Bucket List of the Dead

Bucket List of the Dead : l’apocalypse zombie comme meilleure démission possible

Bucket List of the Dead commence avec un homme qui devrait être terrorisé. Tokyo grouille de zombies, les rues sont devenues mortelles et la civilisation est en train de s’effondrer. Pourtant, Akira Tendô regarde ce chaos avec un immense sourire : demain matin, il n’aura pas besoin d’aller travailler.

À 24 ans, Akira a déjà passé trois années dans une entreprise qui l’a vidé de toute énergie. Journées interminables, nuits sacrifiées et pression constante ont fini par lui faire oublier qu’une vie pouvait servir à autre chose qu’à retourner au bureau. L’épidémie remet brutalement les compteurs à zéro.

Plutôt que d’attendre sa transformation en zombie, Akira écrit une liste : 100 choses qu’il veut absolument faire avant de mourir. Haro Aso imagine le scénario et Kotaro Takata le met en images. Leur manga mélange alors apocalypse, humour, voyage et critique du monde du travail avec une idée assez réjouissante : puisque tout peut s’arrêter demain, autant commencer enfin à vivre aujourd’hui.

La fin du monde commence par une bière en pleine journée

Akira ne rêve pas immédiatement de sauver l’humanité.

Ses premières envies sont beaucoup plus simples.

Ranger son appartement. Boire une bonne bière. Dire ce qu’il ressent à une femme qui lui plaît. Retrouver un vieil ami. Faire des choses qu’il repoussait toujours à plus tard parce que son travail occupait toute la place.

C’est là que Bucket List of the Dead trouve son ton.

Les zombies constituent une menace réelle, mais ils servent aussi de révélateur. Akira comprend qu’avant même l’épidémie, il vivait déjà comme un mort-vivant : métro, boulot, épuisement, sommeil trop court, puis recommencer.

Le premier grand changement n’est donc pas physique. Il tient dans la façon dont il regarde sa propre existence.

Quand une horde de morts-vivants représente une amélioration notable de vos conditions de travail, il est probablement temps de revoir quelques éléments du contrat.

Cent choses à faire avant de devenir un zombie

La fameuse liste des 100 choses donne au manga sa direction.

Certains objectifs sont modestes. D’autres deviennent beaucoup plus ambitieux, absurdes ou dangereux.

Akira ne suit pourtant pas sa liste comme un programme rigide. Elle représente surtout tout ce qu’il n’osait plus envisager lorsqu’il travaillait.

Chaque ligne cochée devient une petite revanche.

Le procédé permet aussi au récit de changer régulièrement d’ambiance. Une étape peut tourner autour d’un plaisir quotidien, la suivante entraîner le groupe sur les routes du Japon, puis une nouvelle idée les pousser dans une situation que même une personne raisonnable aurait évitée avant l’apocalypse.

Akira, lui, a justement décidé d’arrêter de consacrer sa vie à être raisonnable pour les autres.

Kencho, l’ami qu’Akira avait laissé derrière lui

Parmi les premiers noms qui comptent vraiment figure Kenichirô Ryûzaki, surnommé Kencho.

Akira et lui étaient proches avant que leurs vies professionnelles les éloignent. Kencho travaille dans l’immobilier et affiche l’image du jeune homme qui réussit : beau costume, aisance sociale, confiance en lui.

Derrière la façade, le tableau est moins brillant.

Sa carrière ne lui apporte pas la satisfaction qu’il prétend avoir trouvée. Retrouver Akira pendant l’épidémie lui donne l’occasion de reconnaître qu’il s’est lui aussi éloigné de ce qu’il voulait réellement.

Kencho apporte beaucoup d’énergie au groupe. Plus extraverti qu’Akira, il participe avec enthousiasme aux idées les plus improbables.

Et il partage avec lui une conviction désormais très solide : si le monde peut disparaître demain, autant éviter de passer aujourd’hui à faire semblant d’être heureux.

Shizuka Mikazuki avait prévu de survivre, pas de s’amuser

Shizuka Mikazuki aborde l’épidémie d’une manière radicalement différente.

Elle analyse les risques, prépare ses déplacements et cherche avant tout à maximiser ses chances de survie. Pour elle, prendre un danger inutile simplement parce qu’une activité figure sur une liste paraît franchement absurde.

Autant dire qu’Akira constitue un cas d’étude particulièrement irritant.

Le contraste fonctionne immédiatement. Lui cherche à profiter de chaque journée. Elle veut s’assurer qu’il y aura encore une journée suivante.

Le manga évite pourtant de présenter l’un comme raisonnable et l’autre comme totalement inconscient.

Shizuka comprend progressivement que survivre sans jamais rien faire de ce qui nous rend heureux ressemble aussi à une forme d’enfermement. Akira, de son côté, découvre qu’un minimum de préparation peut être utile lorsqu’un trajet en supermarché implique plusieurs dizaines de zombies.

Ils se font ainsi évoluer mutuellement sans devenir soudainement identiques.

Béatrix Amerhauser voulait découvrir le Japon… elle choisit un moment compliqué

Béatrix Amerhauser apporte une nouvelle énergie au voyage.

Venue d’Allemagne, elle adore la culture japonaise et rêvait de découvrir le pays.

L’apocalypse aurait pu mettre un terme définitif au programme. Béatrix n’est visiblement pas du genre à annuler ses vacances pour si peu.

Elle veut goûter des spécialités, découvrir des traditions et profiter des lieux qu’elle rêvait de visiter. Sa passion peut devenir spectaculaire, notamment lorsqu’elle doit défendre ce qu’elle aime.

Béatrix apporte aussi un regard extérieur sur le Japon.

À travers elle, le groupe redécouvre certains endroits et certaines pratiques qu’Akira ou Kencho auraient pu considérer comme ordinaires avant la catastrophe.

La présence de zombies complique évidemment les visites. Les brochures touristiques omettent généralement ce détail.

Une apocalypse qui donne envie de prendre la route

Bucket List of the Dead ne reste pas longtemps enfermé dans Tokyo.

La liste d’Akira pousse le groupe à voyager et à traverser différentes régions du Japon.

Le changement de décor fait beaucoup de bien au récit.

Routes, villages, montagnes, îles et grandes villes offrent chacun leurs propres problèmes. L’épidémie n’a pas touché tous les endroits de la même manière, et les survivants rencontrés n’ont pas tous choisi la même façon de vivre.

Certains tentent de reconstruire quelque chose. D’autres profitent du chaos. Quelques-uns deviennent plus dangereux que les zombies eux-mêmes.

Le road trip permet surtout de conserver l’idée centrale du manga : Akira ne veut pas simplement échapper à la mort. Il veut remplir le temps qu’il lui reste.

Cette différence transforme chaque déplacement. Arriver vivant compte, évidemment. Mais avoir une bonne raison d’être arrivé compte presque autant.

Les zombies ne sont parfois même pas le pire problème

Les morts-vivants de la série peuvent surgir n’importe où.

Ils attaquent en groupe, transforment rapidement certains lieux en pièges et rendent les activités les plus banales dangereuses.

Pourtant, Haro Aso ne fait pas de chaque arc une simple fuite devant une nouvelle horde.

Les humains compliquent largement les choses eux-mêmes.

L’ancien supérieur d’Akira illustre parfaitement cette idée. Même après l’effondrement du monde, certains rapports de domination trouvent encore le moyen de survivre.

D’autres rencontres interrogent la manière dont chacun réagit lorsque les règles habituelles disparaissent.

La catastrophe ne rend donc pas automatiquement les gens meilleurs ou pires. Elle enlève surtout une partie des barrières qui les empêchaient de montrer ce qu’ils étaient déjà.

Le travail est l’un des vrais monstres du début

Le premier tome frappe particulièrement juste dans sa représentation de l’épuisement professionnel.

Au départ, Akira arrive dans son entreprise plein d’enthousiasme.

Quelques années suffisent pour le transformer.

Il dort mal, ne prend presque plus soin de lui et n’arrive même plus à imaginer quitter son emploi. Son quotidien absorbe toute son énergie jusqu’à rendre l’idée d’une autre vie presque inaccessible.

L’épidémie zombie agit alors comme une rupture totale.

La plaisanterie est énorme, mais le fond reste très reconnaissable : combien de choses remet-on à plus tard en pensant qu’on aura davantage de temps lorsqu’on travaillera moins, lorsqu’on sera moins fatigué ou lorsque la période compliquée sera passée ?

Akira reçoit une réponse radicale : peut-être que ce « plus tard » n’arrivera jamais.

Profiter de la vie sans transformer le manga en leçon de développement personnel

Avec son titre et sa liste, la série pourrait facilement tomber dans la morale permanente.

Elle évite largement ce piège grâce à l’humour.

Akira reste capable de prendre de mauvaises décisions. Kencho n’est pas devenu sage parce que le monde s’est effondré. Shizuka peut se montrer trop prudente, tandis que Béatrix laisse parfois sa passion décider avant elle.

Leurs objectifs ne sont pas tous profonds.

Et c’est justement ce qui fonctionne.

Vivre ne signifie pas nécessairement accomplir chaque jour quelque chose d’extraordinaire. Boire, manger, retrouver quelqu’un, essayer une activité ou simplement prendre le temps de faire ce qu’on aime peuvent suffire.

La liste d’Akira mélange ainsi de grandes aspirations et des plaisirs presque ridicules.

Heureusement. Cent révélations existentielles d’affilée auraient probablement été plus épuisantes qu’une invasion de zombies.

Kotaro Takata ne laisse jamais l’apocalypse devenir grise

Le dessin de Kotaro Takata participe énormément à l’identité de Bucket List of the Dead.

Les zombies sont sales, déformés et parfois franchement répugnants. Pourtant, les pages conservent une énergie très vive.

Akira bouge énormément. Les expressions sont exagérées juste ce qu’il faut et les scènes d’action ne cherchent pas toujours à devenir oppressantes.

Ce contraste sert parfaitement le scénario.

Le monde est objectivement devenu horrible. Le personnage principal n’a pourtant jamais eu autant envie de vivre.

Takata peut donc passer d’une horde menaçante à un visage rayonnant d’Akira sans casser le ton.

Les moments plus sérieux fonctionnent d’autant mieux qu’ils arrivent dans une œuvre qui sait aussi être joyeuse, absurde et spectaculaire.

Haro Aso change complètement de terrain après Alice in Borderland

Haro Aso est également connu pour Alice in Borderland.

On retrouve dans Bucket List of the Dead son goût pour les personnages placés dans une situation qui détruit soudain les règles normales de leur existence.

Le ton est pourtant très différent.

Au lieu de transformer chaque épreuve en jeu mortel, le scénariste utilise ici l’effondrement du monde pour parler du désir de vivre.

L’apocalypse devient presque une permission.

Akira n’a plus de patron à satisfaire, de carrière à préserver ni de trajet quotidien à subir. Il doit seulement décider ce qu’il veut faire de la liberté qui vient de lui tomber dessus de la manière la plus catastrophique possible.

Cette idée suffit à donner à la série une identité bien à elle parmi les nombreux mangas de zombies.

Une équipe qui ne cherche pas seulement un refuge

À mesure que le groupe s’agrandit, sa logique change.

Akira ne voyage plus seulement pour cocher ses propres envies.

Kencho, Shizuka, Béatrix et les autres personnes rencontrées apportent leurs objectifs, leurs regrets et leur façon de regarder l’avenir.

Le voyage devient donc collectif sans faire disparaître la bucket list du départ.

Le groupe cherche parfois des réponses plus importantes sur l’épidémie et sur ce qu’il reste du monde. Mais il continue aussi à saisir les occasions qui se présentent.

Cette combinaison donne au manga une liberté assez réjouissante.

Une étape peut avoir des conséquences importantes sur leur survie, tandis que la suivante commence parce qu’un membre de l’équipe s’est rappelé qu’il avait toujours rêvé d’essayer quelque chose.

Une adaptation animée aussi explosive que son héros

Bucket List of the Dead a également été adapté en anime sous son titre international Zom 100: Bucket List of the Dead.

L’animation accentue encore le contraste entre la monotonie de la vie professionnelle d’Akira et l’explosion de couleurs qui accompagne sa nouvelle liberté.

Cette approche correspond parfaitement à l’esprit du manga.

Le zombie n’y représente pas seulement la peur. Il sert aussi à montrer combien Akira avait perdu toute couleur avant même que les morts se mettent à marcher.

Le manga reste cependant particulièrement agréable pour suivre la liste, les voyages et les détails dessinés par Kotaro Takata à son propre rythme.

Haro Aso au scénario, Kotaro Takata au dessin

Bucket List of the Dead est scénarisé par Haro Aso et dessiné par Kotaro Takata.

Au Japon, Shogakukan publie la série sous le titre Zom 100: Zombie ni Naru Made ni Shitai 100 no Koto. En France, Kana propose le manga dans sa collection Big Kana.

Le mélange paraît improbable sur le papier : zombies, burn-out, road trip, comédie et réflexion sur les choix de vie.

Pourtant, tout tourne autour de la même question.

Si vous saviez que le temps vous est compté, qu’est-ce que vous arrêteriez immédiatement de faire ? Et qu’est-ce que vous commenceriez enfin ?

Akira a choisi de répondre avec une liste de cent lignes.

Il aurait simplement pu commencer par « ne plus jamais assister à une réunion qui aurait pu être un e-mail », mais chacun ses priorités.

Lire plus sur Bucket List of the Dead

Haro Aso imagine Bucket List of the Dead et Kotaro Takata donne vie à cette apocalypse particulièrement colorée. Le manga suit Akira Tendô, 24 ans, après trois années passées dans une entreprise qui a pratiquement détruit toute son envie de vivre.

La liste devient une manière de reprendre sa vie en main

Lorsque Tokyo tombe aux mains des zombies, Akira ressent d’abord du soulagement. Son travail vient enfin de disparaître.

Cette réaction résume tout le paradoxe de la série. L’environnement n’a jamais été aussi dangereux, mais Akira retrouve pour la première fois depuis longtemps l’envie de se lever le matin.

Sa liste de cent choses à accomplir avant de devenir zombie donne un sens à cette liberté nouvelle.

Kencho retrouve lui aussi des rêves qu’il avait enterrés sous sa carrière. Shizuka apporte une vision beaucoup plus prudente de la survie, tandis que Béatrix veut découvrir le Japon qu’elle était venue admirer avant que l’épidémie ne transforme le voyage en parcours d’obstacles.

Le groupe avance ainsi entre hordes de zombies, rencontres improbables et nouvelles envies à cocher.

Bucket List of the Dead réussit surtout à parler du temps que l’on gaspille sans devenir moralisateur. Ses personnages ne cherchent pas tous une grande mission capable de sauver le monde. Ils veulent d’abord éviter d’arriver à la fin en réalisant qu’ils n’ont jamais vraiment vécu.

Retrouvez ici nos mangas Bucket List of the Dead de Haro Aso et Kotaro Takata. Une série pour ceux qui aiment les zombies, l’humour noir, les voyages et cette idée étrangement réconfortante qu’il n’est peut-être pas nécessaire d’attendre l’effondrement de la civilisation pour commencer sa propre liste.

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Bucket List of the Dead : l’apocalypse zombie comme meilleure démission possible

Bucket List of the Dead commence avec un homme qui devrait être terrorisé. Tokyo grouille de zombies, les rues sont devenues mortelles et la civilisation est en train de s’effondrer. Pourtant, Akira Tendô regarde ce chaos avec un immense sourire : demain matin, il n’aura pas besoin d’aller travailler.

À 24 ans, Akira a déjà passé trois années dans une entreprise qui l’a vidé de toute énergie. Journées interminables, nuits sacrifiées et pression constante ont fini par lui faire oublier qu’une vie pouvait servir à autre chose qu’à retourner au bureau. L’épidémie remet brutalement les compteurs à zéro.

Plutôt que d’attendre sa transformation en zombie, Akira écrit une liste : 100 choses qu’il veut absolument faire avant de mourir. Haro Aso imagine le scénario et Kotaro Takata le met en images. Leur manga mélange alors apocalypse, humour, voyage et critique du monde du travail avec une idée assez réjouissante : puisque tout peut s’arrêter demain, autant commencer enfin à vivre aujourd’hui.

La fin du monde commence par une bière en pleine journée

Akira ne rêve pas immédiatement de sauver l’humanité.

Ses premières envies sont beaucoup plus simples.

Ranger son appartement. Boire une bonne bière. Dire ce qu’il ressent à une femme qui lui plaît. Retrouver un vieil ami. Faire des choses qu’il repoussait toujours à plus tard parce que son travail occupait toute la place.

C’est là que Bucket List of the Dead trouve son ton.

Les zombies constituent une menace réelle, mais ils servent aussi de révélateur. Akira comprend qu’avant même l’épidémie, il vivait déjà comme un mort-vivant : métro, boulot, épuisement, sommeil trop court, puis recommencer.

Le premier grand changement n’est donc pas physique. Il tient dans la façon dont il regarde sa propre existence.

Quand une horde de morts-vivants représente une amélioration notable de vos conditions de travail, il est probablement temps de revoir quelques éléments du contrat.

Cent choses à faire avant de devenir un zombie

La fameuse liste des 100 choses donne au manga sa direction.

Certains objectifs sont modestes. D’autres deviennent beaucoup plus ambitieux, absurdes ou dangereux.

Akira ne suit pourtant pas sa liste comme un programme rigide. Elle représente surtout tout ce qu’il n’osait plus envisager lorsqu’il travaillait.

Chaque ligne cochée devient une petite revanche.

Le procédé permet aussi au récit de changer régulièrement d’ambiance. Une étape peut tourner autour d’un plaisir quotidien, la suivante entraîner le groupe sur les routes du Japon, puis une nouvelle idée les pousser dans une situation que même une personne raisonnable aurait évitée avant l’apocalypse.

Akira, lui, a justement décidé d’arrêter de consacrer sa vie à être raisonnable pour les autres.

Kencho, l’ami qu’Akira avait laissé derrière lui

Parmi les premiers noms qui comptent vraiment figure Kenichirô Ryûzaki, surnommé Kencho.

Akira et lui étaient proches avant que leurs vies professionnelles les éloignent. Kencho travaille dans l’immobilier et affiche l’image du jeune homme qui réussit : beau costume, aisance sociale, confiance en lui.

Derrière la façade, le tableau est moins brillant.

Sa carrière ne lui apporte pas la satisfaction qu’il prétend avoir trouvée. Retrouver Akira pendant l’épidémie lui donne l’occasion de reconnaître qu’il s’est lui aussi éloigné de ce qu’il voulait réellement.

Kencho apporte beaucoup d’énergie au groupe. Plus extraverti qu’Akira, il participe avec enthousiasme aux idées les plus improbables.

Et il partage avec lui une conviction désormais très solide : si le monde peut disparaître demain, autant éviter de passer aujourd’hui à faire semblant d’être heureux.

Shizuka Mikazuki avait prévu de survivre, pas de s’amuser

Shizuka Mikazuki aborde l’épidémie d’une manière radicalement différente.

Elle analyse les risques, prépare ses déplacements et cherche avant tout à maximiser ses chances de survie. Pour elle, prendre un danger inutile simplement parce qu’une activité figure sur une liste paraît franchement absurde.

Autant dire qu’Akira constitue un cas d’étude particulièrement irritant.

Le contraste fonctionne immédiatement. Lui cherche à profiter de chaque journée. Elle veut s’assurer qu’il y aura encore une journée suivante.

Le manga évite pourtant de présenter l’un comme raisonnable et l’autre comme totalement inconscient.

Shizuka comprend progressivement que survivre sans jamais rien faire de ce qui nous rend heureux ressemble aussi à une forme d’enfermement. Akira, de son côté, découvre qu’un minimum de préparation peut être utile lorsqu’un trajet en supermarché implique plusieurs dizaines de zombies.

Ils se font ainsi évoluer mutuellement sans devenir soudainement identiques.

Béatrix Amerhauser voulait découvrir le Japon… elle choisit un moment compliqué

Béatrix Amerhauser apporte une nouvelle énergie au voyage.

Venue d’Allemagne, elle adore la culture japonaise et rêvait de découvrir le pays.

L’apocalypse aurait pu mettre un terme définitif au programme. Béatrix n’est visiblement pas du genre à annuler ses vacances pour si peu.

Elle veut goûter des spécialités, découvrir des traditions et profiter des lieux qu’elle rêvait de visiter. Sa passion peut devenir spectaculaire, notamment lorsqu’elle doit défendre ce qu’elle aime.

Béatrix apporte aussi un regard extérieur sur le Japon.

À travers elle, le groupe redécouvre certains endroits et certaines pratiques qu’Akira ou Kencho auraient pu considérer comme ordinaires avant la catastrophe.

La présence de zombies complique évidemment les visites. Les brochures touristiques omettent généralement ce détail.

Une apocalypse qui donne envie de prendre la route

Bucket List of the Dead ne reste pas longtemps enfermé dans Tokyo.

La liste d’Akira pousse le groupe à voyager et à traverser différentes régions du Japon.

Le changement de décor fait beaucoup de bien au récit.

Routes, villages, montagnes, îles et grandes villes offrent chacun leurs propres problèmes. L’épidémie n’a pas touché tous les endroits de la même manière, et les survivants rencontrés n’ont pas tous choisi la même façon de vivre.

Certains tentent de reconstruire quelque chose. D’autres profitent du chaos. Quelques-uns deviennent plus dangereux que les zombies eux-mêmes.

Le road trip permet surtout de conserver l’idée centrale du manga : Akira ne veut pas simplement échapper à la mort. Il veut remplir le temps qu’il lui reste.

Cette différence transforme chaque déplacement. Arriver vivant compte, évidemment. Mais avoir une bonne raison d’être arrivé compte presque autant.

Les zombies ne sont parfois même pas le pire problème

Les morts-vivants de la série peuvent surgir n’importe où.

Ils attaquent en groupe, transforment rapidement certains lieux en pièges et rendent les activités les plus banales dangereuses.

Pourtant, Haro Aso ne fait pas de chaque arc une simple fuite devant une nouvelle horde.

Les humains compliquent largement les choses eux-mêmes.

L’ancien supérieur d’Akira illustre parfaitement cette idée. Même après l’effondrement du monde, certains rapports de domination trouvent encore le moyen de survivre.

D’autres rencontres interrogent la manière dont chacun réagit lorsque les règles habituelles disparaissent.

La catastrophe ne rend donc pas automatiquement les gens meilleurs ou pires. Elle enlève surtout une partie des barrières qui les empêchaient de montrer ce qu’ils étaient déjà.

Le travail est l’un des vrais monstres du début

Le premier tome frappe particulièrement juste dans sa représentation de l’épuisement professionnel.

Au départ, Akira arrive dans son entreprise plein d’enthousiasme.

Quelques années suffisent pour le transformer.

Il dort mal, ne prend presque plus soin de lui et n’arrive même plus à imaginer quitter son emploi. Son quotidien absorbe toute son énergie jusqu’à rendre l’idée d’une autre vie presque inaccessible.

L’épidémie zombie agit alors comme une rupture totale.

La plaisanterie est énorme, mais le fond reste très reconnaissable : combien de choses remet-on à plus tard en pensant qu’on aura davantage de temps lorsqu’on travaillera moins, lorsqu’on sera moins fatigué ou lorsque la période compliquée sera passée ?

Akira reçoit une réponse radicale : peut-être que ce « plus tard » n’arrivera jamais.

Profiter de la vie sans transformer le manga en leçon de développement personnel

Avec son titre et sa liste, la série pourrait facilement tomber dans la morale permanente.

Elle évite largement ce piège grâce à l’humour.

Akira reste capable de prendre de mauvaises décisions. Kencho n’est pas devenu sage parce que le monde s’est effondré. Shizuka peut se montrer trop prudente, tandis que Béatrix laisse parfois sa passion décider avant elle.

Leurs objectifs ne sont pas tous profonds.

Et c’est justement ce qui fonctionne.

Vivre ne signifie pas nécessairement accomplir chaque jour quelque chose d’extraordinaire. Boire, manger, retrouver quelqu’un, essayer une activité ou simplement prendre le temps de faire ce qu’on aime peuvent suffire.

La liste d’Akira mélange ainsi de grandes aspirations et des plaisirs presque ridicules.

Heureusement. Cent révélations existentielles d’affilée auraient probablement été plus épuisantes qu’une invasion de zombies.

Kotaro Takata ne laisse jamais l’apocalypse devenir grise

Le dessin de Kotaro Takata participe énormément à l’identité de Bucket List of the Dead.

Les zombies sont sales, déformés et parfois franchement répugnants. Pourtant, les pages conservent une énergie très vive.

Akira bouge énormément. Les expressions sont exagérées juste ce qu’il faut et les scènes d’action ne cherchent pas toujours à devenir oppressantes.

Ce contraste sert parfaitement le scénario.

Le monde est objectivement devenu horrible. Le personnage principal n’a pourtant jamais eu autant envie de vivre.

Takata peut donc passer d’une horde menaçante à un visage rayonnant d’Akira sans casser le ton.

Les moments plus sérieux fonctionnent d’autant mieux qu’ils arrivent dans une œuvre qui sait aussi être joyeuse, absurde et spectaculaire.

Haro Aso change complètement de terrain après Alice in Borderland

Haro Aso est également connu pour Alice in Borderland.

On retrouve dans Bucket List of the Dead son goût pour les personnages placés dans une situation qui détruit soudain les règles normales de leur existence.

Le ton est pourtant très différent.

Au lieu de transformer chaque épreuve en jeu mortel, le scénariste utilise ici l’effondrement du monde pour parler du désir de vivre.

L’apocalypse devient presque une permission.

Akira n’a plus de patron à satisfaire, de carrière à préserver ni de trajet quotidien à subir. Il doit seulement décider ce qu’il veut faire de la liberté qui vient de lui tomber dessus de la manière la plus catastrophique possible.

Cette idée suffit à donner à la série une identité bien à elle parmi les nombreux mangas de zombies.

Une équipe qui ne cherche pas seulement un refuge

À mesure que le groupe s’agrandit, sa logique change.

Akira ne voyage plus seulement pour cocher ses propres envies.

Kencho, Shizuka, Béatrix et les autres personnes rencontrées apportent leurs objectifs, leurs regrets et leur façon de regarder l’avenir.

Le voyage devient donc collectif sans faire disparaître la bucket list du départ.

Le groupe cherche parfois des réponses plus importantes sur l’épidémie et sur ce qu’il reste du monde. Mais il continue aussi à saisir les occasions qui se présentent.

Cette combinaison donne au manga une liberté assez réjouissante.

Une étape peut avoir des conséquences importantes sur leur survie, tandis que la suivante commence parce qu’un membre de l’équipe s’est rappelé qu’il avait toujours rêvé d’essayer quelque chose.

Une adaptation animée aussi explosive que son héros

Bucket List of the Dead a également été adapté en anime sous son titre international Zom 100: Bucket List of the Dead.

L’animation accentue encore le contraste entre la monotonie de la vie professionnelle d’Akira et l’explosion de couleurs qui accompagne sa nouvelle liberté.

Cette approche correspond parfaitement à l’esprit du manga.

Le zombie n’y représente pas seulement la peur. Il sert aussi à montrer combien Akira avait perdu toute couleur avant même que les morts se mettent à marcher.

Le manga reste cependant particulièrement agréable pour suivre la liste, les voyages et les détails dessinés par Kotaro Takata à son propre rythme.

Haro Aso au scénario, Kotaro Takata au dessin

Bucket List of the Dead est scénarisé par Haro Aso et dessiné par Kotaro Takata.

Au Japon, Shogakukan publie la série sous le titre Zom 100: Zombie ni Naru Made ni Shitai 100 no Koto. En France, Kana propose le manga dans sa collection Big Kana.

Le mélange paraît improbable sur le papier : zombies, burn-out, road trip, comédie et réflexion sur les choix de vie.

Pourtant, tout tourne autour de la même question.

Si vous saviez que le temps vous est compté, qu’est-ce que vous arrêteriez immédiatement de faire ? Et qu’est-ce que vous commenceriez enfin ?

Akira a choisi de répondre avec une liste de cent lignes.

Il aurait simplement pu commencer par « ne plus jamais assister à une réunion qui aurait pu être un e-mail », mais chacun ses priorités.

Lire plus sur Bucket List of the Dead

Haro Aso imagine Bucket List of the Dead et Kotaro Takata donne vie à cette apocalypse particulièrement colorée. Le manga suit Akira Tendô, 24 ans, après trois années passées dans une entreprise qui a pratiquement détruit toute son envie de vivre.

La liste devient une manière de reprendre sa vie en main

Lorsque Tokyo tombe aux mains des zombies, Akira ressent d’abord du soulagement. Son travail vient enfin de disparaître.

Cette réaction résume tout le paradoxe de la série. L’environnement n’a jamais été aussi dangereux, mais Akira retrouve pour la première fois depuis longtemps l’envie de se lever le matin.

Sa liste de cent choses à accomplir avant de devenir zombie donne un sens à cette liberté nouvelle.

Kencho retrouve lui aussi des rêves qu’il avait enterrés sous sa carrière. Shizuka apporte une vision beaucoup plus prudente de la survie, tandis que Béatrix veut découvrir le Japon qu’elle était venue admirer avant que l’épidémie ne transforme le voyage en parcours d’obstacles.

Le groupe avance ainsi entre hordes de zombies, rencontres improbables et nouvelles envies à cocher.

Bucket List of the Dead réussit surtout à parler du temps que l’on gaspille sans devenir moralisateur. Ses personnages ne cherchent pas tous une grande mission capable de sauver le monde. Ils veulent d’abord éviter d’arriver à la fin en réalisant qu’ils n’ont jamais vraiment vécu.

Retrouvez ici nos mangas Bucket List of the Dead de Haro Aso et Kotaro Takata. Une série pour ceux qui aiment les zombies, l’humour noir, les voyages et cette idée étrangement réconfortante qu’il n’est peut-être pas nécessaire d’attendre l’effondrement de la civilisation pour commencer sa propre liste.