Asadora !
Asadora ! : une jeune pilote, un Japon en pleine mutation et quelque chose d’énorme dans l’ombre
Dans Asadora !, Naoki Urasawa commence par une adolescente qui court sous une pluie battante. Rien d’anormal chez Asa Asada : elle court souvent. Seulement, nous sommes à Nagoya en 1959, sa mère est sur le point d’accoucher et l’un des plus violents typhons de l’histoire du Japon approche. Avant même que la jeune fille puisse rentrer chez elle, sa vie bascule.
Le lendemain, le paysage a changé. Des quartiers entiers ont disparu sous les eaux et Asa cherche désespérément sa famille. Puis, depuis un avion, elle aperçoit quelque chose qui ne devrait absolument pas se trouver au milieu des traces laissées par la catastrophe : une empreinte gigantesque.
Urasawa mélange alors drame humain, Japon d’après-guerre, aviation, Jeux olympiques, suspense et créature mystérieuse. Sur le papier, l’assemblage paraît improbable. Dans les mains de l’auteur de Monster et 20th Century Boys, il devient rapidement impossible de lâcher le livre.
Asa Asada : douze ans, un caractère bien trempé et aucune envie d’attendre les secours
Asa Asada grandit dans une famille nombreuse. Au début de l’histoire, elle n’a que douze ans et doit trouver un médecin pour sa mère, prête à accoucher.
La tempête va évidemment bouleverser ce plan.
Asa croise Haruo Kasuga, un homme au passé compliqué qui fut pilote pendant la guerre. Leur rencontre commence très mal, mais la catastrophe change rapidement leurs priorités.
Devant l’ampleur des dégâts, Asa ne reste pas à attendre que quelqu’un d’autre agisse. Elle cherche sa famille et veut aider les sinistrés.
Cette détermination définit immédiatement le personnage. Asa peut avoir peur, se tromper ou perdre patience. Pourtant, lorsqu’une personne a besoin d’aide, elle avance.
C’est aussi ce qui la rend très attachante. Urasawa ne construit pas une héroïne parfaite. Il crée une fille vive, courageuse, parfois têtue et capable de regarder un adulte beaucoup plus âgé avec l’air de lui expliquer qu’il ferait mieux de se ressaisir.
Le typhon d’Isewan : une catastrophe réelle au point de départ du récit
Naoki Urasawa place le début d’Asadora ! pendant le typhon d’Isewan de septembre 1959, catastrophe qui a profondément marqué le Japon.
Le manga mêle donc très tôt fiction et Histoire.
La destruction de Nagoya ne sert pas de simple décor spectaculaire. Asa rencontre des familles séparées, des personnes sans logement et des habitants qui tentent de sauver ce qu’ils peuvent.
Avec Kasuga, elle utilise bientôt un avion pour participer aux secours.
C’est pendant ces vols qu’apparaît un détail impossible à expliquer par le typhon seul.
Une gigantesque trace se dessine dans le paysage.
À partir de ce moment, le lecteur comprend que la catastrophe naturelle n’était peut-être pas la seule chose à traverser la région cette nuit-là.
Haruo Kasuga : un ancien pilote qui retrouve une raison de reprendre les commandes
Haruo Kasuga entre dans l’histoire comme un personnage peu recommandable. Pourtant, Asa découvre rapidement que cet homme possède une compétence particulièrement utile lorsque les routes deviennent impraticables : il sait piloter.
Kasuga a connu la guerre et transporte avec lui un passé qu’il préférerait parfois oublier.
La rencontre avec Asa le pousse cependant à reprendre les airs.
Leur relation devient l’un des piliers du manga. Kasuga transmet son expérience à la jeune fille tandis qu’Asa lui rappelle qu’on peut encore agir, même après avoir longtemps cessé d’y croire.
Quelques années plus tard, elle devient elle-même pilote.
Urasawa transforme alors l’avion en bien plus qu’un moyen de transport. Pour Asa, voler représente l’indépendance, la responsabilité et une manière très concrète d’être utile.
Accessoirement, cela permet aussi d’observer une créature gigantesque depuis le ciel. Chaque passion a ses petits inconvénients.
1964 : Tokyo prépare les Jeux pendant qu’Asa surveille autre chose
Le récit avance ensuite jusqu’en 1964.
Asa a grandi. À dix-sept ans, elle possède sa licence de pilote et travaille aux côtés de Kasuga. Pendant ce temps, le Japon prépare les Jeux olympiques de Tokyo, symbole d’une nation qui veut montrer au monde son renouveau.
Ce contexte historique donne une identité particulière à Asadora !.
Autour d’Asa, chacun rêve de son avenir. Certains veulent réussir dans le sport, d’autres dans la chanson ou dans une profession nouvelle. Le pays entier semble regarder vers demain.
Mais la mystérieuse créature aperçue en 1959 n’a pas complètement disparu.
Asa se retrouve donc partagée entre deux réalités. D’un côté, elle voudrait vivre sa jeunesse comme ses amis. De l’autre, très peu de lycéennes doivent surveiller une menace géante susceptible de perturber les Jeux olympiques.
La « chose » : Urasawa montre peu et inquiète beaucoup
La créature reste longtemps désignée simplement comme « la chose ».
C’est tout à fait volontaire.
Naoki Urasawa sait qu’un monstre devient souvent plus inquiétant lorsqu’on ne le voit pas entièrement. Une empreinte, une photographie floue ou un mouvement dans l’eau suffisent à faire travailler l’imagination.
Le manga ne devient donc jamais une simple succession d’affrontements contre une créature géante.
Asa et ses alliés cherchent d’abord à comprendre ce qu’ils ont devant eux. D’où vient cette chose ? Pourquoi apparaît-elle à certains moments ? Peut-on prévoir ses déplacements ? Existe-t-il un moyen de l’arrêter ?
Chaque réponse apporte de nouvelles questions.
Et comme souvent chez Urasawa, le lecteur commence rapidement à examiner chaque détail en se demandant s’il ne deviendra pas essentiel deux cents pages plus tard.
Nakaido et Jissôji : comprendre la menace avant qu’elle frappe à nouveau
Nakaido, jeune chercheur, rejoint progressivement les personnes qui enquêtent sur la créature.
Son approche complète celle d’Asa. Elle agit sur le terrain tandis qu’il cherche des indices capables d’expliquer ce phénomène.
Jissôji apporte encore une autre dimension à l’histoire. Ancien militaire lié au passé de Kasuga, il connaît suffisamment le danger pour organiser une réponse dans l’ombre.
Urasawa construit ainsi peu à peu un petit groupe autour d’Asa.
Chacun possède ses compétences et surtout ses propres informations. Le problème vient du fait que personne ne dispose de l’ensemble du puzzle.
Le suspense naît alors autant du monstre que des secrets gardés par ceux qui prétendent vouloir l’arrêter.
Kinuyo : reconstruire une famille après la catastrophe
Asadora ! ne serait pas aussi fort si tout tournait uniquement autour de la créature.
Kinuyo joue notamment un rôle essentiel dans la vie d’Asa. Propriétaire d’un restaurant, elle aide la jeune fille pendant les jours qui suivent le typhon.
Elle participe notamment à la préparation de nourriture pour les victimes.
Puis son importance grandit.
Kinuyo apporte au récit une chaleur humaine qui contraste avec les catastrophes et les secrets militaires. Elle devient une figure rassurante pour Asa et ses frères et sœurs.
Grâce à elle, Urasawa rappelle constamment ce qui mérite réellement d’être protégé.
Les monstres peuvent être gigantesques. Pourtant, le cœur du récit reste souvent dans une cuisine, autour d’un repas ou dans une conversation entre des personnages qui essaient simplement de continuer à vivre.
Yone, Miyako et Shôta : pendant qu’Asa sauve le pays, les autres grandissent aussi
Les amis d’Asa ne restent pas figés pendant qu’elle vit ses aventures.
Yone rêve notamment de devenir chanteuse. Miyako trace elle aussi son propre chemin. Quant à Shôta, passionné de course, il s’entraîne avec l’espoir de participer aux grandes compétitions internationales.
Leurs parcours permettent à Urasawa de raconter le Japon des années 1960 autrement que par les grands événements historiques.
On voit une génération chercher sa place dans une société qui change rapidement.
Asa partage leurs rêves, leurs joies et leurs difficultés. Seulement, elle porte aussi une responsabilité dont ses amis ignorent parfois l’ampleur.
Ce contraste rend certaines scènes particulièrement fortes. Asa peut discuter de l’avenir avec ses proches tout en sachant qu’une menace énorme rôde quelque part au large.
Un grand feuilleton à la manière de Naoki Urasawa
Le titre Asadora ! fait lui-même référence aux feuilletons télévisés matinaux japonais, les fameux asadora.
Ce choix correspond parfaitement à la structure du manga.
Urasawa raconte la vie d’une femme sur plusieurs périodes, tout en reliant son destin personnel à des événements historiques et à un mystère beaucoup plus vaste.
Le lecteur suit donc Asa dans sa vie quotidienne autant que dans ses moments extraordinaires.
Une amitié, un rêve professionnel ou un repas de famille peuvent prendre autant d’importance qu’une apparition de la créature.
Cette construction donne au manga un véritable souffle de feuilleton. On veut connaître le prochain indice, bien sûr, mais on veut aussi savoir ce que vont devenir Asa et tous ceux qui l’entourent.
Naoki Urasawa : le maître des grandes énigmes humaines
Naoki Urasawa aime partir d’une situation claire avant d’ouvrir progressivement une histoire beaucoup plus vaste.
Les amateurs de l’auteur retrouveront ce talent dans Monster, immense thriller psychologique construit autour de Tenma et Johann.
Dans Pluto, Urasawa transforme un récit issu de l’univers d’Osamu Tezuka en enquête de science-fiction profondément humaine.
Enfin, 20th Century Boys montre parfaitement son goût pour les histoires qui traversent les époques, les souvenirs et les grands complots.
Asadora ! reprend plusieurs de ces qualités sans les copier. Asa possède son propre caractère, son époque et surtout une énergie très différente des héros précédents d’Urasawa.
Un Japon historique dessiné avec énormément de vie
Le dessin d’Urasawa donne une présence remarquable au Japon de l’après-guerre.
Les rues, les commerces, les véhicules et les vêtements installent immédiatement l’époque sans transformer chaque page en leçon d’histoire.
Les avions occupent évidemment une place importante. L’auteur leur donne un vrai poids et montre clairement les gestes liés au pilotage.
En parallèle, les visages restent essentiels.
Urasawa sait rendre un personnage reconnaissable en quelques traits. Une inquiétude contenue, un sourire forcé ou un regard vers le ciel suffisent parfois à faire comprendre ce qui se passe.
Cette attention aux humains évite que le monstre prenne toute la place.
Même face à quelque chose d’immense, Asadora ! raconte d’abord des gens ordinaires qui essaient de faire de leur mieux.
Une aventure entre histoire du Japon et mystère fantastique
Asadora ! utilise des événements réels comme le typhon d’Isewan et les Jeux olympiques de Tokyo de 1964, puis glisse une gigantesque créature au milieu de cette Histoire.
Le mélange fonctionne parce qu’Urasawa ne traite jamais le fantastique comme un simple effet spectaculaire.
Chaque apparition modifie la vie d’Asa et oblige plusieurs personnages à faire des choix.
Le monstre devient alors une menace, mais aussi un fil rouge qui accompagne la croissance de l’héroïne.
Chez Kana, la version française paraît dans la collection Big Kana, parfaitement adaptée à ce grand récit qui mélange suspense, aventure et drame humain.
Lire plus sur Asadora !
Naoki Urasawa écrit et dessine Asadora !. Shogakukan publie le manga au Japon dans le Big Comic Spirits, tandis que Kana propose la version française dans sa collection Big Kana.
Asa, une héroïne au cœur de l’Histoire
Le récit commence en 1959 à Nagoya. Asa Asada, douze ans, se retrouve prise dans le typhon d’Isewan alors qu’elle cherche un médecin pour sa mère.
Sa rencontre avec Haruo Kasuga, ancien pilote, change profondément sa vie. Ensemble, ils participent aux secours après la catastrophe. Asa découvre alors depuis les airs une trace gigantesque qui ne ressemble à rien de connu.
Quelques années plus tard, l’histoire rejoint le Japon des Jeux olympiques de Tokyo de 1964. Asa est devenue pilote et doit composer avec ses propres rêves, ceux de ses amis et le retour d’une menace que presque personne ne connaît.
Urasawa construit ainsi le portrait d’une jeune femme en même temps qu’un grand récit de suspense. La créature mystérieuse compte beaucoup, mais le manga parle aussi de famille, d’amitié, de reconstruction et d’une génération qui grandit dans un pays en pleine transformation.
Retrouvez ici nos mangas Asadora ! de Naoki Urasawa. Une série pour ceux qui aiment les grandes histoires humaines, les mystères qui s’installent doucement et les héroïnes capables de prendre les commandes d’un avion pendant que tout le monde se demande encore ce qui vient de sortir de l’océan.
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Asadora tome 06
11,90CHF
Asadora ! : une jeune pilote, un Japon en pleine mutation et quelque chose d’énorme dans l’ombre
Dans Asadora !, Naoki Urasawa commence par une adolescente qui court sous une pluie battante. Rien d’anormal chez Asa Asada : elle court souvent. Seulement, nous sommes à Nagoya en 1959, sa mère est sur le point d’accoucher et l’un des plus violents typhons de l’histoire du Japon approche. Avant même que la jeune fille puisse rentrer chez elle, sa vie bascule.
Le lendemain, le paysage a changé. Des quartiers entiers ont disparu sous les eaux et Asa cherche désespérément sa famille. Puis, depuis un avion, elle aperçoit quelque chose qui ne devrait absolument pas se trouver au milieu des traces laissées par la catastrophe : une empreinte gigantesque.
Urasawa mélange alors drame humain, Japon d’après-guerre, aviation, Jeux olympiques, suspense et créature mystérieuse. Sur le papier, l’assemblage paraît improbable. Dans les mains de l’auteur de Monster et 20th Century Boys, il devient rapidement impossible de lâcher le livre.
Asa Asada : douze ans, un caractère bien trempé et aucune envie d’attendre les secours
Asa Asada grandit dans une famille nombreuse. Au début de l’histoire, elle n’a que douze ans et doit trouver un médecin pour sa mère, prête à accoucher.
La tempête va évidemment bouleverser ce plan.
Asa croise Haruo Kasuga, un homme au passé compliqué qui fut pilote pendant la guerre. Leur rencontre commence très mal, mais la catastrophe change rapidement leurs priorités.
Devant l’ampleur des dégâts, Asa ne reste pas à attendre que quelqu’un d’autre agisse. Elle cherche sa famille et veut aider les sinistrés.
Cette détermination définit immédiatement le personnage. Asa peut avoir peur, se tromper ou perdre patience. Pourtant, lorsqu’une personne a besoin d’aide, elle avance.
C’est aussi ce qui la rend très attachante. Urasawa ne construit pas une héroïne parfaite. Il crée une fille vive, courageuse, parfois têtue et capable de regarder un adulte beaucoup plus âgé avec l’air de lui expliquer qu’il ferait mieux de se ressaisir.
Le typhon d’Isewan : une catastrophe réelle au point de départ du récit
Naoki Urasawa place le début d’Asadora ! pendant le typhon d’Isewan de septembre 1959, catastrophe qui a profondément marqué le Japon.
Le manga mêle donc très tôt fiction et Histoire.
La destruction de Nagoya ne sert pas de simple décor spectaculaire. Asa rencontre des familles séparées, des personnes sans logement et des habitants qui tentent de sauver ce qu’ils peuvent.
Avec Kasuga, elle utilise bientôt un avion pour participer aux secours.
C’est pendant ces vols qu’apparaît un détail impossible à expliquer par le typhon seul.
Une gigantesque trace se dessine dans le paysage.
À partir de ce moment, le lecteur comprend que la catastrophe naturelle n’était peut-être pas la seule chose à traverser la région cette nuit-là.
Haruo Kasuga : un ancien pilote qui retrouve une raison de reprendre les commandes
Haruo Kasuga entre dans l’histoire comme un personnage peu recommandable. Pourtant, Asa découvre rapidement que cet homme possède une compétence particulièrement utile lorsque les routes deviennent impraticables : il sait piloter.
Kasuga a connu la guerre et transporte avec lui un passé qu’il préférerait parfois oublier.
La rencontre avec Asa le pousse cependant à reprendre les airs.
Leur relation devient l’un des piliers du manga. Kasuga transmet son expérience à la jeune fille tandis qu’Asa lui rappelle qu’on peut encore agir, même après avoir longtemps cessé d’y croire.
Quelques années plus tard, elle devient elle-même pilote.
Urasawa transforme alors l’avion en bien plus qu’un moyen de transport. Pour Asa, voler représente l’indépendance, la responsabilité et une manière très concrète d’être utile.
Accessoirement, cela permet aussi d’observer une créature gigantesque depuis le ciel. Chaque passion a ses petits inconvénients.
1964 : Tokyo prépare les Jeux pendant qu’Asa surveille autre chose
Le récit avance ensuite jusqu’en 1964.
Asa a grandi. À dix-sept ans, elle possède sa licence de pilote et travaille aux côtés de Kasuga. Pendant ce temps, le Japon prépare les Jeux olympiques de Tokyo, symbole d’une nation qui veut montrer au monde son renouveau.
Ce contexte historique donne une identité particulière à Asadora !.
Autour d’Asa, chacun rêve de son avenir. Certains veulent réussir dans le sport, d’autres dans la chanson ou dans une profession nouvelle. Le pays entier semble regarder vers demain.
Mais la mystérieuse créature aperçue en 1959 n’a pas complètement disparu.
Asa se retrouve donc partagée entre deux réalités. D’un côté, elle voudrait vivre sa jeunesse comme ses amis. De l’autre, très peu de lycéennes doivent surveiller une menace géante susceptible de perturber les Jeux olympiques.
La « chose » : Urasawa montre peu et inquiète beaucoup
La créature reste longtemps désignée simplement comme « la chose ».
C’est tout à fait volontaire.
Naoki Urasawa sait qu’un monstre devient souvent plus inquiétant lorsqu’on ne le voit pas entièrement. Une empreinte, une photographie floue ou un mouvement dans l’eau suffisent à faire travailler l’imagination.
Le manga ne devient donc jamais une simple succession d’affrontements contre une créature géante.
Asa et ses alliés cherchent d’abord à comprendre ce qu’ils ont devant eux. D’où vient cette chose ? Pourquoi apparaît-elle à certains moments ? Peut-on prévoir ses déplacements ? Existe-t-il un moyen de l’arrêter ?
Chaque réponse apporte de nouvelles questions.
Et comme souvent chez Urasawa, le lecteur commence rapidement à examiner chaque détail en se demandant s’il ne deviendra pas essentiel deux cents pages plus tard.
Nakaido et Jissôji : comprendre la menace avant qu’elle frappe à nouveau
Nakaido, jeune chercheur, rejoint progressivement les personnes qui enquêtent sur la créature.
Son approche complète celle d’Asa. Elle agit sur le terrain tandis qu’il cherche des indices capables d’expliquer ce phénomène.
Jissôji apporte encore une autre dimension à l’histoire. Ancien militaire lié au passé de Kasuga, il connaît suffisamment le danger pour organiser une réponse dans l’ombre.
Urasawa construit ainsi peu à peu un petit groupe autour d’Asa.
Chacun possède ses compétences et surtout ses propres informations. Le problème vient du fait que personne ne dispose de l’ensemble du puzzle.
Le suspense naît alors autant du monstre que des secrets gardés par ceux qui prétendent vouloir l’arrêter.
Kinuyo : reconstruire une famille après la catastrophe
Asadora ! ne serait pas aussi fort si tout tournait uniquement autour de la créature.
Kinuyo joue notamment un rôle essentiel dans la vie d’Asa. Propriétaire d’un restaurant, elle aide la jeune fille pendant les jours qui suivent le typhon.
Elle participe notamment à la préparation de nourriture pour les victimes.
Puis son importance grandit.
Kinuyo apporte au récit une chaleur humaine qui contraste avec les catastrophes et les secrets militaires. Elle devient une figure rassurante pour Asa et ses frères et sœurs.
Grâce à elle, Urasawa rappelle constamment ce qui mérite réellement d’être protégé.
Les monstres peuvent être gigantesques. Pourtant, le cœur du récit reste souvent dans une cuisine, autour d’un repas ou dans une conversation entre des personnages qui essaient simplement de continuer à vivre.
Yone, Miyako et Shôta : pendant qu’Asa sauve le pays, les autres grandissent aussi
Les amis d’Asa ne restent pas figés pendant qu’elle vit ses aventures.
Yone rêve notamment de devenir chanteuse. Miyako trace elle aussi son propre chemin. Quant à Shôta, passionné de course, il s’entraîne avec l’espoir de participer aux grandes compétitions internationales.
Leurs parcours permettent à Urasawa de raconter le Japon des années 1960 autrement que par les grands événements historiques.
On voit une génération chercher sa place dans une société qui change rapidement.
Asa partage leurs rêves, leurs joies et leurs difficultés. Seulement, elle porte aussi une responsabilité dont ses amis ignorent parfois l’ampleur.
Ce contraste rend certaines scènes particulièrement fortes. Asa peut discuter de l’avenir avec ses proches tout en sachant qu’une menace énorme rôde quelque part au large.
Un grand feuilleton à la manière de Naoki Urasawa
Le titre Asadora ! fait lui-même référence aux feuilletons télévisés matinaux japonais, les fameux asadora.
Ce choix correspond parfaitement à la structure du manga.
Urasawa raconte la vie d’une femme sur plusieurs périodes, tout en reliant son destin personnel à des événements historiques et à un mystère beaucoup plus vaste.
Le lecteur suit donc Asa dans sa vie quotidienne autant que dans ses moments extraordinaires.
Une amitié, un rêve professionnel ou un repas de famille peuvent prendre autant d’importance qu’une apparition de la créature.
Cette construction donne au manga un véritable souffle de feuilleton. On veut connaître le prochain indice, bien sûr, mais on veut aussi savoir ce que vont devenir Asa et tous ceux qui l’entourent.
Naoki Urasawa : le maître des grandes énigmes humaines
Naoki Urasawa aime partir d’une situation claire avant d’ouvrir progressivement une histoire beaucoup plus vaste.
Les amateurs de l’auteur retrouveront ce talent dans Monster, immense thriller psychologique construit autour de Tenma et Johann.
Dans Pluto, Urasawa transforme un récit issu de l’univers d’Osamu Tezuka en enquête de science-fiction profondément humaine.
Enfin, 20th Century Boys montre parfaitement son goût pour les histoires qui traversent les époques, les souvenirs et les grands complots.
Asadora ! reprend plusieurs de ces qualités sans les copier. Asa possède son propre caractère, son époque et surtout une énergie très différente des héros précédents d’Urasawa.
Un Japon historique dessiné avec énormément de vie
Le dessin d’Urasawa donne une présence remarquable au Japon de l’après-guerre.
Les rues, les commerces, les véhicules et les vêtements installent immédiatement l’époque sans transformer chaque page en leçon d’histoire.
Les avions occupent évidemment une place importante. L’auteur leur donne un vrai poids et montre clairement les gestes liés au pilotage.
En parallèle, les visages restent essentiels.
Urasawa sait rendre un personnage reconnaissable en quelques traits. Une inquiétude contenue, un sourire forcé ou un regard vers le ciel suffisent parfois à faire comprendre ce qui se passe.
Cette attention aux humains évite que le monstre prenne toute la place.
Même face à quelque chose d’immense, Asadora ! raconte d’abord des gens ordinaires qui essaient de faire de leur mieux.
Une aventure entre histoire du Japon et mystère fantastique
Asadora ! utilise des événements réels comme le typhon d’Isewan et les Jeux olympiques de Tokyo de 1964, puis glisse une gigantesque créature au milieu de cette Histoire.
Le mélange fonctionne parce qu’Urasawa ne traite jamais le fantastique comme un simple effet spectaculaire.
Chaque apparition modifie la vie d’Asa et oblige plusieurs personnages à faire des choix.
Le monstre devient alors une menace, mais aussi un fil rouge qui accompagne la croissance de l’héroïne.
Chez Kana, la version française paraît dans la collection Big Kana, parfaitement adaptée à ce grand récit qui mélange suspense, aventure et drame humain.
Lire plus sur Asadora !
Naoki Urasawa écrit et dessine Asadora !. Shogakukan publie le manga au Japon dans le Big Comic Spirits, tandis que Kana propose la version française dans sa collection Big Kana.
Asa, une héroïne au cœur de l’Histoire
Le récit commence en 1959 à Nagoya. Asa Asada, douze ans, se retrouve prise dans le typhon d’Isewan alors qu’elle cherche un médecin pour sa mère.
Sa rencontre avec Haruo Kasuga, ancien pilote, change profondément sa vie. Ensemble, ils participent aux secours après la catastrophe. Asa découvre alors depuis les airs une trace gigantesque qui ne ressemble à rien de connu.
Quelques années plus tard, l’histoire rejoint le Japon des Jeux olympiques de Tokyo de 1964. Asa est devenue pilote et doit composer avec ses propres rêves, ceux de ses amis et le retour d’une menace que presque personne ne connaît.
Urasawa construit ainsi le portrait d’une jeune femme en même temps qu’un grand récit de suspense. La créature mystérieuse compte beaucoup, mais le manga parle aussi de famille, d’amitié, de reconstruction et d’une génération qui grandit dans un pays en pleine transformation.
Retrouvez ici nos mangas Asadora ! de Naoki Urasawa. Une série pour ceux qui aiment les grandes histoires humaines, les mystères qui s’installent doucement et les héroïnes capables de prendre les commandes d’un avion pendant que tout le monde se demande encore ce qui vient de sortir de l’océan.
