puis les affaires des clans, le retour à Osaka et l’apparition d’Azami montrent que ces fiançailles ne concernent jamais uniquement deux adolescents.

Asuka Konishi mélange ainsi romance, humour noir et intrigues criminelles sans transformer les yakuzas en simple décoration exotique. Les familles, les alliances et les vieilles histoires influencent réellement le parcours des personnages.

Retrouvez ici nos mangas Criminelles Fiançailles d’Asuka Konishi. Une série idéale si vous aimez les héroïnes qui ne se laissent pas impressionner, les garçons beaucoup trop souriants pour être honnêtes et les histoires d’amour où rencontrer la belle-famille est probablement la partie la moins inquiétante du programme.