Des Villes et des Femmes
Des Villes et des Femmes : six destins, six villes… et quelques très mauvaises rencontres
Avec Des Villes et des Femmes, Bob De Groot et Philippe Francq nous emmènent bien loin de la promenade touristique. Key West, Bruxelles, New York, Paris, Amsterdam ou Marseille pourraient fournir de magnifiques cartes postales. Ici, elles servent plutôt de décor à six histoires où l’amour, la jalousie, l’argent et les rapports humains ont une fâcheuse tendance à mal tourner.
Helen, Agnès, Liz, Ginette, Gerda et Mireille ont chacune leur histoire. Pas de grande aventure commune ni de héros qui viendra remettre de l’ordre à la dernière page : chaque récit suit une femme, une situation et une mécanique qui se referme progressivement sur elle. Et lorsque Bob De Groot décide d’être cruel, mieux vaut ne pas compter sur un miracle de dernière minute.
Bob De Groot dans un registre beaucoup plus noir
Le nom de Bob De Groot évoque immédiatement l’humour de séries comme Léonard ou Robin Dubois. Des Villes et des Femmes montre une autre facette du scénariste. L’humour est toujours présent, mais il devient grinçant, parfois absurde et volontiers féroce.
Les relations amoureuses ne sont pas particulièrement épargnées. Égoïsme, désir, mensonge, jalousie ou appât du gain peuvent suffire à transformer une situation presque ordinaire en quelque chose de nettement moins confortable. On sourit parfois… puis on réalise que la chute n’a finalement rien de très drôle pour celle qui vient de la subir.
C’est justement ce contraste qui donne à ces histoires leur personnalité. De Groot installe ses personnages rapidement, laisse croire que l’on comprend où il veut en venir, puis resserre tranquillement le piège. Certaines conclusions ont ce petit goût d’humour noir qui donne envie de revenir quelques cases en arrière en se disant : « Ah oui… forcément. »
Philippe Francq avant Largo Winch
Pour les amateurs de Philippe Francq, la série possède aussi un intérêt particulier. Le premier volet publié en 1987 constitue son premier album, plusieurs années avant qu’il ne donne son visage et son incroyable précision graphique à Largo Winch.
Son dessin réaliste convient parfaitement aux histoires imaginées par De Groot. Les villes ne sont pas de simples fonds interchangeables : rues, appartements, bars, hôtels et paysages urbains participent à l’atmosphère de chaque récit. On peut déjà retrouver cette attention portée aux décors et aux personnages qui deviendra ensuite l’une des signatures de Francq.
À l’origine, Des Villes et des Femmes forme un diptyque. Les six histoires ont ensuite été réunies dans une intégrale chez Dargaud, permettant de retrouver l’ensemble dans un seul volume. Deux albums ou intégrale : selon l’édition recherchée, les collectionneurs ont donc plusieurs façons de redécouvrir cette œuvre assez singulière dans les bibliographies de ses deux auteurs.
Lire plus sur Des Villes et des Femmes
Le principe de la série repose sur six femmes associées à six univers urbains différents. Helen, Agnès, Liz, Ginette, Gerda et Mireille ne vivent pas la même histoire, mais un fil rouge traverse leurs aventures : les sentiments humains ont rarement la délicatesse que l’on aimerait leur prêter.
Le résultat ressemble à une collection de petites tragédies urbaines où De Groot peut passer de la passion à la vengeance, puis glisser une pointe d’absurde au moment où l’on s’y attend le moins. Francq, lui, ancre tout cela dans un dessin réaliste qui rend les situations d’autant plus crédibles.
Et c’est peut-être ce qui rend Des Villes et des Femmes de Philippe Francq et Bob De Groot si intéressant aujourd’hui : retrouver deux auteurs très connus dans une œuvre qui ne ressemble pas forcément à celle par laquelle le grand public les a découverts. Ici, pas de milliardaire aventurier ni de génie à la barbe blanche. Seulement des villes, des femmes… et des êtres humains qui auraient parfois mieux fait de réfléchir cinq minutes avant d’agir.
Voici le seul résultat
Des Villes et des Femmes : six destins, six villes… et quelques très mauvaises rencontres
Avec Des Villes et des Femmes, Bob De Groot et Philippe Francq nous emmènent bien loin de la promenade touristique. Key West, Bruxelles, New York, Paris, Amsterdam ou Marseille pourraient fournir de magnifiques cartes postales. Ici, elles servent plutôt de décor à six histoires où l’amour, la jalousie, l’argent et les rapports humains ont une fâcheuse tendance à mal tourner.
Helen, Agnès, Liz, Ginette, Gerda et Mireille ont chacune leur histoire. Pas de grande aventure commune ni de héros qui viendra remettre de l’ordre à la dernière page : chaque récit suit une femme, une situation et une mécanique qui se referme progressivement sur elle. Et lorsque Bob De Groot décide d’être cruel, mieux vaut ne pas compter sur un miracle de dernière minute.
Bob De Groot dans un registre beaucoup plus noir
Le nom de Bob De Groot évoque immédiatement l’humour de séries comme Léonard ou Robin Dubois. Des Villes et des Femmes montre une autre facette du scénariste. L’humour est toujours présent, mais il devient grinçant, parfois absurde et volontiers féroce.
Les relations amoureuses ne sont pas particulièrement épargnées. Égoïsme, désir, mensonge, jalousie ou appât du gain peuvent suffire à transformer une situation presque ordinaire en quelque chose de nettement moins confortable. On sourit parfois… puis on réalise que la chute n’a finalement rien de très drôle pour celle qui vient de la subir.
C’est justement ce contraste qui donne à ces histoires leur personnalité. De Groot installe ses personnages rapidement, laisse croire que l’on comprend où il veut en venir, puis resserre tranquillement le piège. Certaines conclusions ont ce petit goût d’humour noir qui donne envie de revenir quelques cases en arrière en se disant : « Ah oui… forcément. »
Philippe Francq avant Largo Winch
Pour les amateurs de Philippe Francq, la série possède aussi un intérêt particulier. Le premier volet publié en 1987 constitue son premier album, plusieurs années avant qu’il ne donne son visage et son incroyable précision graphique à Largo Winch.
Son dessin réaliste convient parfaitement aux histoires imaginées par De Groot. Les villes ne sont pas de simples fonds interchangeables : rues, appartements, bars, hôtels et paysages urbains participent à l’atmosphère de chaque récit. On peut déjà retrouver cette attention portée aux décors et aux personnages qui deviendra ensuite l’une des signatures de Francq.
À l’origine, Des Villes et des Femmes forme un diptyque. Les six histoires ont ensuite été réunies dans une intégrale chez Dargaud, permettant de retrouver l’ensemble dans un seul volume. Deux albums ou intégrale : selon l’édition recherchée, les collectionneurs ont donc plusieurs façons de redécouvrir cette œuvre assez singulière dans les bibliographies de ses deux auteurs.
Lire plus sur Des Villes et des Femmes
Le principe de la série repose sur six femmes associées à six univers urbains différents. Helen, Agnès, Liz, Ginette, Gerda et Mireille ne vivent pas la même histoire, mais un fil rouge traverse leurs aventures : les sentiments humains ont rarement la délicatesse que l’on aimerait leur prêter.
Le résultat ressemble à une collection de petites tragédies urbaines où De Groot peut passer de la passion à la vengeance, puis glisser une pointe d’absurde au moment où l’on s’y attend le moins. Francq, lui, ancre tout cela dans un dessin réaliste qui rend les situations d’autant plus crédibles.
Et c’est peut-être ce qui rend Des Villes et des Femmes de Philippe Francq et Bob De Groot si intéressant aujourd’hui : retrouver deux auteurs très connus dans une œuvre qui ne ressemble pas forcément à celle par laquelle le grand public les a découverts. Ici, pas de milliardaire aventurier ni de génie à la barbe blanche. Seulement des villes, des femmes… et des êtres humains qui auraient parfois mieux fait de réfléchir cinq minutes avant d’agir.

