My Hero Academia

My Hero Academia : Deku est né sans Alter dans un monde où presque tout le monde en possède un

Dans le manga My Hero Academia, environ 80 % de la population possède un pouvoir appelé Alter. Certains peuvent produire des explosions, manipuler la glace, devenir invisibles ou modifier leur corps. Les super-héros ne sont donc plus des personnages de fiction : c’est un métier, avec des licences, des agences, des classements et des interventions retransmises à la télévision. Izuku Midoriya connaît tout ça par cœur. Il prend des notes sur les héros, analyse leurs techniques et rêve depuis tout petit de devenir comme All Might, le symbole de la paix.

Il y a juste un problème assez sérieux : Izuku est né sans Alter.

Dans une société où le pouvoir semble déterminer très tôt ce qu’un enfant pourra devenir, son rêve paraît donc complètement impossible. Puis Izuku rencontre All Might en personne et lui montre quelque chose qu’aucun test médical ne pouvait mesurer : lorsqu’une personne est en danger, il se jette pour l’aider avant même d’avoir le temps de réfléchir. C’est précisément ce qu’All Might cherchait.

À partir de là, Kohei Horikoshi ne raconte pas seulement comment un garçon obtient enfin un pouvoir. Il pose une question qui accompagnera les 42 tomes de My Hero Academia : qu’est-ce qui fait réellement de quelqu’un un héros ?

Deku commence sans pouvoir, mais il réfléchit déjà comme un héros

Avant même d’entrer à Yuei, Izuku passe son temps à observer les professionnels. Ses carnets sont remplis de notes sur leurs Alters, leurs habitudes et les façons dont ils pourraient les utiliser.

Ses camarades trouvent ça bizarre. Nous, lecteurs, comprenons rapidement que c’est probablement l’une de ses meilleures qualités.

Izuku n’est pas naturellement sûr de lui. Il bafouille, doute énormément et possède une capacité assez impressionnante à pleurer lorsque l’émotion devient trop forte. Pourtant, dès qu’un combat commence, son cerveau tourne à toute vitesse.

Il cherche les limites d’un Alter, observe l’environnement et essaie de comprendre ce que son adversaire pourrait faire ensuite.

C’est ce qui rend sa progression intéressante. Deku ne devient pas héros simplement parce qu’on lui donne une grosse puissance. Il possédait déjà l’instinct. Il doit maintenant apprendre à survivre à l’utilisation du reste.

All Might lui donne une chance… sous une forme assez peu appétissante

All Might est l’idole absolue d’Izuku. Toujours souriant devant les caméras, immensément puissant et capable de rassurer une foule simplement en apparaissant, il représente tout ce que le jeune garçon imagine lorsqu’il pense au mot « héros ».

La réalité est pourtant plus compliquée. All Might cache une grave blessure qui limite considérablement le temps pendant lequel il peut conserver sa forme héroïque.

Il doit donc préparer la relève.

Son Alter, le One For All, possède une particularité exceptionnelle : il peut être transmis à une autre personne.

Izuku va devoir entraîner son corps avant de pouvoir l’utiliser. Et lorsqu’arrive enfin le grand moment de la transmission, All Might lui tend… un cheveu.

Oui. Deku doit l’avaler.

On a connu des cérémonies d’héritage plus élégantes, mais après plusieurs mois à nettoyer une plage remplie de déchets, Izuku n’était probablement plus en position de négocier les modalités du contrat.

Le One For All est fantastique, sauf quand Deku casse son propre corps avec

Recevoir le pouvoir d’All Might ne transforme pas immédiatement Izuku en nouveau numéro un.

Au contraire, son corps n’est pas capable d’encaisser toute cette puissance. Lorsqu’il utilise trop brutalement le One For All, il peut se briser les doigts, les bras ou les jambes.

Les premiers combats possèdent donc une contrainte très concrète : Deku dispose d’une force phénoménale, mais chaque utilisation peut lui coûter cher.

Peu à peu, il apprend à répartir cette énergie dans son corps et développe sa propre manière de combattre. C’est important, car il ne peut pas rester éternellement une copie miniature d’All Might.

Et voir cette évolution rend les nouveaux paliers réellement satisfaisants. Quand Deku réussit enfin quelque chose qu’il était incapable de faire quelques volumes auparavant, on se souvient très bien du gamin qui détruisait un doigt pour lancer une seule attaque.

Katsuki Bakugo ne manque ni de puissance, ni de confiance en lui

À l’opposé d’Izuku se trouve Katsuki Bakugo, son ami d’enfance devenu rival.

Bakugo possède un Alter explosif particulièrement puissant et a grandi avec l’idée qu’il était destiné à devenir l’un des meilleurs héros. Il est intelligent, excellent au combat et tellement agréable lorsqu’il parle aux autres que l’on se demande comment personne n’a encore créé un Alter « bouchons d’oreilles » spécialement pour sa classe.

Son rapport avec Deku est beaucoup plus intéressant qu’une simple rivalité sportive.

Bakugo a longtemps considéré Izuku comme inférieur parce qu’il était sans Alter. Voir ce même garçon intégrer Yuei et développer une puissance incroyable vient donc heurter de plein fouet l’image qu’il avait de lui-même.

Mais Bakugo n’est pas uniquement « le rival énervé ». Horikoshi prend le temps de montrer ses frustrations, son énorme exigence envers lui-même et la manière dont sa définition de la force évolue.

Les deux garçons apprennent énormément l’un de l’autre, même si leur manière de communiquer pourrait largement être améliorée par l’intervention d’un médiateur professionnel.

Ochaco Uraraka veut devenir héroïne pour une raison beaucoup plus terre à terre

Ochaco Uraraka fait partie des premières personnes à accueillir Izuku avec gentillesse à Yuei. Son Alter, Zero Gravity, permet d’annuler la gravité des objets ou personnes qu’elle touche.

Son rêve paraît très simple : elle veut gagner suffisamment d’argent pour aider ses parents.

C’est justement ce qui la rend attachante. Tous les élèves ne cherchent pas la gloire ou le statut de numéro un.

Ochaco travaille énormément, développe progressivement une vraie technique de combat et commence aussi à réfléchir à une question que le manga pousse de plus en plus loin : qui aide les héros lorsqu’eux-mêmes vont mal ?

Cette idée devient importante quand la profession cesse d’apparaître comme le métier merveilleux qu’imaginaient les enfants.

Shoto Todoroki possède deux Alters dans le même corps et toute une famille derrière

Shoto Todoroki peut produire de la glace avec une moitié de son corps et des flammes avec l’autre. Sur le papier, c’est presque le personnage que l’on créerait en cochant volontairement deux pouvoirs sur la fiche.

Seulement, son Alter porte aussi tout le poids de son histoire familiale.

Son père, Endeavor, est l’un des plus puissants héros du pays. Obsédé par l’idée de dépasser All Might, il a cherché à obtenir un enfant capable d’associer son feu aux capacités de glace de sa femme.

Shoto grandit donc avec un pouvoir qu’il refuse en partie d’utiliser parce qu’il ne veut pas devenir le résultat du projet de son père.

Le Festival Sportif de Yuei donne alors l’un des premiers grands moments de la série. Deku ne cherche pas simplement à battre Todoroki. Il essaie de lui faire comprendre que son pouvoir lui appartient à lui, pas à Endeavor.

Un combat de tournoi qui finit par parler de traumatisme familial : voilà aussi pourquoi My Hero Academia va plus loin que ses costumes colorés.

Le Festival Sportif, c’est la journée portes ouvertes la moins reposante imaginable

Le Festival Sportif de Yuei permet aux apprentis héros de montrer leurs capacités devant le public et les professionnels susceptibles de les recruter pour un stage.

Pour Horikoshi, c’est surtout l’occasion de sortir toute la classe du décor scolaire classique.

Tenya Iida, Fumikage Tokoyami, Eijiro Kirishima, Momo Yaoyorozu, Denki Kaminari, Tsuyu Asui et les autres peuvent enfin montrer ce qui les distingue.

C’est l’une des grosses forces du manga : la classe 1-A ne ressemble pas à un groupe de figurants attendant que Deku termine l’histoire.

Certains deviennent plus importants que d’autres, évidemment. Pourtant, beaucoup possèdent leur moment, leur faiblesse et une manière personnelle d’utiliser leur Alter.

Et voir les élèves trouver des applications inattendues à des pouvoirs parfois très simples fait partie du plaisir.

Aizawa ressemble à un professeur qui préférerait dormir, jusqu’au moment où ça devient sérieux

Shota Aizawa, alias Eraser Head, est le professeur principal de la classe 1-A.

Il arrive avec des cheveux en bataille, un sac de couchage et un enthousiasme assez modéré pour les grandes cérémonies scolaires.

Son Alter lui permet d’annuler temporairement celui d’une personne qu’il regarde. Une capacité extrêmement utile dans un monde rempli de pouvoirs, mais qui demande beaucoup plus de technique qu’une énorme explosion.

Aizawa comprend également très vite que former des héros signifie parfois leur apprendre à survivre, pas simplement à obtenir de bonnes notes.

Il peut paraître froid, mais ses élèves découvrent progressivement qu’il prend leur sécurité très au sérieux.

Et lorsque quelqu’un menace sa classe, le professeur fatigué devient soudain beaucoup moins fatigué.

Stain pose une question gênante : tous les héros professionnels méritent-ils vraiment leur titre ?

Avec Stain, le tueur de héros, Horikoshi commence à attaquer directement l’image parfaite de cette société.

Stain considère qu’une grande partie des professionnels sont devenus héros pour l’argent, la célébrité ou le prestige. À ses yeux, seuls ceux capables d’un véritable sacrifice méritent ce titre.

Sa méthode pour faire passer le message est évidemment complètement criminelle.

Mais le problème est là : certaines de ses critiques trouvent un écho.

À partir de ce moment, My Hero Academia commence à s’intéresser davantage au système lui-même. Que se passe-t-il lorsqu’une société délègue presque entièrement sa sécurité à des célébrités costumées ? Que devient quelqu’un dont l’Alter inquiète ou dérange les autres ? Et pourquoi certains enfants grandissent-ils persuadés qu’ils ne pourront jamais appartenir au bon côté ?

Le manga devient progressivement plus intéressant lorsqu’il cesse de demander uniquement comment devenir un héros et commence à demander pourquoi certains deviennent des vilains.

Tomura Shigaraki n’a rien du grand méchant parfaitement organisé au début

Tomura Shigaraki apparaît d’abord comme un jeune criminel instable à la tête de l’Alliance des Super-Vilains.

Il est impatient, immature et possède une haine profonde pour la société des héros. Très loin, donc, du grand maître du mal qui contrôle déjà toutes les pièces de l’échiquier.

C’est volontaire.

Horikoshi fait évoluer Shigaraki en parallèle de Deku. L’un apprend auprès d’All Might ce que signifie devenir héros. L’autre avance dans l’ombre d’All For One.

Les deux camps construisent leurs équipes, comprennent progressivement leurs pouvoirs et doivent décider quel monde ils veulent créer.

Cette construction donne beaucoup plus de poids à leur opposition finale. Le héros n’est pas le seul personnage qui a eu besoin de dizaines de tomes pour devenir ce qu’il est.

All For One est exactement le genre de nom qui ne promet rien de rassurant

Le One For All n’existe pas seul dans l’histoire. Face à lui se trouve All For One, un pouvoir capable de voler et de redistribuer des Alters.

Son propriétaire représente l’une des grandes menaces de la série et entretient une histoire ancienne avec les précédents détenteurs du One For All.

À mesure que Deku découvre ce qu’il a hérité, il comprend donc que ce pouvoir n’est pas simplement « la force d’All Might ».

Il transporte avec lui une histoire, plusieurs générations et un combat beaucoup plus ancien que lui.

C’est l’un des aspects qui enrichissent fortement la seconde moitié du manga. Deku voulait le pouvoir du plus grand héros. Il découvre qu’avec lui venait également un sacré dossier familial.

All Might est un symbole tellement immense que sa simple absence devient un problème

Au début de la série, la société japonaise repose énormément sur la présence d’All Might.

Il arrive, sourit et donne l’impression que tout va finir par s’arranger.

Seulement, ce modèle possède une faiblesse évidente : que se passe-t-il lorsque le symbole n’est plus capable d’être partout ?

Le manga devient particulièrement fort lorsqu’il examine les conséquences de cette dépendance. Les autres héros doivent prendre davantage de responsabilités. Les vilains comprennent que quelque chose a changé. Et les élèves de Yuei réalisent que le monde qu’ils s’apprêtent à rejoindre est beaucoup moins stable qu’il n’en avait l’air.

Deku lui-même doit comprendre qu’hériter d’All Might ne veut pas dire remplacer un homme par un autre sur le même piédestal.

Mirio Togata rappelle à Deku qu’un héros peut sourire sans être All Might

Lorsque Mirio Togata apparaît, Deku rencontre un étudiant plus expérimenté dont l’Alter semble d’abord presque inutilisable.

Mirio peut traverser la matière. Sur le papier, c’est formidable. En pratique, l’apprentissage implique de gérer précisément ce qui traverse le sol, les murs et même l’air.

Il a travaillé jusqu’à transformer une capacité extrêmement compliquée en arme redoutable.

Mais c’est surtout son attitude qui marque. Mirio veut sauver un million de personnes et adopte le nom de héros Lemillion.

Son rôle dans l’arc consacré à Overhaul et Eri donne certaines des scènes où My Hero Academia explique le mieux qu’un héros ne se mesure pas seulement au nombre de tonnes qu’il peut soulever.

Eri est une enfant, pas une capacité à exploiter

L’arc d’Overhaul devient nettement plus sombre que les premiers exercices scolaires.

Au centre de l’histoire se trouve Eri, une petite fille dotée d’un pouvoir extraordinaire dont des adultes cherchent à tirer profit.

Deku et Mirio se retrouvent confrontés à une situation beaucoup plus concrète : ils ont croisé une enfant qui avait besoin d’aide et n’ont pas immédiatement réussi à la sortir de là.

Cette culpabilité pousse ensuite leur intervention.

Et lorsque le manga arrive finalement au festival culturel de Yuei, un simple sourire prend soudain beaucoup plus d’importance qu’une victoire en combat.

Horikoshi sait être spectaculaire, mais plusieurs de ses meilleurs moments sont justement ceux où quelqu’un réussit simplement à faire sentir à une autre personne qu’elle a enfin le droit d’être heureuse.

Endeavor découvre qu’être numéro un et mériter d’être admiré sont deux choses différentes

Longtemps, Endeavor ne pense qu’à dépasser All Might.

Puis le classement change et il atteint finalement la première place dans des circonstances qui ne ressemblent absolument pas à la victoire dont il rêvait.

À partir de là, Horikoshi lui impose une question beaucoup plus difficile : que faire lorsqu’on obtient enfin le titre mais que sa propre famille ne vous considère pas comme un héros ?

Le manga ne gomme pas ce qu’Endeavor a fait et ne demande pas au lecteur d’oublier les conséquences de ses choix.

Il s’intéresse plutôt à ce qu’une personne peut essayer de faire après avoir compris l’étendue des dégâts.

La famille Todoroki devient ainsi l’un des fils les plus douloureux et les plus humains de toute la série.

Plus l’histoire avance, moins la frontière entre héros et vilains paraît confortable

La société de My Hero Academia adore classer les gens : héros, civils, vilains, puissants, faibles, Alters acceptables ou pouvoirs jugés inquiétants.

Seulement, plusieurs personnages ne rentrent pas proprement dans ces cases.

Himiko Toga grandit avec un Alter qui influence profondément son rapport au sang et se fait demander de réprimer ce qu’elle ressent. Twice porte des blessures psychologiques sévères derrière son humour. Shigaraki possède lui aussi une histoire que personne n’a su arrêter suffisamment tôt.

Rien de cela n’efface leurs crimes.

En revanche, Horikoshi pose une question beaucoup plus intéressante que « les méchants sont-ils gentils au fond ? » : combien de catastrophes auraient pu être évitées si quelqu’un avait tendu la main avant qu’il soit trop tard ?

Cette idée finit même par rejoindre le parcours personnel de Deku.

Le dessin de Horikoshi devient complètement fou lorsque les Alters partent dans tous les sens

Visuellement, My Hero Academia montre très clairement l’amour de Kohei Horikoshi pour les comics de super-héros.

Les silhouettes se reconnaissent immédiatement. Les costumes racontent souvent la manière dont un personnage utilise son pouvoir. Les onomatopées et certaines compositions jouent avec les codes américains sans cesser de ressembler à un manga du Shonen Jump.

Surtout, Horikoshi adore les mains, les expressions et les mouvements.

Les combats deviennent de plus en plus massifs au fil de la série, mais il reste très fort lorsqu’il faut montrer un visage qui comprend quelque chose une demi-seconde avant l’impact.

Les dernières grandes batailles lui donnent évidemment l’occasion de remplir les doubles pages de pouvoirs, de débris et de personnages lancés à pleine vitesse.

Si vous aimez feuilleter un manga simplement pour revenir admirer certaines planches après la lecture, les derniers arcs donnent largement de quoi faire.

Horikoshi cite Goku et Spider-Man parmi les héros qui l’ont marqué

L’influence des super-héros américains n’est pas une supposition construite à partir des costumes.

Dans une interview officielle, Horikoshi cite Goku et Spider-Man lorsqu’on lui demande quels héros il aime particulièrement.

Le rapprochement avec Deku devient assez intéressant. Goku représente notamment cette sensation de soulagement lorsqu’un personnage incroyablement puissant arrive enfin face au danger. On retrouve clairement quelque chose de cela dans All Might.

Spider-Man, de son côté, est un héros dont la puissance ne fait pas disparaître les problèmes personnels, les erreurs ou la responsabilité.

My Hero Academia mélange finalement assez bien ces deux plaisirs : le grand héros dont l’arrivée fait lever tout le monde de sa chaise et le jeune type qui doit apprendre ce que son pouvoir exige de lui.

My Hero Academia est né après un échec qui avait sérieusement atteint Horikoshi

L’histoire derrière la création du manga est particulièrement sympathique.

Avant My Hero Academia, Horikoshi avait déjà publié Oumagadoki Doubutsuen, puis Barrage. Cette deuxième série s’arrête rapidement.

L’auteur a expliqué sur le site officiel de l’anime que cet échec l’avait profondément découragé. Il devait trouver une nouvelle idée, mais n’avait plus vraiment l’énergie nécessaire pour recommencer.

Il décide alors de revenir à quelque chose qu’il avait réellement pris plaisir à dessiner : un ancien one-shot intitulé Boku no Hero.

Son raisonnement devient presque : puisqu’il faut recommencer, autant dessiner ce qu’il aime vraiment.

De cette période où Horikoshi doutait sérieusement de sa carrière est donc née une série qui allait durer dix ans.

Comme origine de manga sur un garçon persuadé qu’il ne possède pas ce qu’il faut pour réaliser son rêve, difficile de faire plus approprié.

De 2014 à 2024 : 42 tomes pour aller jusqu’au bout

My Hero Academia est une série complète en 42 tomes.

Kohei Horikoshi commence la prépublication dans le Weekly Shonen Jump en juillet 2014. Dix ans plus tard, le dernier chapitre régulier paraît en août 2024.

Le volume 42 japonais sort ensuite en décembre 2024 et contient également un épisode supplémentaire, No. 431 – More, dessiné spécialement pour prolonger l’épilogue.

En français, Ki-oon a publié l’intégralité des 42 tomes, le dernier volume étant arrivé en juin 2025.

Vous avez donc aujourd’hui une vraie histoire terminée, du garçon sans Alter du premier tome jusqu’à la conclusion imaginée par Horikoshi.

Et lorsqu’on revient à Izuku au début de la série après avoir terminé le tome 42, le chemin parcouru paraît franchement énorme.

Les romans montrent aussi les élèves lorsqu’ils ne sont pas occupés à sauver le Japon

Si vous aimez particulièrement la classe de Yuei, les romans My Hero Academia – Les Dossiers secrets de UA permettent d’aller chercher des histoires que le manga principal n’avait pas toujours le temps de raconter.

Ils sont écrits par Anri Yoshi à partir de l’univers de Kohei Horikoshi et proposent des récits inédits autour de Deku, Bakugo, Todoroki, Ochaco et leurs camarades.

On peut les voir comme des moments supplémentaires passés à Yuei : sorties, événements scolaires et petites aventures permettent de retrouver les personnages dans des situations où l’avenir du monde ne repose pas forcément sur leurs épaules.

Et vu le nombre de catastrophes subies par cette classe pendant la série principale, les voir parfois gérer un événement scolaire presque normal fait plutôt du bien.

Team Up Mission mélange volontairement les élèves et les héros professionnels

Pour davantage d’action parallèle à la série principale, My Hero Academia Team Up Mission part d’une idée parfaite pour cet univers.

Les apprentis héros sont placés dans des équipes temporaires et envoyés en patrouille avec des professionnels. L’objectif consiste justement à les obliger à travailler avec des partenaires qu’ils n’auraient pas forcément choisis.

Yoko Akiyama, ancienne assistante de Kohei Horikoshi, dessine ce spin-off officiel.

L’intérêt vient beaucoup des associations improbables. Un Alter peut parfaitement fonctionner avec celui d’un camarade… ou créer un mélange que personne de raisonnable n’aurait testé sans assurance professionnelle.

Si vous aimez surtout la grande galerie de personnages de MHA, c’est un très bon complément parce que Team Up Mission peut offrir davantage de place à des combinaisons que l’intrigue principale n’avait aucune raison de réunir.

Vigilante montre l’univers quelques années avant Deku, depuis le trottoir plutôt que depuis Yuei

L’autre gros complément à connaître est Vigilante – My Hero Academia Illegals.

Cette série complète en 15 tomes est scénarisée par Hideyuki Furuhashi et dessinée par Betten Court, sous la supervision de Kohei Horikoshi.

Elle se déroule avant l’histoire principale et suit des personnages qui utilisent leurs capacités pour aider les autres sans posséder la licence officielle de héros.

Le point de vue change donc complètement. Au lieu d’entrer dans la meilleure école pour obtenir un diplôme, on découvre ce qui se passe lorsque quelqu’un voit un problème dans la rue et intervient quand même.

Plusieurs héros connus de My Hero Academia y apparaissent également plus jeunes. C’est particulièrement intéressant pour certains personnages professionnels dont le manga principal ne pouvait évidemment pas passer quinze tomes à raconter le début de carrière.

Le succès a dépassé largement les murs de Yuei

My Hero Academia a fini par franchir les 100 millions d’exemplaires en circulation dans le monde.

C’est évidemment énorme, mais le plus intéressant reste la façon dont Horikoshi a construit un univers immédiatement compréhensible.

Tout le monde connaît le principe du super-héros. Il suffit ensuite de se demander à quoi ressemblerait réellement une société où les pouvoirs seraient devenus ordinaires.

Les écoles changeraient. Les lois changeraient. Les métiers changeraient. Il faudrait réglementer l’usage des Alters et former ceux qui souhaitent intervenir professionnellement.

Et surtout, la naissance d’un pouvoir pourrait influencer toute l’identité d’un enfant avant même qu’il soit assez grand pour décider lui-même qui il veut devenir.

C’est précisément là que le manga trouve beaucoup de ses meilleurs personnages.

Pourquoi commencer My Hero Academia ?

Parce que l’idée fonctionne dès le premier tome : un enfant né sans pouvoir dans une société obsédée par les pouvoirs obtient enfin la possibilité de devenir héros.

Mais les 42 volumes ne racontent pas simplement comment Deku devient de plus en plus fort.

Bakugo doit comprendre que gagner ne suffit pas. Todoroki doit séparer son identité de celle de son père. Ochaco cherche ce qu’elle peut apporter aux autres. Endeavor découvre qu’un classement ne répare rien. Shigaraki et les vilains obligent progressivement toute la société à regarder ce qu’elle préférait ne pas voir.

Et All Might lui-même finit par montrer que transmettre son idéal compte davantage que conserver éternellement sa place.

Si vous aimez les shonen de progression, les grandes équipes de personnages et les super-héros façon comics, My Hero Academia possède évidemment tout cela. Mais la série devient surtout intéressante lorsque le mot « héros » cesse d’être un métier cool sur une fiche d’orientation et commence à demander quelque chose de beaucoup plus personnel.

Qui avance quand il a peur ? Qui tend la main à quelqu’un que tout le monde préfère éviter ? Qui continue à aider lorsqu’il n’y a ni caméra ni classement à gagner ?

Deku avait déjà une partie de la réponse avant même d’avoir un Alter. Le reste lui prendra 42 tomes.

Lire plus

My Hero Academia est une série complète en 42 tomes écrite et dessinée par Kohei Horikoshi. Izuku Midoriya, né sans Alter, reçoit de son idole All Might une chance d’intégrer Yuei et d’apprendre ce que signifie réellement devenir héros. Un dernier conseil : si le plus grand héros du monde vous tend un de ses cheveux en vous disant de l’avaler, demandez quand même une explication. Deku avait tellement envie d’entrer à Yuei qu’il a complètement sauté cette étape.

FILTRES

Affichage de 1–12 sur 15 résultats

My Hero Academia : Deku est né sans Alter dans un monde où presque tout le monde en possède un

Dans le manga My Hero Academia, environ 80 % de la population possède un pouvoir appelé Alter. Certains peuvent produire des explosions, manipuler la glace, devenir invisibles ou modifier leur corps. Les super-héros ne sont donc plus des personnages de fiction : c’est un métier, avec des licences, des agences, des classements et des interventions retransmises à la télévision. Izuku Midoriya connaît tout ça par cœur. Il prend des notes sur les héros, analyse leurs techniques et rêve depuis tout petit de devenir comme All Might, le symbole de la paix.

Il y a juste un problème assez sérieux : Izuku est né sans Alter.

Dans une société où le pouvoir semble déterminer très tôt ce qu’un enfant pourra devenir, son rêve paraît donc complètement impossible. Puis Izuku rencontre All Might en personne et lui montre quelque chose qu’aucun test médical ne pouvait mesurer : lorsqu’une personne est en danger, il se jette pour l’aider avant même d’avoir le temps de réfléchir. C’est précisément ce qu’All Might cherchait.

À partir de là, Kohei Horikoshi ne raconte pas seulement comment un garçon obtient enfin un pouvoir. Il pose une question qui accompagnera les 42 tomes de My Hero Academia : qu’est-ce qui fait réellement de quelqu’un un héros ?

Deku commence sans pouvoir, mais il réfléchit déjà comme un héros

Avant même d’entrer à Yuei, Izuku passe son temps à observer les professionnels. Ses carnets sont remplis de notes sur leurs Alters, leurs habitudes et les façons dont ils pourraient les utiliser.

Ses camarades trouvent ça bizarre. Nous, lecteurs, comprenons rapidement que c’est probablement l’une de ses meilleures qualités.

Izuku n’est pas naturellement sûr de lui. Il bafouille, doute énormément et possède une capacité assez impressionnante à pleurer lorsque l’émotion devient trop forte. Pourtant, dès qu’un combat commence, son cerveau tourne à toute vitesse.

Il cherche les limites d’un Alter, observe l’environnement et essaie de comprendre ce que son adversaire pourrait faire ensuite.

C’est ce qui rend sa progression intéressante. Deku ne devient pas héros simplement parce qu’on lui donne une grosse puissance. Il possédait déjà l’instinct. Il doit maintenant apprendre à survivre à l’utilisation du reste.

All Might lui donne une chance… sous une forme assez peu appétissante

All Might est l’idole absolue d’Izuku. Toujours souriant devant les caméras, immensément puissant et capable de rassurer une foule simplement en apparaissant, il représente tout ce que le jeune garçon imagine lorsqu’il pense au mot « héros ».

La réalité est pourtant plus compliquée. All Might cache une grave blessure qui limite considérablement le temps pendant lequel il peut conserver sa forme héroïque.

Il doit donc préparer la relève.

Son Alter, le One For All, possède une particularité exceptionnelle : il peut être transmis à une autre personne.

Izuku va devoir entraîner son corps avant de pouvoir l’utiliser. Et lorsqu’arrive enfin le grand moment de la transmission, All Might lui tend… un cheveu.

Oui. Deku doit l’avaler.

On a connu des cérémonies d’héritage plus élégantes, mais après plusieurs mois à nettoyer une plage remplie de déchets, Izuku n’était probablement plus en position de négocier les modalités du contrat.

Le One For All est fantastique, sauf quand Deku casse son propre corps avec

Recevoir le pouvoir d’All Might ne transforme pas immédiatement Izuku en nouveau numéro un.

Au contraire, son corps n’est pas capable d’encaisser toute cette puissance. Lorsqu’il utilise trop brutalement le One For All, il peut se briser les doigts, les bras ou les jambes.

Les premiers combats possèdent donc une contrainte très concrète : Deku dispose d’une force phénoménale, mais chaque utilisation peut lui coûter cher.

Peu à peu, il apprend à répartir cette énergie dans son corps et développe sa propre manière de combattre. C’est important, car il ne peut pas rester éternellement une copie miniature d’All Might.

Et voir cette évolution rend les nouveaux paliers réellement satisfaisants. Quand Deku réussit enfin quelque chose qu’il était incapable de faire quelques volumes auparavant, on se souvient très bien du gamin qui détruisait un doigt pour lancer une seule attaque.

Katsuki Bakugo ne manque ni de puissance, ni de confiance en lui

À l’opposé d’Izuku se trouve Katsuki Bakugo, son ami d’enfance devenu rival.

Bakugo possède un Alter explosif particulièrement puissant et a grandi avec l’idée qu’il était destiné à devenir l’un des meilleurs héros. Il est intelligent, excellent au combat et tellement agréable lorsqu’il parle aux autres que l’on se demande comment personne n’a encore créé un Alter « bouchons d’oreilles » spécialement pour sa classe.

Son rapport avec Deku est beaucoup plus intéressant qu’une simple rivalité sportive.

Bakugo a longtemps considéré Izuku comme inférieur parce qu’il était sans Alter. Voir ce même garçon intégrer Yuei et développer une puissance incroyable vient donc heurter de plein fouet l’image qu’il avait de lui-même.

Mais Bakugo n’est pas uniquement « le rival énervé ». Horikoshi prend le temps de montrer ses frustrations, son énorme exigence envers lui-même et la manière dont sa définition de la force évolue.

Les deux garçons apprennent énormément l’un de l’autre, même si leur manière de communiquer pourrait largement être améliorée par l’intervention d’un médiateur professionnel.

Ochaco Uraraka veut devenir héroïne pour une raison beaucoup plus terre à terre

Ochaco Uraraka fait partie des premières personnes à accueillir Izuku avec gentillesse à Yuei. Son Alter, Zero Gravity, permet d’annuler la gravité des objets ou personnes qu’elle touche.

Son rêve paraît très simple : elle veut gagner suffisamment d’argent pour aider ses parents.

C’est justement ce qui la rend attachante. Tous les élèves ne cherchent pas la gloire ou le statut de numéro un.

Ochaco travaille énormément, développe progressivement une vraie technique de combat et commence aussi à réfléchir à une question que le manga pousse de plus en plus loin : qui aide les héros lorsqu’eux-mêmes vont mal ?

Cette idée devient importante quand la profession cesse d’apparaître comme le métier merveilleux qu’imaginaient les enfants.

Shoto Todoroki possède deux Alters dans le même corps et toute une famille derrière

Shoto Todoroki peut produire de la glace avec une moitié de son corps et des flammes avec l’autre. Sur le papier, c’est presque le personnage que l’on créerait en cochant volontairement deux pouvoirs sur la fiche.

Seulement, son Alter porte aussi tout le poids de son histoire familiale.

Son père, Endeavor, est l’un des plus puissants héros du pays. Obsédé par l’idée de dépasser All Might, il a cherché à obtenir un enfant capable d’associer son feu aux capacités de glace de sa femme.

Shoto grandit donc avec un pouvoir qu’il refuse en partie d’utiliser parce qu’il ne veut pas devenir le résultat du projet de son père.

Le Festival Sportif de Yuei donne alors l’un des premiers grands moments de la série. Deku ne cherche pas simplement à battre Todoroki. Il essaie de lui faire comprendre que son pouvoir lui appartient à lui, pas à Endeavor.

Un combat de tournoi qui finit par parler de traumatisme familial : voilà aussi pourquoi My Hero Academia va plus loin que ses costumes colorés.

Le Festival Sportif, c’est la journée portes ouvertes la moins reposante imaginable

Le Festival Sportif de Yuei permet aux apprentis héros de montrer leurs capacités devant le public et les professionnels susceptibles de les recruter pour un stage.

Pour Horikoshi, c’est surtout l’occasion de sortir toute la classe du décor scolaire classique.

Tenya Iida, Fumikage Tokoyami, Eijiro Kirishima, Momo Yaoyorozu, Denki Kaminari, Tsuyu Asui et les autres peuvent enfin montrer ce qui les distingue.

C’est l’une des grosses forces du manga : la classe 1-A ne ressemble pas à un groupe de figurants attendant que Deku termine l’histoire.

Certains deviennent plus importants que d’autres, évidemment. Pourtant, beaucoup possèdent leur moment, leur faiblesse et une manière personnelle d’utiliser leur Alter.

Et voir les élèves trouver des applications inattendues à des pouvoirs parfois très simples fait partie du plaisir.

Aizawa ressemble à un professeur qui préférerait dormir, jusqu’au moment où ça devient sérieux

Shota Aizawa, alias Eraser Head, est le professeur principal de la classe 1-A.

Il arrive avec des cheveux en bataille, un sac de couchage et un enthousiasme assez modéré pour les grandes cérémonies scolaires.

Son Alter lui permet d’annuler temporairement celui d’une personne qu’il regarde. Une capacité extrêmement utile dans un monde rempli de pouvoirs, mais qui demande beaucoup plus de technique qu’une énorme explosion.

Aizawa comprend également très vite que former des héros signifie parfois leur apprendre à survivre, pas simplement à obtenir de bonnes notes.

Il peut paraître froid, mais ses élèves découvrent progressivement qu’il prend leur sécurité très au sérieux.

Et lorsque quelqu’un menace sa classe, le professeur fatigué devient soudain beaucoup moins fatigué.

Stain pose une question gênante : tous les héros professionnels méritent-ils vraiment leur titre ?

Avec Stain, le tueur de héros, Horikoshi commence à attaquer directement l’image parfaite de cette société.

Stain considère qu’une grande partie des professionnels sont devenus héros pour l’argent, la célébrité ou le prestige. À ses yeux, seuls ceux capables d’un véritable sacrifice méritent ce titre.

Sa méthode pour faire passer le message est évidemment complètement criminelle.

Mais le problème est là : certaines de ses critiques trouvent un écho.

À partir de ce moment, My Hero Academia commence à s’intéresser davantage au système lui-même. Que se passe-t-il lorsqu’une société délègue presque entièrement sa sécurité à des célébrités costumées ? Que devient quelqu’un dont l’Alter inquiète ou dérange les autres ? Et pourquoi certains enfants grandissent-ils persuadés qu’ils ne pourront jamais appartenir au bon côté ?

Le manga devient progressivement plus intéressant lorsqu’il cesse de demander uniquement comment devenir un héros et commence à demander pourquoi certains deviennent des vilains.

Tomura Shigaraki n’a rien du grand méchant parfaitement organisé au début

Tomura Shigaraki apparaît d’abord comme un jeune criminel instable à la tête de l’Alliance des Super-Vilains.

Il est impatient, immature et possède une haine profonde pour la société des héros. Très loin, donc, du grand maître du mal qui contrôle déjà toutes les pièces de l’échiquier.

C’est volontaire.

Horikoshi fait évoluer Shigaraki en parallèle de Deku. L’un apprend auprès d’All Might ce que signifie devenir héros. L’autre avance dans l’ombre d’All For One.

Les deux camps construisent leurs équipes, comprennent progressivement leurs pouvoirs et doivent décider quel monde ils veulent créer.

Cette construction donne beaucoup plus de poids à leur opposition finale. Le héros n’est pas le seul personnage qui a eu besoin de dizaines de tomes pour devenir ce qu’il est.

All For One est exactement le genre de nom qui ne promet rien de rassurant

Le One For All n’existe pas seul dans l’histoire. Face à lui se trouve All For One, un pouvoir capable de voler et de redistribuer des Alters.

Son propriétaire représente l’une des grandes menaces de la série et entretient une histoire ancienne avec les précédents détenteurs du One For All.

À mesure que Deku découvre ce qu’il a hérité, il comprend donc que ce pouvoir n’est pas simplement « la force d’All Might ».

Il transporte avec lui une histoire, plusieurs générations et un combat beaucoup plus ancien que lui.

C’est l’un des aspects qui enrichissent fortement la seconde moitié du manga. Deku voulait le pouvoir du plus grand héros. Il découvre qu’avec lui venait également un sacré dossier familial.

All Might est un symbole tellement immense que sa simple absence devient un problème

Au début de la série, la société japonaise repose énormément sur la présence d’All Might.

Il arrive, sourit et donne l’impression que tout va finir par s’arranger.

Seulement, ce modèle possède une faiblesse évidente : que se passe-t-il lorsque le symbole n’est plus capable d’être partout ?

Le manga devient particulièrement fort lorsqu’il examine les conséquences de cette dépendance. Les autres héros doivent prendre davantage de responsabilités. Les vilains comprennent que quelque chose a changé. Et les élèves de Yuei réalisent que le monde qu’ils s’apprêtent à rejoindre est beaucoup moins stable qu’il n’en avait l’air.

Deku lui-même doit comprendre qu’hériter d’All Might ne veut pas dire remplacer un homme par un autre sur le même piédestal.

Mirio Togata rappelle à Deku qu’un héros peut sourire sans être All Might

Lorsque Mirio Togata apparaît, Deku rencontre un étudiant plus expérimenté dont l’Alter semble d’abord presque inutilisable.

Mirio peut traverser la matière. Sur le papier, c’est formidable. En pratique, l’apprentissage implique de gérer précisément ce qui traverse le sol, les murs et même l’air.

Il a travaillé jusqu’à transformer une capacité extrêmement compliquée en arme redoutable.

Mais c’est surtout son attitude qui marque. Mirio veut sauver un million de personnes et adopte le nom de héros Lemillion.

Son rôle dans l’arc consacré à Overhaul et Eri donne certaines des scènes où My Hero Academia explique le mieux qu’un héros ne se mesure pas seulement au nombre de tonnes qu’il peut soulever.

Eri est une enfant, pas une capacité à exploiter

L’arc d’Overhaul devient nettement plus sombre que les premiers exercices scolaires.

Au centre de l’histoire se trouve Eri, une petite fille dotée d’un pouvoir extraordinaire dont des adultes cherchent à tirer profit.

Deku et Mirio se retrouvent confrontés à une situation beaucoup plus concrète : ils ont croisé une enfant qui avait besoin d’aide et n’ont pas immédiatement réussi à la sortir de là.

Cette culpabilité pousse ensuite leur intervention.

Et lorsque le manga arrive finalement au festival culturel de Yuei, un simple sourire prend soudain beaucoup plus d’importance qu’une victoire en combat.

Horikoshi sait être spectaculaire, mais plusieurs de ses meilleurs moments sont justement ceux où quelqu’un réussit simplement à faire sentir à une autre personne qu’elle a enfin le droit d’être heureuse.

Endeavor découvre qu’être numéro un et mériter d’être admiré sont deux choses différentes

Longtemps, Endeavor ne pense qu’à dépasser All Might.

Puis le classement change et il atteint finalement la première place dans des circonstances qui ne ressemblent absolument pas à la victoire dont il rêvait.

À partir de là, Horikoshi lui impose une question beaucoup plus difficile : que faire lorsqu’on obtient enfin le titre mais que sa propre famille ne vous considère pas comme un héros ?

Le manga ne gomme pas ce qu’Endeavor a fait et ne demande pas au lecteur d’oublier les conséquences de ses choix.

Il s’intéresse plutôt à ce qu’une personne peut essayer de faire après avoir compris l’étendue des dégâts.

La famille Todoroki devient ainsi l’un des fils les plus douloureux et les plus humains de toute la série.

Plus l’histoire avance, moins la frontière entre héros et vilains paraît confortable

La société de My Hero Academia adore classer les gens : héros, civils, vilains, puissants, faibles, Alters acceptables ou pouvoirs jugés inquiétants.

Seulement, plusieurs personnages ne rentrent pas proprement dans ces cases.

Himiko Toga grandit avec un Alter qui influence profondément son rapport au sang et se fait demander de réprimer ce qu’elle ressent. Twice porte des blessures psychologiques sévères derrière son humour. Shigaraki possède lui aussi une histoire que personne n’a su arrêter suffisamment tôt.

Rien de cela n’efface leurs crimes.

En revanche, Horikoshi pose une question beaucoup plus intéressante que « les méchants sont-ils gentils au fond ? » : combien de catastrophes auraient pu être évitées si quelqu’un avait tendu la main avant qu’il soit trop tard ?

Cette idée finit même par rejoindre le parcours personnel de Deku.

Le dessin de Horikoshi devient complètement fou lorsque les Alters partent dans tous les sens

Visuellement, My Hero Academia montre très clairement l’amour de Kohei Horikoshi pour les comics de super-héros.

Les silhouettes se reconnaissent immédiatement. Les costumes racontent souvent la manière dont un personnage utilise son pouvoir. Les onomatopées et certaines compositions jouent avec les codes américains sans cesser de ressembler à un manga du Shonen Jump.

Surtout, Horikoshi adore les mains, les expressions et les mouvements.

Les combats deviennent de plus en plus massifs au fil de la série, mais il reste très fort lorsqu’il faut montrer un visage qui comprend quelque chose une demi-seconde avant l’impact.

Les dernières grandes batailles lui donnent évidemment l’occasion de remplir les doubles pages de pouvoirs, de débris et de personnages lancés à pleine vitesse.

Si vous aimez feuilleter un manga simplement pour revenir admirer certaines planches après la lecture, les derniers arcs donnent largement de quoi faire.

Horikoshi cite Goku et Spider-Man parmi les héros qui l’ont marqué

L’influence des super-héros américains n’est pas une supposition construite à partir des costumes.

Dans une interview officielle, Horikoshi cite Goku et Spider-Man lorsqu’on lui demande quels héros il aime particulièrement.

Le rapprochement avec Deku devient assez intéressant. Goku représente notamment cette sensation de soulagement lorsqu’un personnage incroyablement puissant arrive enfin face au danger. On retrouve clairement quelque chose de cela dans All Might.

Spider-Man, de son côté, est un héros dont la puissance ne fait pas disparaître les problèmes personnels, les erreurs ou la responsabilité.

My Hero Academia mélange finalement assez bien ces deux plaisirs : le grand héros dont l’arrivée fait lever tout le monde de sa chaise et le jeune type qui doit apprendre ce que son pouvoir exige de lui.

My Hero Academia est né après un échec qui avait sérieusement atteint Horikoshi

L’histoire derrière la création du manga est particulièrement sympathique.

Avant My Hero Academia, Horikoshi avait déjà publié Oumagadoki Doubutsuen, puis Barrage. Cette deuxième série s’arrête rapidement.

L’auteur a expliqué sur le site officiel de l’anime que cet échec l’avait profondément découragé. Il devait trouver une nouvelle idée, mais n’avait plus vraiment l’énergie nécessaire pour recommencer.

Il décide alors de revenir à quelque chose qu’il avait réellement pris plaisir à dessiner : un ancien one-shot intitulé Boku no Hero.

Son raisonnement devient presque : puisqu’il faut recommencer, autant dessiner ce qu’il aime vraiment.

De cette période où Horikoshi doutait sérieusement de sa carrière est donc née une série qui allait durer dix ans.

Comme origine de manga sur un garçon persuadé qu’il ne possède pas ce qu’il faut pour réaliser son rêve, difficile de faire plus approprié.

De 2014 à 2024 : 42 tomes pour aller jusqu’au bout

My Hero Academia est une série complète en 42 tomes.

Kohei Horikoshi commence la prépublication dans le Weekly Shonen Jump en juillet 2014. Dix ans plus tard, le dernier chapitre régulier paraît en août 2024.

Le volume 42 japonais sort ensuite en décembre 2024 et contient également un épisode supplémentaire, No. 431 – More, dessiné spécialement pour prolonger l’épilogue.

En français, Ki-oon a publié l’intégralité des 42 tomes, le dernier volume étant arrivé en juin 2025.

Vous avez donc aujourd’hui une vraie histoire terminée, du garçon sans Alter du premier tome jusqu’à la conclusion imaginée par Horikoshi.

Et lorsqu’on revient à Izuku au début de la série après avoir terminé le tome 42, le chemin parcouru paraît franchement énorme.

Les romans montrent aussi les élèves lorsqu’ils ne sont pas occupés à sauver le Japon

Si vous aimez particulièrement la classe de Yuei, les romans My Hero Academia – Les Dossiers secrets de UA permettent d’aller chercher des histoires que le manga principal n’avait pas toujours le temps de raconter.

Ils sont écrits par Anri Yoshi à partir de l’univers de Kohei Horikoshi et proposent des récits inédits autour de Deku, Bakugo, Todoroki, Ochaco et leurs camarades.

On peut les voir comme des moments supplémentaires passés à Yuei : sorties, événements scolaires et petites aventures permettent de retrouver les personnages dans des situations où l’avenir du monde ne repose pas forcément sur leurs épaules.

Et vu le nombre de catastrophes subies par cette classe pendant la série principale, les voir parfois gérer un événement scolaire presque normal fait plutôt du bien.

Team Up Mission mélange volontairement les élèves et les héros professionnels

Pour davantage d’action parallèle à la série principale, My Hero Academia Team Up Mission part d’une idée parfaite pour cet univers.

Les apprentis héros sont placés dans des équipes temporaires et envoyés en patrouille avec des professionnels. L’objectif consiste justement à les obliger à travailler avec des partenaires qu’ils n’auraient pas forcément choisis.

Yoko Akiyama, ancienne assistante de Kohei Horikoshi, dessine ce spin-off officiel.

L’intérêt vient beaucoup des associations improbables. Un Alter peut parfaitement fonctionner avec celui d’un camarade… ou créer un mélange que personne de raisonnable n’aurait testé sans assurance professionnelle.

Si vous aimez surtout la grande galerie de personnages de MHA, c’est un très bon complément parce que Team Up Mission peut offrir davantage de place à des combinaisons que l’intrigue principale n’avait aucune raison de réunir.

Vigilante montre l’univers quelques années avant Deku, depuis le trottoir plutôt que depuis Yuei

L’autre gros complément à connaître est Vigilante – My Hero Academia Illegals.

Cette série complète en 15 tomes est scénarisée par Hideyuki Furuhashi et dessinée par Betten Court, sous la supervision de Kohei Horikoshi.

Elle se déroule avant l’histoire principale et suit des personnages qui utilisent leurs capacités pour aider les autres sans posséder la licence officielle de héros.

Le point de vue change donc complètement. Au lieu d’entrer dans la meilleure école pour obtenir un diplôme, on découvre ce qui se passe lorsque quelqu’un voit un problème dans la rue et intervient quand même.

Plusieurs héros connus de My Hero Academia y apparaissent également plus jeunes. C’est particulièrement intéressant pour certains personnages professionnels dont le manga principal ne pouvait évidemment pas passer quinze tomes à raconter le début de carrière.

Le succès a dépassé largement les murs de Yuei

My Hero Academia a fini par franchir les 100 millions d’exemplaires en circulation dans le monde.

C’est évidemment énorme, mais le plus intéressant reste la façon dont Horikoshi a construit un univers immédiatement compréhensible.

Tout le monde connaît le principe du super-héros. Il suffit ensuite de se demander à quoi ressemblerait réellement une société où les pouvoirs seraient devenus ordinaires.

Les écoles changeraient. Les lois changeraient. Les métiers changeraient. Il faudrait réglementer l’usage des Alters et former ceux qui souhaitent intervenir professionnellement.

Et surtout, la naissance d’un pouvoir pourrait influencer toute l’identité d’un enfant avant même qu’il soit assez grand pour décider lui-même qui il veut devenir.

C’est précisément là que le manga trouve beaucoup de ses meilleurs personnages.

Pourquoi commencer My Hero Academia ?

Parce que l’idée fonctionne dès le premier tome : un enfant né sans pouvoir dans une société obsédée par les pouvoirs obtient enfin la possibilité de devenir héros.

Mais les 42 volumes ne racontent pas simplement comment Deku devient de plus en plus fort.

Bakugo doit comprendre que gagner ne suffit pas. Todoroki doit séparer son identité de celle de son père. Ochaco cherche ce qu’elle peut apporter aux autres. Endeavor découvre qu’un classement ne répare rien. Shigaraki et les vilains obligent progressivement toute la société à regarder ce qu’elle préférait ne pas voir.

Et All Might lui-même finit par montrer que transmettre son idéal compte davantage que conserver éternellement sa place.

Si vous aimez les shonen de progression, les grandes équipes de personnages et les super-héros façon comics, My Hero Academia possède évidemment tout cela. Mais la série devient surtout intéressante lorsque le mot « héros » cesse d’être un métier cool sur une fiche d’orientation et commence à demander quelque chose de beaucoup plus personnel.

Qui avance quand il a peur ? Qui tend la main à quelqu’un que tout le monde préfère éviter ? Qui continue à aider lorsqu’il n’y a ni caméra ni classement à gagner ?

Deku avait déjà une partie de la réponse avant même d’avoir un Alter. Le reste lui prendra 42 tomes.

Lire plus

My Hero Academia est une série complète en 42 tomes écrite et dessinée par Kohei Horikoshi. Izuku Midoriya, né sans Alter, reçoit de son idole All Might une chance d’intégrer Yuei et d’apprendre ce que signifie réellement devenir héros. Un dernier conseil : si le plus grand héros du monde vous tend un de ses cheveux en vous disant de l’avaler, demandez quand même une explication. Deku avait tellement envie d’entrer à Yuei qu’il a complètement sauté cette étape.