Radada la Méchante Sorcière
Radada la Méchante Sorcière : enfin une sorcière qui ne cherche pas à être sympathique
Les BD Radada la Méchante Sorcière nous entraînent au fond d’un marais où la magie n’a rien de féerique. Radada est sale, mauvaise, rancunière et parfaitement heureuse de l’être. Elle cultive son potager, prépare ses maléfices et consacre une énergie remarquable à rendre la vie des autres plus désagréable. Pour une fois, aucune princesse ne viendra lui expliquer qu’au fond de son cœur se cache une personne formidable.
Michel Gaudelette et René-Louis Sauger créent cet univers complètement déjanté au début des années 1990 pour Fluide Glacial. Ils prennent les contes de fées, les animaux mignons et la magie merveilleuse, puis passent l’ensemble dans une machine à laver réglée sur « humour noir et mauvais goût assumé ».
Radada : la méchanceté comme véritable art de vivre
Radada n’a aucun problème avec son image. Elle sait qu’elle n’est ni élégante ni douce, et cela semble même lui convenir parfaitement. Son plaisir consiste plutôt à jeter des sorts, embêter son entourage et développer de nouvelles façons de faire le mal.
Son quotidien n’a donc rien de celui d’une sorcière de conte traditionnelle. Pas de grand château gothique avec domestiques en livrée. Radada vit dans son marais, au milieu d’une faune improbable et d’un potager dont il vaut probablement mieux ne pas goûter les légumes sans autorisation.
Gaudelette et Sauger utilisent ce personnage pour renverser systématiquement les attentes. Dès qu’une situation pourrait devenir tendre, Radada trouve généralement le moyen de la massacrer. Quand une créature adorable apparaît, mieux vaut ne pas trop s’y attacher.
Le bon goût vient parfois frapper à la porte. Personne ne lui ouvre.
Francis : le compagnon idéal quand on possède déjà une sorcière pareille
Radada partage notamment ses aventures avec Francis, son fidèle compagnon préhistorique. Sa présence contribue largement à rendre le marais encore moins fréquentable.
Dans cet univers, les animaux n’ont d’ailleurs aucune obligation de respecter les standards des dessins animés pour enfants. Ils peuvent être bêtes, obscènes, voraces ou simplement très mal élevés.
Gaudelette s’amuse à détourner tout ce qui pourrait normalement devenir attendrissant. Le contraste fonctionne d’autant mieux que son dessin reste extrêmement vivant et expressif. On reconnaît parfois la mécanique visuelle d’un conte pour enfants… juste avant que l’histoire choisisse précisément la direction qu’un conte pour enfants éviterait.
Mélusine : une gentille sœur, donc forcément insupportable
Le cauchemar personnel de Radada porte un nom : Mélusine. Sa sœur est une gentille fée. Autant dire qu’entre les deux femmes, la complicité familiale possède quelques limites.
Mélusine représente tout ce que Radada ne supporte pas. Elle est bienveillante, lumineuse et beaucoup trop proche de l’image traditionnelle de la bonne fée. Radada répond évidemment avec sa délicatesse habituelle.
Cette opposition permet aux auteurs de se moquer directement des grands classiques du merveilleux. La bonne fée n’est plus forcément celle que l’on préfère suivre. La vilaine sorcière devient l’héroïne. Quant aux valeurs positives, elles peuvent soudain paraître très fatigantes lorsqu’elles sont observées depuis le marais.
Les réunions de famille sont déjà compliquées dans le monde réel. Ajoutez des baguettes magiques et des malédictions, et Noël devient tout de suite plus sportif.
Fluide Glacial passe les contes de fées au lance-flammes
Radada la Méchante Sorcière appartient pleinement à l’esprit de Fluide Glacial. L’humour est absurde, provocateur et souvent volontairement trash. Les auteurs refusent les limites rassurantes du conte traditionnel.
On y croise des cochons en chemise hawaïenne, des créatures préhistoriques douteuses et toute une population dont le comportement ferait probablement fermer définitivement un parc d’attractions familial.
Pourtant, le délire ne repose pas uniquement sur la provocation. Les dialogues sont rapides, les situations soigneusement construites et le dessin de Gaudelette regorge de détails. Plus l’univers devient grotesque, plus il paraît étrangement cohérent.
La série s’amuse aussi avec notre époque. Derrière les sorcières et les monstres apparaissent régulièrement des comportements très humains. La bêtise, l’égoïsme et la vulgarité existaient donc déjà dans les contes. On avait simplement oublié de les dessiner correctement.
Trois albums pour une sorcière devenue culte
La série originale forme un ensemble de trois albums. Radada dispose ainsi d’assez de place pour installer son marais, sa sœur et tout son petit monde sans avoir le temps de devenir raisonnable.
Le premier volume pose immédiatement les bases du personnage. Waugh ! poursuit les réjouissances, puis un troisième album complète la série.
L’ensemble a ensuite été réuni en intégrale. Une excellente idée pour les lecteurs qui préfèrent recevoir toute leur dose de méchanceté en une seule fois plutôt que de l’espacer raisonnablement.
Lire plus sur Radada la Méchante Sorcière
Radada est créée en 1992 par Michel Gaudelette et René-Louis Sauger. Gaudelette vient alors de rejoindre Fluide Glacial, dont l’humour libre et irrévérencieux constitue un terrain idéal pour cette sorcière absolument réfractaire aux bonnes manières.
Les albums développent progressivement un univers où les références aux contes et aux dessins animés sont systématiquement détournées. Radada n’attend aucun prince charmant. Elle préférerait probablement le transformer en quelque chose de visqueux avant de retourner s’occuper de son potager.
La série complète compte trois tomes. Elle connaît ensuite plusieurs éditions intégrales, dont une nouvelle version publiée par Fluide Glacial en 2019. Celle-ci réunit les trois albums ainsi qu’un dossier consacré à la série.
Radada reste surtout l’une de ces héroïnes que l’on reconnaît immédiatement. Elle ne possède aucune envie de devenir meilleure, aucune vocation héroïque et certainement aucun programme de développement personnel. Sa constance force presque le respect.
Retrouvez ici nos BD Radada la Méchante Sorcière de Gaudelette et Sauger. Si vous aimez l’humour noir, les contes massacrés avec enthousiasme et les héroïnes qui n’ont vraiment aucune intention de donner le bon exemple, le marais est ouvert.
Voici le seul résultat
Radada la Méchante Sorcière : enfin une sorcière qui ne cherche pas à être sympathique
Les BD Radada la Méchante Sorcière nous entraînent au fond d’un marais où la magie n’a rien de féerique. Radada est sale, mauvaise, rancunière et parfaitement heureuse de l’être. Elle cultive son potager, prépare ses maléfices et consacre une énergie remarquable à rendre la vie des autres plus désagréable. Pour une fois, aucune princesse ne viendra lui expliquer qu’au fond de son cœur se cache une personne formidable.
Michel Gaudelette et René-Louis Sauger créent cet univers complètement déjanté au début des années 1990 pour Fluide Glacial. Ils prennent les contes de fées, les animaux mignons et la magie merveilleuse, puis passent l’ensemble dans une machine à laver réglée sur « humour noir et mauvais goût assumé ».
Radada : la méchanceté comme véritable art de vivre
Radada n’a aucun problème avec son image. Elle sait qu’elle n’est ni élégante ni douce, et cela semble même lui convenir parfaitement. Son plaisir consiste plutôt à jeter des sorts, embêter son entourage et développer de nouvelles façons de faire le mal.
Son quotidien n’a donc rien de celui d’une sorcière de conte traditionnelle. Pas de grand château gothique avec domestiques en livrée. Radada vit dans son marais, au milieu d’une faune improbable et d’un potager dont il vaut probablement mieux ne pas goûter les légumes sans autorisation.
Gaudelette et Sauger utilisent ce personnage pour renverser systématiquement les attentes. Dès qu’une situation pourrait devenir tendre, Radada trouve généralement le moyen de la massacrer. Quand une créature adorable apparaît, mieux vaut ne pas trop s’y attacher.
Le bon goût vient parfois frapper à la porte. Personne ne lui ouvre.
Francis : le compagnon idéal quand on possède déjà une sorcière pareille
Radada partage notamment ses aventures avec Francis, son fidèle compagnon préhistorique. Sa présence contribue largement à rendre le marais encore moins fréquentable.
Dans cet univers, les animaux n’ont d’ailleurs aucune obligation de respecter les standards des dessins animés pour enfants. Ils peuvent être bêtes, obscènes, voraces ou simplement très mal élevés.
Gaudelette s’amuse à détourner tout ce qui pourrait normalement devenir attendrissant. Le contraste fonctionne d’autant mieux que son dessin reste extrêmement vivant et expressif. On reconnaît parfois la mécanique visuelle d’un conte pour enfants… juste avant que l’histoire choisisse précisément la direction qu’un conte pour enfants éviterait.
Mélusine : une gentille sœur, donc forcément insupportable
Le cauchemar personnel de Radada porte un nom : Mélusine. Sa sœur est une gentille fée. Autant dire qu’entre les deux femmes, la complicité familiale possède quelques limites.
Mélusine représente tout ce que Radada ne supporte pas. Elle est bienveillante, lumineuse et beaucoup trop proche de l’image traditionnelle de la bonne fée. Radada répond évidemment avec sa délicatesse habituelle.
Cette opposition permet aux auteurs de se moquer directement des grands classiques du merveilleux. La bonne fée n’est plus forcément celle que l’on préfère suivre. La vilaine sorcière devient l’héroïne. Quant aux valeurs positives, elles peuvent soudain paraître très fatigantes lorsqu’elles sont observées depuis le marais.
Les réunions de famille sont déjà compliquées dans le monde réel. Ajoutez des baguettes magiques et des malédictions, et Noël devient tout de suite plus sportif.
Fluide Glacial passe les contes de fées au lance-flammes
Radada la Méchante Sorcière appartient pleinement à l’esprit de Fluide Glacial. L’humour est absurde, provocateur et souvent volontairement trash. Les auteurs refusent les limites rassurantes du conte traditionnel.
On y croise des cochons en chemise hawaïenne, des créatures préhistoriques douteuses et toute une population dont le comportement ferait probablement fermer définitivement un parc d’attractions familial.
Pourtant, le délire ne repose pas uniquement sur la provocation. Les dialogues sont rapides, les situations soigneusement construites et le dessin de Gaudelette regorge de détails. Plus l’univers devient grotesque, plus il paraît étrangement cohérent.
La série s’amuse aussi avec notre époque. Derrière les sorcières et les monstres apparaissent régulièrement des comportements très humains. La bêtise, l’égoïsme et la vulgarité existaient donc déjà dans les contes. On avait simplement oublié de les dessiner correctement.
Trois albums pour une sorcière devenue culte
La série originale forme un ensemble de trois albums. Radada dispose ainsi d’assez de place pour installer son marais, sa sœur et tout son petit monde sans avoir le temps de devenir raisonnable.
Le premier volume pose immédiatement les bases du personnage. Waugh ! poursuit les réjouissances, puis un troisième album complète la série.
L’ensemble a ensuite été réuni en intégrale. Une excellente idée pour les lecteurs qui préfèrent recevoir toute leur dose de méchanceté en une seule fois plutôt que de l’espacer raisonnablement.
Lire plus sur Radada la Méchante Sorcière
Radada est créée en 1992 par Michel Gaudelette et René-Louis Sauger. Gaudelette vient alors de rejoindre Fluide Glacial, dont l’humour libre et irrévérencieux constitue un terrain idéal pour cette sorcière absolument réfractaire aux bonnes manières.
Les albums développent progressivement un univers où les références aux contes et aux dessins animés sont systématiquement détournées. Radada n’attend aucun prince charmant. Elle préférerait probablement le transformer en quelque chose de visqueux avant de retourner s’occuper de son potager.
La série complète compte trois tomes. Elle connaît ensuite plusieurs éditions intégrales, dont une nouvelle version publiée par Fluide Glacial en 2019. Celle-ci réunit les trois albums ainsi qu’un dossier consacré à la série.
Radada reste surtout l’une de ces héroïnes que l’on reconnaît immédiatement. Elle ne possède aucune envie de devenir meilleure, aucune vocation héroïque et certainement aucun programme de développement personnel. Sa constance force presque le respect.
Retrouvez ici nos BD Radada la Méchante Sorcière de Gaudelette et Sauger. Si vous aimez l’humour noir, les contes massacrés avec enthousiasme et les héroïnes qui n’ont vraiment aucune intention de donner le bon exemple, le marais est ouvert.

