Zorglub
Zorglub : génie du mal, mégalomane… et père complètement dépassé
Les BD Zorglub donnent enfin le premier rôle à l’un des adversaires les plus mémorables de Spirou et Fantasio. Inventeur génial, mégalomane certifié et spécialiste des machines dont l’existence pose immédiatement quelques questions de sécurité, Zorglub pourrait tranquillement préparer la domination du monde. Sauf qu’il a désormais un problème beaucoup plus compliqué à résoudre : élever sa fille adolescente, Zandra.
José Luis Munuera signe scénario et dessin de cette série dérivée publiée chez Dupuis. Il conserve l’incroyable ego, les inventions futuristes et le goût du spectacle du personnage, mais l’observe depuis un angle beaucoup plus intime. Zorglub peut construire une armée de robots sans lire la notice. En revanche, comprendre pourquoi sa fille veut simplement sortir avec son petit ami relève apparemment de la science expérimentale.
Avant Zandra, Zorglub terrorisait déjà Spirou et Fantasio
Zorglub est créé en 1959 par André Franquin et Greg dans l’univers de Spirou et Fantasio. Savant exceptionnel, ancien camarade du comte de Champignac et ego surdimensionné sur pattes, il devient rapidement bien plus qu’un méchant traditionnel.
Dans Z comme Zorglub, ses ambitions sont immenses. Il dispose de technologies extraordinaires, d’une armée de Zorglhommes et de sa fameuse Zorglangue. Il voudrait surtout que le monde entier reconnaisse enfin son génie.
C’est précisément ce qui le rend aussi drôle. Zorglub peut inventer quelque chose que personne d’autre ne comprend, puis tout gâcher parce que son besoin d’admiration prend le dessus. Dangereux ? Absolument. Ridicule ? Parfois dans la même case.
Munuera récupère cette ambiguïté. Son Zorglub n’est pas devenu raisonnable. Il possède simplement désormais quelqu’un dont l’opinion compte davantage que celle de toute l’humanité.
Zandra : la seule personne capable de faire trembler le maître du Z
Zandra a seize ans lorsqu’elle apparaît dans La fille du Z. Elle veut sortir, voir André et mener sa propre vie. Son père, lui, estime manifestement qu’une escouade de Zorgbots constitue une solution parfaitement acceptable à un problème d’autorité parentale.
Lorsque les robots viennent la récupérer après une séance de cinéma, la discussion familiale qui suit manque légèrement de sérénité. Zorglub finit même par déclencher accidentellement une invention capable de découper une ville du continent.
Voilà qui remet en perspective les parents qui confisquent simplement le téléphone.
Mais derrière les catastrophes, la relation entre Zorglub et Zandra apporte beaucoup de tendresse à la série. Il veut la protéger avec une intensité complètement disproportionnée. Elle, de son côté, réclame surtout le droit de décider pour elle-même.
Le grand sujet devient alors étonnamment universel : comment laisser grandir quelqu’un qu’on aime sans essayer de contrôler sa vie ? Zorglub possède quelques difficultés avec la deuxième partie de la question.
André : sortir avec Zandra exige une certaine résistance aux robots tueurs
André est le petit ami de Zandra. À première vue, fréquenter une adolescente dont le père est un inventeur richissime pourrait présenter quelques avantages.
Puis les Zorgbots arrivent.
Zorglub considère évidemment le garçon avec toute la bienveillance que l’on peut attendre d’un père surprotecteur disposant d’armes futuristes. André doit donc survivre aux machines, aux accès de colère du savant et à différentes aventures qui auraient probablement convaincu un adolescent moins motivé de changer immédiatement de lycée.
Sa présence permet aussi de confronter le monde extravagant de Zorglub à quelqu’un de beaucoup plus normal. Pour André, tout est extraordinaire. Pour Zandra, vivre entourée de robots et de laboratoires secrets ressemble presque au quotidien.
Zédrik : le fan que Zorglub n’aurait jamais dû rencontrer
Dans L’Apprenti méchant, Munuera ajoute Zédrik, un garçon de dix ans qui considère Zorglub comme son idole absolue. Pour un homme qui rêve depuis toujours d’être admiré, la situation devrait être parfaite.
Évidemment, elle ne l’est pas.
Zédrik est surdoué et veut devenir lui aussi un grand génie du mal. Il observe son modèle, apprend vite et possède exactement le genre d’enthousiasme que Zorglub aurait probablement adoré chez n’importe qui d’autre.
Le savant découvre alors une nouvelle difficulté : servir d’exemple. Quand un enfant reproduit vos pires comportements avec application, certaines habitudes commencent soudain à paraître moins brillantes.
Et pendant ce temps, il doit toujours gérer Zandra. Dominer la planète commencerait presque à ressembler à une activité de détente.
Zorgbots, rayons impossibles et inventions pas tout à fait terminées
Une série consacrée à Zorglub sans technologie délirante aurait évidemment quelque chose d’incomplet. Munuera lui laisse donc construire tout ce qu’un savant mégalomane ne devrait jamais pouvoir commander sur Internet.
Les Zorgbots exécutent ses ordres avec une efficacité variable. Des rayons possèdent des fonctions dont l’utilisation civile paraît difficile à défendre. Quant à certaines inventions, Zorglub préfère parfois commencer à les vendre avant d’avoir terminé les derniers tests.
Cette légère souplesse dans le contrôle qualité devient particulièrement importante dans Lady Z. Une machine à cloner entre en scène et démontre rapidement qu’un prototype n’est peut-être pas le cadeau idéal pour un oligarque mécontent.
Le rapport de Zorglub à la science reste ainsi fidèle au personnage. Il ne se demande presque jamais : « Devrais-je construire cette chose ? » Sa question ressemble plutôt à : « Pourquoi personne ne m’applaudit encore ? »
Lady Z : un Zorglub était déjà beaucoup
Dans Lady Z, le maître du Z se retrouve confronté à une situation exceptionnellement dangereuse : plusieurs versions de lui-même.
Sa machine de clonage produit une vingtaine de doubles. Chacun semble concentrer un aspect particulier de sa personnalité. Comme Zorglub possède déjà un caractère raisonnablement compliqué dans sa version originale, la réunion de famille devient rapidement sportive.
Puis apparaît Lady Z, incarnation féminine issue du même processus. Zorglub doit alors affronter quelqu’un qui possède une bonne partie de son intelligence, de son ambition et de sa capacité à rendre une situation inutilement compliquée.
Pour la première fois, il peut donc expérimenter ce que ses proches subissent depuis des années. La science accomplit parfois des miracles.
Munuera transforme le méchant en héros sans le rendre gentil
C’est probablement la meilleure idée de cette série. José Luis Munuera ne cherche pas à blanchir Zorglub ni à expliquer qu’il avait secrètement raison depuis le début.
Le personnage reste vaniteux, manipulateur et capable de fabriquer des technologies franchement irresponsables. Pourtant, il devient aussi drôle, touchant et parfois vulnérable lorsqu’il s’agit de Zandra.
Munuera connaît particulièrement bien l’univers de Spirou puisqu’il a lui-même dessiné plusieurs albums de Spirou et Fantasio. Son dessin dynamique convient parfaitement aux machines, aux poursuites et aux explosions. Les expressions de Zorglub font le reste.
Un simple sourcil peut suffire à montrer qu’il vient d’avoir une idée catastrophique et qu’il en est extrêmement fier.
Lire plus sur Zorglub
Zorglub apparaît à l’origine dans l’univers de Spirou et Fantasio. Franquin et Greg créent le personnage en 1959 avant de le placer au centre de Z comme Zorglub. Son génie scientifique, sa mégalomanie et son ancienne relation avec le comte de Champignac en font rapidement un personnage incontournable.
José Luis Munuera lui offre sa propre série chez Dupuis avec La fille du Z en 2017. L’auteur imagine alors Zandra et utilise leur relation pour montrer une facette différente du savant. Zorglub peut menacer des armées entières, mais une adolescente qui lui dit « non » suffit désormais à mettre son système nerveux en surcharge.
L’Apprenti méchant, publié en 2018, introduit Zédrik et confronte Zorglub aux conséquences de sa propre réputation. Puis Lady Z, en 2019, multiplie littéralement le personnage grâce à une invention de clonage qui fonctionne juste assez bien pour provoquer une catastrophe.
Les couleurs sont réalisées par Sedyas, tandis que Munuera assure seul le scénario et le dessin. Le résultat mélange action, science-fiction, comédie familiale et cette folie technologique héritée des grandes aventures de Spirou.
Retrouvez ici nos BD Zorglub de José Luis Munuera. Une série parfaite pour tous ceux qui se sont déjà demandé ce que faisait un génie du mal une fois rentré chez lui. Réponse : il essaie de comprendre son adolescente. Même la Zorglangue ne peut rien pour lui.
Voici le seul résultat
Zorglub : génie du mal, mégalomane… et père complètement dépassé
Les BD Zorglub donnent enfin le premier rôle à l’un des adversaires les plus mémorables de Spirou et Fantasio. Inventeur génial, mégalomane certifié et spécialiste des machines dont l’existence pose immédiatement quelques questions de sécurité, Zorglub pourrait tranquillement préparer la domination du monde. Sauf qu’il a désormais un problème beaucoup plus compliqué à résoudre : élever sa fille adolescente, Zandra.
José Luis Munuera signe scénario et dessin de cette série dérivée publiée chez Dupuis. Il conserve l’incroyable ego, les inventions futuristes et le goût du spectacle du personnage, mais l’observe depuis un angle beaucoup plus intime. Zorglub peut construire une armée de robots sans lire la notice. En revanche, comprendre pourquoi sa fille veut simplement sortir avec son petit ami relève apparemment de la science expérimentale.
Avant Zandra, Zorglub terrorisait déjà Spirou et Fantasio
Zorglub est créé en 1959 par André Franquin et Greg dans l’univers de Spirou et Fantasio. Savant exceptionnel, ancien camarade du comte de Champignac et ego surdimensionné sur pattes, il devient rapidement bien plus qu’un méchant traditionnel.
Dans Z comme Zorglub, ses ambitions sont immenses. Il dispose de technologies extraordinaires, d’une armée de Zorglhommes et de sa fameuse Zorglangue. Il voudrait surtout que le monde entier reconnaisse enfin son génie.
C’est précisément ce qui le rend aussi drôle. Zorglub peut inventer quelque chose que personne d’autre ne comprend, puis tout gâcher parce que son besoin d’admiration prend le dessus. Dangereux ? Absolument. Ridicule ? Parfois dans la même case.
Munuera récupère cette ambiguïté. Son Zorglub n’est pas devenu raisonnable. Il possède simplement désormais quelqu’un dont l’opinion compte davantage que celle de toute l’humanité.
Zandra : la seule personne capable de faire trembler le maître du Z
Zandra a seize ans lorsqu’elle apparaît dans La fille du Z. Elle veut sortir, voir André et mener sa propre vie. Son père, lui, estime manifestement qu’une escouade de Zorgbots constitue une solution parfaitement acceptable à un problème d’autorité parentale.
Lorsque les robots viennent la récupérer après une séance de cinéma, la discussion familiale qui suit manque légèrement de sérénité. Zorglub finit même par déclencher accidentellement une invention capable de découper une ville du continent.
Voilà qui remet en perspective les parents qui confisquent simplement le téléphone.
Mais derrière les catastrophes, la relation entre Zorglub et Zandra apporte beaucoup de tendresse à la série. Il veut la protéger avec une intensité complètement disproportionnée. Elle, de son côté, réclame surtout le droit de décider pour elle-même.
Le grand sujet devient alors étonnamment universel : comment laisser grandir quelqu’un qu’on aime sans essayer de contrôler sa vie ? Zorglub possède quelques difficultés avec la deuxième partie de la question.
André : sortir avec Zandra exige une certaine résistance aux robots tueurs
André est le petit ami de Zandra. À première vue, fréquenter une adolescente dont le père est un inventeur richissime pourrait présenter quelques avantages.
Puis les Zorgbots arrivent.
Zorglub considère évidemment le garçon avec toute la bienveillance que l’on peut attendre d’un père surprotecteur disposant d’armes futuristes. André doit donc survivre aux machines, aux accès de colère du savant et à différentes aventures qui auraient probablement convaincu un adolescent moins motivé de changer immédiatement de lycée.
Sa présence permet aussi de confronter le monde extravagant de Zorglub à quelqu’un de beaucoup plus normal. Pour André, tout est extraordinaire. Pour Zandra, vivre entourée de robots et de laboratoires secrets ressemble presque au quotidien.
Zédrik : le fan que Zorglub n’aurait jamais dû rencontrer
Dans L’Apprenti méchant, Munuera ajoute Zédrik, un garçon de dix ans qui considère Zorglub comme son idole absolue. Pour un homme qui rêve depuis toujours d’être admiré, la situation devrait être parfaite.
Évidemment, elle ne l’est pas.
Zédrik est surdoué et veut devenir lui aussi un grand génie du mal. Il observe son modèle, apprend vite et possède exactement le genre d’enthousiasme que Zorglub aurait probablement adoré chez n’importe qui d’autre.
Le savant découvre alors une nouvelle difficulté : servir d’exemple. Quand un enfant reproduit vos pires comportements avec application, certaines habitudes commencent soudain à paraître moins brillantes.
Et pendant ce temps, il doit toujours gérer Zandra. Dominer la planète commencerait presque à ressembler à une activité de détente.
Zorgbots, rayons impossibles et inventions pas tout à fait terminées
Une série consacrée à Zorglub sans technologie délirante aurait évidemment quelque chose d’incomplet. Munuera lui laisse donc construire tout ce qu’un savant mégalomane ne devrait jamais pouvoir commander sur Internet.
Les Zorgbots exécutent ses ordres avec une efficacité variable. Des rayons possèdent des fonctions dont l’utilisation civile paraît difficile à défendre. Quant à certaines inventions, Zorglub préfère parfois commencer à les vendre avant d’avoir terminé les derniers tests.
Cette légère souplesse dans le contrôle qualité devient particulièrement importante dans Lady Z. Une machine à cloner entre en scène et démontre rapidement qu’un prototype n’est peut-être pas le cadeau idéal pour un oligarque mécontent.
Le rapport de Zorglub à la science reste ainsi fidèle au personnage. Il ne se demande presque jamais : « Devrais-je construire cette chose ? » Sa question ressemble plutôt à : « Pourquoi personne ne m’applaudit encore ? »
Lady Z : un Zorglub était déjà beaucoup
Dans Lady Z, le maître du Z se retrouve confronté à une situation exceptionnellement dangereuse : plusieurs versions de lui-même.
Sa machine de clonage produit une vingtaine de doubles. Chacun semble concentrer un aspect particulier de sa personnalité. Comme Zorglub possède déjà un caractère raisonnablement compliqué dans sa version originale, la réunion de famille devient rapidement sportive.
Puis apparaît Lady Z, incarnation féminine issue du même processus. Zorglub doit alors affronter quelqu’un qui possède une bonne partie de son intelligence, de son ambition et de sa capacité à rendre une situation inutilement compliquée.
Pour la première fois, il peut donc expérimenter ce que ses proches subissent depuis des années. La science accomplit parfois des miracles.
Munuera transforme le méchant en héros sans le rendre gentil
C’est probablement la meilleure idée de cette série. José Luis Munuera ne cherche pas à blanchir Zorglub ni à expliquer qu’il avait secrètement raison depuis le début.
Le personnage reste vaniteux, manipulateur et capable de fabriquer des technologies franchement irresponsables. Pourtant, il devient aussi drôle, touchant et parfois vulnérable lorsqu’il s’agit de Zandra.
Munuera connaît particulièrement bien l’univers de Spirou puisqu’il a lui-même dessiné plusieurs albums de Spirou et Fantasio. Son dessin dynamique convient parfaitement aux machines, aux poursuites et aux explosions. Les expressions de Zorglub font le reste.
Un simple sourcil peut suffire à montrer qu’il vient d’avoir une idée catastrophique et qu’il en est extrêmement fier.
Lire plus sur Zorglub
Zorglub apparaît à l’origine dans l’univers de Spirou et Fantasio. Franquin et Greg créent le personnage en 1959 avant de le placer au centre de Z comme Zorglub. Son génie scientifique, sa mégalomanie et son ancienne relation avec le comte de Champignac en font rapidement un personnage incontournable.
José Luis Munuera lui offre sa propre série chez Dupuis avec La fille du Z en 2017. L’auteur imagine alors Zandra et utilise leur relation pour montrer une facette différente du savant. Zorglub peut menacer des armées entières, mais une adolescente qui lui dit « non » suffit désormais à mettre son système nerveux en surcharge.
L’Apprenti méchant, publié en 2018, introduit Zédrik et confronte Zorglub aux conséquences de sa propre réputation. Puis Lady Z, en 2019, multiplie littéralement le personnage grâce à une invention de clonage qui fonctionne juste assez bien pour provoquer une catastrophe.
Les couleurs sont réalisées par Sedyas, tandis que Munuera assure seul le scénario et le dessin. Le résultat mélange action, science-fiction, comédie familiale et cette folie technologique héritée des grandes aventures de Spirou.
Retrouvez ici nos BD Zorglub de José Luis Munuera. Une série parfaite pour tous ceux qui se sont déjà demandé ce que faisait un génie du mal une fois rentré chez lui. Réponse : il essaie de comprendre son adolescente. Même la Zorglangue ne peut rien pour lui.

