Dragon Ball
Dragon Ball : sept boules, un garçon à queue de singe et une aventure qui va finir beaucoup plus loin que prévu
Dragon Ball commence dans une montagne perdue, avec un garçon nommé Son Goku qui vit seul depuis la mort de son grand-père. Il possède une force assez peu compatible avec son âge, une queue de singe et une connaissance du monde extérieur proche de zéro. Puis Bulma débarque avec une voiture, un radar et une drôle d’histoire : elle cherche sept boules légendaires capables, une fois réunies, de faire apparaître un dragon qui exauce un vœu.
Goku en possède justement une, la Dragon Ball à quatre étoiles héritée de son grand-père.
Il ne compte pas la donner.
Bulma lui propose donc de partir avec elle. C’est le début d’un voyage qui devait simplement permettre de retrouver sept boules. Quelques années plus tard, on parlera de Saiyans, de planètes détruites, de voyages dans le temps, de cyborgs, de fusion et d’un combat pour sauver l’univers.
Entre les deux, Akira Toriyama aura pratiquement redéfini le manga d’aventure et de combat.
Avant les Super Saiyans, Dragon Ball était surtout une immense chasse au trésor
Quand on connaît surtout Goku pour ses transformations et ses combats titanesques, les premiers tomes peuvent réserver une sacrée surprise.
Au début, Dragon Ball est avant tout une comédie d’aventure.
Goku et Bulma traversent un monde où dinosaures, animaux qui parlent, véhicules futuristes, villages reculés et magie cohabitent sans que personne ne semble trouver cela particulièrement étrange.
Ils rencontrent Oolong, petit cochon métamorphe pas franchement héroïque, puis Yamcha, bandit du désert accompagné de Puerh. Arrivent ensuite Chichi, Gyumao et surtout Kamé Sennin, le vieux maître d’arts martiaux que beaucoup de Français ont découvert sous le nom de Tortue Géniale.
Le ton est léger, absurde et parfois franchement irrévérencieux.
Les Dragon Balls fournissent le but du voyage, mais Toriyama semble surtout ravi de pouvoir envoyer ses personnages vers le prochain endroit bizarre.
Et lorsque Shenron apparaît enfin, le fameux vœu tant convoité ne se déroule évidemment pas du tout comme Bulma l’avait imaginé.
Son Goku doit beaucoup au Roi des Singes
La queue, le bâton qui change de taille, le nuage magique… ces éléments n’ont pas été choisis au hasard.
Pour créer les premières aventures de Dragon Ball, Toriyama s’est inspiré du célèbre roman chinois La Pérégrination vers l’Ouest, également connu comme Le Voyage en Occident.
Son Goku reprend ainsi plusieurs traits de Sun Wukong, le Roi des Singes. Le Nyoï Bo rappelle son bâton magique et Kinto-un son nuage.
Toriyama ne cherche cependant pas longtemps à adapter fidèlement le roman.
Il prend le point de départ, ajoute des motos, des capsules capables de contenir des véhicules, des dinosaures et son humour personnel, puis part ailleurs.
Le kung-fu compte également énormément dans la naissance de la série. Toriyama admirait particulièrement Jackie Chan et expliquait que Le Maître chinois avait joué un rôle déterminant dans l’idée même de Dragon Ball.
Quand on regarde les premiers combats, avec leurs mouvements acrobatiques et leurs gags au milieu des coups, la parenté saute assez vite aux yeux.
Kamé Sennin transforme Goku et Krilin en combattants… avec une méthode légèrement particulière
Lorsque Goku demande à Kamé Sennin de l’entraîner, il rencontre Krilin.
Les deux garçons commencent comme rivaux.
Cela ne dure pas très longtemps.
Leur entraînement devient l’une des premières grandes réussites de la série : livraison de lait, travaux agricoles, natation, course et exercices effectués avec une carapace particulièrement lourde sur le dos.
Pas de salle ultra-technologique. Pas de transformation secrète.
Il faut courir.
Beaucoup.
Kamé Sennin ne leur apprend d’ailleurs pas simplement à frapper plus fort. Sa philosophie consiste à travailler, apprendre, manger, dormir et profiter de la vie. Même lorsque Goku devient infiniment plus puissant que son premier maître, cette manière d’aborder l’entraînement restera très présente chez lui.
Et puis il y a évidemment le Kamehameha.
La première fois que Goku voit Kamé Sennin utiliser cette technique, il lui suffit d’essayer pour commencer déjà à la reproduire.
Le maître comprend assez rapidement qu’il vient de récupérer un élève un peu particulier.
Le Tenkaichi Budokai change progressivement toute la série
Le Tenkaichi Budokai permet à Toriyama de concentrer ses personnages dans une arène et d’explorer ce qui deviendra l’un des grands plaisirs de Dragon Ball : le duel.
Goku et Krilin découvrent des combattants possédant chacun leur style, leurs ruses et parfois une conception très personnelle des règles.
Les tournois donnent aussi au manga une structure idéale.
Un adversaire apparaît. On comprend son truc. Puis le combat change complètement.
Toriyama possède surtout un talent remarquable pour rendre l’action lisible. On sait presque toujours où se trouvent les personnages, d’où vient le coup et ce qu’il provoque.
Plus tard, les combattants iront tellement vite qu’ils disparaîtront aux yeux du public.
Sur la page, heureusement, Toriyama continue de savoir exactement où les mettre.
L’armée du Ruban Rouge découvre qu’un enfant peut ruiner une organisation militaire entière
Après les premiers tournois, Goku repart chercher les Dragon Balls.
Cette fois, il tombe sur l’armée du Ruban Rouge.
L’organisation possède soldats, bases, machines, armes et commandants. Goku possède surtout son bâton, Kinto-un et une incapacité totale à comprendre qu’il devrait peut-être être impressionné.
L’affrontement permet à Toriyama de varier les ambiances : infiltration, aventure, affrontements militaires, humour et ennemis de plus en plus dangereux.
Le terrible Tao Pai Pai marque notamment une vraie rupture.
Pour la première fois, Goku rencontre un adversaire humain capable de le dominer brutalement.
Il doit alors progresser, grimper jusqu’à la tour Karin et apprendre que gagner ne consiste pas toujours à sortir une technique encore plus grosse cinq minutes après l’apparition du méchant.
Bon… cette méthode arrivera aussi. Mais un peu plus tard.
Piccolo Daimao fait brusquement comprendre que tout le monde ne se relèvera pas en rigolant
Dragon Ball s’assombrit progressivement avec l’arrivée de Piccolo Daimao.
Jusque-là, Toriyama avait déjà placé ses héros en danger, mais le Roi Démon change la sensation du récit.
Des personnages connus meurent. Goku encaisse des défaites. Le danger ne concerne plus seulement une Dragon Ball ou un tournoi.
Piccolo veut prendre le contrôle du monde.
Cette période prépare aussi la transition vers un Goku adulte.
Quelques années passent, les personnages grandissent et le 23e Tenkaichi Budokai permet au héros de retrouver Piccolo, héritier et réincarnation de Piccolo Daimao.
Le petit garçon à queue de singe des premiers volumes est désormais un jeune homme.
Et Toriyama n’a encore rien révélé sur ce qu’il est réellement.
Raditz arrive et réécrit l’histoire de Goku en quelques pages
Un homme venu de l’espace débarque sur Terre.
Il possède une queue.
Et il appelle Goku Kakarot.
Avec Raditz, le manga change une nouvelle fois d’échelle. Goku n’est pas un humain étrange : il appartient au peuple guerrier des Saiyans.
Le héros découvre simultanément qu’il vient d’une autre planète, qu’il avait été envoyé sur Terre lorsqu’il était bébé et que Raditz est son frère.
La révélation paraît aujourd’hui indissociable de Dragon Ball. Pourtant, elle n’était pas dans le concept initial du personnage : Toriyama a développé cette origine extraterrestre bien après le début de la série.
À partir de là, les combats quittent définitivement les limites de la petite aventure terrestre.
Vegeta et Nappa arrivent bientôt.
Et Goku rencontre celui qui deviendra probablement son rival le plus célèbre.
Goku et Vegeta : une rivalité qui commence par une tentative de destruction de la Terre
Vegeta n’entre pas dans Dragon Ball avec l’intention de devenir le voisin un peu grincheux de Bulma.
Le prince des Saiyans est arrogant, cruel et parfaitement convaincu de sa supériorité.
Sa rencontre avec Goku constitue pourtant un choc.
Comment un Saiyan de basse classe peut-il tenir tête au prince ?
Cette question ne quittera plus vraiment Vegeta.
Leur relation évolue ensuite de façon beaucoup plus intéressante qu’une simple succession de revanche. Vegeta change lentement, souvent à reculons et surtout sans jamais vouloir reconnaître trop facilement que la Terre et ses habitants comptent désormais pour lui.
Goku, de son côté, voit surtout en lui quelqu’un de suffisamment fort pour rendre le prochain combat intéressant.
La diplomatie saiyenne possède ses propres subtilités.
Namek, Freezer et le moment où les cheveux dorés changent le manga pour toujours
La quête des Dragon Balls conduit ensuite Gohan, Krilin et Bulma jusqu’à Namek.
Là-bas apparaît Freezer.
Il dirige un empire, détruit des planètes et traite les autres espèces comme des outils. Son lien avec l’histoire des Saiyans rend également l’affrontement personnel avant même que Goku arrive sur place.
L’arc de Namek fonctionne comme une immense course.
Plusieurs groupes cherchent les Dragon Balls. Les alliances changent. Vegeta tente de jouer seul contre tout le monde. Freezer dévoile progressivement sa véritable puissance.
Puis vient la mort de Krilin.
Et Goku se transforme.
Le Super Saiyan est aujourd’hui l’une des images les plus célèbres du manga. Pourtant, la scène conserve toute sa force parce que Toriyama a attendu longtemps avant d’y arriver.
Les cheveux dorés ne sont pas juste un nouveau niveau débloqué.
Ils arrivent après des volumes entiers où cette transformation appartenait presque à la légende.
Un jeune homme avec une épée découpe Freezer et annonce la fin du monde
Après Namek, Toriyama pourrait simplement chercher un ennemi encore plus puissant.
Il préfère envoyer Trunks depuis le futur.
Le jeune Super Saiyan élimine Freezer avec une facilité presque insultante, puis annonce à Goku qu’une catastrophe approche : des cyborgs créés par le Dr Gero vont ravager le monde.
Le manga entre alors dans une histoire de voyage temporel où les informations de Trunks ne correspondent pas toujours exactement à ce qui se produit.
Les cyborgs 17 et 18 apparaissent.
Puis une étrange créature nommée Cell commence à absorber des êtres humains.
Toriyama transforme encore son récit. Le début de cette partie frôle par moments le film d’horreur : villes vidées, vêtements abandonnés, ennemi dont on ne connaît pas encore la forme finale.
Pas mal pour une série qui avait commencé avec un garçon persuadé qu’une voiture était un monstre.
Gohan n’était pas destiné à rester éternellement derrière son père
Son Gohan possède un potentiel que plusieurs personnages remarquent dès son enfance.
Mais contrairement à Goku, il n’est pas obsédé par le combat.
Il aime apprendre. Il rêve d’une vie normale. Il peut même hésiter à frapper quelqu’un qui cherche pourtant très clairement à le tuer.
Ce contraste rend son évolution particulièrement intéressante.
Face à Cell, toute la puissance que Gohan gardait enfouie finit par exploser.
Le Super Saiyan 2, Cell Games, le sacrifice de Goku et le Kamehameha final comptent parmi les images les plus mémorables de l’œuvre.
Mais ce qui fait fonctionner la scène, c’est encore une fois ce qui arrive avant : Gohan ne veut pas devenir le combattant ultime.
Tout le monde autour de lui insiste pourtant sur le fait qu’il peut l’être.
Majin Boo : quand le dernier grand ennemi ressemble d’abord à une énorme plaisanterie
Quelques années plus tard, Toriyama introduit Majin Boo.
Rose, rond, presque enfantin et amateur de sucreries, il ne ressemble absolument pas à l’ennemi final attendu après Cell.
C’est précisément pour cela qu’il fonctionne.
Boo peut transformer quelqu’un en chocolat sur un coup de tête puis détruire une ville quelques instants plus tard.
Son arc permet aussi à Toriyama de multiplier les idées : Goten et Trunks, la danse de la fusion, Gotenks, le Super Saiyan 3, les Potaras, Vegetto et différentes formes de Boo.
Au milieu du chaos, Mr Satan joue un rôle étonnamment important.
Celui que l’on pourrait facilement réduire à un champion vantard devient l’un des rares humains capables de créer un véritable lien avec Boo.
Et lorsque Goku doit finalement rassembler l’énergie de la Terre entière, le grand héros qui sauve la situation n’est pas forcément celui que les guerriers avaient prévu.
« Dragon Ball Z » n’est pas une deuxième partie du manga original
C’est une confusion très fréquente, surtout pour ceux qui ont découvert la série à la télévision.
Dans le manga original d’Akira Toriyama, l’histoire s’appelle Dragon Ball du début à la fin.
Il n’existe pas une série manga Dragon Ball qui s’arrête lorsque Goku devient adulte, suivie d’un manga séparé intitulé Dragon Ball Z.
Le titre Dragon Ball Z a été utilisé pour la seconde grande série animée, à partir de l’arrivée de Raditz.
Dans les 42 volumes japonais, en revanche, le lecteur passe directement des aventures de jeunesse de Goku à Piccolo, aux Saiyans, à Freezer, Cell puis Majin Boo.
Cette continuité permet d’ailleurs de mesurer quelque chose que l’anime fait parfois oublier : tout cela raconte bien la même vie.
On voit Goku enfant, adolescent, jeune adulte, père puis grand-père.
Toriyama pouvait dessiner une bagarre énorme sans perdre le lecteur en route
On parle souvent de Dragon Ball pour ses personnages ou ses transformations. Le dessin mérite au moins autant d’attention.
Akira Toriyama avait une compréhension extraordinaire du mouvement.
Ses combats peuvent être très rapides sans devenir confus. Les trajectoires sont claires, les impacts se lisent immédiatement et les décors permettent de comprendre l’espace autour des combattants.
Il aimait aussi les machines.
Voitures, motos, avions, capsules, robots et engins impossibles remplissent ses couvertures et ses pages. Les designs ont souvent l’air à la fois futuristes et suffisamment mécaniques pour donner envie de chercher où se trouve le moteur.
Son autre grande force reste l’humour.
Même après avoir atteint des enjeux cosmiques, Dragon Ball refuse de devenir constamment solennel. Un personnage peut sauver l’univers puis se disputer pour de la nourriture. Vegeta peut prononcer un discours grandiose avant qu’un détail ridicule casse complètement l’ambiance.
Toriyama n’a jamais complètement abandonné le dessinateur de comédie derrière le manga de combat.
42 tomes pour l’édition originale, 34 pour la Perfect Edition
Dragon Ball est une série complète. La publication japonaise originale d’Akira Toriyama compte 42 tomes et a été prépubliée dans le Weekly Shonen Jump de 1984 à 1995.
En France, Glénat Manga propose notamment l’édition originale en 42 volumes, dans le sens de lecture japonais.
La Perfect Edition rassemble quant à elle l’histoire en 34 volumes. Son format plus grand met davantage en valeur les planches de Toriyama et réintègre les pages qu’il avait réalisées en couleur lors de la prépublication. La traduction a également été retravaillée pour se rapprocher davantage du texte japonais.
Le contenu de l’histoire reste le même : du premier voyage de Goku et Bulma jusqu’à la conclusion après Majin Boo.
Le choix dépend donc surtout du format recherché et de la collection que vous souhaitez aligner dans votre bibliothèque.
Pourquoi Dragon Ball reste une porte d’entrée incroyable dans le manga
Parce qu’il est beaucoup moins monolithique que son image pourrait le laisser penser.
On se souvient des Kamehameha, de Freezer et des Super Saiyans. Mais avant tout cela, Dragon Ball sait être drôle, aventureux, parfois absurde et étonnamment tendre.
Les personnages changent aussi énormément.
Yamcha passe de bandit terrifié par les filles à combattant. Krilin de petit rival rusé à meilleur ami de Goku. Piccolo de menace absolue à protecteur de Gohan. Vegeta… eh bien, Vegeta aura besoin d’un peu plus de temps.
Le monde grandit avec eux.
La petite quête de sept boules devient une aventure interplanétaire sans que l’on puisse vraiment désigner l’instant précis où Dragon Ball a cessé d’être une histoire de voyage pour devenir une épopée.
Et malgré toute cette escalade, la dernière motivation de Goku reste presque la même que lorsqu’il était enfant : découvrir ce qui existe plus loin et rencontrer quelqu’un de suffisamment fort pour lui donner envie de s’entraîner encore.
Lire plus sur Dragon Ball
Au départ, Akira Toriyama mélange une libre inspiration du Voyage en Occident, son goût pour les films de kung-fu et l’humour qui avait déjà fait sa réputation avec Dr. Slump.
Une petite aventure devenue une épopée sur plusieurs générations
Goku part chercher les Dragon Balls avec Bulma sans rien connaître ou presque du monde extérieur. Il rencontre Yamcha, Krilin et Kamé Sennin, participe aux Tenkaichi Budokai et affronte l’armée du Ruban Rouge.
Puis le récit change.
Piccolo Daimao apporte une menace beaucoup plus sombre. Raditz révèle les origines saiyennes de Goku. Vegeta arrive sur Terre, la quête se poursuit sur Namek et Freezer pousse Goku jusqu’à la transformation en Super Saiyan.
Trunks ouvre ensuite la porte aux cyborgs et à Cell, avant que Majin Boo ne termine la grande aventure avec une dernière succession d’idées folles.
Pourtant, les personnages restent au centre. Krilin, Gohan, Piccolo, Bulma et Vegeta évoluent autant que la puissance des adversaires.
L’édition originale est complète en 42 tomes, tandis que la Perfect Edition rassemble l’histoire en 34 volumes plus grands.
Et non, il n’est pas nécessaire de chercher où commencer « Dragon Ball Z » dans le manga : chez Toriyama, tout appartient à la même série Dragon Ball.
Pour les plus jeunes, faites leur découvrir l’histoire originale en version Super Deformed, plus adaptée au jeune public, avec Dragon Ball SD.
Retrouvez ici nos mangas Dragon Ball d’Akira Toriyama. Une œuvre que l’on peut ouvrir pour les combats légendaires et finir par relire simplement pour retrouver Bulma qui tente d’expliquer le monde moderne à un petit garçon persuadé que sa Dragon Ball à quatre étoiles contient encore l’esprit de son grand-père.
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Dragon Ball commence dans une montagne perdue, avec un garçon nommé Son Goku qui vit seul depuis la mort de son grand-père. Il possède une force assez peu compatible avec son âge, une queue de singe et une connaissance du monde extérieur proche de zéro. Puis Bulma débarque avec une voiture, un radar et une drôle d’histoire : elle cherche sept boules légendaires capables, une fois réunies, de faire apparaître un dragon qui exauce un vœu.
Goku en possède justement une, la Dragon Ball à quatre étoiles héritée de son grand-père.
Il ne compte pas la donner.
Bulma lui propose donc de partir avec elle. C’est le début d’un voyage qui devait simplement permettre de retrouver sept boules. Quelques années plus tard, on parlera de Saiyans, de planètes détruites, de voyages dans le temps, de cyborgs, de fusion et d’un combat pour sauver l’univers.
Entre les deux, Akira Toriyama aura pratiquement redéfini le manga d’aventure et de combat.
Avant les Super Saiyans, Dragon Ball était surtout une immense chasse au trésor
Quand on connaît surtout Goku pour ses transformations et ses combats titanesques, les premiers tomes peuvent réserver une sacrée surprise.
Au début, Dragon Ball est avant tout une comédie d’aventure.
Goku et Bulma traversent un monde où dinosaures, animaux qui parlent, véhicules futuristes, villages reculés et magie cohabitent sans que personne ne semble trouver cela particulièrement étrange.
Ils rencontrent Oolong, petit cochon métamorphe pas franchement héroïque, puis Yamcha, bandit du désert accompagné de Puerh. Arrivent ensuite Chichi, Gyumao et surtout Kamé Sennin, le vieux maître d’arts martiaux que beaucoup de Français ont découvert sous le nom de Tortue Géniale.
Le ton est léger, absurde et parfois franchement irrévérencieux.
Les Dragon Balls fournissent le but du voyage, mais Toriyama semble surtout ravi de pouvoir envoyer ses personnages vers le prochain endroit bizarre.
Et lorsque Shenron apparaît enfin, le fameux vœu tant convoité ne se déroule évidemment pas du tout comme Bulma l’avait imaginé.
Son Goku doit beaucoup au Roi des Singes
La queue, le bâton qui change de taille, le nuage magique… ces éléments n’ont pas été choisis au hasard.
Pour créer les premières aventures de Dragon Ball, Toriyama s’est inspiré du célèbre roman chinois La Pérégrination vers l’Ouest, également connu comme Le Voyage en Occident.
Son Goku reprend ainsi plusieurs traits de Sun Wukong, le Roi des Singes. Le Nyoï Bo rappelle son bâton magique et Kinto-un son nuage.
Toriyama ne cherche cependant pas longtemps à adapter fidèlement le roman.
Il prend le point de départ, ajoute des motos, des capsules capables de contenir des véhicules, des dinosaures et son humour personnel, puis part ailleurs.
Le kung-fu compte également énormément dans la naissance de la série. Toriyama admirait particulièrement Jackie Chan et expliquait que Le Maître chinois avait joué un rôle déterminant dans l’idée même de Dragon Ball.
Quand on regarde les premiers combats, avec leurs mouvements acrobatiques et leurs gags au milieu des coups, la parenté saute assez vite aux yeux.
Kamé Sennin transforme Goku et Krilin en combattants… avec une méthode légèrement particulière
Lorsque Goku demande à Kamé Sennin de l’entraîner, il rencontre Krilin.
Les deux garçons commencent comme rivaux.
Cela ne dure pas très longtemps.
Leur entraînement devient l’une des premières grandes réussites de la série : livraison de lait, travaux agricoles, natation, course et exercices effectués avec une carapace particulièrement lourde sur le dos.
Pas de salle ultra-technologique. Pas de transformation secrète.
Il faut courir.
Beaucoup.
Kamé Sennin ne leur apprend d’ailleurs pas simplement à frapper plus fort. Sa philosophie consiste à travailler, apprendre, manger, dormir et profiter de la vie. Même lorsque Goku devient infiniment plus puissant que son premier maître, cette manière d’aborder l’entraînement restera très présente chez lui.
Et puis il y a évidemment le Kamehameha.
La première fois que Goku voit Kamé Sennin utiliser cette technique, il lui suffit d’essayer pour commencer déjà à la reproduire.
Le maître comprend assez rapidement qu’il vient de récupérer un élève un peu particulier.
Le Tenkaichi Budokai change progressivement toute la série
Le Tenkaichi Budokai permet à Toriyama de concentrer ses personnages dans une arène et d’explorer ce qui deviendra l’un des grands plaisirs de Dragon Ball : le duel.
Goku et Krilin découvrent des combattants possédant chacun leur style, leurs ruses et parfois une conception très personnelle des règles.
Les tournois donnent aussi au manga une structure idéale.
Un adversaire apparaît. On comprend son truc. Puis le combat change complètement.
Toriyama possède surtout un talent remarquable pour rendre l’action lisible. On sait presque toujours où se trouvent les personnages, d’où vient le coup et ce qu’il provoque.
Plus tard, les combattants iront tellement vite qu’ils disparaîtront aux yeux du public.
Sur la page, heureusement, Toriyama continue de savoir exactement où les mettre.
L’armée du Ruban Rouge découvre qu’un enfant peut ruiner une organisation militaire entière
Après les premiers tournois, Goku repart chercher les Dragon Balls.
Cette fois, il tombe sur l’armée du Ruban Rouge.
L’organisation possède soldats, bases, machines, armes et commandants. Goku possède surtout son bâton, Kinto-un et une incapacité totale à comprendre qu’il devrait peut-être être impressionné.
L’affrontement permet à Toriyama de varier les ambiances : infiltration, aventure, affrontements militaires, humour et ennemis de plus en plus dangereux.
Le terrible Tao Pai Pai marque notamment une vraie rupture.
Pour la première fois, Goku rencontre un adversaire humain capable de le dominer brutalement.
Il doit alors progresser, grimper jusqu’à la tour Karin et apprendre que gagner ne consiste pas toujours à sortir une technique encore plus grosse cinq minutes après l’apparition du méchant.
Bon… cette méthode arrivera aussi. Mais un peu plus tard.
Piccolo Daimao fait brusquement comprendre que tout le monde ne se relèvera pas en rigolant
Dragon Ball s’assombrit progressivement avec l’arrivée de Piccolo Daimao.
Jusque-là, Toriyama avait déjà placé ses héros en danger, mais le Roi Démon change la sensation du récit.
Des personnages connus meurent. Goku encaisse des défaites. Le danger ne concerne plus seulement une Dragon Ball ou un tournoi.
Piccolo veut prendre le contrôle du monde.
Cette période prépare aussi la transition vers un Goku adulte.
Quelques années passent, les personnages grandissent et le 23e Tenkaichi Budokai permet au héros de retrouver Piccolo, héritier et réincarnation de Piccolo Daimao.
Le petit garçon à queue de singe des premiers volumes est désormais un jeune homme.
Et Toriyama n’a encore rien révélé sur ce qu’il est réellement.
Raditz arrive et réécrit l’histoire de Goku en quelques pages
Un homme venu de l’espace débarque sur Terre.
Il possède une queue.
Et il appelle Goku Kakarot.
Avec Raditz, le manga change une nouvelle fois d’échelle. Goku n’est pas un humain étrange : il appartient au peuple guerrier des Saiyans.
Le héros découvre simultanément qu’il vient d’une autre planète, qu’il avait été envoyé sur Terre lorsqu’il était bébé et que Raditz est son frère.
La révélation paraît aujourd’hui indissociable de Dragon Ball. Pourtant, elle n’était pas dans le concept initial du personnage : Toriyama a développé cette origine extraterrestre bien après le début de la série.
À partir de là, les combats quittent définitivement les limites de la petite aventure terrestre.
Vegeta et Nappa arrivent bientôt.
Et Goku rencontre celui qui deviendra probablement son rival le plus célèbre.
Goku et Vegeta : une rivalité qui commence par une tentative de destruction de la Terre
Vegeta n’entre pas dans Dragon Ball avec l’intention de devenir le voisin un peu grincheux de Bulma.
Le prince des Saiyans est arrogant, cruel et parfaitement convaincu de sa supériorité.
Sa rencontre avec Goku constitue pourtant un choc.
Comment un Saiyan de basse classe peut-il tenir tête au prince ?
Cette question ne quittera plus vraiment Vegeta.
Leur relation évolue ensuite de façon beaucoup plus intéressante qu’une simple succession de revanche. Vegeta change lentement, souvent à reculons et surtout sans jamais vouloir reconnaître trop facilement que la Terre et ses habitants comptent désormais pour lui.
Goku, de son côté, voit surtout en lui quelqu’un de suffisamment fort pour rendre le prochain combat intéressant.
La diplomatie saiyenne possède ses propres subtilités.
Namek, Freezer et le moment où les cheveux dorés changent le manga pour toujours
La quête des Dragon Balls conduit ensuite Gohan, Krilin et Bulma jusqu’à Namek.
Là-bas apparaît Freezer.
Il dirige un empire, détruit des planètes et traite les autres espèces comme des outils. Son lien avec l’histoire des Saiyans rend également l’affrontement personnel avant même que Goku arrive sur place.
L’arc de Namek fonctionne comme une immense course.
Plusieurs groupes cherchent les Dragon Balls. Les alliances changent. Vegeta tente de jouer seul contre tout le monde. Freezer dévoile progressivement sa véritable puissance.
Puis vient la mort de Krilin.
Et Goku se transforme.
Le Super Saiyan est aujourd’hui l’une des images les plus célèbres du manga. Pourtant, la scène conserve toute sa force parce que Toriyama a attendu longtemps avant d’y arriver.
Les cheveux dorés ne sont pas juste un nouveau niveau débloqué.
Ils arrivent après des volumes entiers où cette transformation appartenait presque à la légende.
Un jeune homme avec une épée découpe Freezer et annonce la fin du monde
Après Namek, Toriyama pourrait simplement chercher un ennemi encore plus puissant.
Il préfère envoyer Trunks depuis le futur.
Le jeune Super Saiyan élimine Freezer avec une facilité presque insultante, puis annonce à Goku qu’une catastrophe approche : des cyborgs créés par le Dr Gero vont ravager le monde.
Le manga entre alors dans une histoire de voyage temporel où les informations de Trunks ne correspondent pas toujours exactement à ce qui se produit.
Les cyborgs 17 et 18 apparaissent.
Puis une étrange créature nommée Cell commence à absorber des êtres humains.
Toriyama transforme encore son récit. Le début de cette partie frôle par moments le film d’horreur : villes vidées, vêtements abandonnés, ennemi dont on ne connaît pas encore la forme finale.
Pas mal pour une série qui avait commencé avec un garçon persuadé qu’une voiture était un monstre.
Gohan n’était pas destiné à rester éternellement derrière son père
Son Gohan possède un potentiel que plusieurs personnages remarquent dès son enfance.
Mais contrairement à Goku, il n’est pas obsédé par le combat.
Il aime apprendre. Il rêve d’une vie normale. Il peut même hésiter à frapper quelqu’un qui cherche pourtant très clairement à le tuer.
Ce contraste rend son évolution particulièrement intéressante.
Face à Cell, toute la puissance que Gohan gardait enfouie finit par exploser.
Le Super Saiyan 2, Cell Games, le sacrifice de Goku et le Kamehameha final comptent parmi les images les plus mémorables de l’œuvre.
Mais ce qui fait fonctionner la scène, c’est encore une fois ce qui arrive avant : Gohan ne veut pas devenir le combattant ultime.
Tout le monde autour de lui insiste pourtant sur le fait qu’il peut l’être.
Majin Boo : quand le dernier grand ennemi ressemble d’abord à une énorme plaisanterie
Quelques années plus tard, Toriyama introduit Majin Boo.
Rose, rond, presque enfantin et amateur de sucreries, il ne ressemble absolument pas à l’ennemi final attendu après Cell.
C’est précisément pour cela qu’il fonctionne.
Boo peut transformer quelqu’un en chocolat sur un coup de tête puis détruire une ville quelques instants plus tard.
Son arc permet aussi à Toriyama de multiplier les idées : Goten et Trunks, la danse de la fusion, Gotenks, le Super Saiyan 3, les Potaras, Vegetto et différentes formes de Boo.
Au milieu du chaos, Mr Satan joue un rôle étonnamment important.
Celui que l’on pourrait facilement réduire à un champion vantard devient l’un des rares humains capables de créer un véritable lien avec Boo.
Et lorsque Goku doit finalement rassembler l’énergie de la Terre entière, le grand héros qui sauve la situation n’est pas forcément celui que les guerriers avaient prévu.
« Dragon Ball Z » n’est pas une deuxième partie du manga original
C’est une confusion très fréquente, surtout pour ceux qui ont découvert la série à la télévision.
Dans le manga original d’Akira Toriyama, l’histoire s’appelle Dragon Ball du début à la fin.
Il n’existe pas une série manga Dragon Ball qui s’arrête lorsque Goku devient adulte, suivie d’un manga séparé intitulé Dragon Ball Z.
Le titre Dragon Ball Z a été utilisé pour la seconde grande série animée, à partir de l’arrivée de Raditz.
Dans les 42 volumes japonais, en revanche, le lecteur passe directement des aventures de jeunesse de Goku à Piccolo, aux Saiyans, à Freezer, Cell puis Majin Boo.
Cette continuité permet d’ailleurs de mesurer quelque chose que l’anime fait parfois oublier : tout cela raconte bien la même vie.
On voit Goku enfant, adolescent, jeune adulte, père puis grand-père.
Toriyama pouvait dessiner une bagarre énorme sans perdre le lecteur en route
On parle souvent de Dragon Ball pour ses personnages ou ses transformations. Le dessin mérite au moins autant d’attention.
Akira Toriyama avait une compréhension extraordinaire du mouvement.
Ses combats peuvent être très rapides sans devenir confus. Les trajectoires sont claires, les impacts se lisent immédiatement et les décors permettent de comprendre l’espace autour des combattants.
Il aimait aussi les machines.
Voitures, motos, avions, capsules, robots et engins impossibles remplissent ses couvertures et ses pages. Les designs ont souvent l’air à la fois futuristes et suffisamment mécaniques pour donner envie de chercher où se trouve le moteur.
Son autre grande force reste l’humour.
Même après avoir atteint des enjeux cosmiques, Dragon Ball refuse de devenir constamment solennel. Un personnage peut sauver l’univers puis se disputer pour de la nourriture. Vegeta peut prononcer un discours grandiose avant qu’un détail ridicule casse complètement l’ambiance.
Toriyama n’a jamais complètement abandonné le dessinateur de comédie derrière le manga de combat.
42 tomes pour l’édition originale, 34 pour la Perfect Edition
Dragon Ball est une série complète. La publication japonaise originale d’Akira Toriyama compte 42 tomes et a été prépubliée dans le Weekly Shonen Jump de 1984 à 1995.
En France, Glénat Manga propose notamment l’édition originale en 42 volumes, dans le sens de lecture japonais.
La Perfect Edition rassemble quant à elle l’histoire en 34 volumes. Son format plus grand met davantage en valeur les planches de Toriyama et réintègre les pages qu’il avait réalisées en couleur lors de la prépublication. La traduction a également été retravaillée pour se rapprocher davantage du texte japonais.
Le contenu de l’histoire reste le même : du premier voyage de Goku et Bulma jusqu’à la conclusion après Majin Boo.
Le choix dépend donc surtout du format recherché et de la collection que vous souhaitez aligner dans votre bibliothèque.
Pourquoi Dragon Ball reste une porte d’entrée incroyable dans le manga
Parce qu’il est beaucoup moins monolithique que son image pourrait le laisser penser.
On se souvient des Kamehameha, de Freezer et des Super Saiyans. Mais avant tout cela, Dragon Ball sait être drôle, aventureux, parfois absurde et étonnamment tendre.
Les personnages changent aussi énormément.
Yamcha passe de bandit terrifié par les filles à combattant. Krilin de petit rival rusé à meilleur ami de Goku. Piccolo de menace absolue à protecteur de Gohan. Vegeta… eh bien, Vegeta aura besoin d’un peu plus de temps.
Le monde grandit avec eux.
La petite quête de sept boules devient une aventure interplanétaire sans que l’on puisse vraiment désigner l’instant précis où Dragon Ball a cessé d’être une histoire de voyage pour devenir une épopée.
Et malgré toute cette escalade, la dernière motivation de Goku reste presque la même que lorsqu’il était enfant : découvrir ce qui existe plus loin et rencontrer quelqu’un de suffisamment fort pour lui donner envie de s’entraîner encore.
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Au départ, Akira Toriyama mélange une libre inspiration du Voyage en Occident, son goût pour les films de kung-fu et l’humour qui avait déjà fait sa réputation avec Dr. Slump.
Une petite aventure devenue une épopée sur plusieurs générations
Goku part chercher les Dragon Balls avec Bulma sans rien connaître ou presque du monde extérieur. Il rencontre Yamcha, Krilin et Kamé Sennin, participe aux Tenkaichi Budokai et affronte l’armée du Ruban Rouge.
Puis le récit change.
Piccolo Daimao apporte une menace beaucoup plus sombre. Raditz révèle les origines saiyennes de Goku. Vegeta arrive sur Terre, la quête se poursuit sur Namek et Freezer pousse Goku jusqu’à la transformation en Super Saiyan.
Trunks ouvre ensuite la porte aux cyborgs et à Cell, avant que Majin Boo ne termine la grande aventure avec une dernière succession d’idées folles.
Pourtant, les personnages restent au centre. Krilin, Gohan, Piccolo, Bulma et Vegeta évoluent autant que la puissance des adversaires.
L’édition originale est complète en 42 tomes, tandis que la Perfect Edition rassemble l’histoire en 34 volumes plus grands.
Et non, il n’est pas nécessaire de chercher où commencer « Dragon Ball Z » dans le manga : chez Toriyama, tout appartient à la même série Dragon Ball.
Pour les plus jeunes, faites leur découvrir l’histoire originale en version Super Deformed, plus adaptée au jeune public, avec Dragon Ball SD.
Retrouvez ici nos mangas Dragon Ball d’Akira Toriyama. Une œuvre que l’on peut ouvrir pour les combats légendaires et finir par relire simplement pour retrouver Bulma qui tente d’expliquer le monde moderne à un petit garçon persuadé que sa Dragon Ball à quatre étoiles contient encore l’esprit de son grand-père.
