Edens Zero

Edens Zero : Shiki quitte son parc d’attractions pour découvrir que l’espace est beaucoup plus vaste que prévu

Edens Zero commence sur Granbell, une planète transformée en immense parc d’attractions où les seuls habitants sont des robots. Enfin, presque. Shiki Granbell y vit depuis son enfance, élevé par ces machines et par son grand-père adoptif, Ziggy. Il n’a jamais quitté la planète et son expérience des relations humaines est donc… assez limitée.

Tout change lorsque Rebecca Bluegarden débarque avec Happy pour tourner une vidéo destinée à sa chaîne B-Cube. Elle pensait visiter un vieux parc rempli de robots. Elle repart finalement avec Shiki à bord de son vaisseau.

Le garçon découvre alors l’espace, les planètes, les guildes, les pirates et surtout une idée qui le fascine immédiatement : quelque part au-delà des étoiles se trouverait Mother, une entité gigantesque que personne ou presque n’a réussi à atteindre.

Shiki décide d’aller la rencontrer.

Pour quelqu’un qui vient littéralement de quitter la maison pour la première fois, commencer directement par chercher la déesse du Cosmos témoigne déjà d’une certaine ambition.

Hiro Mashima quitte Fiore pour envoyer ses héros dans l’espace

Si certains visages vous donnent immédiatement une impression de déjà-vu, ce n’est évidemment pas un hasard : Hiro Mashima écrit et dessine Edens Zero.

Bien sûr, il s’agit du même auteur que Fairy Tail, mais aussi de Rave. On retrouve donc certaines signatures graphiques, son goût pour les groupes de personnages très soudés et même quelques clins d’œil familiers.

Happy en est l’exemple le plus évident.

Oui, il s’appelle Happy. Oui, c’est encore un chat bleu. Non, Edens Zero n’est pas la suite secrète de Fairy Tail et Natsu ne va pas surgir d’une planète voisine en réclamant un combat.

Mashima aime réutiliser certains motifs, designs et mascottes à travers ses œuvres. Il construit pourtant ici un univers totalement indépendant, fondé sur la science-fiction, les voyages interstellaires, les androïdes et une technologie appelée Ether Gear.

Le décor change radicalement. Son obsession pour l’amitié, elle, a manifestement réussi à monter dans le vaisseau.

Shiki peut contrôler la gravité, mais parler normalement à une fille reste plus compliqué

Shiki a grandi presque uniquement avec des machines.

Il comprend donc très vite comment réparer un robot, mais beaucoup moins les règles élémentaires des relations sociales.

Son premier objectif consiste d’ailleurs à se faire des amis.

Beaucoup d’amis.

Cette naïveté pourrait facilement rendre le personnage agaçant. Mashima s’en sert plutôt pour définir sa manière de voir le monde : Shiki juge très peu les gens selon leur origine. Humain, androïde, criminel ou créature étrange, ce qui l’intéresse surtout est ce que la personne choisit de faire.

Au combat, la situation change complètement.

Shiki maîtrise le Satan Gravity, un Ether Gear qui lui permet de manipuler la gravité. Il peut modifier son propre poids, changer ses trajectoires, attirer ou repousser des éléments et transformer l’environnement en terrain de jeu.

Il donne parfois l’impression de voler alors qu’il ne fait, techniquement, que tomber dans la direction qu’il a choisie.

Vu le résultat, la nuance intéresse surtout les physiciens.

Rebecca voulait des vues. Elle récupère une aventure intergalactique

Rebecca Bluegarden n’est pas simplement la fille chargée de filmer les exploits du héros.

Elle voyage avec Happy et rêve de faire décoller sa chaîne B-Cube. Ses audiences ne justifient pas encore exactement l’achat d’une villa sur une planète tropicale, mais son enthousiasme ne faiblit pas.

Rebecca est également une excellente tireuse.

Les jeux vidéo ont développé chez elle des réflexes et une vision dynamique remarquables, qualités qui deviennent très utiles lorsque la caméra laisse place aux armes.

Puis son propre Ether Gear se révèle.

Avec Cat Leaper, Rebecca touche à quelque chose de bien plus important que de simples mouvements améliorés. Son pouvoir finit par jouer directement avec les possibilités, les événements et les différentes directions que peut prendre l’histoire.

À partir de là, Edens Zero commence à montrer que son univers ne repose pas uniquement sur « une planète après l’autre ».

Le temps lui-même va finir par poser quelques problèmes.

Happy a connu une petite amélioration depuis sa vie de chat ordinaire

Happy accompagne Rebecca depuis l’enfance.

Un accident aurait pourtant dû mettre définitivement fin à leur histoire.

Le professeur Weisz a sauvé le petit chat en transférant son existence dans un corps androïde.

Happy est donc désormais une machine.

Et comme un chat robot ordinaire aurait probablement été trop raisonnable pour Mashima, il peut également se transformer en deux armes à feu utilisées par Rebecca.

Le passage de « adorable compagnon bleu » à « paire de blasters » se fait avec un naturel remarquable.

Edens Zero pose ainsi très tôt une question qui reviendra souvent : qu’est-ce qui définit une personne ? Son corps ? Ses souvenirs ? Ses émotions ?

Pour Rebecca, la réponse semble évidente.

Happy reste Happy.

Weisz Steiner existe en deux versions, séparées par cinquante ans

La planète Norma apporte l’une des premières grosses surprises de l’aventure.

Shiki et Rebecca pensaient y retrouver le professeur Weisz Steiner, celui qui avait notamment sauvé Happy.

Ils rencontrent bien Weisz.

Simple détail : il a environ cinquante ans de moins.

La planète a été touchée par un Croque-mitemps, une créature cosmique capable de dévorer le temps d’un monde. Norma se retrouve donc ramenée plusieurs décennies dans le passé, sans que l’ancien Weisz vivant ailleurs disparaisse pour autant.

Le jeune Weisz rejoint progressivement l’aventure.

Son Ether Gear, Machina Maker, lui permet de remodeler les machines. Ajoutez à cela son intelligence, son goût pour la mécanique et une morale parfois beaucoup plus flexible que celle de Shiki, et l’équipage gagne rapidement quelqu’un de très pratique.

À condition de vérifier ses poches avant de le laisser partir.

Pino rêve de devenir humaine

E.M. Pino est une petite androïde qui rejoint également le groupe.

Elle possède une capacité particulièrement utile : son EMP peut neutraliser temporairement les appareils électroniques et même perturber les Ether Gears à proximité.

Mais ce qui rend Pino attachante n’est pas sa fonction technique.

Elle tient un journal, découvre le monde et nourrit un rêve impossible en apparence : devenir humaine.

Mashima utilise régulièrement ses robots de cette manière.

Ils ne constituent pas simplement le décor futuriste de la série. Certains aiment, souffrent, mentent, se sacrifient ou développent leurs propres désirs.

Edens Zero peut donc montrer une machine manifestant davantage d’humanité qu’un humain quelques pages plus loin.

La série ne demande pas vraiment lequel possède les meilleurs circuits.

L’Edens Zero n’est pas seulement le titre du manga

Le groupe finit par mettre la main sur l’Edens Zero, ancien vaisseau de Ziggy.

Et là, le voyage change d’échelle.

Ce gigantesque navire n’est pas un simple moyen d’aller de planète en planète. Il possède sa propre histoire et était autrefois servi par les Quatre Étoiles Brillantes du Grand Démon.

Shiki entreprend donc de reformer cet équipage.

Witch Regret protège et administre le vaisseau. Sister Ivry possède des capacités de soin et une personnalité qui risque de surprendre ceux qui se fient au mot « Sister ». Hermit Mio excelle dans le domaine numérique.

Reste Valkyrie Yuna.

Sa recherche conduit l’équipage vers Homura et vers l’une des histoires les plus marquantes des premiers grands voyages.

Homura veut retrouver Valkyrie, son maître

Homura Kôgetsu a été formée au sabre par Valkyrie.

Elle maîtrise l’Ether Gear Soul Blade et souhaite retrouver celle qui lui a tout appris.

Homura possède également un petit problème assez charmant : elle pense régulièrement tout haut.

Puis réalise qu’elle vient de le faire.

Puis explique parfois qu’elle n’avait pas l’intention de parler.

Ce qui revient naturellement à parler encore davantage.

Derrière cette particularité se trouve pourtant une combattante très sérieuse, dont l’histoire avec Valkyrie devient progressivement beaucoup plus douloureuse qu’une simple recherche de maître disparu.

Son arrivée donne surtout à l’Edens Zero un véritable noyau d’aventuriers.

Shiki, Rebecca, Weisz, Happy, Pino et Homura ne possèdent pas les mêmes objectifs ni les mêmes caractères. C’est précisément ce qui transforme le vaisseau en quelque chose qui ressemble peu à peu à une famille.

Mother : la femme que tout le monde connaît mais que presque personne n’a rencontrée

Au bout du voyage se trouve Mother.

Cette entité colossale existe quelque part dans le Cosmos. Les aventuriers racontent que celui qui parvient jusqu’à elle peut renaître, obtenir quelque chose d’extraordinaire ou voir son souhait réalisé.

Même les informations à son sujet prennent parfois des allures de légende.

Pour Shiki, cela suffit.

L’atteindre devient la grande destination de l’Edens Zero.

Mais une bonne quête spatiale respecte rarement la ligne droite.

Le vaisseau traverse différents Cosmos, croise des pirates, des criminels, des gouvernements et des personnages capables de changer brutalement la direction de l’histoire.

Mother reste au loin.

Entre elle et Shiki, il y a simplement quelques galaxies de problèmes.

Drakken Joe fait comprendre que tout le monde ne joue pas avec les mêmes règles

Drakken Joe marque un tournant important.

Jusque-là, les aventures de Shiki peuvent être dangereuses, mais Edens Zero conserve beaucoup de légèreté.

Drakken ne possède pas cette légèreté.

Criminel puissant et calculateur, il règne sur le Belial Gore et s’intéresse de très près aux capacités de Rebecca.

Le conflit pousse l’équipage beaucoup plus loin qu’un simple affrontement contre le méchant de la planète.

Mashima commence alors à utiliser réellement les possibilités ouvertes par Cat Leaper, les différentes trajectoires du futur et les conséquences d’une défaite.

On comprend surtout que les personnages principaux ne bénéficient pas forcément d’un filet de sécurité parce qu’ils font partie du générique.

Ce passage donne à la série une dureté qui surprendra peut-être ceux qui s’attendaient simplement à Fairy Tail avec des fusées.

Ziggy : le grand-père adoré de Shiki devient un problème légèrement gênant

Shiki parle de Ziggy comme de son grand-père.

L’ancien Grand Démon l’a recueilli, élevé sur Granbell et lui a appris son Ether Gear.

Son souvenir accompagne donc naturellement le garçon lorsqu’il quitte la planète.

Puis Ziggy revient.

Et la situation ne correspond absolument pas aux retrouvailles familiales imaginées.

Son rôle devient l’un des grands mystères d’Edens Zero. Les liens entre Ziggy, Shiki, l’Edens Zero et l’avenir prennent une ampleur considérable à mesure que l’histoire avance.

Mashima joue ici avec les boucles, les possibles futurs et les conséquences d’événements qui ne se déroulent pas forcément dans l’ordre le plus confortable pour le lecteur.

Autant dire qu’à un certain stade, dessiner un arbre généalogique ne suffira plus.

Il faudrait probablement ajouter quelques flèches temporelles.

Elsie Crimson a une allure familière, mais sa propre histoire

Elsie Crimson est une pirate extrêmement puissante qui entretient elle aussi un lien avec Ziggy.

Les lecteurs de Fairy Tail remarqueront évidemment sa ressemblance avec Erza Scarlet.

Mashima ne cherche même pas vraiment à dissimuler le clin d’œil.

Pour autant, Elsie possède sa propre identité et son propre passé.

Son conflit avec Justice, membre de l’Armée du système stellaire, prend racine dans une histoire politique et personnelle bien plus ancienne que leur première confrontation dans le manga.

Edens Zero aime ce genre de faux repères.

Un visage semble familier.

Puis le personnage commence à vivre sa propre vie et la ressemblance devient simplement un petit plaisir supplémentaire pour ceux qui suivent Mashima depuis longtemps.

Des planètes entièrement différentes plutôt qu’un seul royaume immense

Le choix de l’espace permet à Mashima de changer constamment d’ambiance.

Granbell ressemble à un parc médiéval automatisé. Norma joue avec le temps. Digitalis plonge les personnages dans un monde virtuel. Sun Jewel place richesse et pauvreté face à face. D’autres planètes imposent leurs propres règles.

Chaque escale peut donc introduire une nouvelle esthétique, une société différente ou une technologie étrange sans devoir expliquer pourquoi deux villages séparés de vingt kilomètres semblent appartenir à deux époques différentes.

C’est l’un des vrais plaisirs d’Edens Zero.

On ne sait jamais exactement ce que l’équipage va trouver lorsqu’il débarque.

Parfois un nouvel ami.

Parfois un ennemi.

Parfois un problème temporel capable de rendre la notion de « retour à la maison » nettement plus théorique.

Une série de science-fiction qui parle énormément de machines… et encore plus de sentiments

Sous ses vaisseaux, androïdes et Ether Gears, Edens Zero reste profondément un manga de Hiro Mashima.

L’amitié y occupe donc une place énorme.

Mais la science-fiction permet de poser cette idée autrement.

Un robot peut-il être un ami ? Ses souvenirs ont-ils moins de valeur parce qu’ils sont stockés dans une machine ? Une copie ou une version issue d’une autre époque reste-t-elle la même personne ? Que devient une relation lorsque les événements eux-mêmes peuvent changer ?

Happy, Pino, Witch, Hermit et les nombreux androïdes rencontrés dans le récit donnent à ces questions une dimension très concrète.

Shiki, lui, répond souvent avant même que quelqu’un termine la question.

Si quelqu’un est son ami, le débat philosophique est clos.

Ce n’est peut-être pas la méthode universitaire la plus rigoureuse.

Elle fonctionne plutôt bien pour lui.

33 tomes pour aller de Granbell jusqu’au bout du voyage

Edens Zero est une série complète en 33 tomes. Hiro Mashima a lancé le manga en 2018 dans le Weekly Shonen Magazine de Kodansha.

En France, Pika Édition a publié l’intégralité de l’aventure dans sa collection Pika Shônen. Le tome 33, paru en janvier 2025, mène Shiki, Rebecca et leurs compagnons jusqu’à l’ultime bataille et referme la quête autour de Mother.

La longueur convient particulièrement bien au voyage.

Il y a suffisamment de place pour voir l’équipage se former, découvrir plusieurs régions du Cosmos et laisser les mystères de Ziggy, Rebecca ou Mother évoluer sans étirer l’histoire indéfiniment.

On part d’un garçon élevé dans un parc d’attractions par des robots.

On termine avec des enjeux qui concernent l’humanité, le temps et plusieurs possibilités d’existence.

Entre les deux, Shiki réussit heureusement à conserver sa priorité essentielle : se faire des amis.

À l’échelle de l’univers, il faut reconnaître qu’il s’est donné de la marge.

Lire plus sur Edens Zero

Edens Zero est le grand voyage spatial de Hiro Mashima. Shiki quitte Granbell avec Rebecca et Happy pour rechercher Mother, mystérieuse entité située quelque part au-delà des régions connues du Cosmos.

Un équipage qui se construit planète après planète

Le trio de départ s’agrandit rapidement avec Weisz, Pino puis Homura. L’ancien vaisseau de Ziggy, l’Edens Zero, devient leur véritable maison tandis qu’ils cherchent à réunir les Quatre Étoiles Brillantes qui accompagnaient autrefois le Grand Démon.

Les voyages font évoluer l’histoire bien au-delà d’une simple chasse au trésor spatiale. Les Croque-mitemps peuvent bouleverser l’histoire d’une planète, Rebecca développe un pouvoir lié aux possibilités du temps et Ziggy prend une place de plus en plus troublante.

Au milieu des combats, Mashima conserve son thème favori : les liens qui se créent entre des personnages qui n’auraient jamais dû former une famille.

Humains et machines partagent le même vaisseau sans que Shiki fasse vraiment de distinction entre eux. Pour lui, l’amitié n’a besoin ni de certificat de naissance ni de système d’exploitation compatible.

La série est complète en 33 tomes et permet de suivre toute l’aventure, de la première rencontre sur Granbell jusqu’à la conclusion de la quête de Mother.

Retrouvez ici nos mangas Edens Zero de Hiro Mashima. Une aventure pour ceux qui aiment la science-fiction, les équipages improbables, les combats spectaculaires et les auteurs capables de regarder l’immensité du Cosmos en se disant qu’il reste forcément de la place quelque part pour un chat bleu.

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Edens Zero : Shiki quitte son parc d’attractions pour découvrir que l’espace est beaucoup plus vaste que prévu

Edens Zero commence sur Granbell, une planète transformée en immense parc d’attractions où les seuls habitants sont des robots. Enfin, presque. Shiki Granbell y vit depuis son enfance, élevé par ces machines et par son grand-père adoptif, Ziggy. Il n’a jamais quitté la planète et son expérience des relations humaines est donc… assez limitée.

Tout change lorsque Rebecca Bluegarden débarque avec Happy pour tourner une vidéo destinée à sa chaîne B-Cube. Elle pensait visiter un vieux parc rempli de robots. Elle repart finalement avec Shiki à bord de son vaisseau.

Le garçon découvre alors l’espace, les planètes, les guildes, les pirates et surtout une idée qui le fascine immédiatement : quelque part au-delà des étoiles se trouverait Mother, une entité gigantesque que personne ou presque n’a réussi à atteindre.

Shiki décide d’aller la rencontrer.

Pour quelqu’un qui vient littéralement de quitter la maison pour la première fois, commencer directement par chercher la déesse du Cosmos témoigne déjà d’une certaine ambition.

Hiro Mashima quitte Fiore pour envoyer ses héros dans l’espace

Si certains visages vous donnent immédiatement une impression de déjà-vu, ce n’est évidemment pas un hasard : Hiro Mashima écrit et dessine Edens Zero.

Bien sûr, il s’agit du même auteur que Fairy Tail, mais aussi de Rave. On retrouve donc certaines signatures graphiques, son goût pour les groupes de personnages très soudés et même quelques clins d’œil familiers.

Happy en est l’exemple le plus évident.

Oui, il s’appelle Happy. Oui, c’est encore un chat bleu. Non, Edens Zero n’est pas la suite secrète de Fairy Tail et Natsu ne va pas surgir d’une planète voisine en réclamant un combat.

Mashima aime réutiliser certains motifs, designs et mascottes à travers ses œuvres. Il construit pourtant ici un univers totalement indépendant, fondé sur la science-fiction, les voyages interstellaires, les androïdes et une technologie appelée Ether Gear.

Le décor change radicalement. Son obsession pour l’amitié, elle, a manifestement réussi à monter dans le vaisseau.

Shiki peut contrôler la gravité, mais parler normalement à une fille reste plus compliqué

Shiki a grandi presque uniquement avec des machines.

Il comprend donc très vite comment réparer un robot, mais beaucoup moins les règles élémentaires des relations sociales.

Son premier objectif consiste d’ailleurs à se faire des amis.

Beaucoup d’amis.

Cette naïveté pourrait facilement rendre le personnage agaçant. Mashima s’en sert plutôt pour définir sa manière de voir le monde : Shiki juge très peu les gens selon leur origine. Humain, androïde, criminel ou créature étrange, ce qui l’intéresse surtout est ce que la personne choisit de faire.

Au combat, la situation change complètement.

Shiki maîtrise le Satan Gravity, un Ether Gear qui lui permet de manipuler la gravité. Il peut modifier son propre poids, changer ses trajectoires, attirer ou repousser des éléments et transformer l’environnement en terrain de jeu.

Il donne parfois l’impression de voler alors qu’il ne fait, techniquement, que tomber dans la direction qu’il a choisie.

Vu le résultat, la nuance intéresse surtout les physiciens.

Rebecca voulait des vues. Elle récupère une aventure intergalactique

Rebecca Bluegarden n’est pas simplement la fille chargée de filmer les exploits du héros.

Elle voyage avec Happy et rêve de faire décoller sa chaîne B-Cube. Ses audiences ne justifient pas encore exactement l’achat d’une villa sur une planète tropicale, mais son enthousiasme ne faiblit pas.

Rebecca est également une excellente tireuse.

Les jeux vidéo ont développé chez elle des réflexes et une vision dynamique remarquables, qualités qui deviennent très utiles lorsque la caméra laisse place aux armes.

Puis son propre Ether Gear se révèle.

Avec Cat Leaper, Rebecca touche à quelque chose de bien plus important que de simples mouvements améliorés. Son pouvoir finit par jouer directement avec les possibilités, les événements et les différentes directions que peut prendre l’histoire.

À partir de là, Edens Zero commence à montrer que son univers ne repose pas uniquement sur « une planète après l’autre ».

Le temps lui-même va finir par poser quelques problèmes.

Happy a connu une petite amélioration depuis sa vie de chat ordinaire

Happy accompagne Rebecca depuis l’enfance.

Un accident aurait pourtant dû mettre définitivement fin à leur histoire.

Le professeur Weisz a sauvé le petit chat en transférant son existence dans un corps androïde.

Happy est donc désormais une machine.

Et comme un chat robot ordinaire aurait probablement été trop raisonnable pour Mashima, il peut également se transformer en deux armes à feu utilisées par Rebecca.

Le passage de « adorable compagnon bleu » à « paire de blasters » se fait avec un naturel remarquable.

Edens Zero pose ainsi très tôt une question qui reviendra souvent : qu’est-ce qui définit une personne ? Son corps ? Ses souvenirs ? Ses émotions ?

Pour Rebecca, la réponse semble évidente.

Happy reste Happy.

Weisz Steiner existe en deux versions, séparées par cinquante ans

La planète Norma apporte l’une des premières grosses surprises de l’aventure.

Shiki et Rebecca pensaient y retrouver le professeur Weisz Steiner, celui qui avait notamment sauvé Happy.

Ils rencontrent bien Weisz.

Simple détail : il a environ cinquante ans de moins.

La planète a été touchée par un Croque-mitemps, une créature cosmique capable de dévorer le temps d’un monde. Norma se retrouve donc ramenée plusieurs décennies dans le passé, sans que l’ancien Weisz vivant ailleurs disparaisse pour autant.

Le jeune Weisz rejoint progressivement l’aventure.

Son Ether Gear, Machina Maker, lui permet de remodeler les machines. Ajoutez à cela son intelligence, son goût pour la mécanique et une morale parfois beaucoup plus flexible que celle de Shiki, et l’équipage gagne rapidement quelqu’un de très pratique.

À condition de vérifier ses poches avant de le laisser partir.

Pino rêve de devenir humaine

E.M. Pino est une petite androïde qui rejoint également le groupe.

Elle possède une capacité particulièrement utile : son EMP peut neutraliser temporairement les appareils électroniques et même perturber les Ether Gears à proximité.

Mais ce qui rend Pino attachante n’est pas sa fonction technique.

Elle tient un journal, découvre le monde et nourrit un rêve impossible en apparence : devenir humaine.

Mashima utilise régulièrement ses robots de cette manière.

Ils ne constituent pas simplement le décor futuriste de la série. Certains aiment, souffrent, mentent, se sacrifient ou développent leurs propres désirs.

Edens Zero peut donc montrer une machine manifestant davantage d’humanité qu’un humain quelques pages plus loin.

La série ne demande pas vraiment lequel possède les meilleurs circuits.

L’Edens Zero n’est pas seulement le titre du manga

Le groupe finit par mettre la main sur l’Edens Zero, ancien vaisseau de Ziggy.

Et là, le voyage change d’échelle.

Ce gigantesque navire n’est pas un simple moyen d’aller de planète en planète. Il possède sa propre histoire et était autrefois servi par les Quatre Étoiles Brillantes du Grand Démon.

Shiki entreprend donc de reformer cet équipage.

Witch Regret protège et administre le vaisseau. Sister Ivry possède des capacités de soin et une personnalité qui risque de surprendre ceux qui se fient au mot « Sister ». Hermit Mio excelle dans le domaine numérique.

Reste Valkyrie Yuna.

Sa recherche conduit l’équipage vers Homura et vers l’une des histoires les plus marquantes des premiers grands voyages.

Homura veut retrouver Valkyrie, son maître

Homura Kôgetsu a été formée au sabre par Valkyrie.

Elle maîtrise l’Ether Gear Soul Blade et souhaite retrouver celle qui lui a tout appris.

Homura possède également un petit problème assez charmant : elle pense régulièrement tout haut.

Puis réalise qu’elle vient de le faire.

Puis explique parfois qu’elle n’avait pas l’intention de parler.

Ce qui revient naturellement à parler encore davantage.

Derrière cette particularité se trouve pourtant une combattante très sérieuse, dont l’histoire avec Valkyrie devient progressivement beaucoup plus douloureuse qu’une simple recherche de maître disparu.

Son arrivée donne surtout à l’Edens Zero un véritable noyau d’aventuriers.

Shiki, Rebecca, Weisz, Happy, Pino et Homura ne possèdent pas les mêmes objectifs ni les mêmes caractères. C’est précisément ce qui transforme le vaisseau en quelque chose qui ressemble peu à peu à une famille.

Mother : la femme que tout le monde connaît mais que presque personne n’a rencontrée

Au bout du voyage se trouve Mother.

Cette entité colossale existe quelque part dans le Cosmos. Les aventuriers racontent que celui qui parvient jusqu’à elle peut renaître, obtenir quelque chose d’extraordinaire ou voir son souhait réalisé.

Même les informations à son sujet prennent parfois des allures de légende.

Pour Shiki, cela suffit.

L’atteindre devient la grande destination de l’Edens Zero.

Mais une bonne quête spatiale respecte rarement la ligne droite.

Le vaisseau traverse différents Cosmos, croise des pirates, des criminels, des gouvernements et des personnages capables de changer brutalement la direction de l’histoire.

Mother reste au loin.

Entre elle et Shiki, il y a simplement quelques galaxies de problèmes.

Drakken Joe fait comprendre que tout le monde ne joue pas avec les mêmes règles

Drakken Joe marque un tournant important.

Jusque-là, les aventures de Shiki peuvent être dangereuses, mais Edens Zero conserve beaucoup de légèreté.

Drakken ne possède pas cette légèreté.

Criminel puissant et calculateur, il règne sur le Belial Gore et s’intéresse de très près aux capacités de Rebecca.

Le conflit pousse l’équipage beaucoup plus loin qu’un simple affrontement contre le méchant de la planète.

Mashima commence alors à utiliser réellement les possibilités ouvertes par Cat Leaper, les différentes trajectoires du futur et les conséquences d’une défaite.

On comprend surtout que les personnages principaux ne bénéficient pas forcément d’un filet de sécurité parce qu’ils font partie du générique.

Ce passage donne à la série une dureté qui surprendra peut-être ceux qui s’attendaient simplement à Fairy Tail avec des fusées.

Ziggy : le grand-père adoré de Shiki devient un problème légèrement gênant

Shiki parle de Ziggy comme de son grand-père.

L’ancien Grand Démon l’a recueilli, élevé sur Granbell et lui a appris son Ether Gear.

Son souvenir accompagne donc naturellement le garçon lorsqu’il quitte la planète.

Puis Ziggy revient.

Et la situation ne correspond absolument pas aux retrouvailles familiales imaginées.

Son rôle devient l’un des grands mystères d’Edens Zero. Les liens entre Ziggy, Shiki, l’Edens Zero et l’avenir prennent une ampleur considérable à mesure que l’histoire avance.

Mashima joue ici avec les boucles, les possibles futurs et les conséquences d’événements qui ne se déroulent pas forcément dans l’ordre le plus confortable pour le lecteur.

Autant dire qu’à un certain stade, dessiner un arbre généalogique ne suffira plus.

Il faudrait probablement ajouter quelques flèches temporelles.

Elsie Crimson a une allure familière, mais sa propre histoire

Elsie Crimson est une pirate extrêmement puissante qui entretient elle aussi un lien avec Ziggy.

Les lecteurs de Fairy Tail remarqueront évidemment sa ressemblance avec Erza Scarlet.

Mashima ne cherche même pas vraiment à dissimuler le clin d’œil.

Pour autant, Elsie possède sa propre identité et son propre passé.

Son conflit avec Justice, membre de l’Armée du système stellaire, prend racine dans une histoire politique et personnelle bien plus ancienne que leur première confrontation dans le manga.

Edens Zero aime ce genre de faux repères.

Un visage semble familier.

Puis le personnage commence à vivre sa propre vie et la ressemblance devient simplement un petit plaisir supplémentaire pour ceux qui suivent Mashima depuis longtemps.

Des planètes entièrement différentes plutôt qu’un seul royaume immense

Le choix de l’espace permet à Mashima de changer constamment d’ambiance.

Granbell ressemble à un parc médiéval automatisé. Norma joue avec le temps. Digitalis plonge les personnages dans un monde virtuel. Sun Jewel place richesse et pauvreté face à face. D’autres planètes imposent leurs propres règles.

Chaque escale peut donc introduire une nouvelle esthétique, une société différente ou une technologie étrange sans devoir expliquer pourquoi deux villages séparés de vingt kilomètres semblent appartenir à deux époques différentes.

C’est l’un des vrais plaisirs d’Edens Zero.

On ne sait jamais exactement ce que l’équipage va trouver lorsqu’il débarque.

Parfois un nouvel ami.

Parfois un ennemi.

Parfois un problème temporel capable de rendre la notion de « retour à la maison » nettement plus théorique.

Une série de science-fiction qui parle énormément de machines… et encore plus de sentiments

Sous ses vaisseaux, androïdes et Ether Gears, Edens Zero reste profondément un manga de Hiro Mashima.

L’amitié y occupe donc une place énorme.

Mais la science-fiction permet de poser cette idée autrement.

Un robot peut-il être un ami ? Ses souvenirs ont-ils moins de valeur parce qu’ils sont stockés dans une machine ? Une copie ou une version issue d’une autre époque reste-t-elle la même personne ? Que devient une relation lorsque les événements eux-mêmes peuvent changer ?

Happy, Pino, Witch, Hermit et les nombreux androïdes rencontrés dans le récit donnent à ces questions une dimension très concrète.

Shiki, lui, répond souvent avant même que quelqu’un termine la question.

Si quelqu’un est son ami, le débat philosophique est clos.

Ce n’est peut-être pas la méthode universitaire la plus rigoureuse.

Elle fonctionne plutôt bien pour lui.

33 tomes pour aller de Granbell jusqu’au bout du voyage

Edens Zero est une série complète en 33 tomes. Hiro Mashima a lancé le manga en 2018 dans le Weekly Shonen Magazine de Kodansha.

En France, Pika Édition a publié l’intégralité de l’aventure dans sa collection Pika Shônen. Le tome 33, paru en janvier 2025, mène Shiki, Rebecca et leurs compagnons jusqu’à l’ultime bataille et referme la quête autour de Mother.

La longueur convient particulièrement bien au voyage.

Il y a suffisamment de place pour voir l’équipage se former, découvrir plusieurs régions du Cosmos et laisser les mystères de Ziggy, Rebecca ou Mother évoluer sans étirer l’histoire indéfiniment.

On part d’un garçon élevé dans un parc d’attractions par des robots.

On termine avec des enjeux qui concernent l’humanité, le temps et plusieurs possibilités d’existence.

Entre les deux, Shiki réussit heureusement à conserver sa priorité essentielle : se faire des amis.

À l’échelle de l’univers, il faut reconnaître qu’il s’est donné de la marge.

Lire plus sur Edens Zero

Edens Zero est le grand voyage spatial de Hiro Mashima. Shiki quitte Granbell avec Rebecca et Happy pour rechercher Mother, mystérieuse entité située quelque part au-delà des régions connues du Cosmos.

Un équipage qui se construit planète après planète

Le trio de départ s’agrandit rapidement avec Weisz, Pino puis Homura. L’ancien vaisseau de Ziggy, l’Edens Zero, devient leur véritable maison tandis qu’ils cherchent à réunir les Quatre Étoiles Brillantes qui accompagnaient autrefois le Grand Démon.

Les voyages font évoluer l’histoire bien au-delà d’une simple chasse au trésor spatiale. Les Croque-mitemps peuvent bouleverser l’histoire d’une planète, Rebecca développe un pouvoir lié aux possibilités du temps et Ziggy prend une place de plus en plus troublante.

Au milieu des combats, Mashima conserve son thème favori : les liens qui se créent entre des personnages qui n’auraient jamais dû former une famille.

Humains et machines partagent le même vaisseau sans que Shiki fasse vraiment de distinction entre eux. Pour lui, l’amitié n’a besoin ni de certificat de naissance ni de système d’exploitation compatible.

La série est complète en 33 tomes et permet de suivre toute l’aventure, de la première rencontre sur Granbell jusqu’à la conclusion de la quête de Mother.

Retrouvez ici nos mangas Edens Zero de Hiro Mashima. Une aventure pour ceux qui aiment la science-fiction, les équipages improbables, les combats spectaculaires et les auteurs capables de regarder l’immensité du Cosmos en se disant qu’il reste forcément de la place quelque part pour un chat bleu.