La Fortune des Winczlav
La Fortune des Winczlav : avant les gratte-ciel, il y avait un exilé
Avant le groupe W et ses milliards, il y avait un nom difficile à prononcer. La Fortune des Winczlav, préquelle de Largo Winch écrite par Jean Van Hamme et dessinée par Philippe Berthet chez Dupuis, raconte comment une famille d’immigrés a fini par bâtir l’une des plus grandes fortunes de la BD. Largo lui-même est né Winczlav, avant d’être adopté par Nerio Winch.
Vanko, 1848 : le médecin qui fuit le Monténégro
Le premier tome suit Vanko, jeune médecin idéaliste qui mène une révolte paysanne contre l’occupant ottoman. Trahi, il fuit avec Veska, une jeune Bulgare enceinte, à travers l’Europe jusqu’à l’Amérique. À New York, son diplôme ne vaut rien : il travaille comme infirmier. Accusé à tort de meurtre, il finit médecin dans l’armée de l’Union pendant la guerre de Sécession, avant de déserter. Pour un ancêtre de banquier, on a connu départ plus tranquille.
Tom et Lisa, 1910 : le pétrole, le whisky et le krach
Le deuxième album passe à la génération suivante. Milan, l’un des fils de Vanko, fait fortune dans le pétrole puis disparaît dans un ouragan, laissant son fils Tom sans rien. Tom hérite pourtant d’une distillerie de whisky irlandais, rachète des actions à prix cassé pendant le krach de 1929 et devient assez puissant pour que Roosevelt lui demande un coup de main sur les finances du pays. C’est lui qui anglicise le nom en Winch. Sa sœur jumelle Lisa, aviatrice en France, affronte en secret les pilotes allemands de la Grande Guerre, dont le Baron rouge.
Le style Van Hamme, version saga
On retrouve ce qui a fait le succès de Largo : la mécanique de l’argent, les trahisons, les héritages qui tombent au pire moment. Mais ici, Van Hamme troque le thriller financier contre la fresque historique, avec des sauts de plusieurs décennies et des héros qui n’ont pas encore de jet privé. Berthet, habitué des ambiances rétro, dessine ces époques avec une élégance très lisible, du port de New York aux champs de bataille.
Les albums cartonnés se lisent sans connaître Largo par cœur, mais les fidèles s’amuseront à repérer comment chaque génération prépare l’empire dont hérite le héros. Les aventures de l’héritier lui-même se retrouvent au rayon Largo Winch. Et pour voir Van Hamme dans un tout autre registre, mêlant Vikings et science-fiction, il suffit d’ouvrir Thorgal, qu’il a créé avec Grzegorz Rosiński.
Lire plus
Moralité de la saga : dans la famille Winczlav, on peut perdre un diplôme, un père, une guerre et même son nom de famille. Ce qu’on ne perd jamais, c’est le sens des affaires.
2 résultats affichés
La Fortune des Winczlav : avant les gratte-ciel, il y avait un exilé
Avant le groupe W et ses milliards, il y avait un nom difficile à prononcer. La Fortune des Winczlav, préquelle de Largo Winch écrite par Jean Van Hamme et dessinée par Philippe Berthet chez Dupuis, raconte comment une famille d’immigrés a fini par bâtir l’une des plus grandes fortunes de la BD. Largo lui-même est né Winczlav, avant d’être adopté par Nerio Winch.
Vanko, 1848 : le médecin qui fuit le Monténégro
Le premier tome suit Vanko, jeune médecin idéaliste qui mène une révolte paysanne contre l’occupant ottoman. Trahi, il fuit avec Veska, une jeune Bulgare enceinte, à travers l’Europe jusqu’à l’Amérique. À New York, son diplôme ne vaut rien : il travaille comme infirmier. Accusé à tort de meurtre, il finit médecin dans l’armée de l’Union pendant la guerre de Sécession, avant de déserter. Pour un ancêtre de banquier, on a connu départ plus tranquille.
Tom et Lisa, 1910 : le pétrole, le whisky et le krach
Le deuxième album passe à la génération suivante. Milan, l’un des fils de Vanko, fait fortune dans le pétrole puis disparaît dans un ouragan, laissant son fils Tom sans rien. Tom hérite pourtant d’une distillerie de whisky irlandais, rachète des actions à prix cassé pendant le krach de 1929 et devient assez puissant pour que Roosevelt lui demande un coup de main sur les finances du pays. C’est lui qui anglicise le nom en Winch. Sa sœur jumelle Lisa, aviatrice en France, affronte en secret les pilotes allemands de la Grande Guerre, dont le Baron rouge.
Le style Van Hamme, version saga
On retrouve ce qui a fait le succès de Largo : la mécanique de l’argent, les trahisons, les héritages qui tombent au pire moment. Mais ici, Van Hamme troque le thriller financier contre la fresque historique, avec des sauts de plusieurs décennies et des héros qui n’ont pas encore de jet privé. Berthet, habitué des ambiances rétro, dessine ces époques avec une élégance très lisible, du port de New York aux champs de bataille.
Les albums cartonnés se lisent sans connaître Largo par cœur, mais les fidèles s’amuseront à repérer comment chaque génération prépare l’empire dont hérite le héros. Les aventures de l’héritier lui-même se retrouvent au rayon Largo Winch. Et pour voir Van Hamme dans un tout autre registre, mêlant Vikings et science-fiction, il suffit d’ouvrir Thorgal, qu’il a créé avec Grzegorz Rosiński.
Lire plus
Moralité de la saga : dans la famille Winczlav, on peut perdre un diplôme, un père, une guerre et même son nom de famille. Ce qu’on ne perd jamais, c’est le sens des affaires.


