Namibia

Namibia : Göring est mort, mais quelqu’un l’a vu en Afrique

1948. Hermann Göring est officiellement mort depuis deux ans, et pourtant on l’aurait aperçu en Namibie. C’est sur cette rumeur impossible que démarre la BD Namibia, récit de science-fiction et d’espionnage scénarisée par Leo et Rodolphe, dessinée par Bertrand Marchal et mise en couleurs par Sébastien Bouët chez Dargaud. Le MI5 envoie Kathy Austin vérifier. Elle rentre à peine du Kenya et n’a pas vraiment eu le temps de défaire sa valise.

Kathy Austin, de retour du Kilimandjaro

Namibia est le second cycle de Kenya. Dans le premier, Kathy enquêtait déjà, sous couverture d’institutrice, sur des animaux étranges et des soucoupes volantes signalés autour du Kilimandjaro. Elle arrive donc en Afrique australe avec une certitude que ses supérieurs n’ont pas : le monde est beaucoup moins rationnel que ne le prétendent les rapports officiels.

Des cadavres qui servent de modèles

Dès le premier épisode, l’enquête bascule. Des êtres utilisent l’ADN de corps humains pour recomposer des enveloppes crédibles. Le deuxième album rend suspecte jusqu’à l’identité d’un témoin, le troisième transforme les faux-semblants en méthode d’invasion. Au quatrième, le plan de colonisation commence à se dessiner, et le cinquième rassemble les pistes pour conclure le cycle. Chaque tome resserre l’étau, si bien qu’on finit par regarder chaque personnage secondaire comme un imposteur potentiel.

L’Afrique de l’après-guerre comme décor

Leo et Rodolphe ont nourri cette saga de souvenirs précis : Hemingway, les films de Clark Gable des années 1950, les avions à hélices, les safaris et les histoires de soucoupes volantes. Ça se sent à chaque planche. Le dessin de Marchal installe des paysages immenses, écrasés de chaleur, où l’on ne sait jamais si la silhouette au loin est un fermier, un espion soviétique ou tout autre chose.

Le contexte historique compte autant que les créatures. Trois ans après la chute du Reich, l’idée qu’un dignitaire nazi ait pu survivre n’a rien d’absurde pour les services secrets de l’époque, et c’est précisément ce qui rend la rumeur si efficace. Le lecteur avance avec Kathy entre deux peurs bien réelles, l’ancien ennemi qui refuse de disparaître et le nouveau qui s’installe à l’Est, avant de comprendre qu’une troisième menace, venue d’ailleurs, les surplombe toutes.

Kathy Austin, héroïne sans super-pouvoir

Ce qui rend Kathy attachante, c’est son sang-froid. Pas de gadget miracle ni de force surhumaine : une agente qui observe, recoupe, doute et finit par agir quand ses chefs hésitent encore. Face à des adversaires capables d’emprunter n’importe quel visage, son seul vrai atout reste sa méfiance.

Une série complète en cinq épisodes

Le cycle tient en cinq albums cartonnés, de l’épisode 1 à l’épisode 5. On peut donc suivre Kathy jusqu’au bout sans craindre un cliffhanger laissé en suspens pendant des années. La lecture est clairement ado-adulte : paranoïa de guerre froide, enjeux politiques et une science-fiction qui préfère l’inquiétude au spectaculaire.

Leo est aussi le créateur des Mondes d’Aldébaran, sa grande saga de colonisation spatiale chez Dargaud. Les lecteurs qui aiment voir des humains confrontés à une vie qu’ils ne comprennent pas y trouveront le même goût du mystère, cette fois sur d’autres planètes. Pour démarrer Namibia, le premier épisode pose toutes les bases de l’enquête.

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Anecdote de fabrication : Leo n’a pas pu coloriser Kenya lui-même, faute de temps, car il travaillait en parallèle sur Les Mondes d’Aldébaran. Un auteur qui mène deux invasions extraterrestres de front, il fallait bien déléguer les couleurs.

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Namibia : Göring est mort, mais quelqu’un l’a vu en Afrique

1948. Hermann Göring est officiellement mort depuis deux ans, et pourtant on l’aurait aperçu en Namibie. C’est sur cette rumeur impossible que démarre la BD Namibia, récit de science-fiction et d’espionnage scénarisée par Leo et Rodolphe, dessinée par Bertrand Marchal et mise en couleurs par Sébastien Bouët chez Dargaud. Le MI5 envoie Kathy Austin vérifier. Elle rentre à peine du Kenya et n’a pas vraiment eu le temps de défaire sa valise.

Kathy Austin, de retour du Kilimandjaro

Namibia est le second cycle de Kenya. Dans le premier, Kathy enquêtait déjà, sous couverture d’institutrice, sur des animaux étranges et des soucoupes volantes signalés autour du Kilimandjaro. Elle arrive donc en Afrique australe avec une certitude que ses supérieurs n’ont pas : le monde est beaucoup moins rationnel que ne le prétendent les rapports officiels.

Des cadavres qui servent de modèles

Dès le premier épisode, l’enquête bascule. Des êtres utilisent l’ADN de corps humains pour recomposer des enveloppes crédibles. Le deuxième album rend suspecte jusqu’à l’identité d’un témoin, le troisième transforme les faux-semblants en méthode d’invasion. Au quatrième, le plan de colonisation commence à se dessiner, et le cinquième rassemble les pistes pour conclure le cycle. Chaque tome resserre l’étau, si bien qu’on finit par regarder chaque personnage secondaire comme un imposteur potentiel.

L’Afrique de l’après-guerre comme décor

Leo et Rodolphe ont nourri cette saga de souvenirs précis : Hemingway, les films de Clark Gable des années 1950, les avions à hélices, les safaris et les histoires de soucoupes volantes. Ça se sent à chaque planche. Le dessin de Marchal installe des paysages immenses, écrasés de chaleur, où l’on ne sait jamais si la silhouette au loin est un fermier, un espion soviétique ou tout autre chose.

Le contexte historique compte autant que les créatures. Trois ans après la chute du Reich, l’idée qu’un dignitaire nazi ait pu survivre n’a rien d’absurde pour les services secrets de l’époque, et c’est précisément ce qui rend la rumeur si efficace. Le lecteur avance avec Kathy entre deux peurs bien réelles, l’ancien ennemi qui refuse de disparaître et le nouveau qui s’installe à l’Est, avant de comprendre qu’une troisième menace, venue d’ailleurs, les surplombe toutes.

Kathy Austin, héroïne sans super-pouvoir

Ce qui rend Kathy attachante, c’est son sang-froid. Pas de gadget miracle ni de force surhumaine : une agente qui observe, recoupe, doute et finit par agir quand ses chefs hésitent encore. Face à des adversaires capables d’emprunter n’importe quel visage, son seul vrai atout reste sa méfiance.

Une série complète en cinq épisodes

Le cycle tient en cinq albums cartonnés, de l’épisode 1 à l’épisode 5. On peut donc suivre Kathy jusqu’au bout sans craindre un cliffhanger laissé en suspens pendant des années. La lecture est clairement ado-adulte : paranoïa de guerre froide, enjeux politiques et une science-fiction qui préfère l’inquiétude au spectaculaire.

Leo est aussi le créateur des Mondes d’Aldébaran, sa grande saga de colonisation spatiale chez Dargaud. Les lecteurs qui aiment voir des humains confrontés à une vie qu’ils ne comprennent pas y trouveront le même goût du mystère, cette fois sur d’autres planètes. Pour démarrer Namibia, le premier épisode pose toutes les bases de l’enquête.

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Anecdote de fabrication : Leo n’a pas pu coloriser Kenya lui-même, faute de temps, car il travaillait en parallèle sur Les Mondes d’Aldébaran. Un auteur qui mène deux invasions extraterrestres de front, il fallait bien déléguer les couleurs.