Sôten No Ken
Sôten no Ken : avant l’apocalypse, le Hokuto Shinken faisait déjà trembler Shanghai
Dans le manga Sôten no Ken, pas de désert nucléaire ni de bandes de pillards en cuir. L’histoire nous ramène dans les années 1930, au cœur d’un Shanghai dominé par la pègre, les sociétés secrètes et les luttes de pouvoir. Et au milieu de ce joyeux nid de vipères se trouve Kenshirô Kasumi, un homme qui mène au Japon une existence apparemment tranquille… alors qu’il fut autrefois connu à Shanghai sous un nom beaucoup moins rassurant : Yanwang, le Roi des Enfers.
Kasumi est le 62e successeur du Hokuto Shinken. Oui, le même art martial capable de détruire un adversaire en frappant ses points vitaux. Et oui, il appartient bien à la même lignée que le Kenshirô de Hokuto no Ken. Sôten no Ken en est la préquelle, mais Tetsuo Hara et Buronson ne se contentent pas de refaire leur ancienne série avec des voitures des années 30. Le décor, les enjeux et même le caractère de son héros donnent une saveur très différente à cette autre légende du Hokuto.
Kenshirô Kasumi sourit beaucoup plus que son célèbre neveu
Si vous connaissez déjà Kenshirô dans Hokuto no Ken, Kasumi risque de vous surprendre. Il peut plaisanter, fumer tranquillement et afficher une décontraction presque insolente. Il ne donne pas constamment l’impression de porter la fin du monde sur les épaules.
Ça ne signifie pas qu’il faut le prendre à la légère.
Lorsqu’il revient au combat, on comprend immédiatement pourquoi la pègre de Shanghai l’avait surnommé le Roi des Enfers. Kasumi connaît parfaitement le Hokuto Shinken et possède cette tranquillité très particulière des personnages qui savent déjà comment le combat va finir.
Le contraste fonctionne merveilleusement bien. Un instant, il semble surtout chercher à provoquer son interlocuteur. Quelques pages plus tard, l’adversaire découvre qu’il vient de laisser approcher beaucoup trop près le 62e héritier d’un art martial vieux de plusieurs générations.
Tout commence avec une guerre entre le Syndicat de Jade et l’Union du Pavot Sanglant
En 1932, Shanghai est déchiré par l’affrontement entre le Syndicat de Jade et l’Union du Pavot Sanglant. Les deux organisations se disputent le contrôle de la ville et maintiennent un équilibre pour le moins fragile.
Quelques années plus tard, la situation a complètement dégénéré. Kasumi vit alors au Japon lorsqu’un ancien membre du Syndicat de Jade vient lui apporter de terribles nouvelles. Ses anciens compagnons ont été frappés de plein fouet et Shanghai est retombé dans le chaos.
Le professeur tranquille disparaît donc rapidement derrière Yanwang.
Kasumi retourne en Chine pour retrouver ceux qui comptent pour lui et régler quelques comptes. Et lorsqu’un maître du Hokuto Shinken annonce qu’il retourne en ville pour une affaire personnelle, disons que plusieurs membres de la pègre auraient probablement intérêt à prendre des vacances.
Shanghai donne une identité complètement différente à l’univers de Hokuto
C’est probablement la première raison de conseiller Sôten no Ken à quelqu’un qui connaît déjà la série originale. Le décor change tout.
Au lieu d’un monde ravagé après une guerre nucléaire, Tetsuo Hara dessine un Shanghai des années 30 rempli de voitures, de costumes, de cabarets, d’opium, de concessions étrangères et de gangsters.
Les organisations criminelles côtoient les militaires et les différentes puissances qui cherchent à peser sur la région. Ainsi, les combats d’arts martiaux s’intègrent dans une véritable ambiance de polar historique.
On retrouve bien les poses énormes, les hommes bâtis comme des armoires et les techniques capables de tuer en quelques secondes. Pourtant, autour d’eux, tout a changé.
Et franchement, voir un maître du Hokuto Shinken entrer dans une guerre de gangs à Shanghai fonctionne beaucoup mieux qu’on pourrait le croire sur le papier.
Le Hokuto Shinken n’est plus seul au sommet
Sôten no Ken profite aussi de son statut de préquelle pour développer l’histoire des différentes écoles liées au Hokuto.
Kasumi rencontre des combattants issus d’autres traditions meurtrières. Certaines techniques partagent des racines avec le Hokuto Shinken, tandis que d’autres se sont construites comme des écoles rivales.
On découvre notamment le Hokuto Sôkaken, le Hokuto Ryûkaken ou encore le Seito Gekken. Derrière chaque art se trouvent des héritiers, des rancunes et des histoires qui remontent parfois très loin.
C’est particulièrement intéressant si vous aimez déjà la mythologie de Hokuto no Ken. Là où la série originale montrait surtout Kenshirô comme héritier d’une tradition presque mythique, Sôten no Ken remonte davantage dans les branches de l’arbre.
Autrement dit, on vient pour voir Kasumi casser quelques gangsters. Puis on finit à comparer des lignées d’arts martiaux vieilles de plusieurs siècles. Ça escalade assez vite.
Yuling donne aussi à Kasumi une vraie raison personnelle de revenir
Le retour à Shanghai ne concerne pas uniquement une question d’honneur entre organisations criminelles. Pan Yuling occupe une place essentielle dans le passé de Kasumi.
Le lien entre eux apporte une dimension plus intime à l’histoire. Kasumi peut plaisanter avec énormément de choses, mais les personnes auxquelles il tient ne font pas partie de cette liste.
Et c’est une autre différence avec l’image très stoïque que l’on associe souvent à Hokuto no Ken. Kasumi se montre beaucoup plus ouvertement humain, capable d’amitié, d’amour et d’une vraie légèreté.
Évidemment, chez Buronson et Tetsuo Hara, aimer quelqu’un n’a jamais vraiment été la garantie d’une existence paisible.
Pan Guanglin et le Syndicat de Jade ne servent pas juste de prétexte au scénario
Les liens de Kasumi avec le Syndicat de Jade sont également importants. Il ne revient pas simplement nettoyer Shanghai parce qu’il a envie de faire un peu d’exercice.
Ses anciennes amitiés, notamment avec Pan Guanglin, expliquent en grande partie son attachement à cette ville et son refus d’abandonner ceux qu’il considère comme ses frères.
Cette notion de fidélité traverse toute la série. Kasumi peut être brutal avec ses ennemis, mais son sens de l’amitié est presque impossible à ébranler.
Et dans un monde de trafics, trahisons et alliances qui changent dès que l’argent circule, quelqu’un qui tient réellement sa parole devient paradoxalement l’un des personnages les plus dangereux.
Les adversaires ne sont pas simplement là pour exploser après trois cases
Comme dans Hokuto no Ken, les meilleurs combats fonctionnent parce que les adversaires possèdent autre chose qu’un gros tour de bras.
Zhang Taiyan, Liu Feiyan, Liu Zongwu ou Yasaka introduisent chacun une technique, une histoire et une conception différente du combat.
Certains représentent une école rivale. D’autres portent une vengeance ou un devoir beaucoup plus ancien qu’eux.
Ça permet à Hara de dessiner des affrontements spectaculaires tout en donnant à Buronson de quoi travailler sur les rapports entre maîtres et héritiers.
Et surtout, Kasumi ne rencontre pas uniquement des hommes qu’il peut considérer comme de simples déchets à éliminer. Certains combattants gagnent son respect. Chez un homme surnommé le Roi des Enfers, ce n’est pas exactement une récompense distribuée à tous les participants.
Liu Zongwu : quand deux héritiers n’ont plus beaucoup besoin de présentation
Parmi les grands adversaires, Liu Zongwu occupe naturellement une place importante. Prodige du Hokuto Ryûkaken, il possède un niveau qui oblige Kasumi à se montrer réellement sérieux.
Le plaisir vient alors autant de la puissance que de ce qui oppose leurs écoles. Chaque combattant transporte derrière lui une tradition qui dépasse son propre destin.
Les duels prennent donc une dimension presque rituelle. Une victoire ne signifie pas seulement qu’un homme frappe plus fort. Elle peut engager l’honneur d’une école entière.
Et pour Tetsuo Hara, c’est évidemment l’occasion rêvée de dessiner deux monstres physiques qui se regardent quelques secondes avant de transformer le décor en dommage collatéral.
Le contexte historique apporte plus qu’un joli décor
Sôten no Ken se déroule dans une période où la Chine et le Japon traversent de profondes tensions. Shanghai constitue alors une ville cosmopolite, divisée entre différents intérêts politiques et économiques.
La série reste bien un manga d’arts martiaux et ne cherche pas à devenir un manuel d’histoire. Pourtant, ce contexte pèse réellement sur les personnages.
Militaires, mafias et puissances étrangères se croisent. Les frontières entre politique et crime deviennent parfois très floues.
Cette ambiance permet à Sôten no Ken de se distinguer complètement du futur post-apocalyptique de son grand frère. Là-bas, la civilisation a disparu. Ici, elle existe encore très bien… et elle trouve déjà quantité de manières de devenir dangereuse toute seule.
Tetsuo Hara redessine le Hokuto avec vingt ans d’expérience supplémentaire
Visuellement, c’est évidemment l’un des gros arguments. Tetsuo Hara dessine Sôten no Ken après Hokuto no Ken, avec des années supplémentaires pour développer son trait.
On retrouve ses corps massifs, ses regards extrêmement expressifs et ses affrontements où chaque impact semble pouvoir traverser plusieurs murs. En revanche, le niveau de détail des vêtements, des visages et de Shanghai donne à l’œuvre une identité plus moderne.
Kasumi permet également à Hara de travailler un héros beaucoup plus souriant et malicieux que Kenshirô. Les expressions changent, mais dès que le combat commence, la filiation visuelle redevient évidente.
Et lorsqu’un adversaire comprend qu’il vient de se faire toucher à un point vital, inutile d’avoir lu Hokuto no Ken pour deviner que la conversation approche de sa conclusion.
Buronson et Tetsuo Hara sont vraiment revenus ensemble dans l’univers de Hokuto
Ce n’est pas un spin-off bricolé des années plus tard avec uniquement les noms des créateurs sur la couverture. Tetsuo Hara et Buronson reviennent directement sur l’univers qu’ils avaient construit avec Hokuto no Ken.
Mangetsu présente officiellement Sôten no Ken comme une préquelle centrée sur Kenshirô Kasumi, oncle du Kenshirô de la série originale et 62e successeur du Hokuto Shinken.
Ce lien rend évidemment la lecture particulièrement intéressante pour les amateurs de Hokuto no Ken. On retrouve la même mythologie, mais deux générations plus tôt et dans un monde complètement différent.
Vous pouvez donc passer du désert post-apocalyptique aux rues de Shanghai sans quitter la Grande Ourse. Peu de familles peuvent se vanter d’avoir autant de problèmes sur plusieurs générations.
Sôten no Ken a lancé le Weekly Comic Bunch
Petite anecdote éditoriale qui vaut le détour : Sôten no Ken commence le 29 mai 2001 dans le tout premier numéro du Weekly Comic Bunch.
La série ne rejoint donc pas simplement un magazine déjà installé. Elle fait partie des œuvres choisies pour lancer cette nouvelle publication.
Ce n’est pas un hasard non plus. Tetsuo Hara, Buronson et leur éditeur historique Nobuhiko Horie font partie de l’aventure à l’origine de Coamix et du magazine.
Autrement dit, quand ils ont voulu démarrer un nouveau chapitre éditorial, ils ont ressorti le Hokuto Shinken. Difficile de trouver une manière plus discrète d’annoncer son arrivée.
22 tomes à l’origine, 14 dans l’édition française Mangetsu
L’histoire originale de Sôten no Ken est complète en 22 tomes japonais. C’est également sous cette forme que Panini avait publié la première édition française, alors intitulée Ken: Fist of the Blue Sky.
Depuis 2021, Mangetsu propose une nouvelle édition complète en 14 tomes sous le titre Sôten no Ken. Cette version reprend l’œuvre dans un format plus généreux et bénéficie d’une nouvelle traduction, d’un nouveau lettrage et d’une présentation plus proche de l’édition japonaise.
Le tome 14 est paru en décembre 2024 et conclut cette réédition.
Si vous voyez donc dans cette catégorie des volumes Panini en 22 tomes et des volumes Mangetsu en 14, il ne s’agit pas de deux histoires différentes. C’est bien la même série principale dans deux découpages éditoriaux.
Et après Sôten no Ken, il existe aussi Regenesis
L’univers possède également une seconde partie intitulée Sôten no Ken: Regenesis. Elle reprend Kenshirô Kasumi quelques années après les événements de Shanghai et l’entraîne vers de nouveaux conflits à l’approche de la Seconde Guerre mondiale.
Cette suite change d’équipe créative : Tetsuo Hara et Buronson restent associés au projet, tandis que Hiroyuki Yatsu intervient au scénario et Hideki Tsuji au dessin.
Il vaut mieux considérer Regenesis comme la continuation de l’histoire de Kasumi plutôt que comme une partie nécessaire pour comprendre les 14 volumes Mangetsu de Sôten no Ken.
La série principale possède sa propre conclusion. Ensuite, si le Roi des Enfers vous manque encore, vous savez qu’il n’a pas complètement rangé ses poings.
Pourquoi commencer Sôten no Ken ?
Si vous aimez déjà Hokuto no Ken, la réponse est assez simple : vous allez découvrir une autre génération du Hokuto Shinken avec un héros complètement différent. Kasumi possède le même genre de puissance terrifiante, mais beaucoup plus de sourire, d’ironie et de goût pour la provocation.
Si vous ne connaissez pas encore Hokuto, Sôten no Ken fonctionne également très bien comme seinen d’arts martiaux. Shanghai, les guerres de gangs et les écoles rivales donnent suffisamment de matière pour apprécier l’histoire sans devoir connaître chaque héritier de la Grande Ourse.
Et surtout, le manga ne repose pas uniquement sur la nostalgie. Tetsuo Hara profite de ce nouveau décor pour livrer certaines de ses planches les plus impressionnantes, tandis que Buronson revient aux thèmes qu’il aime : fidélité, fraternité, destin et combattants capables de respecter un adversaire tout en lui expliquant qu’il va mourir dans environ quinze secondes.
Alors si vous aviez envie de retrouver le Hokuto Shinken mais que vous connaissez déjà par cœur les terres dévastées de Kenshirô, direction Shanghai. Le décor est plus élégant, les voitures fonctionnent encore et les costumes sont impeccables. Pour les points vitaux, en revanche, absolument rien ne s’est arrangé.
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Sôten no Ken est la préquelle de Hokuto no Ken créée par Tetsuo Hara et Buronson. Elle suit Kenshirô Kasumi, 62e successeur du Hokuto Shinken et ancien « Roi des Enfers » de Shanghai. L’œuvre originale compte 22 tomes et l’édition Mangetsu est complète en 14 volumes. Un dernier conseil : si un professeur japonais souriant vous dit qu’il connaît quelques points de pression, ne lui demandez surtout pas une démonstration.
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Sôten No Ken : Fist of the Blue Sky tome 01
15,80CHF -

Sôten No Ken : Fist of the Blue Sky tome 02
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Sôten No Ken : Fist of the Blue Sky tome 06
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Sôten No Ken : Fist of the Blue Sky tome 08
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Sôten No Ken : Fist of the Blue Sky tome 09
15,80CHF
Sôten no Ken : avant l’apocalypse, le Hokuto Shinken faisait déjà trembler Shanghai
Dans le manga Sôten no Ken, pas de désert nucléaire ni de bandes de pillards en cuir. L’histoire nous ramène dans les années 1930, au cœur d’un Shanghai dominé par la pègre, les sociétés secrètes et les luttes de pouvoir. Et au milieu de ce joyeux nid de vipères se trouve Kenshirô Kasumi, un homme qui mène au Japon une existence apparemment tranquille… alors qu’il fut autrefois connu à Shanghai sous un nom beaucoup moins rassurant : Yanwang, le Roi des Enfers.
Kasumi est le 62e successeur du Hokuto Shinken. Oui, le même art martial capable de détruire un adversaire en frappant ses points vitaux. Et oui, il appartient bien à la même lignée que le Kenshirô de Hokuto no Ken. Sôten no Ken en est la préquelle, mais Tetsuo Hara et Buronson ne se contentent pas de refaire leur ancienne série avec des voitures des années 30. Le décor, les enjeux et même le caractère de son héros donnent une saveur très différente à cette autre légende du Hokuto.
Kenshirô Kasumi sourit beaucoup plus que son célèbre neveu
Si vous connaissez déjà Kenshirô dans Hokuto no Ken, Kasumi risque de vous surprendre. Il peut plaisanter, fumer tranquillement et afficher une décontraction presque insolente. Il ne donne pas constamment l’impression de porter la fin du monde sur les épaules.
Ça ne signifie pas qu’il faut le prendre à la légère.
Lorsqu’il revient au combat, on comprend immédiatement pourquoi la pègre de Shanghai l’avait surnommé le Roi des Enfers. Kasumi connaît parfaitement le Hokuto Shinken et possède cette tranquillité très particulière des personnages qui savent déjà comment le combat va finir.
Le contraste fonctionne merveilleusement bien. Un instant, il semble surtout chercher à provoquer son interlocuteur. Quelques pages plus tard, l’adversaire découvre qu’il vient de laisser approcher beaucoup trop près le 62e héritier d’un art martial vieux de plusieurs générations.
Tout commence avec une guerre entre le Syndicat de Jade et l’Union du Pavot Sanglant
En 1932, Shanghai est déchiré par l’affrontement entre le Syndicat de Jade et l’Union du Pavot Sanglant. Les deux organisations se disputent le contrôle de la ville et maintiennent un équilibre pour le moins fragile.
Quelques années plus tard, la situation a complètement dégénéré. Kasumi vit alors au Japon lorsqu’un ancien membre du Syndicat de Jade vient lui apporter de terribles nouvelles. Ses anciens compagnons ont été frappés de plein fouet et Shanghai est retombé dans le chaos.
Le professeur tranquille disparaît donc rapidement derrière Yanwang.
Kasumi retourne en Chine pour retrouver ceux qui comptent pour lui et régler quelques comptes. Et lorsqu’un maître du Hokuto Shinken annonce qu’il retourne en ville pour une affaire personnelle, disons que plusieurs membres de la pègre auraient probablement intérêt à prendre des vacances.
Shanghai donne une identité complètement différente à l’univers de Hokuto
C’est probablement la première raison de conseiller Sôten no Ken à quelqu’un qui connaît déjà la série originale. Le décor change tout.
Au lieu d’un monde ravagé après une guerre nucléaire, Tetsuo Hara dessine un Shanghai des années 30 rempli de voitures, de costumes, de cabarets, d’opium, de concessions étrangères et de gangsters.
Les organisations criminelles côtoient les militaires et les différentes puissances qui cherchent à peser sur la région. Ainsi, les combats d’arts martiaux s’intègrent dans une véritable ambiance de polar historique.
On retrouve bien les poses énormes, les hommes bâtis comme des armoires et les techniques capables de tuer en quelques secondes. Pourtant, autour d’eux, tout a changé.
Et franchement, voir un maître du Hokuto Shinken entrer dans une guerre de gangs à Shanghai fonctionne beaucoup mieux qu’on pourrait le croire sur le papier.
Le Hokuto Shinken n’est plus seul au sommet
Sôten no Ken profite aussi de son statut de préquelle pour développer l’histoire des différentes écoles liées au Hokuto.
Kasumi rencontre des combattants issus d’autres traditions meurtrières. Certaines techniques partagent des racines avec le Hokuto Shinken, tandis que d’autres se sont construites comme des écoles rivales.
On découvre notamment le Hokuto Sôkaken, le Hokuto Ryûkaken ou encore le Seito Gekken. Derrière chaque art se trouvent des héritiers, des rancunes et des histoires qui remontent parfois très loin.
C’est particulièrement intéressant si vous aimez déjà la mythologie de Hokuto no Ken. Là où la série originale montrait surtout Kenshirô comme héritier d’une tradition presque mythique, Sôten no Ken remonte davantage dans les branches de l’arbre.
Autrement dit, on vient pour voir Kasumi casser quelques gangsters. Puis on finit à comparer des lignées d’arts martiaux vieilles de plusieurs siècles. Ça escalade assez vite.
Yuling donne aussi à Kasumi une vraie raison personnelle de revenir
Le retour à Shanghai ne concerne pas uniquement une question d’honneur entre organisations criminelles. Pan Yuling occupe une place essentielle dans le passé de Kasumi.
Le lien entre eux apporte une dimension plus intime à l’histoire. Kasumi peut plaisanter avec énormément de choses, mais les personnes auxquelles il tient ne font pas partie de cette liste.
Et c’est une autre différence avec l’image très stoïque que l’on associe souvent à Hokuto no Ken. Kasumi se montre beaucoup plus ouvertement humain, capable d’amitié, d’amour et d’une vraie légèreté.
Évidemment, chez Buronson et Tetsuo Hara, aimer quelqu’un n’a jamais vraiment été la garantie d’une existence paisible.
Pan Guanglin et le Syndicat de Jade ne servent pas juste de prétexte au scénario
Les liens de Kasumi avec le Syndicat de Jade sont également importants. Il ne revient pas simplement nettoyer Shanghai parce qu’il a envie de faire un peu d’exercice.
Ses anciennes amitiés, notamment avec Pan Guanglin, expliquent en grande partie son attachement à cette ville et son refus d’abandonner ceux qu’il considère comme ses frères.
Cette notion de fidélité traverse toute la série. Kasumi peut être brutal avec ses ennemis, mais son sens de l’amitié est presque impossible à ébranler.
Et dans un monde de trafics, trahisons et alliances qui changent dès que l’argent circule, quelqu’un qui tient réellement sa parole devient paradoxalement l’un des personnages les plus dangereux.
Les adversaires ne sont pas simplement là pour exploser après trois cases
Comme dans Hokuto no Ken, les meilleurs combats fonctionnent parce que les adversaires possèdent autre chose qu’un gros tour de bras.
Zhang Taiyan, Liu Feiyan, Liu Zongwu ou Yasaka introduisent chacun une technique, une histoire et une conception différente du combat.
Certains représentent une école rivale. D’autres portent une vengeance ou un devoir beaucoup plus ancien qu’eux.
Ça permet à Hara de dessiner des affrontements spectaculaires tout en donnant à Buronson de quoi travailler sur les rapports entre maîtres et héritiers.
Et surtout, Kasumi ne rencontre pas uniquement des hommes qu’il peut considérer comme de simples déchets à éliminer. Certains combattants gagnent son respect. Chez un homme surnommé le Roi des Enfers, ce n’est pas exactement une récompense distribuée à tous les participants.
Liu Zongwu : quand deux héritiers n’ont plus beaucoup besoin de présentation
Parmi les grands adversaires, Liu Zongwu occupe naturellement une place importante. Prodige du Hokuto Ryûkaken, il possède un niveau qui oblige Kasumi à se montrer réellement sérieux.
Le plaisir vient alors autant de la puissance que de ce qui oppose leurs écoles. Chaque combattant transporte derrière lui une tradition qui dépasse son propre destin.
Les duels prennent donc une dimension presque rituelle. Une victoire ne signifie pas seulement qu’un homme frappe plus fort. Elle peut engager l’honneur d’une école entière.
Et pour Tetsuo Hara, c’est évidemment l’occasion rêvée de dessiner deux monstres physiques qui se regardent quelques secondes avant de transformer le décor en dommage collatéral.
Le contexte historique apporte plus qu’un joli décor
Sôten no Ken se déroule dans une période où la Chine et le Japon traversent de profondes tensions. Shanghai constitue alors une ville cosmopolite, divisée entre différents intérêts politiques et économiques.
La série reste bien un manga d’arts martiaux et ne cherche pas à devenir un manuel d’histoire. Pourtant, ce contexte pèse réellement sur les personnages.
Militaires, mafias et puissances étrangères se croisent. Les frontières entre politique et crime deviennent parfois très floues.
Cette ambiance permet à Sôten no Ken de se distinguer complètement du futur post-apocalyptique de son grand frère. Là-bas, la civilisation a disparu. Ici, elle existe encore très bien… et elle trouve déjà quantité de manières de devenir dangereuse toute seule.
Tetsuo Hara redessine le Hokuto avec vingt ans d’expérience supplémentaire
Visuellement, c’est évidemment l’un des gros arguments. Tetsuo Hara dessine Sôten no Ken après Hokuto no Ken, avec des années supplémentaires pour développer son trait.
On retrouve ses corps massifs, ses regards extrêmement expressifs et ses affrontements où chaque impact semble pouvoir traverser plusieurs murs. En revanche, le niveau de détail des vêtements, des visages et de Shanghai donne à l’œuvre une identité plus moderne.
Kasumi permet également à Hara de travailler un héros beaucoup plus souriant et malicieux que Kenshirô. Les expressions changent, mais dès que le combat commence, la filiation visuelle redevient évidente.
Et lorsqu’un adversaire comprend qu’il vient de se faire toucher à un point vital, inutile d’avoir lu Hokuto no Ken pour deviner que la conversation approche de sa conclusion.
Buronson et Tetsuo Hara sont vraiment revenus ensemble dans l’univers de Hokuto
Ce n’est pas un spin-off bricolé des années plus tard avec uniquement les noms des créateurs sur la couverture. Tetsuo Hara et Buronson reviennent directement sur l’univers qu’ils avaient construit avec Hokuto no Ken.
Mangetsu présente officiellement Sôten no Ken comme une préquelle centrée sur Kenshirô Kasumi, oncle du Kenshirô de la série originale et 62e successeur du Hokuto Shinken.
Ce lien rend évidemment la lecture particulièrement intéressante pour les amateurs de Hokuto no Ken. On retrouve la même mythologie, mais deux générations plus tôt et dans un monde complètement différent.
Vous pouvez donc passer du désert post-apocalyptique aux rues de Shanghai sans quitter la Grande Ourse. Peu de familles peuvent se vanter d’avoir autant de problèmes sur plusieurs générations.
Sôten no Ken a lancé le Weekly Comic Bunch
Petite anecdote éditoriale qui vaut le détour : Sôten no Ken commence le 29 mai 2001 dans le tout premier numéro du Weekly Comic Bunch.
La série ne rejoint donc pas simplement un magazine déjà installé. Elle fait partie des œuvres choisies pour lancer cette nouvelle publication.
Ce n’est pas un hasard non plus. Tetsuo Hara, Buronson et leur éditeur historique Nobuhiko Horie font partie de l’aventure à l’origine de Coamix et du magazine.
Autrement dit, quand ils ont voulu démarrer un nouveau chapitre éditorial, ils ont ressorti le Hokuto Shinken. Difficile de trouver une manière plus discrète d’annoncer son arrivée.
22 tomes à l’origine, 14 dans l’édition française Mangetsu
L’histoire originale de Sôten no Ken est complète en 22 tomes japonais. C’est également sous cette forme que Panini avait publié la première édition française, alors intitulée Ken: Fist of the Blue Sky.
Depuis 2021, Mangetsu propose une nouvelle édition complète en 14 tomes sous le titre Sôten no Ken. Cette version reprend l’œuvre dans un format plus généreux et bénéficie d’une nouvelle traduction, d’un nouveau lettrage et d’une présentation plus proche de l’édition japonaise.
Le tome 14 est paru en décembre 2024 et conclut cette réédition.
Si vous voyez donc dans cette catégorie des volumes Panini en 22 tomes et des volumes Mangetsu en 14, il ne s’agit pas de deux histoires différentes. C’est bien la même série principale dans deux découpages éditoriaux.
Et après Sôten no Ken, il existe aussi Regenesis
L’univers possède également une seconde partie intitulée Sôten no Ken: Regenesis. Elle reprend Kenshirô Kasumi quelques années après les événements de Shanghai et l’entraîne vers de nouveaux conflits à l’approche de la Seconde Guerre mondiale.
Cette suite change d’équipe créative : Tetsuo Hara et Buronson restent associés au projet, tandis que Hiroyuki Yatsu intervient au scénario et Hideki Tsuji au dessin.
Il vaut mieux considérer Regenesis comme la continuation de l’histoire de Kasumi plutôt que comme une partie nécessaire pour comprendre les 14 volumes Mangetsu de Sôten no Ken.
La série principale possède sa propre conclusion. Ensuite, si le Roi des Enfers vous manque encore, vous savez qu’il n’a pas complètement rangé ses poings.
Pourquoi commencer Sôten no Ken ?
Si vous aimez déjà Hokuto no Ken, la réponse est assez simple : vous allez découvrir une autre génération du Hokuto Shinken avec un héros complètement différent. Kasumi possède le même genre de puissance terrifiante, mais beaucoup plus de sourire, d’ironie et de goût pour la provocation.
Si vous ne connaissez pas encore Hokuto, Sôten no Ken fonctionne également très bien comme seinen d’arts martiaux. Shanghai, les guerres de gangs et les écoles rivales donnent suffisamment de matière pour apprécier l’histoire sans devoir connaître chaque héritier de la Grande Ourse.
Et surtout, le manga ne repose pas uniquement sur la nostalgie. Tetsuo Hara profite de ce nouveau décor pour livrer certaines de ses planches les plus impressionnantes, tandis que Buronson revient aux thèmes qu’il aime : fidélité, fraternité, destin et combattants capables de respecter un adversaire tout en lui expliquant qu’il va mourir dans environ quinze secondes.
Alors si vous aviez envie de retrouver le Hokuto Shinken mais que vous connaissez déjà par cœur les terres dévastées de Kenshirô, direction Shanghai. Le décor est plus élégant, les voitures fonctionnent encore et les costumes sont impeccables. Pour les points vitaux, en revanche, absolument rien ne s’est arrangé.
Lire plus
Sôten no Ken est la préquelle de Hokuto no Ken créée par Tetsuo Hara et Buronson. Elle suit Kenshirô Kasumi, 62e successeur du Hokuto Shinken et ancien « Roi des Enfers » de Shanghai. L’œuvre originale compte 22 tomes et l’édition Mangetsu est complète en 14 volumes. Un dernier conseil : si un professeur japonais souriant vous dit qu’il connaît quelques points de pression, ne lui demandez surtout pas une démonstration.
