Beastars

Beastars : quand le grand méchant loup a surtout peur de lui-même

Le manga Beastars imagine une société où carnivores et herbivores vivent ensemble, fréquentent les mêmes écoles et essaient de faire comme si quelques millions d’années d’instinct pouvaient être réglées par un règlement intérieur. À l’institut Cherryton, manger de la viande est strictement interdit. Tout semble donc sous contrôle… jusqu’au jour où Tem, un alpaga, est retrouvé dévoré.

Paru Itagaki construit autour de ce meurtre un récit impossible à enfermer dans une seule case. Thriller, romance, drame adolescent et réflexion sociale s’entremêlent autour de Legoshi, un grand loup gris dont l’apparence impressionnante cache un garçon timide, sensible et profondément mal à l’aise avec ses propres instincts.

Legoshi : être un loup quand tout le monde surveille vos crocs

Legoshi appartient au club de théâtre de Cherryton. Discret et peu sûr de lui, il préfère généralement rester dans l’ombre plutôt qu’attirer les regards. Malheureusement, lorsqu’un herbivore vient d’être dévoré sur le campus, être un énorme loup ne constitue pas exactement la meilleure manière de passer inaperçu.

Les soupçons se tournent rapidement vers les carnivores. Legoshi ressent alors tout le poids d’une société qui prétend faire cohabiter les espèces tout en continuant à juger chacun selon ce qu’il pourrait faire.

Lui-même n’est pourtant pas certain de pouvoir totalement se faire confiance.

Il lutte contre ses instincts de prédateur et refuse de considérer les herbivores comme de simples proies. Cette conviction va être sérieusement mise à l’épreuve lorsqu’il rencontre Haru.

Haru : une petite lapine qui bouleverse complètement le grand loup

Haru est une lapine beaucoup plus petite que Legoshi. Dans l’ordre naturel des choses, la relation entre les deux devrait être assez simple à prévoir. Justement, rien ne va se passer comme prévu.

Legoshi ressent pour elle une attirance qu’il ne sait pas interpréter. Est-ce de l’amour ? Du désir ? Un instinct de chasse ? Un mélange particulièrement inquiétant des trois ? Même lui aimerait bien disposer d’un formulaire avec quelques cases à cocher.

Haru refuse de son côté d’être réduite au rôle de petite créature fragile. Elle connaît parfaitement la manière dont les autres la regardent et cherche à vivre selon ses propres choix.

Leur relation devient ainsi l’un des grands moteurs de Beastars. Paru Itagaki utilise l’attirance entre un carnivore et une herbivore pour parler du désir, de la peur de blesser l’autre et de tout ce que la société projette sur un couple avant même de chercher à le comprendre.

Louis : le cerf qui refuse catégoriquement de jouer la proie

Face à Legoshi se trouve Louis, vedette du club de théâtre et candidat idéal au titre de Beastar. Élégant, charismatique et terriblement ambitieux, le cerf refuse que sa nature d’herbivore soit associée à la faiblesse.

Il veut contrôler son image, son avenir et la manière dont les autres le perçoivent. Sous cette assurance se cachent pourtant des blessures et une colère beaucoup plus profondes.

Louis et Legoshi semblent être des opposés parfaits. Le loup possède une force immense qu’il voudrait dissimuler. Le cerf paraît vulnérable mais veut imposer sa puissance au monde entier.

Leur relation devient donc bien plus intéressante qu’une simple rivalité scolaire. Chacun incarne quelque chose que l’autre ne comprend pas encore chez lui-même.

Le titre de Beastar : bien plus qu’un concours de popularité

À Cherryton, le Beastar représente une figure capable de guider les autres et de dépasser les tensions entre espèces. Louis semble naturellement destiné à ce rôle.

Mais le meurtre de Tem révèle rapidement à quel point cette harmonie est fragile. Herbivores et carnivores partagent les mêmes couloirs, mais la peur reste présente. Un seul crime suffit à réveiller les préjugés.

Paru Itagaki joue constamment avec les apparences. Le carnivore n’est pas forcément l’agresseur. L’herbivore n’est pas forcément sans défense. Et celui qui semble le mieux intégré peut cacher un passé beaucoup plus sombre.

C’est là que Beastars dépasse largement son concept d’animaux anthropomorphes. Chaque espèce permet d’aborder des questions très humaines : discrimination, domination, sexualité, pression sociale ou difficulté à accepter sa propre nature.

Le marché noir : la coexistence possède une arrière-boutique

La consommation de viande est interdite dans la société de Beastars. Officiellement, les carnivores respectent donc les herbivores et apprennent à contrôler leurs pulsions.

Officieusement, il existe le marché noir.

Dans cet endroit clandestin, la viande peut être achetée et consommée. Son existence montre immédiatement les contradictions du système. La société affirme qu’un problème n’existe plus tout en tolérant qu’il survive discrètement loin des regards.

Lorsque Legoshi découvre cet univers, sa vision du rapport entre herbivores et carnivores change profondément. Il rencontre aussi des personnages qui abordent leurs instincts d’une manière très différente de la sienne.

Parmi eux se trouve Gohin, un panda qui connaît particulièrement bien les carnivores incapables de maîtriser leur désir de viande. Sa méthode thérapeutique possède parfois un côté nettement plus musclé qu’une séance sur canapé.

Le meurtre de Tem n’était que le début

L’identité de celui qui a dévoré Tem devient naturellement une question importante. Pourtant, l’enquête n’est qu’une partie d’un récit qui ne cesse de s’élargir.

Le monde extérieur à Cherryton prend progressivement davantage de place. Legoshi découvre le fonctionnement réel de cette société, ses zones d’ombre et les conséquences très concrètes d’une coexistence fondée sur des règles parfois impossibles à respecter.

Le Shishigumi, groupe de lions lié au marché noir, entre notamment dans l’histoire. Louis connaît lui aussi une évolution spectaculaire qui l’éloigne largement du brillant élève aperçu dans les premiers volumes.

Les personnages grandissent, quittent certains repères et doivent décider qui ils veulent devenir en dehors des rôles attribués à leur espèce.

Chez Paru Itagaki, un lapin peut se montrer beaucoup plus courageux qu’un lion et un loup redoutable peut passer une soirée entière à paniquer parce qu’il ne sait pas comment parler à une fille. Finalement, l’adolescence reste l’adolescence.

Paru Itagaki dessine des animaux pour parler des humains

Le dessin de Paru Itagaki possède une identité très particulière. Ses animaux ne cherchent pas à reproduire parfaitement l’anatomie réelle. Les corps, expressions et mouvements servent surtout les émotions des personnages.

Cette liberté rend Legoshi particulièrement expressif. Sa grande silhouette peut sembler menaçante dans une scène puis incroyablement maladroite quelques cases plus tard.

La mangaka exploite également les différences physiques entre espèces. Taille, force, griffes, cornes ou régime alimentaire ne sont jamais de simples détails graphiques. Ils influencent les rapports sociaux et même les relations intimes.

C’est toute la force de Beastars : personne n’oublie que les personnages sont des animaux. Pourtant, leurs contradictions paraissent terriblement humaines.

Lire plus sur Beastars

Beastars est écrit et dessiné par Paru Itagaki. Le manga commence au Japon en 2016 chez Akita Shoten et se termine en 2020. L’histoire complète est réunie en 22 tomes.

En France, Ki-oon lance la série en janvier 2019 avec la sortie simultanée des deux premiers volumes. L’édition française est elle aussi complète avec 22 tomes.

Le manga a reçu plusieurs récompenses importantes au Japon, dont le Manga Taishô 2018 et le Prix de la nouveauté du Prix culturel Osamu Tezuka. Son mélange de drame, de thriller et de réflexion sociale lui permet rapidement de dépasser le simple public des mangas animaliers.

L’univers existe également à travers Beast Complex, recueil d’histoires qui explore d’autres relations entre herbivores et carnivores dans le même monde. On y retrouve ce qui fait la richesse de l’œuvre de Paru Itagaki : deux espèces peuvent respecter toutes les règles et découvrir malgré tout que vivre ensemble reste beaucoup plus compliqué que prévu.

Beastars a aussi été adapté en série animée par le studio Orange. Mais le manga reste la meilleure manière de découvrir tout le parcours de Legoshi, Haru et Louis jusqu’à sa conclusion.

Retrouvez ici nos mangas Beastars de Paru Itagaki. Une série complète pour ceux qui aiment les histoires où un meurtre mystérieux, une romance impossible et une société entière peuvent finalement tourner autour de la même question : jusqu’où peut-on réellement contrôler ce que l’on est ?

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Beastars : quand le grand méchant loup a surtout peur de lui-même

Le manga Beastars imagine une société où carnivores et herbivores vivent ensemble, fréquentent les mêmes écoles et essaient de faire comme si quelques millions d’années d’instinct pouvaient être réglées par un règlement intérieur. À l’institut Cherryton, manger de la viande est strictement interdit. Tout semble donc sous contrôle… jusqu’au jour où Tem, un alpaga, est retrouvé dévoré.

Paru Itagaki construit autour de ce meurtre un récit impossible à enfermer dans une seule case. Thriller, romance, drame adolescent et réflexion sociale s’entremêlent autour de Legoshi, un grand loup gris dont l’apparence impressionnante cache un garçon timide, sensible et profondément mal à l’aise avec ses propres instincts.

Legoshi : être un loup quand tout le monde surveille vos crocs

Legoshi appartient au club de théâtre de Cherryton. Discret et peu sûr de lui, il préfère généralement rester dans l’ombre plutôt qu’attirer les regards. Malheureusement, lorsqu’un herbivore vient d’être dévoré sur le campus, être un énorme loup ne constitue pas exactement la meilleure manière de passer inaperçu.

Les soupçons se tournent rapidement vers les carnivores. Legoshi ressent alors tout le poids d’une société qui prétend faire cohabiter les espèces tout en continuant à juger chacun selon ce qu’il pourrait faire.

Lui-même n’est pourtant pas certain de pouvoir totalement se faire confiance.

Il lutte contre ses instincts de prédateur et refuse de considérer les herbivores comme de simples proies. Cette conviction va être sérieusement mise à l’épreuve lorsqu’il rencontre Haru.

Haru : une petite lapine qui bouleverse complètement le grand loup

Haru est une lapine beaucoup plus petite que Legoshi. Dans l’ordre naturel des choses, la relation entre les deux devrait être assez simple à prévoir. Justement, rien ne va se passer comme prévu.

Legoshi ressent pour elle une attirance qu’il ne sait pas interpréter. Est-ce de l’amour ? Du désir ? Un instinct de chasse ? Un mélange particulièrement inquiétant des trois ? Même lui aimerait bien disposer d’un formulaire avec quelques cases à cocher.

Haru refuse de son côté d’être réduite au rôle de petite créature fragile. Elle connaît parfaitement la manière dont les autres la regardent et cherche à vivre selon ses propres choix.

Leur relation devient ainsi l’un des grands moteurs de Beastars. Paru Itagaki utilise l’attirance entre un carnivore et une herbivore pour parler du désir, de la peur de blesser l’autre et de tout ce que la société projette sur un couple avant même de chercher à le comprendre.

Louis : le cerf qui refuse catégoriquement de jouer la proie

Face à Legoshi se trouve Louis, vedette du club de théâtre et candidat idéal au titre de Beastar. Élégant, charismatique et terriblement ambitieux, le cerf refuse que sa nature d’herbivore soit associée à la faiblesse.

Il veut contrôler son image, son avenir et la manière dont les autres le perçoivent. Sous cette assurance se cachent pourtant des blessures et une colère beaucoup plus profondes.

Louis et Legoshi semblent être des opposés parfaits. Le loup possède une force immense qu’il voudrait dissimuler. Le cerf paraît vulnérable mais veut imposer sa puissance au monde entier.

Leur relation devient donc bien plus intéressante qu’une simple rivalité scolaire. Chacun incarne quelque chose que l’autre ne comprend pas encore chez lui-même.

Le titre de Beastar : bien plus qu’un concours de popularité

À Cherryton, le Beastar représente une figure capable de guider les autres et de dépasser les tensions entre espèces. Louis semble naturellement destiné à ce rôle.

Mais le meurtre de Tem révèle rapidement à quel point cette harmonie est fragile. Herbivores et carnivores partagent les mêmes couloirs, mais la peur reste présente. Un seul crime suffit à réveiller les préjugés.

Paru Itagaki joue constamment avec les apparences. Le carnivore n’est pas forcément l’agresseur. L’herbivore n’est pas forcément sans défense. Et celui qui semble le mieux intégré peut cacher un passé beaucoup plus sombre.

C’est là que Beastars dépasse largement son concept d’animaux anthropomorphes. Chaque espèce permet d’aborder des questions très humaines : discrimination, domination, sexualité, pression sociale ou difficulté à accepter sa propre nature.

Le marché noir : la coexistence possède une arrière-boutique

La consommation de viande est interdite dans la société de Beastars. Officiellement, les carnivores respectent donc les herbivores et apprennent à contrôler leurs pulsions.

Officieusement, il existe le marché noir.

Dans cet endroit clandestin, la viande peut être achetée et consommée. Son existence montre immédiatement les contradictions du système. La société affirme qu’un problème n’existe plus tout en tolérant qu’il survive discrètement loin des regards.

Lorsque Legoshi découvre cet univers, sa vision du rapport entre herbivores et carnivores change profondément. Il rencontre aussi des personnages qui abordent leurs instincts d’une manière très différente de la sienne.

Parmi eux se trouve Gohin, un panda qui connaît particulièrement bien les carnivores incapables de maîtriser leur désir de viande. Sa méthode thérapeutique possède parfois un côté nettement plus musclé qu’une séance sur canapé.

Le meurtre de Tem n’était que le début

L’identité de celui qui a dévoré Tem devient naturellement une question importante. Pourtant, l’enquête n’est qu’une partie d’un récit qui ne cesse de s’élargir.

Le monde extérieur à Cherryton prend progressivement davantage de place. Legoshi découvre le fonctionnement réel de cette société, ses zones d’ombre et les conséquences très concrètes d’une coexistence fondée sur des règles parfois impossibles à respecter.

Le Shishigumi, groupe de lions lié au marché noir, entre notamment dans l’histoire. Louis connaît lui aussi une évolution spectaculaire qui l’éloigne largement du brillant élève aperçu dans les premiers volumes.

Les personnages grandissent, quittent certains repères et doivent décider qui ils veulent devenir en dehors des rôles attribués à leur espèce.

Chez Paru Itagaki, un lapin peut se montrer beaucoup plus courageux qu’un lion et un loup redoutable peut passer une soirée entière à paniquer parce qu’il ne sait pas comment parler à une fille. Finalement, l’adolescence reste l’adolescence.

Paru Itagaki dessine des animaux pour parler des humains

Le dessin de Paru Itagaki possède une identité très particulière. Ses animaux ne cherchent pas à reproduire parfaitement l’anatomie réelle. Les corps, expressions et mouvements servent surtout les émotions des personnages.

Cette liberté rend Legoshi particulièrement expressif. Sa grande silhouette peut sembler menaçante dans une scène puis incroyablement maladroite quelques cases plus tard.

La mangaka exploite également les différences physiques entre espèces. Taille, force, griffes, cornes ou régime alimentaire ne sont jamais de simples détails graphiques. Ils influencent les rapports sociaux et même les relations intimes.

C’est toute la force de Beastars : personne n’oublie que les personnages sont des animaux. Pourtant, leurs contradictions paraissent terriblement humaines.

Lire plus sur Beastars

Beastars est écrit et dessiné par Paru Itagaki. Le manga commence au Japon en 2016 chez Akita Shoten et se termine en 2020. L’histoire complète est réunie en 22 tomes.

En France, Ki-oon lance la série en janvier 2019 avec la sortie simultanée des deux premiers volumes. L’édition française est elle aussi complète avec 22 tomes.

Le manga a reçu plusieurs récompenses importantes au Japon, dont le Manga Taishô 2018 et le Prix de la nouveauté du Prix culturel Osamu Tezuka. Son mélange de drame, de thriller et de réflexion sociale lui permet rapidement de dépasser le simple public des mangas animaliers.

L’univers existe également à travers Beast Complex, recueil d’histoires qui explore d’autres relations entre herbivores et carnivores dans le même monde. On y retrouve ce qui fait la richesse de l’œuvre de Paru Itagaki : deux espèces peuvent respecter toutes les règles et découvrir malgré tout que vivre ensemble reste beaucoup plus compliqué que prévu.

Beastars a aussi été adapté en série animée par le studio Orange. Mais le manga reste la meilleure manière de découvrir tout le parcours de Legoshi, Haru et Louis jusqu’à sa conclusion.

Retrouvez ici nos mangas Beastars de Paru Itagaki. Une série complète pour ceux qui aiment les histoires où un meurtre mystérieux, une romance impossible et une société entière peuvent finalement tourner autour de la même question : jusqu’où peut-on réellement contrôler ce que l’on est ?