Nab
Nab : bienvenue dans l’Apeupréhistoire, là où l’évolution a pris un drôle de raccourci
Les BD Nab, aussi connues sous le nom de Nabuchodinosaure, nous ramènent à une préhistoire très approximative où dinosaures, catastrophes naturelles et inventions improbables cohabitent joyeusement. Au milieu de ce petit chaos évolue Nab, une créature persuadée de disposer d’une intelligence exceptionnelle. Sur ce dernier point, tout le monde n’est pas forcément du même avis.
Herlé au scénario et Roger Widenlocher au dessin imaginent un monde baptisé l’Apeupréhistoire. Le nom donne immédiatement le ton : inutile de venir avec une frise chronologique et une loupe de paléontologue. Ici, l’Histoire sert surtout de carburant aux gags.
Nabuchodinosaure : le génie autoproclamé de la préhistoire
Nab n’est pas tout à fait un dinosaure et certainement pas un homme préhistorique ordinaire. Il parle, réfléchit, invente et observe son environnement avec la certitude rassurante d’être beaucoup plus intelligent que tout ce qui l’entoure.
Le problème vient généralement après.
Une bonne idée peut se transformer en catastrophe. Une découverte remarquable peut produire exactement l’effet inverse de celui espéré. Quant aux autres créatures, elles n’ont aucune obligation de reconnaître le génie qui se tient devant elles.
Nab garde pourtant une confiance remarquable. Volcans, plantes carnivores ou dinosaures nettement plus gros que lui ne suffisent pas à entamer durablement son enthousiasme. Il faut reconnaître que dans l’Apeupréhistoire, savoir recommencer après une mauvaise idée constitue probablement une qualité essentielle.
Des dinosaures qui n’ont jamais lu les livres de paléontologie
L’univers de Nabuchodinosaure prend un malin plaisir à mélanger les époques, les espèces et les références. Roger Widenlocher remplit ses planches de sauriens aux expressions très humaines, de créatures improbables et de situations volontairement anachroniques.
Les dinosaures ne servent donc pas uniquement de décor. Ils deviennent partenaires, voisins, adversaires ou victimes involontaires des idées de Nab. Certains sont gigantesques. D’autres particulièrement stupides. Quelques-uns réussissent l’exploit de réunir les deux qualités.
Cette liberté donne à la série une énergie particulière. Tout peut arriver, puisque la cohérence historique a été gentiment priée d’attendre dehors avant le début de l’album.
Jeux de mots, anachronismes et théorie de l’évolution très personnelle
L’humour de Nab repose beaucoup sur les jeux de mots et le décalage entre notre monde et cette préhistoire complètement revisitée. Des habitudes modernes peuvent apparaître sous une forme primitive, tandis que certaines grandes inventions semblent naître pour des raisons nettement moins glorieuses que dans les livres d’histoire.
Herlé et Widenlocher jouent également avec l’évolution. Nab se voit volontiers comme une étape décisive vers une intelligence supérieure. Pourtant, l’avenir de l’humanité paraît parfois beaucoup moins assuré lorsqu’on observe ses expériences.
Les gags fonctionnent ainsi aussi bien auprès des jeunes lecteurs que des adultes capables de repérer les références et les détournements. On peut rire d’un dinosaure qui se prend un rocher sur la tête sans diplôme universitaire. Heureusement.
Une série jeunesse qui s’est taillé une vraie place dans la BD d’humour
Les premières aventures de Nabuchodinosaure apparaissent à la fin des années 1980 dans Je Bouquine. Les albums suivent ensuite chez Dargaud au début des années 1990.
La formule trouve rapidement son public. En 1993, Chroniques de l’Apeupréhistoire reçoit l’Alph’Art jeunesse 9-12 ans au Festival d’Angoulême.
Au fil des albums, Nab continue d’explorer son époque avec la même assurance. Les titres eux-mêmes donnent le ton, entre Humo Sapiens, Panique à Diplodocus Land ou L’Odyssée de l’espèce. On comprend assez vite que Charles Darwin n’est pas le seul à avoir réfléchi à l’évolution.
Nab revient pour de nouvelles aventures apeupréhistoriques
L’univers ne reste pas fossilisé. Roger Widenlocher retrouve ensuite son personnage avec Patrick Goulesque pour de nouvelles aventures publiées chez Bamboo.
Le principe reste délicieusement bancal : Nab possède toujours la parole, un solide sens de l’humour et une confiance absolue dans ses capacités intellectuelles. Son environnement, lui, continue de lui opposer dinosaures, prédateurs, plantes carnivores et autres petites contrariétés préhistoriques.
Le dessin conserve cette grande expressivité qui permet aux gags de fonctionner immédiatement. Un regard de Nab ou la réaction catastrophée d’un saurien peuvent suffire à comprendre que l’expérience vient encore de prendre une direction imprévue.
Lire plus sur Nab
Nabuchodinosaure apparaît en 1989 dans le magazine Je Bouquine. Herlé imagine les scénarios tandis que Roger Widenlocher donne son apparence à Nab et à toute la faune de cette fameuse Apeupréhistoire.
Les aventures passent ensuite en albums chez Dargaud à partir de 1991. Le deuxième volume, Chroniques de l’Apeupréhistoire, est récompensé à Angoulême en 1993 dans la catégorie jeunesse.
Plus tard, Patrick Goulesque rejoint l’histoire de la série au scénario. Roger Widenlocher reste étroitement associé à son personnage et participe également aux Nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure, lancées chez Bamboo en 2018.
Ce retour conserve l’idée qui faisait déjà tout le sel de Nab : prendre la préhistoire, lui retirer toute obligation de sérieux et laisser un saurien prétendument génial essayer d’améliorer le monde. Le monde, pour sa part, n’avait peut-être rien demandé.
Retrouvez nos BD Nab et Nabuchodinosaure pour une plongée dans une préhistoire où la sélection naturelle doit parfois se demander si elle n’aurait pas dû relire son contrat.
Voici le seul résultat
Nab : bienvenue dans l’Apeupréhistoire, là où l’évolution a pris un drôle de raccourci
Les BD Nab, aussi connues sous le nom de Nabuchodinosaure, nous ramènent à une préhistoire très approximative où dinosaures, catastrophes naturelles et inventions improbables cohabitent joyeusement. Au milieu de ce petit chaos évolue Nab, une créature persuadée de disposer d’une intelligence exceptionnelle. Sur ce dernier point, tout le monde n’est pas forcément du même avis.
Herlé au scénario et Roger Widenlocher au dessin imaginent un monde baptisé l’Apeupréhistoire. Le nom donne immédiatement le ton : inutile de venir avec une frise chronologique et une loupe de paléontologue. Ici, l’Histoire sert surtout de carburant aux gags.
Nabuchodinosaure : le génie autoproclamé de la préhistoire
Nab n’est pas tout à fait un dinosaure et certainement pas un homme préhistorique ordinaire. Il parle, réfléchit, invente et observe son environnement avec la certitude rassurante d’être beaucoup plus intelligent que tout ce qui l’entoure.
Le problème vient généralement après.
Une bonne idée peut se transformer en catastrophe. Une découverte remarquable peut produire exactement l’effet inverse de celui espéré. Quant aux autres créatures, elles n’ont aucune obligation de reconnaître le génie qui se tient devant elles.
Nab garde pourtant une confiance remarquable. Volcans, plantes carnivores ou dinosaures nettement plus gros que lui ne suffisent pas à entamer durablement son enthousiasme. Il faut reconnaître que dans l’Apeupréhistoire, savoir recommencer après une mauvaise idée constitue probablement une qualité essentielle.
Des dinosaures qui n’ont jamais lu les livres de paléontologie
L’univers de Nabuchodinosaure prend un malin plaisir à mélanger les époques, les espèces et les références. Roger Widenlocher remplit ses planches de sauriens aux expressions très humaines, de créatures improbables et de situations volontairement anachroniques.
Les dinosaures ne servent donc pas uniquement de décor. Ils deviennent partenaires, voisins, adversaires ou victimes involontaires des idées de Nab. Certains sont gigantesques. D’autres particulièrement stupides. Quelques-uns réussissent l’exploit de réunir les deux qualités.
Cette liberté donne à la série une énergie particulière. Tout peut arriver, puisque la cohérence historique a été gentiment priée d’attendre dehors avant le début de l’album.
Jeux de mots, anachronismes et théorie de l’évolution très personnelle
L’humour de Nab repose beaucoup sur les jeux de mots et le décalage entre notre monde et cette préhistoire complètement revisitée. Des habitudes modernes peuvent apparaître sous une forme primitive, tandis que certaines grandes inventions semblent naître pour des raisons nettement moins glorieuses que dans les livres d’histoire.
Herlé et Widenlocher jouent également avec l’évolution. Nab se voit volontiers comme une étape décisive vers une intelligence supérieure. Pourtant, l’avenir de l’humanité paraît parfois beaucoup moins assuré lorsqu’on observe ses expériences.
Les gags fonctionnent ainsi aussi bien auprès des jeunes lecteurs que des adultes capables de repérer les références et les détournements. On peut rire d’un dinosaure qui se prend un rocher sur la tête sans diplôme universitaire. Heureusement.
Une série jeunesse qui s’est taillé une vraie place dans la BD d’humour
Les premières aventures de Nabuchodinosaure apparaissent à la fin des années 1980 dans Je Bouquine. Les albums suivent ensuite chez Dargaud au début des années 1990.
La formule trouve rapidement son public. En 1993, Chroniques de l’Apeupréhistoire reçoit l’Alph’Art jeunesse 9-12 ans au Festival d’Angoulême.
Au fil des albums, Nab continue d’explorer son époque avec la même assurance. Les titres eux-mêmes donnent le ton, entre Humo Sapiens, Panique à Diplodocus Land ou L’Odyssée de l’espèce. On comprend assez vite que Charles Darwin n’est pas le seul à avoir réfléchi à l’évolution.
Nab revient pour de nouvelles aventures apeupréhistoriques
L’univers ne reste pas fossilisé. Roger Widenlocher retrouve ensuite son personnage avec Patrick Goulesque pour de nouvelles aventures publiées chez Bamboo.
Le principe reste délicieusement bancal : Nab possède toujours la parole, un solide sens de l’humour et une confiance absolue dans ses capacités intellectuelles. Son environnement, lui, continue de lui opposer dinosaures, prédateurs, plantes carnivores et autres petites contrariétés préhistoriques.
Le dessin conserve cette grande expressivité qui permet aux gags de fonctionner immédiatement. Un regard de Nab ou la réaction catastrophée d’un saurien peuvent suffire à comprendre que l’expérience vient encore de prendre une direction imprévue.
Lire plus sur Nab
Nabuchodinosaure apparaît en 1989 dans le magazine Je Bouquine. Herlé imagine les scénarios tandis que Roger Widenlocher donne son apparence à Nab et à toute la faune de cette fameuse Apeupréhistoire.
Les aventures passent ensuite en albums chez Dargaud à partir de 1991. Le deuxième volume, Chroniques de l’Apeupréhistoire, est récompensé à Angoulême en 1993 dans la catégorie jeunesse.
Plus tard, Patrick Goulesque rejoint l’histoire de la série au scénario. Roger Widenlocher reste étroitement associé à son personnage et participe également aux Nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure, lancées chez Bamboo en 2018.
Ce retour conserve l’idée qui faisait déjà tout le sel de Nab : prendre la préhistoire, lui retirer toute obligation de sérieux et laisser un saurien prétendument génial essayer d’améliorer le monde. Le monde, pour sa part, n’avait peut-être rien demandé.
Retrouvez nos BD Nab et Nabuchodinosaure pour une plongée dans une préhistoire où la sélection naturelle doit parfois se demander si elle n’aurait pas dû relire son contrat.

