XIII

XIII : un homme sans mémoire au cœur d’un complot gigantesque

Les BD XIII commencent par une situation dont on se passerait volontiers : un homme inconscient échoue sur une plage, blessé par balle à la tête. Il ignore son nom, son passé et même la raison pour laquelle des tueurs veulent immédiatement terminer le travail. Son unique indice est un chiffre romain tatoué au-dessus de la clavicule : XIII.

Avec Jean Van Hamme au scénario et William Vance au dessin, ce mystère devient l’un des grands thrillers de la bande dessinée franco-belge. Dès Le Jour du Soleil Noir, paru en 1984, chaque réponse semble ouvrir deux nouvelles questions. Treize cherche son identité pendant que policiers, militaires, tueurs professionnels et conspirateurs cherchent surtout à mettre la main sur lui.

Treize : aucun souvenir, mais beaucoup trop d’ennemis

Recueilli et soigné après avoir été retrouvé sur une plage, XIII comprend rapidement que son amnésie n’est pas son seul problème. Des hommes armés le poursuivent et certaines personnes semblent en savoir beaucoup plus sur lui qu’il n’en sait lui-même.

Qui était-il avant sa blessure ? Pourquoi possède-t-il ce tatouage ? A-t-il été soldat, agent secret, criminel ou autre chose encore ? Chaque nouvelle piste semble lui offrir une identité possible avant de la remettre en cause quelques pages plus tard.

Jean Van Hamme construit ainsi un immense puzzle. Photos, souvenirs incomplets, dossiers secrets et témoignages contradictoires alimentent une quête où le lecteur enquête presque autant que le héros.

Et lorsque XIII pense enfin pouvoir souffler, quelqu’un apparaît généralement pour lui annoncer que tout ce qu’il vient d’apprendre était probablement incomplet. Niveau thérapie pour amnésique, on a connu plus reposant.

L’assassinat du président Sheridan change tout

La quête personnelle de XIII rejoint rapidement une affaire politique majeure : l’assassinat du président américain William Sheridan. Le colonel Amos, chargé de l’enquête, s’intéresse de très près à l’homme au tatouage.

Treize pourrait être lié au meurtre. Il pourrait également avoir été manipulé. Ou peut-être joue-t-il un rôle complètement différent dans une affaire dont les ramifications dépassent largement l’assassin présumé.

Van Hamme nourrit son intrigue de plusieurs grandes obsessions de l’histoire américaine du XXe siècle : assassinat politique, services secrets, Ku Klux Klan, pouvoir militaire et luttes d’influence. L’ombre de l’affaire Kennedy plane évidemment sur cette Amérique fictive.

Au fil des albums, XIII découvre surtout l’existence d’une vaste conspiration. Ses membres sont identifiés par des chiffres romains et poursuivent un projet politique qui pourrait faire basculer les États-Unis dans un régime autoritaire.

Jones et Carrington : deux alliés qu’il vaut mieux avoir de son côté

Heureusement, XIII ne traverse pas seul cette gigantesque partie d’échecs. Le général Benjamin Carrington devient l’un de ses alliés majeurs. Militaire expérimenté et personnage imposant, Carrington possède lui-même de nombreux liens avec les événements que Treize tente de comprendre.

Jones s’impose également comme l’une des figures essentielles de la saga. Pilote, combattante et amie fidèle, elle accompagne XIII dans certaines de ses situations les plus dangereuses.

Leur relation apporte beaucoup à la série. Jones n’existe jamais pour simplement regarder le héros résoudre l’affaire. Elle agit, se bat, enquête et peut parfaitement sauver XIII lorsque celui-ci avait légèrement surestimé ses chances de s’en sortir seul.

Autour d’eux apparaît une impressionnante galerie de personnages. Certains deviennent des alliés. D’autres changent de camp. Quelques-uns réussissent même à faire les deux plusieurs fois, histoire de maintenir un niveau de confiance parfaitement catastrophique.

La Mangouste : quand un tueur refuse vraiment de lâcher sa cible

Parmi les grands adversaires de XIII, la Mangouste occupe une place à part. Ce tueur professionnel froid et méthodique participe à la chasse lancée contre le héros dès les premières aventures.

Il ne possède ni costume extravagant ni besoin de raconter son plan pendant vingt minutes. Il préfère généralement trouver sa cible et accomplir son contrat. Une efficacité qui le rend beaucoup plus inquiétant.

Son passé deviendra assez important pour ouvrir XIII Mystery, la série consacrée aux personnages secondaires de cet univers. Le premier volume, La Mangouste, est scénarisé par Xavier Dorison et dessiné par Ralph Meyer.

Un duo que les amateurs de western retrouveront également sur l’excellente série Undertaker.

William Vance donne au thriller toute sa crédibilité

Le dessin réaliste de William Vance joue un rôle immense dans l’efficacité de XIII. Armes, véhicules, paysages américains, bases militaires et scènes d’action sont représentés avec une précision qui ancre solidement l’intrigue dans la réalité.

Les poursuites restent lisibles. Les fusillades sont nerveuses. Pourtant, Vance sait aussi ralentir le rythme lorsqu’un regard ou un détail dans une pièce peut devenir le nouvel indice dont toute l’enquête dépend.

Cette approche convient parfaitement à Van Hamme. Le scénario multiplie les retournements, mais le dessin garde toujours suffisamment de clarté pour que le lecteur puisse suivre les différentes identités, organisations et alliances.

Enfin… « suivre » reste un terme relatif. Avec XIII, croire que l’on a tout compris est souvent le meilleur signal qu’un nouveau retournement arrive.

La Version Irlandaise : Jean Giraud entre dans le puzzle

Le premier grand cycle est presque entièrement dessiné par William Vance. Une exception remarquable apparaît au tome 18 avec La Version Irlandaise.

Jean Van Hamme en confie le dessin à Jean Giraud, immense auteur connu également sous le nom de Moebius. Cet album revient sur deux identités essentielles à la quête de XIII et apporte des éléments nécessaires pour comprendre la conclusion imaginée par Van Hamme.

Il accompagne directement Le Dernier Round, dessiné par Vance. Les deux albums fonctionnent donc comme deux parties complémentaires du règlement de comptes final autour de l’identité du héros.

Pour une série qui aura passé tant d’années à demander « Qui est XIII ? », il fallait bien deux albums pour accepter enfin de répondre correctement.

Yves Sente et Iouri Jigounov ouvrent un nouveau cycle

Après la conclusion du cycle de Jean Van Hamme et William Vance, XIII ne range pas définitivement son tatouage dans un tiroir. Yves Sente reprend le scénario et Iouri Jigounov le dessin.

Cette nouvelle période commence avec Le Jour du Mayflower. Le nouveau duo conserve les grandes caractéristiques de la série : secrets, géopolitique, complots et passé du héros continuent de s’entremêler.

Mais le contexte évolue. Les intrigues abordent davantage les tensions du XXIe siècle, le terrorisme international, les sociétés militaires privées, les nouvelles technologies ou encore les rapports de force internationaux.

Treize connaît désormais davantage son passé. Cela ne signifie absolument pas que celui-ci a terminé de lui créer des problèmes.

Lire plus sur XIII

XIII débute en album en 1984 avec Le Jour du Soleil Noir, après une prépublication dans le journal Spirou. Jean Van Hamme construit autour de son héros amnésique une intrigue directement nourrie par l’histoire politique américaine, avec en toile de fond l’assassinat d’un président et une conspiration visant les plus hautes sphères de l’État.

Le tandem Van Hamme et Vance mène son grand cycle jusqu’au tome 19, Le Dernier Round. William Vance dessine les tomes 1 à 17 puis le 19, tandis que Jean Giraud réalise le tome 18, La Version Irlandaise. Ce dernier album éclaire plusieurs zones essentielles du passé de XIII avant la conclusion du cycle.

La saga continue ensuite sous la direction d’Yves Sente et Iouri Jigounov. Leur première aventure, Le Jour du Mayflower, ouvre une nouvelle enquête tout en respectant les personnages, les secrets et les événements établis précédemment.

L’univers s’étend également avec XIII Mystery. Chaque récit met en lumière un personnage lié à la série principale : la Mangouste, Irina, Jones, le colonel Amos, Steve Rowland et bien d’autres disposent ainsi de leur propre histoire. Les auteurs changent selon les albums, ce qui permet aussi de retrouver de grands scénaristes et dessinateurs autour de l’univers créé par Van Hamme et Vance.

Retrouvez ici nos BD XIII, du premier cycle aux aventures plus récentes. Un conseil pour commencer : ouvrez Le Jour du Soleil Noir en pensant lire juste un album. Ensuite, essayez de résister à l’envie d’ouvrir immédiatement le suivant. La Mangouste mise probablement sur votre échec.

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XIII : un homme sans mémoire au cœur d’un complot gigantesque

Les BD XIII commencent par une situation dont on se passerait volontiers : un homme inconscient échoue sur une plage, blessé par balle à la tête. Il ignore son nom, son passé et même la raison pour laquelle des tueurs veulent immédiatement terminer le travail. Son unique indice est un chiffre romain tatoué au-dessus de la clavicule : XIII.

Avec Jean Van Hamme au scénario et William Vance au dessin, ce mystère devient l’un des grands thrillers de la bande dessinée franco-belge. Dès Le Jour du Soleil Noir, paru en 1984, chaque réponse semble ouvrir deux nouvelles questions. Treize cherche son identité pendant que policiers, militaires, tueurs professionnels et conspirateurs cherchent surtout à mettre la main sur lui.

Treize : aucun souvenir, mais beaucoup trop d’ennemis

Recueilli et soigné après avoir été retrouvé sur une plage, XIII comprend rapidement que son amnésie n’est pas son seul problème. Des hommes armés le poursuivent et certaines personnes semblent en savoir beaucoup plus sur lui qu’il n’en sait lui-même.

Qui était-il avant sa blessure ? Pourquoi possède-t-il ce tatouage ? A-t-il été soldat, agent secret, criminel ou autre chose encore ? Chaque nouvelle piste semble lui offrir une identité possible avant de la remettre en cause quelques pages plus tard.

Jean Van Hamme construit ainsi un immense puzzle. Photos, souvenirs incomplets, dossiers secrets et témoignages contradictoires alimentent une quête où le lecteur enquête presque autant que le héros.

Et lorsque XIII pense enfin pouvoir souffler, quelqu’un apparaît généralement pour lui annoncer que tout ce qu’il vient d’apprendre était probablement incomplet. Niveau thérapie pour amnésique, on a connu plus reposant.

L’assassinat du président Sheridan change tout

La quête personnelle de XIII rejoint rapidement une affaire politique majeure : l’assassinat du président américain William Sheridan. Le colonel Amos, chargé de l’enquête, s’intéresse de très près à l’homme au tatouage.

Treize pourrait être lié au meurtre. Il pourrait également avoir été manipulé. Ou peut-être joue-t-il un rôle complètement différent dans une affaire dont les ramifications dépassent largement l’assassin présumé.

Van Hamme nourrit son intrigue de plusieurs grandes obsessions de l’histoire américaine du XXe siècle : assassinat politique, services secrets, Ku Klux Klan, pouvoir militaire et luttes d’influence. L’ombre de l’affaire Kennedy plane évidemment sur cette Amérique fictive.

Au fil des albums, XIII découvre surtout l’existence d’une vaste conspiration. Ses membres sont identifiés par des chiffres romains et poursuivent un projet politique qui pourrait faire basculer les États-Unis dans un régime autoritaire.

Jones et Carrington : deux alliés qu’il vaut mieux avoir de son côté

Heureusement, XIII ne traverse pas seul cette gigantesque partie d’échecs. Le général Benjamin Carrington devient l’un de ses alliés majeurs. Militaire expérimenté et personnage imposant, Carrington possède lui-même de nombreux liens avec les événements que Treize tente de comprendre.

Jones s’impose également comme l’une des figures essentielles de la saga. Pilote, combattante et amie fidèle, elle accompagne XIII dans certaines de ses situations les plus dangereuses.

Leur relation apporte beaucoup à la série. Jones n’existe jamais pour simplement regarder le héros résoudre l’affaire. Elle agit, se bat, enquête et peut parfaitement sauver XIII lorsque celui-ci avait légèrement surestimé ses chances de s’en sortir seul.

Autour d’eux apparaît une impressionnante galerie de personnages. Certains deviennent des alliés. D’autres changent de camp. Quelques-uns réussissent même à faire les deux plusieurs fois, histoire de maintenir un niveau de confiance parfaitement catastrophique.

La Mangouste : quand un tueur refuse vraiment de lâcher sa cible

Parmi les grands adversaires de XIII, la Mangouste occupe une place à part. Ce tueur professionnel froid et méthodique participe à la chasse lancée contre le héros dès les premières aventures.

Il ne possède ni costume extravagant ni besoin de raconter son plan pendant vingt minutes. Il préfère généralement trouver sa cible et accomplir son contrat. Une efficacité qui le rend beaucoup plus inquiétant.

Son passé deviendra assez important pour ouvrir XIII Mystery, la série consacrée aux personnages secondaires de cet univers. Le premier volume, La Mangouste, est scénarisé par Xavier Dorison et dessiné par Ralph Meyer.

Un duo que les amateurs de western retrouveront également sur l’excellente série Undertaker.

William Vance donne au thriller toute sa crédibilité

Le dessin réaliste de William Vance joue un rôle immense dans l’efficacité de XIII. Armes, véhicules, paysages américains, bases militaires et scènes d’action sont représentés avec une précision qui ancre solidement l’intrigue dans la réalité.

Les poursuites restent lisibles. Les fusillades sont nerveuses. Pourtant, Vance sait aussi ralentir le rythme lorsqu’un regard ou un détail dans une pièce peut devenir le nouvel indice dont toute l’enquête dépend.

Cette approche convient parfaitement à Van Hamme. Le scénario multiplie les retournements, mais le dessin garde toujours suffisamment de clarté pour que le lecteur puisse suivre les différentes identités, organisations et alliances.

Enfin… « suivre » reste un terme relatif. Avec XIII, croire que l’on a tout compris est souvent le meilleur signal qu’un nouveau retournement arrive.

La Version Irlandaise : Jean Giraud entre dans le puzzle

Le premier grand cycle est presque entièrement dessiné par William Vance. Une exception remarquable apparaît au tome 18 avec La Version Irlandaise.

Jean Van Hamme en confie le dessin à Jean Giraud, immense auteur connu également sous le nom de Moebius. Cet album revient sur deux identités essentielles à la quête de XIII et apporte des éléments nécessaires pour comprendre la conclusion imaginée par Van Hamme.

Il accompagne directement Le Dernier Round, dessiné par Vance. Les deux albums fonctionnent donc comme deux parties complémentaires du règlement de comptes final autour de l’identité du héros.

Pour une série qui aura passé tant d’années à demander « Qui est XIII ? », il fallait bien deux albums pour accepter enfin de répondre correctement.

Yves Sente et Iouri Jigounov ouvrent un nouveau cycle

Après la conclusion du cycle de Jean Van Hamme et William Vance, XIII ne range pas définitivement son tatouage dans un tiroir. Yves Sente reprend le scénario et Iouri Jigounov le dessin.

Cette nouvelle période commence avec Le Jour du Mayflower. Le nouveau duo conserve les grandes caractéristiques de la série : secrets, géopolitique, complots et passé du héros continuent de s’entremêler.

Mais le contexte évolue. Les intrigues abordent davantage les tensions du XXIe siècle, le terrorisme international, les sociétés militaires privées, les nouvelles technologies ou encore les rapports de force internationaux.

Treize connaît désormais davantage son passé. Cela ne signifie absolument pas que celui-ci a terminé de lui créer des problèmes.

Lire plus sur XIII

XIII débute en album en 1984 avec Le Jour du Soleil Noir, après une prépublication dans le journal Spirou. Jean Van Hamme construit autour de son héros amnésique une intrigue directement nourrie par l’histoire politique américaine, avec en toile de fond l’assassinat d’un président et une conspiration visant les plus hautes sphères de l’État.

Le tandem Van Hamme et Vance mène son grand cycle jusqu’au tome 19, Le Dernier Round. William Vance dessine les tomes 1 à 17 puis le 19, tandis que Jean Giraud réalise le tome 18, La Version Irlandaise. Ce dernier album éclaire plusieurs zones essentielles du passé de XIII avant la conclusion du cycle.

La saga continue ensuite sous la direction d’Yves Sente et Iouri Jigounov. Leur première aventure, Le Jour du Mayflower, ouvre une nouvelle enquête tout en respectant les personnages, les secrets et les événements établis précédemment.

L’univers s’étend également avec XIII Mystery. Chaque récit met en lumière un personnage lié à la série principale : la Mangouste, Irina, Jones, le colonel Amos, Steve Rowland et bien d’autres disposent ainsi de leur propre histoire. Les auteurs changent selon les albums, ce qui permet aussi de retrouver de grands scénaristes et dessinateurs autour de l’univers créé par Van Hamme et Vance.

Retrouvez ici nos BD XIII, du premier cycle aux aventures plus récentes. Un conseil pour commencer : ouvrez Le Jour du Soleil Noir en pensant lire juste un album. Ensuite, essayez de résister à l’envie d’ouvrir immédiatement le suivant. La Mangouste mise probablement sur votre échec.